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La Turquie massacre les Kurdes, l’OTAN et l’ONU contemplent

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KURDISTAN – Alors que les partis kurdes rivaux du Rojava viennent de signer un accord historique pour l’unité kurde, la Turquie a lancé une nouvelle opération militaire contre la région kurde d’Irak. Depuis, plusieurs civils kurdes ont été massacrés dans des bombardements turcs devenus quotidiens, sans que la communauté internationale s’émeuve.
 
La Turquie s’en prend au Rojava et au Bashûr
 
Après des semaines de discutions, le Conseil national kurde en Syrie (CNK) et les partis d’unité nationale kurde (partis alliés au Parti de l’Union démocratique, PYD) sont parvenus à un premier accord pour l’unité kurde à Hasakah, au Rojava, le 17 juin déclarant que leurs discussions se poursuivraient sur la base de l’accord de Duhok de 2014. Au même moment, la Turquie débutait une nouvelle guerre d’invasion contre Shengal, la patrie des Kurdes yêzidîs, les réfugiés du camp de Makhmour et dans la région de Qandil, au Kurdistan su Sud (Bashûr), en violant l’intégrité territoriale de l’Irak. Depuis, au moins 5 civils kurdes ont trouvé la mort dans les bombardements turcs contre la région de Chêladizê.
 
Dans la nuit de 15 juin, les jets turcs ont bombardé le camp de réfugiés à Maxmur, les zones civiles et les positions des combattants yézidîs à Shengal et celles du PKK à Qandil. On déplorait 4 blessés du côté des combattants yézidis. Deux jours après, la Turquie déployé ses commandos de forces spéciales qui agissent désormais au sol au Kurdistan d’Irak, en plus des frappes aériennes -régulières dans la zone et menées tant dans la région autonome que dans des territoires disputés dépendants des autorités centrales de Bagdad.
 
3 civils kurdes ont été tués ce vendredi 19 juin par les jets turcs contre un village de Chiladzi, une localité de la province de Dohouk aux confins de la Syrie, de la Turquie et de l’Irak. La veille, un berger du nom de Abbas Maghdid avait été tué également à Sidakan.
 
En outre, dans la même province, un civil porté disparu depuis mercredi a été retrouvé vendredi sans vie, annonçait Serbast Sabri, maire de Kani Massi, dans la même région.
 
Ces attaques sanglantes ont lieu en parallèle aux attaques commis par les gangs de la Turquie dans les régions occupées du Rojava qui sont Afrin, Serê Kaniyê… Chaque fois que les Kurdes colonisés sur leurs terres tentent d’avoir leur autonomie ou d’avoir des droits en tant que peuple, la Turquie sort la grosse artillerie et commet des massacres, aussi bien à l’intérieur de ses territoires que dans les pays voisins qui sont la Syrie et l’Irak, considérant les acquis des Kurdes comme une menace pour sa propre existence.
 
L’OTAN et l’ONU complice du massacre des Kurdes
 
La Turquie, pays membre de l’OTAN et de l’ONU agit en toute impunité dans le massacre des Kurdes et l’invasion de leur terres en Syrie et en Irak. En effet, ni l’OTAN, ni l’ONU n’ont jamais levé la voix contre leur allié turc pour ces massacres. Ainsi, les Kurdes apatrides payent de leur vie les intérêts inter-étatiques entre la Turquie et ses alliés occidentaux.

Un génocide centenaire est en cours depuis la chute de l’empire ottoman, dont les plus grands perdants sont des dizaines de millions de Kurdes avec leurs terres partagées entre quatre Etats du Moyen-Orient où règne le chaos et où une solution pacifique à la question kurde aurait permis un autre destin aux peuples de la région qu’on veut condamner à la guerre et à la famine.
 

ROJAVA. Les gangs de la Turquie volent le blé et pillent les villages à l’est de Serê Kaniyê

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SYRIE / ROJAVA – Des sources de l’Observations syrien des droits de l’Homme (OSDH / SOHR) basées dans la campagne de Serê Kaniyê, déclarent que des factions soutenues par la Turquie ont récolté et saisi les récoltes agricoles des habitants du village de Nadas dans la campagne orientale de Serê Kaniyê.
 
