TURQUIE. Les Kurdes et les femmes dans le viseur du régime turc

TURQUIE / BAKUR – « Le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan envisage désormais la dissolution du HDP, un mouvement de gauche défendant les droits des Kurdes. » (Politis) Le régime turc a intensifié la répression visant les Kurdes tout en s’en prenant aux femmes avec le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul qui oblige les pays signataires à promulguer des lois pour combattre efficacement les violences faites aux femmes au sein du foyer, dont le viol conjugal et les mutilations génitales féminines. Le journal Politis revient sur l’offensive anti-kurde et anti-femme du régime turc dans son article « Turquie : Nouvelle poussée de nationalisme »  

TURQUIE. Le printemps kurde défie Erdogan

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TURQUIE / BAKUR – Dimanche 21 mars à Diyarbakir, la capitale du Kurdistan de Turquie, des centaines de milliers de Kurdes de tous âges mais majoritairement des jeunes, sont venus fêter le Newroz, la célébration du premier jour du printemps. C’est une fête très importante pour les Kurdes, qui célèbre la révolte du forgeron Kawa contre le tyran Dehak, une version légèrement différente de la version iranienne, mais dans les deux cas la fin de l’oppression.

Cette année, le Newroz avait un caractère particulier puisque la Turquie subit comme tous les pays du monde ou presque la vague du Covid-19, mais aussi parce qu’un autre virus ronge la démocratie en Turquie : son gouvernement islamo-conservateur en alliance avec le MHP (Parti d’action nationaliste), le parti d’extrême droite dont les partisans, la nébuleuse des « Loups gris », viennent d’être interdits en France.

Vers l’interdiction du HDP ?

Ces derniers mois, dix députés du HDP (Parti démocratique des peuples) ont vu leur immunité parlementaire levée. Ils ont été condamnés sous des prétextes divers, comme la participation à une manifestation de soutien à Kobané assiégée par les djihadistes, ou des liens présumés avec la bête noire d’Ankara, le PKK. Le 17 mars , l’immunité parlementaire d’Omer Faruk Gergerlioglu a été levée pour qu’il puisse purger deux ans et demi de prison, à la suite d’un tweet datant de plus de deux ans. Ce député était bien connu pour son infatigable défense des droits humains et des libertés en Turquie. Le lendemain, on apprenait par ailleurs l’arrestation du coprésident de l’Association des droits de l’homme, Öztürk Türkdogan. Soixante maires HDP ont été destitués et remplacés par des administrateurs depuis leur élection en 2018, et les arrestations des militantEs et cadres du HDP se sont accélérées, plus de 800 sont actuellement emprisonnés, dans l’attente de lourdes condamnations.

Mais le pire est sans doute à venir, puisque le gouvernement turc vient de demander officiellement à la Cour constitutionnelle l’interdiction du HDP en tant que parti politique. La Cour constitutionnelle, la plus haute instance en Turquie, héritée de la Constitution de 1982 et du coup d’État militaire de 1980, peut interdire un parti politique et supprimer les financements publics de ce parti. De plus la demande s’assortit d’une interdiction pour des centaines de cadres et de cadres intermédiaires du HDP de reformer un autre parti sous un autre nom et plus simplement d’être actifs politiquement.

Erdogan veut bâillonner les Kurdes

Le mouvement kurde a l’habitude des interdictions à répétition : HEP, DEP, HADEP… ont été interdits, qui se présentaient aux élections souvent dans le cadre d’alliances. Le HDP est différent, c’est un parti large, soutenu par une partie importante de la population et de la gauche turque, bien au-delà de son ancrage dans le mouvement kurde. En juin 2015, ce tout jeune parti a obtenu presque 14 % des voix au Parlement, 80 députés, et fait perdre sa majorité absolue à l’AKP, ce que le président turc Erdogan ne lui a jamais pardonné. Même après la dissolution du Parlement et des mois de guerre civile larvée fomentée par les partisans de l’extrême droite et ceux de l’AKP, les nouvelles élections de novembre 2015 ont permis au HDP de gagner 68 députés au Parlement. Ce qui l’a confirmé dans sa position de troisième force politique du pays.

