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GRÈCE. Les réfugiés kurdes de Lavrio menacés par la Turquie

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GRÈCE – Appel à la mobilisation contre la fermeture du camp de réfugiés kurdes à Lavrio, en Grèce, à la demande de la Turquie.
 
La Turquie mène la vie dure aux Kurdes, où qu’ils soient sur cette planète. Les réfugiés kurdes de Lavrio risquent de se trouver sans toit après que la Turquie les ait accusés d’être membre d’une organisation terroriste (kurde].
 
Lavrio accueille des réfugiés kurdes et turcs depuis plus de 35 ans maintenant. Aujourd’hui, plus aucune ONG, ni le gouvernement grec apportent de l’aide aux réfugiés kurdes qui comptent uniquement sur la solidarité des activistes.
 
« La menace d’ Erdogan pèse aussi sur les deux camps kurdes de Lavrio en Grèce. Fin juillet la télé turque a utilisé un de nos docs vidéos sur Lavrio pour détourner les images et présenter le camp comme étant entre les mains de terroristes. Le nouveau gouvernement grec s’apprête à fermer les camps de réfugiés et bien entendu les deux de Lavrio. Il faut se mobiliser pour sauver les camps de Lavrio.
 

Les deux camps de Lavrio sont en danger

En effet, le président( Erdogan) islamiste de Turquie, meilleur soutien e DAESH a lancé une campagne de dénonciation des deux camps de réfugiés kurdes. Fin juillet une télévision turque a détourné des images d’un de nos reportages sur les camps. Dans ce document la télévision turque dénonce un camp de terroristes (350 terroristes sur 400 habitants). Le journaliste turc parle de camp d’entraînement armé pour les femmes combattantes. Dans son empressement a filmer le camp de terroristes le journaliste ne s’aperçoit pas qu’il filme en même temps le commissariat de police qui se situe dans le m^me bâtiment que le camp kurde. Comment imaginer que la police et le gouvernement grec acceptent qu’un camp d’entraînement militaire kurde de se situe dans les même locaux que la police ? Erdogan et sa bande de « chiens de garde » de la télévision sont tellement promptes à monter une manipulation qu’ils s’auto- discréditent.

Malheureusement le nouveau gouvernement grec annonce déjà qu’il veut fermer les camps de réfugiés y compris ceux de Lavrio.

Nous ne devons pas avoir la mémoire courte. Les combattants kurdes de Syrie et de Turquie ont été utiles lorsqu’il s’agissait d’ éradiquer DAESH. Des milliers d’entre eux ont donné leur vie. Par leur sacrifice ils nous ont protégé des potentiels attentats perpétrés par DAESH en Europe et plus particulièrement en France.

Vous aussi vous pouvez soutenir les kurdes de Lavrio. Les kurdes n’ont pas besoin de discours de soutien . Ils ont besoin d’actes concrets de solidarité. Agissez …

La solidarité est l’arme du peuple », a écrit sur Facebook l’activiste français Jacques Leleu.

Pour assurer la paix en Syrie, il faut empêcher la Turquie d’attaquer le Rojava

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L’Administration autonome de la Syrie du Nord et d’Est (AANES) a publié un communiqué suite aux menaces d’invasion du Rojava par la Turquie. Elle a appelé l’ONU et les instances internationales à empêcher l’agression turque qui sera « préjudiciable à la paix et à la sécurité internationale. »
 
Voici le communiqué de l’AANES : 
 
« L’État turc menace de manière permanente et continue d’agresser les zones gérées par l’AANES. Ces menaces ont récemment accru avec la mobilisation de forces militaires turques à la frontière nord de la Syrie, à l’est de l’Euphrate. Le but de la Turquie est de déjouer le projet démocratique et de déstabiliser la sécurité et la coexistence des composantes du peuple syrien.
 
Ce qui s’est passé à Afrin il y a plus d’un an, lorsque le régime turc et les milices terroristes sous les ordres de la Turquie ont attaqué la ville, est le meilleur témoin de l’hypocrisie et des mensonges de ce régime.
 
L’AANES condamne et dénonce les menaces irresponsables du régime turc et souligne que l’administration, avec toutes ses composantes ethniques et religieuses, s’unira pour faire face à ces menaces et leur résistera de toutes les manières possibles, pour défendre la sécurité, la stabilité et la coexistence dans cette région où vivent plus de cinq millions de personnes, y compris des déplacés et réfugiés, sans oublier les milliers d’éléments terroristes de Daech (ISIS) détenus dans nos prisons.
 
Les peuples du nord et de l’est de la Syrie ont combattu le terrorisme mondial et donné des milliers de martyrs et de blessés dans ce combat. Aujourd’hui, la communauté internationale discute de la situation d’Idlib et oublie les menaces turques qui pèsent sur nos régions.
 
Nous assurons au monde entier que nous soutenons l’unité du territoire, des composantes et des peuples syriens et que notre projet politique est un projet démocratique et non sécessionniste.
 