La faction récolte et vend la récolte et prend la part de «zakat» (« aumône légale », un impôt obligatoire sur l’avoir et la propriété, selon l’Islam) sans informer ses propriétaires du prix de vente ou de la quantité de récolte produite par leurs terres, tandis qu’à la fin de la récolte, la faction livre une somme d’argent aux propriétaires pour la récolte qui n’est pas égale à sa valeur marchande.
 
En parallèle à ces actes, des membres des factions soutenues par la Turquie ont volé les portes et les fenêtres des maisons et les câbles électriques des villages de Nadas et Attia. Les résidents paient une somme hebdomadaire pour calmer les factions et éviter leurs réactions.
 
Les villages de Serê Kaniyê (Ras al-Ain) ont été abandonnés par la plupart de leurs jeunes. Hier, des factions soutenues par la Turquie ont attaqué le village assyrien d’Al-Debs près de la route M4, à l’ouest de la ville de Tal Tamer dans la campagne d’Al-Hasakeh, pillant les maisons des civils.
 
La Turquie s’attaque systématiquement aux moyens de subsistance des habitants du Rojava pour chasser les Kurdes de leurs terres et y installer ses gangs islamistes à leur place. Ces crimes barbares turcs continuent depuis l’occupation d’Afrin en mars 2018, sans que la communauté internationale réagisse.
 

Les femmes kurdes et la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit

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FEMMES – En ce jour de 19 juin, décrété par l’ONU « Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit* », nous sommes en droit de demander à l’ONU et aux puissances internationales impliquées dans le conflit syrien d’agir contre les violences sexuelles visant les femmes kurdes dans les régions du Rojava occupées par la Turquie et ses mercenaires islamistes. En effet, depuis l’invasion d’Afrin en mars 2018, les gangs de la Turquie y ont commis de nombreux féminicides, viols, kidnappings et torture de femmes.
 
Ces crimes de guerre ont été dénoncés par de nombreuses organisations indépendantes, dont le HRW. Malgré cela, depuis plus de 2 ans, les gangs de la Turquie continuent leurs crimes visant les femmes d’Afrin, sans que la Turquie soit inquiétée par l’ONU, dont elle est membre, ou les autres puissances internationales impliquées dans le conflit syrien.
 
Sur la scène internationale, les Kurdes ne pèsent pas lourd face aux Etats colonialistes occupant le Kurdistan. Ainsi, leurs souffrances centenaires ne font que s’intensifier à mesure que la Turquie (et l’Iran) redoublent de violence envers les Kurdes en Syrie et en Irak.
 
*Le 19 juin 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté par consensus la résolution A/RES/69/293 proclamant le 19 juin Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit afin de sensibiliser à la nécessité d’y mettre un terme, de manifester de la solidarité envers les victimes et de rendre hommage à celles et ceux qui luttent en première ligne pour éliminer ces crimes.

La Cour constitutionnelle turque juge que l’emprisonnement de Demirtaş viole ses droits

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TURQUIE – La Cour constitutionnelle turque (AYM) juge que les droits du politicien kurde Demirtaş, emprisonné depuis 2016, ont été violés et exige sa libération (chose improbable dans la Turquie d’Erdogan où les Kurdes sont privés de droits).
 
L’ancien coprésident du HDP, Selahattin Demirtaş est en prison depuis novembre 2016 pour des accusations liées au terrorisme. Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à 142 ans de prison s’il est reconnu coupable dans l’affaire principale.
 
Les avocats de Demirtaş ont saisi la Cour constitutionnelle turque au motif que les libertés de leur client avaient été violées.
 
L’AYM a examiné les demandes introduites les 24 novembre 2017, 29 mai 2018, 27 novembre 2018 et 11 décembre 2018.
 
La décision de l’AYM, publiée au Journal officiel turc, a indiqué que la détention de Demirtaş avait dépassé une période raisonnable et que son droit à la liberté avait été violé, ordonnant une compensation financière pour le préjudice subit par Demirtas.
 
Une copie des décisions prises sera envoyée à la 19e Haute Cour pénale d’Ankara et au ministère de la Justice.
 