Le gouvernement de l’AKP et ses alliés d’extrême droite veulent donc en finir avec le HDP, mais ils avaient jusqu’ici avancé à petits pas, destituant une co-maire comme celle de Diyarbakir, Gultan Kisanak, et la condamnant à 11 ans de prison, puis un député, puis un autre co-maire, un autre député… Cela lui a permis de tester la réaction de la « communauté internationale » et de l’Europe. En l’absence totale de réaction, mis à part quelques grognements désapprobateurs non suivis de quelconques sanctions, il a recours aux grands moyens. Le président turc Erdogan veut bâillonner définitivement les Kurdes de Turquie et écraser sous les bombes de ses F16 les Kurdes du Rojava.

Mais la foule jeune et joyeuse de Newroz à Diyarbakir et dans toutes les villes de la région, agitant des milliers de drapeaux du HDP, était là hier pour lui rappeler que la partie est loin d’être gagnée.

Mirelle Court

FRANCE. Un militant kurde convoqué pour outrage à Erdogan

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PARIS – Vedat Bingol, un militant kurde de France, ancien co-président du Conseil Démocratique Kurde en France, déclare qu’il a été entendu aujourd’hui par le commissariat de Villeneuve Saint-George, en région parisienne, où on lui a signifié qu’il sera entendu pour « outrage à Erdogan », le président turc. Monsieur Bingol Bingol ne cache pas son étonnement devant une telle convocation en déclarant qu’il est entendu par les autorités françaises sur l’ordre des juges turcs. (Rappelons qu’en France, le délit d’offense envers un chef d’état étranger n’existe plus depuis une loi du 9 mars 2004.) Cette convocation intervient au lendemain de l’arrestation d’une dizaine de militants kurdes arrêtés pour « terrorisme » hier à Marseille, Paris et Draguignan. A quand la fin de l’acharnement visant les militants kurdes en France?

Visioconférence: Le peuple Kurde, un combat pour la liberté

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TOULOUSE – Une Visioconférence sur la situation des Kurdes est organisée par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne ce samedi 27 mars, à 19. Lors de la conférence, les intervenants feront le point sur la situation politique et militaire au Kurdistan. A la fin de la conférence, la musicienne Eléonore FOURNIAU interprètera des chants kurdes accompagnés de sa vielle à roue.
 
Voici la présentation de la visioconférence : 
 
Le peuple Kurde est privé du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes : à cheval sur la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran, les Kurdes sont la plus grande nation sans État.
 
Ils font l’objet de persécution, 300 000 d’entre eux ont trouvé refuge en France et la Haute-Garonne représente une terre d’accueil pour plus de 300 familles Kurdes.
 
Avec la participation de :
 
– Berivan FIRAT, porte-parole chargée des relations extérieures du Conseil Démocratique des Kurdes en France et mère d’un martyr du Kurdistan
 
– Jean François PEROUSE, enseignant-chercheur, ancien directeur de l’Institut français d’études anatoliennes
 
– Boris JAMES, Historien, arabisant, persanisant et kurdisant – Maître de Conférence en histoire à l’Université Paul Valéry, Montpellier III
 
UFR3 / EA CEMM
 
– Akin ÇAKAR, président du CDK Toulouse
 
– Eléonore FOURNIAU, musicienne internationalement reconnue pour son interprétation des chants kurdes et son jeu unique à la vielle à roue
 
