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72% des Kurdes de Turquie souhaitent que le kurde soit reconnu comme langue officielle

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TURQUIE / BAKUR – Selon une étude récente menée dans les huit provinces kurdes de la Turquie, les parents kurdes parlent principalement en turc avec leurs enfants. La majorité de ces parents souhaitent que le kurde soit inclus comme langue d’enseignement dans les écoles publiques et 72% d’entre eux souhaitent que le gouvernement reconnaisse le kurde comme langue officielle en plus du turc.
 
Une récente enquête menée par le Centre de recherches Rawest de Diyarbakır a révélé que 72% de la population kurde de Turquie souhaite que le kurde soit reconnu comme langue officielle avec le turc.
 
L’enquête – intitulée « La situation de la langue maternelle entre parents et enfants » – a été menée en septembre et octobre auprès de 1 537 citoyens kurdes ayant des enfants âgés de 3 à 13 ans. Les citoyens vivant dans les provinces turques de Diyarbakır, Mardin, Şanlıurfa, Van, Ağrı, Bingöl, Şırnak et Dersim ont été choisis.
 
On a demandé aux participants à l’enquête leur maîtrise du kurde. Quelque 16% ont déclaré qu’ils pouvaient « à la fois le parler et l’écrire / le lire »; 63% ont déclaré qu’ils pouvaient « le parler mais ne pouvaient pas l’écrire / le lire »; 15% ont dit qu’ils peuvent « le comprendre [quand il est parlé] mais ne peuvent pas le parler eux-mêmes »; et 6% ont dit qu’ils « le savaient à peine ».
 
Quelque 88% des participants ont déclaré souhaiter que leurs enfants apprennent le kurde. Cependant, 24% des participants ont déclaré qu’ils « ne faisaient aucun effort » pour que leurs enfants apprennent la langue. Les 76% restants ont déclaré avoir déployé des efforts variables à cet effet.
 
Quelque 48% des participants ont déclaré qu’ils ne parlaient « qu’en kurde » avec leurs parents, alors que ce n’est pas le cas lorsqu’ils communiquent avec leurs propres enfants, car 13% seulement ont déclaré qu’ils ne parlaient « qu’en kurde » avec leurs enfants.
 
De même, 41% des participants ont déclaré ne parler « qu’en turc » avec leurs enfants; alors que ce chiffre est tombé à 9% quand on leur a demandé comment ils communiquaient avec leurs propres parents. Ce phénomène montre que l’utilisation du kurde devient moins courante chez les jeunes générations.
 
Les participants à l’enquête ont également été invités à choisir une école dans laquelle ils aimeraient envoyer leurs enfants et ont eu cinq options. Quelque 64 pour cent ont choisi l’option d’une école dispensant un enseignement en kurde et en turc; 12% ont choisi une école enseignant à la fois en anglais et en turc; 9 pour cent ont choisi la langue d’enseignement pour être à la fois kurde et anglais; 11 pour cent voulaient qu’une école n’enseigne qu’en turc; et les 4% restants ont choisi l’option d’un enseignement scolaire uniquement en kurde.
 
En ce qui concerne la question « Quelle devrait être la langue officielle de l’endroit où vous vivez? » 72% ont déclaré qu’ils préféreraient que le turc et le kurde soient des langues officielles, tandis que 18% ont dit «seulement le turc» et 11% ont dit «seulement le kurde».
 
 

Attaque raciste à Hanau: Les Kurdes appellent à manifester contre le racisme ce samedi

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EUROPE – La communauté kurde en Europe appelle les pays européens à prendre des mesures efficaces contre les mouvances racistes/nazis après l’attaque raciste de Hanau.
 
Mercredi soir dans la ville allemande d’Hanau, deux attaques racistes ont été perpétrées dans deux bars fréquentés essentiellement par des populations d’origine immigrée. Neuf personnes, dont cinq Kurdes, ont été tuées. Cinq autres personnes ont été grièvement blessées.
 
Le Congrès de la Société démocratique kurde en Europe (KCDK-E) appelle à participer aux marches contre le racisme prévu ce samedi 22 février :
 
« La majorité de ceux qui ont perdu la vie dans le massacre ont émigré en Allemagne à cause de la répression, des attaques et de la pression économique de l’État turc.
 