L’avocat de Demirtaş, Mahsuni Karaman, a demandé la fin de la détention dans un communiqué qu’il a publié sur les réseaux sociaux.
 
Il a ajouté que Demirtaş avait été arrêté en raison des événements des 6 et 8 octobre 2016 et que la Cour avait jugé que cette détention constituait une violation de ses droits. « Comme le deuxième ordre d’arrestation est basé sur la même raison, Demirtaş devrait être libéré immédiatement, » a soutenu Mahsuni.
 

Les bombardements turcs tuent 3 villageois kurdes au Kurdistan du Sud

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KURDISTAN DU SUD – DÛHOK – Trois autres civils kurdes ont été tués ce vendredi 19 juin par les jets turcs contre un village de Chêladizê, portant à quatre le nombre de civils tués ces deux derniers jours.
 
Selon les sources locales, les avions turcs ont frappé des villageois et des véhicules dans le village de Sidakan, dans la région de Chêladizê (Shiladze). On signale deux morts et des blessés parmi les villageois ciblés par l’aviation turque. (ANF)
 
Au moins trois civils ont été tués alors que des avions de guerre turcs bombardaient des zones à l’est de Duhok, près de la frontière turque avec la région du Kurdistan.
 
Hier, un berger du nom de Abbas Maghdid avait été tué également à Sidakan.
 
Depuis la nuit de dimanche à lundi, la Turquie bombarde quotidiennement le Kurdistan du Sud, dans le nord de l’Irak, en violant l’intégrité territoriale de l’Irak.   

La musique yêzidîe est imprégnée par le massacre des Yêzidîs

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SYRIE / ROJAVA – Le réalisateur kurde, Şêro Hindê vient de sortir un documentaire ayant pour sujet les traditions de dengbêjî* à Shengal.
 
La bande-annonce du documentaire « Evîn Di Rûyê Qirkirinê De » (L’amour face au génocide), sur les dengbêjs (bardes) de Shengal, a été publiée. Dans le documentaire, on voit clairement que même les chants d’amour yézidis sont imprégnés d’innombrables massacres que les Yézidis ont subis au fil des siècles, surtout sous l’empire ottoman.
 
Dans son nouveau documentaire, Şêro Hindê se concentre surtout sur la musique du barde yézidi Mehmûd Berazî. « Evîn Di Rûyê Qirkirinê De » est produit par Komîna Fîlm A Rojava (la Commune du Film du Rojava), basée dans la Syrie du Nord et de l’Est.
 
Le documentaire, qui a pris environ 3 ans de tournage et de production, traite de différentes formes de la culture de dengbêjî à Shengal.
 
Şêro Hindê est le réalisateur des documentaires «Darên bi tenê» (Arbres solitaires) et «Bajarên wêrankirî» (Villes détruites). (ANF)
 
Le Dengbêjî est un genre musical kurde dont le barde est appelé « dengbêj ». Les Dengbêjs sont des conteurs d’histoires qui chantent sans instruments pour les accompagner. Traditionnellement, les Dengbêjs doivent d’abord apprendre les chants des ancêtres avant d’interpréter leurs propres chants.

Les bombardements turcs tuent un civil au Kurdistan du Sud

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KURDISTAN DU SUD – Un berger kurde a été retrouvé mort jeudi alors que la Turquie l’Iran bombardent la région depuis deux jours.

« A 11 heures du matin mercredi, des avions turcs ont frappé la région de Khinera dans le sous-district de Sidakan, tuant un berger nommé Abbas Maghdid, âgé de 30 ans », a déclaré jeudi à Rudaw Ihsan Chalabi, maire du district de Sidakan.

L‘État turc a intensifié les attaques contre le Kurdistan du Sud ces derniers mois. Les bombardements sont devenus presque quotidien.
 
Les régions de Maxmur, Shengal et Qandil avaient été lourdement bombardées dimanche soir.
 

ROJAVA. Les partis kurdes parviennent à un premier accord d’unité

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SYRIE / ROJAVA – Les principaux blocs kurdes en Syrie ont conclu un accord le 17 juin 2020, avec le soutien des États-Unis et des Forces démocratiques syriennes (FDS).
Le Conseil national kurde en Syrie (CNK) et les partis d’unité nationale kurde (partis alliés au Parti de l’Union démocratique, PYD) sont parvenus à un premier accord pour l’unité kurde à Hasakah mercredi et ont déclaré que leurs discussions se poursuivraient sur la base de l’accord de Duhok de 2014.
 