Le lien de l’événement Facebook est ici

IRAN. Des policiers iraniens tuent un commerçant kurde à Loristan

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IRAN / ROJHILAT – Des policiers iraniens ont tué un kasibkar kurde dans la province du Loristan, au Kurdistan d’Est. Selon Kolbernews, la police iranienne a pris pour cible le véhicule d’un kasibkar nommé Mihemed Sadiq près de la ville de Xurmawa dans la province du Loristan le 22 mars. L’homme a été tué à la suite de l’attaque. On a appris que Sadiq était enregistré dans la population de Seqiz, Sine. En outre, il a été signalé qu’un kolbar de Salalah, Behroz Muradi, avait été grièvement blessé à la suite de l’attaque de soldats iraniens entre le Kurdistan oriental et méridional. Selon Kolbernews, l’attaque a eu lieu le 21 mars. Les kolbars et les kasibkars sont la cible d’attaques systématiques de l’Etat iranien. Des dizaines de personnes sont assassinées en toute impunité. Les Kolbars essaient de gagner leur vie malgré le risque pour leur vie en raison des conditions météorologiques difficiles et des conditions géographiques dangereuses. Kolber ou « kolbar » est dérivé des mots kurdes « kol » et « bar ». «Kol» signifie «dos», « bar » signifie «charge». Les Kolbers gagnent leur vie en transportant des charges à travers la dangereuse frontière. Ces produits comprennent les cigarettes, les téléphones portables, les housses, les articles ménagers, le thé et rarement les boissons alcoolisées. Les marchandises importées sont vendues à des prix très élevés dans des centres commerciaux comme Téhéran. Cependant, les kolbers qui font ce travail peuvent recevoir un très petit montant de salaire. Kasibkar est la personne qui prend en charge la livraison des marchandises que les kolbars transportent au Kurdistan du Sud et trouve des acheteurs en voyageant de ville en ville. ANF

La France appelée à soutenir les Kurdes progressistes, pas le Milli Gorus turc

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PARIS – Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) condamne la répression des Kurdes en France où par ailleurs l’État français accorde une subvention à l’association turque Milli Gorus dans le but de construire la Mosquée de Strasbourg.
 
Le CCAF a publié un communiqué aujourd’hui suite à l’arrestation d’une dizaine de Kurdes accusés de « terrorisme » à Marseille, Paris et Draguignan le mardi 23 mars et « invite le ministère de l’Intérieur à faire preuve de cohérence en assortissant son positionnement contre le séparatisme islamiste d’un soutien politique, et non d’une hostilité, envers les représentants des peuples de Turquie qui combattent pour la démocratie et contre le djihadisme. »
 
Voici le communiqué du CCAF:
 
Non au Milli Gorus, oui aux Kurdes progressistes
 
Le CCAF dénonce avec la plus grande fermeté la subvention accordée à l’association Milli Gorus dans le but de construire la Mosquée de Strasbourg destinée à devenir la « plus grande d’Europe ». Le CCAF s’indigne que la mairie de Strasbourg encourage les projets d’une organisation qui non seulement a refusé de signer la « charte de la République », mais qui, bien au-delà de son prosélytisme religieux, constitue l’un des vecteurs essentiels de l’ultranationalisme turc sur le territoire, et l’un des principaux viviers des Loups gris, organisation dissoute en novembre dernier. Il encourage les autorités françaises à la plus grande fermeté dans ce dossier, tout en s’inquiétant par ailleurs de leur initiative hostile du 23 mars contre les représentants d’une organisation kurde de France qui, tout en luttant contre le régime Erdogan, défend les valeurs de la laïcité et de la République. Il invite le ministère de l’Intérieur à faire preuve de cohérence en assortissant son positionnement contre le séparatisme islamiste d’un soutien politique, et non d’une hostilité, envers les représentants des peuples de Turquie qui combattent pour la démocratie et contre le djihadisme.
 
Bureau national du CCAF
Paris le 24 mars
 
 

Un centre d’études sur le genre au Kurdistan irakien défie les idées traditionnelles

KURDISTAN DU SUD – L’académicienne Choman Hardi est retournée au Kurdistan du Sud où elle a fondé en 2015 le Centre d’études sur le genre et le développement au sein de l’Université américaine de Souleimaniye. Un défi de taille dans une société conservatrice kurde. Au Centre d’études sur le genre, au moins 200 étudiants, des jeunes femmes mais aussi des hommes, ont suivi des cours les introduisant à des débats sur le genre en relation avec des sujets tels que la santé, les médias et la société, l’histoire islamique et le génocide, entre autres.
C’est après avoir appris le féminisme et les droits de l’homme dans ses cours à l’université que Zheera Hassan, élève en littérature anglaise, a décidé de suivre les études de genre à l’Université américaine d’Irak, à Sulaimani. « Ce sont des choses que je voulais voir dans la société », dit-il.
 
En tant qu’homme de 24 ans dans la région du Kurdistan irakien, cette décision n’est pas allée sans difficultés. « Les études de genre sont quelque chose de très nouveau au Kurdistan et en Irak, donc vous ne trouverez pas beaucoup de soutien dans votre famille ou chez vos amis, surtout si vous êtes un homme. Mais les enseignants et les conversations que nous avons eues avec eux, c’est ce qui m’intéressait. Ça m’a beaucoup changé », dit-il.
 
