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Facebook censure de nouveau la page « Kurdistan au féminin »

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CENSURE – Les pages et les comptes kurdes sont dans le collimateur du Facebook depuis des années. On ne compte plus les pages et comptes kurdes supprimés par Facebook ces dernières années. Mais avec le temps, les agissements de Facebook sont devenus plus sournois. Par exemple, dorénavant, il ne supprime pas forcément les comptes / pages kurdes mais les empêche de partager ou limite leur audience auprès de leurs abonnés. C’est ce qui se passe avec la page « Kurdistan au féminin ». Une des administratrices de la page est interdite depuis ce matin de publier sur la page.
 
Facebook a changé le statut d’une des administratrices de la page en « modératrice ». Lorsque d’autres administratrices de la page tentent de changer son statut, Facebook dit qu’elle est déjà administratrice sur la page. Mais lorsqu’elle se rend sur la page, elle n’est pas autorisée à changer quoi que ce soit et se vois comme modératrice !
 
Par ailleurs, Facebook a limité l’audience de notre page depuis plusieurs semaines et nous avertit qu’il peut la supprimer à tout moment pour des « infractions répétées aux Standards de la communauté ». Facebook-France avait supprimé le 6 avril 2018 la précédente page « Kurdistan au féminin » (KAF), qui avait près de 60 000 abonnés, car elle parlait des Kurdes et des injustices dont ils sont victimes dans les quatre parties du Kurdistan. Le mois dernier, il a supprimé une de nos images* montrant Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois femmes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013. Facebook prétend que cette publication n’est pas conforme à ses standards et prévient que notre « Page est sur le point d’être dépubliée et fait l’objet d’une diffusion limitée et d’autres restrictions en raison d’infractions répétées aux Standards de la communauté ».

La dernière image censurée par Facebook
 

Facebook nous avertit que notre page risque d’être supprimée 

Facebook-France fait taire les voix kurdes pour plaire à la Turquie

Pour nous, la censure de notre page Facebook, basée en Europe, est ordonnée directement par le pouvoir turc qui a déjà banni notre site, ainsi que notre compte Twitter et notre page Facebook sur décision de la « justice ». La Turquie ne se contente pas de massacrer les Kurdes, les chasser de leurs terres, elle mène sa guerre anti-kurde sur les réseaux sociaux également, jusqu’en Europe. On vous entend dire « Pourquoi Facebook accepte d’agir dans l’intérêt de la Turquie, même en Europe ? » La réponse est simple: si Facebook veut ne pas être banni en Turquie, il doit accepter les 4 volontés de la Turquie, à savoir la censure des voix kurdes efficaces sur sa plateforme. En effet, les publications de KAF sont essentiellement en français et donc s’adressent à un public européen/occidental. Mais quoi de plus pénible pour la Turquie de voir les Kurdes entendus, vus dans le monde, alors qu’elle s’acharne à les liquider en tant que peuple? C’est pourquoi, elle utilise tous les moyens qui sont à sa disposition pour nous faire la guerre où qu’on soit dans le monde, y compris dans le monde virtuel.

On continuera à dire la vérité kurde, malgré la censure

La suppression de notre page Facebook précédente ne nous a pas empêché de dire la vérité sur ce que nous, les femmes et hommes kurdes, subissons de la part du régime turc. C’est pourquoi, la suppression probable de notre page actuelle ne nous réduira pas en silence. On en créera une autre et on continuer à parler de la réalité kurde, aussi gênante qu’elle soit pour la Turquie.

A bas la censure !

Vive la liberté d’expression, y compris celle des Kurdes !

On ne lâche rien et on compte sur nos lectrices et lecteurs qui seront nos relais à travers leurs sites, réseaux etc.

 

LONRDES. Des militants britanniques lancent la pétition « Free Selahattin Demirtas »

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LONDRES – La campagne « Libérez Selahattin Demirtas » lancée au Royaume-Uni rassemble des signatures sur une pétition demandant à la Turquie de se conformer à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de décembre selon laquelle l’ancien coprésident du HDP devrait être libéré.
 