Nous appelons la communauté internationale, l’ONU et les organisations humanitaires à s’acquitter de leur devoir, à faire cesser les menaces turques et empêcher cette agression préjudiciable à la paix et à la sécurité internationale. »
 
Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie
5 août 2019

ROJAVA. Le camp de jihadistes d’al-Hol menacé en cas d’offensif turc en Syrie

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ROJAVA / SYRIE – Un offensif turc dans le nord-est de la Syrie pourrait forcer les forces arabo-kurdes à abandonner le camp d’al-Hol contenant des dizaines de milliers de membres de l’Etat islamique (EI), a averti un responsable du camp.
 
La Turquie est sur le point de lancer une offensive militaire à l’est de l’Euphrate pour écraser l’alliance arabo-kurdes YPG et FDS qui ont nettoyé la région de l’Etat islamique (EI).
 
Les YPG sont une composante importante des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui, avec l’appui des États-Unis, a expulsé DAESH / ISIS de larges pans du nord-est de la Syrie, rassemblant ainsi de nombreux membres de DAESH et leurs familles dans le camp d’al-Hol.
 
« Si la Turquie attaque, nous perdrons le contrôle du camp », a déclaré Tol Hildan, coordinateur des médias pour les YPG, à Middle East Eye.
 
Al-Hol détient environ 70 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants. La plupart sont des Syriens et des Irakiens, mais il y a également des milliers de prisonniers d’autres pays dont des Occidentaux. Ces prisonniers vivaient dans des zones contrôlées par DAECH, et beaucoup continuent à professer leur soutien à DAESH.
 
Le camp se trouve sur un territoire contrôlé par les FDS soutenues par les Etats-Unis et dominée par les YPG kurdes, que la Turquie considère comme une branche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avec laquelle elle est en guerre depuis des décennies.
 
La Turquie menace depuis longtemps d’envahir le territoire syrien contrôlé par les FDS à l’est de l’Euphrate, mais ces dernières semaines, les menaces ont augmenté avec les renforts militaires turcs massés à la frontière du Rojava.
 
Les responsables turcs et américains sont bloqués dans des pourparlers sur la possibilité de créer une « zone de sécurité » le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie car la Turquie veut à tout prix entrer au Rojava. Ce qui signifie tout simplement un génocide pour les Kurdes syriens, comme on l’a vu à Afrin.
 

Dilan Cudi : Une artiste kurde indomptable jetée en prison

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TURQUIE – « Toutes les expos que j’avais prévues pour réaliser mes rêves se sont déroulées sans moi. Les sculptures que j’ai essayé de réaliser sont restées inachevées. Mes sculptures en argile sont séchées et fissurées depuis longtemps. Mais ce dont j’ai le plus besoin ici, c’est un peu de boue… »

L’artiste kurde emprisonnée, Dilan Cûdî Saruhan, condamné à neuf ans de prison pour « être membre d’une organisation terrorste », a déclaré dans une lettre : « Je n’abandonnerai pas mon esprit et ma pensée libres et je ne m’assagirai jamais. »
 
La Turquie est devenue un pays réprimant sévèrement l’art. Ce pays, qui est en haut du podium dans tous les domaines avec sa répression, ses violations des droits humains et ses arrestations, est également à la pointe avec ses artistes en prison. Dans ce pays où les tribunaux sont sous pression politique, les journalistes, les politiciens, les défenseurs des droits, ainsi que les artistes sont qualifiés de «membres d’une organisation» ou de faire de la « propagande » et placés dans des prisons. L’un d’eux est l’artiste Dilan Cûdî Saruhan. Saruhan est emprisonnée à la prison pour femmes fermée de Bakırköy depuis décembre 2017 et accusée d’avoir été membre d’une organisation. Saruhan a écrit une lettre à propos de sa situation et a ajouté : « Bien que les pratiques ici visent à l’isolement (…) de l’esprit, je résiste à cela. Parce que j’ai une grande foi en l’art et en la vie. »
(…)
 
Un article écrit par Zehra Doğan
 
 

Une unité de Peshmergas rejoint les forces yézidies à Shengal

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KURDISTAN DU SUD – SHENGAL – L’unité de Peshmergas (Sirya) a rejoint les unités de résistance de Shengal (YBŞ).
 
L’unité a rejoint les YBS lors du service commémoratif tenu hier à Shengal en l’honneur des victimes de l’attaque menée par l’Etat islamique contre les Yézidis le 3 août 2014.
 
Sirya était sous le commandement des Peshmerga de Shengal sous le contrôle du PDK et était resté dans la région depuis la libération de Shengal jusqu’au 18 octobre 2017, date à laquelle les milice chiite Hashd Al Shaabi a pris le contrôle de la région.
 
L’unité de Peshmerga dirigée par Ismail Nemir
 
Nemir a parlé de la décision de rejoindre le groupe et a déclaré qu’il avait décidé de rejoindre les YBŞ, car le PDK ne leur avait pas donné leurs droits depuis le génocide de 2014.
 
