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Entretien avec un internationaliste depuis le Rojava

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SYRIE / ROJAVA – « Le mouvement [kurde] s’attend à ce que la guerre de basse intensité continue, à une recrudescence des activités des cellules de Daech. Mais aussi à une ou plusieurs opération de l’armée turque. Comme l’opération sur Garê [Kurdistan du Sud] l’a démontré, la guerre est loin d’être terminée. Nous devons sans cesse être prêt.e à faire face aux différente menaces. »
 
Interview d’un internationaliste ayant rejoint les forces kurdes en Syrie à lire sur le site Renversé

ROJAVA. Une rescapée raconte la torture et le viol des femmes d’Afrin par les gangs de la Turquie

SYRIE / ROJAVA – Nadia Suleiman, l’une des 11 femmes kidnappées par les mercenaires de la Turquie dans le canton kurde d’Afrin, raconte la torture et le viol qu’elle et d’autres femmes captives ont subis entre les mains des gangs de la Division al-Hamza, en présence des officiers turcs.

Jour après jour, les histoires et les témoignages de femmes et de hommes du canton d’Afrin occupé augmentent. Ils racontent tous la brutalité de l’occupation turque et de ses mercenaires ainsi que les crimes commis contre la population d’Afrin.

Le 18 mars marque le troisième anniversaire de l’occupation d’Afrin par la Turquie et les mercenaires de la soi-disant « Armée nationale syrienne », qui ont commis les crimes et les violations les plus graves qui se sont multipliés.

La jeune femme, Nadia Suleiman, est née en 1996. Elle est revenue avec son mari à Afrin après l’occupation. Les mercenaires ont arrêté son mari le 25 mai 2018, et des mois après son arrestation, il a envoyé un message vocal à sa femme pour lui demander de lui rendre visite dans une prison à Azaz.

Environ une heure plus tard, une voiture de mercenaire est arrivée, accompagnée d’un ami de son mari qui a apparemment reçu un message vocal. Mais il est apparu plus tard que le message audio visait à l’attirer elle et l’ami de son mari pour les kidnapper.

Un mercenaire, Abu Laith, nommé al-Haskawi, a emmené Nadia au siège des renseignements turcs (MIT) où elle a été détenue jusqu’à minuit. Ils lui ont volé ses effets personnels et ont commencé à l’interroger.

Chaque femme a subi plusieurs formes de torture

Nadia déclare : « Après ma détention par les services de renseignement turcs, quelqu’un m’a parlé en langue turque, mais je n’ai pas compris ce qu’il me disait. Ensuite, il m’a transportée dans une pièce où se trouvaient sept mercenaires masqués, dont l’un était assis en face de moi. Il parlait également en langue turque et a commencé à examiner mes mains et mes épaules. »

Et elle poursuit : « Le mercenaire a essayé de me harceler à plusieurs reprises. Après cela, ils m’ont transférée dans une cellule d’isolement semblable à un réfrigérateur. J’y suis restée un mois, et pendant toute cette période, j’ai été soumise à la torture physique, psychologique et sexuel. »

En mai 2020, une vidéo est apparu sur les réseaux sociaux, dans lequel 8 femmes ont été retrouvées détenues dans la prison des mercenaires de la division Hamzat de l’occupation turque à Afrin, lors de l’assaut de la prison par les mercenaires et autres colons. Nadia était l’une de ces femmes, et après avoir été interrogée plus de 25 fois, elle a été emprisonnée en isolement, et plus tard elle transférée dans une prison plus grande avec environ 40 détenus hommes et femmes.

Identité des femmes enlevées

Nadia raconte : « Ils m’ont emmenée à la prison collective (de la division Hamzat) et m’ont mise dans une pièce contenant 11 femmes et deux enfants. La première avait deux ans et le second quatre ans, leurs noms (Longin Abdo, sa sœur Rogin Abdo, Nazli Naasan, Roshin Amouni, Rukan Manla Mohammad, Farida Hussain, Estherban Abdo, Valentina Abdo, Newroz Bakr et un autre nom dont je ne me souviens pas, en plus des deux enfants (Eid, Ergan) ».

Nadia souligne qu’elle a essayé à plusieurs reprises de se suicider en raison de la pression psychologique, de la torture et du harcèlement mais elle a échoué. Alors elle a été transférée dans une cellule d’isolement, et on l’a frappée avec un objet tranchant sur la tête, si bien qu’elle a perdu connaissance et est restée dans l’isolement pendant une longue période  : « On m’a tiré à plusieurs reprises par les cheveux, en me privant de vêtements, d’eau et de nourriture, même d’aller aux toilettes. Les connexions avec le monde étaient perdues, personne ne savait où nous étions et nous ne savions pas ce qui se passait à l’extérieur, nous ne pouvions rien refuser, ils nous ont privé de notre volonté et de tout ».

