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« Ceux qui ont conspiré contre Dreyfus conspirent aujourd’hui contre les Kurdes »

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PARIS – Les Kurdes de France sont en colère après l’arrestation d’une dizaine de militants kurdes aujourd’hui à Marseille, Paris et Draguignan lors de raids menés par la police française en plein nouvel an kurde (Newroz), célébré autour du 21 mars de chaque année.
 
Le Conseil Démocratique Kurde en France dénonce la criminalisation des Kurdes par l’État français en collaboration avec le régime turc: 
 
« Une fois de plus, des forces obscures au sein de l’État français ont marchandé sur le dos des Kurdes de France, avec leur précieux allié Erdogan, non moins obscure. Aujourd’hui, 23 mars, une vague d’arrestations a visé le mouvement kurde dans l’hexagone.
 
Une association membre de notre réseau a été perquisitionnée à Marseille et une dizaine de militants kurdes ont été placés en garde à vue dans l’ensemble de la France.
 
Nous prenons bien note que ces arrestations interviennent à la suite de l’entretien en visioconférence entre le président français Emmanuel Macron et son homologue l’islamo-fasciste Erdogan, le 2 mars.
 
Il est encore moins anodin que cette vague de répression honteuse commise au nom de la France intervienne le jour-même où va être diffusée dans l’émission « C dans l’air », un entretien avec le chef d’État français concernant ses relations avec Erdogan.
 
Nous retenons par ailleurs, avec attention, que cette politique de criminalisation menée par le Quai d’Orsay et la DGSI survient dans un moment où les Kurdes sont massivement réprimés par le régime dictatorial d’Erdogan.
 
Tandis que la Turquie menace d’interdiction le Parti démocratique des Peuples (HDP), limoge et enferme ses élus au motif qu’ils seraient « membres ou dirigeants d’une organisation terroriste », la France fait exactement de même sur son territoire avec les associations kurdes et leurs militants, agissant comme le bras répressif d’Erdogan.
 
Retenant que cette politique anti-kurde du Quai d’Orsay ne contribue à rien d’autre qu’au renforcement du djihadisme universel, nous le mettons en garde pour cette double faute politique et morale.
 
Comme l’a déjà évoqué à plusieurs reprises le Président de la République, un État profond existe bien en France et ces injustices et machinations à l’encontre des Kurdes émanent entièrement de ce lobby.
 
Les arrestations, perquisitions, tentatives de criminalisation et intimidations dont font l’objet les Kurdes en France aujourd’hui ne sont pas moindres que le traitement infligé autrefois à Alfred Dreyfus.
 
Nous n’avons qu’un seul mot à vous dire : nous ne renoncerons pas à notre combat légitime et l’histoire se souviendra de cette injustice immonde comme elle se souvient de l’injustice de l’affaire Dreyfus.
 
C’est pourquoi, nous nous adressons encore une fois au chef de l’État en l’appelant instamment à élaborer une politique kurde correcte, d’autant plus dans une France où vivent 300 000 Kurdes.
 
Nous appelons par ailleurs les organisations de la société civile et les partis politiques à réagir face à cette injustice dont font l’objet les Kurdes en France. »
 
Conseil Démocratique Kurde en France

Rassemblement pour la levée du secret défense dans l’affaire des militantes kurdes assassinées à Paris

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France appelle à manifester ce mercredi 24 mars devant le Ministère de la Justice afin d’exiger la levée du secret défense dans l’affaire du meurtre des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez le 9 janvier 2013 à Paris et dont les services secrets turcs (MIT) sont mis en cause par les éléments de l’enquête.   
 
Voici l’appel du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F):
 
« Appel à un rassemblement pour réclamer la levée du secret défense dans l’affaire des trois militantes kurdes assassinées à Paris
 
Jusqu’à présent, les autorités françaises ont refusé de déclassifier les informations détenues par les services de renseignement français concernant l’assassinat à Paris, le 9 janvier 2013, des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez.
Ce refus pèse lourdement sur l’avancée de l’enquêté et maintient l’impunité de ces crimes terroristes commis sur le territoire français par les services secrets turcs (MIT). Ne pas lever le secret défense serait un grave déni de justice de la part des autorités françaises.
Pour réclamer la levée du secret défense et la fin de l’impunité, nous vous donnons rendez-vous mercredi 24 mars, près du ministère de la Justice, 28 Place Vendôme (Paris), 14h. »
 
Conseil Démocratique Kurde en France

Retrait de la Convention d’Istanbul: Solidarité avec toutes les femmes de Turquie (PCF)

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PARIS – Le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul qui oblige les pays signataires à promulguer des lois pour combattre efficacement les violences faites aux femmes a créé l’indignation dans le monde alors que les femmes turques (et kurdes) sont mobilisées contre cette décision anti-femme.