« Nous sommes fiers du travail conjoint du Conseil national kurde en Syrie et des partis de l’Unité nationale kurde, et leur travail pour parvenir à un premier accord est une source de joie », a écrit le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi (Kobanê), sur Twitter mardi avant l’annonce.
 
« Nous espérons que cet accord aboutira à un nouvel accord pour garantir les intérêts et les droits légitimes de notre peuple ».
 
Par ailleurs, dans une déclaration sur Twitter mercredi, le haut responsable du PYD Aldar Xelil a remercié « tous ceux qui ont contribué à résoudre certaines des questions non résolues entre le Conseil national kurde et les partis d’unité nationale kurdes (PYNK) ».
 
« Cette réalisation et cette compréhension initiale constituent une plate-forme importante, et un soutien majeur pour réaliser l’unité kurde », a ajouté Xelil. « Nous espérons que le prochain cycle de négociations apportera des développements historiques au service de notre peuple, de tous les Syriens, et de leurs aspirations démocratiques. »
 
Le PYNK est composé de 25 partis proches du PYD qui a été formé le 20 mai 2020, pour soutenir les pourparlers d’unité kurde.
 
La déclaration a été lue par Mohammed Ismail, un haut dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan-Syrie (PDK-S), en présence de Xelil et Samir Baktash, hauts responsables du PYD, de Fasla Yusef, haut responsable du KNC, Mazlum Kobanê, commandant en chef des FDS, et de l’ambassadeur William V. Roebuck, le plus haut diplomate américain dans le nord de la Syrie.
 
Les deux parties sont parvenues à un premier accord sur une vision politique pour la Syrie et ont considéré l’accord de Duhok de 2014 comme la base de la poursuite du dialogue et des négociations entre les deux délégations, dans le but de parvenir à la signature d’un accord global dans un avenir proche.
 
Les deux parties ont souligné l’importance de la coopération et de l’unité kurdes dans le nord-est de la Syrie et ont salué cette réalisation comme une étape qui profitera au peuple kurde en Syrie et aux Syriens de toutes les composantes.
 
Ils ont également rendu hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie dans la lutte contre l’État dit islamique.
 
Le PYD et le KNC, les deux principales factions des partis kurdes syriens, ont repris les négociations début novembre suite à une initiative du commandant Abdi visant à résoudre des différends de longue date après l’offensive transfrontalière de la Turquie dans le nord de la Syrie en octobre 2019.
 
Les tensions entre le KNC et le PYD se sont accrues depuis le déclenchement de la guerre civile syrienne en 2011, ce dernier ayant joué un rôle important dans la mise en place de l’auto-administration qui a régné sur le nord-est de la Syrie.
 
Les factions kurdes syriennes dominantes – le PYD et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) – soutenues par le KNC – n’ont pas coopéré avec succès comme on l’espérait, en partie parce que les accords qu’elles ont conclus à Duhok et à Erbil entre 2012 et 2014 n’ont jamais été effectivement mis en œuvre.
 
Les États-Unis ont soutenu publiquement l’initiative des FDS visant à unir les partis kurdes. L’ambassadeur Roebuck, envoyé spécial adjoint de la Coalition mondiale anti-EI et conseiller principal du représentant spécial pour l’engagement en Syrie, l’ambassadeur James Jeffrey, a tenu plusieurs réunions avec les partis kurdes afin de les rapprocher.
 
Les dirigeants de la Région du Kurdistan ont également soutenu les efforts visant à rassembler les Kurdes syriens.
 
Pour cette raison, les deux parties ont remercié le président du PDK, Masoud Barzani, et le président du gouvernement régional du Kurdistan (GRK), Nechirvan Barzani, pour leurs efforts en vue de réaliser l’unité kurde.
 
En outre, les parties ont remercié les États-Unis pour leur soutien ferme à « l’unité kurde et leur appui à la réalisation d’un avenir syrien plus démocratique et pluraliste où les droits de toutes ses composantes sont respectés ».
 