Selahattin Demirtaş doit être libéré, ont déclaré des militants britanniques ce week-end alors qu’ils lançaient une nouvelle initiative pressant les parlementaires du pays d’obtenir la libération de prison des politiciens kurdes.
 
La campagne « Free Selahattin Demirtas » rassemble des signatures sur une pétition exigeant que la Turquie se conforme à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de décembre selon laquelle l’ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) devrait être libéré.
 
Il a été initié par le Center for Kurdish Progress, qui a averti que « la répression de l’opposition politique kurde s’est intensifiée depuis que le virage autoritaire de la Turquie s’est accéléré depuis 2015.
 
Depuis lors, les maires de district et de province du HDP ont été démis de leurs fonctions sur de fausses allégations et des milliers de responsables du parti ont été arrêtés et emprisonnés », a-t-il indiqué dans un communiqué.
 
M. Demirtaş est derrière les barreaux depuis une vague d’arrestations de parlementaires du HDP en novembre 2016 après qu’un amendement constitutionnel a supprimé l’immunité de poursuites des législateurs.
 
Il risque au total 142 ans de prison pour des accusations de terrorisme forgées de toutes pièces. Mais la CEDH a statué le 23 décembre que son maintien en détention était « politiquement motivé » et qu’il devait être immédiatement libéré.
 
Le président autoritaire turc Recep Tayyip Erdogan a ignoré le jugement, insistant sur le fait que le leader politique charismatique doit rester en prison, soulevant de nouvelles accusations contre lui dans le cadre de la soi-disant affaire Kobanê.
 
Cela voit M. Demirtas et 107 autres hauts responsables du HDP risquent la réclusion à perpétuité pour une série d’accusations, dont 37 chefs d’homicide liés à des personnes tuées par les services de sécurité lors des manifestations de 2014 pour la défense de Kobanê alors qu’il était assiégé par Isis.
 
M. Erdogan a été accusé d’avoir bloqué l’aide et l’accès pour aider les Kurdes alors qu’ils faisaient face au massacre tout en facilitant les djihadistes alors qu’ils traversaient la frontière avec la Syrie.
 
La paix au Kurdistan (PIK) s’est félicitée de cette initiative et a souligné la récente motion adoptée au Parlement européen, dans laquelle les députés ont voté à une écrasante majorité pour faire pression sur le Conseil de l’Europe, dont la Turquie est un État membre, afin qu’il prenne des mesures fermes pour appliquer la décision de la CEDH.
 
Dans une déclaration, le PIK a déclaré: « La Turquie ne peut tout simplement pas être autorisée à se soustraire au droit international et aux décisions des institutions démocratiques. Mais il est temps que les députés britanniques prennent position et dénoncent l’écrasement de la démocratie et l’emprisonnement de parlementaires démocratiquement élus.
 
Selahattin Demirtaş et le HDP sont la volonté du peuple kurde. Des millions de personnes ont voté pour lui et le parti lors de nombreuses élections. Ce qui se passe est un génocide politique. Nous encourageons tout le monde à signer cette pétition et à envoyer un message clair à leurs députés: libre Selahattin Demirtas. »
 
La pétition peut être signée ici
 

Résistance de l’Université du Bosphore. A quand la convergence des luttes en Turquie ?

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TURQUIE / BAKUR – Depuis un mois, les étudiants de l’Université du Bosphore (Bogaziçi) sont mobilisés contre le nouveau recteur Melih Bulu nommé par Recep Tayip Erdogan. La mobilisation réprimée par le pouvoir a reçu le soutien de presque toute la société turque, y compris celui des associations et partis politiques kurdes. En cela, le mouvement Bogaziçi nous rappelle celui du mouvement protestataire de Gezi, à Istanbul / Taksim, en 2013.
 