Méthodes de torture brutale

Pendant des mois, elle a vécu d’une miche de pain et d’un peu de fromage qu’on lui servait une fois tous les 3 ou 4 jours. Cela a causé sa maladie et sa dépression nerveuse. Elle a été torturée de plusieurs façons, notamment en l’attachant au plafond pour la suspendre, en lui implantant des aiguilles dans les doigts et les ongles, et par d’autres méthodes. Nadia a déclaré que ses vêtements lui ont été retirés à plusieurs reprises, pendant l’interrogatoire, et après même lorsque les accusations portées contre elle ont été rejetées. Elle a été emmenée dans la salle de torture et suspendue au plafond, les mains attachées par le dos, et ils l’ont frappée, elle et d’autres femmes, avec un tuyau, un câble et un fer à repasser, et ils ont exposé son corps maigre à des chocs électriques. Elle a expliqué qu’après avoir subi plusieurs types de torture physique, elle s’évanouissait, mais qu’ils avaient l’habitude de la faire descendre dans l’eau et de la réveiller avec du courant électrique.

« La torture était quotidienne, individuellement ou collectivement, et nous étions violées à plusieurs reprises. Ils nous donnaient des pilules narcotiques, et parfois ils nous aspergeaient toutes d’eau froide pendant l’hiver rigoureux, même les jeunes enfants n’étaient pas exempts de torture, et le nourrisson était privé de lait. »

Chaque femmes a subi la torture, y compris assister au meurtre des civils kurdes

Nadia note que chacune des femmes détenues avec elle a subi de multiples formes de torture, victimes de harcèlement, de viols et d’insultes. Elle a déclaré : « Les bruits de la torture sont encore gravés dans mon esprit et ne peuvent être oubliés. »

« J’entendais les voix des hommes dans les cellules proches de nos chambres et leurs cris alors qu’ils étaient torturés de manière brutale, et j’ai été témoin du meurtre de civils kurdes. »

Elle dit :  » Hassan était le père de 3 filles gravement torturées. Il a perdu la voix à cause de la torture. 

Elle a été agressée et l’un des Turcs lui a proposé de l’épouser

Nadia dit avoir été violée plusieurs fois à l’intérieur de la prison secrète dans laquelle elle a été kidnappée dans le quartier de Mahmoudiya à Afrin, en plus d’autres femmes violées par des mercenaires soutenus et loyaux à la Turquie, avec la participation de soldats et d’éléments du MIT des renseignements turcs.

Les femmes enlevées sont découvertes pour la première fois.

Nadia raconte que leur situation tragique a duré six mois à l’intérieur de la prison de la Division al-Hamza, dans le quartier de Mahmudiyah, dans la ville d’Afrin. C’était le chaos et on entendait le son des coups de feu et des chants. Des gens ont fait irruption dans la prison :  « Nous nous sommes enfui.e.s et sommes monté.e.s dans une des voitures. Nous avons appris plus tard que nous étions dans le département de la police militaire, et que des combats ont éclaté entre les colons et les mercenaires, ce qui a conduit à l’effraction de la prison dans laquelle nous étions détenu.e.s, et qui est affiliée à la division Hamzat ».

Que se passe-t-il après l’emprisonnement d’al-Hamzat ? … Les charges

Nadia ajoute qu’ils ne sont restés que deux jours dans une prison de la police militaire, deux jours sans torture et on leur a offert un peu de nourriture et d’eau, et elle ajoute : « Mais ils ne nous ont pas permis de prendre une douche, ce qui était un rêve pour nous, je ne me souviens pas de la dernière fois où je me suis baignée. »

Nadia poursuit en racontant ce qui s’est passé : « Après 48 heures, la police militaire nous a remis à nouveau à la division Hamza, les mêmes visages précédents, qui nous ont emmenés au village de Mazen/al-Kabira dans la campagne d’Afrin, et de là, nous avons été transféré.e.s dans la région d’Azaz, et nous avons été placé.e.s dans une prison avec des conditions un peu meilleures, puis ils nous ont emmenés pour nous interroger à nouveau, et ils nous ont filmés et pris nos photos à plusieurs reprises, ils nous ont dit que nous devions sauvegarder ce qui est sur papier et l’enregistrer devant les caméras ».

 « J’ai lu le texte qui disait notamment que j’étais une terroriste, un agent travaillant pour le PKK et les Forces démocratiques syriennes, et que je dirigeais un groupe qui prévoyait de prendre pour cible des officiers et des soldats turcs et que je prévoyais de mener des opérations de bombardement en Turquie. Nous avons été frappés à nouveau, et ils nous ont donné deux heures pour mémoriser le contenu du papier. J’ai accepté sous la menace. « 

Nadia a parlé des mercenaires, accompagnés de personnes turcophones, qui les ont photographiées à plusieurs reprises, une fois nues, et une fois avec des vêtements propres. Ils les ont filmées et leur ont fait nier qu’elles avaient subi une quelconque torture, que la vie et les conditions de détention étaient luxueuses, et les ont forcés à remercier la Turquie, Erdogan, l’armée nationale et les services de sécurité et qu’ils les ont protégées.