Hassan fait partie d’un nombre restreint, mais croissant, d’étudiants qui se sont inscrits à la mineure interdisciplinaire en études de genre de l’université – le premier, et le seul, programme de ce type dans tout le Kurdistan et l’Irak.
 
En changeant le regard des étudiants sur les rôles, les normes, les valeurs et les croyances liés au genre, la mineure en études de genre vise à doter une nouvelle génération dans la région du Kurdistan des connaissances nécessaires pour relever certains des défis auxquels leur société est confrontée.
 
Sawen Amin, 25 ans, a été l’un des premiers étudiants à s’inscrire. « Cela m’a ouvert les yeux sur les inégalités auxquelles les gens, qu’ils soient hommes ou femmes, sont confrontés en raison du fonctionnement du système patriarcal », explique-t-elle.
 
Débats sur les rôles du genre dans la société
 
Au moins 200 étudiants ont suivi des cours les introduisant à des débats sur le genre en relation avec des sujets tels que la santé, les médias et la société, l’histoire islamique et le génocide, entre autres.
 
« Lorsque vous êtes exposé pour la première fois à une idée qui contredit de nombreuses choses profondément ancrées en vous, c’est très difficile à envisager, mais cela déclenche quelque chose », explique Choman Hardi, fondatrice et directrice du Centre d’études sur le genre et le développement de l’Université américaine d’Irak, à Sulaimani.
 
Dans le cadre de ses recherches postdoctorales au Kurdistan sur les femmes ayant survécu à la campagne génocidaire de Saddam Hussein contre les Kurdes dans les années 1980, Choman Hardi, alors chercheuse invitée dans le cadre du programme d’études sur l’Holocauste et les génocides de l’université d’Uppsala, a rencontré des jeunes qui avaient soif d’apprendre, mais qui ne recevaient pas de discours alternatifs sur les rôles de genre et la construction sociale. « J’ai senti que je pouvais faire beaucoup de bien ici », dit-elle. « Je sentais qu’il y avait un besoin pour moi d’être ici ».
 
Elle est retournée à Sulaymaniyah, sa ville natale, en 2014 pour enseigner après 26 ans à l’étranger. L’année suivante, elle a fondé le centre et a commencé à développer des cours liés au genre. Le centre a annoncé la création d’une mineure en études de genre en 2017.
 
Dans une société conservatrice où la violence sexiste est monnaie courante, ceux qui remettent en question le système patriarcal et les relations sociétales se heurtent souvent à des réactions hostiles.
 
Pour Hardi, cela s’est manifesté par la résistance des étudiants, dont certains lui ont dit plus tard que leur cours avec elle avait changé leur façon de voir les choses. Elle a également été victime d’attaques sur les médias sociaux et de cyberintimidation.
 
La pression des pairs sur les élèves
 
Des étudiants comme Amin et Hassan ont également été confrontés à des critiques et à des moqueries de la part de leurs pairs à l’université pour avoir étudié le genre, souvent en raison de malentendus sur ce que recouvrent le féminisme et les études de genre.
 
Et si certains étudiants doivent également faire face à un manque de soutien personnel de la part de leur famille et de leurs amis, d’autres ont plus de chance.
 
Amin a été soutenue par sa famille tout au long de ses études, et dit qu’elle a même trouvé un public bienvenu pour ses nouvelles connaissances. « [Après] chaque cours que j’avais, j’enseignais tout ce que j’avais appris à ma mère, et maintenant elle aussi est une grande avocate. »
 
Amin attribue aux études de genre le mérite d’avoir aidé les étudiants à prendre conscience de leurs droits et à lutter contre la discrimination, et de l’avoir aidée à trouver un emploi dans une organisation non gouvernementale de défense des droits des femmes.
 
