ROJAVA. Projets agricoles pour les femmes déplacées de Serêkaniyê

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SYRIE / ROJAVA – Le Comité de l’économie féminine du Mouvement kurde Kongra Star a développé des projets agricoles pour les femmes chassées de la ville de Serêkaniyê par l’invasion turque.
 
Le Comité de l’économie des femmes de la Syrie du Nord et de l’Est développe des projets tels que des ateliers, des boulangeries et des coopératives pour stimuler l’économie des femmes.
 
En plus de ces projets lancés pour permettre aux femmes déplacées de Serêkaniyê de gagner leur vie et de trouver un emploi, environ 5 km2 de terres agricoles sont réservées aux femmes.
 
Plus de 70 femmes réfugiées, dont les épouses et les mères des martyrs vivant dans les camps de Washokani et Serêkaniyê, bénéficient de ces projets. Chaque femme a 450 ares de terre et chacune paie 150 000 livres syriennes pour en bénéficier.
 
Une fois les produits agricoles vendus, 25% des gains vont au fonds associatif affilié au comité, et 75% aux femmes participant au projet.
 
Nicime Eli Hesen, du village d’El-Menacir à Serêkaniyê, qui vit dans le camp de Washokani, a déclaré; « Grâce à ces projets, nous fournissons nos propres moyens de subsistance. Nous avons été contraints de quitter nos maisons et aujourd’hui nous n’avons qu’une seule tente. »
(…)
 

La Turquie poursuit en justice 108 politiciens d’HDP pour le procès « Kobanê »

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TURQUIE / BAKUR – Il y a 6 ans, des élus d’HDP et des politiciens kurdes participaient aux manifestations de soutien à la ville de Kobanê encerclée par DAECH. Le régime turc a réprimé les manifestations dans un bain de sang, et depuis, poursuit des centaines de politiciens pour terrorisme.

Un procureur a soumis l’acte d’accusation du « procès Kobanê » concernant 108 politiciens d’HDP, dont les anciens coprésidents, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ alors que la Cour européenne des droits de l’Homme a ordonné la libération immédiate de Selahattin Demirtaş le 22 décembre.

L’acte d’accusation prévoit la condamnation des 108 accusés pour « destruction de l’unité de l’État et de l’ensemble du pays », et les accuse également de 37 chefs d’accusation de meurtre et de dizaines de tentatives de meurtre en rapport avec les manifestations de Kobanê il y a six ans. Selon la défense, le dossier reste classé secret et sera libéré si le tribunal accepte l’acte d’accusation.

Erdoğan annonce à l’avance l’inculpation de Demirtaş

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a énuméré les accusations portées contre Demirtaş le 28 décembre : Présumé être « le principal auteur des incidents du 6 au 8 octobre 2014 », le politicien du HDP est tenu responsable de 37 meurtres, 29 tentatives de meurtre, 3777 cas de dommages matériels, 395 vols, 15 pillages, 308 fois d’intrusion dans des locaux commerciaux et résidentiels, 13 fois de brûlage du drapeau turc, et de lésions corporelles à 326 forces de sécurité et 435 citoyens.

Les « enquêtes Kobanê » à ce jour

Actuellement, 27 politiciens sont en prison suite à l’enquête menée à Ankara en relation avec les manifestations de Kobanê en Turquie.

Le 20 septembre 2019, des mandats d’arrêt ont été lancés contre les anciens dirigeants du HDP Figen Yüksekdağ et Selahattin Demirtaş, qui sont de toute façon en prison depuis novembre 2016.

Le 2 octobre 2020, les responsables politiques du HDP Alp Altınörs, Nazmi Gür, Emine Beyza Üstün, Emine Ayna, Ayla Akat Ata, Bircan Yorulmaz, Berfin Özgü Köse, Dilek Yağlı, Can Memiş, Günay Kubilay, Bülent Parmaksız, Pervin Oduncu, İsmail Şengün, Cihan Erdal, Zeki Çelik, Ali Ürküt et Ayhan Bilgen ont été arrêtés.

