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Le coronavirus met à mal nos sociétés désintégrées de toutes parts

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Féministe et activiste kurde, Hawzhin Azeez revient sur le chamboulement causé par le COVID-19 dans un monde capitaliste où la vie collective et l’individualisme sont en guerre ouverte. Elle appelle à un sursaut collectiviste pour en finir avec le capitalisme effréné qui détruit toujours plus le tissus social.
 
Voici son appel :
 
« Le coronavirus n’est pas la vraie pandémie. Elle n’est que le symptôme d’un problème plus vaste. La véritable pandémie est le capitalisme et le manque d’amour collectiviste. C’est un accent exagéré mis sur l’auto-préservation où certains d’entre nous accumulent du papier toilette et des désinfectants alors que d’autres doivent se passer de nourriture pour leurs bébés et leurs familles. Le manque d’infrastructures et de services de santé – l’échec flagrant du capitalisme – a conduit à un appel quasi mondial à la distanciation sociale.
 
Les gens peuvent exercer une distanciation sociale, mais qu’en est-il des femmes en situation de violence domestique ? des enfants qui doivent rester à la maison avec des adultes violents ? de ceux qui n’ont pas les moyens de manger pendant les périodes de quarantaine prolongées ? de ceux qui n’ont pas accès à l’eau potable ? des handicapés, des personnes âgées et des malades ? de la communauté trans et queer [LGBT+] ; des malades psychiatriques; des prisonniers ; des pauvres ; des réfugiés dans les camps décrépits ; de ceux qui vivent dans les bidonvilles et les ghettos ; et si vous êtes trop pauvre pour pratiquer la distanciation sociale, vous risquez littéralement la mort.
 
La mondialisation, les réseaux sociaux et la technologie relient nos vies de manière intime. Toutes les politiques sont liées et seuls les riches peuvent se permettre de vivre des vies à enjeu unique. La mondialisation nourrit le capitalisme qui nourrit le patriarcat qui nourrit la pauvreté qui nourrit toutes les hiérarchies de pouvoir et d’oppression, y compris la violence horrible envers nos plantes et nos animaux. Vous ne faites pas que vous battre contre le coronavirus. Vous devriez combattre tous les maux sociaux et les couches d’oppression et de violence qui s’entrecroisent.
 
Des gens qui jouent de la musique et dansent et qui se rassemblent sur leur balcon, qui partagent de la nourriture, qui se mettent en quarantaine d’eux-mêmes, qui s’occupent des personnes âgées et qui soutiennent les plus vulnérables, voilà l’approche qui permet de sortir de cette pandémie. Laissez l’amour ouvrir la voie. Pratiquez la distanciation sociale, mais souvenez-vous que seule la communauté peut nous sauver. »
 
Image de réfugiés du Rojava, via l’ONG humanitaire Heyva Sor a Kurdistan e

Massacre d’Halabja, un génocide à l’odeur de la pomme

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KURDISTAN – Il y a 32 ans, la ville d’Halabja, au Kurdistan du Sud, était bombardée à l’arme chimique sur ordre de Saddam Hussein. Cette attaque au gaz a fait plus de 5.000 morts kurdes, dont de nombreux enfants qui sortaient de chez eux au cri de « Ça sent la pomme » (odeur du gaz chimique)…
 
La mémoire du peuple kurde est remplie d’images de morts et de massacres commis à son encontre par les occupants du Kurdistan et l’une de ces images profondément ancrées dans l’esprit d’Halabja, Shengal, Afrin, Sere Kaniyê est celle d’un nourrisson tué avec son père dans une rue d’Halabja et celle de la petite Diana d’Afrin, dont le corps a été pris pour cible par les frappes aériennes. Tous ces massacres montrent au monde que tous les occupants du Kurdistan ont la même mentalité génocidaire visant la destruction du peuple kurde.
 
Le mois de mars est douloureux pour les Kurdes à cause des souvenirs des pires massacres commis à leurs encontre par les Etats occupants du Kurdistan dans ses quatre parties. Le plus important de ces massacres est le massacre d’Halabja commis par le régime baathiste irakien qui a eu lieu du 16 au 19 mars 1988.
 
Le massacre d’Halabja, un génocide silencieux qui a montré l’étendue de la haine contre le peuple kurde
 
Ces jours marquent le 32e anniversaire du massacre de Halabja, perpétré le 16 mars 1988 par le régime baathiste sous le dictateur Saddam Hussein, qui a bombardé la ville avec des armes chimiques, tuant plus de 5 500 Kurdes, en majorité des femmes et des enfants.
 
La ville d’Halabja était sous la protection des forces de Peshmerga de l’Union patriotique du Kurdistan et des habitants de la ville contre le règne de l’occupation baathiste du Kurdistan en mars 1988 et à l’approche de la guerre Iran-Irak à partir de la fin du conflit. À cette époque, le régime baathiste, dirigé par Saddam Hussein, a bombardé la ville de roquettes et d’artillerie sous la supervision d’Ali Hassan al Majid (surnommé Ali le chimique), le 15 mars 1988 et les forces de Peshmerga se sont retirées dans les montagnes, où les femmes et les enfants sont restés dans la ville.
 