 

Une journaliste kurde condamnée à la prison pour ses « likes » sur Facebook

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TURQUIE /BAKUR – La journaliste de Jinnews, Beritan Canözer, a été condamnée à la prison pour les « likes » sous des publications sur les réseaux sociaux. Elle est accusée d’avoir fait de la «propagande en faveur d’une organisation illégale».
 
La journaliste de Jinnews, Beritan Canözer, a comparu aujourd’hui devant le tribunal pour la troisième audience de son procès qui a eu lieu à Diyarbakir (Amed).
 
La journaliste est jugée pour «propagande en faveur d’une organisation illégale» suite à ses «likes» sur les réseaux sociaux entre 2013 et 2016.
 
Le tribunal a condamné Canözer à 1 an 10 mois et 15 jours de prison, affirmant qu’elle était coupable de « propagande pour une organisation illégale [PKK] ».
 

Le confinement, l’étudiante et le cinéaste

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PARIS – Le confinement dû au COVID-19 a bouleversé la vie des milliards de personnes à travers le monde, surtout dans des pays comme la France où le confinement fut très strict. En effet, du jour au lendemain, pendant 3 mois, on s’est retrouvé emprisonnés chez-soi, hormis des petites sorties pour des achats de première nécessité. Pour des personnes isolées ou exilées, cet enfermement fut encore plus terrible. Dans son documentaire « le Masque », Zanyar Omrani dépeint un portrait sans fard d’une étudiante confinée.
 
Le cinéaste kurde exilé, Zanyar Omrani n’a pas l’habitude de rester sans rien faire, même quand on lui dit qu’il faut qu’il reste chez lui à cause de la pandémie mortelle du coronavirus. Alors, Zanyar a pris sa caméra et a filmé la « vie confinée » de Sara, une étudiante exilée vivant en banlieue parisienne.
 
Dans le court-métrage de Zanyar, on y voit une jeune femme (même si le visage n’est jamais montré de face) désœuvrée, désargentée, effrayée par le confinement, ne sachant pas quoi faire de ses jours, ni comment et quand va finir cette situation pour le moins terrifiante.
 
Zanyar Omrani, un cinéaste poétique aux portraits intimistes

 
Zanyar Omrani
 
Zanyar Omrani est un cinéaste dont la caméra abolit les frontières entre son personnage et le public en réussissant à nous faire entrer dans la peau du personnage auquel on s’identifie sans difficulté.
 
Dans son précédent documentaire sur le mouvement des Gilets Jaunes français où Zanyar suit un travailleur précaire kurde, il avait réussi à nous montrer de l’espoir et de la poésie, malgré une précarité toujours plus accentuée qu’il nous montrait de manière crue. Même si la situation est dramatique, son regard suggère de l’espoir, il entrouvre une porte sur les possibles enfin à la hauteur des attentes de ses personnages qu’on croit pourtant condamnés à un destin peu enviable.
 
Dans « le Masque », on voit surtout de la poésie à travers une musique qui allège l’atmosphère pesant du confinement dans la chambre exiguë de Sara. Sara qui s’ « occupe », qui cuisine, qui fume, qui se lave, se rase la tête, prend un anti-douleur contre ses règles douloureuses, écoute les informations sur l’actualité, passe un coup de fil pour essayer d’échelonner le paiement de son loyer (?) … Avec ce nouveau documentaire, Zanyar nous dessine un portrait intimiste qu’on vous conseille vivement de visionner en allant sur la chaîne Youtube de Zanyar. (Le lien direct de « Le masque – Dans la vie de : Sara Amin » est ici)
 
Le Masque
/mɑːsk/
Un court métrage documentaire par Zanyar Omrani*
(Contact: Hazhyan@gmail.com )
dans la vie de: Sara Amin
Musique et mixage audio: Roozbeh Mosleh** 
(Contact: http://www.roozbehmosleh.com )Ce court-métrage a été tourné lors du confinement de 2020.