Nemir a déclaré qu’ils se battaient depuis le début contre les gangs de l’Etat islamique dans la montagne de Shengal : « Avec toutes nos ressources, nous voulions servir notre peuple honnêtement. Mais les promesses qui nous ont été faites n’ont jamais été tenues. Après les problèmes que nous avons eu, nous avons décidé de rejoindre les YBŞ. Au moment du génocide, ces combattants ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour la liberté du peuple, afin de le préserver d’un massacre. Je promets de servir les habitants de Shengal avec tout ce que j’ai. »
 

ROJAVA. L’expansionnisme turc déguisé en « zone de sécurité »

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SYRIE / ROJAVA – L’État turc continue de menacer d’occuper le nord et l’est de la Syrie. Aujourd’hui, une délégation militaire américaine s’entretient avec les responsables turcs en Turquie sur la « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie.
 
Alors que l’Etat turc continue de menacer d’envahir le nord et l’est de la Syrie sous le nom de « zone de sécurité », une délégation de militaires américains est aujourd’hui arrivée en Turquie pour des entretiens. Les deux parties discuteront du plan de résolution préparé par l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est et des plans d’occupation imposés par l’Etat turc.
 
Le 22 juillet, l’envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie, James Jeffrey, a eu des entretiens avec des responsables turcs à Ankara. Au même moment, Kenneth McKenzie, commandant du Commandement central américain (CENTCOM), a rencontré le général Mazlum Abdi, commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), et des représentants de l’administration autonome à Ain Issa.
 
Deux plans différents
 
L’administration autonome propose une zone de cinq kilomètres de profondeur, en dehors des villes frontalières. La Turquie, quant à elle, impose une zone pour atteindre 30 à 35 kilomètres de profondeur, autant dire tout le Rojava. Après des entretiens avec l’envoyé américain Jeffrey, les représentants de l’État turc ont rejeté la proposition, arguant qu’elle était inadéquate et ont menacé de faire la guerre contre le Rojava.
 
Erdoğan Nous allons détruire le couloir de la terreur ! – Bahçeli : Nous allons brûler a Syrie du Nord !
 
Alors que le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a qualifié les plans américains d’insatisfaisants, le président Erdoğan a déclaré au sujet des négociations sur une zone de sécurité : « Quoi qu’il arrive, nous sommes déterminés à détruire le couloir de la terreur dans l’Euphrate oriental. Nous n’avons pas besoin de permission pour cela. »
 
Le partenaire de la coalition Erdoğan, Devlet Bahçeli, chef du MHP (Parti du mouvement nationaliste), a déclaré : « La Syrie du Nord doit être incendiée, il faut leur montrer la force des Turcs ».
 
Explications de James Jeffrey
 
Jeffrey s’est ensuite rendu dans les États européens en tant que membre de la coalition anti-EI. A son retour à Washington, il a déclaré qu’il n’était pas possible de parvenir à un accord avec la Turquie sur une zone de sécurité. Lors d’une conférence de presse du département d’État américain, il a déclaré que les États-Unis étaient liés par leur promesse de ne pas autoriser une attaque contre les forces démocratiques syriennes (FDS). Il a répondu à la question de savoir si la garantie américaine pour le SDF a persisté : « Nous nous engageons à tenir notre parole que ceux qui combattent à nos côtés ne seront attaqués par personne. Cela inclut la Turquie. »
 
Entretiens à Ankara
 
La deuxième série de pourparlers sur la zone de sécurité prévue se déroule aujourd’hui en Turquie. Une délégation militaire américaine s’entretiendra avec des responsables turcs sur la « sécurité des frontières ». Pendant ce temps, les activités militaires de la Turquie se poursuivent, en particulier à la frontière avec Şêxler, Kobanê, Girê Spî et Serêkaniyê. Alors que l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est s’est concentrée sur les activités diplomatiques, les populations et les forces militaires de la région continuent de se préparer à une attaque d’invasion par la Turquie.
 
Rêves néo-ottomans d’Afrin à Kirkouk
 
La Turquie est à la recherche d’une nouvelle édition du pacte national Misak-i Milli avec son plan d’occupation. Jusqu’à présent, l’Etat turc a occupé Jarablus, Azaz, al-Bab, Idlib et Afrin, et veut maintenant occuper la ligne allant de Manbij à Şêxler, Kobanê, Girê Spî, Serêkaniyê, Dirbêsiyê, Amûdê, Qamişlo et Dêrîk à l’est de l’Euphrate, puis à Kirkuk et Mosul.
 
