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Macron normalise ses relations avec Erdogan sur le dos des Kurdes (PCF)

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PARIS – Douche froide chez les Kurdes de France et leurs amis: Ce matin, la police française a arrêté 12 militants kurdes lors de raids menés à Marseille, Paris et Draguignan en plein nouvel an kurde (Newroz).
 
Les condamnations n’ont pas tarder à venir de la part des Kurdes mais aussi de la part des soutiens du peuple kurde.
 
L’organisation parapluie kurde KCDK-E a condamné les raids et les arrestations de militants kurdes en France et a déclaré qu’au lieu de criminaliser les militants kurdes « qui travaillent pour la liberté et la justice, le gouvernement français devrait enquêter sur les responsables des meurtres des trois révolutionnaires kurdes à Paris en janvier 2013. »
 
Le Parti Communiste Français (PCF) a lui aussi condamné, dans un communiqué, la répression des de France :
 
E. Macron normalise ses relations avec R.T. Erdogan sur le dos des Kurdes
 

Une scandaleuse vague d’interpellations de militants et de perquisitions de locaux vient d’avoir lieu au sein de la diaspora kurde de France.

Cette décision des autorités françaises survient alors qu’Emmanuel Macron s’est entretenu avec son homologue Recep Tayyip Erdogan afin de mettre un terme à la période de tensions récentes. De toute évidence, le prix de cette réconciliation passe par la criminalisation des Kurdes de France qui déploient une activité pacifique afin de faire prévaloir la démocratie en Turquie.

Or celle-ci est mise à mal depuis l’arrivée au pouvoir des islamo-conservateurs qui ont apporté leur appui et soutiennent encore différentes organisations terroristes djihadistes. Rien que cette semaine R.T. Erdogan a entamé la procédure d’interdiction du Parti Démocratique des Peuples (HDP), a procédé à l’arrestation de plusieurs centaines d’élu.e.s et de militant.e.s du HDP et a retiré par décret la Turquie de la Convention d’Istanbul relative à la protection des femmes victimes de violence.

La France et l’Union européenne font mine de donner crédit au discours de R.T. Erdogan sur le respect des droits humains par des propos doucereux qui fleurent bon la capitulation devant les exigences liberticides d’Ankara.

Le Parti communiste français (PCF) condamne avec la plus grande fermeté les opérations de police contre les Kurdes de France. Les militants, menacés de mort dans leur pays, doivent être libérés et toutes les procédures doivent cesser. E. Macron et les dirigeants européens ont oublié la dette que nous avons contractée à l’égard des Kurdes dans la lutte contre l’obscurantisme. Défendre la démocratie, c’est combattre le régime de R.T. Erdogan et être aux côtés des Kurdes.

Parti communiste français
Paris, le 23 mars 2021

TURQUIE. Newroz, ou trouble nationaliste post-traumatique

Quand le régime turc a compris qu’il ne pouvait faire disparaitre la célébration de Newroz par les Kurdes avec des interdictions et la répression, il a essayé de le récupérer en déclarant que ceci était en réalité une fête turque et qu’elle s’appelait Nevruz (les lettres, w, x et q étant interdites car elles existent dans l’alphabet kurde). Le journaliste Zafer Yoruk revient sur cette tentative de récupération d’une fête kurde par la Turquie en expliquant la différence entre le Newroz kurde et le Nevruz turc (ou névrose symptomatique).
 
Newroz est une fête vieille de plusieurs millénaires en Asie centrale [en en Mésopotamie] qui coïncide avec l’équinoxe de mars, traditionnellement célébrée principalement par les peuples perse et kurde. Pour l’identité collective des Kurdes, Newroz – au-delà du début du printemps – a une signification mythologique, c’est-à-dire symbolique, culturelle et par conséquent politique.
 
Jusqu’à ces dernières décennies, la date du 21 mars ne signifiait pas grand-chose pour la majorité de la population turque. Mais depuis le milieu des années 1980, parallèlement au renouveau kurde, Newroz a commencé à être célébré en masse par les Kurdes de Turquie, qui étaient en train de découvrir leur «passé glorieux» longtemps oublié. On aurait dit qu’une tradition avait été découverte et réinventée avec de nouvelles connotations en ligne avec ce que l’historien britannique Eric Hobsbawm a souligné comme les principales caractéristiques d’un renouveau national. Hobsbawm a affirmé que toutes les nations sont généralement construites grâce à la revitalisation de traditions longtemps oubliées dans les temps modernes. Les élites modernes ont «inventé» ou «imaginé» des nations en découvrant des pratiques longtemps oubliées, qui avaient généralement un caractère rituel et symbolique. Ces pratiques insinuent une continuité naturelle avec un passé convenable et visent à inculquer certaines valeurs et normes de comportement par la répétition. La découverte par les Kurdes de Turquie de leur «passé glorieux» à travers les rituels de Newroz serait considérée comme un cas typique.