Un des cris d’indignation vient également de France, de plus précisément du Parti Communiste Français (PCF) qui appelle à la « solidarité avec toutes les femmes de Turquie »

RETRAIT DE LA CONVENTION D’ISTANBUL : « SOLIDARITE AVEC TOUTES LES FEMMES DE TURQUIE » (PCF)
 
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, vient par décret de retirer son pays de la Convention d’Istanbul, ratifiée en 2011.
 
Il s’agit du premier instrument juridique au monde pour prévenir et combattre les violences contre les femmes notamment dans l’espace domestique mais aussi le viol et les mutilations génitales. Ce texte, qui constitue une avancée, oblige les États signataires à adopter une législation en conformité avec les principes qui y sont énoncés.
 
Cette décision est une provocation contre toutes les femmes de Turquie, un mépris complet des droits humains qui renforcera le sentiment d’impunité de ceux qui commettent ces crimes. En dix ans, 3 477 femmes ont été assassinées alors que les agressions ont connu une progression de 1 200% ! depuis que le parti islamo-conservateur (AKP) est au pouvoir.
 
Face aux difficultés croissantes et alors que sa base électorale ne cesse de s’effriter, R.T. Erdogan donne des gages aux franges les plus conservatrices (chefs religieux, confréries, ultranationalistes) qui prétendent que cette Convention favoriserait les divorces et l’homosexualité par ailleurs brutalement pourchassée.
 
En dépit de la répression féroce qui sévit, des milliers de femmes et d’hommes ont manifesté dans toutes les grandes villes de Turquie.
La décision infâme de RT Erdogan s’inscrit dans le sillage liberticide qui conduit à la procédure d’interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP) cette semaine et à l’arrestation d’un millier de ses militants [majoritairement des Kurdes].
 
Pendant ce temps, l’Union européenne multiplie les signes d’apaisement et les propos doucereux envers R.T. Erdogan et brille par son mutisme sur les violations des droits humains ou l’incarcération du député [kurde] Selahattin Demirtas.
 
Le Parti communiste français (PCF) exprime sa condamnation après le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul et apporte son soutien à toutes les femmes et aux forces démocratiques de Turquie.
 
Parti communiste français
Paris, le 23 mars 2021

 

FRANCE. Nombreuses arrestations de Kurdes en plein Newroz

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FRANCE – Les Kurdes de France ont un drôle de sentiment aujourd’hui alors que de nombreux activistes kurdes ont été arrêtés ce matin à Paris, Draguignan et Marseille lors de raids menés par la police française. Cela intervient en plein Newroz, nouvel an kurde, célébré autour du 21 mars de chaque année.   

« La police française a mené des perquisitions mardi matin à de nombreuses adresses à Marseille et à Paris. Les Kurdes sont visés dans ces opérations politiques qui interviennent après un entretien entre le Président français Emmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

La police a saccagé plusieurs (6) appartements et une association appartenant aux Kurdes à Marseille, lors des perquisitions menées mardi matin. Au moins neuf personnes ont été arrêtées, selon un nouveau bilan. Trois autres Kurdes ont été arrêtés ; un à Paris et deux à Draguignan », écrit le journaliste Maxime Azadi. 

Porte fracturée par des policiers français lors des raids anti-kurde
Porte fracturée par des policiers français lors des raids anti-kurde

Ces arrestations peuvent s’expliquer également par les manifestations récentes des Kurdes en France. En effet, les Kurdes de France sont mobilisés depuis plusieurs jours contre les tentatives du régime turc de fermer leur parti politique HDP et pour la libération d’Abdullah Ocalan, chef historique du PKK tenu en isolement sur l’île prison d’Imrali depuis 22 ans maintenant et dont des rumeurs de sa mort circulent de nouveau.

