

FRANCE – Le cardiologue et président de l’ONG franco-kurde Soleil Rouge (Roja Sor), Alexandre Koroglu appelle aux dons pour aider les civils du Rojava attaqués par la Turquie et les islamistes alliés depuis le 9 octobre derniers. (lien pour les dons ici)
Voici l’appel aux dons lancé par le Soleil Rouge :
« APPEL À SOUTIEN HUMANITAIRE URGENT POUR LE ROJAVA !
Plus de 240 000 personnes ont du fuir leurs maisons et des dizaines de milliers d’autres manquent d’eau, de nourriture et de soins, aidez nous à leur venir en aide!
Depuis le 9 octobre, en violation flagrante du droit international et malgré une condamnation internationale unanime, l’État turc, accompagné de milices islamistes syriennes, a attaqué le Rojava au Nord-Est de la Syrie, soulevant ainsi la possibilité d’un massacre et ouvrant la voie à la réémergence de Daech.
Ce territoire à dominante kurde, aussi grand que la Belgique, bénéficiait d’une autonomie de fait depuis la guerre civile syrienne en 2012. Une grande diversité de peuples (kurdes, arabes, syriaques, arméniens, yézidis, tcherkesses, etc) y cohabitait en paix au sein d’une expérimentation politique basée sur la démocratie directe locale, le féminisme et la parité, la reconnaissance de la pluralité culturelle, ethnique, linguistique et religieuse.
L’opération, ironiquement intitulée « Sources de paix », prétend éloigner de la frontière les forces combattantes kurdes du YPG et du YPJ. Au sein des « Forces Démocratiques Syriennes » (FDS), elles étaient jusqu’à peu les alliées de la coalition internationale pour le combat contre Daech sur le terrain avant d’être complètement abandonnées par les États-Unis.
Les cibles de l’opération ne sont pas uniquement militaires : toute la région est menacée par un massacre. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies qu’il souhaitait y rapatrier plus de 2 millions de réfugiés syriens (https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/06/la-turquie-veut-elle-rapatrier-deux-millions-de-refugies-au-nord-de-la-syrie_1755150). Ce qui ne serait possible seulement par un nettoyage ethnique de la population kurde et des autres minorités.
Les 4 millions de civils qui vivent sur place sont en danger. Selon le Croissant Rouge Kurde du Rojava plus de 240 000 personnes ont du fuir leurs maisons et leurs terres en se déplaçant plus au sud ou se réfugiant vers l’Irak. En date du 17 octobre, 72 victimes civiles, et 203 victimes militaires, sont à déplorer selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).
L’aviation turque et l’artillerie visent sans discrimination cibles militaires et civiles. Des vidéos montrent, le 12 octobre, des supplétifs islamistes du groupe « Ahrar al-Sharqiya », exécutant froidement des civils interpellés sur l’autoroute principale. Havrin Khalaf, responsable du Parti pour le Futur de la Syrie, a ainsi été violentée et abattue de plusieurs balles dans la tête, le vente et la poitrine. »(https://observers.france24.com/fr/20191016-syrie-turquie-enquete-videos-exactions-milice-rebelle-syrienne-rojava-kurdes), ainsi que tous les passagers de sa voiture. Cela constitue de « possibles crimes de guerre » selon l’ONU (https://news.un.org/fr/story/2019/10/1054061).
Le dimanche 13 octobre, un convoi de civils et de journalistes a été pris pour cible, entraînant la mort de deux journalistes kurdes (https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/15/qui-sont-les-journalistes-tues-en-syrie-lors-de-l-attaque-d-un-convoi-par-les-forces-turques_1757664). Les autorités régionales kurdes accusent Ankara d’utiliser des armes de guerre non-conventionnelles, à base de phosphore blanc ou de napalm, entraînant de graves brûlures (https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/syrie-les-kurdes-accusent-ankara-d-utiliser-des-armes-non-conventionnelles_2103861.html).





La situation humanitaire sur place est cauchemardesque. Depuis mardi 15 octobre, les organisations et ONG internationales ont retiré toutes leurs équipes (https://www.lefigaro.fr/flash-actu/syrie-arret-total-de-l-aide-internationale-dans-le-nord-est-20191015). La plupart des journalistes étrangers ont également quitté la région. Les kurdes, ainsi que les autres minorités du Rojava, ne peuvent compter que sur leurs propres organisations.