Sous cet abri symbolique, un conflit armé s’intensifiait entre les forces de sécurité turques et les unités de guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), parallèlement au développement d’un mouvement politique kurde à la fois dans les provinces kurdes du sud-est de la Turquie et dans les grandes villes, un événement majeur dont les célébrations annuelles de Newroz. De nombreux livres ont été publiés sur la culture et l’histoire kurdes dans lesquels la légende de Newroz a joué un rôle important. Une variété de symboles particulièrement kurdes, y compris les couleurs kurdes (jaune, vert et rouge); chansons en kurde; Sheikh Said et Seyyid Riza – les dirigeants régionaux qui se sont révoltés contre Ankara – en martyrs kurdes; Abdullah Öcalan en tant que chef de la nation et le mythe de Kawa fleurissaient dans tout le pays.

Le gouvernement turc a dès le départ considéré ce renouveau comme une question de contre-insurrection, imposant des mesures punitives pour supprimer toute expression culturelle ou politique de l’identité kurde. Parmi ces expressions, toute tentative de manifestation le jour de Newroz a été réprimée par la violence. Au mépris des interdictions, les Kurdes ont constamment tenté en nombre croissant de célébrer Newroz en allumant des incendies au sommet des collines et des manifestations de masse sur les places urbaines.

« Nevruz » ou névrose

Incapables de faire face à la popularité croissante des manifestations de Newroz, les autorités ont révisé leur approche du pôle opposé, réalisant soudain que leurs cousins ​​turcs d’Asie centrale avaient des vacances de printemps appelées « Nevruz ».

En mars 1995, le Premier ministre turc de l’époque, Tansu Çiller, a annoncé que non pas «Newroz», mais «Nevruz» était en fait une fête turque et serait officiellement célébrée à Ankara et dans les provinces kurdes. Des cérémonies ont été organisées avec les représentants des «républiques turques» d’Asie centrale pour marquer le «jour sublime de la nation». Les couleurs nationales kurdes – rouge, jaune et vert – dont le port est toujours considéré comme un crime politique, sont désormais déclarées «couleurs turques». Depuis lors, le Nevruz officiel a été observé avec des défilés militaires, des incendies officiels à Nevruz et des cérémonies soulignant à quel point la nation turque était grande et sublime. Le ministère de la Culture a parrainé des volumes de livres, dans lesquels les vacances à Nevruz sont glorifiées comme une tradition turque vieille de plusieurs siècles.

Au-delà de cela, «Nevruz» n’était pas simplement une fête de printemps, mais le jour où l’événement mythologique fondateur de la nation turque, Ergenekon, s’était produit dans l’histoire, tout comme le mythe Kawa des Kurdes. Selon la mythologie turque, «  l’âge d’or  » des Turcs dans leur abîme imaginaire, Ergenekon, s’est terminé par la famine et la traite, ce qui a conduit un quincailleur parmi eux à fondre la montagne afin d’ouvrir un passage à la recherche de nouvelles terres. Reflétant cette légende, dans un message aux écoliers, le ministère de l’Éducation a déclaré le 20 mars 1996: «Nevruz est une fête turque. Son origine est Ergenekon. Nos ancêtres ont célébré ce jour pendant de nombreux siècles comme le jour d’Ergenekon».

Lorsque l’identité kurde est niée, mais que le déni de New (v) ro (u) z devient impossible à soutenir, la seule façon de se réconcilier avec la réalité est l’introjection. Elle devient une partie du folklore turc et un mythe des Turcs, puisque l’identité kurde interdite et donc officiellement inexistante ne peut pas avoir de folklore, mythe ou tradition en tant que tel. Il s’agit ici d’un aspect du nationalisme, qui ressemble beaucoup à un symptôme névrotique, c’est-à-dire au-delà de l’imagination d’Hobsbawm. Il convient néanmoins de noter qu’Hobsbawm a fait la distinction entre l’adaptation des traditions existantes à de nouvelles situations et l’invention consciente de traditions essentiellement «inexistantes» pour répondre à de nouveaux besoins. Cette distinction peut expliquer la différence entre le Newroz kurde et le Nevruz turc (ou névrose symptomatique).

En regardant en arrière sur les deux décennies et demie de ces manifestations officielles du trouble narcissique, le tout ressemble à une farce, avec le gouverneur de la province de Diyarbakır et des bureaucrates locaux en costume sautant par-dessus un feu de camp chaque année pour effectuer un rituel «purement turc». Les tentatives soutenues de turquifier le mythe de Newroz en tant que «nevruz» se sont soldées par un échec.

Mythe et envie

La définition de l’envie dans la théorie psychanalytique est le sentiment de colère que «l’autre» possède et jouit de quelque chose d’autre désirable, souvent accompagné d’une impulsion à l’enlever ou à le gâcher. Melanie Klein observe que les impulsions envieuses, de nature sadique, conduisent aux manifestations de destructivité primaire dans la psyché humaine. Du point de vue de Klein, le rassemblement Newroz 2013 à Diyarbakır et le cours des événements qui ont suivi peuvent être considérés comme un cas typique de désordre envieux.