Des organisations et partis politiques de gauche, des syndicats, des associations de LGBT+, le mouvement kurde… tous s’étaient unis derrière le mouvement Gezi qui avait été provoqué quand la mairie avait voulu couper les arbres du parc Takim pour y construire un centre commercial.
 
Comme les protestataires de Gezi il y a 7 ans, ceux soutenant les étudiants de l’Université de Bosphore viennent d’horizons divers englobant tous les segments du pays. On y trouve des partis politiques, des universitaires, des organisations de gauche et des syndicalistes, les partis et organisations kurdes, des associations de défense des LGBT+ et une myriade d’autres organisations représentant la diversité de la société qui va au-delà d’une nation turco-sunnite … 
 
Ce nouveau élan de solidarité qui défit le régime d’Erdogan à travers la Turquie crée l’enthousiasme dans un pays gagné par la pauvreté, l’autocratie et la violence. Le journaliste Fehim Tastekin fait partie de ceux qui voient dans le mouvement de protestation de Boğaziçi un sursaut de révolte prometteuse. Dans son article « Les «vandales». Sur la lutte des étudiants de l’université de Boğaziçi », Tastekin écrit que:

« Voir des êtres humains qui ne se soumettent pas inquiète le pouvoir turc. Les jeunes de l’université, avec leur intelligence, leur conscience, leur volonté non atrophiée, savent dire non. Ils montrent comment des gens de différentes ethnies, religions, croyances, tempéraments, genres, peuvent lutter et vivre harmonieusement. Voilà la raison de la colère du pouvoir. »
 
Seul bémol, pourquoi on ne voit pas ces « jeunes de l’université, avec leur intelligence, leur conscience, leur volonté non atrophiée [qui] montrent comment des gens de différentes ethnies, religions, croyances, tempéraments, genres, peuvent lutter et vivre harmonieusement », dans les régions kurdes où le pouvoir turc nomme des administrateurs aux mairies, associations … kurdes dont les dirigeants élus sont jetés en prison?
 
2 après le mouvement Gezi, dès juin 2015, quand le parti « kurde », HDP est entré au parlement turc, causant sa première défaite à Erdogan qui perdait la majorité parlementaire, il a déclaré la guerre au HDP et aux régions kurdes coupables d’un tel crime de lèse-majesté. Entre 2015 et 2016, plusieurs villes kurdes (Cizre, Sur, Silopi, Nusaybin…) ont été détruites par l’armée turque, plus de 1 500 civils kurdes tués et des centaines de milliers d’autres chassés de leurs villes…
 
A cette époque, pendant que les Kurdes subissaient des massacres, la jeunesse turque, comme le reste de la société turque, jouait les trois singes qui n’ont rien dit, vu et entendu. Pour eux, l’État « mettait de l’ordre » dans l’ « Est du pays » [pour pas dire le Kurdistan du Nord] attaquée par des « séparatistes/terroristes kurdes ».

Aujourd’hui, alors que des milliers de députés, maires, militantes, féministes, journalistes, médecins, enseignants, artistes ou simples citoyens kurdes croupissent dans les prisons turques, la nature du Kurdistan « turc » détruite, on n’entend pas l’indignation de la « société turque » devant un tel génocide ethnique, linguistique, culturelle et écologique visant les millions de Kurdes de Turquie.

Tant que la société turque ne reconnaitra pas le statut de colonisé du peuple kurde, et tant qu’il n’y aura pas de convergence de luttes et une conscience politique en Turquie, tout mouvement de contestation est voué à l’échec, comme on l’a vu à Gezi. La société turque a beaucoup à apprendre du mouvement de libération kurde qui a plus de 40 ans d’expérience en la matière, malgré la violence étatique implacable qu’elle subit. Si la société turque veut en finir avec le dictateur Erdogan, elle doit accepter que le peuple kurde a le droit à son auto-détermination et le soutenir. Sinon, on ne voit pas pourquoi elle mérite autre chose que l’enfer Erdogan.

