Des Kurdes européens victimes d’arrestations arbitraires en Turquie

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EUROPE / TURQUIE – Depuis le putsch « avorté » du 15 juillet 2016 en Turquie, les Kurdes et des critiques du pouvoir turc en Europe sont surveillés et arrêtés « pour propagande terroriste » ou pour « terrorisme » si jamais ils ont le malheur de mettre les pieds en Turquie.
 
Il ne faut pas grand chose aux autorités turques pour arrêter ces méchants terroristes : Une phrase publiée sur Facebook ou un « j’aime » sous une publication ou une photo, un post sur Twitter… pour peu qu’ils parlent de l’injustice faite aux Kurdes en Turquie ou qu’ils disent soutenir la lute de libération kurde.
 
En plus de la surveillance, voire des tentatives d’infiltration des organisations kurdes et turques d’opposition en Europe, une armée de trolls turcs pullule sur les réseaux sociaux. Certains de ces trolls n’hésitent même pas à se faire passer pour des Kurdes, avec des faux profils et parfois avec des photos de jeunes femmes censées attirer les hommes kurdes… Ils font des captures d’écran des commentaires ou publications critiquant l’Etat turc ou favorables aux Kurdes sur les réseaux sociaux. Ces éléments sont ensuite envoyés aux autorités turques pour le fichage de ses personnes. Imaginez ensuite ce qui arrive à ses gens là une fois qu’ils arrivent à un poste de contrôle en Turquie.
 
Il arrive aussi que les téléphones portables et ou les ordinateurs des Kurdes ou d’opposants soient fouillés à leur arrivée en Turquie par les autorités à la recherche de « preuves » de culpabilité.
 
L’une de ces Kurdes vivant en Europe et arrêtés en Turquie pour ses partages sur les réseaux sociaux est Gulsum Cetinkaya (27 ans), une étudiante belge d’origine kurde.
 
Cetinkaya née à Anvers, en Belgique, s’est rendue en Turquie avec ses parents en juillet dernier mais a été immédiatement arrêtée à la frontière turque. Elle est interdite de quitter la Turquie après avoir passer 40 jours en prison.
 
Son oncle, Bülent Özturk, célèbre réalisateur kurde, a déclaré que Cetinkaya avait été arrêtée pour avoir critiqué la politique turque à l’égard des Kurdes sur Facebook il y a quatre ou cinq ans.
 
Une autre Kurde de nationalité française, originaire d’une ville du Sud-Est de la France (on ne dévoilera pas son nom et sa ville d’origine pour des raisons de sécurité) est dans une prison d’Istanbul depuis un mois. D’après le témoignage de sa cousine, elle a été présentée aux juges sans avocat, ni traducteur alors qu’elle ne parle pas le turc ! Elle est accusée de « propagande terroriste » pour ses publications sur les réseaux sociaux d’il a y plusieurs années. (Ci-dessous un extrait de sa lettre envoyée au directeur de sa faculté.)

 

Quand une personnalité importante (sauf si elle est kurde comme ce fut le cas avec la musicienne gemano-kurde Hozan Cane qui est dans une prison turque depuis juin 1018) est arrêtée en Turquie, comme ce fut le cas avec le journaliste français Loup Bureau, le mathématicien de l’Université Lyon 2, Tuna Altenel, ou encore le journaliste germano-turc Deniz Yucel, on arrive à mobiliser l’opinion publique et faire intervenir les autorités européennes auprès de la Turquie pour la libération de ces personnes. Mais cela n’arrive que rarement quand ce sont des gens ordinaires. Les autorités des Etats européens dont les citoyens croupissent dans des prisons turques déclarent souvent qu’ils ne peuvent pas faire grand chose car souvent, ces personnes arrêtées ont aussi la nationalité turques. Est-ce une raison pour laisser ces innocents entre les mains de l’Etat turc qui a une mauvaise réputation en matière du non-respect des droits des prisonniers politiques, sans parler des témoignages d’actes de torture en garde à vue / en prison qui font régulièrement la une des médias libres de Turquie ?

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