L’un des rassemblements les plus remarquables de Newroz a été le rassemblement de Diyarbakır en 2013, où une lettre du dirigeant kurde emprisonné Abdullah Öcalan a été lue, en turc et en kurde, depuis la scène par les députés pro-kurdes du HDP, déclarant un cessez-le-feu qui comprenait la fin de la lutte armée du PKK. La déclaration d’Öcalan qui promettait le début de la paix est intervenue après de longues négociations entre le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan d’un côté et les députés du HDP de l’autre, qui représentaient également à la fois Öcalan et les dirigeants du PKK basés dans le nord de l’Irak.

L’accord de paix, cependant, ne tiendrait pas longtemps: suite à la victoire du HDP aux élections de juin 2015, Erdoğan a déclaré une nouvelle guerre aux Kurdes. Depuis lors, les villes et villages kurdes ont été soumis à des opérations militaires, notamment des destructions sous les tirs de chars et d’artillerie. Des centaines d’hommes politiques et d’activistes kurdes, y compris des dirigeants pro-kurdes du HDP et des maires élus des villes kurdes ont été emprisonnés pour «terrorisme». La guerre d’Erdoğan avait également un caractère transfrontalier, visant à éliminer l’entité kurde émergente dans le nord de la Syrie.

L’incendie de Newroz, cependant, n’a cessé de croître chaque année, avec une plus grande participation en masse dans les centres provinciaux kurdes et les places des grandes villes, notamment Diyarbakır et Istanbul, entre autres. Le Newroz de cette année n’a pas seulement déclenché l’agression envieuse annuelle habituelle, mais il est également arrivé lorsque le souvenir frustrant du traumatisme de la gare était encore frais dans la psyché officielle turque. Par conséquent, la réaction turque à Newroz a été trop agressive.

Mercredi dernier, le parlement turc s’est réuni pour déclarer la suppression du statut de député d’Ömer Faruk Gergerlioğlu du Parti démocratique des peuples (HDP). Le même jour, un acte d’accusation exigeant la fermeture du HDP pro-kurde et l’interdiction de plus de 600 membres du parti de la politique a été émis par le procureur de la Haute Cour. Gergerlioğlu, qui a refusé de quitter le bâtiment du parlement, a été expulsé de force aux premières heures du 21 mars. La nuit précédente, le président Erdoğan a résolu par lui-même pour retirer la Turquie de la Convention d’Istanbul de la Commission européenne de 2012, qui régit la protection juridique des femmes et des filles contre la violence. L’anxiété de Newroz de cette année, semble-t-il, ne vise pas seulement l’identité kurde mais aussi les femmes, ce qui indique les forces dissidentes les plus redoutées du régime autoritaire d’Erdoğan.

Newroz est un mythe important et un symbole concret de la lutte démocratique des femmes et des hommes kurdes et turcs.

 
La version anglaise est ici

Diffusion de la bande-annonce de la première édition du Festival mondial du film kurde

LONDRES – Les organisateurs du 12e Festival du film kurde de Londres ont diffusé la bande-annonce de la toute première édition du Festival mondial du film kurde le jour de Newroz, le nouvel an kurde.

La douzième édition du festival du film kurde de Londres (LKFF) aura lieu en ligne à cause de la pandémie du coronavirus. Cette année, le LKFF organise le Festival mondial du film kurde dont le thème de cette année est « Mon Kurdistan ».

Dans le cadres du Festival du film kurde, les activistes kurdes ont donné les noms des villes kurdes à des stations de métro londoniens.

Le Festival mondial du film kurde de cette année se déroulera du 16 au 27 avril 2021.

Les organisateurs ont déclaré: «Notre bande-annonce officielle du festival est maintenant en ligne à temps pour célébrer cette merveilleuse saison pour tous les Kurdes du monde entier».

Les organisateurs ont ajouté: « Nous serions ravis d’entendre vos pensées, d’aimer et de partager avec tous ceux que vous connaissez pour exposer davantage le merveilleux travail de l’industrie cinématographique kurde. »

Pour célébrer l’édition mondiale de cette année, la bande-annonce du festival vise à présenter un maximum de villes kurdes. « Nous avons décidé de mettre en évidence les villes qui ont récemment connu des conflits douloureux, un nettoyage ethnique et un génocide. Cette bande-annonce est un moyen de récupérer nos villes kurdes et de montrer sa solidarité et son soutien à toutes les personnes dont les histoires sont exposées et célébrées dans le programme de films de cette année. »

ANF 

L’Iran a arrêté plus de 10 Kurdes à cause des célébrations de Newroz

IRAN / ROJHILAT – Les mollahs iraniens ont arrêté plus de 10 Kurdes à cause des célébrations de Newroz, nouvel-an iranien également mais qui est devenu pour les Kurdes le symbole de la résistance contre les tyrans qui oppriment le peuple kurde.
 

Au cours des deux derniers jours, plus de dix Kurdes des villes de Marivan, Sanandaj (Sînê) et Saqez ont été arrêtés par les agences de sécurité iraniennes pour avoir participé aux célébrations de Newroz.