Par ces nouvelles arrestations, l’État français envoie un message claire aux Kurdes pour montrer qu’il continuera à collaborer avec l’État turc alors que la France est accusée de complicité dans le meurtre de 3 militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013 par les services secrets turcs (MIT).

 

 

NEWROZ, le Nouvel an kurde devenu synonyme de résistance face à l’injustice

Qu’est-ce que le Newroz pour les Kurdes? L’Institut kurde de Paris apporte sa définition ainsi:
 
« Depuis la nuit des temps les Kurdes célèbrent leur Nouvel an, Newroz, le 21 mars, jour de l’équinoxe du printemps.
 
Newroz, qui en kurde signifie le jour nouveau, celui d’une année nouvelle qui commence avec le renouveau de la nature après les rudes et sombres mois de l’hiver, est célébré par des festivités qui peuvent durer plusieurs jours.
 
Ce Nouvel an aux origines préislamiques est également fêté par les autres peuples iraniens (Béloutches, Persans, Pashtouns, Tadjiks, etc.) ainsi que par certains de leurs voisins d’Asie centrale (Ouzbeks, Kazakhs, Turkmènes), en Azerbaïdjan, dans les lointaines communautés parsies zoroastriennes de l’Inde et chez les Bahaïs. C’est donc un grand événement culturel qui dépasse les clivages religieux, confessionnels, ethniques qui est célébré le 21 mars par plus de 300 millions de personnes à travers le monde. C’est sans doute pour cela qu’il a été inscrit en 2009 sur la Liste du Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO et le 23 février 2010 l’Assemblée générale des Nations unies a reconnu à l’unanimité le 21 mars comme une Journée internationale de paix.
 
A chaque peuple sa tradition de Newroz
 
Cette fête du Nouvel an présente une grande variété de rituels et de traditions de célébration qui diffèrent d’un peuple à l’autre.
 
Ainsi, chez les Persans et chez les peuples qui s’inspirent de leurs traditions, le Nourouz est une belle fête du Nouvel an à caractère privé et familial où après le rituel de « nettoyage du printemps » on s’habille de neuf et on rend visite à des amis et à des proches, on festoie autour d’une table bien garnie comportant notamment « haft sîn », sept mets dont le nom persan commence par un s, comme sîb, pomme ; sîr, ail ; sabza, légume ; somaq, sumac, etc. La période des fêtes s’achève le 13ème jour par un pique-nique familial en plein air. Le Nourouz persan est donc une sorte de Saint Sylvestre prolongée pour fêter entre amis et proches l’année nouvelle du calendrier iranien où en 2021 on est 1400.
 
Dans la tradition kurde, le Newroz n’est pas qu’une fête du Nouvel an célébrant l’arrivée du printemps. C’est aussi et surtout le jour anniversaire de la victoire d’un peuple asservi qui s’est soulevé à l’appel de Kawa le Forgeron contre le tyran sanguinaire Zahâk [ou Déhak], une fête d’émancipation et de liberté.
 
Dans la mythologie kurde Zahâk est un prince des ténèbres qui est arrivé au pouvoir grâce à un pacte avec Ahriman, le dieu du Mal et des Ténèbres, évoqué dans l’Avesta de Zarathoustra il y a plus de 4000 ans et précurseur du Diable, Satan et autre Ibliss des religions monothéistes. Zahâk jouit d’un pouvoir absolu de vie et de mort sur ses sujets mais il est affligé d’un mal incurable : sur chacune de ses épaules, où Ahriman avait posé un baiser lors de la conclusion de leur pacte, pousse un serpent qui lui empoisonne la vie. Convoqués, ses médecins, craignant eux-mêmes pour leur vie, lui conseillent d’appliquer chaque jour la cervelle d’un jeune homme sur chacune de ses épaules. Au fil des ans cette hécatombe de la jeunesse suscite un mécontentement général. Pour tenter d’y remédier, trois chevaliers se présentent à la cour et parviennent à convaincre le tyran de les engager comme ses nouveaux médecins. Discrètement, ils décident d’épargner chaque jour l’un des jeunes à sacrifier en appliquant à la place de sa cervelle celle d’un mouton. Les jeunes rescapés se réfugient dans la montagne où ils survivent grâce à des moutons et des chèvres que les paysans leur font parvenir. Lorsqu’après quelques années de ce stratagème ils deviennent suffisamment nombreux le forgeron Kawa, dont 16 des 17 fils ont déjà été sacrifiés à Zahâk, fait de son tablier un étendard et appelle la population contre le tyran sanguinaire. Avec l’aide de la jeune et vaillante troupe de la montagne le soulèvement populaire est victorieux, Zahâk est tué le 21 mars, le peuple est libéré de la tyrannie et un nouveau jour, un Newroz, advient.
 