Étape vers une solution politique
 
L’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est déclare à chaque occasion qu’elle ne veut pas de guerre. Le plan qu’ils ont présenté est considéré comme une étape en faveur d’une solution politique. Comme l’a dit Aldar Xelîl du TEV-DEM, leurs efforts pour trouver une solution se concentrent sur les initiatives diplomatiques. C’est également l’objectif du plan proposé, que Xelîl résume ainsi :
 
« La zone de sécurité peut atteindre jusqu’à cinq kilomètres à l’intérieur des terres et n’impliquera pas les villes. La zone peut être sous la supervision de la Coalition internationale ou de l’ONU. La sécurité dans la zone n’est pas la responsabilité des YPG/YPJ et des FDS, mais celle des forces affiliées aux conseils locaux. Les forces de la coalition internationale peuvent patrouiller la région. La présence de militaires turcs ne peut être acceptée, mais la présence des représentants civils est envisageable avec la coalition. »
 
La Turquie veut prendre le contrôle de la route du transport international
 
La Turquie, quant à elle, impose une « zone de sécurité » de 30 à 35 kilomètres en profondeur à l’intérieur de la région. La Turquie cherche à prendre le contrôle de la voie de circulation internationale (Rotko) qui se trouve à une trentaine de kilomètres au sud de la ligne reliant Şêxler, Kobanê, Girê Spî, Serêkaniyê, Dirbêsiyê, Amûdê, Qamişlo et Dêrîk en Euphrate orientale.
 
Cette route, qui relie les routes du Kurdistan du Sud à Alep, Damas et les pays arabes, revêt une grande importance pour les rêves néo-ottomans et Misak-i Milli de l’Etat turc. Avec la prise de cette route, qui est une route commerciale importante, la Turquie prévoit également, comme deuxième ou troisième étape de son plan d’occupation, de transporter le pétrole de Kirkouk et Deir ez-Zor vers la Méditerranée.
 
Le premier but est Girê Spî
 
La première cible d’occupation de la Turquie est Girê Spî (Tal Abyad). En prenant la ville, l’Etat turc vise à atteindre Ain Issa, qui est considérée comme la capitale de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie. La Turquie espère que la prise de l’Ain Issa ouvrira la voie à Raqqa. Par cette offensive, la Turquie cherche à couper Kobanê, Cizirê, Raqqa, Tabqa, Manbij et Deir ez-Zor les uns des autres comme prochaines étapes du plan d’occupation.
 
Zone de guerre étendue
 
Dans une récente déclaration, le général Mazlum Ebdi, commandant des Forces démocratiques syriennes, a déclaré que si l’armée turque attaquait le Rojava, cela se transformerait en une grande guerre. « S’il y a une attaque contre nous, la frontière de 600 km se transformera en front de bataille. Cela signifierait une deuxième période de guerre civile en Syrie. »
 
Interrogé sur la mesure dans laquelle la population résistera à une invasion turque, Aldar Xelîl, membre du bureau exécutif du TEV-DEM, a déclaré que les habitants de la région avaient résisté et maintenu cette position depuis le début de la guerre syrienne avant d’aoujter : « Ces gens ont déjà connu trop de guerres. Afin de les sauver d’une nouvelle guerre, nous nous concentrons sur le travail diplomatique. En cas d’attaque, cependant, le peuple résistera. Ils s’y préparent. À l’heure actuelle, nous attirons beaucoup de sensibilité de la part de l’opinion publique démocratique, ainsi que des quatre parties du Kurdistan et de notre peuple vivant à l’étranger. Cependant, les gens se défendront jusqu’au bout contre une occupation. »
 

La Turquie s’apprête à écraser les Kurdes syriens qui ont vaincu DAECH

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On n’en finit pas de remercier les Kurdes

 
SYRIE / ROJAVA – Le silence coupable de l’Occident devant l’invasion d’Afrin par la Turquie donne des ailes à Erdogan qui veut anéantir les Kurdes syriens qui ont vaincu DAESH / ISIS…

ROJAVA. L’armée turque a bombardé des villages à Shehba et Bab

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ROJAVA – Le régime turc a multiplié ses attaques contre le nord de la Syrie. Des informations venant du sol indiquent que l’armée turque a attaqué, avec des obus et des armes lourdes, contre les villages de Sheikh Isa, Hirble et Semuqa dans le canton de Shehba tard dimanche soir.
 
Les forces turques ont simultanément pris pour cibles les villages de Zuwyan, Xirbet êaalê, Til Cîcan et Til Medîq situés sur la ligne al-Bab. Les détails sur le bombardement ne sont pas encore disponibles.
 
Avant cette nouvelle vague d’attaques, le président turc Erdoğan avait annoncé que la Turquie lancerait une nouvelle opération d’invasion contre la région.
 
Par ailleurs, en parallèle aux menaces d’invasion turques, les cellules dormantes de DAESH / ISIS ont intensifié leurs attaques dans les régions du Rojava protégées par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde.
 

Après l’occupation d’Afrin, la Turquie veut envahir le reste du Rojava

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Le président turc Erdogan a déclaré aujourd’hui que son pays allait attaquer les Kurdes du Rojava, dans le nord de la Syrie.
 
