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ROJAVA. Les Forces Démocratiques Syriennes ont tenu leur réunion annuelle à Hasakah

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SYRIE / ROJAVA – Les Forces Démocratiques Syriennes (alliance arabo-kurde) ont tenu leur réunion annuelle à Hasakah. Aram Henna a été nommé nouveau porte-parole des FDS, en remplacement de Kino Gabriel.
 

La réunion annuelle des conseils militaires des Forces démocratiques syriennes (FDS) s’est tenue dimanche dans la ville de Heseke. La réunion au siège des FDS a réuni les associations membres des FDS, le commandant général de la coalition internationale contre l’Etat islamique, Paul Calvert, ainsi que des représentants du Conseil démocratique syrien (MSD), de l’association du parti kurde PYNK, de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, l’association des femmes Kongreya Star, l’association des femmes syriaques, les familles des martyrs, les communautés religieuses et les tribus arabes. La réunion a commencé à 11 heures et s’est terminée à 18 heures, heure locale.

La séance de l’après-midi de la réunion, qui s’est tenue à huis clos à la presse, a vu la discussion et la présentation de propositions de modifications à apporter au règlement intérieur.

Les participants ont décidé de former une commission pour les modifications du règlement intérieur.

Suite à une évaluation des opinions, Aram Henna a été nommé nouveau porte-parole des FDS, en remplacement de Kino Gabriel.

La déclaration finale de la réunion a été lue par Aram Henna.

 

La carrière « solide » du chef de la police de Konya où 7 Kurdes ont été massacrés récemment

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TURQUIE – Après le meurtre raciste de 7 Kurdes à Konya / Meram le 20 juillet dernier, les projecteurs se sont de nouveau braqués sur Engin Dinç, chef de la police de la province de Konya. Dinç est un officier du renseignement qui a été jugé pour le meurtre du journaliste arménien Hrant Dink, comme l’a rappelé dans un tweet avocate et présidente de l’Association des droits de l’homme (İHD), Eren Keskin.

« Il doit démissionner ou être démis de ses fonctions. Il n’a pas réussi à protéger une famille », a déclaré Keskin.
 

Dinç a été nommé à son poste par le président Recep Tayyip Erdoğan peu de temps avant que sept membres d’une famille kurde ne soient abattus dans la province.

Sept membres de la famille Dedeoğlu ont été abattus vendredi. Par la suite, les assassins ont incendié leur maison dans un village du district de Meram à Konya. Des membres de la famille, qui ont également été tués lors de la fusillade de vendredi, avaient signalé des attaques racistes de la part de foule d’au moins 60 personnes dans le passé, dont la dernière datée de 12 mai 2021.

Dinç a été l’une des premières personnes à découvrir qu’un plan d’assassinat était en préparation contre le journaliste arménien Hrant Dink, a déclaré l’agence Mezopotamya. Le directeur de la sécurité a été crédité d’avoir transformé le suspect du meurtre Erhan Tuncel en informateur.

Dinç a été jugé pour son implication présumée dans le meurtre de Dink, mais l’affaire contre lui a été rejetée pour cause de prescription. À la suite du meurtre, Dinç a été promu directeur du service des renseignements.

Avant sa promotion, il avait été directeur de la branche du renseignement dans la province de Trabzon, qui a vu des lynchages de familles de prisonniers de gauche, un attentat à la bombe commis par des suspects dans l’affaire Dink et le meurtre d’Andrea Santoro, un prêtre catholique assassiné en 2006.

Sous la direction de Dinç en tant que directeur du renseignement, un rapport sur les plans de l’Etat islamique pour cibler un rassemblement pour la paix à Ankara en octobre 2015 a été préparé deux jours avant l’attaque, mais n’a été transmis aux directions provinciales antiterroristes que le 10 octobre. Les explosions ont tué plus de 100 militants kurdes et de gauche dans la capitale turque.

Des proches de la famille Dedeoğlu ont été agressés physiquement par la police alors qu’ils tentaient de se rendre au domicile de Meram, Konya, où le massacre a eu lieu, a rapporté  dimanche le site d’information Duvar.

Le neveu de la mère et du père tués dans l’incident a déclaré qu’un policier l’avait frappé avec une matraque, le faisant tomber, après quoi il a été attaqué par un groupe de 10 à 15 personnes, selon le communiqué.

« Nous sommes menacés depuis quatre mois et personne ne s’en soucie. Qu’ont-ils fait pour nous aider ? », a déclaré Harun Rıfatoğlu, cité par T24.

Pendant ce temps, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes contre le massacre de la famille kurde.

Des manifestants se sont rassemblés devant le siège du HDP dans la ville de Tarse, dans le sud de la province de Mersin.

La députée HDP Fatma Kurtalan et le coprésident provincial du parti Bekir Anaçkaya étaient parmi les personnes présentes, avec des manifestants portant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Nous connaissons les meurtriers », alors qu’ils scandaient « Ensemble contre le fascisme ».

Dans la ville kurde de Diyarbakır (Amed), des membres d’organisation kurdes et des partis politiques kurde (DBP) et HDP, se sont rassemblés pour protester contre le meurtre des membres de la famille Dedeoğlu.

Des manifestants se sont également rassemblés dans la province d’Adıyaman.

La police est intervenue alors que le groupe s’apprêtait à publier un communiqué de presse, la députée du HDP Remziye Tosun étant traînée par la police turque.

Par ailleurs, le principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du peuple (CHP), a appelé samedi à une enquête détaillée sur le massacre à la suite d’une visite à Meram d’une délégation du parti.

Une grande partie de la responsabilité incombe à l’État, au gouvernement et aux politiciens dans la gestion de ce massacre, a déclaré le législateur du CHP, Abdüllatif Şener, qui dirigeait la délégation, tout en demandant instamment que les détails de l’affaire soient dévoilés.

« Il est inévitable que l’administration et l’exécutif déploient tous leurs efforts pour s’assurer que les dimensions réelles de cet incident soient révélées », a déclaré Şener.

 

Conte kurde: « Gula Dîla Wer Çengê »

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L’universitaire kurde originaire d’Afrin, Gulistan Sido a traduit en français un des contes racontés par sa grand-mère qu’elle a fait publier sur le site Groupe d’études transglobales. Nous le partageons ici avec vous:

« Gula Dîla Wer Çengê »

On raconte qu’il y avait un berger qui avait trois filles. Les trois filles allèrent se promener à côté de la rivière. Le roi avait également trois fils. Les trois princes sortirent pour aller à la chasse. Les trois princes croisent sur leur route les trois filles du berger. La fille aînée dit : si le fils du roi le plus grand l’épouse, elle va tricoter pour lui un énorme tapis, de sorte que tous ses soldats viennent s’y asseoir et qu’il y aura encore de la place pour d’autres. La cadette dit : si le fils cadet du roi l’épouse, elle va cuisiner pour lui un plat de coquille de noix que tout la ville puisse manger de ce plat et qu’il en reste encore pour les autres. La fille la plus petite dit : si le fils du roi le plus petit m’épouse, je vais lui donner, si Dieu le veut bien, deux enfants. Un garçon qui aura des cheveux dorés et une fille qui aura des cheveux argentés.

Les trois princes épousent les trois filles. Les jours et les mois sont passés. Le prince le plus grand demande à sa femme : où est le tapis qu’elle lui a promis ? Elle lui répond qu’elle a menti pour seulement l’épouser et qu’en réalité les bergers ne savent même pas tenir une aiguille. La réponse de la deuxième femme était pareille. Quant à la troisième sœur, elle dit à son mari qu’elle voulait vraiment lui donner deux enfants mais si seulement Dieu le veut bien. A cette époque, elle était enceinte. La guerre est déclenchée. Les trois princes quittent leurs femmes et partent à la guerre pour défendre le royaume. Après quelques mois de leur départ, la sœur enceinte accouche de jumeaux. Dieu lui avait donné un garçon avec des cheveux dorés et une fille avec des cheveux argentés. La nouvelle de la naissance des deux enfants est transmise au prince le plus jeune.

Quand les deux autres sœurs entendent cette nouvelle, elles sont effrayées parce qu’elles n’ont pas tenu leur promesse et elles ne seront que des menteuses aux yeux de leurs maris. Quant à leur petite sœur, elle vient d’avoir deux enfants comme elle a promis à son mari. De peur qu’elles soient tuées par leurs maris, les deux sœurs échangent les deux enfants par deux chiots. Elles mettent les deux enfants dans une caisse et elles jettent la caisse dans la rivière. On envoie la nouvelle au prince que sa femme a accouché de deux chiots. Il se met en colère et ordonne que l’on enterre sa femme jusqu’au torse et qu’on lui donne un morceau de pain et de quoi boire juste pour qu’elle reste en vie et qu’elle souffre.