TURQUIE. Un jeune Kurde grièvement blessé par des soldats turcs à Van

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TURQUIE / BAKUR – Ali Nametoğulları, un jeune Kurde blessé grièvement par des soldats turcs à Van, est dans le coma. Le père a déclaré que son fils était descendu du véhicule les mains en l’air à la demande des soldats mais qu’il avait reçu deux balles dans le dos.
 

M. Ali Nametoğulları, 20 ans, a été abattu par un soldat turc à proximité du poste de police d’Erçek, à Van / Ipekyolu. Le jeune homme est hospitalisé dans un état critique. Nametoğulları a été touché par 2 balles et devra subir une intervention chirurgicale très complexe s’il n’y a pas d’amélioration de sa santé dans les deux jours. Son poumon est endommagé.

Nametoğulları avait quitté la maison et se rendait à Van pour amener sa soeur chez le médecin. Afin d’éviter d’être arrêté par des soldats et interrogé pour avoir violé le couvre-feu contre le coronavirus, Nametoğulları est passé par le commissariat de police d’Erçek.

Lorsqu’il est sorti du véhicule après avoir reçu l’ordre de «s’arrêter», il a reçu une balle dans le dos. Nametoğulları, dont les 3 côtes étaient cassées et les poumons endommagés suite à la balle reçu dans le dos, a été emmené à l’hôpital universitaire de Van Yüzüncü Yıl Dursun Odabaşı.

Iskender Nametoğulları, le père du jeune homme, a déclaré que la vie de son fils était en danger et a ajouté: « S’il ne reprend pas conscience, il subira une intervention chirurgicale dans un jour ou deux. Sa sœur lui a demandé de l’emmener chez le médecin, c’est pourquoi il était en route pour Van. Il a été arrêté par des soldats. Nous supposons qu’il a été blessé par le feu ouvert par les militaires du commissariat d’Erçek. Nous attendons toujours, il témoignera quand il sera guéri (…). »

 

SHENGAL. Le Conseil yézidi jure qu’ils demanderont des comptes aux responsables du génocide yézidi

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SHENGAL – Hier, les restes de 104 Yézidis tués lors du massacre commis par l’Etat islamique (EI) dans le village de Kocho, à Shengal, ont été enterrés dans le cimetière du village lors d’une cérémonie religieuse. Leurs restes ont été identifiés suite à un énorme travail comprenant des analyses ADN. Nadia Murad, prix Nobel de la paix et ancienne esclave sexuelle sous Daech, était également présente à la cérémonie lors duquel un de ses frères tués par DAECH a été enterré.
 
Sur plus de 500 corps retrouvés autour de Kocho et analysés ces dernières années, 104 ont pu être identifiés. Au total, Daech / ISIS aurait laissé selon l’ONU plus de 200 charniers, contenant jusqu’à 1 000 corps.
 
A l’occasion de la cérémonie d’enterrement des 104 victimes yézidies, le Conseil autonome démocratique de Shengal (Meclisa Xweseriya Demokratîk a Şengalê, MXDŞ) a publié un communiqué, promettant qu’ils demanderaient des comptes à tous ceux impliqués dans le génocide des Yézidis.
 
Voici le communiqué de MXDŞ:
 
« En tant que Conseil autonome démocratique de Shengal, nous commémorons tous les martyrs yézidis, et en particulier les martyrs de Kocho, avec respect en ces jours difficiles. Nous nous inclinons vis-à-vis de tous les martyrs d’Êzidxan [pays des Yézidis].
 
(…)Aujourd’hui, des centaines de fosses communes n’ont pas encore été fouillées. En tant que MXDŞ nous demandons où étaient ceux qui ont fait une déclaration lors des funérailles des martyrs hier le 15 août 2014 [allusions aux responsables kurdes du Kurdistan irakien qui ont abandonné les Yézidis à la veille de l’arrivée des gangs de DAECH]? Que faisaient-ils? Il y a une autre question à poser ici. Pourquoi ceux qui ont abandonné Shengal et qui sont partis n’ont-ils pas été arrêtés et jugés jusqu’à présent?
 