Des attaques similaires ont eu lieu dans les villes de Kassel et Turgen, en Allemagne. Les politiques anti-immigrés incitent les partis racistes surtout dans les pays européens, y compris l’Allemagne. Ces groupes ont été encouragés par ces politiques et par le fait que les gouvernements ne prennent pas les précautions nécessaires contre de telles organisations.
 
Dans de nombreuses déclarations précédentes, nous avons invité les gouvernements européens et allemands à prendre des précautions et nous avons critiqué et mis en garde contre ces politiques et mesures.
 
En tant que Kurdes, qui vivent constamment la réalité de la guerre, du fascisme et des pressions fascistes, nous avons toujours exprimé nos réactions en agissant avec sensibilité à cet égard.
 
Nous réitérons nos avertissements sur cette question afin de ne pas permettre la poursuite de politiques racistes et fascistes qui exacerbent la haine entre les peuples, et nous appelons tous les pays européens, en particulier le gouvernement allemand, à prendre des mesures plus efficaces à cet égard ».
 
Le KCDK-E a condamné les attaques et a appelé tout le monde à se joindre aux manifestations qui auront lieu dans différentes villes européennes ce samedi 22 février.
 

Le développement économique est à la portée de la Kabylie, pourvu qu’elle recouvre sa souveraineté

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(En soutien aux habitants de la Kabylie)

« Le développement économique est à la portée de la Kabylie, pourvu qu’elle recouvre sa souveraineté.

Depuis « l’indépendance » confisquée par le redéploiement d’un autre colonialisme, bien plus subtil, le pouvoir algérien s’évertue avec constance et acharnement à faire admettre aux Kabyles que leur première patrie, la Kabylie, n’est qu’un foyer de misère. C‘est ainsi qu’à force de répéter un mensonge, il croit en faire une vérité que tous les Kabyles finiront bien par adopter. D’autant plus que la même duperie est reprise en chœur par les partis traditionnels kabyles, qui s’en servent pour justifier auprès de notre peuple leur opposition à l’avènement d’un Etat kabyle.

Pour appuyer cette idée, le pouvoir algérien s’applique méticuleusement à réunir toutes les conditions (marasme économique, corruption, terrorisme, banditisme, islamisme) pour que les Kabyles n’envisagent pas autrement leur survie, et celle de la Kabylie, que par une abdication pure et simple au dictât arabo-islamique d’un régime raciste. Et ce pour bénéficier de l’aumône de l’Etat-providence afin de ne pas mourir de faim. Bien entendu, l’argument est fondé sur une fausse idée selon laquelle le Peuple Kabyle ne doit sa survie qu’à la manne pétrolière alors que tout le monde sait qu’elle a toujours profité aux généraux et aux politiciens véreux qui ont la mainmise sur l’économie algérienne.

La Kabylie n’a pas émergé de nulle part et encore moins à la suite de la découverte d’un gisement de gaz. Elle n’est pas non plus une création contemporaine résultant d’une quelconque prospérité réalisée grâce à la manne pétrolière. La Kabylie existe depuis la nuit des temps ; son existence multimillénaire n’a jamais été conditionnée par une quelconque richesse naturelle. Sa plus grande richesse réside d’abord et avant tout dans le génie de son peuple. Son organisation sociopolitique résolument laïque et démocratique, ses valeurs séculaires et son attachement viscéral à la liberté ont inspiré de grands penseurs.

A ce jour, la Kabylie n’a rien perdu de son authenticité, de sa culture de résistance et encore moins de sa détermination à se hisser au rang de nation, au sens moderne du terme. En effet, la Kabylie ancestrale disposait avant la colonisation d’une forme de démocratie participative à travers Tajmaat, l’assemblée du village. Cette dernière était une structure sociale et politique, un véritable modèle de démocratie, qui faisait participer les citoyens aux affaires publiques.

