Accueil Blog Page 995

La jeune écrivaine franco-kurde, Dora Djann nous parle de son roman et des femmes kurdes

0
Le premier roman de la jeune franco-kurde, Dora Djann, « Ouverture à la française » sort le 30 août prochain. Ce roman a pour héroïne une jeune femme franco-kurde qui est déchirée entre sa communauté d’origine plutôt conservatrice et son désire d’émancipation. Dora Djann est une jeune femme promise à un bel avenir d’écrivaine avec toutes les richesses qu’elle a en elle de part ses origines et son parcours de vie. A ne pas rater ses travaux littéraires.
 
Dora Djann a eu la gentillesse de répondre à nos questions à l’occasion de la sortie de son premier roman que nous avons hâte de lire tant il nous (femmes occidentales d’origine kurde) touche pour plusieurs raisons : La difficulté de s’affirmer en tant que femmes kurdes occidentales émancipées tout en étant acceptées par nos familles / communauté d’origine et notre envie d’apporter notre grain de sel à la lutte de notre peuple pour le droit à l’existence.
 
Dora Djann, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
 
Je vis en France depuis 25 ans et je suis d’origine kurde et alévie. Je parle turc et français. Je suis diplômée de l’INALCO et de Paris 8. J’ai travaillé un certain temps dans le milieu kurde, comme traductrice et interprète. J’ai commencé à écrire ma première fiction romanesque au cours du Master de création de Paris 8, et il est publié aux éditions Emmanuelle Collas, l’éditrice de Selahattin Demirtas. Le titre que j’ai choisi est l’Ouverture à la française.
 
Pourriez-vous nous parler brièvement de votre roman ?
 
Ouverture à la française est l’histoire d’une jeune femme bien intégrée, s’interrogeant sur les contradictions et les idées reçues au sein de sa famille « très ouverte d’esprit » déjà, et au sein de sa communauté, et reconstituant une version de l’histoire non officielle de son pays natal, afin de se saisir de la raison pour laquelle elle est écartelée en France par ses quatre identités, turque, kurde, alévie et française.
 
D’après le résumé présenté par l’éditeur, votre roman a pour héroïne une jeune femme kurde en France qui est déchirée entre sa communauté d’origine plutôt conservatrice et son désire d’émancipation (elle finit toutefois par embrasser la résistance kurde). Que voudriez-vous ajouter à cela ?

Aucune description de photo disponible.
Mon roman est un récit en fragments très courts, avec des ellipses, comme un journal intime où des pages manquent. J’y décris l’évolution d’une jeune femme qui a hérité de la peur et de la terreur qui l’entourent, qu’elle a « intériorisées », ainsi qu’un engagement pour l’amour et pour la paix, également intériorisé et hérité.
 
Le récit imaginaire de Ziné, se révèle un combat d’émancipation douloureuse, de dignité. En portant des scènes positives, des exemples de situations décalées. Cette distanciation narrative a permis l’apparition de mes personnages masculins, du père et du grand-père de Ziné et de Joseph, que tout oppose. Ziné s’engage socialement pour sa communauté, et l’observe avec bienveillance, et curiosité
 
En tant que jeune femme d’origine kurde vivant en France, pourriez-vous nous parler des principaux difficultés des femmes kurdes vivant en France, à la fois avec leurs familles mais aussi avec la société française ?
 
Les femmes kurdes alévies, d’après mon expérience personnelle, ne sont pas libres, même si elles en ont l’impression. Elles ont intériorisé les mécanismes d’une société qui hésite entre une vraie ouverture à l’autre et un besoin d’enracinement en reconstituant avec nostalgie le culte alévi, en train de disparaître.
 
Pour la plupart, elles finissent par se marier (de préférence vierge), et à vie, ou alors elles sont exclues/s’excluent de leurs milieux d’origine, si elles choisissent la liberté sexuelle. Elles se positionnent entre ces deux extrêmes comme elles peuvent, et sont écartelées par les identités qui les composent. Dans les deux cas extrêmes, elles subissent des violences de toutes natures.
 
Les suicides qui les touchent à travers nos banlieues européennes démontrent le poids de cette réalité qui pèse sur elles. L’engagement féministe devrait les aider à s’extraire de cette situation. Elles doivent accepter leurs désirs. Chez les Alévis, le crime d’honneur n’existe pas, l’exclusion de la communauté est la peine maximale prononcée quand elles ne se comportent pas comme l’exige la morale « puritaine ». Cette exclusion accentue les suicides. Cela ne signifie pas qu’elles ne sont pas aussi directement victimes de leurs compagnons.
 
Je suis absolument persuadée que l’enjeu aujourd’hui, est que les femmes kurdes quittent les « ghettos violents » où leurs désirs ont été enfermés depuis des siècles.
 
« Ouverture à la française » est votre premier roman. Avez-vous d’autres projets de livres en cours ?
 
Oui, en français, j’écris un roman dystopique d’une femme engagée dans une lutte imaginaire. En turc, je termine un recueil d’une quarantaine de textes courts, décrivant à la fois des expériences poétiques, et analysant des situations concrètes et surtout le désir de la femme. J’essaie d’y inscrire l’humanisme mais articulé au féminin.
 