Dans un autre village, un vieux couple vivait dans la pauvreté. Il avait une chèvre. Chaque jour, la chèvre revenait les seins vidés du lait. Le couple se demandait toujours : qui trait le lait de leur chèvre ? Le couple suit la trace de la chèvre. Celle-ci s’arrête au bord de la rivière. Là où il y avait une caisse. Elle met ses deux mamelles dans deux trous qui se trouvaient sur la caisse. Le couple s’approche de la caisse et l’ouvre. Le couple trouve dedans deux enfants, un garçon avec des cheveux dorés et une fille avec des cheveux argentés. Le couple éleva les deux enfants et devint très riche. Le couple construisit un magnifique château. Les enfants grandirent.

Un jour, il y avait dans la ville une course de chevaux. Pendant la course, le chapeau du garçon  tomba. Les deux tantes reconnurent le garçon voyant ses cheveux qui brillaient sous le soleil. Elles surent que les deux enfants n’étaient pas morts. Elles prirent peur que leurs maris les égorge s’ils découvraient la vérité.

Un jour, les deux tantes rendirent visite au vieux couple pour voir le château. Elles sont très étonnées de la beauté du château. Elles disent aux enfants qu’il y a tout dans leur château mais qu’il y manque une fleur rare. Cette fleur rare se trouve dans un endroit dangereux dont l’accès est difficile. Le garçon qui a les cheveux dorés part à la recherche de la fleur. Il doit surmonter plusieurs épreuves douloureuses. Grâce à l’aide d’une ogresse devenue sa mère, le garçon pu trouver la fleur. Le château est rempli de fleurs. Les tantes devinent que le garçon est toujours vivant. Le garçon revient victorieux à son château. Il touche sa poche et il y trouve une brosse à cheveux. Il l’a dépose sur une étagère dans sa chambre.

Pendant la nuit, cette brosse à cheveux se transformait en belle fille. Avec l’aide d’autres colombes qui se transformaient elles aussi en de belles filles. Elles cuisinaient de bons plats chauds et elles cousaient pour le jumeau de beaux costumes. Chaque matin, le jumeau se réveillait en trouvant des plats chauds délicieux, et de nouveaux costumes. Le jumeau était curieux de savoir qui lui prépare les plats et les costumes. Le garçon blessa son doigt avec un couteau et il mis du sel dans la blessure pour ne pas s’endormir la nuit. Il vit comment la brosse à cheveux et les colombes se  transformaient en de belles filles. Le garçon se hâta et attrapa la fille avant qu’elle ne se transforme en brosse à cheveux. Cette belle fille s’appelle Gula Dîla Wer Çengê. Elle est dotée d’une force magique.

Un jour, les deux tantes invitent les deux enfants à manger chez elles. Gula Dîla Werçengê conseille au garçon d’emmener un chat avec lui. Il donna d’abord à manger au chat qui mourut tout de suite. La nourriture était empoisonnée. Un autre jour, ce sont eux qui invitent les deux tantes à manger. Les assiettes et les cuillères étaient en or. Une tante vola une cuillère. À la fin du repas, on ne pouvait pas débarrasser la table car une cuillère y manquait. La tante redéposa discrètement la cuillère.

Un jour, le garçon aux cheveux dorés se promenait dans la ville. Il vit une femme enterrée jusqu’au torse. Il interroge les gens sur l’histoire de cette femme qui souffre. Il raconte ce qu’il a entendu à G. D. W. Celle-ci lui conseille d’aller auprès de cette femme et de mettre son mouchoir qui sentait son odeur sur le nez de cette femme. Quand le garçon fit ce geste, la femme dit qu’elle avait senti l’odeur de ses enfants de ce mouchoir. G. D. W. dévoila aux deux enfants la véritable identité de cette femme. Elle est leur vraie mère. Les deux tantes furent punies et chacun réalisa ses désirs et ses vœux.

Ce conte a été enregistré avec d’autres contes à Afrin en 2009, transcrits et ensuite traduits en français par Gulistan Sido.

 

Fresque murale rendant hommage au peuple kurde au camp de réfugiés de Lavrio

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L’artiste français, Dugudus s’est rendu dans le camp de réfugiés kurdes de Lavrio, en Grèce, en juillet dernier pour réaliser une fresque murale rendant hommage aux femmes et hommes qui se sont sacrifiés pour la lutte pour la libération du peuple kurde.
 

Leyla Qasim, Sakine Cansiz, Anna Campbell sont quelques unes des personnes dessinées par Dugudus qui fut aidé dans son travail par les réfugiés kurdes du camp de Lavrio.

Dugudus
 
Louise Michel

En dessinant Louise Michel sur un des murs de Lavrio, Dugudus a rendu également hommage à la commune de Paris dont on a célébré les 150 ans en mai dernier. (Photos via Jacques Leleu)

 
Dugudus présente ce travail « participative » ainsi:
 
« Fresque participative au camp Kurde de Lavrio en Grèce. Peinture de 3m60 x 7m sur le mur des martyrs confié par le comité du camp et réalisée avec les migrants et enfants kurdes venus de Syrie et de Turquie. Juillet 2021
 
La peinture met à l’honneur les femmes et hommes qui se battent depuis tant d’années pour la liberté du peuple kurde. De gauche à droite :
 
* Asia Ramazan Antar, est connue comme la « Angelina Jolie Kurde ». Morte en 2016 à l’âge de 19 ans, elle était une combattante des YPJ lors de la guerre civile syrienne.
 
* Sehit Çiyager est un militant des YPS mort en 2016 ayant combattu l’armée fasciste d’Erdogan à Batman en Turquie.
 
* Anna Campbell est une militante internationaliste, anarchiste et féministe britannique, morte en 2018 près d’Afrine (Syrie). En mai 2017, elle rejoint au Rojava les YPJ composés exclusivement de femmes.
 
* Leyla Qasim est une militante étudiante kurde pendue par le régime de Saddam Husein en Irak en 1974,. Elle militait pour les droits des Kurdes et des femmes dans un Kurdistan colonisé.
 
* Abdullah Öcalan est un homme politique, leader charismatique du PKK et l’initiateur du confédéralisme démocratique. Il est enfermé depuis plus de 20 ans par le régime Turc sur l’île prison d’Imrali.
 
* Sakîne Cansiz est une militante féministe, fondatrice du PKK et proche d’Ocalan. Elle passe 12 ans en prison avant d’être assassinée à Paris en 2013.
 
Soutenons les Kurdes dans leurs combats.
Ils ont besoin de nous ! »
 
Régis Léger, alias Dugudus, est graphiste illustrateur, il vit à Paris et se passionne pour la représentation de l’image sociale et politique française.

Une enfance kurde à Bagdad sous le règne de Saddam

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L’universitaire kurde, Shilan Fuad Hussein revient sur son enfance passée à Bagdad à l’époque du dictateur sanguinaire Saddam Hussein et les drames, dont le génocide d’Anfal, qui se sont abattus sur les Kurdes d’ « Irak ». Malgré les traumatismes vécus sous le règne de Saddam, Shilan dit préférer ne « pas penser à toute la misère, mais à la beauté qui reste », comme l’écrivait Anne Frank, une autre enfant de la guerre qui n’a pas eu la chance de s’en sortir vivante.
 
Saddam Hussein : Un nom infâme qui évoque de nombreuses images obsédantes de ses innombrables victimes. Bagdad : Une ville autrefois glorieuse qui est passée du centre historique de la civilisation à un État policier dystopique impeccablement entretenu, bordé de palais présidentiels, puis à un tas de décombres bombardés et pillés au milieu d’étangs d’eaux usées brutes.
 
L’homme qui a supervisé les deux dernières transitions, le « président » à vie de l’Irak, Saddam Hussein, a fini par être sorti d’un trou à rats et suspendu par une corde. Mais deux décennies plus tôt, dans les années 1980, Saddam était le « sauveur » de l’Irak, un visage moustachu qui veillait sur chacun de ses « gens », dont je faisais partie contre mon gré.
 
Si la brutalité de Saddam pouvait s’appliquer également à toute une série d’opposants politiques ou religieux et à diverses ethnies, les Kurdes du nord de l’Irak (Kurdistan du Sud) ont été particulièrement touchés par ses attaques, notamment lors du génocide d’Anfal en 1988, symbolisé par le gazage de la ville de Halabja. Toutefois, cette réflexion n’est pas axée sur une analyse macroéconomique plus large des politiques de l’Irak baasiste à l’égard des Kurdes, mais sur mon expérience unique en tant qu’enfant kurde ayant grandi à Bagdad, dans le ventre proverbial de la bête, sous le règne dictatorial de Saddam dans les années 1980.
 