A la suite de la colonisation française, l’État algérien a tout mis en œuvre pour achever ce que la France coloniale avait entamé en termes de destruction des fondements de la société kabyle. Ceci dans le but avoué de casser la cohésion sociale d’une société qui lui avait opposé une résistance farouche et qui n’a jamais accepté la soumission. Cependant, ni la famine, ni la guerre, ni la répression, ni la politique d’arabisation, ni toutes les politiques de dépersonnalisation n’ont pu triompher du Peuple Kabyle.

De ce fait, nous avons la certitude qu’aucun défi ne peut lui faire peur. Le développement économique est à sa portée, pourvu qu’elle recouvre sa souveraineté. En effet, la Kabylie, avec le véritable potentiel économique dont elle dispose et que l’on cherche à tout prix à nous cacher, est en mesure, non seulement d’assurer son propre développement, mais aussi de contribuer d’une façon décisive au développement des autres peuples de l’Afrique du nord pour peu que ceux-ci se réconcilient avec eux-mêmes et entrent de plein pied dans le progrès et la modernité.

Toutes les forces vives, et il y en a, peuvent être mobilisées afin de créer un pôle d’excellence en matière de développement économique. Pour ce faire, il faudra mettre en synergie les intelligences dont dispose la Kabylie, en l’occurrence les compétences formées par ses universités et les différents centres universitaires du monde, ainsi que les ressources et autres potentialités naturelles. Tout cela autour de grandes ambitions économiques.

La Kabylie est en mesure de réaliser son développement par l’encouragement de l’innovation via la recherche, l’investissement, la formation mais aussi par l’élimination de l’insécurité et l’assurance d’une justice indépendante. Dans ce cadre, la Kabylie veillera à concilier son progrès économique et social avec la préservation de l’environnement.

La Kabylie libre œuvrera immanquablement à assurer à sa population la liberté d’entreprendre et de produire localement des richesses, synonymes de souveraineté économique et sociale, base de toutes les libertés sociales, culturelles et politiques. Or, il n’est un secret pour personne que l’État Algérien œuvre activement à étouffer toute prospérité économique en Kabylie, condition sine qua non de son asservissement à un État qui n’a d’ambition que d’effacer jusqu’à son existence.

Il est certain que l’avènement de l’État Kabyle marquera pour la Kabylie le début d’une « nouvelle ère », celle de la liberté, de la prospérité et de la justice. »

Bouaziz Ait Chebib, porte-parole de l’Union pour une République Kabyle – URK

Les Kurdes ont-ils droit à la Journée internationale de la langue maternelle ?

En l’an 2000, l’UNESCO a proclamé le 21 février « La Journée internationale de la langue maternelle ». Depuis, chaque 21 février, les Etats-membres qui siègent à l’UNESCO célèbrent cette journée pour promouvoir la diversité linguistique et culturelle et le multilinguisme. La Turquie fait partie des Etats siégeant à l’UNESCO mais elle refuse aux Kurdes d’avoir un enseignement dans leur langue maternelle à l’intérieur de ses frontières. Elle est même gênée d’entendre le kurde ailleurs dans le monde…
 
Les Kurdes victimes d’un génocide linguistique
 
Les Kurdes vivant dans les régions occupées par l’État turc où un génocide ethnique, culturel et linguistique est en cours depuis près d’un siècle, subissent de plein fouet l’interdiction de parler leur langue. En effet, les Kurdes ne peuvent recevoir un enseignement en langue kurde, ne peuvent faire leur défense devant la justice, etc. ni même prétendre qu’ils ont une langue qui s’appelle le kurde car la Turquie nie l’existence même de cette langue millénaire et la fait passer dans registres comme « langue X » (X comme pour dire « inconnue ») !
 
Pour « couper » la langue kurde à la racine, dès les années 1980, l’État turc avait décidé de créer des internats pour les enfants kurdes Dès l’âge de 7 ans, les Kurdes passaient leur année scolaire en internat à la merci des enseignants et des surveillants dont la mission était d’inculquer la langue turque à des enfants qui n’en connaissaient pas un mot et de les turquifier en les coupant de leur familles, leur culture, leur langue.
 
Cette décision mise en oeuvre a plutôt réussi, avec des effets dévastateurs qu’on peut facilement deviner sur le plan psychique et/ou socio-culturel chez les enfants kurdes et les adultes qu’ils sont devenus.
 