Nous vous souhaitons de belles réussites dans votre vie d’écrivaine et merci encore de nous avoir accordé votre temps alors que vous avez un emploi du temps chargé à cause de la sortie de votre livre.

Des Kurdes européens victimes d’arrestations arbitraires en Turquie

EUROPE / TURQUIE – Depuis le putsch « avorté » du 15 juillet 2016 en Turquie, les Kurdes et des critiques du pouvoir turc en Europe sont surveillés et arrêtés « pour propagande terroriste » ou pour « terrorisme » si jamais ils ont le malheur de mettre les pieds en Turquie.
 
Il ne faut pas grand chose aux autorités turques pour arrêter ces méchants terroristes : Une phrase publiée sur Facebook ou un « j’aime » sous une publication ou une photo, un post sur Twitter… pour peu qu’ils parlent de l’injustice faite aux Kurdes en Turquie ou qu’ils disent soutenir la lute de libération kurde.
 
En plus de la surveillance, voire des tentatives d’infiltration des organisations kurdes et turques d’opposition en Europe, une armée de trolls turcs pullule sur les réseaux sociaux. Certains de ces trolls n’hésitent même pas à se faire passer pour des Kurdes, avec des faux profils et parfois avec des photos de jeunes femmes censées attirer les hommes kurdes… Ils font des captures d’écran des commentaires ou publications critiquant l’Etat turc ou favorables aux Kurdes sur les réseaux sociaux. Ces éléments sont ensuite envoyés aux autorités turques pour le fichage de ses personnes. Imaginez ensuite ce qui arrive à ses gens là une fois qu’ils arrivent à un poste de contrôle en Turquie.
 
Il arrive aussi que les téléphones portables et ou les ordinateurs des Kurdes ou d’opposants soient fouillés à leur arrivée en Turquie par les autorités à la recherche de « preuves » de culpabilité.
 
L’une de ces Kurdes vivant en Europe et arrêtés en Turquie pour ses partages sur les réseaux sociaux est Gulsum Cetinkaya (27 ans), une étudiante belge d’origine kurde.
 
Cetinkaya née à Anvers, en Belgique, s’est rendue en Turquie avec ses parents en juillet dernier mais a été immédiatement arrêtée à la frontière turque. Elle est interdite de quitter la Turquie après avoir passer 40 jours en prison.
 
Son oncle, Bülent Özturk, célèbre réalisateur kurde, a déclaré que Cetinkaya avait été arrêtée pour avoir critiqué la politique turque à l’égard des Kurdes sur Facebook il y a quatre ou cinq ans.
 
Une autre Kurde de nationalité française, originaire d’une ville du Sud-Est de la France (on ne dévoilera pas son nom et sa ville d’origine pour des raisons de sécurité) est dans une prison d’Istanbul depuis un mois. D’après le témoignage de sa cousine, elle a été présentée aux juges sans avocat, ni traducteur alors qu’elle ne parle pas le turc ! Elle est accusée de « propagande terroriste » pour ses publications sur les réseaux sociaux d’il a y plusieurs années. (Ci-dessous un extrait de sa lettre envoyée au directeur de sa faculté.)

 

Quand une personnalité importante (sauf si elle est kurde comme ce fut le cas avec la musicienne gemano-kurde Hozan Cane qui est dans une prison turque depuis juin 1018) est arrêtée en Turquie, comme ce fut le cas avec le journaliste français Loup Bureau, le mathématicien de l’Université Lyon 2, Tuna Altenel, ou encore le journaliste germano-turc Deniz Yucel, on arrive à mobiliser l’opinion publique et faire intervenir les autorités européennes auprès de la Turquie pour la libération de ces personnes. Mais cela n’arrive que rarement quand ce sont des gens ordinaires. Les autorités des Etats européens dont les citoyens croupissent dans des prisons turques déclarent souvent qu’ils ne peuvent pas faire grand chose car souvent, ces personnes arrêtées ont aussi la nationalité turques. Est-ce une raison pour laisser ces innocents entre les mains de l’Etat turc qui a une mauvaise réputation en matière du non-respect des droits des prisonniers politiques, sans parler des témoignages d’actes de torture en garde à vue / en prison qui font régulièrement la une des médias libres de Turquie ?

Hasankeyf ou la destruction de 12 000 ans d’histoire de l’humanité

Depuis près d’un siècle, la Turquie mène une guerre totale pour détruire et / ou assimiler le peuple kurde. Ni la nature avec sa faune et sa flore, ni des milliers d’années d’histoire de l’humanité, comme celle d’Hasankef, ne sont épargnés dans cette guerre asymétrique où vous avez d’un côté un Etat membre de l’OTAN ayant une des plus grandes armées du monde, et de l’autre côté, un peuple sans Etat, ni armée – malgré quelques rebellions armés du début du 19ème siècle et la naissance à la fin des années 1970 du Parti des Travailleurs du Kurdistan, un mouvement de guérilla qui a repris l’insurrection armée pour défendre les droits des Kurdes en Turquie.
 
Cette guerre, que certains qualifient de « génocide » – car elle a pour but d’anéantir le peuple kurde avec sa langue et sa culture – est sur le point d’immerger sous l’eau Hasankeyf (Heskîf en kurde), une site historique de plus de 12 000 ans, éligible à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO mais non réalisé car cela aurait empêcher la Turquie de détruire Hasankeyf si facilement.
 