Selon un rapport reçu par l’ONG kurdes des droits humains, Hengaw, le lundi 22 mars 2021, les forces de sécurité iraniennes ont fait une descente dans le village de Ney à Marivan, brisant les portes et les fenêtres de plusieurs maisons qu’ils ont saccagées.

Le correspondant de Hengaw à Ney a rapporté que plusieurs citoyens avaient été arrêtés, mais jusqu’à présent l’identité de trois des détenus est connu. Ils s’agit de Salman Afra, un ancien prisonnier politique, Mohammad Parvazeh et Sayvan Partavish.

Selon une source bien informée, ces deux citoyens ont été arrêtés pour avoir participé aux célébrations de Newroz, et il est également possible qu’il y ait des Kurdes arrêtés dans d’autres villes comme Ourmia.

Mardi, plusieurs Kurdes de ce village ont été convoqués aux agences de sécurité iraniennes de Marivan et ont été invités à remettre leurs enfants aux agences de sécurité, a déclaré un habitant de Ney à Hengaw.

Dimanche également, le premier jour de Newroz, un habitant de Sanandaj, identifié comme Saruk Abolghasemi, a été arrêté pour les mêmes chefs d’accusation et transféré dans un lieu inconnu.

D’autre part, des rapports de Saqqez indiquent qu’au moins neuf citoyens ont été arrêtés par les forces de sécurité iraniennes lors des célébrations de Newroz dans le village de Qaleh Kohneh. Au moment de la préparation de ce rapport, l’identité des détenus n’avait pas encore été clarifiée.

 

« Ceux qui ont conspiré contre Dreyfus conspirent aujourd’hui contre les Kurdes »

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PARIS – Les Kurdes de France sont en colère après l’arrestation d’une dizaine de militants kurdes aujourd’hui à Marseille, Paris et Draguignan lors de raids menés par la police française en plein nouvel an kurde (Newroz), célébré autour du 21 mars de chaque année.
 
Le Conseil Démocratique Kurde en France dénonce la criminalisation des Kurdes par l’État français en collaboration avec le régime turc: 
 
« Une fois de plus, des forces obscures au sein de l’État français ont marchandé sur le dos des Kurdes de France, avec leur précieux allié Erdogan, non moins obscure. Aujourd’hui, 23 mars, une vague d’arrestations a visé le mouvement kurde dans l’hexagone.
 
Une association membre de notre réseau a été perquisitionnée à Marseille et une dizaine de militants kurdes ont été placés en garde à vue dans l’ensemble de la France.
 
Nous prenons bien note que ces arrestations interviennent à la suite de l’entretien en visioconférence entre le président français Emmanuel Macron et son homologue l’islamo-fasciste Erdogan, le 2 mars.
 
Il est encore moins anodin que cette vague de répression honteuse commise au nom de la France intervienne le jour-même où va être diffusée dans l’émission « C dans l’air », un entretien avec le chef d’État français concernant ses relations avec Erdogan.
 
Nous retenons par ailleurs, avec attention, que cette politique de criminalisation menée par le Quai d’Orsay et la DGSI survient dans un moment où les Kurdes sont massivement réprimés par le régime dictatorial d’Erdogan.
 
Tandis que la Turquie menace d’interdiction le Parti démocratique des Peuples (HDP), limoge et enferme ses élus au motif qu’ils seraient « membres ou dirigeants d’une organisation terroriste », la France fait exactement de même sur son territoire avec les associations kurdes et leurs militants, agissant comme le bras répressif d’Erdogan.
 
Retenant que cette politique anti-kurde du Quai d’Orsay ne contribue à rien d’autre qu’au renforcement du djihadisme universel, nous le mettons en garde pour cette double faute politique et morale.
 
Comme l’a déjà évoqué à plusieurs reprises le Président de la République, un État profond existe bien en France et ces injustices et machinations à l’encontre des Kurdes émanent entièrement de ce lobby.
 
Les arrestations, perquisitions, tentatives de criminalisation et intimidations dont font l’objet les Kurdes en France aujourd’hui ne sont pas moindres que le traitement infligé autrefois à Alfred Dreyfus.
 
Nous n’avons qu’un seul mot à vous dire : nous ne renoncerons pas à notre combat légitime et l’histoire se souviendra de cette injustice immonde comme elle se souvient de l’injustice de l’affaire Dreyfus.
 
C’est pourquoi, nous nous adressons encore une fois au chef de l’État en l’appelant instamment à élaborer une politique kurde correcte, d’autant plus dans une France où vivent 300 000 Kurdes.
 
Nous appelons par ailleurs les organisations de la société civile et les partis politiques à réagir face à cette injustice dont font l’objet les Kurdes en France. »
 
Conseil Démocratique Kurde en France

Rassemblement pour la levée du secret défense dans l’affaire des militantes kurdes assassinées à Paris

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France appelle à manifester ce mercredi 24 mars devant le Ministère de la Justice afin d’exiger la levée du secret défense dans l’affaire du meurtre des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez le 9 janvier 2013 à Paris et dont les services secrets turcs (MIT) sont mis en cause par les éléments de l’enquête.   
 