 

Ce qui s’est passé récemment pendant la crise du coronavirus a révélé l’autre côté du système qui gouverne le monde. Le système, qui présentait chaque année des milliers d’expositions d’équipements médicaux de pointe, n’est plus en mesure de fournir des masques faciaux à ses citoyens. Plus tôt en avril de cette année, le magazine français L’express a signalé la saisie de millions de masques appartenant à une entreprise suédoise à Lyon, en France, en route vers l’Italie et l’Espagne. D’autre part, Renault Mozelli, qui préside le Conseil régional du sud-est de la France, a déclaré que l’une des commandes de masques français avait été achetée par les Américains sur la piste de l’aéroport en Chine, et que l’avion transportant les masques, qui devait venez en France, direction les États-Unis! C’est toujours au milieu de crises majeures que se dévoile le vrai visage des gouvernements. Alors que la France est confrontée à une grave pénurie de personnel médical et d’installations médicales de base pour traiter les patients atteints de coronavirus, le Macron le gouvernement continue de mener des politiques d’austérité basées sur l’ajustement du personnel médical et la réduction des équipements de base des hôpitaux. Les politiques d’austérité en France ont commencé bien avant Macron, dont les conséquences dans le secteur de la santé ont été dévastatrices ؛ à cet effet, il suffit de mentionner la suppression de plus de 68 000 lits en moins de deux décennies! « Mask » est un court documentaire sur l’histoire de la vie de « Sara Amin », une étudiante vivant en banlieue parisienne pendant les jours de quarantaine. Sarah doit vivre une nouvelle situation dans laquelle règnent la répétition, l’ennui, une atmosphère terrible et ambiguë. Elle essaie de surmonter cette situation difficile, mais cet ennui est si grand et audacieux qu’il dissout une partie de cette situation compulsive en soi!

Ce travail est un hommage à l’ensemble du monde de travail qui a travaillé par la force des besoins ou par la volonté ou par la conviction des personnel de santés, des hommes et femmes des ménages), jusqu’aux chefs de services, des agriculteurs, des producteurs, des routiers, des livreurs, des postiers, des personnels de la propreté, des personnels de la grande distribution, des personnels de transport en commun, des services vitaux (gaz, l.’eau, électricité, …), des personnels de l’Éducation nationale, des personnels des médias
indépendants… Enfin aux militants des droits et justice qui n’ont jamais cessé d’être actifs.

*Zanyar Omrani est un cinéaste kurde du Rojhilat (Kurdistan de l’Est sous l’occupation iranienne), vivant en exile en France. Zanyar s’intéresse aux mouvements sociopolitiques en France ainsi qu’à la lutte du peuple kurde menacé d’extermination dans les quatre parties du Kurdistan et dans la diaspora kurde en Europe.
Un des documentaires de Zanyar est : Sitting is not good (Rûne No Baş), un documentaire sur les combattants étrangers qui ont participé à la guerre anti-DAECH sous le commandement des Unités de protection du peuple (YPG) au Rojava et dans la Syrie du Nord et de l’Est.

Roozbeh Mosleh

**Roozbeh Mosleh, compositeur de musique de film, producteur de musique et chanteur kurde, est né le 17 janvier 1987 à Kashan, au Kurdistan d’Iran. Il a grandi dans la ville kurde de Sanandaj (Sinê), où il a commencé à apprendre la musique en 1998, et très vite il a commencé à se produire en tant que santuriste dans différents groupes et à assister à de nombreux concerts et festivals locaux.

En 2009, Roozbeh Mosleh a enregistré son premier album « Koch » en tant que chanteur. Lorsqu’il l’a publié en 2010, le succès de son album a été inattendu et il est très vite devenu une figure populaire parmi les jeunes du Kurdistan iranien et irakien. Il a publié son deuxième album Baran en 2012 et en même temps, après la pression et les limitations du régime islamique iranien, il a déménagé au Kurdistan irakien et s’y est installé jusqu’au début de 2016.

Depuis 2005, Roozbeh a travaillé avec plus de 60 chanteurs et a arrangé, écrit ou produit plus de 350 chansons. Il a composé la musique de 5 courts métrages et d’un long métrage. En tant que chanteur, il a publié 2 albums, 4 singles et 6 clips vidéo. Il a participé à de nombreux concerts et émissions de télévision à Téhéran, Sanandaj, Sulaymaniyah, Erbil et Berlin.