Le 16 mars 1988, le régime baathiste jeta des gaz chimiques des avions de combat dans la ville, qui abritait plus de 40 000 civils, pour commettre le massacre le plus flagrant de l’histoire de l’humanité, qui s’est déroulé à l’aide de gaz toxiques. L’attaque a tué plus de 5 000 et 500 civils kurdes dans cette ville et contraint des dizaines de milliers de personnes à être déplacées de force dans des camps situés de l’autre côté de la frontière avec l’Iran.
 
La nouvelle du massacre s’est répandue aussi vite que ces armes avaient volé la vie de milliers de personnes en quelques heures ou moins, pour entrer dans la ville dans un calme terrible et paralysant devant le génocide silencieux qui a tué des milliers d’enfants, femmes et hommes sans sang ou blessures.
 
Tous ont été tués sur place, dans les rues de la ville et dans des hameaux remplis de martyrs, sur les routes, devant des maisons et à l’intérieur, dans des écoles, des mosquées et des marchés, les corps gisant sans une goutte de sang ni blessure, et peut-être que la plupart des images qui sont restées dans la mémoire du monde en général et du peuple kurde en particulier sont celles d’Omar Hawar embrassant son nouveau-né et de la famille qui a perdu la vie ensemble.
 
Vingt ans plus tard, le général Ali Hassan al-Majid a été pendu en 2010 pour avoir ordonné les attaques au gaz toxique. Il a été condamné à quatre condamnations à mort mais a insisté sur le fait qu’il a agi dans l’intérêt de la sécurité irakienne et qu’il n’exprimait aucun remords.
 
En 2012, le gouvernement irakien a remis aux autorités d’Halabja la corde utilisée pour sa pendaison.
 
Saddam Hussein lui-même est pendu en 2006, trois ans après l’invasion de l’Irak par les États-Unis.

Hier Halabja, aujourd’hui le Rojava, le génocide kurde continue

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KURDISTAN – La mémoire du peuple kurde est remplie d’images de morts et de massacres commis à son encontre par les occupants du Kurdistan et l’une de ces images profondément ancrées dans l’esprit d’Halabja, Shengal, Afrin, Sere Kaniyê est celle d’un nourrisson tué avec son père dans une rue d’Halabja et celle de la petite Diana d’Afrin, dont le corps a été pris pour cible par les frappes aériennes. Tous ces massacres montrent au monde que tous les occupants du Kurdistan ont la même mentalité génocidaire visant la destruction du peuple kurde.

Le mois de mars est douloureux pour les Kurdes à cause des souvenirs des pires massacres commis à leurs encontre par les Etats occupants du Kurdistan dans ses quatre parties. Le plus important de ces massacres est le massacre d’Halabja commis par le régime baathiste irakien qui a eu lieu du 16 au 19 mars 1988.

Le massacre d’Halabja, un génocide silencieux qui a montré l’étendue de la haine contre le peuple kurde

Ces jours marquent le 32e anniversaire du massacre de Halabja, perpétré le 16 mars 1988 par le régime baathiste sous le dictateur Saddam Hussein, qui a bombardé la ville avec des armes chimiques, tuant plus de 5 500 Kurdes, en majorité des femmes et des enfants.

La ville d’Halabja était sous la protection des forces de Peshmerga de l’Union patriotique du Kurdistan et des habitants de la ville contre le règne de l’occupation baathiste du Kurdistan en mars 1988 et à l’approche de la guerre Iran-Irak à partir de la fin du conflit. À cette époque, le régime baathiste, dirigé par Saddam Hussein, a bombardé la ville de roquettes et d’artillerie sous la supervision d’Ali Hassan al Majid (surnommé Ali le chimique), le 15 mars 1988 et les forces de Peshmerga se sont retirées dans les montagnes, où les femmes et les enfants sont restés dans la ville.

Le 16 mars 1988, le régime baathiste jeta des gaz chimiques des avions de combat dans la ville, qui abritait plus de 40 000 civils, pour commettre le massacre le plus flagrant de l’histoire de l’humanité, qui s’est déroulé à l’aide de gaz toxiques. L’attaque a tué plus de 5 000 et 500 civils kurdes dans cette ville et contraint des dizaines de milliers de personnes à être déplacées de force dans des camps situés de l’autre côté de la frontière avec l’Iran.

La nouvelle du massacre s’est répandue aussi vite que ces armes avaient volé la vie de milliers de personnes en quelques heures ou moins, pour entrer dans la ville dans un calme terrible et paralysant devant le génocide silencieux qui a tué des milliers d’enfants, femmes et hommes sans sang ou blessures.