Saddam regarde toujours
 
Il existe de nombreux fils qui tissent cette tapisserie de douleur et de traumatisme et il n’y a donc vraiment pas de point de départ logique. Cela dit, toute discussion sur le Bagdad de Saddam dans les années 1980 doit commencer par le culte de la personnalité auquel nous étions soumis quotidiennement. Son image était littéralement partout, dans toutes les écoles, les entreprises, les bâtiments publics et même les maisons privées. Son visage vous suivait dans les rues, comme des statues sur les places de la ville, et vous fixait de derrière chaque porte.
 
Les images dépeignaient Saddam comme cette figure militaire héroïque et prophétique. Il serait vu portant des épées et sur le dos de chevaux, tandis que sculpté avec des sanctuaires comme casque. Il a été dépeint comme un mélange entre Nabuchodonosor et Hammurabi, une icône historique géante qui n’était que la deuxième après le prophète Mahomet lui-même.
 
Naturellement, ces images étaient séduisantes au début pour une jeune enfant kurde comme moi. À la télévision, Saddam a été présenté comme un père de famille aimant, un protecteur du peuple, un défenseur des pauvres et un rassembleur du monde arabe. Ce n’est que sur cette dernière question que la confusion a commencé. Où cela nous a-t-il laissé, nous les Kurdes, me suis-je demandé ? Il était évident pour moi que ma kurdicité était un problème, car mes parents m’interdisaient de parler notre langue en public lorsque je sortais à Bagdad.
 
Dans leur désir de me protéger, ils ont insisté sur le fait que je ne pouvais utiliser que l’arabe, une langue que je n’ai jamais apprise avant de commencer l’école à l’âge de six ans. Avec le recul, je n’oublierai jamais ces airs de peur sur le visage de mes parents lorsque je disais accidentellement quelque chose en kurde lorsque je sortais à Bagdad, avant d’être rapidement réduit au silence alors qu’ils vérifiaient qui était à portée de voix de cette potentielle « trahison ».
 
Ce n’est que plus tard que j’ai pleinement compris de quoi ils me protégeaient. Les deux menaces prédominantes auxquelles nous étions confrontés à Bagdad étaient les Kurdes et la terreur du régime de Saddam, qui pouvait cibler à la fois les Kurdes et les Arabes avec la même cruauté.
 
Quant à notre kurdicité, mes parents m’ont expliqué que je ne devais pas dire à mes professeurs ni à qui que ce soit que j’étais kurde, mais que je ne devais pas non plus mentir. Ce dilemme moral m’a échappé plusieurs fois, ce qui m’a amenée à dire que j’étais kurde lors de l’interrogatoire habituel auquel les enfants étaient confrontés de la part de leurs enseignants pour évaluer la loyauté de la famille envers notre «cher chef».
 
Heureusement, je n’ai jamais rien dit de négatif contre Saddam. Comme même mes camarades de classe arabes qui ont échoué à ces séances de questions-réponses et ont admis que leurs parents n’aimaient pas le régime, pouvaient voir toute leur famille disparue, ou les femmes de la maisonnée violées, et le père torturé et emprisonné pendant des décennies.
 
Dans des exemples plus odieux, des agents secrets décapitaient les ennemis supposés de Saddam et laissaient les têtes coupées à l’extérieur de leurs maisons, ou pour déshonorer et faire honte à toute une lignée. Les hommes de main de Saddam violaient les filles et les femmes de la maison et les filmaient, puis envoyaient les images aux hommes de la famille. Dans ce dernier cas, Saddam savait que ce serait la blessure ultime encore pire que la mort, dans une société socialement conservatrice et religieuse qui protégeait la « pureté » des femmes et valorisait l’honneur de la famille même au-dessus de leur vie.
 
Naturellement, à cause des conséquences mortelles, mes parents n’ont pas parlé honnêtement des crimes de Saddam dans notre maison, de peur que je répète n’importe laquelle de leurs remarques à l’école et que nous nous faisions tous assassiner par un escadron de la mort.
 
En y repensant, même si je ne pouvais pas le voir à l’époque, je comprends maintenant ce petit soupçon d’angoisse qui se montrait toujours sur le visage de mes parents alors qu’ils cachaient la vérité pour me garder, moi et mes frères et sœurs, en vie. Même s’ils étaient des gens honnêtes et honorables, ils savaient que la dictature de Saddam ne ferait pas preuve de pitié pour eux et leurs enfants pour avoir reconnu la vérité.
 
C’est probablement la blessure la plus profonde de grandir sous une telle tyrannie, d’être obligé de vivre dans le mensonge, de porter un faux sourire pour correspondre à celui que Saddam arborait sur toutes les affiches, et de craindre cela parce que vos cartes d’identité disaient que vous étiez une Kurde, vous aviez deux fois plus de raisons d’être kidnappé en plein jour et de ne plus jamais réapparaitre.
 
Craignez plutôt l’ennemi étranger
 
Un autre monstre de mon enfance à Bagdad était la longue guerre de l’Irak avec l’Iran, un conflit qui semblait ne jamais finir. Pendant les bombardements et les attaques nocturnes sur Bagdad, nous étions précipités en bas dans une pièce sans fenêtre, pour essayer d’attendre les explosions. Je me souviens que mes parents m’avaient appris à craindre les fenêtres, car ils savaient que nos chances d’être tué augmentaient si nous nous tenions devant une fenêtre. Alors que j’essayais de dormir pendant les bombardements, j’ai trouvé un peu de réconfort dans ma couverture, qui, j’en suis venue à croire, me protégerait d’une manière ou d’une autre.
 
Et il est révélateur que des décennies plus tard, alors que je dors dans un lit en Europe, je me retrouve encore à me couvrir les nuits d’été malgré la chaleur, comme si cet enfant traumatisé vivait toujours en moi.
 
Mes parents m’ont aussi appris à prier Dieu quand j’avais peur, ce qui a semé la confusion plus tard lorsque j’ai vu les propagandistes de Saddam accuser les Kurdes d’être des « infidèles » ou de ne pas être de « vrais musulmans ». Mais c’est une façon utile de voir l’Irak de Saddam, un endroit où les Kurdes n’ont jamais été assez loyaux, ou d’avoir la pleine confiance d’un régime baasiste centré sur la supériorité arabe.
 
En tant qu’exutoire créatif de ce traumatisme de guerre, j’ai commencé à dessiner des images de la ville bombardée par des avions de guerre, des corps dans la rue et du ciel noir, dont je me souviens avoir gravement blessé mes parents. Ils ont commencé à se sentir coupables de ne pas m’avoir offert l’enfance idéale que tout enfant mérite. Après avoir appris la douleur que ma précision leur causait, j’ai commencé à représenter le soleil et le ciel bleu dans mes dessins, mais je savais que ce n’était pas vrai, un autre dans une longue lignée de mythes que vous vous dites à vous-même et aux autres pour survivre.
 
Une nuit qui me hante encore, j’ai été amenée à l’hôpital alors que j’étais extrêmement malade et j’ai vu une famille pleurer leur fils de 18 ans qui venait d’être tué à la guerre. Je me souviens encore d’avoir vu son corps et entendu les cris hurlants de sa mère, alors qu’elle gémissait avec une douleur que les êtres humains ne sont pas faits pour supporter. Les cris de la famille et la vue d’eux tous se frappant comme si frapper leurs visages le ramènerait, est resté avec moi toute ma vie.
 
Regarder votre famille se faire chasser à la télévision
 
Lorsque le génocide d’Anfal a commencé à mijoter, ma famille est devenue très inquiète. Les forces de Saddam visaient les Kurdes dans un génocide implacable, mais il concentrait également sa colère géographiquement sur les régions kurdes du nord de l’Irak, et en particulier, la région où vivait ma grande famille. Au début de la campagne génocidaire, nous avons perdu contact avec tous nos proches, faisant souffrir mes parents en silence et à l’agonie chaque nuit.
 
Pour trouver du réconfort, mes parents lisaient le Coran, ce qui était une ironie particulièrement sombre, étant donné qu’aux informations chaque soir, on nous disait que ces « Kurdes rebelles » comme nous n’étaient pas de vrais « musulmans » comme Saddam et ses tueurs fascistes. Chaque nuit, mes parents attendaient aussi que les agents secrets de Saddam frappent à la porte, et nous nous sentions pris au piège comme s’il n’y avait pas d’issue. Pourtant, malgré tous les dangers de Bagdad, il était toujours plus sûr d’être un Kurde là-bas que dans les milliers de villages kurdes que l’armée de Saddam effaçait de la carte, ou les dizaines de villes kurdes sur lesquelles il laissait tomber du gaz toxique.
 