Hassan, qui en est à son dernier semestre d’études de premier cycle, prévoit de travailler et d’économiser pour obtenir une maîtrise. Son objectif est de travailler pour une organisation non gouvernementale dans le domaine des droits de la femme, qui est particulièrement important pour lui. « Vous ne pouvez pas travailler sur d’autres questions si la moitié de votre population est enfermée dans un système patriarcal où elle ne peut pas vivre sa vie comme elle le souhaite. »
 
Des signes de progrès encourageants
 
Twana Abdwlrahman, postdoctorante au Centre d’études sur le genre et le développement, affirme que malgré les défis, il est optimiste quant à l’évolution de la situation en raison de la puissante vague de changement en faveur de l’égalité des sexes et de la justice sociale qui a émergé au Kurdistan. « Les études de genre sont essentielles pour créer des voix fortes, efficaces et sincères en faveur de l’égalité et de la justice des deux côtés – femmes et hommes – et pour créer des leaders pour cette vague », dit-il.
 
Pour l’instant, Hardi s’est retirée de l’enseignement pour se concentrer sur les projets du centre, mais elle attend avec impatience le moment où elle pourra à nouveau enseigner. « Ce sentiment de désespoir est très présent tous les jours : on ne peut rien changer, alors autant ne rien faire », déclare Hardi. « J’essaie toujours de dire que nous avons un pouvoir d’action, surtout si nous travaillons ensemble. Je pense qu’il est important que les jeunes le sachent. » La version anglaise est à lire ici 

La poétesse et l’académicienne, Choman Hardi a survécu au génocide d’Anfal dans son enfance mais aussi l’exil au Royaume-Uni pendant 26. Une fois diplômée des prestigieuses universités d’Oxford et de Kent, Hardi est retournée au Kurdistan d’Irak pour enseigner l’anglais et intégrer l’Université américaine de Souleimaniye-Irak où elle a fondé en 2015 le Centre d’études sur le genre et le développement.
 
Sous sa direction, ce centre a lancé les premières études interdisciplinaires de genre en Irak et est en train de développer des ressources pour les études de genre en kurde et en arabe en direction des universités du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord avec un financement de l’Union européenne. En 2019, elle a reçu le soutien du Global Challenges Research Fund au Royaume-Uni pour un projet quinquennal sur « masculinité et violence » en partenariat avec la London School of Economics.

NPA: Erdogan ordonne, Macron exécute. Liberté pour les militants kurdes

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MARSEILLE – La section marseillaise du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) condamne la criminalisation des militants kurdes en France et appelle à la libération d’une dizaine de Kurdes arrêtés pour « terrorisme » hier à Marseille, Paris et Draguignan.
 
« La police française vient de procéder à des perquisitions et interpellations chez des militantes et militants kurdes à Marseille et ailleurs en France. Ces mesures policières contre les représentantEs d’un peuple en lutte sont inadmissibles. De toute évidence, Macron et son gouvernement appliquent scrupuleusement les consignes du dictateur Erdogan plus que jamais décidé à mettre au pas toute résistance organisée en Turquie ou ailleurs, par exemple en décidant la dissolution du HDP, parti pro-Kurdes. Alors que les combattantEs kurdes du PKK ont été et ont toujours été les adversaires les plus déterminés contre les bandes fascistes de Daech, ce parti est toujours inscrit sur la liste des organisations terroristes, sous la pression d’Erdogan et des États-Unis. Comme d’autres avant eux, Macron et Erdogan pratiquent l’inadmissible amalgame entre les vrais terroristes et les résistants qui les combattent ! L’Histoire nous a appris que c’est décidément une vieille et lamentable habitude pour la police française de jouer les suppléants de pouvoirs dictatoriaux sur le territoire français ! Le NPA s’élève contre ces scandaleuses mesures policières et exige la libération immédiate et sans condition des militantEs kurdes poursuivis, et le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes. »  
 