Voici l’appel du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F):
 
« Appel à un rassemblement pour réclamer la levée du secret défense dans l’affaire des trois militantes kurdes assassinées à Paris
 
Jusqu’à présent, les autorités françaises ont refusé de déclassifier les informations détenues par les services de renseignement français concernant l’assassinat à Paris, le 9 janvier 2013, des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez.
Ce refus pèse lourdement sur l’avancée de l’enquêté et maintient l’impunité de ces crimes terroristes commis sur le territoire français par les services secrets turcs (MIT). Ne pas lever le secret défense serait un grave déni de justice de la part des autorités françaises.
Pour réclamer la levée du secret défense et la fin de l’impunité, nous vous donnons rendez-vous mercredi 24 mars, près du ministère de la Justice, 28 Place Vendôme (Paris), 14h. »
 
Conseil Démocratique Kurde en France

Retrait de la Convention d’Istanbul: Solidarité avec toutes les femmes de Turquie (PCF)

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PARIS – Le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul qui oblige les pays signataires à promulguer des lois pour combattre efficacement les violences faites aux femmes a créé l’indignation dans le monde alors que les femmes turques (et kurdes) sont mobilisées contre cette décision anti-femme.

Un des cris d’indignation vient également de France, de plus précisément du Parti Communiste Français (PCF) qui appelle à la « solidarité avec toutes les femmes de Turquie »

RETRAIT DE LA CONVENTION D’ISTANBUL : « SOLIDARITE AVEC TOUTES LES FEMMES DE TURQUIE » (PCF)
 
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, vient par décret de retirer son pays de la Convention d’Istanbul, ratifiée en 2011.
 
Il s’agit du premier instrument juridique au monde pour prévenir et combattre les violences contre les femmes notamment dans l’espace domestique mais aussi le viol et les mutilations génitales. Ce texte, qui constitue une avancée, oblige les États signataires à adopter une législation en conformité avec les principes qui y sont énoncés.
 
Cette décision est une provocation contre toutes les femmes de Turquie, un mépris complet des droits humains qui renforcera le sentiment d’impunité de ceux qui commettent ces crimes. En dix ans, 3 477 femmes ont été assassinées alors que les agressions ont connu une progression de 1 200% ! depuis que le parti islamo-conservateur (AKP) est au pouvoir.
 
Face aux difficultés croissantes et alors que sa base électorale ne cesse de s’effriter, R.T. Erdogan donne des gages aux franges les plus conservatrices (chefs religieux, confréries, ultranationalistes) qui prétendent que cette Convention favoriserait les divorces et l’homosexualité par ailleurs brutalement pourchassée.
 
En dépit de la répression féroce qui sévit, des milliers de femmes et d’hommes ont manifesté dans toutes les grandes villes de Turquie.
La décision infâme de RT Erdogan s’inscrit dans le sillage liberticide qui conduit à la procédure d’interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP) cette semaine et à l’arrestation d’un millier de ses militants [majoritairement des Kurdes].
 
Pendant ce temps, l’Union européenne multiplie les signes d’apaisement et les propos doucereux envers R.T. Erdogan et brille par son mutisme sur les violations des droits humains ou l’incarcération du député [kurde] Selahattin Demirtas.
 
Le Parti communiste français (PCF) exprime sa condamnation après le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul et apporte son soutien à toutes les femmes et aux forces démocratiques de Turquie.
 
Parti communiste français
Paris, le 23 mars 2021

 

FRANCE. Nombreuses arrestations de Kurdes en plein Newroz

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FRANCE – Les Kurdes de France ont un drôle de sentiment aujourd’hui alors que de nombreux activistes kurdes ont été arrêtés ce matin à Paris, Draguignan et Marseille lors de raids menés par la police française. Cela intervient en plein Newroz, nouvel an kurde, célébré autour du 21 mars de chaque année.   

« La police française a mené des perquisitions mardi matin à de nombreuses adresses à Marseille et à Paris. Les Kurdes sont visés dans ces opérations politiques qui interviennent après un entretien entre le Président français Emmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

La police a saccagé plusieurs (6) appartements et une association appartenant aux Kurdes à Marseille, lors des perquisitions menées mardi matin. Au moins neuf personnes ont été arrêtées, selon un nouveau bilan. Trois autres Kurdes ont été arrêtés ; un à Paris et deux à Draguignan », écrit le journaliste Maxime Azadi. 

Porte fracturée par des policiers français lors des raids anti-kurde
Porte fracturée par des policiers français lors des raids anti-kurde

Ces arrestations peuvent s’expliquer également par les manifestations récentes des Kurdes en France. En effet, les Kurdes de France sont mobilisés depuis plusieurs jours contre les tentatives du régime turc de fermer leur parti politique HDP et pour la libération d’Abdullah Ocalan, chef historique du PKK tenu en isolement sur l’île prison d’Imrali depuis 22 ans maintenant et dont des rumeurs de sa mort circulent de nouveau.