Le 12 octobre 2020, un autre mandat d’arrêt a été lancé contre la maire du HDP, Gültan Kışanak, qui est également en prison depuis quatre ans.

L’ancienne députée du HDP Gülser Yildirim a été envoyé en résidence surveillée, tandis que le maire du HDP déposé Ahmet Türk s’est vu interdire tout voyage à l’étranger.

Le 3 novembre 2020, l’ancien député du BDP Ibrahim Binici et les membres du Conseil du parti HDP Mesut Bağcık et Ayşe Yağcı ont été arrêtés.

Les protestations de Kobanê

Dans la soirée du 6 octobre 2014, après 21 jours de résistance de la part du YPG/YPJ et du peuple, le groupe terroriste « État islamique » (DAECH / ISIS) a réussi à pénétrer au centre de la ville de Kobanê, dans le nord de la Syrie. Au vu de la situation critique, le HDP a appelé les populations du Kurdistan du Nord et de la Turquie à protester indéfiniment contre le gouvernement AKP, car il n’a pas mis fin à son soutien à DAECH. Au cours de cette manifestation, il y a eu des batailles de rue entre les forces de sécurité turques et les manifestants dans de nombreuses villes.

Des soldats, des policiers, des gardiens de village ainsi que des membres et des sympathisants du Hezbollah turc, islamiste radical, ont mené un combat commun contre les Kurdes qui participaient aux manifestations. Le nombre de personnes tuées, dont la plupart étaient des participants au soulèvement, a fluctué entre 46 et 53. Selon un rapport de l’Association des droits de l’homme (IHD), 682 personnes ont été blessées pendant les manifestations. Au moins 323 personnes ont été arrêtées. Au cours du soulèvement, il y a également eu des incendies criminels de magasins et d’installations publiques.

ANF

L’Etat turc et les Alévis : de la répression active à la négation passive

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TURQUIE / BAKUR – « Les Alévis apparaissent, aux côtés des Kurdes, comme l’une des minorités subissant en Turquie les discriminations les plus médiatisées – et, partant, les plus connus. Si la position victimaire des Alévis est quasi-systématiquement soulignée par les différents médias traitant du sujet, ces derniers s’interrogent rarement sur l’activisme politique des Alévis et leurs positions vis-à-vis des enjeux identitaires et politiques en Turquie. »
 
Deuxième des 4 volés d’un article traitant de la question alévie en Turquie écrit par le journaliste Emile Bouvier.
 
A lire sur le site Les clés du Moyen-Orient

STRASBOURG. Les femmes manifestent ce samedi pour dénoncer les féminicides

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STRASBOURG – Le 23 décembre dernier, une jeune femme kurde de 25 ans a été tuée par son ex-compagnon dans le quartier de la Montagne Verte à Strasbourg. Yasemin Cetindag était mère de 4 enfants.
 
Plusieurs organisations féministes, dont ZIN pour les femmes, vont manifester ce samedi 2 janvier à Strasbourg contre les féminicides.
 
Voici le communiqué des organisatrices du rassemblement:
 
Rassemblement contre les féminicides et femmage à Yasemin Cetindag

« Suite au meurtre de Yasemin Cetindag par son ex-conjoint le 23 Décembre à Strasbourg, rassemblons nous ce samedi 2 janvier pour dire « pas une de plus » mais aussi pour rendre femmage à Madame Cetindag, soutenir sa famille et ses proches et dénoncer ces crimes de possession machistes que sont les féminicides.
 
Rassemblons nous également en mémoire de la petite fille de 7 ans, tuée par son père « par vengeance » dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 décembre à Ostwald.
 