L’État turc continue de menacer le nord et l’est de la Syrie après avoir occupé d’autres régions du pays. Aujourd’hui, alors qu’il participait à l’ouverture de l’autoroute et d’un hôpital public dans la ville d’Izmir, Erdogan a réitéré son intention d’attaquer le nord et l’est de la Syrie, tout comme Afrin il y a plus d’un an.
 
Recep Tayyip Erdogan a également déclaré qu’il avait informé la Russie, alliée du régime syrien, et les Etats-unis, alliés des Kurdes dans la lutte contre l’Etat islamique en Syrie, de son attaque « imminente » contre l’est de l’Euphrate.
 
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a menacé le mois dernier de lancer un offensif contre le nord et l’est de la Syrie si une « zone de sécurité » n’était pas déclarée.
ANHA

Un conseiller du gouvernement néerlandais : Les FDS peuvent contribuer au jugement des combattants étrangers de l’EI

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« Bien qu’il soit difficile d’établir un tribunal international dans la région, d’autres pays peuvent demander l’appui des Forces démocratiques syriennes (FSD) pour poursuivre les combattants étrangers de l’État islamique », a déclaré le conseiller externe du gouvernement néerlandais dans un rapport.
 
André Nollkaemper, professeur de droit international public à la Faculté de droit de l’Université d’Amsterdam, a souligné qu’il serait difficile de créer un tribunal international sans l’appui des Nations Unies ou sans le consentement de l’Iraq ou de la Syrie dans des régions semi-autonomes comme le nord-est du pays.
 
Néanmoins, il a noté que les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis, contrôlent de facto le nord-est de la Syrie et dispose d’un système juridique « sous domination kurde ».
 
Bien qu’il ne soit pas juridiquement possible pour les FDS de parvenir à un accord avec un Etat pour créer un tribunal international, Nollkaemper a déclaré que les FDS pourraient être impliquées dans un accord entre deux ou plusieurs pays pour créer un tel tribunal.
 
« Dans la mesure où les FDS ont des membres de DAESH en détention et ont des preuves et/ou peuvent faciliter l’accès aux témoins, cela pourrait apporter une contribution importante au procès efficace des membres de DAESH », a-t-il déclaré dans le rapport, ajoutant que cela pourrait se faire sans la permission de Damas.
 
Les FDS, qui détiennent des milliers de combattants étrangers de l’État islamique et leurs familles, refusent de les juger en Syrie car elles n’ont pas la capacité de détenir indéfiniment des combattants étrangers de l’État islamique.
 
Selon un rapport de l’International Crisis Group, les FDS ont mis en place un tribunal antiterroriste dirigé par cinq juges en 2015 pour les Syriens accusés d’être impliqués dans des crimes islamiques.
 
L’un des juges a déclaré que la Cour avait traité 800 affaires locales en 2017 et 1 200 en 2018 ; elle en a 7 000 en instance.
 
Selon le professeur Nollkaemper, la création d’un nouvel organe dans la région, proche des victimes de DAECH, contribuerait à résoudre le problème des détenus de l’État islamique et à recueillir des preuves.
 
De nombreux pays de l’Union européenne craignent qu’en raison du manque de preuves, les partisans de l’État islamique ne soient rapidement libérés une fois qu’ils auront comparu devant un tribunal après leur retour au pays. C’est pourquoi, l’idée d’un tribunal pénal international pour les juger en Irak ou en Syrie semble être une solution attrayante pour eux. Le gouvernement néerlandais a également soutenu l’idée de créer un tel tribunal.
 
 

3 000 femmes et enfants yézidis sauvés des mains de l’Etat islamique

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3 000 des 6 417 femmes et enfants yézidis enlevés à Shengal par l’Etat islamique ont été sauvés sous la direction des combattantes des YPJ.
 
On commémore aujourd’hui le 5e anniversaire des attaques génocidaires de l’Etat islamique contre les Yézidis à Shengal. Des milliers de Yazidis ont été tués dans les attaques et des milliers de femmes et d’enfants ont été enlevés, violés et vendus sur des marchés d’esclaves. Des milliers de Yazidis sauvés du massacre ont été installés dans le Kurdistan du Sud et au Rojava.
 
Les gangs de l’Etat islamique ont voulu détruire l’identité et la religion yézidies le 3 août 2014. Les forces des peshmergas dans la région n’ont pas résisté à l’Etat islamique et les Yézidis ont dû faire face à un terrible massacre. Les combattantes des HPG [PKK] et YPG / YPJ se sont précipités sur les lieux pour sauver des milliers de Yazidis d’une mort imminente dans le couloir sécurisé qu’ils ont ouvert.
 
3 000 Yézidis sauvés
 
L’opération Colère de l’Euphrate lancée le 10 novembre 2016 pour venger les femmes yézidies a libéré la ville de Raqqa, capitale autoproclamée du califat. L’opération Tempête de Cizire à Deir ez-Zor a complètement mis fin à l’occupation de l’Etat islamique dans la région. Les opérations ont permis de sauver 3 000 des 6 417 femmes et enfants yézidis enlevés par DAESH. Les femmes et les enfants yézidis qui ont été sauvés ont été emmenés à la Maison yézidie afin de retrouver leurs familles par le biais du Conseil des femmes de la région de Cizire et de l’Assemblée de Shengal.
 