Le Croissant Rourge Kurde, qui dispose d’une antenne locale, est en première ligne pour faire face aux immenses besoins. Mais la Turquie, qui ne le reconnait pas, n’hésite pas à bombarder ses convois sanitaires : près d’une vingtaine de membres seraient morts, selon les équipes locales. D’autres convois sont empêchés d’accéder aux blessés. Dans la ville de Serekanye où l’offensive turque se concentre, tous les hôpitaux sont ciblés. Des centaines de blessé-e-s s’accumulent dans les autres hopitaux de la région, qui n’ont pas suffisamment de moyens, de matériel et/ou de médecins disponibles pour les soigner et les opérer.
Les civils déplacés et/ou réfugiés manquent de tout pour faire face à la situation : médicaments, nourritures, abris, etc.
Plus que jamais, les habitants du Rojava, abandonnés à leur sort, ont besoin d’une énorme vague de solidarité internationale !
Notre association Soleil Rouge (Roja Sor) est la seule association en France qui soit directement reliée au Croissant Rouge Kurde (Heyva Sor a Kurd) au Rojava, qui fait directement face aux besoins sur place. Nous travaillons en coordination avec le réseau européen et international du Croissant Rouge du Kurdistan dans près d’une quinzaine de pays (France, Allemagne, Italie, Autriche, Suisse, Japon, Belgique, Norvège, Royaume-Uni, Suède, Pays-Bas, Allemagne, Gouvernement Régional du Kurdistan d’Irak).
L’argent collecté servira à répondre aux besoins humanitaires urgents sur place :
Faites en sorte que le gouvernement participe à aider la population du ROJAVA par votre intermédiaire : les dons sont déductibles à hauteur de 66 % de vos impôts. Il faut veiller à transmettre votre nom et prénom ainsi que votre adresse postale pour obtenir votre justificatif fiscal.
Vous pouvez envoyer vos dons directement par la cagnotte HelloAsso, de manière anonyme si vous le souhaitez.
Ou bien vous pouvez utiliser les moyens suivant :
1. Par chèque, au siège de l’association : 2, passage du fossé noir 10120 ST André les Vergers ;
2. Par virement
Banque : CIC TROYES HOTEL DE VILLE
IBAN : FR7630087335000002074770150
BIC : CMCIFRPP
Signataires :Nadje Al-Ali (USA) ; Nadya Ali (United Kingdom) ; Giuseppe Acconcia (Italy) ; Eduardo Almeida Acosta (Mexico) ; Biko Agozino (Niger); Dibyesh Anand (United Kingdom) ; Massimo de Angelis (United Kingdom) ; Latife Akyuz (Germany) ; Arjun Appadurai (USA) ; José Arbex Jr (Brasil) ; Viviana Asara (Austria) ; Beatriz Aurora (Mexico) ; Dario Azzellini (USA)
Etienne Balibar (France) ; Fiorenzo Bartolini (Italy) ; Jerome Baschet (France) ; Luca Basso (Italy) ; Matteo Battistini (Italy) ; Niccolò Bertuzzi (Italy) ; Piero Bevilacqua (Italy) ; Franco Berardi Bifo (Italia) ; Gianfranco Bianchi (Italy) ; Janet Biehl (USA) ; Alberto Bonnet (Argentina) ; Lorenzo Bosi (Italy) ; Simon Boxley (United Kingdom) ; Bob Brecher (United Kingdom) ; Giuseppe Lo Brutto (Mexico) ; Kathleen Bryson (United Kingdom)
Heriberto Cairo Carou (Spain) ; Dora Carpenter (United Kingdom); Alicia Castellanos Guerrero (Mexico) ; Eduardo Viveiros de Castro (Brasil) ; David Cayley (Canada) ; Donatella di Cesare (Italy) ; Daniela Chironi (Italy) ; Sandro Chignola (Italy) ; Noam Chomsky (USA) ; Rossella Ciccia (Italy) ; Shannon Clark (USA) ; Gilberto Conde (Mexico) ; Philippe Corcuff (France) ; Amaranta Cornejo Hernández (Mexico) ; Maria Adele Cozzi (Italy) ; Scott Crow (USA) ; Martin Cuneo (Mexico) ; Niccolò Cuppini (Italy) ;