Tous ont été tués sur place, dans les rues de la ville et dans des hameaux remplis de martyrs, sur les routes, devant des maisons et à l’intérieur, dans des écoles, des mosquées et des marchés, les corps gisant sans une goutte de sang ni blessure, et peut-être que la plupart des images qui sont restées dans la mémoire du monde en général et du peuple kurde en particulier sont celles d’Omar Hawar embrassant son nouveau-né et de la famille qui a perdu la vie ensemble.

L’anniversaire du génocide contre le peuple kurde à Halabja marque le deuxième anniversaire des attaques de l’Etat turc contre Afrin, qui ont coûté la vie à des centaines de civils et contraint 400 000 civils à fuir leurs villes et villages.

Le 18 mars marque le deuxième anniversaire du déplacement forcé de près de 400 000 civils à Afrin après des dizaines de massacres commis par l’Etat turc dans le cadre de son offensive d’occupation visant à anéantir le peuple kurde et à éliminer la culture de la région.

Les victimes des massacres perpétrés par les Turcs au cours des 58 jours d’intenses attaques d’artillerie et d’aéronefs contre Afrin ont laissé plus de 1 500 civils entre martyrs et blessés, principalement des femmes et des enfants, sans parler des crimes de nettoyage ethnique commis contre les Kurdes par les éléments du peuple turc l’armée et ses mercenaires (Jabhat al-Nusra et DAESH) dans l’opération dite « rameaux d’olivier » lorsqu’ils ont attaqué la ville et sa campagne.

Les images des massacres d’Afrin ont été gravées dans l’esprit des habitants de la région. Il s’agissait de plus de 11 massacres dans la ville et ses environs, y compris la mort de Diana Saleh, âgée de 3 mois, dans la région de Janders avec deux autres personnes et huit blessés, ainsi que le massacre de Shirawa dans lequel onze enfants jouant à l’extérieur de la maison ont été tués.

L’occupant veut anéantir le peuple kurde et voit dans sa liberté une menace pour son existence.

Chaque tentative de l’occupant visant à anéantir le peuple kurde confirme au monde entier que l’existence de ce peuple marque la fin de sa dictature. C’est ce qui est arrivé à toutes les autorités et à tous les gouvernements qui sont parvenus au régime de l’Irak, de la Turquie, de l’Iran et de la Syrie et qui n’ont pas atteint leurs objectifs en mettant fin à ces personnes.

Le peuple kurde jouit aujourd’hui de plus en plus de soutien et de sympathie de la part de diverses peuples dans le monde, malgré le silence international et les gouvernements. Mais le peuple kurde n’est plus faible et est devenu plus puissant dans l’équation du Moyen-Orient.

 

Vingt ans plus tard, le général Ali Hassan al-Majid a été pendu en 2010 pour avoir ordonné les attaques au gaz toxique. Il a été condamné à quatre condamnations à mort mais a insisté sur le fait qu’il a agi dans l’intérêt de la sécurité irakienne et qu’il n’exprimait aucun remords.

 

En 2012, le gouvernement irakien a remis aux autorités d’Halabja la corde utilisée pour sa pendaison.

 

Saddam Hussein lui-même est pendu en 2006, trois ans après l’invasion de l’Irak par les États-Unis.

Leyla Guven: Aucune crise ne peut être gérée sans la résolution de la question kurde

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TURQUIE / BAKUR – « Toutes les crises politiques et économiques en Turquie sont liées à la question kurde. Dès qu’elle sera résolue, tous les autres problèmes seront également résolus », explique Leyla Güven dans une interview réalisée après la récente rencontre d’avec le chef kurde emprisonné en Turquie.
 
Le 5 mars, Mehmet Öcalan a rendu compte dans une interview après la rencontre qu’il a eu avec son frère Abdullah Öcalan sur l’île prison d’Imrali, il y a deux jours. Le leader kurde, qui a eu une dernière rencontre avec ses avocats le 7 août 2019, a parlé lors de la réunion de la question kurde et de la politique syrienne du gouvernement turc. Öcalan s’est concentré sur la stratégie de la « troisième voie », à laquelle il attribue un rôle clé dans la résolution de tous les problèmes au Moyen-Orient, et a appelé au renforcement de l’organisation et de la lutte.
 
L’ANF s’est entretenue avec la députée du HDP, Leyla Güven, également coprésidente de l’association de la société civile DTK (Congrès de la société démocratique), au sujet des propos d’Abdullah Öcalan. La politicienne, qui a dirigé de novembre 2018 à mai 2019 un mouvement mondial de grève de la faim qui a brièvement rompu l’isolement de huit ans imposé au fondateur du PKK, a d’abord souligné les dimensions internationales du complot contre Öcalan, qui a abouti à son expulsion vers la Turquie en février 1999 en violation du droit international.
 