Au fil des mois, une gamme d’émotions s’est installée. La culpabilité de ne pas avoir affronté cette tragédie dans le sud du Kurdistan avec nos concitoyens. Et le soulagement que bien que nous puissions être arrêtés à tout moment, les chances d’une attaque chimique surprise comme ce qui est arrivé à certains membres de notre famille à Halabja étaient peu probables.
 
Lorsque nous avons finalement eu des nouvelles de notre famille, cela a aggravé les choses, car ils nous ont raconté comment ils n’avaient survécu au gazage que parce qu’ils se cachaient sous des couvertures humides, et comment ils buvaient des flaques de pluie parmi les cadavres de la rue pour survivre.
 
Pendant ce temps, chaque nuit à Bagdad, nous voyions aux informations des images de la guerre triomphante, Saddam affichant fièrement le travail de son armée, où notre famille et nos frères étaient massacrés pour le plaisir de son régime. La propagande nous disait qu’ils étaient tous des traîtres, des pécheurs, des infidèles, des agents de l’Iran et des pions d’autres États voulant affaiblir l’Irak, mais nous savions la vérité, que le péché qui leur a valu la mort était qu’ils étaient Kurdes, tout comme nous même l’étions.
 
Un beau ciel de mort
 
Mon souvenir le plus puissant de Bagdad a commencé avec le début de la première guerre du Golfe en 1991. À minuit la première nuit de la guerre, le ciel s’est soudainement éclairé d’éclairs, alors que les forces de Saddam tiraient sans but dans le ciel sur les ennemis occidentaux qu’ils disaient qu’ils venaient nous détruire. C’était une menace déroutante, puisque le régime de Saddam avait fait du bon travail lui-même.
 
Mais alors que le ciel nocturne brillait de couleurs brillantes, je me souviens avoir regardé avec émerveillement. Cela ressemblait à une célébration de feux d’artifice, et j’étais étonné que quelque chose d’aussi beau puisse me tuer.
 
J’imagine que c’est aussi une indication sur la façon dont les humains peuvent s’habituer à la guerre, que cela arrête de les surprendre. Bientôt, chaque coup de fusée éclairante est devenu un trait de peinture, tandis que le ciel de feu de Bagdad est devenu ma propre version effrayante de la Nuit étoilée de Van Gogh.
 
Quelques heures plus tard, nous avons fui Bagdad et nous sommes dirigés vers la sécurité présumée des zones kurdes que nous pensions que la Coalition internationale ne visait peut-être pas. Mais alors que nous filions vers le nord dans l’obscurité avec toutes les lumières de la voiture éteintes, je pensais encore au ciel coloré de Bagdad.
 
Bien sûr, je ne pouvais pas le savoir à l’époque, mais cette nuit-là, Bagdad était probablement dans son meilleur état pour les trente prochaines années. Plus tard viendront les sanctions, les bombardements, une seconde guerre du Golfe, une invasion américaine et une cascade d’attentats terroristes.
 
Au milieu de la transformation, toutes les statues de Saddam qui se cachaient au-dessus de nous seraient démolies, et ses palais où il a dilapidé toutes les richesses de l’Irak seraient dévoilés au monde et pillés. Mais finalement, tout l’Irak coulerait avec le navire qui était sa mégalomanie. En tombant, il emporterait la nation entière avec lui, au point où vous pouvez même maintenant trouver des victimes égarées de Saddam qui regrettent sa tyrannie pour la « sécurité » et la « stabilité » qu’elle a apportée. C’est probablement le plus grand crime de la longue liste d’atrocités de Saddam, qu’il s’est assuré que son renversement laisserait la nation dans un tel état de délabrement et d’incertitude, que certains qui le craignaient même souhaiteraient un retour à son règne.
 
Heureusement, j’ai maintenant la sécurité et la distance dans la diaspora européenne pour y voir clair. Ce Saddam a non seulement volé mon enfance et mon innocence, mais le plus impardonnable, il a fait dire à mes parents que tout irait bien, parce qu’il nous protégerait. Quand la réalité est qu’après, je me suis demandé si je pourrais jamais profiter d’être dehors sans craindre les bombes. Mais heureusement, au fil des ans, j’ai écouté les conseils d’Anne Frank, qui a également connu la cruauté de la guerre dans son enfance et a écrit dans son journal que nous ne devrions pas penser à toute la misère, mais à la beauté qui reste.
 
Shilan Fuad Hussain est une universitaire interdisciplinaire spécialisée dans les études du Moyen-Orient et du kurde. Son travail se situe à l’intersection de la sociologie et de l’analyse culturelle, et de sa pertinence symbiotique pour la société moderne. L’objectif principal de sa recherche a été d’examiner les impacts sociétaux de la politique et des conflits, le genre et la diaspora. En tant que femme kurde qui a grandi en Irak au milieu de la guerre avant de partir pour la diaspora, ses expériences personnelles ont façonné sa vision du monde et ses perspectives uniques sur les débats culturels et politiques actuels.
 
Texte original publié (en anglais) sur le site Kurdistan24

Quand on veut tuer son Kurde, on l’accuse d’être responsable du changement climatique

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Le proverbe « Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage » est parfait pour expliquer les attaques racistes et meurtres des Kurdes en Turquie depuis plus d’un siècle.
 
Hier, le régime fasciste turc accusait les Kurdes d’être des « rejetons d’Arméniens qui veulent diviser la Turquie en créant un Kurdistan ». Aujourd’hui, il les accuse de provoquer des incendies de forets alors que la planète entière est en proie aux feux de forêts à cause du réchauffement climatique qui perturbe l’écosystème sur tous les continents ! Qu’importe, le régime turc a son coupable parfait qu’il jette en pâture aux foules haineuses qui les massacres à coups de balles, couteaux, qui les brûle vivants… Ainsi, le régime turc n’a jamais rien à se reprocher, il est parfait et si quelque chose va mal dans le pays (pauvreté, sècheresse, feux de forêts, corruption…) le coupable est connu de tous, c’est le Kurde qu’il essaye d’éliminer depuis plus d’un siècle. 
 
Mais c’est bien connu, le Kurde – le mal incarné – est tenace, on n’arrive pas à l’éliminer facilement. Regardez les massacres de Dersim, Zilan, Halabja, Maras, Roboski, Kobanê, Shengal… on les a tués et chassés de leurs terres par millions et ils n’ont toujours pas disparus de la surface de la terre ! C’est bien la preuve que le Kurde est l’incarnation du mal tandis que l’État turc est le brave soldat mandaté par Allah pour sauver le monde de ce mal immonde qu’est le Kurde. Qu’on ne vienne surtout pas nous parler de la fraternité des peuples: Les Turcs ne peuvent être les frères des Kurdes qu’ils exterminent par tous les moyens depuis des siècles ! Le meurtre* d’une famille kurde de 7 personnes hier par des fascistes turcs à Konya/Meram n’est que la continuité du génocide kurde décidé en haut lieu. 
 
*Hier, des fascistes turcs ont massacré 7 Kurdes, dont 3 femmes à Konya. La famille kurde avait déjà été attaquée et menacée par les mêmes fascistes le 12 mai dernier. Un énième crime raciste à mettre sur le compte du Président Erdogan et ses alliés islamo – fascistes.
La famille Dedeoğulları, qui vivait à Bahçeşehir, dans le district Meram à Konya, a été attaquée par plus de 60 personnes le 12 mai dernier. 5 fascistes arrêtés dans le cadre de l’attaque avaient été relâchés pour « manque de preuves ». Ils bénéficiaient même de la protection de la police turque. Ainsi, hier, ils ont assassiné Yaşar, Barış, Serpil, Serap, İpek, Metin et Sibel Dedeoğulları qu’ils avaient déjà attaqués et ont mis le feu à leur maison, avec la complicité du pouvoir turc. Les victimes avaient prévenu qu’ils étaient menacés de mort par des fascistes turcs depuis 15 ans. Mais aujourd’hui, le pouvoir turc ose dire qu’il s’agit juste d’une « dispute » entre deux groupes (la famille kurde et les dizaines de fachos qui les ont tués) qui a « mal tournée ». Alors, circulez brave gens, il n’y a rien à voir sous le soleil turc. 
 