Les travaux du méga-barrage Ilisu, construit sur les rives du Tigre, à Hasankeyf, dans la région de Batman, sont achevés depuis début juin et le réservoir du barrage commence à se remplir, inondant déjà les routes de certaines localités des alentours, dont Hasankeyf, qui seront vidées à terme.
 
Le barrage Ilisu- qui fait partie de 22 barrages et 19 usines hydroélectriques construits sur les rives des fleuves Tigre et l’Euphrate nés au Kurdistan et traversant l’Irak et la Syrie – menace également les marais du sud de l’Irak et les Irakiens habitant le long du fleuve Tigre dont le débit sera fortement diminué à cause de ce barrage construit en amont.
 
Nous assistons là à un nouveau écocide commis par la Turquie et dont le monde se rend complice de part son silence, voire son soutien à la Turquie qui reste un partenaire important pour l’Europe et les Etats-Unis, sans parler de son partenariat de plus en plus renforcé avec le voisin russe.
 
Malgré ce tableau noir où tout semble perdu d’avance, les Kurdes et des ONG irakiennes et internationales sont mobilisés pour sauver le Tigre et Hasankeyf pour assurer l’approvisionnement en eau des millions d’Irakiens qui dépendent du Tigre et sauver le patrimoine de l’humanité.
 

L’histoire nous dira si cette lutte des David et Goliath des temps modernes sera couronnée de succès ou si nous serons témoins d’un énième crime contre l’humanité, la nature et le patrimoine mondial, commis cette fois-ci à Hasankeyf, au vu et au su de tous…

Image via l’agence Mezopotamya 

Deux romans d’auteurs kurdes à l’assaut de la rentrée littéraire française

0
Deux romans à paraître à la rentrée littéraire 2019 en France ont comme auteurs un Kurde emprisonné en Turquie et une jeune franco-kurde vivant en France.
 
Le premier roman de la jeune franco-kurde, Dora Djann, « Ouverture à la française » sort le 30 août prochain. Ce roman a pour héroïne une jeune femme franco-kurde qui est déchirée entre sa communauté d’origine plutôt conservatrice et son désire d’émancipation (elle finit toutefois par embrasser la lutte de libération du peuple kurde).
 
« Dans cette vie de solitude, Ziné est en quête d’identité, cherchant ses racines et une réconciliation familiale. Née l’hiver du coup d’Etat militaire de 1980 à la frontière turco-syrienne, elle a laissé son passé en prenant l’avion pour Paris. Cette jeune réfugiée s’intègre entre pavillon de banlieue et HLM, transgression des coutumes et aspiration à une forme d’indépendance. L’auteure dessine alors, le portrait d’une femme égarée mais aussi celui d’une famille éclatée et d’une communauté menacée.
 
Dora Djann, née de parents kurdes et alévis, est arrivée en France dans les années 1990. Diplômée de l’Inalco, traductrice et interprète auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d’asile, elle a commencé à écrire ce texte dans le cadre du Master « création littéraire » de Paris 8″, peut-on lire sur le site Livres hebdo
 Et tournera la roue par Selahattin
Le deuxième roman est celui de Selahattin Demirtas, avocat et politicien kurde qui nous a révélé l’écrivain talentueux qui sommeillait en lui en écrivant « Aurore » une fois jeté en prison en novembre 2016 par le pouvoir turc car il était devenu la bête noire de Recep Tayyip Erdogan, actuel Président turc. (Il est toujours en prison et on ne sait pas quand il retrouvera l’air libre)…
 
Le nouveau roman de Demirtas, à paraître le 6 septembre, s’appelle « Et tournera la roue ». Dans ce roman, tous les protagonistes, « quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, on les reconnaît, ces gens ordinaires dont le destin se mêle à celui d’un pays, la Turquie », écrit le site Babelio.
 
Ces deux romans sont publiés par la maison d’éditions Emmanuelle Collas Galaade qui avait publié également « Aurore », le premier roman de Demirtas.
 
Nous savons dès maintenant, les deux premiers livres de la rentrée qu’on va lire. Il nous ne reste plus qu’à tenir encore quelques jours !
 
 
 

TURQUIE. Hasankeyf sera interdite au public dès 8 octobre 2019

0
TURQUIE / BAKUR – BATMAN – Les vannes du barrage Ilısu ont été fermées le 18 juillet par les autorités turques et le réservoir du barrage se remplit d’eau depuis.
 
Le gouverneur de Batman a annoncé que la ville antique d’Hasankeyf, dans la région kurde de Batman, qui sera bientôt engloutie par le barrage Ilısu, sera fermée à la circulation à partir du 8 octobre.
 
La Coordination du sauvetage d’Hasankeyf a immédiatement répondu à l’annonce et déclaré que « cela signifie la destruction de 12 000 ans d’histoire et celle de la vallée du Tigre ».
 
Les vannes du barrage Ilısu ont été fermé le 18 juillet par les autorités de la Direction générale des travaux hydrauliques de l’État (DSİ) et le réservoir du barrage a depuis été rempli d’eau.
 