« L’influence d’Öcalan ne peut être ignorée »
 
« Les objectifs des pouvoirs impliqués dans l’enlèvement d’Öcalan sont vains. Surtout, c’est Öcalan lui-même qui a contrecarré ces pouvoirs. Mais le peuple kurde a également fait tout son possible pour inverser la conspiration dans leur sens, pour réaliser leur vie aspirée. dans la liberté et la démocratie, un statut et l’application de la solution de la question kurde.
 
Mais les efforts d’Öcalan à cet égard ont une autre dimension. En isolement à Imrali, il a écrit plus de dix livres et des dizaines d’analyses. Il a tout fait pour faire sortir ses pensées. Avec beaucoup d’efforts, il a essayé de faire avancer le processus de résolution pour l’État ainsi que pour son organisation et son peuple.
 
La détention au secret dure maintenant 21 ans et s’aggrave de plus en plus. Il n’y a que des visites occasionnelles à Öcalan. Le peuple kurde sait exactement ce que cet isolement signifie et à quoi il sert. Dans le passé, les déclarations d’Öcalan ont principalement influencé la société kurde. Maintenant, ils ont un impact dans tout le Moyen-Orient. Les peuples arabe, syriaque, arménien et bien d’autres attachent une grande importance à ses pensées.
 
Le Moyen-Orient est une région multi-identitaire qui a connu des massacres tout au long de son histoire. Il ne se passe pas un jour sans de terribles nouvelles des États du Moyen-Orient. Des morts massives ont lieu et des régions entières sont dévastées par la guerre. Le Moyen-Orient avec son histoire, sa culture et son peuple est exposé à un génocide permanent. Öcalan a traité ce problème de la manière la plus intensive. Par conséquent, son isolement empire de plus en plus. »
 
« Sa parole affecte des millions »
 
Güven rappelle les déclarations du ministre turc de l’Intérieur sur l’incendie d’Imrali, qui étaient absolument irresponsables. « En tant que ministre qui a été nommé ministre dans ce pays, il sait très bien que Öcalan n’est pas n’importe quel prisonnier. La parole d’Öcalan affecte des millions de personnes. Cela est devenu plus que clair dans le soi-disant processus de négociation qui a duré trois ans et demi. C’est pourquoi cette déclaration a suscité une grande inquiétude. »
 
Le 27 février 2020, le ministre de l’Intérieur a rendu public lors d’une émission télévisée en direct qu’un incendie s’était déclaré sur l’île d’Imrali. À cette époque, les prisonniers d’Imrali avaient été coupés du monde extérieur pendant près de sept mois. Ce n’est qu’après des manifestations massives dans le monde entier que l’État a finalement dû céder et laisser les proches d’Öcalan et de ses codétenus se rendre sur l’île.
 
« La principale préoccupation d’Öcalan est la paix »
 
« Après la récente réunion avec Öcalan, nous avons vu qu’il n’a rien perdu de sa volonté de paix et d’une solution. Comme il l’a dit plus tôt. Ne parlons pas de ma santé, ce n’est pas une question très importante. Ce qui est important c’est la situation de notre peuple, que cette guerre cesse et qu’aucun autre jeune ne meure. » D’après ce que son frère Mehmet Öcalan nous a dit, nous pouvons clairement dire qu’Abdulah Öcalan a soulevé des questions très importantes et a souligné que, si la volonté existait du côté de l’État, le problème pourrait être résolu en une semaine. »
 
« Le message est adressé aux deux côtés »
 
Leyla Güven a souligné que Öcalan considère la formation d’un nouveau pôle démocratique dans la politique turque nécessaire à la démocratisation complète de la Turquie. Ce pôle – les Kurdes avec les cercles démocratiques et de gauche – devrait devenir le « troisième pilier » de la table avec les deux autres blocs de pouvoir en Turquie. Toutes les organisations et institutions devraient s’engager comme troisième pilier d’une solution.
 
« Il s’agit en fait d’un message adressé aux deux parties. Il s’adresse au peuple turc, qui doit savoir que la table à deux pieds peut basculer à tout moment. C’est pourquoi nous devons former la troisième étape afin de contribuer à une Le message adressé à l’État est que vous ne pouvez rien faire avec une table à deux pieds. Vous ne pouvez pas devenir une puissance au Moyen-Orient ni faire quoi que ce soit de bon pour le peuple turc. Venez faire attention aux personnes qui se sont réunies pour une troisième étape. Laissez-les porter la table debout comme une troisième étape afin qu’une solution démocratique puisse être trouvée dans l’intégrité territoriale de la Turquie. »
 
« L’AKP doit laisser derrière lui son hostilité anti-kurde »
 
Güven a en outre expliqué que toutes les crises politiques et économiques en Turquie sont liées à la question kurde. Dès qu’il sera résolu, tous les autres problèmes seront également résolus, a-t-elle souligné.
 