L’activiste américain, Thoreau Redcrow s’est amusé à faire une liste non exhaustive de dernières attaques racistes visant les Kurdes sur le sol turc. On la partage avec vous pour que vous compreniez enfin que tous les Kurdes sont en danger en Turquie et partout où la Turquie envoie son armés, ses mercenaires islamistes ou des escadrons de la mort.

 
« Hier, une nouvelle attaque raciste contre les Kurdes en Turquie a eu lieu, lorsque 7 membres de la famille Dedeoğlu, vivant dans le quartier Meram de Konya, ont tous été abattus et assassinés dans leur maison. 

La famille Dedeoğlu (Yaşar, Barış, Serpil, Serap, İpek, Metin et Sibel) craignait qu’une telle atrocité ait lieu, car le 12 mai, une foule fasciste de 60 nationalistes turcs du MHP armés de couteaux avait encerclé leur maison et crié « Nous ne laisserons pas les Kurdes vivre ici ! », avant de battre la famille et de donner à l’un d’entre eux une hémorragie cérébrale.

Barış, l’un des membres de la famille désormais tué, a prophétiquement déclaré aux journalistes le 12 juillet : « Les attaques continuent. Nous avons perdu tout espoir dans la loi, il n’y a pas de justice pour les Kurdes. » Et bien sûr, il avait raison, car ces sortes de lynchages ethniques de Kurdes, motivés par les fascistes, ne sont pas rares.

▪ En fait, il y a seulement 9 jours, dans le village voisin de Konya, Çarıklıköy, un agriculteur kurde, Hakim Dal, a été tué par des agresseurs racistes, qui ont crié « Nous ne voulons pas de Kurdes ici ! ».

▪ À peu près au même moment, 4 frères kurdes de Mardin ont été attaqués par une foule de plus de 100 personnes à Ankara pendant une célébration de l’Aïd. L’un des frères a déclaré : « Ils étaient pleins de haine. Il ne leur suffirait pas de tuer tous les Kurdes. »

Cette haine envers les Kurdes est insidieusement répandue par l’État turc dans toute la Turquie comme une politique officielle, et peut être vue dans les tragédies de ces dernières années….

▪ En 2018, Perihan Akın, une femme kurde et travailleuse agricole saisonnière à Samsun, a été assassinée par des racistes turcs lors d’une attaque contre le camp de tentes dans lequel elle et d’autres travailleurs kurdes exploités étaient forcés de vivre. Après l’attaque, ces travailleurs ont déclaré que ses tueurs appelaient cela « chasser les porcs ».

▪ En janvier 2019, un père kurde Kadir Sakçı a été tué et son fils abattu, dans la province de Sakarya, après que leur meurtrier les a entendus parler une langue non turque et leur a demandé s’ils étaient Syriens, ce à quoi ils ont répondu « nous sommes Kurdes ».

▪ En juillet 2019, un groupe de 9 touristes kurdes de Bashur a été battu par une foule locale à Trabzon, pour avoir pris des photos avec une écharpe du drapeau du Kurdistan.

▪ En mai 2020, Barış Çakan un Kurde de 20 ans a été poignardé à mort par 3 hommes turcs dans un parc d’Ankara, pour avoir écouté de la musique kurde.

▪ En mai 2021, une famille de touristes kurdes d’Hewler [Kurdistan du Sud], a été attaquée et battue avec des pierres sur le bord de la route à Mersin, lorsque les habitants ont vu que leur plaque d’immatriculation était du gouvernement régional du Kurdistan d’Irak.

etc. etc. Et puis, comme l’a écrit la journaliste Nurcan Baysal, « En tant que femme kurde vivant en Turquie, j’ai appris qu’aux yeux de l’État turc, le meilleur Kurde est le Kurde mort ! »

 

7 après le génocide yézidi, quelle justice et quel futur pour les rescapés?

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IRAK / SINJAR – Le 3 août 2014, DAECH (l’État islamique – EI) a commis un génocide à Shengal en massacrant des Kurdes yézidis et en capturant des milliers de femmes et d’enfants. Sept ans après ce massacre, quelle justice et quel futur pour les rescapés du génocide yézidi qui vivotent dans des camps de fortune ? Voici les réponses apportées par l’ONG Free Yezidi Foundation.

Commémoration de sept ans du génocide yézidi
 
Chaque année, le 3 août, la communauté yézidie pleure ceux qu’elle a perdus, se souvient de ceux qui ont disparu et cherche des solutions pour un avenir meilleur.
 
Cette année, la Free Yezidi Foundation met l’accent sur les sujets suivants, afin de favoriser le rétablissement et la croissance de la communauté. Ces sujets doivent être abordés lorsque les parties prenantes yézidies, irakiennes et internationales examinent le bien-être et les prochaines étapes pour notre communauté vulnérable. Les solutions cosmétiques ne résoudront pas les problèmes de longue date défis auxquels notre peuple est confronté. Des mesures sérieuses sont nécessaires pour que les familles yézidies puissent vivre en sécurité en Irak.
 
1. Ramenez nos femmes et nos filles !
 
Cela fait sept ans que Daesh a commencé sa campagne d’anéantissement des Yazidis. Au cours des premiers mois, des milliers de Yézidis ont été tués ou enlevés et soumis à des abus inhumains, y compris l’esclavage et la violence sexuelle continuelle. Depuis, un grand nombre des personnes enlevées sont parvenues à se mettre en sécurité, que ce soit en s’échappant ou en étant secourues. Mais beaucoup restent introuvables, même aujourd’hui. En mai 2021, ce chiffre s’élevait à 2 868 Yézidis. Il est incompréhensible qu’un si grand nombre d’enlèvements de Yazidis puissent rester disparus et ignorés sept ans plus tard. Malheureusement, nous savons que certains ont été assassinés par Daesh ou se sont suicidés. Malgré cela, les Yézidis méritent un effort sérieux pour retrouver les restes de ceux que nous avons perdus.
 
Dans le même temps, nous savons que de nombreuses femmes et filles sont encore en vie. Elles souffrent probablement à ce jour entre les mains de membres ou d’associés de Daesh en Turquie, en Syrie, en Irak ou ailleurs. Ceci est une abomination. La FYF appelle la Coalition mondiale pour vaincre Daesh, le gouvernement irakien, le gouvernement régional du Kurdistan, le gouvernement autonome du Kurdistan et les autorités locales à agir.
 
Le gouvernement régional du Kurdistan, l’Administration autonome du nord-est de la Syrie, Interpol, l’UNITAD, l’UNAMI et les autres parties prenantes à élaborer un plan et à mettre en place un effort sérieux pour localiser les personnes enlevées par les Yézidis qui sont encore en vie et souffrent. Avec les renseignements et les moyens logistiques actuellement disponibles, des progrès peuvent être réalisés. Ramenons les femmes et les filles yézidies.
 
2. Mise en œuvre équitable de l’accord de Sinjar
 
En octobre 2020, le gouvernement irakien et le gouvernement régional du Kurdistan ont conclu un accord officiel pour l’administration, la sécurité et la reconstruction de Sinjar.
officiel pour l’administration, la sécurité et la reconstruction de Sinjar. L’accord a été conclu sans pratiquement aucune participation des Yézidis. Néanmoins, les activistes yézidis ont noté que certains aspects de l’accord pourraient être utiles aux Yézidis.
l’accord pouvaient être utiles à la communauté yézidie retournant au Sinjar, même si d’autres aspects étaient problématiques. Malheureusement, des éléments clés de l’accord n’ont toujours pas été mis en œuvre.
 
De multiples milices continuent d’opérer dans et autour du Sinjar. Les intérêts géopolitiques de la Turquie et de Iran compliquent une situation sécuritaire très délicate. Par exemple, les multiples frappes aériennes de la Turquie, visant ostensiblement le PKK, ont non seulement mis en danger des milliers de vies, mais ont également suscité la peur et le doute parmi les familles yézidies qui envisagent de retourner à Sinjar. La proposition d’une force de police locale yézidie de 2 500 personnes pour protéger Sinjar est favorable en théorie, bien que beaucoup affirment que ce chiffre est beaucoup trop faible. Cette force n’a pas encore été mobilisée, malgré la réponse massive des recrues yézidies. recrues yézidies. La gestion municipale de Sinjar n’est toujours pas mise en œuvre, malgré l’accord l’accord prévoyant un maire et une gouvernance sans lien politique avec Bagdad ou Erbil.
 