Nous dénonçons l’inaction de l’état pour endiguer le fléau des violences machistes.
Nous ne voulons plus compter nos mortes.
#PasUneDePlus »
 
Organisé par Zin pour les femmes
les Antidotes
Osez le Féminisme ! 67
Nous Toutes 67

RDV à 14h, Place Kléber

Janet Biehl soutient la campagne « 100 raisons pour juger le dictateur Erdogan » avec ses dessins

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Féminicides – L’écrivaine et artiste américaine, Janet Biehl a dessiné des portraits des 100 femmes et filles tuées par les forces turques en soutien à la campagne « 100 raisons pour juger le dictateur Erdogan » menée par les femmes kurdes pour lutter contre les violences faites aux femmes.
 
Parmi les portraits dessinés par Janet Biehl, on peut citer ceux de Sakine Cansiz (féministe et co-fondatrice du PKK tuée avec deux autres militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013), Havrin Khalaf (politicienne kurde du Rojava, tuée le 12 octobre 2019 par des gangs de la Turquie près de Tall Abyad), Ceylan Onkol (fillette kurde de 12 ans tuée par des soldats turcs dans la campagne de Lice/Diyarbakir le 28 septembre 2009), Kader Ortakkaya (une jeune militante kurde tuée par des soldats turcs à la frontière de Kobanê le 6 novembre 2014). A l’occasion de la Journée mondiale de lute contre les violences faites aux femmes, le Mouvement des femmes kurdes en Europe (Tevgera Jinên Kurd li Ewropayê – TJK-E) a lancé une pétition pour traduire en justice le président turc Erdoğan en donnant 100 raisons pour lesquelles il devrait être jugé.
 
Le TJK-E a lancé une campagne mondiale sous le slogan «100 raisons de poursuivre Erdoğan». Pendant 18 ans au pouvoir, des milliers de crimes impunis ont été commis par l’État turc dirigé par le Parti de la justice et du développement (AKP). Les femmes ont souvent été spécifiquement ciblées par le gouvernement turc, qui d’une part, normalise le féminicide dans la société avec sa mentalité et ses politiques sexistes, et d’autre part, cible les femmes politiques par la violence, la censure et l’emprisonnement. « Malgré une mer de preuves, ces attaques n’ont pas été comptabilisées », a déclaré le TJK-E dans un communiqué, ajoutant: « Cela nous a conduit à lancer une campagne internationale contre le principal instigateur de ces crimes contre les femmes. » La première phase de la campagne a impliqué la collecte de 100 000 signatures dans la  pétition lancée le 25 novembre. La campagne de signature s’achèvera en 2021 et constituera la première étape pour jeter les bases du travail juridique et technique, social, politique et d’action à mener pour aboutir aux poursuites et à la condamnation du chef de l’Etat turc.
 
 
 

Sakine, Fidan, Leyla: victimes d’un triple féminicide commis par l’État Turc sur le sol français

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PARIS – Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Söylemez, 3 militantes kurdes ont été tuées à Paris le 9 janvier 2013. Près de 8 ans après ce crime politique impliquant les services secrets turcs (MIT), la France n’a toujours pas fait la lumière sur cette affaire, privilégiant ses intérêts étatiques d’avec le régime turc…
 
Retour sur un assassinat politique visant des militantes kurdes en Europe
 
Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez ont été abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris.
 
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès. (Une nouvelle enquête a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.)

Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.
 
Une nouvelle enquête relancée autour du rôle des services secrets turcs

Un juge antiterroriste a été chargé en mai 2019 pour reprendre l’enquête sur l’assassinat en 2013 à Paris de trois militantes kurdes, à la demande des familles qui réclament d’approfondir la thèse de l’implication des services secrets turcs (MIT).

Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès.

En mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre.

Les familles des 3 révolutionnaires assassinés avaient fait appel en mars 2018 pour que l’enquête inclue les commanditaires qui avaient ordonné le massacre et leurs collaborateurs.