Dans les autres parties du Kurdistan, en Irak, Iran et Syrie, on avait à peu près les mêmes interdictions. Aujourd’hui, au Kurdistan autonome d’Irak et au Rojava, on enseigne en langue kurde tandis qu’en Iran, le kurde continue à être criminalisé… C’est pourquoi, aujourd’hui beaucoup de Kurdes, ceux en Turquie essentiellement, ne parlent plus leur langue mais ils sont nombreux à lutter pour avoir le droit de la réapprendre et de la parler; de s’approprier de nouveau leur musique, leurs us et coutumes, pillés et interdits par leurs colonisateurs. Le prix à payer pour les Kurdes, afin d’obtenir ce qu’ils veulent, reste très élevé. Cela coûte souvent des vies mais ils restent déterminés.
 
Pour finir avec les droits ou interdits concernant les langues, voici une histoire écrite par un écrivain kurde qui relate l’interdiction du kurde et ce qui nous attendait si on la bravait.
 
« Un pain en turc » ou comment interdire aux Kurdes de parler leur langue maternelle
 
Nous sommes dans les années 1980, dans une région kurde sous occupation turque. Un paysan court à la boulangerie de son village au retour de son champ et voudrait acheter un pain avant le coucher du soleil qui est proche, car dans cette région kurde, l’Etat turc a décrété un état d’urgence avec couvre-feu au couché du soleil. Le paysan lance à la hâte « ka nanakî, bi tirkî.* » en kurde, qu’on pourrait traduire en « un pain, en turc. » Ce pauvre paysan ne sait pas parler le turc mais il faut bien qu’il achète son pain d’une façon ou d’une autre.
 
Maintenant, imaginons un instant que cette scène ait lieu en France, pendant l’occupation nazi : Un paysan corrézien de retour de son champ, court à la boulangerie de son village. Le soleil va bientôt se coucher, or, il y a le couvre-feu à la tombée de nuit. Les Nazis ont interdit de parler le français et ont imposé la langue allemande dans tout le pays mais notre paysans corrézien ne parle pas un mot d’allemand. Alors, il dirait, vraisemblablement : « Un pain, en allemand. »
 
En effet, l’État turc avait interdit le kurde dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes et ce, depuis la création de la Turquie en 1923. Même au sein de leurs foyers, les Kurdes ne pouvaient parler leur langue sous peine d’être arrêtés et/ou torturés, en plus de payer une amende. (L’Ėtat turc avait dépêché des fonctionnaires à cet effet dans tout le Kurdistan.)
 
Encore aujourd’hui, en Turquie, la langue kurde reste interdite, même si dans le cadre de la vie privée on peut la parler…
 
* « Ka nanakî bi tirkî / Bana türkçe bir ekmek ver » est le nom d’une nouvelle de Cezmi Ersöz, écrivain et journaliste kurde.

Massacre d’Hanau : Les Kurdes tristes et en colère

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FRANCFORT – Plusieurs Kurdes font partie des victimes de l’attaque terroriste de l’extrême-droite qui a lieu à Hanau le mercredi soir. Leurs proches se réunissent actuellement au centre culturel kurde d’Hanau.
 
L’organisation faîtière kurde KON-MED (Confédération des communautés du Kurdistan en Allemagne) appelle à participer aux actions de protestation de jeudi soir dans diverses villes après l’attaque terroriste de l’extrême-droite à Hanau. Une manifestation aura lieu à Hanau à 18h00.
 
Voici le communiqué de KON-MED :
 
«Nous sommes tristes et nous sommes en colère. Nous sommes tristes car nos pensées vont aux proches des victimes de l’attentat terroriste de droite à Hanau hier soir. Parmi les morts figurent également plusieurs victimes d’origine kurde. Leurs proches se réunissent actuellement au Centre culturel kurde de Hanau, où de nombreuses personnes sont à leurs côtés et partagent leur douleur en ces temps difficiles.
 