La Coordination Hasankeyf a déclaré dans un communiqué : « Le gouverneur de Batman a déclaré qu’Hasankeyf sera fermée à la circulation à partir du 8 octobre. La sortie et l’entrée ne seront pas autorisées et Hasankeyf sera complètement entourée d’un cordon de sécurité. »
 
La Coordination répondait aux informations faisant état d’une réunion au cours de laquelle le Gouverneur de Batman avait en effet fixé une date pour le bouclage de la ville antique.
 
« Boucler Hasankeyf signifie la destruction de 12 000 ans d’histoire et de la vallée du Tigre », a déclaré le communiqué. (Via ANF)
 
Pourquoi Hasankeyf doit être protégée ? 
Premièrement, Hasankeyf est le patrimoine culturel du monde entier avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc.
Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…
Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires.
Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par l’eau alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.
Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.

IRAN. Poursuite d’arrestations de civils kurdes et la militarisation du Kurdistan d’Est

0
ROJHILAT / IRAN – La répression iranienne a frappé sévèrement les Kurdes au Kurdistan d’Est (Rojhilat) et à Téhéran depuis juillet. Au moins 22 civils et activistes kurdes ont déjà été arrêtés à Marivan, Kamyaran, Sanandaj, Divandareh, Téhéran et Sare-pole-zahab. Un seul de ces détenus, Amjad Seifi de Kamyaran, a été libéré après une journée de détention alors que les autres détenus sont toujours interrogés dans des centres de sécurité.
 
Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN) a obtenu des informations selon lesquelles le CGRI avait militarisé les montagnes Shaho et Kosalan dans les provinces du Kurdistan et de Kermanshah, en plus des zones frontalières de la ville de Maku, dans la province d’Azerbaïdjan occidental depuis la fin juillet. Il est à noter que Hossein Salami (commandant de l’IRGC) a visité les montagnes de Shaho dans la ville de Paveh le 7 août et à Orumiyeh le 13 août. L’IRGC a également restreint le déplacement des éleveurs et des agriculteurs dans ces régions et a fait pression sur eux pour qu’ils mouvements des forces de l’opposition kurde.
 
Selon des informations rapportées, plus de 40 civils de Sanandaj ont été arrêtés pour des activités politiques et religieuses il y a trois mois. Certains d’entre eux sont toujours interrogés et soumis à des pressions pour faire de faux aveux.
 
En outre, à la suite de plusieurs affrontements armés entre le CGGC et les partisans du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en juillet dans les régions frontalières de Maku, au moins 15 civils kurdes ont été arrêtés à Maku, Chaldaran et Orumiyeh. Ces personnes ont été transférées au centre de détention de l’IRGC (anciennement connu sous le nom de Ramadan) où elles sont toujours en détention.
 

Le Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes condamne la destitution des maires kurdes en Turquie

0
Le Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes (Labour Solidarity) a publié un communiqué condamnant les attaques de l’état turc contre la démocratie au Kurdistan, dont la dernière en date est la destitution de trois maires HDP et plus de 450 conseillers municipaux à Amed (Diyarbakir), Mardin et Van.
 
Voici le communiqué de Labour Solidarity :
 
« Une nouvelle fois, le gouvernement AKP-MHP en Turquie, mené par RT Erdogan, piétine la démocratie quand les résultats des élections ne lui conviennent pas.
 
Suite à la tentative de coup d’état de 2016, 96 maires membres du HDP, parti démocratique des peuples, fer de lance de la contestation politique progressiste en Turquie et au Kurdistan Nord, avaient été destitué.e.s de leurs fonctions et remplacé.e.s par des administrateurs civils nommés par l’Etat. Suite aux élections municipales de 2019, le HDP avait pu regagner dans les urnes un certain nombre de grandes villes. Mais dès le lendemain des élections, les préfets des régions kurdes ont demandé la destitution des maires. Le 19 août 2019, ce sont donc les co-maires de Diyarbakir, Van et Mardin qui se sont vu.e.s limogé.e.s et placé.e.s en garde à vue. Dans la foulée, plus de 400 personnes ont été arrêté.e.s. Le discours de l’Etat vise en particulier le système de co-présidence femme-homme qui est une des bases du programme politique du HDP.
 
De nombreuses manifestations de soutiens ont lieu chaque jour, à chaque fois violemment réprimées.
Les organisations du Réseau syndical international de solidarité et de luttes soutiennent toutes les forces progressistes kurdes et turques qui luttent actuellement pour le respect de la démocratie en Turquie et au Kurdistan Nord. Nous soutenons en particulier les employé.e.s des mairies syndiqué.e.s au sein de Tüm Bel-Sen, membre de la confédération syndicale progressiste KESK, qui sont en première ligne face à la répression subie par les mairies kurdes.
 

Alors qu’une fois de plus les droits démocratiques les plus élémentaires sont bafoués de manière flagrante par le gouvernement turc, nous dénonçons le fait que les Etats du monde, notamment ceux de l’Union européenne, maintiennent leurs liens commerciaux avec la Turquie en lui vendant des armes qui servent à réprimer les forces progressistes ; cela offre à la Turquie des milliards d’Euros, dans le cadre d’un « accord sur les réfugié.es » qui se fait sur le dos de ceux-ci et celles-ci. »

Image 

SYRIE. Le défi Deir Ezzor des Forces Démocratiques Syriennes

0
SYRIE – DAECH a perdu son dernier bastion à Baghuz dans la province de Deir Ezzor en mars 2019. Néanmoins, un solide réseau souterrain de DAESH continue de mener des attaques dans la province et dans d’autres parties de la région à l’est de l’Euphrate.
 