TURQUIE. Le procès contre les mères du samedi s’ouvre jeudi

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TURQUIE – Le 25 août 2018, les mères du samedi se sont réunies pour la 700e fois à Istanbul pour demander justice pour leurs proches disparus. La police a dispersé le sit-in avec du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. Ce jeudi, le procès contre 46 participants du 700e rassemblement des Mères du samedi débutera à Istanbul. Les militants risquent jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Depuis les années 80, des milliers de personnes, pour la plupart des Kurdes, sont considérées comme «disparues» en Turquie.  Le pays s’est familiarisé avec la pratique des «disparitions» après le coup d’État militaire de septembre 1980. L’initiative « Mères du Samedi » est née il y a 26 ans, le 27 mai 1995, quand des mères de disparus se sont installées pour la première fois sur la place Galatasaray, au centre d’Istanbul, pour protester contre la pratique répandue consistant à tuer des personnes (majoritairement des Kurdes) en détention et à faire disparaître les corps. Le procès contre plusieurs participants au 700e rassemblement des Mères du samedi (Cumartesi anneleri) s’ouvrira jeudi à Istanbul. 46 militants sont accusés d’avoir enfreint la loi n ° 2911 sur l’Assemblée et les manifestations turques. Le procès aura lieu à la 21e chambre criminelle du tribunal d’Istanbul. S’ils sont reconnus coupables, les militants risquent jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Emine Ocak, 84 ans, qui est le symbole des mères du samedi, est également jugée. Son fils Hasan Ocak, un enseignant de 30 ans qui tenait un salon de thé à Istanbul, a été arrêté le 21 mars 1995 et torturé à mort. Son corps est apparu dans une tombe anonyme à Istanbul environ deux mois après sa disparition. Canons à eau, balles en caoutchouc et gaz lacrymogène La police turque a utilisé des canons à eau, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène pour disperser la manifestation des mères samedi à Istanbul le 25 août 2018. Ce jour-là, les mères et les sympathisants voulaient se rassembler pour la 700e fois pour leur sit-in hebdomadaire devant le Galatasaray. lycée du district de Beyoğlu pour exiger justice et la vérité sur le sort de leurs proches disparus par les escadrons de la mort dans les années 1990. Le ministre de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a fait interdire l’action à l’avance en raison de liens présumés avec une « organisation terroriste ». Le ministre de l’Intérieur défend les violences policières Soylu a justifié l’attaque brutale contre les mères du samedi en disant: «Aurions-nous dû fermer les yeux sur le fait que la maternité est exploitée par une organisation terroriste?» Des dizaines de membres de la famille et de militants des droits humains arrêtés 47 personnes ont été temporairement arrêtées à l’époque, en plus des proches de ceux qui avaient disparu, ainsi qu’un certain nombre d’éminents militants des droits de l’homme. Les charges sont dirigées contre 46 d’entre eux: Koray Çağlayan, Koray Kesik, Leman Yurtsever, Levent Gökçek, Lezgin Özalp, Maside Ocak, Mehmet Günel, Muhammed Emin Ekinci, Ayça Çevik, Besna Koç, Cafer Balcı, Can Danyal Oralaş, Ci Cüneyt Yılmaz, Deniz Koç, Ercan Süslü, Ezgi Çevik, Faruk Eren, Fecri Çalboğa, Ferhat Ergen, Gamze Elvan, Hakan Koç, Hasan Akbaba, Hasan Karakoç, Jiyan Tosun, Kenan Yıldızerler, Murat Koptardaş, Kénan YıldızerÖer, Murat Koptardaş, Oıldızerbaş Elvan, Ramazan Bayram, Rüşa Sabur, Sadettin Köse, Adil Can Ocak, Ahmet Karaca, Ahmet Süleyman Benli, Ali Ocak, Ali Yiğit Karaca, Atakan Taşbilek, Ataman Doğa Kıroğlu, Sinan Arslan, Ulaşlan Uyar et Saime Sebla Arcan Uyar et Saime Sebla Arcan. Ce dernier est membre du conseil d’administration de la section d’Istanbul de l’association des droits de l’homme IHD. Arcan décrit le procès des mères du samedi comme une tentative du gouvernement de criminaliser tous les défenseurs des droits humains. « C’est un procès à motivation politique dirigé contre toutes les personnes qui réclament des droits fondamentaux et la liberté. » Un procès contre plusieurs parlementaires du HDP et du CHP, qui avaient également participé à la 700e veillée en août 2018 et avaient été attaqués par la police, en a été séparé et on ne sait toujours pas quand il commencera. Le plus ancien acte de désobéissance civile en Turquie L’acte de désobéissance civile le plus ancien en Turquie a commencé le 27 mai 1995 lorsque la famille et les représentants légaux de Hasan Ocak se sont assis pour la première fois sur la place Galatasaray. La famille de Hasan Ocak a ensuite été rejointe par la famille de Rıdvan Karakoç, dont le corps a été récupéré par la famille après que Rıdvan ait disparu pendant un certain temps et torturé à mort. Le groupe comptait une trentaine lors de sa première rencontre, et il grandissait chaque semaine. Des milliers de personnes devaient plus tard se rassembler sur la place Galatasaray. La presse a nommé le groupe « Mères de Samedi » et le sit-in a eu lieu tous les samedis. Pour une mémoire historique collective Comme les mères de la Plaza de Mayo en Argentine, les mères du samedi ont plusieurs demandes: elles veulent savoir ce qui est arrivé à leurs proches disparus et elles veulent que leurs proches reviennent – morts ou vivants. Ces exigences tentent de maintenir vivantes ces violations des droits humains de l’État dans la mémoire collective. Les Mères ont également demandé la justice, l’identification des auteurs et leurs poursuites. Les mères du samedi continuent leur protestation en ligne Depuis le 25 août 2018, tous les samedis sit-in des mères sont bloqués par les autorités turques sur la place Galatasaray. Les Mères se sont donc rassemblées semaine après semaine devant la branche de l’organisation de défense des droits humains IHD dans la petite rue latérale Çukur Çeşme. Puis la pandémie corona est arrivée. Cependant, les mères du samedi sont déterminées à poursuivre leur protestation. Les veillées se déroulent donc en ligne. Le refus des Mères du samedi d’abandonner la lutte ne s’est pas seulement limité à Istanbul, mais s’est étendu aux villes kurdes avec les «taux de disparition» les plus élevés comme à Amed et Şırnak. Des sit-in y sont également organisés chaque semaine pour attirer l’attention sur le sort des milliers de personnes disparues. ANF 