Dans une autre vidéo, ils leur ont fait avouer sous la contrainte, les coups et la torture, qu’elles étaient des terroristes planifiant des attentats et des agents en faveur des Forces démocratiques syriennes (FDS) et du Parti des travailleurs du Kurdistan:  « Nous avons remercié Erdogan et les avons remerciés. Puis nous avons été transférées dans une prison de la ville d’al-Bab, nous y sommes restées un mois, nous avons été transférées d’al-Bab à la prison de Maaratah à Afrin, et à chaque fois nous avons été réinterrogées et obligées d’admettre que nous étions coupables et terroristes, que nous étions bien traitées et que nos conditions de détention étaient luxueuses. »

Le procès

Dans la prison de Maaratah, pour la première fois, les femmes kidnappées ont été déférées devant le tribunal et le pouvoir judiciaire, et Nadia se souvient de ces moments : « Au début, le juge militaire, je ne me souviens pas de son nom, m’a demandé de ne rien dire, et ils nous ont également demandé en prison de ne rien dire, et d’attendre que le juge parle et qu’en échange de notre silence nous serions libérées dans le cadre d’une grâce qu’ils nous délivreraient ».

« Mais je ne me suis souciée de rien. J’ai parlé devant le juge de la torture, du viol, du harcèlement, des coups, des conditions de détention, du fait que nous sommes des civils innocents. Nous avons été forcés de faire des déclarations vidéo sous la torture, et ils m’ont kidnappée alors que j’allais rendre visite à mon mari détenu. Le juge m’a interrompue et a demandé que je sois renvoyée en prison et m’a menacée. Le lendemain, ils m’ont amenée dans la salle d’audience, et j’ai été forcée de signer des papiers dont on ignorait le contenu, en turc et en arabe ».

Nadia ajoute qu’ils ont été renvoyés devant un autre tribunal, qui semblait être civil cette fois-ci, et cette fois-ci Nadia a décidé de ne pas garder le silence malgré leur menace de la tuer et a parlé devant le juge qui s’est identifié comme étant (Ahmed Saeed), et elle lui a raconté comment elle a été torturée et violée, et comment le reste des femmes ont été exposées en prison. Elle a dit qu’elle a été témoin du meurtre de deux personnes sous la torture, la première s’appelle (Bilal Abdo) et la seconde (Oncle Hassan, père de trois filles). Elle s’attendait à ce qu’il l’écoute et soit juste, mais il s’est avéré qu’il voulait lui parler pour s’amuser, et elle a dit qu’il souriait et se moquait d’elle. Il l’a menacée et lui a demandé de ne parler à personne de ces histoires pour protéger son honneur et sa famille, afin qu’elle ne soit pas tuée, poursuivie et renvoyée dans les mêmes circonstances.

Les commandants des mercenaires ont forcé Nadia à signer des papiers en arabe et des papiers en turc sans lui permettre d’en lire le contenu. Elle a été à nouveau photographiée en prison puis libérée avec l’ordre de rester chez elle et de ne pas sortir, de ne parler à aucun média et de ne rien écrire sur les réseaux sociaux.

Comment sa souffrance a-t-elle pris fin ?

Nadia a déclaré que sa famille s’était mise d’accord avec un passeur pour payer 300 dollars afin de la faire sortir d’Afrin, et qu’elle avait atteint un endroit sûr, mais on ne sait toujours pas ce qu’est devenu son mari  enlevé quelques jours avant son enlèvement.

ANHA

 

Le festival du film kurde de Londres lance le Festival mondial du film kurde

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LONDRES – La douzième édition du festival du film kurde de Londres aura lieu en ligne à cause de la pandémie du coronavirus. Cette année, le LKFF organise le Festival mondial du film kurde dont le thème de cette année est « Mon Kurdistan ».

 

Le 12e Festival du film kurde de Londres (The London Kurdish Film Festival – LKFF) présentera le tout premier Festival mondial du film kurde – édition en ligne, qui se déroulera du 16 au 27 avril 2021. Le programme de films de cette année sera présenté en ligne gratuit et accessible partout dans le monde.
 
Le journaliste Mark Campbell s’est entretenu avec les organisateurs du festival, Avesta Kadir, coordinatrice du festival et directrice de la programmation et Ferhan Sterk, directeur du festival, à propos des nouveautés de cette éditions et les événements de cette année.
 
Cette année marque également le 20e anniversaire du London Kurdish Film Festival et pour célébrer ce festival de longue date, les organisateurs ont décidé de s’associer à 10 autres festivals de films kurdes renommés à travers le monde pour présenter un programme uni de films.
 
En raison de ce partenariat unique, la 12e édition du LKFF présentera le tout premier Festival mondial du film kurde collaboratif en partenariat avec le Festival du film kurde d’Amed – le Festival du film kurde de Barcelone – le Festival du film kurde de Hambourg – le Festival du film kurde de Los Angeles, le Festival du film kurde de Mésopotamie – le Festival du film kurde de Moscou – le Festival du film et de la culture kurde de New York – Rêtaw Film Distribution – le Festival international du film du Rojava et le Festival international du film de Slimani.
 
« Mon Kurdistan » est le thème de cette année
 
Pour refléter le contenu naturel de cette édition, le thème du festival de cette année est « Mon Kurdistan » (Kurdistana min).
 
Le cinéma kurde a connu une croissance exponentielle au cours des deux dernières décennies. Cependant, les films et les talents restent sous-exposés et sous-représentés, avec des films que beaucoup trouvent difficiles d’accès ou n’ont pas pu voir depuis leur sortie initiale. Le LKFF a toujours eu pour objectif de célébrer et de mettre en valeur le cinéma kurde pour les 11 dernières éditions, en accueillant cette exposition.
 