Par ces nouvelles arrestations, l’État français envoie un message claire aux Kurdes pour montrer qu’il continuera à collaborer avec l’État turc alors que la France est accusée de complicité dans le meurtre de 3 militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013 par les services secrets turcs (MIT).

 

 

NEWROZ, le Nouvel an kurde devenu synonyme de résistance face à l’injustice

Qu’est-ce que le Newroz pour les Kurdes? L’Institut kurde de Paris apporte sa définition ainsi:
 
« Depuis la nuit des temps les Kurdes célèbrent leur Nouvel an, Newroz, le 21 mars, jour de l’équinoxe du printemps.
 
Newroz, qui en kurde signifie le jour nouveau, celui d’une année nouvelle qui commence avec le renouveau de la nature après les rudes et sombres mois de l’hiver, est célébré par des festivités qui peuvent durer plusieurs jours.
 
Ce Nouvel an aux origines préislamiques est également fêté par les autres peuples iraniens (Béloutches, Persans, Pashtouns, Tadjiks, etc.) ainsi que par certains de leurs voisins d’Asie centrale (Ouzbeks, Kazakhs, Turkmènes), en Azerbaïdjan, dans les lointaines communautés parsies zoroastriennes de l’Inde et chez les Bahaïs. C’est donc un grand événement culturel qui dépasse les clivages religieux, confessionnels, ethniques qui est célébré le 21 mars par plus de 300 millions de personnes à travers le monde. C’est sans doute pour cela qu’il a été inscrit en 2009 sur la Liste du Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO et le 23 février 2010 l’Assemblée générale des Nations unies a reconnu à l’unanimité le 21 mars comme une Journée internationale de paix.
 
A chaque peuple sa tradition de Newroz
 
Cette fête du Nouvel an présente une grande variété de rituels et de traditions de célébration qui diffèrent d’un peuple à l’autre.
 
Ainsi, chez les Persans et chez les peuples qui s’inspirent de leurs traditions, le Nourouz est une belle fête du Nouvel an à caractère privé et familial où après le rituel de « nettoyage du printemps » on s’habille de neuf et on rend visite à des amis et à des proches, on festoie autour d’une table bien garnie comportant notamment « haft sîn », sept mets dont le nom persan commence par un s, comme sîb, pomme ; sîr, ail ; sabza, légume ; somaq, sumac, etc. La période des fêtes s’achève le 13ème jour par un pique-nique familial en plein air. Le Nourouz persan est donc une sorte de Saint Sylvestre prolongée pour fêter entre amis et proches l’année nouvelle du calendrier iranien où en 2021 on est 1400.
 
Dans la tradition kurde, le Newroz n’est pas qu’une fête du Nouvel an célébrant l’arrivée du printemps. C’est aussi et surtout le jour anniversaire de la victoire d’un peuple asservi qui s’est soulevé à l’appel de Kawa le Forgeron contre le tyran sanguinaire Zahâk [ou Déhak], une fête d’émancipation et de liberté.
 
Dans la mythologie kurde Zahâk est un prince des ténèbres qui est arrivé au pouvoir grâce à un pacte avec Ahriman, le dieu du Mal et des Ténèbres, évoqué dans l’Avesta de Zarathoustra il y a plus de 4000 ans et précurseur du Diable, Satan et autre Ibliss des religions monothéistes. Zahâk jouit d’un pouvoir absolu de vie et de mort sur ses sujets mais il est affligé d’un mal incurable : sur chacune de ses épaules, où Ahriman avait posé un baiser lors de la conclusion de leur pacte, pousse un serpent qui lui empoisonne la vie. Convoqués, ses médecins, craignant eux-mêmes pour leur vie, lui conseillent d’appliquer chaque jour la cervelle d’un jeune homme sur chacune de ses épaules. Au fil des ans cette hécatombe de la jeunesse suscite un mécontentement général. Pour tenter d’y remédier, trois chevaliers se présentent à la cour et parviennent à convaincre le tyran de les engager comme ses nouveaux médecins. Discrètement, ils décident d’épargner chaque jour l’un des jeunes à sacrifier en appliquant à la place de sa cervelle celle d’un mouton. Les jeunes rescapés se réfugient dans la montagne où ils survivent grâce à des moutons et des chèvres que les paysans leur font parvenir. Lorsqu’après quelques années de ce stratagème ils deviennent suffisamment nombreux le forgeron Kawa, dont 16 des 17 fils ont déjà été sacrifiés à Zahâk, fait de son tablier un étendard et appelle la population contre le tyran sanguinaire. Avec l’aide de la jeune et vaillante troupe de la montagne le soulèvement populaire est victorieux, Zahâk est tué le 21 mars, le peuple est libéré de la tyrannie et un nouveau jour, un Newroz, advient.
 
