La tresse verte : Une initiative écologique au Rojava
On veut un monde digne des femmes
FEMMES. Puisque nous célébrons la Journée internationale des droits des femmes ce 8 mars, donnons la parole à une jeune militante belge d’originekurde qui nous décrit le monde dans lequel elle aimerait vivre en tant que femme.
Je rêve d’un monde…
PARIS. Les femmes dans la rue pour l’égalité, pour la fin des féminicides et des violences sexistes
PARIS – Ce lundi 8 mars, des milliers de femmes, dont des Kurdes, ont défilé dans les rues de Paris exigeant l’égalité salariale, la fin des féminicides, les violences sexuelles et homophobes. Les sujets liés à l’écologie, la protection des enfants, à la pandémie du COVID19, à la précarité touchant les femmes, notamment les femmes sans-papiers étaient également présents dans les revendications des femmes et des hommes descendus dans la rue à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Voici quelques photos de la marche féministe parisienne d’aujourd’hui :







ROJAVA. Une Française qui a rejoint les forces kurdes envoie une lettre ouverte à Brigitte Macron
Une affiche d’Erdogan accompagnée d’une phrase en kurde accrochée aux remparts de Diyarbakir
TURUQIE / BAKUR – Une affiche géante du président turc Erdogan accompagnée d’une phrase en kurde accrochée aux remparts d’Amed, malgré l’interdiction de telles actions sur ces remparts classés au patrimoine mondial d’UNESCO.
L’administrateur nommé par le régime turc à la place des maires élus d’Amed a fait accrocher une affiche géante d’Erdogan accompagnée d’une phrase kurde disant « Nous aimons Erdogan » aux remparts historiques du quartier Sur d’Amed. L’administrateur d’Erdogan viole deux interdictions avec son affiche: 1) Il est interdit d’accrocher des affiches publicitaires aux remparts historiques d’Amed; 2) Le régime turc a interdit les panneaux ou affiches en kurde dans la région, démontant les panneaux en kurde des noms des localités kurdes.
Pour revenir à cette déclaration d’amour en kurde à Erdogan, cette affiche fait partie de l’offensif turc à la campagne #StopErdogan lancée aux USA contre le régime dictatorial turc via des panneaux publicitaires dans la ville de New York. Depuis, dans toute la Turquie, le régime diffuse sur des écrans et des affiches des messages d’amour à Erdogan pour sauver l’honneur du Sultan…
Kongra Star: Notre lutte est au cœur de la révolution des femmes
SYRIE / ROJAVA – Les femmes kurdes, arabes, syriaques, arméniennes, turkmènes célèbrent la Journée internationale de la lutte des femmes du 8 mars dans tout le Rojava à travers de nombreux événements organisés ces derniers jours.
L’organisation faîtière féminine, Kongra Star a publié un communiqué pour la journée du 8 mars sous le titre « Notre lutte est au cœur de la révolution des femmes ».
Kongra Star rappelle l’histoire du 8 mars et la situation des femmes du Rojava:
« Avec la grève et le sit-in des femmes à New York le 8 mars 1857, et la revendication de l’égalité des salaires, les femmes ont fait les premiers pas pour revendiquer le droit à la justice et à l’égalité. Elles ont résisté aux régimes patriarcaux et capitalistes qui humiliaient les femmes. Avec leur résistance, elles ont sacrifié 129 femmes qui ont été brûlées dans l’usine dans une tentative du régime au pouvoir et des monopoles et en exploitant les hommes pour supprimer les femmes. Leur grève a été un tournant historique dans la lutte des femmes.
Nous, les femmes de la Syrie du Nord et de l’Est, nous comptons sur cet héritage de lutte et renouvelons notre promesse de résister dans l’esprit des camarades Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, Sakine Cansiz, Zîlan, Arîn, Zehra, Hebûn, Dayka Emina, Hind et Seda, tombées au combat. Nous continuerons à faire de chaque moment de notre vie un moment de résistance contre toutes les formes de violence, d’inégalité, d’occupation et de génocide, et pas seulement le 8 mars, afin que nous puissions atteindre la liberté, la justice et la démocratie.
Les victimes et la résistance des femmes du Rojava et de la Syrie du Nord et de l’Est ont écrit une histoire épique face aux forces obscures représentées par l’État islamique. Aujourd’hui encore, les femmes font face à l’État d’occupation turc et à ses mercenaires, qui représentent le patriarcat autoritaire et tyrannique qui vise à détruire les femmes.
Nous nous efforçons et luttons de toutes nos forces et de toute notre solidarité pour surmonter la mentalité patriarcale dans les sociétés du Moyen-Orient et tenter de créer une société sans sexe. Nous tirons la force de notre lutte des sacrifices consentis par les personnes tombées pour la libération des femmes et de notre organisation féminine, qui est le pilier le plus important dans la lutte contre toutes les menaces dirigées contre l’unité et la volonté des femmes. Contre l’agression et la guerre, nous nous appuyons intellectuellement et physiquement sur l’autodéfense, qu’elle soit privée, politique ou militaire.