Par conséquent, les organisateurs ont saisi les circonstances de cette année en saisissant cette opportunité pour créer une bibliothèque de films kurdes et la rendre aussi accessible que possible, établissant et définissant à leur tour le cinéma national kurde.
 
La publicité pour le Festival du film débutera officiellement le 21 mars 2021 à l’occasion du nouvel an kurde Newroz.
 
Pour plus d’informations, visitez le site du Festival du film kurde de Londres

Les Kurdes accusent la France de complicité dans le meurtre de 3 militantes kurdes à Paris en 2013

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PARIS – Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont été assassinées à Paris. Assez vite, des preuves d’une implication directe des services secrets turcs (MIT) ont été fuitées dans les médias et l’assassin présumé, Omer Guney arrêté. Malgré cela, la justice française a trainé l’affaire et l’assassin est mort en prison avant le procès. Ce qui a nécessité une deuxième plainte des familles des victimes au motif que le tueur était mort mais pas les commanditaires, à savoir le MIT turc.
 
8 ans après ce triple assassinat politique, la journaliste Laure Marchand est revenue sur cette affaire alors que l’ancien ambassadeur turc à Paris, Ismail Hakki Musa a quitté ses fonctions la veille et qu’il fut remplacé par Ali Onaner, qui faisait partie de la promotion du président de la République, Emmanuel Macron, à l’ENA en 2002-2004. En effet, Ismail Hakki Musa est accusé par la justice belge d’être impliqué dans le massacre de Paris car à l’époque, en 2013, il était directeur adjoint du MIT.

« Un document de la justice belge (…) apporte un éclairage détaillé sur l’espionnage et les actions des cellules turques contre des opposants kurdes exilés et questionne le rôle que pourrait avoir joué Ismail Hakki Musa. Il relance également les forts soupçons sur l’implication des services d’Ankara dans l’assassinat de trois militantes kurdes près de la gare du Nord à Paris, en 2013. » (A lire ici l’article de Laure Marchand)
 
Aujourd’hui, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a publié un communiqué, dans lequel, il demande si « les renseignements français sont-ils impliqués dans l’assassinat des trois femmes kurdes ? »
 
Voici le communiqué du CDK-F:
 
 
« Plus de 8 ans se sont écoulés depuis l’assassinat à Paris de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez.
 
8 ans de silence honteux des autorités françaises qui se sont servies de l’assassinat des trois femmes comme une « opportunité » pour développer leurs relations avec la Turquie.
 
La diplomatie française a toujours fait preuve de lâcheté dans cette affaire, s’efforçant d’étouffer ce crime d’Etat commis en plein Paris.
 
Malgré l’accumulation au cours de ces 8 dernières années des preuves accablantes pointant la responsabilité des services secrets turcs (MIT), les autorités françaises ont veillé minutieusement à garder le secret défense dans ce dossier.
 
Au vu de la gravité du crime et de l’ampleur des indices désignant la Turquie d’une part, et du niveau fortement dégradé des relations entre Paris et Ankara d’autre part, le refus de la France de déclassifier les renseignements concernant l’affaire nous interroge fortement sur sa volonté réelle.
 
Comment se fait-il que la DGSE qui avait fiché le meurtrier, Ömer Güney, avant le 9 janvier 2013, n’ait pas été capable de prévenir les assassinats ?
 
Pourquoi Ismail Hakki Musa, qui était ambassadeur turc en poste à Paris jusqu’à il y a quelques jours, n’a jamais été inquiété par les autorités françaises, alors qu’il était numéro deux du MIT au moment de l’assassinat des trois femmes kurdes ?
 
La DGSI aurait-elle suggéré à l’ambassadeur turc de quitter la France pour ne pas faire l’objet d’une éventuelle arrestation suite aux révélations qui allaient paraître dans le Journal du Dimanche le 14 mars ?
 
Quelle est la relation de Zekeriya Celikbilek – un ancien militaire turc de nationalité française impliqué dans une tentative d’assassinat contre des dirigeants du mouvement kurde en Belgique – avec Ismail Hakki Musa et avec le MIT ?
 
Quelle est l’implication de Zekeriya Celikbilek dans l’assassinat des trois militantes kurdes ? Est-il le « légionnaire » cité dans une note de mission du MIT ordonnant l’assassinat de Sakine Cansiz ?
 
Comment expliquer que la tentative d’assassinat en Belgique contre des dirigeants kurdes en juin 2017 n’ait pas été déjouée par les renseignements français, mais par les services belges, alors que le commando de l’opération, Zekeriya Celikbilek, était connu de la DGSI et de la DGSE ?
 
Toutes ces questions et bien d’autres tourmentent la communauté kurde de France !
 
Le refus de la France de dévoiler les informations en possession de la DGSI et de la DGSE et ses tentatives d’étouffer l’affaire nous interrogent sérieusement sur le rôle que les services français auraient pu jouer dans le triple assassinat.
 