Malheureusement, ceux qui ont causé ces massacres sont toujours en service, au lieu d’être jugés. Aujourd’hui, ils essaient de mettre de côté Shengal et les massacres des Yézidis. Ils agissent comme si de rien ne s’était passé à Shengal. Ils considèrent les massacres comme normaux ou changent les faits. De nombreuses mains étrangères [allusions aux tentatives d’invasion de la région par la Turquie] ont des plans sur Shengal en ce moment. Ils veulent faire ce que Daech n’a pas pu accomplir et veulent envahir les terres de l’Êzidxan. Les ennemis de notre religion, de nos croyances et de notre culture veulent à nouveau faire subir un génocide au peuple yézidi. Mais nous résistons pour la liberté et l’autonomie d’Ezidîxan depuis le premier massacre. (…) Nous demanderons à ceux qui ont causé le massacre de rendre compte un par un. Quiconque attaque les Yézidis nous trouvera devant eux. »
 

Il y a 5 ans, l’armée turque a brûlé vif près de 180 civils kurdes à Cizre

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TURQUIE / BAKUR – Au moins 288 personnes ont perdu la vie pendant le siège de la ville kurde de Cizre par l’armée turque en 2015-2016. Le point culminant de ce crime de masse fut le massacre de 80 civils brûlés vifs par l’armée turque dans les sous-sols de deux immeubles de Cizre où ils s’étaient réfugiés dans l’attente des secours, les 7 et 10 février. Les corps d’au moins 14 autres civils de Cizre tués lors de ces massacres n’ont toujours pas été retrouvés 5 ans après ces crimes de guerre restés impunis.
 
Au moins 288 personnes ont perdu la vie pendant le couvre-feu de 79 jours imposé par le gouvernement turc sur la ville kurde de Cizre, du 14 décembre 2015 au 2 mars 2016. Beaucoup ont été tuées par les forces de sécurité, tandis que d’autres, blessées ou malades, ont perdu la vie car l’armée turque a empêché l’arrivée des secours, condamnant à la mort tous les civils restés à Cizre pour leur faire payer leur refus de quitter la ville.
 

La ville de Cizre, dans la province de Sirnak, est l’un des 49 districts du Nord-Kurdistan assiégés par l’armée turque à cette époque. Ses 131 000 habitants ont été encerclés, électricité, internet et téléphone ont été coupés. Les enseignants et les fonctionnaires ont été mis en congé pour une durée indéterminée avant le début du couvre-feu. Des chars et des obusiers ont été déployés sur les hauteurs de la ville, d’où des tirs étaient effectués sur les quartiers de Cudi, Nur, Sur et Yafes.

Les habitants de la ville n’étaient plus autorisés à subvenir à leurs besoins quotidiens. Les gens qui sortaient de chez eux pour aller chercher de l’eau étaient ciblés et abattus par les snipers du régime. Au 20e jour du siège, il y avait environ 120 000 personnes dans la ville. Dans les jours qui ont suivi, les habitants ont été chassés de chez eux et les maisons sont devenues un champ de bataille pour les militaires.

Les sous-sols de la mort

Selon les rapports des organisations des droits humains, au moins 177 personnes ont été brûlées ou abattues par les forces de sécurité dans les « sous-sols de la mort de Cizre ». Au total, au moins 288 personnes sont mortes. Celles et ceux qui s’étaient réfugiés dans les sous-sol ont été brûlés vifs par les militaires ou abattus avant d’être brûlés avec de l’essence. Les corps de 14 personnes tuées dans les caves de la mort de Cizre n’ont toujours pas été retrouvés. Sept d’entre eux auraient été enterrés dans des fosses communes en dehors de Cizre.