C’est cette victoire de la résistance et de la liberté que les Kurdes célèbrent chaque année autour de l’équinoxe du printemps. La célébration commence traditionnellement le Mercredi Rouge (çarsema sor), le dernier mercredi précédant le 21 mars. On allume sur la place publique d’immenses feux où on jette les vieux vêtements d’hiver et on danse avec entrain et joie autour du feu pour se débarrasser aussi des soucis et tracas de l’année écoulée ainsi que des démons et des mauvais esprits. Une fois délestés de tous ces oripeaux du passé, animés d’un esprit neuf et habillé de ses plus beaux parements, on fête l’année nouvelle par des marches aux flambeaux dans la montagne le 20 mars pour honorer la mémoire des résistants a la tyrannie qui s’y étaient réfugiés et y préparaient patiemment l’heure de la libération. Le 21 mars, on célèbre le nouvel an et la liberté par des festivités collectives, avec des danses et des chants accompagnés de musiques entrainantes, réunissant des gens de tout âge, de toutes conditions et de toutes confessions. Naguère il y avait aussi des spectacles de jeux d’adresse, des courses hippiques, du polo (cirîd) pour agrémenter et conclure ces festivités.
 
C’est lors de l’un de ces Newroz que Mem, le Roméo kurde, rencontre sa belle dulcinée Zîn, la Juliette kurde, héros de l’épopée nationale kurde Mem et Zîn du grand poète classique Ehmedê Khani, achevée en 1695. La version populaire et orale de cette épopée Mamé Alan est beaucoup plus ancienne.
 
La célébration de Newroz était, au même titre que toute autre manifestation de la culture, de la langue et de l’identité kurdes, interdite et sévèrement réprimée en Turquie de 1924 à 1995. La répression des festivités de Newroz en 1992 a fait une centaine de morts dans la population civile. Depuis 1995, le régime turc tente de récupérer cette fête qu’il considère désormais comme une fête du printemps des peuples turcophones !
 
L’esprit de Newroz
 
Dans la tradition kurde, l’esprit de Newroz est l’esprit de la résistance à la tyrannie, de la révolte contre l’injustice, contre toutes les injustices. La symbolique de Newroz, le peuple asservi retrouve sa liberté grâce à sa résistance sous l’étendard du forgeron Kawa, un artisan qui forge ainsi le destin collectif et qui met un terme au règne d’un tyran sacrifiant la jeunesse, c’est-à-dire l’avenir du pays pour son confort personnel et pour sa survie, reste un ressort puissant de la psyché et de l’imaginaire collectifs kurdes. Dans cet esprit, le salut n’est pas espéré du Ciel, du Messie ou de tel ou tel prophète pas plus qu’il n’est attendu d’hommes providentiels, généraux ou princes. L’émancipation sera le fruit d’une résistance collective sous la houlette d’un homme du peuple comme Kawa le Forgeron dont l’exemple reste toujours d’actualité. Lever l’étendard de Kawa signifie encore se soulever contre la tyrannie. Les statues de ce héros mythique trouvent une place d’honneur dans les villes kurdes libres. Il y en avait une, de fort belle facture, sur la place principale d’Afrin avant l’occupation turque de ce canton kurde syrien. L’armée turque l’a déboulonnée comme elle a détruit d’autres sites historiques et culturels kurdes locaux pour éliminer toute trace de la présence plus que millénaire des Kurdes dans cette région. Cette place d’Afrin porte désormais le nom d’Erdogan que les Kurdes considèrent comme un nouveau Zahak, un tyran comme hier Saddam Hussein et aujourd’hui le Boucher de Damas.
 
Nombre de Kurdes de Syrie évoquent ces temps-ci ces vers de Hugo écrits il y a près de deux siècles et hélas toujours d’actualité: « Les Turcs sont passés par là, tout est deuil et ruine. »
 
Ferdowsi et les mécréants kurdes
 
Dans la tradition persane, qui dérive du Shahnâmeh, le Livre des rois, de Ferdowsi, on parle aussi de Zahâk et de Kâveh le Forgeron. Mais pour ce poète fondateur de la littérature persane, qui a écrit son épopée au début du XIème siècle sur la commande du roi Mahmoud Ghaznavi, dont en préambule il fait l’éloge, l’objectif premier est de glorifier le passé d’un Iran meurtri depuis les invasions musulmanes. Zahâk est un tyran arabe. Il est vaincu et capturé dans son palais de Bagdad par le prince iranien Féridoun, qui le ligote et le fait transporter en Iran au Mont Damâvand où il meurt crucifié. Kâveh le Forgeron a rassemblé sous son étendard une foule considérable qu’il conduit devant le palais du prince Féridoun pour l’aider à combattre le tyran. En raison de ce soutien décisif, son tablier, le fameux Etendard de Kâveh, est devenu une relique honorée par tous ceux qui devenaient rois, qui le brandissaient, l’ornaient de joyaux en signe de reconnaissance pour le rôle de ce forgeron dans le rétablissement d’une souveraineté légitime. Cet Etendard, dit le poète « fut pour eux comme un Soleil dans la nuit obscure ». Selon Ferdowsi « les Kurdes actuels sont les descendants » des jeunes qui s’étaient réfugiés dans la montagne et « à l’égard de Dieu ils n’ont ni crainte ni haine ».
 