Angela Davis (USA) ; Pierre Dardot (France); Raul Delgado Wise (USA) ; Adam Drazin (England) ; Vincent Dubois (France) ; Barbara Duden (Germany) ; Koshka Duff (United Kingdom) ; Ines Duran Matute (USA)
Mercedes Escamilla (Mexico) ; Arturo Escobar (USA) ; Gustavo Esteva (Mexico) ; Selim Eskiizmirliler (France)
Laura Fantone (USA) ; Didier Fassin (France) ; Georgiy Fedorov (Russia) ; Carlos Figueroa (Mexico) ; Daniele Fini (Mexico) ; Umberto Franchi (Italy) ; Caterina Francesca Guidi (Italy)
Mónica Gallegos Ramírez (Mexico) ; Alfonso Garcia Vela (Mexico) ; Imanol Antonio García Verges (Mexico) ; Francesca Gargallo (Mexico) ; Stratos Georgoulas (Greece) ; Federica Giardini (Italy) ; Jonathan Gilhooly (United Kingdom) ; Barry K. Gillis (United Kingdom) ; Alfonso Giordano (Italy) ; Roberto Giovannini (Italy) ; Antonella Giusti (Italy) ; Michelle Glowa (USA) ; Alice Dal Gobbo (Italy) ; Alejandro González Vera (Mexico ; Edith Gonzales (Mexico) ; Aleksandr Buzgalin Gonzalo Berron (Brasil) ; David Graeber (United Kingdom); Christopher Griffin (United Kingdom); Andrej Grubacic (USA) ; Raquel Gutierrez (Mexico)
Donna Haraway (USA) ; Michael Hardt (USA) ; David Harvey (USA) ; Francesca Helm (Italy) ; Joana Lilli Hofstetter (Italy) ; Amaranta Cornejo Hernández (Mexico) ; Oliver Gabriel Hernandez Lara (Mexico) ; Luke Heslop (England) ; José Hildelgardo Gómez Sención; John Holloway (Mexico) ; Seth Holmes (USA)
Patrick Illmer (Mexico) ; Daniel Inclán (Mexico) ; Joost Jongerden (Holland) ; Boris Kagarlitsky (Russia) ; Evelyn Fox Keller (USA) ; Joanna Kellond (United Kingdom) ; Sami Khatib (Germany) ; Esther Patricia King Davalos (Mexico) ; Alexandros Kioupkiolis (Greece) ; Ashish Kothari (India) ; Martin Krymkiewicz (Argentina)
Edgardo Lander (Venezuela) ; Christian Laval (France) ; Gabriela di Lauro Bentivogli (Mexico) ; Michèle Leclerc-Olive (France) ; Xochitl Leyva Solano (Mexico) ; Lucia Linsalata (Mexico) ; Nestor Agusto Lopez (Mexico) ; Gilberto López y Rivas (Mexico) ; Mina Lorena Navarro (Mexico) ; Mimmo Lucano (Italy) ; Stefano Lucarelli (Italy) ; Antonio Lucci (Italy)
Zeina Maasri (United Kingdom) ; Deborah Madden (United Kingdom) ; Stephen Maddison (United Kingdom) ; Shannon Maloy (USA) ; Marcello Maneri (Italy) ; Sylvia Marcos (Mexico) ; Giacomo Marramao (Italy) ; Joan Martinez Alier (Spain) ; Fernando Matamoros Ponce (Mexico) ; Sabrina Melendez (USA) ; Sandro Mezzadra (Italy) ; Lea Melandri (Italy) ; Luis Menéndez Bardamo (Argentina) ; Targol Mesbah (USA) ; Angela Micheli (Italy) ; Juan Carlos Mijangos Noh (Mexico) ; Màrgara Millán (Mexico) ; Fabio Milana (Italy) ; Wu Ming (Italy) ; Nicholas Mirzoeff (USA) ; Jason W. Moore (United Kingdom) ; Dalia Morales (Mexico) ; Ana Paula Morel (Brasil) ; Laurent Mucchielli (France)
Katerina Nasioka (Greece) ; Mina Lorena Navarro (Mexico) ; Toni Negri (USA) ; Micheál O’Connell (United Kingdom) ; Anna Ochkina (Russia) ; Paola Olimpia Muñoz Ojeda (Mexico) ; Gilca Garcia de Oliveira (Brasil) ; Larisa de Orbe (Mexico) ; Roberto Xavier Ochoa Gabaldón (Mexico) ; Vicente Ordóñez (Spain) ; Raúl Ornelas (Mexico) ; Juan Miguel Ortiz Reparaz (Spain)
Estefania A. Palacios (USA) ; Turi Palidda (Italy) ; Maurizio Pallante (Italy) ; Agustín Parra Ramírez (Mexico) ; Carole Pateman (USA) ; Dimitris Pavlopoulos (Holland) ; Marie Petersmann (Holland) ; Christy Petropoulou (Greece) ; Alison Phipps (United Kingdom) ; Mario Piccinini (Italy) ; Adrienne Pine (USA); Balam Pineda Puente (Mexico) ; Donatella Della Porta (Italy) ; Martín Portos (Italy)