Sachant que le juge d’instruction en charge du dossier des assassinats a demandé la levée du secret défense, persister dans ce refus serait un déni de la justice et de l’État de droit !. Ce serait maintenir l’impunité de ces crimes et ternir l’histoire de la France d’une tâche noire.
 
C’est pourquoi, pour effacer les doutes grandissants suscités par le silence de la France au sein de la communauté kurde de l’hexagone et du peuple kurde dans son entier, nous demandons à l’État français de lever, sans tarder, le secret défense. »
 
Conseil Démocratique Kurde en France

TURQUIE. Un député kurde poursuivi pour avoir approuvé le timbre à l’effigie du pape

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TURQUIE / BAKUR – Un procureur turc a lancé une enquête contre le député kurde d’HDP, Berdan Ozturk qui avait approuvé le timbre commémorant la visite du pape François dans la région du Kurdistan, qui a irrité la Turquie et l’Iran pour son inclusion de la carte du grand Kurdistan dans sa conception.
 
La semaine dernière, les autorités de la région autonome kurde d’Irak ont dévoilé un timbre qu’elles vont imprimer à l’effigie du Pape avec en fond une carte du Kurdistan. Aussitôt, le ministère turc des affaires étrangères a appelé les autorités kurdes à revenir sur cette « grave erreur » tandis que la cheffe du parti nationaliste IYI Parti, Meral Aksener l’a brandi devant le Parlement en criant au scandale.

La Turquie et l’Iran ont critiqué les autorités de la région autonome kurde d’Irak (GRK) au sujet d’un timbre qu’elles prévoient d’imprimer pour marquer la visite récente du pape François dans la région. Le timbre présente le visage de profil du Pape François sur une carte du Kurdistan qui comprend les régions kurdes divisées entra la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak.
 
Le régime turc poursuit un député kurde pour le timbre à l’effigie du Pape
 
Une enquête a été ouverte sur Berdan Ozturk, un député du Parti démocratique des peuples (HDP) pour avoir «fait de la propagande» pour une organisation terroriste sur la base des commentaires qu’il a faits à Rudaw vendredi sur le timbre, qui présente une carte du grand Kurdistan – y compris les zones kurdes en Turquie, en Iran, en Irak et en Syrie, divisé entre ces pays en 1916.
 
Une telle accusation est principalement utilisée contre les Kurdes de Turquie pour leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
 
«Le nom de la terre sur laquelle nous vivons depuis longtemps est Kurdistan. Ce n’est rien de nouveau ou quelque chose qui a été récemment découvert… la carte qui a été présentée avec le Pape est un symbole de la géographie du Kurdistan et de la Mésopotamie», a déclaré Ozturk à Rudaw.
 
L’opposition du gouvernement turc au timbre a révélé qu’ils sont les «ennemis» des Kurdes non seulement en Turquie mais «partout ailleurs», a-t-il ajouté.
 
Le HDP lui-même n’a ni critiqué le timbre ni approuvé, mais une députée HDP, Meral Danis Bestas, affirmant que les questions sur le timbre devaient être adressées aux dirigeants de la région du Kurdistan, pas au HDP.
 

TURQUIE. Arrestation d’une femme kurde exigeant que la justice soit rendue dans le meurtre de son mari et ses deux fils

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TURQUIE / BAKUR- Emîne Şenyaşar, une femme kurde dont le mari et deux fils ont été tués par des proches d’un politicien d’AKP en juin 2018 à Urfa, menait un sit-in devant le palais de justice de la ville. Elle fût arrêtée ce matin par la police turque.
 
Plus de deux ans et demi se sont écoulés depuis qu’Hacı Esvet Şenyaşar et ses fils Adil et Celal Şenyaşar ont été assassinés à Pirsûs (Suruç) par les gardes du corps d’un politicien de l’AKP, Ibrahim Halil Yıldız, juste avant les élections du 24 juin. Fadıl Şenyaşar, qui a été blessé, a été arrêté et est toujours en prison. L’épouse et mère des 3 victimes, Emîne Şenyaşar, 70 ans a été arrêtée ce matin au septième jour de son action non violente devant le palais de justice d’Urfa (Riha).
 
Le 14 juin 2018, des gardes de corps d’un candidat d’AKP ont commis un bain de sang à Urfa/Suruç en tuant 3 Kurdes de la famille Şenyaşar, membre du HDP, et blessant plusieurs commerçants. Aujourd’hui, la justice turque exige 150 ans de prison pour un survivant de la famille Şenyaşar et 12 ans de prison pour un seul des assassins de la famille Şenyaşar.
 
Dans le procès du massacre de Suruç commis le 14 juin 2018, qui a commencé avec les attaques sur le lieu de travail et à l’hôpital contre les membres de la famille Şenyaşar pendant la période électorale par des gardes du corps et des proches du député de l’AKP İbrahim Halil Yıldız et qui a entraîné la mort de 4 personnes, le procureur a demandé une peine de prison allant jusqu’à 150 ans pour Fadıl Şenyaşar et jusqu’à 12 ans pour Enver Yıldız. 
 
Les Kurdes n’attendent rien de la justice turque qui protège les assassins des Kurdes et punit sévèrement les Kurdes qui essayent de se défendre.
 