Soutien aux femmes et enfants sauvés
 
La coprésidente de l’Assemblée de la Maison yézidie de la région de Cizire, Leyla Ibrahim, a déclaré que le Mouvement des femmes de Shengal fournissait une éducation et un soutien psychologique aux femmes et enfants sauvés afin qu’ils puissent surmonter leur traumatisme.
 
«Les femmes yézidies ont été emmenées à Idlib»
 
Ibrahim a déclaré que le gouvernement irakien avait manqué à son devoir envers le peuple yézidi: «À ce jour, le gouvernement irakien n’a pas rempli ses obligations légales. En raison de leur attitude irresponsable, les registres des fosses communes sont introuvables.» Elle a ajouté qu’après la libération du nord et l’est de la Syrie des mains de DAESH, les femmes yézidies captives avaient été emmenées à Idlib par DAESH / ISIS.
 

Histoire : Un cortège de firmans [Massacres des Yézidis]

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« Les enfants de Malek Taus viennent au monde avec une mémoire d’édit et vivent avec le fait d’un édit … », « À l’ombre des ailes : Si Shengal pouvait parler »
 
Le 3 août 2014, l’État islamique d’Irak et de Levant (EIIL) a lancé un vaste massacre dans la région de Shengal, où vivent les Yazidis. Le 9 août, le corridor vital créé par les guérillas des YPG dans la région située entre le mont Shengal et la frontière avec le Rojava a été sécurisé. Des milliers de Yazidis, principalement des hommes, ont été massacrés, des milliers de femmes et d’enfants ont été arrêtés de force comme «butin», beaucoup ont été vendus sur des marchés d’esclaves, violés et torturés. Des centaines d’enfants yézidis ont été formés dans des camps militaires de l’Etat islamique et utilisés dans des attentats-suicides ou explosions de mines. Trois ans après le massacre, des responsables du gouvernement régional du Kurdistan ont déclaré qu’après le génocide, environ cent mille Yézidis avaient émigré en Europe.
 
De nombreux témoignages du génocide ont été publiés en anglais et en français, en particulier après le génocide des Yézidis. En dépit de cette multiplicité en Occident, le génocide ne suscitait malheureusement pas assez d’intérêt en turc. Bien que le nombre de publications universitaires sur l’histoire et les convictions religieuses des Yézidis, ait augmenté après le massacre commis par l’État islamique (EI), il n’y a malheureusement pas de travaux sur le génocide des Yézidis en août 2014. Le 73ème édit des Yézîdîs, le projet de la fondation Zan basée à Amed en 2015, sur le génocide de Shengal est le seul témoignage complet sur le génocide dans ce domaine.
 
En dehors de deux livres écrits par Namik Kemal Dinç basée sur des entretiens approfondis avec une centaine de personnes parmi des milliers de Yézidis qui ont atteint le Kurdistan de Turquie dans des conditions difficiles, pour échapper au génocide, installés à Diyarbakir, Sirnak, Siirt et Batman et qui ont été pris en charge par les organisations de la société civile locale et le Parti démocratique des régions (DBP), il n’existe qu’une seule étude en turc sur le sujet.
 
Le premier livre publié dans le cadre du projet mené par la Fondation Zan était Êzîdîlerin 73. Fermanı Şengal Soykırımı (le 73ème édit des Yézidis Le Génocide de Shengal). Dans la première partie de cette étude très complète, qui comprend deux chapitres principaux, Namık Kemal Dinç a mobilisé les opportunités offertes par sa profession d’historien et a établi un cadre très précieux pour l’histoire des Yézidis de Sengal au XXe siècle; Dans la deuxième partie, il s’est entretenu avec les témoins directs du génocide. Le livre qu’il a écrit sur la base de la même étude de terrain, intitulé Kanatların Gölgesinde : Şengal Dile Gelirse (À l’ombre des ailes : Si Shengal pouvait parler), publié par les publications de la Fondation Zan le mois dernier, était basé sur les voix de six témoins du génocide. Des informations thématiques sont fournies à l’entrée de chaque témoignage, ce qui est essentiel pour comprendre l’histoire sociale du peuple yézidi.
 