Depuis 2016, il vit à Berlin-Allemagne où il poursuit sa carrière artistique.

 
 

Arrestation de 7 Kurdes accusés d’avoir participé à des actions quand ils étaient mineurs

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TURQUIE – ADANA – Le gouvernement turc poursuit sans relâche sa guerre anti-kurde.
 
Dans le cadre de l’enquête menée par le parquet général d’Adana, 7 Kurdes ont été arrêtés le 14 juin.
 
Les 7 Kurdes sont accusés d’avoir participé à des actions dans la ville quand ils étaient mineurs. Les détenus ont été transférés au palais de justice d’Adana et le parquet les a accusés d’avoir participé à des événements dans la ville entre 2011 et 2014. Il a demandé que les 7 personnes soient placées en détention provisoire pour « avoir agi au nom d’une organisation illégale [PKK] ».
 
Le juge a décidé de placer en détention provisoire 5 personnes pour les mêmes charges et de libérer 2 personnes sous caution.
 
Au cours des deux dernières semaines à Adana, 17 personnes ont été arrêtées sous prétexte de participer à différents événements de leur enfance et 12 d’entre elles ont été envoyées en prison.
 

Impossible justice pour l’étudiant kurde abattu par un policier turc il y a 3 ans

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TURQUIE / BAKUR – Le 21 mars 2017, Kemal Kurkut a été abattu par un policier turc, devant des dizaines de journalistes et une foule rassemblée pour célébrer le Nouvel-An kurde, à Amed (Diyarbakir).
 
Depuis, la famille de Kemal* remue ciel et terre pour obtenir justice, sans succès. Mais dans un pays où les Kurdes sont considérés comme des « ennemis » de l’Etat, « menaçant l’intégrité du pays » car ils revendiquent leurs droits élémentaires comme parler leur langue, vivre leur culture et s’auto-gouverner, comment peut-on obtenir justice en tant que Kurde ? Jusqu’à présent, d’innombrables meurtres racistes visant les Kurdes ont été commis en Turquie. D’aucun de ces crimes n’a été puni tel-quel par la justice turque.
 
Certaines de ces affaires ont été portées devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) où l’Etat turc a été condamné régulièrement. Mais rien ne change à l’intérieur des frontières turques, surtout au Kurdistan colonisé par la Turquie. Les Kurdes sont victimes du racisme d’Etat institutionnalisé et c’est pourquoi la justice turque ne peut être impartiale quand elle a devant elle un dossier relevant du racisme étatique.
 
L’impunité pour le meurtre raciste de Kemal Kurkut ?
 
Kemal Kurkut était un jeune étudiant kurde de 22 ans qui était venu à Amed en provenance de Malatya pour assister aux célébrations de Newroz le 21 mars 2017. Il a été pris pour cible par les policiers turcs au point de contrôle à l’entrée de la place des célébrations.
 
Les images prises par les journalistes et des véhicules de police sur place, ainsi que des vidéos de surveillance des commerces voisins, montrent le moment où Kurkut a été abattu de sang froid par un policier turc. Tous les instants du meurtre de Kurkut avaient été filmés par le journaliste Abdurrahman Gök qui a caché la carte de sa caméra car les policiers turcs avaient ordonné aux journalistes d’effacer les images de la scène du meurtre policier.
 
Depuis, il y a eu 10 audiences, sans qu’on avance d’un pas dans cette affaire sensible pour l’Etat turc.
 
La 10ème audience du procès pour « meurtre intentionnel possible » de l’étudiant kurde Kemal Kurkut* s’est tenue le 16 juin. Le procureur a demandé une peine de 3 ans à 9 ans de prison pour l’accusé Yakup Şenocak pour avoir « causé la mort par négligence délibérée ».
 
Le policier accusé d’avoir tiré sur Kemal Kurkut, Yakup Şenocak, n’a pas participé à l’audience, affirmant qu’il était en quarantaine à cause du coronavirus. Le frère aîné de Kurkut, Ferhat Kurkut, et les avocats de la famille de Kurkut, Mehmet Emin Aktar, Sidar Avşar et Zeynep Işık ont assisté à l’audience.
 
Le tribunal a reporté l’audience au 22 septembre prochain.(ANF)