Nous sommes en colère parce que les dirigeants politiques de ce pays ne s’opposent pas résolument aux réseaux de droite et au terrorisme de droite dans ce pays: le NSU (Nationalsozialistischer Untergrund (NSU), Parti national-socialiste souterrain, groupe terroriste allemand d’extrême droite), l’attentat de Halle, le meurtre de Walter Lübcke et maintenant l’attaque terroriste à Hanau est le résultat d’une politique d’État aveugle [aux agissements de l’extrême droite]. La rhétorique politique de l’AfD et sa banalisation par les médias et le paysage politique préparent le terreau de la terreur de droite en Allemagne.
 
En cette heure difficile, nous voudrions exprimer nos plus sincères condoléances à tous les proches des victimes. Nos pensées et notre sympathie les accompagnent.»
 
 

« Ce qui est imposé à Osman Kavala, c’est de la torture! »

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TURQUIE – ISTANBUL – Les réactions à la nouvelle arrestation d’Osman Kavala se multiplient.
 
Osman Kavala était le seul accusé arrêté dans le procès de Gezi. Il était en prison depuis 840 jours. Lors de la sixième audience de l’affaire, le 18 février, le tribunal a prononcé son acquittement et sa libération. Cependant, immédiatement après sa libération, le parquet d’Istanbul a émis un nouveau mandat de dépôt à son encontre dans le cadre d’une autre enquête relative à la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016.
 
Le défenseur des droits humains et homme d’affaires Osman Kawala a été convoqué pour faire une audition et a été de nouveau arrêté.
 
Le vice-président du HDP, Mithat Sancar et la présidente de la Fondation des droits de l’homme de Turquie (TIHV), Şebnem Fincancı, ont évoqué la nouvelle arrestation d’Osman Kavala sous son aspect juridique et en terme des droits humains.
 
Sancar: Il n’y a plus de système judiciaire indépendant
 
Mithat Sancar, qui est également avocat, a souligné qu’une telle décision arbitraire est très préoccupante. Déclarant que cette illégalité n’était pas la première, Sancar a rappelé qu’une situation similaire avait été rencontrée dans l’enquête contre Selahattin Demirtaş, avocat kurde et ancien coprésident d’HDP.
 
Sancar a rappelé qu’une enquête avait été ouverte contre Demirtaş, qui devait être libérée conformément à la décision de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), et qu’un nouveau mandat d’arrêt avait été émis. Sancar a déclaré que Osman Kavala a également été soumis à un chaos similaire.
 
Sancar a souligné qu’il y a une lutte pour le pouvoir au sein de l’État derrière cette décision et a ajouté que cette lutte semble plus dimensionnelle et compliquée que la lutte entre le FETÖ (Mouvement de Fethullah Gulen) et le gouvernement.
 
« Cette lutte affecte également le système judiciaire qui est devenu le maillon faible de la chaîne et n’a plus de volonté et d’initiative indépendante. Il n’y a plus de système judiciaire indépendant, et c’est une situation extrêmement dangereuse pour la société turque. »
 
Şebnem Fincancı: Résistance à la torture
 
La présidente du TIHV, Şebnem Fincancı, a rappelé qu’Osman Kavala était confronté à de nombreuses pratiques illégales et a souligné que ces pratiques équivalaient à une pratique de torture.
 
Fincancı a déclaré que ce qui est arrivé à Kavala correspond en fait à la définition de la torture donnée par les Nations Unies. « C’est une torture de libérer quelqu’un après 840 jours et de l’arrêter de nouveau juste quand il pense qu’il retourne dans sa famille. C’est un message non seulement pour Osman Kavala mais aussi pour sa femme, sa famille, tous ses parents et amis. »
 
Soulignant que la seule façon de faire face à cette torture est de résister, Fincancı a déclaré: « Vous devez survivre contre tous ces torts » et a ajouté qu’ils ne reconnaissaient pas cette décision.
 

ALLEMAGNE. De nombreuses victimes kurdes dans deux fusillades racistes

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FRANCFORT – En Allemagne, la diaspora kurde n’est pas seulement persécutée par le pouvoir qui la criminalise à cause de sa lutte pacifique pour les droits des Kurdes au Kurdistan. Elle est également victime d’attaques racistes des Néo-Nazis. Drame absolu pour des exilés chassés de leurs terres par des Etats colonialistes barbares.
 