« Si nous regardons les crises actuelles en Turquie, qu’il s’agisse de la crise économique, de la crise sociale, des féminicides et de l’exploitation de la main-d’œuvre: (…), la question kurde est un facteur décisif. Parce qu’une grande partie des ressources de la Turquie sont être canalisé dans la guerre contre les Kurdes. Et sans normalisation, sans paix avec nous, aucun de ces problèmes ne peut être résolu. »
 
« Que fait la Turquie en Syrie ? »
 
« Pour le moment, nous nous demandons à nouveau ce que la Turquie fait en Syrie. Nous posons cette question aux politiciens tout le temps. Que fait la Turquie en Syrie lorsqu’elle a ses propres problèmes non résolus ? Peut-elle trouver un remède? Non. Pourtant, elle court au milieu du marais d’Idlib. La Turquie pensait qu’elle pourrait résoudre le problème avec quelques réunions avec l’Iran et la Russie alors qu’elle rassemblait tous les gangs criminels à Idlib. Le dilemme à Idlib montre maintenant clairement de quoi il s’agit: une politique d’hostilité contre les Kurdes. Nous devons appeler un chat un chat. C’est la loi ennemie. »
 
« Arrêtez de traiter les Kurdes comme des ennemis »
 
Leyla Güven demande le retrait de la Turquie de la Syrie et exhorte le gouvernement à mettre fin à la loi ennemie, qui est pratiquée contre les Kurdes. « L’État nomme les administrateurs aux municipalités kurdes, arrête les politiciens kurdes. Il opprime le peuple et couvre également toutes ses institutions de répression. Et en Syrie, il attaque les Kurdes et tous les autres peuples. Dans le sud du Kurdistan, l’État turc attaque et exploite un réseau d’agents des services secrets. Pourquoi? Seulement à cause de l’hostilité anti-kurde. Chaque fois que nous en parlons, l’AKP pense qu’il n’a rien contre les Kurdes, mais nous devons l’appeler par son nom, ce n’est rien d’autre que de l’hostilité anti-kurde. »
 
« Ni l’AKP ni la Russie ne résoudront le problème »
 
« L’AKP n’est pas prêt pour une solution, pas plus que la Russie ou les États-Unis. Les deux États tentent de rendre la Turquie dépendante d’eux et poursuivent une politique selon laquelle «l’ennemi de mon ennemi est mon ami». Les images de Moscou étaient amères pour le gouvernement turc. Le président de la Turquie a été humilié. Mais la direction d’un pays qui accepte tout cela n’est pas en mesure d’envisager de s’asseoir avec les Kurdes pour trouver une solution. »
 
« Une Turquie faisant la paix avec les Kurdes serait un arbitre au Moyen-Orient »
 
Güven a conclu son discours ainsi : « Une Turquie qui fait la paix avec les Kurdes serait un arbitre au Moyen-Orient. Nous avons affaire à un gouvernement qui ne veut pas de solution et qui recherche des profits à court terme. Cela ne peut pas continuer comme ça. Après 18 ans au pouvoir, l’AKP et le MHP seront bientôt rayés de la scène de l’histoire. Il n’y a qu’une seule issue et Öcalan l’a nommée. Nous devons devenir le troisième pilier. »
 

SANTE.Les réfugiés du Rojava et de Shengal menacés par le coronavirus

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A tous ceux qui sont victimes de la psychose du coronavirus, pensez à la façon dont ce virus affectera les millions de personnes dans les camps de réfugiés au Rojava, dans le nord de la Syrie, et au Kurdistan du Sud.

Beaucoup de ces réfugiés, notamment les Yézidis, croupissent dans ces camps depuis 6 ans déjà. Malnutrition, pauvreté, conditions de vie difficiles -dont les chaleurs extrêmes pendant l’été et le froid glacial pendant l’hiver – le faible accès aux soins de la santé, aux médicaments sont leur lot quotidien. C’est pourquoi, les réfugiés seront les plus touchés par le Coronavirus COVID-19. Alors, relativisez un peu avant de replonger dans la psychose du coronavirus.

ROJAVA. Participez à la construction d’un centre de prothèses pour les mutilés de guerre

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SYRIE / ROJAVA – Les Kurdes syriens (YPG / YPJ) et leurs alliés réunis sous la bannière des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) ont perdu plus de 11 000 combattants dans la guerre contre DAECH / ISIS et la Turquie depuis le début du conflit syrien. Un autre chiffre dramatique concernant les FDS est le nombre des mutilés de guerre : on fait état de plus 25 000 blessés de guerre.

Le Rojava étant sous l’embargo total et n’ayant pas d’équipement, ni suffisamment de personnel qualifié, la prise en charge de ces mutilés devient problématique. C’est pourquoi, l’ONG humanitaire franco-kurde, Roja Sor – Soleil Rouge a un projet de construction d’un centre médical de pose de prothèses. Pour le réaliser, Roja Sor a lancé une campagne de dons.