Par exemple, le 8 août, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH/SOHR) a signalé que l’Etat islamique (EI/DESH/ISIS) avait mené 43 attaques en 15 jours dans l’est de l’Euphrate. Selon un rapport mensuel du Centre d’information du Rojava (RIC), DAECH a mené 48 attaques à Deir Ezzor en juillet, contre 55 en juin.
 
Le gouvernorat de Deir Ezzor est divisé par l’Euphrate, dont la rive est est est contrôlée et la plupart des ressources pétrolières sont détenues par les forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis et le gouvernement syrien soutenu par l’Iran et la Russie contrôlant la rive ouest avec la ville de Deir Ezzor, Abu Kamal et Mayadeen.
 
La situation rappelle quelque peu la division de Berlin entre les Russes et les Américains après la défaite des Allemands après la Seconde Guerre mondiale. Bien qu’il n’y ait pas de mur séparant les deux : seulement une rivière.
 
Mais pourquoi est-il difficile pour les FDS de contrôler ce territoire à Deir Ezzor ? Dans un article récent, Elizabeth Tsurkov et Essam al-Hassan ont suggéré que « la résurgence de DAESH en Irak était due à la privation des droits des sunnites, et le même scénario pourrait se répéter dans l’est de la Syrie en raison de la privation des droits des Arabes sunnites ».
 
Trois autres articles ont été écrits par la journaliste Shelly Kittleson qui semble suggérer quelque chose de similaire – que les FDS auraient dû permettre aux « forces arabes locales » de contrôler la campagne de Deir Ezzor, comme un groupe affilié à l' »armée syrienne libre » (ASL) à Ahmad Jarba. Ceci bien que le groupe de Jarba ait abandonné les lignes de front à Raqqa après les attaques de DAESH et ait cessé d’exister en Syrie en 2017.
De plus, l’ASL n’a pas été en mesure d’empêcher al-Nosra et DAESH de prendre le contrôle de Deir Ezzor, après 2012, en raison de sa propre désunion, de sa corruption et de sa mauvaise planification. A partir de 2014, DAECH contrôlait la quasi-totalité de Deir Ezzor.
Pourquoi est-il difficile pour les FDS de contrôler ce territoire à Deir Ezzor ?
2003 Réseaux djihadistes
Ces articles sur Deir Ezzor ignorent la réalité que même avant 2003 des combattants ont été recrutés à Deir Ez-zor pour combattre les Etats-Unis en Irak après la chute de Saddam en 2003. Même avant DAESH, les combattants djihadistes revenaient d’Irak à Deir Ezzor et contribuaient à la croissance de DAECH et d’al-Nosra dans la province.
 
Des documents d’Al-Qaïda montrent que Deir Ezzor était un important point de transit pour les djihadistes qui espéraient s’infiltrer en Irak, du moins jusqu’en 2006. En outre, 34,3 % des Syriens d’Al-Qaida recrutés avant 2007 étaient originaires de Deir Ezzor.
 
« Les gens ont la mentalité nécessaire pour travailler avec de tels groupes », a expliqué un responsable des FDS. « En 2003-2005, des personnes ont été recrutées à Deir Ezzor et envoyées en Irak pour travailler avec Al-Qaida. Certains d’entre eux sont revenus, et leurs familles ont été affectées par ces idées, alors il est facile pour eux de travailler avec al-Nosra, et plus tard avec DAECH. »
Aujourd’hui, la situation est encore pire après que DAECH a contrôlé Deir Ezzor pendant plusieurs années.
Un rapport rédigé par Rudayna Al-Baalbaky et Ahmad Mhidi a également confirmé que « de nombreux membres de tribus (alliés à DAECH) sont toujours dans leur région, bénéficiant de la protection de leurs tribus contre d’éventuelles représailles de membres des unités de protection du peuple kurde (YPG) ou de ceux qui sont fidèles au régime ».
 
De plus, la coalition dirigée par les Etats-Unis et citée dans un rapport du Pentagone Watchdog a également confirmé que DAECH « maintient un certain soutien parmi les Arabes sunnites le long du fleuve Euphrate et dans d’autres régions à majorité arabe en raison de leur affiliation tribale ».
 
En outre, selon un rapport récent de l’ONU, on estime à 800 le nombre de combattants de DAECH dans la région à l’est de l’Euphrate.
Les FDS reconnaissent dans des réunions privées qu’il est difficile de contrôler Deir Ezzor, où les FDS ont environ 18 000 combattants à Kasra, Hajin, Suwar et Shadadi, avec une majorité d’Arabes, dont certains Kurdes de Qamishlo, Hasakah et Kobanê.
 
Les FDS ont en fait été poussé par la coalition dirigée par les Etats-Unis pour combattre DAECH à Deir Ezzor en 2017. Les Etats-Unis ne voulaient pas que la province riche en pétrole tombe sous le contrôle de Damas et des groupes iraniens qui auraient aidé l’Iran à établir son prétendu pont terrestre.
 
