POÉSIE. Choman Hardi: « Considérer les femmes »

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KURDISTAN / FEMMES – Depuis quelques années, l’Occident découvre la littérature féministe kurde qui dénonce avec virulence la souffrance des femmes dans la société conservatrice kurde. Après les romans de Sara Omar, voici des poèmes de Choman Hardi pour entendre le cri de rage et de douleur des filles et des femmes kurdes qu’une société misogyne détruit à coup de « crimes d’honneur ». 

Celles et ceux qui ont découvert Sara Omar, écrivaine danoise d’origine kurde, à travers « La laveuse de mort”, un roman coup de poing contre l’oppression des femmes kurdes, ont dû remarquer qu’être fille/femme pouvait signifier vivre l’enfer sur terre si vous avez la malchance de vivre dans une société patriarcale conservatrice, opprimée par les nations qui la colonisent et qui à son tour opprime et détruit les plus « faibles » de ses membres, à savoir la gent féminine.

Autant La laveuse de mort de Sara Omar est un roman dérangeant qui met en scène des meurtres, torture, viols et agressions des filles et de femmes dans toute sa nudité, autant le recueil de poèmes « Considérer les femmes » de Choman Hardi tente de nous épargner la cruauté de ces mêmes horreurs en les drapant de la poésie.

Hardi, comme Omar, nous rappelle le génocide d’Anfal ordonné par le dictateur irakien Saddam Hussein, des milliers de femmes, hommes, enfants, vieillards raflés et qui ont fini dans des fosses communes au sud de l’Irak, loin de leurs terres du nord; des filles et des femmes vendues, violées par leurs bourreaux irakiens, des dizaines de milliers d’autres fuyant leur pays avec le souffle froid de la mort dans leur cou… Un peuple apatride, trahi de tous depuis plus d’un siècle et dont la malédiction semble être son destin pour toujours.  
 
En prose ou en poésie, vive la voix féminine kurde qui brise les chaînes du patriarcat et des colonisateurs du Kurdistan et qui montre aux femmes kurdes que les violences, les inégalités homme/femme, les mariages forcées, les féminicides, le colonialisme … ne sont pas une fatalité !

 

Le recueil de poèmes « Considérer les femmes » a été publié par la maison d’éditions Kontr.  

La poétesse et l’académicienne, Choman Hardi a survécu au génocide d’Anfal dans son enfance mais aussi l’exil au Royaume-Uni pendant 26. Une fois diplômée des prestigieuses universités d’Oxford et de Kent, Hardi est retournée au Kurdistan d’Irak pour enseigner l’anglais et intégrer l’Université américaine de Souleimaniye-Irak où elle a fondé en 2015 le Centre d’études sur le genre et le développement.

Sous sa direction, ce centre a lancé les premières études interdisciplinaires de genre pour mineurs en Irak et est en train de développer des ressources pour les études de genre en kurde et en arabe en direction des universités du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord avec un financement de l’Union européenne. En 2019, elle a reçu le soutien du Global Challenges Research Fund au Royaume-Uni pour un projet quinquennal sur « masculinité et violence » en partenariat avec la London School of Economics.

 

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