Plus de 110 000 civils ont été chassés de leurs foyers 

Les dégâts les plus importants ont eu lieu dans les quartiers de Cudi, Yafes, Sur et Nur. 80 % de ces zones ont été rasées. 500 bâtiments ont été complètement détruits et 2 000 maisons ont été gravement endommagées. Au bout de 20 jours, 110 000 personnes ont été expulsées de force de la ville. Après le couvre-feu, 500 autres maisons ont été démolies par l’agence nationale de construction TOKI. Les anciens bâtiments ont été détruits et 6 500 appartements ont été construits dans des bâtiments préfabriqués contrôlés par les militaires.

Les enquêtes sur 121 décès sont au point mort

Bien que cinq années se soient écoulées depuis les massacres de Cizre, l’enquête sur la mort de 121 civils est restée au point mort. 83 des procédures ont été classées sans suite. Sur ces 83 affaires, 51 ont été portées devant la Cour constitutionnelle turque. Quatre autres procédures ont été suspendues, tandis que 34 dossiers ont été jugés irrecevables pour incompétence.

Vers un changement de nom et de logo de l’équipe kurde de football DALKURD ?

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RACISME – L’équipe de football suédoise fondée en 2004 par des Kurdes de la diaspora, DALKURD serait contrainte de changer de nom et de logo pour qu’on ne voit plus le nom « Kurd » et le drapeau du Kurdistan dans son logo suite à l’ « hostilité des Turcs et des Arabes », d’après une information donnée par le site Kurdistan24.

Si ces changements sont opérés, le nouveau nom du club sera « Biratî » (fraternité) FC et le logo sera un bouc cornu…

En 2020, la  Turquie avait empêché le géant chinois de la technologie, Huawei, de parrainer Dalkurd FF.

Même loin de leur pays, les Kurdes sont pourchassés par leurs bourreaux qui occupent le Kurdistan et détruisent l’identité, la culture et la langue kurdes. Devons-nous accepter un tel destin ?

 

SYRIE. Les forces arabo-kurdes lancent une opération anti-EI à la frontière irakienne

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SYRIE / ROJAVA – Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont lancé une opération à grande échelle contre les djihadistes de l’État islamique (EI) dans la région de Deir ez-Zor suite à l’intensification des attaques terroristes et assassinats ciblés commis par les cellules dormantes de l’EI. La zone d’opération comprend le désert de Deir ez-Zor et d’autres régions de la zone frontalière entre la Syrie et l’Irak.
 
L’offensive, qui implique également les forces kurdes YPG / YPJ et les Asayish (Forces de sécurité intérieure), est en cours depuis un peu moins de 24 heures. Des dizaines d’arrestations ont déjà été effectuées lors de raids sur des points de contrôle et des points de rencontre de personnes attribuées à l’Etat islamique. En outre, un grand nombre d’armes et de munitions ont été saisis.
 
« Cette opération doit être comprise comme un acte de représailles pour le meurtre de deux femmes révolutionnaires », ont déclaré les FDS. Il s’agit de deux femmes politiques arabes locales, Sada al-Harmoush et Hind al-Khedr, qui travaillaient pour l’administration autonome et ont été enlevées et exécutées par des mercenaires de l’Etat islamique dans la ville d’Al-Dashisha, au sud de Hesekê, le 22 janvier.
 
DAECH se réorganise
 
L’Etat islamique reste très actif en Syrie et en Irak. À l’été 2014, l’organisation terroriste a envahi de grandes parties de l’Irak et de la Syrie et les a placées sous son contrôle. Au-delà des frontières de l’État, son chef Abu Bakr al-Baghdadi, tué en octobre 2019, a proclamé un califat – avec lui-même à sa tête. D’innombrables personnes ont été assassinées de manière bestiale, et quelque 10 000 ont été victimes du génocide dans la seule zone d’implantation yézidie de Shengal (Sinjar). L’Irak a déclaré prématurément sa victoire sur l’Etat islamique à la fin de 2017, et dans la Syrie voisine, le régime territorial de la milice a pris fin au printemps 2019.
 