Les efforts de reconstruction ont été modestes et sont loin d’être à la hauteur pour accueillir une grande population. population. Entre-temps, Sinjar est l’une des régions les plus contaminées par les mines au monde. 2 Les infrastructures de base sont presque inexistantes et, en dehors des postes de sécurité, les possibilités d’emploi sont rares. sont disponibles. À bien des égards, l’accord s’est avéré n’être guère plus qu’une cessation du conflit territorial entre Bagdad et Erbil. conflit territorial entre Bagdad et Erbil. En soi, cela donne un peu plus d’espace et de d’espace et de potentiel à la communauté yézidie pour envisager un avenir à Sinjar. Mais la mise en œuvre de l’accord Mais la mise en œuvre de l’accord reste dans l’impasse, et des barrages routiers empêchent toujours les citoyens de Sinjar de revenir.
 
3. L’égalité des chances pour les Yezidis
 
Chaque année, la Free Yezidi Foundation plaide pour une action concrète en faveur de l’égalité des chances pour les Yezidis en Irak. Compte tenu de l’histoire de l’exclusion et de la marginalisation systémiques, cela devrait prendre la forme de mesures proactives pour s’assurer que notre communauté a accès à l’éducation, à l’emploi, à la formation et à l’aide gouvernementale si nécessaire. Les Yezidis ne veulent pas l’aumône ou la charité, mais un traitement égal. Malheureusement, les richesses considérables de l’État irakien ont, selon tous les témoignages objectifs, été largement dilapidées en raison de l’absence d’une politique de développement durable et a été largement dilapidée en raison de la corruption et de la mauvaise gestion. Cela a un impact négatif chaque composante du pays, mais affecte de manière disproportionnée ceux qui ont le moins de ressources.
 
L’égalité des chances pour les Yezidis pourrait prendre de nombreuses formes : attribution de sièges aux Yezidis dans les universités, l’investissement dans l’éducation de base des Yezidis, des efforts proactifs pour promouvoir un environnement de travail diversifié dans le monde dans le monde des affaires, ainsi qu’une aide et un développement ciblés pour améliorer les compétences et la formation pour les ouvriers et les travailleurs yézidis.
 
Les jeunes Yezidis n’ont pas seulement été contraints de quitter leurs pour des camps de déplacés, ils ont également été contraints d’interrompre leurs études. En leur fournissant une éducation, des outils, et une perspective raisonnable d’avenir dans l’économie moderne peut ne pas sembler être une priorité urgente. Mais si ces besoins sont négligés, il est difficile d’envisager que les familles yézidies sortent de la subsistance et de la pauvreté.
 
Notre peuple était impuissant et à la merci des extrémistes en 2014. Le renforcement de la force économique est une solution clé pour aider notre communauté à prendre soin d’elle-même et à se protéger. Cela est impossible sans formation et sans éducation.
 
4. La loi sur les survivants yézidis
 
Le 1er mars 2021, le Parlement irakien a adopté la loi sur les survivants yézidis, qui prévoit un ensemble complet de services et de réparations financières pour les survivants des crimes de Daesh. Les personnes éligibles sont les femmes et les jeunes filles yézidies ayant survécu à des violences sexuelles, les femmes et les jeunes filles issues des des communautés chrétienne, turkmène et shabak, ainsi que les survivants d’exécutions massives. La loi prévoit un salaire mensuel, un lopin de terre ou un logement, un soutien pour réintégrer l’école et l’accès à des services psychosociaux et à d’autres services de santé. Cette loi est également la première reconnaissance officielle par le Parlement irakien du génocide des Yézidis.
 
La communauté yézidie salue chaleureusement cette reconnaissance et les services qu’elle promet. Bien que beaucoup auraient préféré que d’autres clauses soient incluses dans la loi, il s’agit d’une étape cruciale et symbolique. Il s’agit d’une avancée critique, symbolique et nécessaire pour les Yezidis en Irak. Néanmoins, le scepticisme demeure et des défis importants restent à relever. La mise en œuvre n’a pas encore n’a pas encore commencé. Les obstacles bureaucratiques doivent être surmontés, une communication précise avec les survivants individuels doit être transmise avec compassion et des fonctionnaires qualifiés doivent veiller à la bonne application de la loi et à la distribution des indemnités, comme stipulé. Ces obstacles ne sont pas
impossibles à surmonter, mais il y a eu par le passé des échecs dans la mise en œuvre de la législation irakienne.
 
Il sera essentiel que les agences des Nations unies et la communauté internationale, notamment les ambassades à Bagdad, suivent de près ce processus, apportent leur soutien technique lorsque cela est possible, et contribuent à faire en sorte que la mise en œuvre effective corresponde à la lettre de la loi, clause par clause.
 
5. De meilleures conditions pour les personnes déplacées
 
Les habitants de Sinjar ont le droit de retourner dans leur région d’origine de manière volontaire, sûre et digne. Le gouvernement irakien a annoncé la fermeture soudaine des camps dans tout l’Irak fédéral vers la fin de l’année 2020. Le gouvernement fédéral semble avoir l’intention de forcer la fermeture des camps dans la région du Kurdistan d’Irak, où se trouvent la plupart des camps de déplacés yézidis. Le ministère irakien des déplacement et de la migration maintient sa position d’accélérer la fermeture des camps. Il s’agit d’une question épineuse qui devrait être fondée sur les besoins humanitaires de la population déplacée, mais qui a été affectée par la politique irakienne. Pendant ce temps, les conditions à l’intérieur des camps continuent de se détériorer en raison de la négligence.

En juin 2021, 133 familles ont perdu leurs tentes à la suite d’un incendie massif qui a ravagé le secteur B du camp de déplacés internes de Sharya. Cet incendie aurait pu être évité et a probablement été causé par un câblage électrique dangereux. Le seul camion de pompiers du camp n’était pas opérationnel, ce qui a entraîné un délai d’intervention de près d’une heure. Plus tôt dans l’année un incendie s’est déclaré dans le camp de Bersivé, tuant une famille entière. Cette négligence des infrastructures de base est est malheureusement répandue dans tout l’Irak. Elle est particulièrement meurtrière dans les camps de personnes déplacées où les tentes sont inflammables et où vivent depuis sept ans des milliers de déplacés yézidis.
 
L’Irak prétend qu’il cherche à fermer les camps de déplacés en raison des mauvaises conditions et aider les Yezidis à retourner à Sinjar. Tous les Yezidis et les défenseurs de l’humanitaire s’accordent à dire que les Yezidis ont le droit de retourner chez eux. Mais ce retour doit être volontaire et sûr, et non forcé.
 
L’environnement actuel du Sinjar présente de sérieux défis pour les familles yézidies. Tous les efforts doivent être faits pour améliorer la sécurité, les infrastructures, l’emploi et les services de base à Sinjar et dans les villages environnants, les personnes déplacées doivent être autorisées à rentrer quand elles le décideront, et non le gouvernement.
 
Bien que les camps de déplacés ne doivent pas être permanents, ils offrent une protection et un logement de base. Toutes les parties prenantes doivent veiller à ce que les camps de personnes déplacées soient aussi sûrs que possible, notamment par la mise en œuvre de mesures de prévention des incendies. Simultanément, les efforts visant à accélérer le retour doivent être fondés sur des normes acceptées et ne seront couronnés de succès que si et quand la sécurité et les besoins fondamentaux seront satisfaits.
 
6. Justice et responsabilité
 
Cette année, les Nations unies ont formellement conclu que Daech a commis un génocide contre les Yezidis. Certains procès ont été menés, principalement en Allemagne, pour juger les auteurs de Daesh pour leurs crimes. Mais dans la plupart des cas, y compris des centaines de cas en Irak, les procès se sont déroulés sous la rubrique des lois sur le terrorisme.
 
Les membres de Daesh devraient être jugés pour terrorisme – et pour crimes contre les droits de l’homme. C’est une parodie de justice que d’omettre ces derniers. Au cours de l’année écoulée, une grande attention a été portée aux éléments suivants
membres étrangers de Daesh, en particulier les femmes membres de Daesh originaires d’Europe. Les forces de l’ordre ne doivent pas choisir la voie de la facilité et chercher à obtenir des condamnations uniquement pour des accusations liées au terrorisme. Les preuves doivent être examinées, malgré les difficultés et les coûts, pour s’assurer que ceux qui ont aidé ou participé à des crimes odieux, y compris l’esclavage et la traite des êtres humains, le viol, le meurtre, la torture, les crimes contre l’humanité et le génocide, soient tenus pour responsables. En d’autres termes, ceux qui ont commis un génocide ne doivent pas s’en tirer à bon compte.
 
Un effort intégré entre les services répressifs européens, Europol, les mécanismes de l’ONU, les organes militaires et de renseignement, et leurs homologues militaires et des services de renseignement, ainsi que leurs homologues irakiens, doivent veiller à ce que les dossiers de chaque membre de Daesh soient aussi précis que possible et incluent les allégations de génocide, les violations présumées des droits humains, et pas seulement le terrorisme.
 