Shahid Qadir (United Kingdom) ; Edon Qesari (Albania) ; Eija Ranta (Island) ; Paola Rafanelli(Italy) ; Mehmet Rauf Kesici (Germany) ; Alisa Del Re (Italy) ; Jill Rease (United Kingdom) ; Anabel Rieiro (Urugay) ; Luisa Riley (Mexico) ; Jeroen Rijnders, (Norway) ; Augusto Salvador Romero Robledo (Mexico) ; Jean Robert (Mexico) ; Jerome Roos, (United Kingdom) ; Anna Rosa (Italy); Rosa Rosano (France) ; Justin Rosenberg (United Kingdom) ; Manuel Rosenthal (Egitto) ; Maura Rubichi (Italy) ; Paola Rudan (Italy) ; Andrès Ruggeri (Argentina) ;
Devi Sacchetto (Italy) ; Charlotte Maria Saenz (USA) ; Raffaele K. Salinari (Italy) ; Raphael Salkie (United Kingdom) ; Jorge Alonso Sánchez (Mexico) ; Jorge Alonso Sanchez (Mexico) ; Maria Eugenia Sanchez de Riveira (Mexico) ; Elaine Santos (Portugal) ; Saskia Sassen (USA) ; Pierre Sauvetre (France) ; Michela Scipioni (Italy) ; Joan W. Scott (USA) ; Giovanni Scotto (Italy) ; Rebecca Searle (United Kingdom) ; Rita Laura Segato (Brasil) ; Jan Selby (United Kingdom) ; Benjamin Selwyn, (United Kingdom) ; Vittorio Sergi (Italy) ; Teodor Shanin (United Kingdom) ; Arianne Shahvisi (United Kingdom) ; Oleg Shein ; Eugenia Siapera (Ireland) ; Marina Sitrin (Argentina) ; Boaventura de Sousa Santos (Portugal) ; Victoria Stadheim (United Kingdom) ; Anna Stavrianakis (United Kingdom) ; Rebecca Solnit (USA) ; Luigi Sonnefeld (Italy) ; Anna Stavrianakis (United Kingdom)
Michael T. Taussig (USA) ; Luis de Tavira (Mexico) ; Astra Taylor (USA) ; Benno Teschke (United Kingdom) ; Sergio Tischler (Mexico) ; Catalina Toro Perez (Colombia) ; Mauricio Torres (Brasil) ; Jesús Torres Nuño
Sergio Uribe (Mexico) ; Livia Vargas Gonzales (Venezuela) ; Asli Vatansever (Germany) ; Benedetto Vecchi (Italy) ; Carlo Vercellone (France) ; Paolo Vernaglione Berardi (Italy) ; Francisco Javier Villanueva Vázquez (Mexico) ; Juan Villoro (Mexico) ; Stefano Visentin (Italy)
Juan Wahren (Argentina) ; Jem Wall (United Kingdom) ; Gavin Walker (Canada) ; Lesley Whitworth (United Kingdom) ; Halil Ibrahim Yenigun (USA) ; Deniz Yonucu (Germany) ; Aldo Zanchetta (Italy) ; Raúl Zibechi (Uruguay) ; Cecilia Zeledón (Mexico)
SYRIE / ROJAVA – Attention, quelques images choquantes de blessés lors des attaques barbares turco-jihadistes contre les Kurdes du Rojava depuis le 9 octobre dernier.
Les responsables kurdes déclarent que des armes prohibées sont également utilisées contre eux, avec des images de civils et d’enfants portant des brûlures graves comme preuves.
Rappelons également l’exécution, torture et viol des civils et de combattants par les mercenaires de la Turquie. A voir sur ce lien : Enquête : des vidéos démontrent les exactions d’une milice proturque dans le nord de la Syrie





ROJAVA – Les organisations de la société civile du nord et de l’est de la Syrie ont appelé à l’ouverture d’un « couloir humanitaire » à Serêkaniyê, déclarant que l’État turc visait les civils et les équipes médicales.
L’appel est adressé à la coalition internationale emmenée par Washington, mais aussi à la Russie, allié du régime de Bachar al-Assad
طبيب بمشفى الحسكة يعتقد أن جيش الاحتلال استخدم أسلحة محرمة pic.twitter.com/dj4864lt7n
— hawarnews (@hawarnews) October 16, 2019
PARIS – Le parti communiste appelle la France et l’Union européenne à agir d’urgence pour mettre fin à l’offensive sanglante turque contre le Rojava.