Même si des milliers de jihadistes de l’Etat islamique ont été arrêtés depuis lors, des structures souterraines se sont formées en Irak et en Syrie. Dans des régions telles que Deir ez-Zor, Raqqa et Hama en Syrie et Kirkouk, Bagdad et Anbar en Irak, ces réseaux continuent de mener des attaques. La fréquence de ces attaques a considérablement augmenté ces dernières semaines.
 

ROJAVA. Les agriculteurs de Til Temir empêchés de travailler leurs terres par les gangs de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – « L’Etat turc occupant est en train de commettre un crime contre nous. Son objectif est de nous faire migrer, quitter nos maisons et nos champs. Les pays garants devraient sortir l’Etat turc de ces régions occupées. Nous sommes emprisonnés dans notre propre village, nous ne pouvons pas survivre. »

Les agriculteurs de Til Temir ne peuvent plus se rendre dans leurs champs ciblés par les gangs de l’État turc. Ils déclarent qu’ils vont mourir de faim enfermés dans leurs maisons à cause des attaques délibérées des mercenaires de la Turquie.
 
L’État turc envahisseur et ses mercenaires de la soi-disant Armée nationale syrienne (ASN / SNA) pillent délibérément les biens de la population locale et ciblent les civils dans les zones qu’ils ont occupées dans le nord-est de la Syrie.
 
Les habitants de Til Temir gagnent leur vie de l’agriculture. En raison de l’occupation de nombreux villages par l’État turc et ses gangs, les agriculteurs engagés dans l’agriculture ne peuvent pas aller dans leurs champs situés à proximité des zones occupées.
 
Les citoyens qui ont des terres agricoles près des lignes de front à Til Temir ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas labourer leurs champs à cause des attaques des mercenaires de la Turquie.
 
Un agriculteur nommé Mehmûd El Xidir, qui vit dans le village d’al-Mahmudiyah, a déclaré que l’État turc envahisseur et ses gangs avaient pillé un projet agricole qui coûtait environ 80 millions de livres syriennes. Xidir a déclaré: « La région vit de l’agriculture et après l’occupation de ces régions par des gangs, les citoyens connaissent de grandes difficultés ».
 
Les gangs empêchent les agriculteurs de travailler leurs terres
 
Un agriculteur du nom de Xelef El Faris, qui vit dans le village de Xashim al-Zirgan, a déclaré: « J’ai une terre agricole d’environ 2 mille décares. Je ne peux pas aller sur cette terre à cause des attaques de l’État turc envahisseur et de ses gangs. Même si je vais y travailler, les forces (…) turques occupantes ne me permettent pas de récupérer mes produits, et ils ciblent les agriculteurs. »
 
El Faris a poursuivi: « L’Etat turc occupant est en train de commettre un crime contre nous. Son objectif est de nous faire migrer, quitter nos maisons et nos champs. Les pays garants devraient sortir l’Etat turc de ces régions occupées. Nous sommes emprisonnés dans notre propre village, nous ne pouvons pas survivre. »
 
Le coprésident du Comité de l’agriculture de Til Temir, Seid Nayif, a partagé les informations suivantes: « Les gangs occupaient plus de 20 000 hectares de terres agricoles. Ces champs sont maintenant vides. De plus, 12 000 décares de terre ne peuvent pas être cultivés en raison des attaques des gangs. Les agriculteurs ne labourent pas leurs champs parce qu’ils n’ont pas de vie en sécurité. » ANF
 
On ne s’attend de sitôt à la fin des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces occupantes dans les régions kurdes de Syrie que la Turquie a occupées avec la complicité de la communauté internationale.
 

SHENGAL. Enterrement de 104 victimes yézidies tuées par l’État islamique en 2014

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SHENGAL – Aujourd’hui, 104 victimes yézidies de l’État islamique tuées dans le village de Kocho sont enterrées selon la tradition yézidie. Leurs corps avaient été enterrés dans des fosses communes en 2014 lors du génocide des Yézidis.
 