L’avocat des familles des militantes kurdes exécutées, Jean-Louis Malterre avait confirmé qu’une nouvelle enquête avait été ouverte, fondée notamment sur des révélations d’agents du MIT, et que le rôle des services de renseignements turcs aller être examiné.

Qui sont Sakine, Fidan et Leyla ?

Cofondatrice du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), Sakine Cansız est née dans la province de Dersim en 1957. Après plusieurs années d’activité dans le mouvement de la jeunesse étudiante à Elazıg, elle rejoint en 1976 le mouvement révolutionnaire kurde. Suite à sa participation au congrès du PKK, le 27 novembre 1978, la jeune femme est arrêtée à Elazıg et envoyée en prison avec un groupe d’amis. Soumise à de lourdes tortures dans la période ayant suivi le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, elle n’est libérée qu’en 1991. Après sa libération, elle poursuit ses activités militantes dans l’ouest et le sud du Kurdistan. Après de longues années de lutte dans les montagnes du Kurdistan, Sakine Cansız va en Europe où elle prend la direction du mouvement des femmes kurdes. Figure pionnière du mouvement de libération kurde, elle a grandement contribué au renforcement des organisations kurdes au sein de la diaspora.

Fidan Doğan est née en 1982, à Elbistan, dans la province de Maraş. Fille d’une famille d’immigrés, elle grandit en France. Dès son enfance, elle se met en quête de son identité kurde. À partir de 1999, elle s’engage dans les organisations kurdes en Europe. À partir de 2002, elle travaille activement dans le domaine de la diplomatie. Elle devient représentante à Paris du Congrès national du Kurdistan (KNK).

Fille d’une famille originaire de Lice, dans la province de Diyarbakir, Leyla Saylemez est née dans la ville turque de Mersin où elle passe son enfance jusqu’à ce que sa famille déménage en Allemagne, dans les années 90. Après un an d’études en architecture, elle rejoint la lutte pour la liberté au Kurdistan et s’engage particulièrement dans les activités de la jeunesse kurde.
 
En attendant que la France veuille enfin faire la vérité sur ce triple meurtre politique, les Kurdes manifesteront de nouveau le 9 janvier 2021, à l’occasion du huitième anniversaire de ce crime abject pour honorer la mémoire des trois femmes et pour demander à la France de juger les responsables ayant ordonné le meurtre des militantes kurdes.
RDV à 14h, devant la Gare du Nord de Paris.

CHANGEMENT DÉMOGRAPHIQUE: La Turquie installe des réfugiés irakiens à Serêkaniyê

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SYRIE / ROJAVA – Après avoir occupé Serêkaniyê et chassé ses habitants kurdes fin 2019, la Turquie installe dans la région des réfugiés irakiens dans le but de changer la démographie de la région.
 
Le soi-disant Conseil local de l’État d’occupation turque dans la ville de Serêkaniyê a pris la décision d’accorder des cartes d’identité aux réfugiés irakiens, dans le cadre d’efforts d’occupation pour le changement démographique de la région en y installant des personnes originaires d’autres régions et même des réfugiés irakiens.
 
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a publié un document publié par le soi-disant Conseil local de la ville de Serêkaniyê qui a pris la décision d’accorder des cartes d’identité aux réfugiés irakiens de la ville.
 
Cela s’inscrit dans le cadre des efforts visant à modifier la démographie des zones occupées grâce au processus de réinstallation aux dépens des Kurdes originaires de la région qui ont été déplacés de force.
 

De nouvelles menaces pèsent sur la région yézidie de Shengal

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« Shengal est une région stratégiquement importante. (…) Les États-Unis ont leurs propres plans dans la région. Ils veulent attaquer l’Iran et ont besoin de Shengal pour cela. Shengal occupe une position centrale. A cette fin, on veut sacrifier le peuple yézidi encore une fois », déclare la politicienne kurde-yézidie Feleknas Uca.
 