Voici le communiqué du PCF :
Pour Pour que vive le Rojava : Stop Erdogan !
« La situation du Rojava est catastrophique. Les combats ont atteint un niveau de brutalité exceptionnel comme en témoignent le nombre de victimes civils et militaires et l’exode des 160 000 déplacés dont 70 000 enfants annoncés par l’ONU. Le Rojava pacifiste, féministe, démocratique et progressiste agonise entraînant dans sa chute une nouvelle phase de violence en Syrie, au Moyen-Orient mais aussi dans le monde.
Les Etats-Unis de D. Trump parachèvent depuis le 13 octobre leur désengagement, livrant les populations et les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) au feu de l’armée turque et à la sauvagerie de ses supplétifs djihadistes. Des villageois sont exécutés froidement alors qu’une dirigeante kurde a subi le martyr avant de succomber. Certains djihadistes sont parvenus à s’enfuir des camps de rétention sous contrôle kurde et s’engagent déjà aux côtés d’Ankara ou rejoignent les cellules de Daesh.
Face à cette situation, les FDS et le commandement des YPG ont dû faire appel, sous les auspices de la Russie, au régime syrien qui a dépêché l’envoi de contingents à la frontière turque.
Pour les Kurdes, contraints et forcés, l’objectif de cet accord est d’empêcher la transformation du Rojava en djihadistan et « de sauver la vie de millions de Kurdes. Il s’agit d’un compromis douloureux mais entre le compromis et le génocide du peuple kurde nous choisissons la vie ».
Bachar al-Assad se frotte les mains et capitalise ainsi l’affaiblissement des Kurdes qu’il qualifiait voici peu de « traîtres ». Le tyran de son peuple entend briser l’expérience d’autonomie démocratique en rétablissant sa féroce autorité dont les Kurdes ont déjà payé un lourd tribut.
L’engrenage guerrier s’amplifie et peut dégénérer à tout instant.
Si les protestations internationales d’ampleur sont à souligner, elles demeureront inefficaces si elles en restent là. R.T. Erdogan continuera à avoir les mains libres. Il faut donc tout faire pour stopper cette offensive criminelle en tenant compte du rapport de force mouvant pour imposer un cessez-le-feu, l’arrêt des combats et le départ de la Turquie du sol syrien.
Notre mobilisation doit répondre avant tout aux demandes des Kurdes exprimées par Ilham Ahmed, co-présidente du Conseil démocratique syrien. Pour elle « seule l’ONU peut empêcher que notre précieux projet de démocratie ne soit réduit en poussière » (The Independant, 11 octobre 2019).
Les Kurdes exigent l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne sachant que, pour l’instant, seuls les Etats-Unis, qui ont les trahis, sont en capacité de l’imposer alors qu’ils sont sur le retrait.
La France et l’Union européenne doivent poursuivre leur aide aux Kurdes mais aussi:
La situation appelle à une grande responsabilité. La No Fly Zone oui mais en aucun cas un engagement militaire qui ne ferait qu’ajouter la guerre à la guerre. L’urgence est de rassembler les pays qui expriment leur opposition à l’intervention turque mais aussi avec la Russie.
Le désastre actuel réside également dans les capitulations successives de la France et des pays de l’Union européenne face à l’arrogance et à la dictature de R.T. Erdogan. Externaliser et confier le sort des migrants à la Turquie a justifié toutes les bassesses et les turpitudes. Personne n’ignorait la volonté de R.T. Erdogan de « dé-kurdifier » l’est de l’Euphrate et de procéder à un nettoyage ethnique comme cela a été le cas à Afrin. Comment prétendre méconnaître le mépris de la justice, du droit, des institutions et la destruction de la démocratie quand des milliers de démocrates croupissent dans les prisons turques dont le leader kurde S. Demirtas? Comment donner du crédit au président R.T. Erdogan honni par une frange croissante de sa population et sanctionné par les urnes?
Il est temps qu’un vaste débat s’ouvre dans le pays et au Parlement sur la politique internationale et de défense de la France, mais aussi sur son rôle et sa place au sein de l’OTAN. Que fait la France au sein du Commandement intégré de cette organisation?