[Pour faire court], je voudrais mentionner brièvement l’histoire de Gulê racontée par les six témoins du livre. En effet, chaque témoignage révèle un aspect différent du génocide, ainsi que des faits importants sur l’histoire des Yézidis au cours du siècle dernier. L’histoire de Gulê, première témoin à avoir donné la parole au livre, correspond à un cycle complet de la migration forcée. En 1966, sa famille a dû émigrer du village Benarin de Batman, l’une des plus anciennes colonies des Yézidis, vers le mont Shengal. Non seulement sa famille, mais des milliers de personnes de la tribu Xaltî à laquelle elle appartenait ont émigré. Presque toute la tribu Xalti qui s’étaient propagée de Beşiri à Siirt et Mardin ont émigré à Shengal en raison d’une violence structurelle, matérielle et symbolique croissante. Ils se sont installés dans cette région si intensément, si profondément liés et l’intériorisée qu’ils ont appelé la région « Welatê Xaltiya » [Le Pays des Xaltis]. La famille de Gulê a traversé la frontière du Kurdistan, déchirée par des États-nations, pour se rendre à Shengal sous la surveillance de passeurs kurdes. Son père a nommé à son nouveau-né Nefî, c’est à dire « Exil ».
 
Neuf ans après l’arrivée de la famille de Gulê à Shengal, elle subit cette fois les foudres de la dictature du Baath en Irak. Tous les Yézidis vivant dans des colonies ancestrales dispersées dans la région montagneuse de Shengal sont sortis de leurs villages par Saddam Hussein en 1975 et seront installés de force dans des villages collectifs (micema) au bord des routes reliant la région. Dans cette nouvelle politique de peuplement, des villages ayant 10 000 habitants ont été créés. Cette politique est un désastre pour le peuple yézidi qui tentait de survivre loin des normes souveraines répressives, où ils ne pouvaient être atteints par le pouvoir infrastructurel. La plupart des Yazidis, qui vivaient en autarcie grâce à l’élevage du bétail, deviendraient soit des travailleurs agricoles dans les plaines autour de Mossoul, soit des mercenaires au sein du gouvernement central irakien. Empruntant l’expression de James Scott, le pouvoir central, qui vise à rendre la société «lisible», a signé un nouvel édit en séparant les Yézidis de leurs espaces de vie et en les plaçant dans des villages ayant des dizaines de milliers d’habitants chacun.
 
Années de la faisabilité du génocide
 
Née dans un tel déplacement forcé, il est peu probable que la souffrance de Gulê se termine. Les attentats à la bombe perpétrés le 14 août 2007 dans deux grandes villes yézidies pourraient constituer un jalon important dans la construction disciplinaire et la mobilisation militante de mouvements islamistes radicaux apparus dans la crise politique en Irak depuis 2003, année du renversement de la dictature de Saddam et de l’intervention américaine. Son fils, Ali, meurt également dans un de ces attentats. L’augmentation des demandes d’enlèvements et de rançons, qui a commencé à ces dates et s’est accrue de jour en jour, a de graves répercussions sur le mouvement des Yézidis vers les centres-villes et crée une grande insécurité. Des groupes nommés İrhab ont enlevé les Yézidis, les Kakaïs, les Shabaks et les chrétiens et ont réclamé des rançons.
 
Cette situation d’insécurité, qui a débuté en 2007 avec l’arrivée de DAESH, a atteint son apogée. En fait, la première information tirée de la mémoire collective par les Yézidis est qu’en période de crise et d’incertitude, la violence vise toujours les groupes les plus fragiles qui ne se conforment pas aux normes dominants. La plupart des maisons des Yézidis, tels que Gulê, qui vivent dans le centre de Shengal, sont marquées par des inconnus dans les jours précédant le génocide. C’est l’une des stratégies couramment utilisées dans de nombreuses initiatives de nettoyage ethnique, de pogrom ou de génocide dans le monde. Cette première frappe faite par la main des voisins, qui sont généralement complices du massacre, offre une grande commodité au moment du meurtre.
 
Par la suite, des hommes yézidis, qui ont été capturés dans le centre-ville de Shengal, ont été tués au premier moment, et des femmes et des enfants ont été arrêtés comme butin. Asile au Mont Sinjar, passage au Rojava avec le couloir ouvert par les YPG, de là pour atteindre Roboskî, traverser clandestinement la frontière avec la Turquie est pour Gulê une expérience aussi lourde que le génocide lui-même. L’histoire de Xalila, qui a hébergé Gulê dans le village de Roboskî, est l’un des rares moments qu’elle ne peut pas oublier. Xalila est une femme qui a perdu plus de vingt personnes de sa famille lors du massacre de Roboski en 2011. Après avoir quitté Roboskî, Gulê et sa famille s’installent dans le village yézidi de Şimze à Batman Beşiri. Seules deux ou trois familles yézidis vivent dans le village, dont le nom a été changé en Oguz. Ils ont tous dû émigrer en Europe. Pour Gulê, revenir cinquante ans plus tard dans le pays qu’elle avait quitté, mais cette fois en tant qu’exilée de guerre est la plus lourde des émotions.
 