La députée du HDP, Feleknas Uca prévient que l’accord conclu en octobre entre le gouvernement irakien et le PDK à Bagdad sur l’avenir de la principale zone d’implantation yézidie de Shengal pourrait entraîner de nouveaux massacres.
 
La porte-parole pour la politique étrangère du groupe parlementaire HDP rappelle que l’attaque de l’EI contre Shengal en 2014 était le 75e massacre contre le peuple yézidi:
 
« En août 2014, un massacre du peuple yézidis a été commis sous les yeux du monde. Le monde entier a regardé, personne n’a empêché ce massacre. Des centaines de milliers de yézidis sont devenus des réfugiés dans leur propre pays. Environ 150 000 personnes se sont déplacées vers le mont Shengal. à travers un couloir ouvert par des jeunes kurdes. Le peuple yézidi a lutté pendant des jours sans nourriture ni boisson. Des centaines de personnes sont mortes de faim et de soif. Après le massacre, une nouvelle vie a été construite à Shengal. Le peuple yézidi a proclamé son autonomie et ont établi leurs propres conseils. Ainsi, leurs propres forces de défense ont également été formées. Les femmes qui ont été libérées de la captivité de l’EI ont rejoint les YPJ par la suite. »
 
On veut dépeupler Shengal
 
Selon Uca, les unités de résistance YBŞ et YJŞ ont fait de grands sacrifices pour défendre Shengal. Concernant l’accord, la politicienne du HDP déclare:
 
« L’accord vise à dépeupler Shengal. Les décisions sont prises sans impliquer la population. Ces décisions sont politiquement motivées. L’ensemble du concept Shengal est basé sur une initiative visant à permettre une attaque américaine contre l’Iran. Shengal doit être dépeuplé pour dégager la voie. L’accord n’est pas seulement entre Bagdad et le PDK, les États-Unis sont derrière lui. À part le PDK, toutes les parties et institutions du Kurdistan du Sud sont contre.
 
Des machinations sales sont effectuées sur Shengal. De telles machinations ont existé avant, mais les gens n’ont pas quitté la région et n’ont laissé ces jeux aller nulle part. Le fait que le peuple yézidi s’organise effraie ces forces, alors des plans sont en cours d’élaboration pour d’autres massacres. Le 14 août 2007, il y a eu un massacre important qui a été commis contre les Yézidis, des centaines de personnes ont perdu la vie. Déjà à cette époque, on voulait dépeupler Shengal. Depuis, les jeunes yézidis ont voulu protéger leur patrie et être autonomes. Après l’attaque de l’EI en 2014, ils ont finalement organisé et construit leurs propres forces de défense.
 
Qui était à Shengal en 2014? Les peshmergas du KDP étaient là. Avant le massacre, les jihadistes de l’EI sont venus et ont distribué des tracts disant qu’ils venaient boire du thé pendant les vacances. Et puis ils ont attaqué. Avant l’arrivée des jihadistes de l’EI, les peshmergas du PDK ont collecté les armes du peuple yézidi. Après cela, le massacre a eu lieu. Il y a quelques jours, le gouvernement central irakien a voulu collecter des armes auprès des Yézidis à Shengal. C’est le signe d’un autre massacre. On veut que le peuple yézidi soit privé de tout moyen de défense pour que le massacre soit encore plus grand. Pour cette raison, une décision politique a été prise et les pays européens la soutiennent. »
 
Politique d’occupation
 
Uca souligne que les États-Unis veulent établir une ceinture sunnite entre Bagdad et Shengal, poursuivant: « Shengal est une région stratégiquement importante. D’un côté, le Rojava, et de l’autre, l’Iran. Les États-Unis ont leurs propres plans dans la région. Ils veulent attaquer l’Iran et ont besoin de Shengal pour cela. Shengal occupe une position centrale. A cette fin, on veut sacrifier le peuple yézidi encore une fois. Les Yézidis ne se sont pas inclinés dans le passé et ne le feront pas maintenant. »
 
Concernant les ambitions d’occupation turque dans la région, Feleknas Uca explique que le PDK s’est fait un partenaire de la Turquie: « Les zones de défense de Medya sont bombardées quotidiennement, il y a des opérations constantes. L’Etat turc veut occuper non seulement Maxmur et Shengal, mais dans tout le Kurdistan du Sud. Davantage de troupes y sont stationnées chaque jour. Le PDK et l’Etat turc coopèrent ouvertement.
 