Voici l’appel aux dons du Roja Sor : 

« D’après une étude de l’Organisation Mondiale de le Santé [OMS] réalisée en 2017, 86 000 syriens ont subi des blessures qui ont conduit à l’amputation. 21 000 membres des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) ont été blessés ou mutilés dans la guerre contre Daesh sous le drapeau de la coalition, 7 000 contre l’armée turque, membre de l’OTAN et ses milices islamistes. Les kurdes et les civils de la région payent au prix fort leur engagement auprès de la coalition.

Devant ces chiffres, l’association Soleil Rouge – Roja Sor France s’associe avec le Croissant Rouge Suisse pour financer la construction du centre médical Hevrin Khalaf [femme politicienne kurde tuée par des gangs de la Turquie lors de l’invasion de Sere Kaniyê en octobre 2019] de pose de prothèses à Qamishlo au Rojava. Nous lançons donc un appel aux dons accessible depuis notre site internet. Situé au plus près de la population, ce centre ouvert à tous d’un coût total de 400 000€, proposera gratuitement des soins médicaux, un soutien psychologique et la pose de prothèse. Après des années de guerre contre l’Etat Islamique et les nombreux bombardements, les besoins de la population sont tels que dès la première année, il est prévu la pose de 5000 prothèses, 105 000 soutiens psychologiques et 15 000 patients en rééducation.

Aidez-nous à construire le centre médical Hevrin Khalaf de pose de prothèses, donnez. »

Roja Sor – Soleil Rouge 

Le coronavirus a atteint le Rojava, un désastre sanitaire en vue

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SYRIE / ROJAVA – Le coronavirus (COVID-19) a atteint le nord et l’est de la Syrie où il risque de causer un désastre sanitaire étant donné que le Rojava a une pénurie de toutes sortes de fournitures médicales et que des centaines de milliers de réfugiés survivent dans des camps de fortunes.
 
Un des plus plus gros problème rencontré au Rojava est celui des tests. La seule machine PCR pouvant être utilisée pour les tests se trouvait dans la ville kurde de Sere Kaniye, aujourd’hui sous occupation turque et donc hors de portée.
 
Tous les cas potentiels doivent être envoyés à Damas pour le test, puis les résultats sont envoyés à l’OMS. Cela prend beaucoup de temps. Il y a également une pénurie massive de toutes sortes de fournitures médicales pour les cas qui doivent être traités à l’hôpital.
 

Hasankeyf n’est plus, une honte pour toute l’humanité

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TURQUIE / BAKUR – Le barrage Ilisu construit sur les rives du Tigre près de la région kurde de Batman a englouti un joyau de l’humanité nommé Hasankeyf : une ville antique de plus de 12 000 ans. Hasankeyf avait accueilli de nombreuses civilisations telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc. A Hasankeyf, la Turquie a commis un écocide doublé d’un ethnocide.
 
En plus d’Hasankeyf, où plus de vingt cultures ont laissé leur empreinte au fil de 12 000 ans d’histoire – que l’UNESCO aurait dû inscrire sur sa liste des sites protégés – le barrage Ilisu a également englouti près de 200 villages, chassant de leurs terres des dizaines de milliers de Kurdes, les ennemis jurés de l’Etat turc qui voudrait mettre fin à leur existence par tous les moyens…
 
Pourquoi le barrage Ilisu est un écocide doublé d’un ethnocide ?
 
Premièrement, Hasankeyf (Heskîf en kurde) est le patrimoine culturel de l’humanité avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives. Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…
 
Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires. (On parle de plusieurs milliers de personnes ainsi déracinées de la région qui sera inondée par le barrage.)

Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par l’eau alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.
 
Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.
 
 

Elections. Un sympathisant de l’extrême droite turque sur une liste de gauche à Bourg en Bresse?

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LYON – Dans une lettre ouverte adressée à Jean-François Débat, maire de Bourg-en-Bresse, l’association Amitiés kurdes de Lyon – Auvergne Rhône Alpes dénonce la présence de Suaip Zinkal sur une liste de gauche à Bourg en Bresse, accusant ce dernier d’être un sympathisant de l’extrême droite turque.

 
Voici la lettre qui nous a été envoyée par le président de l’association en question :
 
« LETTRE OUVERTE À MONSIEUR JEAN-FRANÇOIS DÉBAT, TÊTE DE LISTE POUR « BOURG CHANGE » ET À SES COLISTIERS.
 
Un sympathisant de l’extrême droite turque sur une liste de gauche à Bourg en Bresse ?
 
L’association Amitiés kurdes de Lyon-Auvergne Rhône Alpes a eu connaissance du fait suivant : à Bourg en Bresse, une liste de gauche intitulée « Bourg change » se présente aux élections municipales, conduite par Monsieur Jean-François Débat.
 
Nous ne doutons absolument pas de ce que cette liste et son animateur soient motivés par les convictions républicaines de notre pays ainsi que par les valeurs défendues par la gauche, dont la liberté d’opinion et d’expression, l’égalité entre toutes et tous et la laïcité. Nous ne nous situons donc pas dans le cadre de ce qui pourrait être pris pour un procès d’intention.
Néanmoins nous avons été interpellés par la présence de Monsieur Suaip Zinkal au nombre de ses colistiers.
 