Hier soir, un homme armé a ouvert le feu sur deux bars à chicha – dont la clientèle serait majoritairement kurde – dans la ville de Hanau, dans l’ouest de l’Allemagne, tuant 9 personnes et en blessant plusieurs autres, selon la police. (Une des victimes est Ferhat Ünvar, 22 ans, fils de Serpil Temiz, journaliste travaillant pour le quotidien kurde Yeni Özgür Politika à Francfort.)
 
Le suspect s’est ensuite enfui chez lui où il a été retrouvé mort avec le corps d’une deuxième personne.

Peter Beuth, ministre de l’Intérieur d’Hesse a confirmé que l’attentat terroriste d’Hanau avait une motivation d’extrême-droite.

L’académicienne kurde en exil, Rosa Burç vient d’écrire au sujet du massacre d’Hanau : « Ne minimisez pas ce qui s’est passé en Thuringe ou à Hanau. Remettez en question le parti pris que l’on peut avoir en lisant des titres tels que « Massacre de Shisha-bar » ou « Migrants au couteau ». Prenez au sérieux lorsque nous, les Allemands « de couleur », disons que nous sommes constamment effrayés. Nous sommes tous responsables. »

Chansons féminines d’une artiste kurde qui a fuit les persécutions judiciaires turques

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Heja Turk, artiste kurde pluridisciplinaire qui a fui les persécutions judiciaires en Turquie pour des fausses accusations liées au terrorisme – sort bientôt son premier album et annonce que d’autres projets créatifs basés sur ses expériences de vie sont en préparation.
 
Hêja Turk, 32 ans, est originaire de Mardin, du Kurdistan de Turquie. Stranên Neşuştî (Chansons non-lavées), son album composé de trois chansons et qui fusionne la musique kurde avec la folk-pop moderne et le rock folk, sortira en ligne très prochainement.
 
Chansons centrées sur l’oppression des femmes et la condition kurde
 
« L’une des chansons – NeNe (Je ne suis pas) met en lumière la vie d’une femme qui travaille 24 heures sur 24 en une journée, mais qui n’a aucun droit », explique Heja. « L’autre chanson – Derî Lêket (On a sonné à la porte) – parle de la vie d’une femme seule. J’ai composé moi-même les paroles et la mélodie de la chanson. La troisième chanson – Belkî (Peut-être) – parle de la solitude de la nation kurde. »
 
Bien que la musique soit une passion de longue date pour Heja, sa famille était inquiète quant à sa poursuite d’une carrière de chanteuse, « donc après avoir obtenu mon diplôme universitaire, j’ai abandonné la musique et le chant et j’ai décidé de poursuivre des études supérieures. »
 
Heja a encore essayé d’enregistrer des chansons, mais son attention s’est tournée vers la poursuite d’études de troisième cycle en littérature. Elle dit qu’elle a été acceptée dans un programme de maîtrise en littérature comparée à l’illustre Columbia University de New York – mais ses plans d’études ont été interrompus lorsqu’elle a été détenue par les autorités turques.
 
Elle a été arrêtée pour la première fois en janvier 2016, accusée d’avoir hébergé une femme qui serait affiliée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le mouvement armé kurde qui a combattu l’État turc dans une bataille de plusieurs décennies pour accroître les droits des Kurdes dans le pays.
 
« Ils ont accusé la femme d’avoir organisé une explosion à Istanbul », a déclaré Heja. « La suspicion de l’État envers nous a grandi après qu’ils aient su que j’étais la petite-fille d’Ahmet Turk. »
 
Son grand-père, homme politique chevronné et défenseur des droits des Kurdes, a été emprisonné à plusieurs reprises par les autorités turques au cours de sa carrière. Élu maire de Mardin en 2014, il a été démis de ses fonctions par les autorités turques et détenu pour terrorisme pendant trois mois en 2016. Réélu maire de la ville en 2019, il a de nouveau été destitué pour des accusations de soutien au terrorisme, à savoir le PKK.
 
Heja a purgé neuf mois de prison avant d’être libérée pour insuffisance de preuves pour la poursuite de sa détention.
 