Il est important de noter que deux différences fondamentales distinguent les deux œuvres de Namık Kemal Dinç des autres études de témoignages sur le génocide de Shengal. Premièrement, il place les entretiens avec les témoins directs du génocide dans un contexte historique à court, moyen et long terme, ce qui nous permet de voir le rôle central de certains phénomènes qui semblent appartenir au temps présent dans la mémoire collective de l’édit collectif des Yézidis. Deuxièmement, et ce qui est peut-être le plus important, il n’y a pas de collage dans ces témoignages qui choisissent avec soin des fragments qui révèlent à quel point ils souffrent, mais il y a aussi une référence spéciale au pouvoir de légitime défense d’un peuple qui a subi des dizaines de massacres depuis des siècles. Des tranchées de sécurité creusées autour de presque tous les villages de Yézidis depuis l’occupation de Mossoul, des hommes ordinaires yézidis qui montent la garde jour et nuit, depuis le début du massacre, des centaines de jeunes Yézidis qui ont rejoint les rangs de la résistance à Shengal qui ne s’attendaient pas à mourir comme un mouton sacrificiel, qui ont résisté mais que les décideurs du commandement peshmerga dans le sud du pays ont quitté tout Shengal le matin de la première nuit du massacre, au lieu de soutenir la légitime défense des Yézidis est peut-être le facteur le plus important dans l’émergence de cette terrible tragédie qu’il nous montre avec toute sa nudité sur la base de témoignages.
 
Le génocide d’août 2014 a non seulement chassé les Yézidis de leur dernière patrie, mais a également transformé radicalement la dynamique de leur communauté intérieure. D’un côté, les Yézidis résistent au monde extérieur par la congrégation avec toute la mémoire de l’édit collectif, mais en même temps, la dynamique interne de la vie extrêmement lourde des réfugiés dans les zones urbaines se dissout. On peut facilement dire que ce massacre est une continuation et un complément des précédents, et qu’il a également des conséquences bien plus graves que les précédents. L’édit de Shengal est une sorte de blessure lourde dans laquelle on peut dire que rien ne sera plus comme avant. De 1918 aux années 1970, les communautés yézidies vivant dans la géographie de la zone allant de Kars à Siirt ont été dispersées en Arménie et en Géorgie, à Shengal ou en Europe. Le dernier lieu de résistance dans le contexte de leurs colonies historiques était Shengal. Shengal 2014 est l’étape la plus lourde du processus, qui a débuté par une série d’édits visant les Yézidis. Il est le Dersim 38 pour les Kurdes Kızılbaş, le jalon le plus lourd de massacres des Kurdes Kızılbaş, qui a commencé avec les massacres de Yavuz au XVIe siècle.
 
En dernier lieu, il y a une question importante que je voudrais mentionner brièvement, bien que cela puisse être le sujet d’un autre article. Certains phénomènes évidents du génocide de Shengal (les rôles des Kurdes sunnites aussi décisif que les Arabes sunnites dans le massacre) nous montrent une fois de plus que nous devons prendre en compte à la fois les édits antérieurs et l’interrelation des variantes de l’identité kurde évoluant sur le plan religieux. Contrairement à la conception du Kurdistan homogène construite en mettant l’accent sur un passé fictif commun, il montre également comment le titre sunnite, qui précède le nom kurde, a un bagage. Ce n’est pas une kurdicité qui appelle des émotions à travers une écriture de nationaliste de l’histoire, mais comment le sunnisme a évolué pour devenir la forme fondatrice et privilégiée de la kurdicité par la mémoire collective historique [5], le génocide de Shengal est un moment de vérité qui frappe notre visage pour voir comment il identifie, positionne et nomme les autres kurdicités à travers le filtrage de ce privilège.
 
Prenons, par exemple, la chanson intitulée Dîyalog de Ciwan Haco, que j’écoute moi-même avec une grande admiration. La chanson, développée sous la forme d’un récit épique, traite des révoltes et de la résistance que les Kurdes ont développées contre les pouvoirs centraux depuis le début du 19ème siècle. La chanson se termine par ces couplets :
 
« Paşayâ “Kor” mirê Rewandiz / Mir Rewanduz, “aveugle” Pacha
Mina Bedirxanê Botan / Comme Bedirhan de Botan
Ne gotin, bakur û başhur dane ber xwe / ils n’ont pas dit Nord et Sud, l’ont mis devant eux
Ji Dersim heta bi Mûsil, Kirkouk / De Dersim à Mossoul, Kirkouk »
 
Comme l’indique Namık Kemal Dinç dans son livre, Rewandûz est Mir Muhammed, celui qui est mentionné par la plupart des témoins yézidis et qui a commis l’un des plus grands massacres contre les Yézidis. Pour les Yézidis, il représente donc l’image la plus négative qui soit. L’autre est Bedirxan, le mir de Botan, connu pour le massacre de Nestoriens. Quand un Yézidi ou un Nestorien écoute la chanson de ce récit dans lequel la kurdicité est construite autour de la philosophie sunnite, il aura probablement une émotion différente. Par conséquent, repenser, déconstruire, « dé-sunniser » toutes les constructions narratives du passé est notre plus grande responsabilité pour la mise en place d’une kurdicité commune et égale.
 
Adnan ÇELİK, anthropologue kurde diplômé de l’EHESS à Paris