C’est pourquoi notre campagne dit « Non à l’occupation, non au génocide ». Nous défendrons les femmes et la vie jusqu’à la libération des territoires occupés, le retour des personnes déplacées sur leurs terres et la libération des femmes des prisons fascistes.
Nous profitons de cette occasion pour saluer toutes les femmes qui résistent, qui réclament la liberté et qui résistent en prison, comme Leyla Güven, Zainab Jalalian et bien d’autres. Nous appelons à la poursuite de la lutte, à se tenir ensemble pour faire entendre la voix des femmes libres, à s’opposer à toutes les formes d’injustice et de fascisme, à s’armer des idées et de la philosophie d’Abdullah Öcalan et à s’efforcer pour construire une société où règnent la justice et l’égalité et où les droits et la dignité des femmes sont respectés. »
Gultan Kisanak aux femmes du monde : De ma prison, je suis avec vos luttes

« De ma prison, je suis avec vos luttes »
Pendant que tout ce qui se passe actuellement dans le monde sur le plan social et politique, ce qu’elles vivent des politiciennes kurdes en Turquie, pourraient paraître une actualité lointaine pour vous. Or, pour réaliser nos imaginations de la liberté, nous devons suivre nos traces respectives sur le même chemin. Malgré les conditions limitées dans lesquelles je vis, j’essaie de suivre la montée des mouvements émancipateurs des femmes du monde entier et j’essaie d’en prendre de la force, de l’énergie. Avec ce texte, j’aimerais parler de notre lutte et partager mon énergie avec vous depuis la prison de « Haute sécurité » de Kandira, à Kocaeli en Turquie.
Je vous écris depuis une cellule de prison. Je suis une femme kurde qui a fait deux législatures de députation au parlement national turc et une législature de la mairie. J’étais arrêtée et incarcérée à cause de mes opinions politiques depuis 2016. L’année de 2016, c’est une année où plusieurs politiciens kurdes ont été arrêtés. Ces arrestations ont aussi continué dans les années suivantes. Actuellement il y a des milliers des femmes et hommes politiques kurdes dans les prisons. Les accusations sont toujours les mêmes : faire des communiqués de presse, faire des discours dans les manifestations publiques, critiquer le pouvoir en place, défendre l’autonomie locale (pour les kurdes), défendre la paix, etc.
Dans les dossiers des politiciennes kurdes, la lutte des femmes pour la liberté prend une place importante. Les séances d’Assemblée des femmes de notre parti (HDP, Parti démocratiques des peuples), la parité de genre, le système de coprésidence, la représentation égalitaire, sont considérés comme délit par le pouvoir. Les activités que nous avons réalisées à l’occasion du 25 novembre, la journée de la lutte contre la violence envers les femmes, sont mentionnées dans le dossier du procès. Alors que nous vivons dans un pays où quatre femmes sont tuées par jour de la part des hommes. Mais nous sommes jugées en raison de notre lutte contre la violence envers les femmes.
Comme partout dans le monde, ici aussi en raison de la journée internationale des femmes, nous organisons des activités. Comme politiciennes femmes nous aussi, nous assistons à ces activités et faisons des discours. Mais ces discours aussi sont considérés comme un délit et mis dans les dossiers comme actes d’accusation.
Ce n’est pas fini… En 2014, quand l’Organisation d’Etat islamique (Daech) a attaqué la ville kurde de Kobanê (Nord de la Syrie), nous avions fait appel à la solidarité. En raison de cet appel aussi un procès a été ouvert contre 108 politiciens, dont je fais partie. Pour nous, les politiciennes, ce procès est très significatif. Car la même année, la région kurde de Sindjar au Nord de l’Irak était attaquée par Daech. Plusieurs femmes de la confession Yézidis ont été violées, des milliers parmi ces dernières ont été prises esclave de sexe et vendues dans les marchés à Mossoul. C’était un grand traumatisme pour les femmes kurdes. Nous étions inquiets que la même tragédie se reproduise à Kobanê. Et tout naturellement, en tant que citoyennes turques, nous avons demandé de l’aide aux autorités turques pour arrêter les attaques de Daech. Nous avons aussi fait envers la population turque. Pour cet appel également, les autorités turques ont ouvert un procès de peine à perpétuité contre nous.
Brièvement, le fait que les femmes s’organisent, participent à la vie politique, affirment une représentation égalitaire, lutter contre la violence, faire appel à la lutte contre les agressions de Daech, est un délit. La mentalité de domination masculine a dessiné des limites ; la femme qui franchise cette ligne est punie, et est emprisonnée.