Dans le village de Kocho dans la région de Shengal (Sinjar), 104 corps sont enterrés aujourd’hui selon la tradition yézidie. Ce sont les victimes yézidies tuées et enterrées dans des fosses communes lors du génocide lancé le 3 août 2014 par le groupe terroriste État islamique (EI). Leurs restes ont été identifiés suite à un énorme travail comprenant des analyses ADN. Un service commémoratif d’État a eu lieu à Bagdad jeudi.
 
Le village de Kocho a été presque complètement anéanti par l’Etat islamique en 2014. Plus de 1 800 personnes vivaient dans le village au moment de l’attaque de Shengal. Le 15 août, l’Etat islamique a commis un massacre, tuant environ 600 jeunes et hommes yézidis pour avoir refusé de se convertir à l’islam. Près de 700 femmes et environ 300 enfants ont été enlevés à Kocho et transformés en esclaves sexuelles ou formés pour devenir des enfants soldats. Si quelques-uns se sont échappés et d’autres ont été secourus par les forces kurdes YPG / YPJ et le PKK, ainsi que la coalition internationale anti-EI, environ 400 personnes de Kocho sont toujours portées disparues.
 
Jusqu’à 200 fosses communes à Shengal
 
Dans la région de Shengal, il existe au moins 200 fosses communes dans lesquelles environ 12 000 personnes sont enterrées. Rien qu’à Kocho, dix-sept de ces fosses ont été ouvertes à la fin de 2020. Le premier charnier a été découvert en mars 2019. Les exhumations y sont effectuées par l’équipe d’enquête de l’UNITAD (Équipe d’enquête des Nations Unies pour promouvoir la responsabilité pour les crimes commis par Daech / EI) sous la direction de Karim Asad Ahmad Khan, un avocat britannique des droits humains.
 

FRANCE. Unitat catalana demande l’asile pour un Kurde menacé d’expulsion vers la Turquie

Le parti politique catalan, Unitat catalana demande aux autorités françaises d’accorder l’asile politique à Huseyin, un réfugié kurde menacé d’expulsion vers la Turquie.
 
Huseyin, un Kurde du Kurdistan du Nord avait déserté l’armée turque pour rejoindre les forces kurdes du Rojava pour combattre DAECH. Par la suite, il s’est réfugié en France pour échapper à la prison en Turquie, mais sa demande d’asile a été rejetée et il a reçu l’ordre de quitter la France.

Après ses refus répétés pour ne pas faire le teste du COVID19 préalable à son expulsion vers la Turquie, le jeune Kurde a été condamné à 3 mois de prison à Perpignan.

« Le président d’Unitat catalana, Jaume Pol, plaide pour la libération et l’attribution de l’asile politique au combattant kurde », déclare Joan-Miquel Touron, un militant d’Unitat catalana particulièrement sensible au dossier.
 
Plus d’informations ici

Abdulrahman Qasimlo: Vision politique, relations avec le régime iranien et assassinat de Vienne

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Médecin et politicien, Abdulrahman Qasimlo a marqué l’histoire kurde de par sa bravoure et son combat acharné pour un Kurdistan libre, un combat qui lui a couté la vie… Près de 22 ans après son assassinat abject, commis par des agents iraniens à Vienne, Qasimlo reste une légende vivante pour le peuple kurde opprimé par ses colonisateurs sanguinaires.

Le journaliste Émile Bouvier consacre un article de deux volets à Abdulrahman Qasimlo ce mois-ci.

Le deuxième volet s’intitule « Abdul Rahman Ghassemlou : du héraut de l’autonomisme kurde iranien au héros transnational de la cause kurde. Vision politique, relations avec le régime iranien et assassinat de Vienne »

A lire sur le site Les clés du Moyen-Orient