Alors que les FDS ont pu contrôler le champ pétrolier d’Omar en octobre 2017, les FDS n’a pas pu prendre Abu Kamal, qui a été pris par des groupes soutenus principalement par l’Iran en novembre 2017. Cela a divisé Deir Ezzor dans une zone détenue par le gouvernement syrien et un territoire détenu par les FDS. Un conseil local soutenu par les FDS dirige maintenant la zone non urbaine détenue par les FDS.
Les dirigeants du conseil civil de Deir Ezzor et même les membres de la municipalité locale sont confrontés quotidiennement à des menaces d’assassinat et à des messages de menaces par des numéros de téléphone inconnus.
Efforts de déstabilisation
La présence à proximité de forces soutenues par l’Iran rend également plus difficile le contrôle de la zone par les FDS. DAECH, la Turquie, l’Iran et Damas veulent tous déstabiliser la région et veulent que le projet des FDS échoue. Ces acteurs opèrent des cellules dormantes dans ces zones pour semer l’agitation, protester, commettre des assassinats et des attaques.
 
Des combattants arabes des FDS et des membres du Conseil de Deir Ezzor ont déjà été assassinés – par exemple des commandants des FDS de Deir Ezzor Abu Ishaq al-Ahwazi en janvier 2019, et Yasser al-Dahla en juillet 2019. Marwan Fatih, le co-président du conseil municipal de Deir Ezzor, a également été tué en décembre 2018. La plupart des sources des FDS blâment soit DAECH, soit le régime syrien et l’Iran pour ces actes et d’autres tentatives de ce genre à Deir Ezzor.
Les dirigeants du conseil civil de Deir Ezzor et même les membres de la municipalité locale sont confrontés quotidiennement à des menaces d’assassinat et à des messages de menaces par des numéros de téléphone inconnus. Ce mois-ci, le chef des relations du conseil civil, une figure éminente de la tribu Bagara, a été pris pour cible – mais il a survécu. Les dirigeants du conseil civil ont survécu à plusieurs tentatives d’assassinat. Il est donc très risqué pour quiconque de travailler avec les FDS. Néanmoins, le Conseil compte 300 membres, tous non kurdes.
 
« Nous avons les Turcs, les Iraniens, le régime syrien, Daash. Nous ne savons pas qui est l’ennemi ici », a déclaré Aram Hamma, commandant du Conseil militaire syriaque (MFS) qui a pris part à la bataille contre DAECH à Deir Ezzor et à une partie de la salle des opérations.
 
La coalition dirigée par les Etats-Unis l’a également confirmé dans un nouveau rapport du Pentagone Watchdog publié ce mois-ci. La coalition a déclaré que « la Russie, l’Iran, le régime syrien et DAECH cherchent à affaiblir les FDS en s’appuyant sur les griefs arabes contre lui ». Ces efforts du régime pour saper les FDS pourraient aboutir à « l’échec global du maintien de la mission[contre DAECH] en Syrie », peut-on lire dans le rapport.
Il y a également eu des tentatives de création d’un conseil tribal dans les zones contrôlées par les FDS à Deir Ezzor, mais cela s’est avéré difficile car plusieurs chefs tribaux des confédérations tribales des Bagara et des Agaidat se trouvent en Turquie, dans les pays du Golfe ou à Damas, comme Nawaf al-Bashir qui est passé de l’ASL en Iran et le gouvernement syrien en 2017. Mus’ab al-Hifil de la confédération de l’Agaida est dans le Golfe, tandis que son frère cadet Ibrahim Al-Hifil est toujours à Deir Ezzor. La création d’un conseil tribal sans les principaux dirigeants pourrait entraîner des problèmes entre les tribus.
 
Les administrations liées aux FDS ont également un soutien limité pour la reconstruction des zones qu’elles ont libérées. Cela peut également être utilisé par DAECH pour recruter des combattants, a reconnu la Coalition dans un rapport du Pentagone Watchdog.
 
Il n’est donc pas surprenant que le gouvernement syrien ait tenté d’utiliser les manifestations à Deir Ezzor en mai dernier comme propagande contre les FDS. Les médias gouvernementaux pro-turcs ont également tenté d’utiliser les protestations pour nuire à la réputation du SDF. Cela montre une fois de plus que Damas et Ankara ont intérêt à détruire les FDS.
 
Le fait que l’administration locale dans le nord-est de la Syrie et les FDS ne sont toujours pas reconnus et qu’il existe toujours un risque que le président américain Donald Trump se retire de Syrie nuit également à la confiance locale dans les FDS.
 
Certaines tribus et dirigeants arabes de Deir Ezzor veulent obtenir des garanties des FDS pour l’avenir avant de travailler avec eux. Mais les FDS ne sont pas en mesure de donner des garanties ou une reconnaissance pour l’avenir des zones à majorité kurde, encore moins pour Deir Ezzor.
 
Lorsque la Turquie a menacé d’attaquer, les FDS ont également menacé de retirer leurs forces de zones comme Raqqa et Deir Ezzor. Cela a fait craindre à Deir Ezzor que le régime et l’Iran n’entrent dans le pays, car de nombreux jeunes habitants craignent la conscription du régime.
 