 
Cinq personnes ont été tuées et neuf autres blessées dans une attaque armée des membres d’AKP contre les commerçants pro-HDP à Suruç le jeudi 14 juin 2018.
 
Après une réunion secrète d’Erdogan, où il demandait aux membres de son parti de « travailler » spécialement sur les sympathisants du HDP, les gardes du candidat d’AKP à Suruç ont exécuté 4 Kurdes (dont un exécuté à l’hôpital de Suruç) d’une même famille et blessé plusieurs autres commerçants kurdes à Suruç le 14 juin 2018.
 
İbrahim Halil Yıldız, le candidat AKP était en visite électorale auprès des commerçants de Suruç avec ses gardes armés. Les commerçants ont manifesté leur mécontentement à la vue des armes dont des kalachnikovs. Les gardes d’Yildiz ont ouvert le feu sur les commerçants. Plusieurs commerçants kurdes ont été tués et blessés. Suite à l’attaque armée, les commerçants kurdes ont contre attaqué, tuant le frère d’Yildiz.
 
Le personnel de l’hôpital de Suruç a déclaré que H. E. Şenyaşar (un des commerçants kurdes attaqués) a été lynché et son fils Mehmet Şenyaşar, blessé, a été tué avec sa tête fracassée par un tube d’oxygène par des proches et des gardes du candidat AKP İbrahim Halil Yıldız.
 
Plus tard, nous avons appris que les caméras de l’hôpital de Suruç où une partie des blessés avaient été emmenés ont été détruites. On affirme que la destruction des caméra prouve que l’attaque contre les commerçants kurdes avait été planifiée.
 
Les médias à la botte du pouvoir turc ont déclaré que des combattants kurdes avaient attaqué des responsables d’AKP à Suruç, déformant volontairement l’événement tragique… alors même que des commerçants kurdes avaient été attaqués dans leurs boutiques et que les 4 morts sur 5 étaient des Kurdes pro-HDP et que le seul membre d’AKP tué avait été attaqué après le bain de sang commis par les hommes armés d’AKP.
 
Suruç est aussi la ville martyre où un attentat suicide de Daesh a tué 31 jeunes socialistes qui voulaient se rendre à Kobanê en juillet 2015.

 

 

Hommage à Anna Campbell, combattante britannique tuée à Afrin par la Turquie en 2018

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ROJAVA – Il y a 3 ans jour pour jour, la combattante britannique des forces féminines kurdes (YPJ) Anna Campbell, alias Hêlîn Qereçox, fût tuée dans un bombardement turc à Afrin, dans le nord ouest de la Syrie. La Turquie refuse de restituer ses restes à la famille.

A l’occasion du troisième anniversaire de sa mort tragique, les organisations féministes kurdes et internationalistes s’inclinent de nouveau devant la mémoire d’Anna Campbell.

Anna Campbell (Hêlîn Qereçox) est devenue un symbole de la révolution féminine et de l’internationalisme à travers le monde, comme s’en souviennent Kongra Star et ses camarades de YPG International.

Anna Campbell (Hêlîn Qereçox) est née en 1991 à Lewes, dans l’East Sussex. Elle était féministe, antifasciste et militante pour l’abolition des prisons.

Elle a rejoint les YPJ et s’est battue contre l’État islamique à Deir Ez-Zor d’abord puis à Afrin, pour contrer les attaques d’invasion de la Turquie et ses mercenaires islamistes en janvier 2018. 

 

Mazlum Abdi salue la résolution de l’UE qui demande à la Turquie de quitter la Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Dans une résolution marquant le dixième anniversaire de la guerre en Syrie, le Parlement européen a appelé la Turquie à retirer ses troupes du nord de la Syrie et a exprimé ses craintes que ses actions puissent constituer des opérations de nettoyage ethniques contre les Kurdes syriens. Le commandant général des FDS, Abdi, salue la résolution qui souligne l’importance des FDS dans la lutte contre l’État islamique.
 
Mazlum Abdi, commandant général des Forces démocratiques syriennes (FDS), a salué la résolution adoptée le 11 mars au Parlement européen à Bruxelles. Dans sa déclaration, Abdi souligne en particulier le retrait demandé depuis longtemps des forces d’occupation turques du nord de la Syrie et la préoccupation du Parlement européen concernant le nettoyage ethnique de la Turquie contre les Kurdes en Syrie.
 
La résolution du PE déclare que, depuis 2016, ces opérations ont été menées «en vue d’occuper les parties nord du pays, constituées principalement d’enclaves kurdes syriennes, en violation du droit international, notamment en envahissant en octobre 2019 les territoires contrôlés par les Forces démocratiques syriennes (FDS).»
 