En effet, ce que Monsieur Zinkal (candidat Numéro 27 et donc susceptible d’être élu) publie sur le réseau social Facebook a tout lieu de susciter notre inquiétude, voire notre indignation. Ce monsieur se fait une fierté d’être un soutien du président Erdogan, dont on sait bien comment il dirige son pays d’une façon qui n’a rien à voir avec la démocratie. De plus, M. Zinkal, toujours sur ce même réseau social, se présente comme soutenant les mouvements « Loups gris » et Saadet.
Les « Loups Gris », à l’origine organisation de jeunesse du Parti d’Action Nationaliste (MHP, d’extrême droite) sont devenus les exécuteurs des basses œuvres (notamment contre les Kurdes) de la police et des Services Spéciaux de l’État turc, ne reculant pas devant l’assassinat. Leur idéologie leur ouvre toutes grandes les portes des partis islamistes (dont celui du président Erdogan). Bien implantés en Europe sous couvert d’organisation de défense de l’identité turque, ils sont étroitement surveillés par les autorités y compris en France.
 
Quant au parti Saadet (en français Parti de la Félicité) c’est un parti islamiste fondé en 2001(à la suite de la dissolution par la Cour Constitutionnelle de Turquie du « Parti de la Vertu »). Son idéologie repose sur l’islamisme, l’euroscepticisme, le conservatisme religieux et l’anti occidentalisme.
Enfin nous ne pouvons pas ignorer que l’AKP (Parti de la Justice et du Développement), parti de M. Erdogan est un parti islamo-conservateur, instrument de la politique de répression effrénée menée par Erdogan dans son pays. Celui –ci, au prétexte de la lutte contre les partisans du coup d’État (?) de 2016 a fait jeter en prison par dizaines de milliers les démocrates opposés à sa toute puissance : journalistes, juges, avocats, militaires, syndicalistes, féministes, toujours accusés, pour la commodité, de « terrorisme ».
Rappelons en outre que le HDP, victime de la haine furieuse de Erdogan, est membre de l’Internationale Socialiste.
Par ailleurs, le Parti Socialiste appuie le « Comité de soutien à Tuna Altinel » professeur turc de mathématiques et chercheur à l’université Lyon 1 depuis plus de vingt ans, emprisonné puis retenu en Turquie et injustement accusé de terrorisme (accusation dont il a d’ailleurs été acquitté lors de son second procès en date du 24 février 2020 sans que l’État turc daigne lui restituer son passeport, ce qui lui permettrait de rentrer à Lyon où il enseigne depuis plus de vingt ans !)
Pour toutes ses raisons et parce que cette liste de gauche porte, comme nous en sommes convaincus, des valeurs de démocratie, de respect des droits humains et de solidarité internationale, nous demandons que soit mis en route une procédure d’exclusion de cette liste d’ un sympathisant de l’extrême droite turque, d’un parti ultra religieux, et du parti du dictateur Erdogan, illustrant ainsi la volonté de l’Etat turc d’infiltrer au maximum les institutions de la République française comme l’ont déjà illustré un certain nombre de médias de notre pays.
 
A défaut vous devez exiger de votre candidat qui se revendique républicain, démocrate et laïc qu’il condamne fermement et publiquement la répression et les exactions de l’état turc envers ses opposants et les démocrates en général. Dans cette perspective il doit dénoncer les arrestations arbitraires des militant.es internationalistes qui se rendent en Turquie à des fins humanitaires ou pour vérifier le bon déroulement des élections. Il doit dénoncer également les attaques incessantes contre les peuples de Turquie qui revendiquent de vivre leurs particularismes et leur culture. De même il doit demander au gouvernement d’Erdogan que les associations Lgbti puissent s’exprimer librement afin que chacun.e puisse vivre sa sexualité. Enfin, il doit reconnaître l’existence du génocide arménien et des assyro-chaldéens. C’est nous semble-t-il le moins que l’on puisse attendre d’un candidat prétendant défendre autrement qu’en parole nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.
 
Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de notre considération. »
 
Thierry Lamberthod, président

Paris accueille le Festival culturel kurde

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PARIS – Venez voyager à travers le Kurdistan lors de la première édition du Festival culturel kurde (FCK) de Paris qui se déroulera en Île de France du 4 au 25 avril 2020.
 
Au programme du festival organisé par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), en partenariat avec la Fondation Danielle Mitterrand: concerts, danses, expositions de dessins, expositions culinaires et projections de films kurdes. 
 
 
Le FCK sera clôturé par un concert de musique exceptionnel, avec le groupe LaWje, la chanteuse Yalda Abbasi, Cemîl Qoçgîrî et Hîvron monteront sur la scène de Bataclan, le samedi 25 avril.
 