Le fait que la Turquie ait été autorisée à occuper Afrin en mars 2018 a également nui à la confiance des populations du nord-est de la Syrie. Toujours en Syrie, de nombreuses personnes ont remarqué que les Etats-Unis n’ont pas empêché les forces soutenues par l’Iran et l’armée irakienne de prendre Kirkouk aux Kurdes en octobre 2017.
Pétrole
 
Il convient de mentionner que les manifestations à Deir Ezzor en mai dernier n’étaient pas liées à la vente de pétrole par le SDF à Damas en raison de l’opposition au gouvernement syrien. « Ils[certains membres de la tribu] nous ont dit qu’ils nous donneraient le pétrole et que nous le vendrons au régime », a déclaré un conseiller principal des FDS.
 
Même sous DAECH, certaines tribus avaient certains privilèges pour vendre du pétrole, et maintenant certaines maisons tribales veulent récupérer ce contrôle sur le pétrole. Cependant, les FDS veulent centraliser les ressources naturelles et les utiliser pour les sept régions des territoires détenus par les FDS afin de payer les milliers d’employés dans le nord-est.
 
Selon le rapport rédigé par les chercheurs Rudayna Al-Baalbaky et Ahmad Mhidi, DAESH n’a pas réussi à empêcher la tribu Al-Bu Chamel à Dhiban et la tribu al-Gu’ran à al-Tayanah, de monopoliser l’investissement dans le pétrole du champ Al-Omar.
Il y a également eu des conflits entre factions et tribus armées à Deir Ezzor avant la prise de contrôle d’ISIS en 2012-2014. Les FDS ne veulent pas répéter cette expérience en accordant des privilèges à certaines maisons de tribus.
 
Une autre raison des protestations était le prix élevé du carburant et le manque de carburant par rapport à d’autres zones sous le contrôle des FDS et le manque de services. Bien que Deir Ezzor ait beaucoup de pétrole, ils n’avaient pas le même prix pour le carburant que les autres régions.
Cependant, la conscription militaire n’est pas la raison pour laquelle les protestations ont éclaté à Deir Ezzor, comme le mentionne le rapport du Pentagone. Jusqu’à présent, les FDS n’ont pas encore mis en œuvre la conscription à Deir Ezzor, car cela pourrait entraîner une opposition généralisée dans les zones tribales.
Bien que d’autres protestations ou même un soulèvement populaire aient été attendus par certains journalistes et médias, comme mentionné dans le rapport du Pentagone, les protestations se sont en fait apaisées en juin après que les commandants des FDS et le conseil aient réussi à calmer les tensions pour le moment à Deir Ezzor.
La seule façon de prévenir d’autres perturbations à Deir Ezzor et les attaques de cellules dormantes est de donner plus de reconnaissance aux FDS.
Observations finales
Pour conclure, la situation de Deir Ezzor est compliquée. Tout d’abord, il y a d’anciens réseaux djihadistes remontant à la guerre en Irak et les habitants de Deir Ezzor qui ont rejoint DAECH quand DAECH dominait la région. Le soutien à la reconstruction dans les campagnes de Deir Ezzor et aux divisions internes entre les tribus est également limité.
L’EI, l’Iran, le gouvernement syrien tentent également de saper les FDS en ciblant le Conseil civil de Deir Ezzor qui travaille avec les FDS. Par conséquent, le récent rapport du Pentagone Watchdog a averti que sans un soutien supplémentaire des forces de la coalition, la mission anti-EI risque d’échouer.
 
La seule façon de prévenir d’autres troubles à Deir Ezzor et d’autres attaques de cellules dormantes est de reconnaître davantage le SDF, d’augmenter son financement, d’améliorer la gouvernance locale à Deir Ezzor et de maintenir la présence des troupes américaines en Syrie. Les FDS ont également besoin du soutien de la coalition pour contrer les cellules dormantes du gouvernement syrien et de DAESH.
 
Les FDS, ou son homologue politique, la DDC pourrait également être associée aux pourparlers de paix afin de donner plus de légitimité et de reconnaissance.
Un accord potentiel sur une zone de sécurité entre les Etats-Unis, la Turquie et les FDS pourraient également contribuer à prévenir la résurgence de DAESH à Deir Ezzor et à maintenir l’accent sur la mission contre-DAESH. Tout combat entre la Turquie et les FDS pourraient conduire à une résurgence de DAESH ou à ce que le gouvernement syrien et l’Iran profitent du vide à Raqqa et Deir Ezzor.
 
Article écrit par Wladimir van Wilgenburg, analyste de la politique kurde basé à Erbil, journaliste au Kurdistan24 et co-auteur du livre The Kurds of Northern Syria : Governance, Diversity and Conflicts.

TURQUIE. Les étranges « cadeaux » de l’ancien kayyum de la municipalité kurde de Mardin

0
TURQUIE / BAKUR – MARDIN – L’ancien kayyum (préfet) nommé par le pouvoir turc à la place des co-maires élus de Mardin a dépensé plus de 600 000 LT (100 000 dollars) du budget municipal en « cadeaux » pour Erdoğan et ses ministres, dont le ministre de l’intérieur, Suleyman Soylu, et l’ancien ministre de l’environnement et de l’urbanisation, Mehmet Özhaseki.
 