Le viol comme arme de guerre
 
Le PE « condamne également dans les termes les plus forts l’utilisation du viol comme arme de guerre contre les femmes, que ce soit par le régime syrien et ses milices comme le montre le Comité international indépendant de l’ONU, ou par l’EIIL / Daech sur les femmes yézidies et chiites; rappelle le rôle joué par les femmes dans le soulèvement de 2011 et l’importance fondamentale d’inclure les femmes à tous les niveaux des structures du pouvoir politique, économique et judiciaire de la Syrie, y compris dans la justice transitionnelle; réaffirme l’importance d’inclure les femmes et les jeunes dans le processus de résolution des conflits. »
 
Résurgence de DAECH et importance des FDS
 
Le Parlement européen «exprime en outre sa préoccupation face à la résurgence de l’EIIL / Daech dans le nord-est de la Syrie; salue les efforts de la coalition internationale contre l’EIIL / Daech; souligne l’importance d’un engagement continu et à long terme des États-Unis dans la coalition; réaffirme son soutien aux efforts de la Coalition mondiale contre l’EIIL / Daech et souligne l’importante contribution apportée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) en tant qu’allié dans la lutte contre l’EIIL / Daech.»
 
Les ressortissants de l’UE devraient être jugés par un tribunal
 
Selon la résolution, le Parlement européen «est extrêmement préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire, sanitaire et sécuritaire dans les camps du nord-est de la Syrie, notamment les camps d’Al-Hol et de Roj, qui restent des terrains propices à la radicalisation; estime que les ressortissants de l’UE soupçonnés d’appartenir à des organisations terroristes et détenus dans ces camps devraient être jugés par un tribunal; exprime son choc face au meurtre d’un employé de MSF travaillant dans le camp d’Al-Hol le 24 février 2021, ce qui démontre encore le bilan humain de la violence et des conditions de vie dangereuses dans le camp.»
 
Rappelant que la Cour pénale internationale (CPI) doit rester la compétence principale de la justice internationale pour les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes d’agression, le PE appelle également les États membres à rapatrier tous les enfants européens, en tenant compte de leurs la situation familiale et l’intérêt supérieur de l’enfant en tant que considération primordiale et de fournir l’appui nécessaire à sa réadaptation et à sa réinsertion dans le plein respect du droit international.
 

TURQUIE. Mort d’un prisonnier politique malade

TURQUIE – Le prisonnier politique kurde, Hayrettin Yılmaz est décédé dans la prison d’Afyonkarahisar. Yılmaz, 65 ans, avait un cancer du poumon et la tuberculose. Malgré cela, les autorités turques l’ont laissé mourir en prison.
 
Hayrettin Yılmaz est décédé dans la prison d’Afyonkarahisar. Le prisonnier de 65 ans souffraient d’un cancer du poumon et de diverses autres maladies et n’a pas reçu de soins médicaux adéquats en prison, surtout pendant la pandémie du COVID19. Sa famille est partie chercher le corps pour l’enterrer dans sa ville natale de Siirt.
 
Le traitement médical d’Hayrettin Yılmaz avait été suspendu en prison en raison de la pandémie de coronavirus. Samedi, l’initiative «Liberté des prisonniers malades» de l’Association des droits de l’Homme (IHD) d’Ankara avait appelé à sa libération immédiate, soulignant qu’il ne pouvait plus prendre soin de lui-même. Bien qu’il lui reste moins d’un an à purger, la suspension de sa peine de prison a été refusée. En prison, il a également contracté la tuberculose et a été longtemps isolé.
 

Le printemps d’action de soutien au peuple kurde en Europe

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EUROPE – Plusieurs organisations kurdes et de collectifs de soutien aux Kurdes appellent à participer aux actions de soutien au peuple kurde qui seront organisées ce printemps dans toute l’Europe.
 
RiseUp4Rojava, Women Defend Rojava, Make Rojava Green Again, Internationalist Commune of Rojava et Tevgera Ciwanên Şoreşger ont publié une déclaration intitulée «Unis dans la résistance – Dem Dema Azadî ye (Il est temps de la liberté)» et ont appelé tous les militants à se joindre aux actions de soutien au peuple kurde qui se tiendront entre le 18 mars et 8 mai 2021 dans toute l’Europe.
 

Événements principaux:

18 mars: Journée des prisonniers politiques

19 mars: Journée mondiale d’action pour le climat

19-21 mars: célébrations du Newroz (Nouvel-an kurde)

21-28 mars: Semaine de commémoration des martyrs

27-28 mars: marches régionales de commémoration des martyrs

04 avril: Anniversaire d’Abdullah Öcalan

25 avril: Deuxième anniversaire de RiseUp4Rojava

01 mai: Journée internationale des travailleurs

08 mai: Journée d’action antifasciste

LYON. Rassemblement de soutien au peuple kurde le 20 mars

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LYON – Alors que la Turquie mène une guerre d’invasion au Kurdistan du Sud et au Rojava, les amis des Kurdes se mobilisent pour alerter la communauté internationale face au danger que la Turquie présente au Moyen-Orient (mais aussi en Afrique, en Méditerranée orientale et dans le Caucase du Sud).
 
La Coordination Lyonnaise Solidarité Kurdistan (CLSK) appelle à un rassemblement le samedi 20 mars, à 15 heures, pour dénoncer la guerre génocidaire que la Turquie livre aux Kurdes sur le front syrien et irakien.
 
Voici l’appel de la CLSK:
 
« Depuis plusieurs semaines Erdogan multiplie les agressions militaires en Syrie et en Irak. Si les kurdes sont les premiers visés, le pouvoir turc cherche à éradiquer toute forme de résistance et d’autonomie politique démocratique à ses frontières. Cet expansionnisme guerrier est à replacer dans le cadre de la visée politique de Recep Tayyip Erdoğan qui est d’aller le plus loin possible dans la restauration de d’un Empire ottoman dont il se rêve le nouveau sultan.