Première photo : Aurore Belot

THÉÂTRE. Aram Taştekin, le conteur kurde des temps modernes

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PARIS – Aram Taştekin n’a que 32 ans, mais de ses épaules tombe une poussière centenaire chargée d’une tragédie nommée Kurdistan. Aram est le conteur kurde des temps modernes, assis sur une montagne d’histoires accumulées au fil des âges, faisant de lui le gardien de la mémoire collective kurde. Une mémoire orale qu’il retransmet au public en tant que comédien hors-pair, tout en la posant sur le papier en parallèle. L’enfant à mille et une blessures, Aram dont la devise est la résilience, s’est réfugié dans l’humour et les mots pour échapper aux maux qui le rongent depuis trop longtemps.
 
Aram Taştekin est un enfant kurde écorché vif, dont les yeux ont vu des horreurs semblables à celles qu’on voit dans des films de fictions interdits aux moins de 18 ans. En effet, l’enfant Aram a assisté à la torture des habitants de son village qui a été incendié par l’armée turque. Il a connu le génocide linguistique, l’exil forcé et de nombreuses arrestations à cause de son identité kurde. Et enfin, pour échapper à plus de 7 ans de prison à cause de ses activités artistiques au sein du théâtre municipal de Lice, dans la province d’Amed (Diyarbakir), il s’est réfugié en France avec l’aide d’un ami français, en 2017.
 

Aujourd’hui, « installé » à Paris, Aram ne sait plus où donner la tête entre son spectacle « Happy Dreams*, une histoire kurde » qui est joué dans plusieurs villes françaises, les invitations aux festivals, des cours de théâtres donnés à des artistes exilés à l’Atelier des artistes en exil et à des réfugiés à la Maison des Métallos, la rédaction de sa thèse universitaire pour son Master Théâtre qu’il suit à l’université PARIS VIII. 

Révolté par l’interdiction faite par les autorités turques de parler sa langue maternelle, Aram s’est mis à écrire ses textes exclusivement en kurde, il s’est réfugié dans sa langue maternelle et a voulu la faire vivre envers et contre tous. Aujourd’hui, il écrit ses textes en français car il monte sur la scène en France.

 

Malgré sa souffrance due à sa condition d’exilé, Aram n’est pas un homme à pleurer sur son sort et à rester à ne rien faire. En effet, en plus de toutes ses activités artistiques actuelles, Aram a un projet de création théâtral qui a pour sujet la vie d’Evdalê Zeynikê, un grand dengbêj (barde) kurde qui a vécu au XIXe siècle et qu’on l’avait surnommé l’Homère kurde) à l’université Paris VIII pour la saison 2020-2021. Pour l’anecdote, lors d’un concours de contes, Evdalê Zeynikê a battu le conteur officiel du Shah de l’Iran qui a tué son conteur après sa défaite. Aram a également un projet de livre autour des récits kurdes et pourquoi pas un film à terme.

 

De quoi parle « Happy Dreams*, une histoire kurde » ?

 

Dans « Une histoire kurde », drôle et touchant à la fois, Aram Tastekin nous emmène dans son village montagneux de Xarabguryan, au fin fond du Kurdistan, où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’Etat turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui vident le village.
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams ». Un voyage qui se termine quand Aram rencontre une troupe de théâtre kurde…
 

Malgré son sujet lourd, « Happy Dreams, une histoire kurde » nous fait rire grâce aux anecdotes – parfois drôles, souvent absurdes – qu’Aram nous raconte. Par exemple, l’obsession d’être un « vrai » Kurde (même pour sa mère à la colère terrible qui est une arménienne « auto-assimilée »), l’histoire ubuesque de trois bouteilles de coca, le petit garçon qui doit dire aux soldats turcs qu’il ne parle pas le turc, mais en turc, le spectacle « Un Kurde sur Mars » de sa troupe de théâtre qui fait un tabac à cause de son titre que l’armée turque considère comme un message subliminal faisant la propagande du PKK…

 
Lors du spectacle, on peut aussi entendre Aram chanter, en kurde et en turc, accompagné par le musicien Neşet Kutas qui joue de la tembûr et des percussions.
 
On peut voir ce spectacle au théâtre Kibélé, à Paris, le 3 avril prochain.

 

Berkin Elvan aura toujours 15 ans

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Il y a six ans, Berkin Elvan, un enfant kurde de 15 ans blessé par une cartouche de gaz lacrymogène, mourrait après un an passé aux soins intensifs.

Berkin Elvan a reçu à la tête une cartouche de gaz lacrymogène tirée par un policier à Istanbul lors des manifestations anti-gouvernementales (Gezi) de juin 2013 en Turquie. Il est mort le 11 mars 2014, après un coma de 269 jours. Au cours de la dernière semaine de sa vie, son poids était passé de 45 kg à 16 kg.

Berkin Elvan est un des nombreux enfants kurdes – les papillons de l’humanité – tués par les forces turques.