Le Parti communiste français (PCF) ne ménagera pas ses efforts de solidarité avec le peuple kurde, avec la population de Rojava. Il est à leurs côtés, indéfectiblement, pour mettre un terme à la guerre, épargner les souffrances des populations, imposer leurs droits légitimes, l’intégrité souveraine d’une Syrie démocratisée. »
#Rojava #riseup4rojava #DefendRojava #NoFlyZone4Rojava
PARIS – Communiqué: Message d’anciens militaires vétérans du Rojava aux militaires français : La France déserte sa lutte contre le jihadisme !
Lors de l’émergence de l’état islamique il y a plus de 5 ans, nous, anciens militaires ayant servi sous le drapeau français, avons répondu à l’appel international des populations syriennes pour apporter notre aide sur le terrain.
Bénévoles et volontaires, nous sommes venus là-bas sur place, et nous nous sommes engagés pour protéger le Rojava et mettre fin au groupe armé Daesh.
Aujourd’hui, nous voulions nous adresser aux soldats français, actifs ou anciens, ici ou sur zone.
Après les vagues d’attentats, la France s’est engagée auprès des kurdes, qui furent notre meilleur allié dans la lutte contre le jihadisme, avec leur force armée YPG (Unité de Protection du Peuple).
Ils firent tomber Raqqa, la capitale de l’état islamique, capturèrent des centaines de français jihadistes, notamment les organisateurs de l’attentat du Bataclan.
L’état islamique fut détruit il y a quelques mois seulement. Lors de cette guerre, les kurdes ont perdu 11 000 des leurs pour apporter la paix chez eux et chez nous.
La France peut être fière d’avoir accompagné des alliés aussi déterminé et fidèle que le furent les kurdes et le YPG.
Ce partenariat était une chance pour nous, et pour le Moyen-Orient, d’avoir enfin une stabilité et un partenaire viable.
Nous pouvons témoigner de l’ambiance sur place : la France était appréciée, son aide utile. Nous étions libérateurs et non envahisseurs, contrairement à d’autres théâtres d’opérations.
Ici, nous n’avons plus peur des attentats, nous avons neutralisé le groupe terroriste qui avait menacé la France.
Là-bas, ils pouvaient espérer la paix et la démocratie à travers des idées progressistes.
Mais la France a choisi la Turquie. La Turquie plutôt que les kurdes.
La Turquie qui crache sur la France en détruisant tout cet effort de paix pour un agenda islamiste contrôlé.
Le gouvernement turc d’Erdogan emploie des mercenaires de l’armée syrienne libre, al nosra (al qaida) et de daesh.
Les mêmes qui ont tué nos camarades en Afghanistan, au Mali et sur bien d’autres théâtres d’opérations.
Des milliers de personnes sont mortes au combat pour apporter la paix, et nous recommençons à répéter les mêmes erreurs, comme pour l’Afghanistan.
La force armée YPG n’a jamais été terroriste. Le seul but de cette invasion, c’est de répandre à nouveau le chaos en Syrie, et nous allons être témoins et complices d’un nouveau génocide dans le silence, comme nous le furent au Rwanda en 94.
La France abandonne sa lutte contre le terrorisme en soutenant des dictatures islamistes et récoltera ce qu’elle sème par de nouveaux attentats islamistes sur son sol à prévoir. Plus de 1000 jihadistes ont pu s’enfuir des geôles kurdes depuis le début de l’invasion. Les milices pro-turques lâchées sur la Syrie décapitent et exécutent les civils. Les valeurs du combat que l’on nous a inculquées ne sont pas respectées par ces sauvages, pourtant armée membre de l’OTAN.
De nouveaux attentats sont à craindre. La France a fait libérer tous ses jihadistes par son abandon du terrain.
Les populations civiles en Syrie sont les premiers touchés par les erreurs stratégiques de notre gouvernement.
– Les militaires français peuvent être fiers d’avoir été auprès des kurdes. Ils ne doivent pas subir les décisions lâches de l’état-major et du gouvernement français.
– La France doit maintenir sa présence militaire en Syrie sous le risque de connaître de nouvelles vagues d’attentats dans notre pays.
– La France doit se placer du côté de ses alliés kurdes pour continuer la lutte et prendre de la distance avec la dictature turque
– Des sanctions doivent être prises par l’OTAN envers la Turquie, qui est un allié honteux de la France.
Parlez autour de vous, sensibilisez vos camarades, vos officiers. Ne laissons pas cet abandon devenir une honte de l’histoire militaire de notre pays.
Les anciens militaires du Collectif des Combattantes et Combattants francophone du Rojava – CCFR
15.10.2019