Suleyman Soylu et Mehmet Özhaseki, deux des heureux receveurs de ces cadeaux valant des milliers de livres turques, ont personnellement choisi leurs cadeaux en bijoux en se rendant au bijoutier (images publiées sur Twitter par le bijoutier en question), accompagnés du kayyum qui avait vidé les caisses de la municipalité HDP de Mardin.

Le kayyum avait acheté ces « cadeaux » dans un magasin appartenant au fils d’un responsable municipal d’AKP, le parti d’Erdogan.
 
Via le journal Birgun

TURQUIE. Neuf conseillers municipaux d’HDP destitués par le gouvernement

0

TURQUIE / BAKUR – Le coup d’Etat politique visant les élus HDP dans les régions kurdes de Turquie continue depuis une semaine. Après la destitution des maires des grandes villes kurdes Amed (Diyarbakir), Van et Mardin, et l’arrestation des plus de 450 conseillers municipaux la semaine dernière, neuf autres conseillers municipaux du HDP ont été démis de leurs fonctions à Tuşba, Edremit et Çaldıran, dans la province de Van.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé la destitution d’Ercan Yılboğa, membre du conseil municipal de Tuşba, des membres du conseil municipal d’Edremit, Savaş Encü, Sevinç Şeker et Atiye Sen, ainsi que quatre membres du conseil municipal de Caldiran, Pınar Demir, Necmettin Şahin, Hülye Darak et Mehmet Sıddık Moraner.
 
Le ministère a déclaré que la décision de destituer ces élus kurdes avait été prise sur la base d’une enquête menée sur les huit conseillers.
 
La semaine dernière, le co-maire de Çaldıran, Faruk Demir et le co-maire d’Edremit, Medeni Özer avaient été destitués par le pouvoir turc qui a nommé des administrateurs non élus à la place des maires élus d’HDP.
 
Via ANF et Evrensel

Selahattin Demirtas retrouve ses lecteurs français avec un nouveau roman

0
L’homme politique kurde, avocat de formation, Selahattin Demirtas nous a fait découvrir l’écrivain qui sommeillait en lui quand il a été jeté en prison, le 4 novembre 2016, par le pouvoir turc ennemi de l’émancipation du peuple kurde.
 
Alors qu’il se trouve dans une cellule de prison de 12 mètres carrés, l’ancien co-président du parti politique HDP, Demirtas ne reste pas les bras croisés. Il dessine, écrit des nouvelles et des poèmes.
 
Le publique français, qui connait l’écrivain Demirtas grâce à « Aurore », son recueil de nouvelles publié par les éditions Emmanuelle Collas Galaade en 2018, peut lire « Et tournera la roue », son nouveau roman qui sortira en librairie le 6 septembre prochain.
 

Nous avions lu et adoré « Aurore », primé par le prix Montluc Résistance et liberté et le prix Lorientales 2019. C’est pourquoi, nous vous conseillons d’acheter « Et tournera la roue » qu’on a hâte d’avoir entre les mains, en étant sûres d’avance d’avoir fait un bon choix.

ISBN : 2490155202
Éditeur : COLLAS (06/09/2019)

 

Résumé du roman donné par l’éditeur :

 

« Elles se nomment Sevtap, Zeynep ou Esmer. Ils s’appellent Devran, Serhat ou Cemsid. Tous, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, on les reconnaît, ces gens ordinaires dont le destin se mêle à celui d’un pays, la Turquie. »

Image via Emmanuelle Collas

 
 

La Turquie a installé à Afrin plus de 160 000 jihadistes et leurs familles

0
Photo d’un convoi de familles de jihadistes arrivant à Afrin
 
SYRIE – AFRIN – Les familles des mercenaires soutenus par la Turquie à Idlib sont en train de s’installer à Afrin. La Turquie a installé plus de 160 000 mercenaires et leurs familles à Afrin pour modifier la démographie de la région.
 
L’Etat turc et ses mercenaires alliées poursuivent la politique visant à modifier la structure démographique afin d’effacer toute trace de l’identité et de la culture kurdes de la région.
 
Alors que le régime syrien avance à Idlib et s’empare de Khan Sheikhoun, ainsi que d’autres zones, des membres des familles de gangs alliés à l’État turc s’installent dans les districts d’Afrin.
 
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR), 160 000 membres de familles de gangs à Idlib ont été installés dans des districts et des villages d’Afrin.
 
Des sources d’Afrin ont déclaré que les gangs alliés de l’Etat turc avaient installé 1 800 personnes dans les villages de Mersewa et de Miremin, à Shera, au cours des deux derniers jours.
 
Une autre source locale a déclaré que l’armée turque et ses gangs avaient installé des familles de gangs dans les villages de Heftaro, Zeri, Ebidan et Kirdo, dans le district de Bilbile, ainsi que dans les villages frontaliers d’Afrin et à Jindirese.
 
Une source à Jindirese a déclaré que les gangs avaient établi une base militaire dans le village de Mihemediye la semaine dernière et avaient leurs familles dans la base.
 
Les bandes de Faylaq al-Sham ont également installé des dizaines de membres dans le village de Qile à Jindirese.