Pour contacter FYF, écrire à: info@freeyezidi.org

TURQUIE. Carnage à Konya: des fascistes turcs ont massacré 7 Kurdes, dont 3 femmes

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KONYA – Des fascistes turcs ont massacré 7 Kurdes, dont 3 femmes à Konya. La famille kurde avait déjà été attaquée et menacée par les mêmes fascistes le 12 mai dernier. Un énième crime raciste à mettre sur le compte du Président Erdogan et ses alliés islamo – fascistes.

 

Une deuxième attaque a eu lieu contre une famille kurde vivant dans le quartier Meram de Konya, qui avait été agressée violemment par un groupe raciste de 60 personnes le 12 mai. 7 membres de la famille Dedeoğulları ont été tués de sang froid par des fascistes turcs qui n’ont rien à craindre de la « justice » turque, d’où les attaques quotidiennes visant les Kurdes en Turquie.

 

Un massacre prévisible 

 

La famille Dedeoğulları, qui vivait à Bahçeşehir, dans le district Meram à Konya, a été agressée par plus de 60 personnes le 12 mai dernier. 5 fascistes arrêtés dans le cadre de l’attaque avaient été relâchés pour « manque de preuves ». Ils bénéficiaient même de la protection de la police turque. Ainsi, ils ont assassiné la famille qu’ils avaient attaquée auparavant avec la complicité du pouvoir turc.

 

Aujourd’hui, la famille Dedeoğulları a de nouveau été attaquée à coups de couteaux, de pierres et de bâtons avec les cris de « Nous sommes des nationalistes, nous ne vous laisserons pas vivre ici ». de 7 Kurdes, dont 4 femmes, ont été tués. Il y a également des blessés. Les fascistes ont mis le feu à la maison de la famille.

Agence Mezopotamya

 

Mère d’Havrin Khalaf: Il ne suffit pas de mettre les assassins de ma fille sur une liste de sanctions

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SYRIE / ROJAVA – La mère d’Hevrîn Khalaf – politicienne kurde tuée par des gangs islamistes de la Turquie – déclare qu’il ne suffit pas de mettre les assassins de sa fille sur une liste de sanctions. Elle exige que l’Europe et les États Unis poursuivent en justice le dirigeant turc Erdogan pour les crimes commis par les forces turco-jihadistes au Rojava et en Syrie.
 
Le département du Trésor américain a annoncé hier qu’il a imposé des sanctions à un groupe armé soutenu par la Turquie pour des crimes contre les Kurdes en Syrie, dont le meurtre de la politicienne Havrin Khalaf.
 
Dans un communiqué, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) a déclaré qu’il sanctionnait Ahrar al-Sharqiyah pour des crimes contre des civils ainsi que contre deux des dirigeants du groupe, Abu Hatim et son frère Abu Ja’far.
 
La mère d’Hevrîn Khalaf, Suad Mistefa a déclaré qu’il ne suffisait pas d’inclure les assassins de sa fille sur une liste de sanctions car ils continuent de commettre des crimes contre les Kurdes et les autres peuples au Rojava et en Syrie.
 
la décision de sanctions des États-Unis, la mère du martyr Hevrin Khalaf, Suad Mistefa, a déclaré : « Les États-Unis auraient pu empêcher cet événement inhumain. L’endroit où Hevrîn est tombée en martyr n’était qu’à quelques kilomètres des bases américaines. Je l’ai dit à des journalistes et des avocats américains. »
 
Suad Mistefa a déclaré que les sanctions américaines n’étaient pas suffisantes, ajoutant : « Les journaux ont écrit que des sanctions ont été imposées à la Turquie et que le peuple turc et d’autres peuples souffriraient énormément, mais Erdoğan ne serait pas affecté, et dans ce contexte, la décision est insuffisante. »
 
Suad Mistefa a déclaré que les États-Unis pouvaient empêcher les massacres, mais a fermé les yeux.
 
Se référant à l’inclusion d’Abou Hatim Shaqra, chef islamiste du groupe terroriste Ahrar al-Charkiya, sur la liste des sanctions, Mistefa a déclaré : « Il y a des milliers de personnes qui commettent des massacres comme Abou Hatim Shaqra. J’appelle les États-Unis et la Cour européenne des droits de l’homme à juger Erdoğan qui a commis des crimes dans la région. »
 
Mistefa a souligné que les sanctions imposées par les États-Unis aux individus n’étaient pas suffisantes et que tous ceux qui ont soutenu Erdoğan et ces crimes devraient être jugés, et a déclaré qu’Erdoğan avait assassiné des politiciens parce qu’il avait trouvé du soutien autour de lui.
 
« Où étaient les États-Unis quand Hevrin a été assassinée ? »
 
Rappelant qu’Hevrin Khalaf a été assassiné sous les yeux des États-Unis et du monde entier, Suad Mistefa a déclaré que la décision d’imposer des sanctions à Hatim Ebu Şerqa et à d’autres n’était pas crédible. « Hevrin a été assassinée de manière planifiée, et je pense que les États-Unis étaient au courant de cette décision de massacre car ils n’ont pas poursuivi ceux qui sont derrière le massacre et ceux qui ont soutenu Erdoğan. »
 
Soulignant que le but d’Erdoğan et de ses mercenaires était de briser l’idée et la volonté de femmes libres en la personne d’Hevrin Khalaf, Suad Mistefa a noté qu’après le massacre, des milliers de femmes ont renforcé leur lutte contre la trahison et les complots.
 
Notant que le but du meurtre d’Hevrin Khalaf était également de saper l’unité et la fraternité des peuples de la Syrie du Nord et de l’Est, Suad Mistefa a ajouté qu’elle avait demandé justice aux côtés d’organisations de défense des droits humains, d’avocats et de tribunaux européens afin que les criminels soient jugés et les valeurs humaines ne sont pas violées.
 
« Mon objectif est qu’Erdoğan soit jugé devant les tribunaux européens. Parce qu’il est le soutien numéro un des groupes de mercenaires. Mon plus grand souhait est que ceux qui ont assassiné Hevrin Khalaf soient punis. »
 

TURQUIE. Des maisons des Kurdes démolies à Ankara/Baglum

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ANKARA – Des Kurdes, dont les maisons et les fermes ont été détruites à Bağlum Köprü Mevkii, dans la province d’Ankara / Keçioren, au motif qu’il n’avaient pas fait les démarches nécessaires auprès du service de cadastre, disent qu’on a détruit seulement les biens appartenant aux Kurdes dans le cadre d’une politique spéciale anti-kurde. Par ailleurs, une des victimes de ces destructions a déclaré que lors d’une visite d’Emine Erdogan, la femme du président Erdogan, au refuge pour animaux de Keçiören le 28 juillet. Quelques femmes Kurdes ont demande à Mme Erdoğan d’empêcher la destruction de leurs fermes et maisons. Erdogan leur aurait répondu : « Allez à la montagne [rejoignez le PKK]».
 
Environ 150 familles kurdes sont actuellement menacées par la destruction de leurs maisons à Bağlum. Des familles dont les maisons ont été détruites ou sont en cours de démolition ont déclaré subir cela à cause de leur identité kurde.
Les victimes, dont la plupart ont immigré du district de Derik, à Mardin, il y a 20 ans, vivent de l’élevage ici. Expliquant qu’ils ont vendu tous leurs actifs dans leur ville natale avant de s’installer à Baglum et d’investir dans leur résidence actuelle, les victimes kurdes ont déclaré que leurs moyens de subsistance leur avaient été retirés. 8 maisons et fermes ont été détruites jusqu’à présent. Alors que ceux dont les maisons ont été détruites vont chez leurs proches vivant dans la même zone, ils essaient de protéger leurs biens.