J-L Melenchon dénonce la persécution des Kurdes en France

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PARIS – Le mardi 23 mars, la police française a arrêté de nombreux militants kurdes à Marseille, Paris et Draguignan. Ils sont accusés de « terrorisme ». La répression visant les militants kurdes en France a scandalisé également le politicien Jean-Luc Mélenchon. « Le gouvernement français n’a pas à poursuivre la même politique qu’un président islamiste comme Erdogan. Les Kurdes sont nos alliés. En Syrie, ils ont été les combattants en première ligne des obscurantistes. Ils proposent un modèle politique démocratique, social et féministe pour la région. La France leur doit beaucoup. » Jean-Luc Mélenchon, politicien et président du groupe parlementaire «La France insoumise», a dénoncé la répression des Kurdes sur le sol français par un message publié sur son compte Facebook le mardi soir: 
« Ce mardi 23 mars, une vague d’arrestations de militants de la cause kurde a eu lieu sur le territoire français. L’alerte a été donné par le Conseil Démocratique des Kurdes de France. À Marseille, une association du mouvement kurde démocratique a été perquisitionnée. Une dizaine de militants ont été placés en garde à vue.
Il s’agit là des méthodes habituelles de l’intimidation macronienne. Ce coup de filet contre des militants kurdes arrive le jour où justement un entretien d’Emmanuel Macron sur ses relations avec le dictateur islamiste Erdogan. Cet entretien a été enregistré le 2 mars dernier, juste après un entretien par visioconférence entre les deux hommes. Macron a-t-il promis à l’islamiste qui dirige la Turquie de persécuté les Kurdes qui vivent en France ?

Dans tous les cas, la criminalisation des activités militantes de kurdes en France par le Quai d’Orsay et le ministère de l’intérieur est bien alignée sur celle du dictateur turc. Rappelons que le régime d’Erdogan cherche en ce moment à interdire le parti démocratiques des peuples (HDP), le troisième parti parlementaire de Turquie. Ces dernières années, de nombreux dirigeants et élus de ce parti ont été jetés en prison.
Les persécutions contre les Kurdes doivent cesser. Le gouvernement français n’a pas à poursuivre la même politique qu’un président islamiste comme Erdogan. Les Kurdes sont nos alliés. En Syrie, ils ont été les combattants en première ligne des obscurantistes. Ils proposent un modèle politique démocratique, social et féministe pour la région. La France leur doit beaucoup. »