Son séjour de neuf mois en prison n’a pas atténué son avantage créatif; au lieu de cela, elle a appris à jouer de la guitare et a écrit des chansons.
 
Sa libération de prison l’a poussée à prendre la carrière musicale plus au sérieux, l’encourageant à enregistrer des chansons «de manière professionnelle».
 
Après sa libération, elle a assumé son premier rôle d’actrice. Tourné à Istanbul en février 2018, Momê raconte l’histoire de la brutalité contre les Kurdes dans le sud-est de la Turquie et ses répercussions sur les Kurdes à Istanbul.
 
Les accusations sont revenues la hanter lors d’une audience en avril 2018, lorsqu’elle a été condamnée à cinq ans de prison.
 
Elle accuse les autorités turques d’avoir fabriqué des preuves dans son cas, dans le but plus large de ternir l’image des politiciens et militants politiques kurdes. « Les médias turcs se sont accrochés à la campagne », a-t-elle dit, appelant à ce qu’elle soit emprisonnée «jusqu’à 19 ans» au lieu de cinq.
 
Heja dit qu’elle a fui le pays avant d’être de nouveau arrêtée.
 
Heja donne peu d’explications sur la façon dont elle est venue en Europe, mais dit que l’histoire de son voyage passera par un film sur lequel elle travaille en collaboration avec la Hamburg Media School.
 
Alors que l’Allemagne lui a fourni un refuge contre la persécution et un espace pour poursuivre ses intérêts créatifs, elle dit qu’elle se sent toujours isolée et espère se connecter avec d’autres Kurdes de la diaspora dans le pays.
 
«Le plus désagréable pour moi en Allemagne, c’est que je n’ai pas d’amis musiciens. J’ai désespérément besoin d’artistes et de cinéastes kurdes en Allemagne pour m’aider et travailler avec moi.»
 
Malgré la renommée de sa famille, Heja veut être connue par son propre mérite.
 
«Oui, je suis la petite-fille d’Ahmet Turk. Mais je ne veux pas être connue à travers ma famille. Ahmet Turk est une personne et moi, une autre», explique Heja. « Ce que je dis et fais ne reflète que ma compréhension et mon opinion. »
 

L’humanité se noie à Hasankeyf

TURQUIE / BAKUR – La Turquie engloutit la ville antique d’Hasankef sous les eaux du barrage Ilisu et tant pis pour les 12 000 ans d’histoire du patrimoine de l’humanité. L’essentiel, c’est d’anéantir le peuple kurde avec son passé…

La Turquie a construit un barrage immense sur les rives du fleuve Tigre, dans la région kurde de Batman. Le barrage qui engloutit près de 200 villages dévore en ce moment même la ville antique d’Hasankeyf, vieille de plus de 12 000 ans, que l’UNESCO aurait dû inscrire sur sa liste des sites protégés… Un écocide doublé d’un ethnocide. 

A Hasankeyf, on ne détruit pas seulement la nature, l’histoire… on détruit également des vies, des souvenirs, l’identité des peuples – dont celle des Kurdes.

Pourquoi il faut protéger Hasankeyf et le Tigre ?

Hasankeyf, on ne détruit pas seulement la nature, l’histoire… on détruit également des vies, des souvenirs, l’identité des peuples – dont celle des Kurdes – des mondes.

Premièrement, Hasankeyf (Heskîf en kurde) est le patrimoine culturel de l’humanité avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc.

Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…

Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires. (On parle de plusieurs milliers de personnes ainsi déracinées de la région qui sera inondée par le barrage.)

Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par l’eau alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.

Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.

IRAN. La grève de la faim d’une chanteuse kurde emprisonnée

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IRAN / ROJHILAT – L’artiste kurde Perisa Seyfi, emprisonnée dans la ville de Sinê (Sanandaj), au Kurdistan d’Est, est en grève de la faim depuis 10 jours en raison des conditions carcérales abjectes et des pressions des forces de police iraniennes.
 
Selon les informations fournies par des militants des droits de l’Homme du Kurdistan d’Est; Perisa Seyfi, une chanteuse originaire de Kamyaran, arrêtée à Sine il y a 3 mois, a entamé une grève de la faim il y a 10 jours en raison des conditions de détention et des pressions des autorités.
 