Erdogan a déclaré qu’il aimerait voir un accord similaire à celui sur Shengal pour Maxmur également. Les habitants de Maxmur ont dû quitter leurs maisons du nord du Kurdistan à cause de la politique de guerre de la Turquie. Maintenant, les gens doivent à nouveau être déplacés par une politique sale. Avec cette politique, le peuple yézidi et le peuple de Maxmur sont recherchés et tués. Ni les habitants de Shengal ni ceux de Maxmur ne se plieront à cette politique. (…) »
 

Un responsable militaire de Girê Spî réfute les allégations d’accord avec la Russie concernant Ain Issa

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SYRIE / ROJAVA – Le commandant en chef du Conseil militaire de Girê Spî (Tal Abyad) a démenti tout accord avec les forces russes concernant Ain Issa, région contrôlée par les forces arabe-kurdes. Il a déclaré que leurs forces faisaient face aux tentatives turques de prendre le contrôle la route internationale.
 
Lundi, des attaques d’artillerie turque ont visé des villages sur l’autoroute M4, à 3 km à l’est de la ville d’Ain Issa, un jour après le meurtre de 6 mercenaires lors d’une opération d’infiltration ratée visant à contrôler les villages d’Al-Jahbel et Al-Mushairfah, avec des soutien.
 
Le commandant du Conseil militaire de Tal Abyad pour Girê Spî, Riad al-Khalaf s’est entretenu avec l’agence de presse ANHA et a déclaré qu’en ce moment, leurs forces répondaient aux attaques de la Turquie et de ses mercenaires voulant contrôler la route internationale M4.
 
Al-Khalaf a affirmé que toutes les nouvelles concernant tout accord avec les forces russes étaient « sans fondement » et que la carte de la situation est toujours intacte après 6 semaines de renforcement et d’agression militaire turque.
 
Cela intervient alors que la présence des forces gouvernementales syriennes est limitée à un certain nombre de points militaires sur les lignes d’engagement, à la lumière des renforts militaires russes pour les lignes arrière.
 
La ville d’Ain Issa est témoin de manifestations quotidiennes devant la base russe, parallèlement aux bombardements turcs qui ont ciblé les environs de la base pendant des semaines sans aucune réponse militaire ou politique de l’État russe garant.
 
Les forces russes et les forces gouvernementales syriennes sont déployées dans les zones de contact avec l’occupation turque et ses mercenaires, à la suite de l’accord de Sotchi du 22 octobre entre Moscou et Ankara, pour surveiller le processus de cessez-le-feu. C’est en effet ce que les forces russes ignorent, malgré les victimes des bombardements turcs visant les quartiers nord d’Ain Issa et un certain nombre de villages sur la route internationale.
 

La communauté alévie de Turquie: Politisation et redéfinition de ses revendications, 1923-2020

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« Les Alévis apparaissent, aux côtés des Kurdes, comme l’une des minorités subissant en Turquie les discriminations les plus médiatisées – et, partant, les plus connus. Si la position victimaire des Alévis est quasi-systématiquement soulignée par les différents médias traitant du sujet, ces derniers s’interrogent rarement sur l’activisme politique des Alévis et leurs positions vis-à-vis des enjeux identitaires et politiques en Turquie. »
 
Un extrait du premier des 4 volés d’un article traitant de la question alévie en Turquie écrit par le journaliste Emile Bouvier.
 
A lire sur le site Les clés du Moyen-Orient