Puisqu’on parle de la prison, je vous raconte un peu les conditions dans lesquelles nous vivons. C’est une prison dite «Haute sécurité» et je vis dans une cellule individuelle. Devant chaque cellule, il y a un open espace d’air, de quelques mètres carrés, fermé par de hauts murs. C’est comme un poulailler en béton. On nous autorise d’y sortir quelques heures par jour, pour prendre l’air, faire un peu d’exercices sportifs ou sécher nos linges. Cet endroit est surveillé par les caméras. En tant que femmes nous devons faire très attention à notre vestimentaire et à notre intimité. «Vivre en prudence» fait partie de notre identité de femme ici !
Dans cette prison, il y a encore huit députées et maires kurdes. Il y a quelque temps, nous avions la possibilité de nous rencontrer et de discuter. En raison des mesures anti Covid-19, tous nos droits ainsi que les activités sociales, y compris notre «droit de discussion», sont interdits. On ne se voit plus depuis une année. Chacune et chacun vit dans sa cellule individuelle et lutte contre sa propre solitude. Nous surmontons cette solitude physique forcée, en pensant aux autres femmes qui luttent à l’extérieur et ainsi nous devenons nombreuses dans nos imaginations.
Nous avons franchi plusieurs obstacles pour participer à la vie politique. Nous avons confronté tout d’abord les multiples visages de mentalité de la domination masculine qui exclue la femme de l’espace public. Dans les différents espaces, dans les temps différents, nous avons suivi les chemins de nos sœurs et nous avons vécu les mêmes expériences qu’elles. Nous avons franchi les préjugés des hommes, de la famille et de la société et nous avons apporté la parole des femmes au siège politique. C’était une lutte dure. Et maintenant nous sommes face à face avec l’attitude masculine de pouvoir politique.
Je pense que quand vous lisez ce texte, en tant que femme, même si nous vivons dans des réalités sociales et politiques différentes, vous constaterez que nous ne sommes pas loin les unes des autres. En tant que femme, pas seulement les chemins que nous franchissons, mais aussi notre imagination d’un avenir libre et égalitaire nous rassemblent. En tant que femme, nous prenons la force et le moral de la solidarité féminine. Nous franchissons les frontières qui nous séparent pour partager nos expériences et protéger nos droits acquis.
Même si le système patriarcal met des obstacles devant nous, je suis convaincue que nous réussirons. Je fête le 8 mars, la Journée internationale de toutes les femmes.
Les droits humains d’Erdogan à la sauce 1984 d’Orwell
ALLEMAGNE. Une députée germano-kurde menacée de mort part des fascistes turcs
La députée allemande d’origine kurde du Parti de gauche, Sevim Dağdelen, a reçu des menaces de mort de membres d’un groupe turc d’extrême droite (JİTEM).
SYRIE. Meurtres en série dans le mini État islamique du camp al-Hol
SYRIE / ROJAVA – Dans le camp d’Al-Hol abritant des familles de l’Etat islamique (EI) tenu par les forces kurdes, plus de 32 meurtres, dont celui d’un employé de Médecin Sans Frontière, ont été commis depuis le début de l’année 2021. En effet, le camp al-Hol est sorti du contrôle où les femmes de l’EI font régner la loi islamique héritée de DAECH et quiconque ne s’y soumet pas le paye de sa vie.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) vient de signalé l’assassinat par balles d’une femme syrienne dans le cinquième secteur du camp d’Al-Hol, dans la campagne est d’Al-Hasakah.
Hier, des sources de l’OSDH ont rapporté que le chaos sécuritaire continuait dans le camp al-Hol, alors qu’OSDH a documenté l’assassinat d’une réfugiée irakienne. Elle a été retrouvée morte, jeudi soir, dans la première section du camp avec des blessures par balles à la tête et à la poitrine.
Selon les sources de l’Observatoire syrien (OSDH / SOHR), les assassinats de réfugiés irakiens du camp, qui ont récemment augmenté et sont commis presque quotidiennement, ont été pour la plupart réalisés par des cellules de DAECH / ISIS de nationalité irakienne, qui sont également détenues dans le camp.
Il est à noter qu’il s’agit du cinquième assassinat ciblant des réfugiés irakiens dans le camp d’al-Hol depuis le début du mois de mars.
Le 3 mars, des sources de l’OSDH ont rapporté que les forces d’Asayish ont trouvé le corps d’un réfugié irakien avec des blessures par balle à la poitrine et à l’abdomen dans la première section du camp al-Hol. Pendant ce temps, des assassins ont tué un autre réfugié irakien dans la même section, à l’aide d’un pistolet silencieux.
Alors que le 2 mars, des sources de l’OSDH ont déclaré que les forces de sécurité interne ont trouvé le corps d’un réfugié irakien, qui a été tué par des assaillants inconnus avec trois coups de feu dans la troisième section des Irakiens du camp.
De même, le premier mars, les Forces de sécurité intérieure ont trouvé le corps d’un réfugié irakien assassiné de plusieurs coups de feu dans la poitrine et l’abdomen dans la première section des Irakiens du camp.
Les femmes réunies à Istanbul: Nous n’avons pas peur, nous résistons
KURDISTAN. La place de la femme dans les luttes kurdes