Le frère de la jeune femme emprisonnée, Ferhad Seyfi a déclaré : « Perisa a expliqué qu’elle avait été victime de violences psychologiques et de harcèlement, et que des responsables de la prison et de la police lui avaient infligé des violences physiques. Perisa a entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention et les pratiques illégales, et est en grève de la faim depuis 10 jours. L’acte d’accusation n’est pas préparé et l’affaire est toujours retardée. Perisa a de graves problèmes de santé. Les organisations internationales des droits de l’Homme devraient attirer l’attention sur la situation de Perisa Seyfi. »
 

« Ji bo Azadiyê » projeté au Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève

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GENÈVE – Le film kurde « Ji bo Azadiyê » (La Fin Sera Spectaculaire) sera projeté dans le cadre du Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève 2020. Le réalisateur du film, Ersin Çelik sera présent lors de la projection prévue le 12 mars 2020.
 
Pour réaliser « Ji bo Azadiyê » (The End Will Be Spectacular), l’équipe du tournage a utilisé des chars laissés par l’État islamique, les décombres de la ville dévastée de Kobanê pour leur décor et de vrais combattants, alors que la guerre contre DAECH en Syrie faisait rage.
 
Synopsis :
 
« La jeune Zilan retourne dans la ville kurde de Diyarbakir pour honorer la mémoire de son frère. Elle est prise dans un violent combat, et décide de prendre les armes. Ce film haletant raconte la résistance des combattant·es kurdes en 2015, alors que l’armée turque lance un siège meurtrier à Sur, le centre historique de la ville de Diyarbakir. Le film est basé sur le récit des survivant·es, et certain·es jouent leur propre rôle : une hymne au courage de tout un peuple. »
 
Section: Hors Compétition – Fiction
 
Langue(s) originale(s): Kurde & Turc
 
Sous-titrage(s): Français & Anglais
 
RDV le jeudi 12 mars, à 21h15
Au Théâtre Pitoëff
Rue de Carouge 52
1205 Genève

L’Union pour une République Kabyle solidaire avec les Kurdes

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Le communiqué de l’Union pour une République Kabyle (URK) en soutien au peuple kurde :
 
« Le monde confirme chaque jour à quel point il est injuste envers les peuples opprimés, massacrés, et pour certains décimés dans une odieuse indifférence générale. A chaque fois qu’un régime dictatorial mène une guerre contre la liberté et la dignité d’un peuple, les démocraties occidentales brillent par l’indifférence quand ce n’est pas par une ignoble complicité tout en se cachant derrière des déclarations de façade pour défendre un honneur qu’elles n’ont jamais eu. Il n’est pas inutile de rappeler que la situation des kurdes écartelés entre 4 Etat-nations construits de toute pièce est le fait de l’Occident.
 
Comme pour les Touaregs du MNLA, l’Occident a utilisé les Kurdes comme chair à canon pour affronter au sol des organisations islamistes terroristes dont la plupart ont été mises en place par leurs alliés ou, plus précisément, par leurs seigneurs et maîtres du Moyen-Orient.
 
C’est par le courage, la bravoure et l’immense sacrifice des Kurdes que les adeptes des ténèbres ont été vaincus en Syrie. C’est par la lâcheté et la couardise des démocraties occidentales que les ténèbres triompheront du peu qu’il reste d’humanité. En abandonnant les kurdes à la vengeance barbare du fasciste Erdogan, dont les liens avec Daech sont pourtant de notoriété publique, c’est à sa propre reddition que l’Occident travaille.
 
En tant que mouvement souverainiste kabyle, l’URK exprime son soutien total aux Kurdes victimes d’un monde pour lequel les intérêts économiques et géopolitiques priment sur les droits humains, la paix et la sécurité des peuples.
 
L’URK appelle la diaspora Kabyle et Amazighe à soutenir les Kurdes en manifestant à leur côté.
 
Vive la solidarité entre les peuples ! »
 
Bouaziz Aït Chebib, porte-parole de l’Union pour une République Kabyle – URK