En Turquie la répression contre toutes les formes d’opposition n’a elle jamais cessé. Dernier acte en date la nomination d’un administrateur aux ordres à la tête de l’Université du Bosphore qui suscite en réaction une résistance courageuse de la part des étudiants et professeurs.

Le Rojava est en danger 

Depuis maintenant plusieurs semaines le ROJAVA subit les assauts des supplétifs islamistes de l’armée Turque au nord-ouest de la ville kurde d’Ain Issa.

Si les FDS résistent pour le moment à ces assauts, l’ensemble du ROJAVA est sous la menace prochaine d’une intervention directe et massive de l’armée Turque qui d’ores et déjà amasse des troupes et véhicules le long de l’autoroute M4.

Le régime syrien en profite de son côté pour tenter de reprendre l’avantage dans la région en multipliant les provocations et affrontements avec les forces kurdes au sein des villes d’Hasaka et de Qamishlo. Dans le même temps DAESH ressurgit à Deir ez-Zor et dans les zones d’occupation Turque et multiplent les attaques.

En Turquie la répression continue plus que jamais

En Turquie, l’Etat continue de persécuter les journalistes indépendants et les députés HDP. 79 journalistes [majoritairement des kurdes] ont encore été arrêtés en Turquie en 2020 et 24 d’entre eux ont été emprisonnés. Quatre demandes de levée des immunités parlementaires ont encore récemment visés les députés Ömer Faruk Gergerlioğlu, Ömer Oclan, Nusrettin Maçin et Remziye Tosun. Et, faut-il le rappeler, notre camarade et ami, Tuna altinel est toujours privé de ses mouvements par le refus de lui remettre son passeport malgré son acquittement définitif.

Enfin ces jours-ci, Erdoğan a décidé de mettre au pas l’université Boğaziçi (université du Bosphore). Située sur la rive européenne du détroit, cette université prestigieuse est réputée pour la défense de la démocratie en son sein et le respect de la multiculturalité, dont profitent en particulier, mais pas uniquement, les étudiantes et étudiants kurdes. Elle s’est vu imposer la nomination par Erdoğan d’un nouveau recteur membre de l’AKP. Dans le cadre de ce qu’il appelle une « réforme totale de l’enseignement », c’est-à-dire une mise au pas du système éducatif (6000 enseignants ont déjà été radiés depuis 2016) le dictateur, sur 27 des derniers recteurs promus, en a nommés 20 par décret (alors qu’ils devraient être cooptés par leurs pairs) tous membres de l’AKP.

Face à cette volonté de mise au pas, étudiants et professeurs ont exprimé leur refus par des pétitions et manifestations, manifestations qui se poursuivent encore aujourd’hui. Depuis le 6 janvier, ce sont plus de 160 étudiants qui ont été arrêtés alors que le MHP (parti de l’extrême droite nationaliste allié d’Erdogan) appelle à « écraser » la protestation…

En Irak, l’armée turque mène une guerre d’invasion

En Irak, depuis plusieurs semaines maintenant, la Turquie se livre à des bombardements criminels sur la région yézidie de Sinjar. Parallèlement l’armée turque mène une véritable guerre d’invasion visant le Kurdistan irakien, en menant des opérations aériennes et terrestres contre les bases militaires du PKK à Garê. Dans cette nouvelle guerre sale Erdogan n’a pas hésité a employé des gazs chimiques.

Plus que jamais les kurdes et toutes les forces progressistes et révolutionnaires ont besoin de la solidarité internationale.

Nous appelons à un rassemblement

le samedi 20 mars

à 15h00

Place Bellecour

69002 – Lyon »

Visioconférence. Mathématiciens engagés, regards croisés

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FRANCE – Le mathématicien turc, Tuna Altinel est tenu en otage en Turquie depuis 2 ans pour avoir dénoncé les massacres des Kurdes par l’État turc dans l’est du pays. A l’occasion de la journée internationale des mathématiques du 14 mars, le comité de soutien de Tuna Altinel lance une campagne de tweets pour qu’il puisse regagner son université de Lyon 1.
 
La campagne d’hashtag #PassportForTuna qui est lancée par le compte @SoutienTuna durera pendant une semaine.
 
Par ailleurs, ce mardi 16 mars, à 18h30, il y aura une visioconférence avec les mathématiciens Tuna Altinel et Michel Broué.
 
Lors de cette conférence animée par Gilles Lemée, il sera question des techniques de criminalisation des opposants politiques (comme en Turquie, en Russie, en Égypte), de la mise au pas de l’Université turque (événements de Boğaziçi-Bosphore), et des réponses possibles de la communauté scientifique (comité des mathématiciens, association Audin).
 

La discussion entre Tuna Altınel (depuis İstanbul) et Michel Broué (depuis Paris) sera animée par Gilles Lemée (depuis Lyon). Il sera possible de suivre le direct via ce lien de visioconférence.

Dans les jours qui suivront un enregistrement sera disponible sur la chaîne youtube du comité de soutien.