La réputation de « mécréant » des Kurdes ne date donc pas d’hier, d’autant que leur version de Kawa le Forgeron, leader du victorieux soulèvement populaire contre la tyrannie, diffère radicalement de celle monarchisée et anachronique d’un héros qui se met au service d’un prince légitime, devenu le bon roi Féridoun qui régna « plus de cinq cent ans ». Ferdowsi n’est évidemment pas un historien mais un grand poète, un talentueux conteur oriental de mythes et de légendes à la manière de son lointain prédécesseur grec Homère.
 
Le message de Newroz
 
La symbolique de Newroz reste très vivante chez les Kurdes et son esprit anime toujours leur résistance. C’est au lendemain du Mercredi Rouge, le 18 mars, qui se trouve être aussi la date anniversaire de la Commune de Paris, que le député kurde Omer Gergerlioglu, condamné à 2,5 ans de prison pour un simple tweet par la justice de Zahâk turc et déchu de son mandat de député, a crié en kurde, avec ses collègues kurdes, dans l’hémicycle du Parlement : Berxwedan Jiyan e, Résister c’est Vivre ! Cela résume l’esprit et le message de Newroz qui est aussi celui du grand Hugo lorsqu’il dit : « Ceux qui luttent sont ceux qui vivent. »
 
Publié par la Fondation-Institut kurde de Paris le 19 mars 2021

ROJAVA. La Turquie a interdit la monnaie syrienne à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – L’État turc a interdit l’utilisation de la monnaie syrienne dans le canton kurde d’Afrin du Rojava qu’elle occupe depuis 3 ans et où elle a imposé sa propre monnaie.
 
L’État turc a imposé une nouvelle interdiction à Afrin, qui est occupée depuis mars 2018, où des crimes de guerre systématiques, des pillages et des pratiques de changement démographique visant les Kurdes sont perpétrés.
 
Selon les informations obtenues de sources locales, l’institution coloniale appelée «Conseil local d’Afrin» a déclaré aux commerçants que la monnaie syrienne était interdite.
 
L’interdiction a été introduite le 19 mars. Le conseil colonial établi par l’État turc a menacé d’infliger une amende de 1 000 livres turques à ceux qui utilisent la lire syrienne.
 
En juin 2020, le service postal d’État turc PTT a commencé les transferts d’argent vers Afrin où la monnaie turque est imposée.
 
 

TURQUIE. Deux adolescents kurdes morts dans l’explosion d’une mine à Uludere

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TURQUIE / BAKUR – Deux adolescents kurdes, Yusuf Ata et Caner Saka avaient 14 et 16 ans. Hier, ils sont morts en marchant sur une mine alors qu’ils faisaient paître leurs troupeaux dans le village Yekmal, à Sirnak / Uludere.

Mines en Turquie

Selon le rapport de 1999 du Landmine Monitor, le nombre de mines terrestres en Turquie serait d’environ 1 million.

Bu, ce nombre est passé à 3 millions, les mines terrestres devant encore être détruites dans les entrepôts.

Il y a 3 174 mines à Hatay et dans les régions kurdes d’Ağrı, Ardahan, Batman, Bingöl, Bitlis, Amed, Antep, Hakkâri, Iğdır, Kars, Mardin, Siirt, Urfa, Şırnak, Dersim et Van. En outre, la Turquie se classe au premier rang des États parties à la Convention d’Ottawa en ce qui concerne la présence de mines antipersonnel.

ANF

 

TURQUIE. « Le nationalisme kurde interdit toute intégration durable de la région au reste du pays »

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Un énième ouvrage rappelant que les efforts de la Turquie voulant assimiler les Kurdes sont voués à l’échec, à cause notamment de l’attachement très fort des Kurdes à leurs racines ethniques.

« La récurrence des soulèvements, des révoltes et des mobilisations nationalistes dans les régions kurdes de Turquie depuis la proclamation de la République de Turquie peut donner à penser que c’est l’entêtement des leaders nationalistes kurdes qui empêche une intégration plus poussée des provinces et des populations kurdes au reste du pays. Il n’en est rien. La marginalité politique, économique et culturelle dans laquelle sont maintenus les Kurdes résulte bien davantage de l’échec des politiques d’assimilation mises en œuvre par les gouvernements successifs. Les dynamiques identitaires, économiques et politiques dans lesquelles sont prises les populations et les provinces kurdes donnent en outre à voir à quel point les politiques étatiques ont nourri le nationalisme kurde.

Le sort des populations kurdes de Turquie, ainsi que les dynamiques conflictuelles observables entre l’État et les groupes armés kurdistes résultent d’abord d’un échec du projet assimilationniste de la République de Turquie. Alors qu’une autonomie avait été promise aux tribus kurdes acceptant de prendre part à la guerre d’indépendance (1918-1922) aux côtés des nationalistes turcs, aucune mention n’en fut faite dans la constitution de 1924. Bien au contraire, dès la proclamation de la constitution, les kémalistes intensifient la politique de turquisation du pays, qui vise à faire disparaître toutes les identités susceptibles de faire concurrence au projet national porté par Kemal Ataturk. »

Par Benjamin Gourisse

 
Publié sur le site CAIRN Info