ILS NE VEULENT PAS DES KURDES
Déclarant que les autorités turques les forçaient à quitter la maison depuis environ deux ans, Mustafa Ekinci qui habite ici depuis 21 ans a dit: « Nous ne savons pas quoi faire. Il y a 8 maisons et fermes détruites ici, et 8 d’entre elles appartiennent à des familles kurdes. Ils ne veulent pas de Kurdes ici. (…) Je ne suis pas d’accord. S’il y a un ordre, il doit être exécuté sans discrimination. Pourquoi choisissent-ils uniquement des Kurdes ? Ils ont détruit la maison où se trouvaient nos enfants. J’ai pleuré pendant des heures, ça devient de plus en plus difficile. »
SI VOUS NE PARTEZ PAS D’ICI, NOUS Y METTRONS LE FEU
Adil Ece, qui réside ici depuis 21 ans, a également déclaré qu’il vit de l’élevage mais qu’ils ne pouvaient pas régulariser leur situation en raison de difficultés financières, ajoutant : « Ils sont venus de la municipalité de Keçiören il y a environ deux ans, ils nous ont dit qu’il n’y avait aucun dossier de construction ici. Ils ont dit : ‘Si vous ne sortez pas d’ici, nous brûlerons cet endroit’. Pendant un an et demi, ils ont continué à nous menacer avec des rhétoriques telles que « nous allons brûler cet endroit ». Voilà le résultat, ils font ce qu’ils disent. »
 

Les USA sanctionnent un groupe armé soutenu par la Turquie pour des crimes commis contre les Kurdes

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Le département du Trésor américain a annoncé hier qu’il a imposé des sanctions à un groupe armé soutenu par la Turquie pour des crimes contre les Kurdes en Syrie, dont le meurtre de la politicienne Havrin Khalaf.
 
Dans un communiqué, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) a déclaré qu’il sanctionnait Ahrar al-Sharqiyah pour des crimes contre des civils ainsi que contre deux des dirigeants du groupe, Abu Hatim et son frère Abu Ja’far.
 
« Ahrar al-Sharqiya a commis de nombreux crimes contre des civils, en particulier des Kurdes syriens, notamment des homicides illégaux, des enlèvements, des actes de torture et des saisies de biens privés », a déclaré le Trésor américain.
 
Le groupe islamiste soutenu par la Turquie est originaire de la province syrienne orientale de Deir al-Zor, où il a été créé par Abu Maria al-Qahtani après sa séparation du tristement célèbre Front al-Nosra d’Al-Qaïda.
 
Le groupe est bien connu pour ses violations des droits humains dans l’est de la Syrie lors des offensives turques contre les forces kurdes en janvier 2018 et en octobre de l’année suivante. Ses militants avaient auparavant menacé, insulté et finalement chassé un petit nombre de forces spéciales américaines de la ville d’al-Rai, dans le nord du pays, en septembre 2016.
 
Il s’est également régulièrement battu contre d’autres groupes soutenus par la Turquie lors d’escarmouches sur le territoire sous contrôle d’Ankara.
 
En octobre 2019, des miliciens d’Ahrar al-Sharqiya ont sommairement exécuté Hevrin Khalaf, co-présidente du parti Avenir de la Syrie. Capturée sur l’auto-route M4, près du village de Tirwazî, entre Soulouk et Tall Tamer, elle a été violée et lapidée le 12 octobre 2019 par les membres de la milice djihadiste «Ahrar al-Sharqiya», allié de la Turquie.
 
Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a confirmé dans un communiqué que le groupe «a été impliqué dans le meurtre illégal d’Hevrin Khalaf. Ahrar al-Sharqiya a également intégré de nombreux anciens membres de l’Etat islamique dans ses rangs.»
 
Depuis que les mercenaires soutenus par la Turquie ont envahi le canton kurde d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, début 2018, plusieurs rapports solides ont montré que de nombreux anciens combattants de l’Etat islamique avaient rejoint les groupes mercenaires alliés à la Turquie. Selon un rapport d’ août 2019 du Rojava Information Center (RIC), basé en Syrie, au moins 40 anciens combattants de l’Etat islamique ont rejoint divers groupes soutenus par la Turquie.
 
De plus, un rapport publié par l’organisation de défense des droits humains Syriens pour la vérité et la justice (STJ) en juin a documenté que 27 dirigeants et combattants de l’Etat islamique s’étaient enrôlés dans l’Armée nationale syrienne (ANS / SNA) soutenue par la Turquie.
 
En plus des sanctions contre le groupe Ahrar Sharqiya et ses commandants, les États-Unis ont également sanctionné huit prisons syriennes gérées par l’appareil de renseignement de Damas et cinq hauts responsables de la sécurité d’autres agences qui contrôlent les centres de détention en question.
 
Le communiqué américain cite une estimation du Réseau syrien pour les droits de l’homme (SNHR) qui affirme que 14 000 détenus sont morts après avoir été torturés par le régime d’Assad depuis le début de la guerre civile syrienne qui a duré dix ans, tandis que 130 000 personnes supplémentaires sont seraient toujours portés disparus ou détenus.
 
De plus, les États-Unis ont imposé des sanctions à Saraya al-Areen, une milice affiliée à l’armée arabe syrienne qui a participé à l’opération offensive de 2020 pour ramener Idlib sous le contrôle du régime, et déplacé des milliers de civils pendant l’offensive.
 
Dans une déclaration distincte, les États-Unis ont également désigné deux partisans d’Al-Qaïda, dont un facilitateur financier basé en Turquie et un collecteur de fonds et recruteur basé en Syrie pour fournir un soutien matériel à Hay’at Tahrir Al-Sham (HTS), affilié à Al-Qaïda.
 
« Même si nous travaillons pour nous assurer que nos sanctions n’entravent pas l’acheminement de l’aide humanitaire (…) ou les secours liés au COVID 19, l’action d’aujourd’hui montre clairement que les États-Unis n’oublieront pas les victimes des violations des droits humains en Syrie et utiliseront des outils appropriés pour cibler et identifier les responsables, quel qu’en soit l’auteur », lit-on dans la déclaration de Blinken.
 

TURQUIE. Nouvelle attaque raciste contre les Kurdes à Ankara

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ANKARA – Une autre attaqué raciste contre une famille kurde s’est produite à Ankara. Une mère célibataire et ses cinq enfants ont été insultés et menacés en présence de policiers turcs. La famille a dû fuir leur quartier.
 
La violence raciste contre les Kurdes en Turquie prend des proportions de plus en plus menaçantes. Des attaques racistes antikurdes se produisent presque quotidiennement, mais les auteurs jouissent d’une impunité totale. Le cas le plus récent a eu lieu à Ankara. ZD, une femme kurde de 38 ans vivant dans le quartier d’Elmadağ, a subi des insultes racistes et menacée par des voisins turcs en présence de la police turque. Cependant, les agresseurs n’ont pas été inquiétés, mais la famille kurde a dû abandonner leur appartement et quitter le quartier.
 
Victimes de discrimination obligées de déménager
 
ZD, originaire de Yüksekova (Gever) dans la province kurde de Hakkari, a déclaré avoir été victime de discrimination raciste de la part des habitants de son quartier (Ismetpaşa). La mère célibataire de cinq enfants, qui travaille comme femme de ménage, vivait à Ismetpaşa depuis 2 ans. Récemment, des signatures ont été recueillies pour que la famille kurde quitte la région. Il y a deux jours, la situation s’est aggravée.
 
« Nous ne voulons pas de vous ici, partez »
 
La femme kurde a décrit l’attaque ainsi: « Il était environ 22h30 lorsque les voisins ont commencé à nous crier dessus « Sales Kurdes », « terroristes » et des insultes sexistes. Ils ont dit qu’ils ne voulaient pas de nous ici et que nous devions partir. Nous avons alors appelé la police. Les policiers sont arrivés. Ils ont essayé de nous attaquer. Les policiers ont repoussé le groupe, mais l’un des agresseurs est quand même arrivé à la porte de mon appartement et a essayé de m’attaquer. Mon fils aîné a paniqué et a pris un couteau, après quoi il a été menacé par la police. (…) « En gros, nous sommes autorisés à vous tuer maintenant », ont déclaré les policier. » Entre-temps, la famille de six personnes a déménagé.
 
Lynchages mortels
 
En Turquie, les attaques racistes contre les Kurdes par des lynchages organisés sont en augmentation. Ces derniers jours, sept ouvriers agricoles kurdes ont été blessés à Afyon. A Ankara, quatre Kurdes ont été blessés, dont deux grièvement, lors d’une attaque armée contre une famille kurde. Plus tard, la police a également attaqué la famille à l’extérieur de l’hôpital. A Konya, un Kurde de 43 ans a été tué dans une attaque contre sa famille. Quarante des quelque soixante personnes impliquées ont été temporairement détenues et toutes sauf une ont été libérées. Toujours à Konya, une famille kurde de sept personnes avait déjà été attaquée chez elle par une foule de lyncheurs et battue presque à mort.
 
Le racisme n’est pas un crime en Turquie
 
La justice turque ignore le contexte raciste des attaques contre les Kurdes. Les lyncheurs sont traités par les forces de l’ordre comme des lésions corporelles dues à des conflits personnels. Il est vrai que le racisme n’apparaît de toute façon pas dans le code pénal turc ; L’article 122 criminalise uniquement la discrimination. Mais même ce paragraphe n’est pas appliqué dans les cas récents de violence.