C’est cette victoire de la résistance et de la liberté que les Kurdes célèbrent chaque année autour de l’équinoxe du printemps. La célébration commence traditionnellement le Mercredi Rouge (çarsema sor), le dernier mercredi précédant le 21 mars. On allume sur la place publique d’immenses feux où on jette les vieux vêtements d’hiver et on danse avec entrain et joie autour du feu pour se débarrasser aussi des soucis et tracas de l’année écoulée ainsi que des démons et des mauvais esprits. Une fois délestés de tous ces oripeaux du passé, animés d’un esprit neuf et habillé de ses plus beaux parements, on fête l’année nouvelle par des marches aux flambeaux dans la montagne le 20 mars pour honorer la mémoire des résistants a la tyrannie qui s’y étaient réfugiés et y préparaient patiemment l’heure de la libération. Le 21 mars, on célèbre le nouvel an et la liberté par des festivités collectives, avec des danses et des chants accompagnés de musiques entrainantes, réunissant des gens de tout âge, de toutes conditions et de toutes confessions. Naguère il y avait aussi des spectacles de jeux d’adresse, des courses hippiques, du polo (cirîd) pour agrémenter et conclure ces festivités.
 
C’est lors de l’un de ces Newroz que Mem, le Roméo kurde, rencontre sa belle dulcinée Zîn, la Juliette kurde, héros de l’épopée nationale kurde Mem et Zîn du grand poète classique Ehmedê Khani, achevée en 1695. La version populaire et orale de cette épopée Mamé Alan est beaucoup plus ancienne.
 
La célébration de Newroz était, au même titre que toute autre manifestation de la culture, de la langue et de l’identité kurdes, interdite et sévèrement réprimée en Turquie de 1924 à 1995. La répression des festivités de Newroz en 1992 a fait une centaine de morts dans la population civile. Depuis 1995, le régime turc tente de récupérer cette fête qu’il considère désormais comme une fête du printemps des peuples turcophones !
 
L’esprit de Newroz
 
Dans la tradition kurde, l’esprit de Newroz est l’esprit de la résistance à la tyrannie, de la révolte contre l’injustice, contre toutes les injustices. La symbolique de Newroz, le peuple asservi retrouve sa liberté grâce à sa résistance sous l’étendard du forgeron Kawa, un artisan qui forge ainsi le destin collectif et qui met un terme au règne d’un tyran sacrifiant la jeunesse, c’est-à-dire l’avenir du pays pour son confort personnel et pour sa survie, reste un ressort puissant de la psyché et de l’imaginaire collectifs kurdes. Dans cet esprit, le salut n’est pas espéré du Ciel, du Messie ou de tel ou tel prophète pas plus qu’il n’est attendu d’hommes providentiels, généraux ou princes. L’émancipation sera le fruit d’une résistance collective sous la houlette d’un homme du peuple comme Kawa le Forgeron dont l’exemple reste toujours d’actualité. Lever l’étendard de Kawa signifie encore se soulever contre la tyrannie. Les statues de ce héros mythique trouvent une place d’honneur dans les villes kurdes libres. Il y en avait une, de fort belle facture, sur la place principale d’Afrin avant l’occupation turque de ce canton kurde syrien. L’armée turque l’a déboulonnée comme elle a détruit d’autres sites historiques et culturels kurdes locaux pour éliminer toute trace de la présence plus que millénaire des Kurdes dans cette région. Cette place d’Afrin porte désormais le nom d’Erdogan que les Kurdes considèrent comme un nouveau Zahak, un tyran comme hier Saddam Hussein et aujourd’hui le Boucher de Damas.
 
Nombre de Kurdes de Syrie évoquent ces temps-ci ces vers de Hugo écrits il y a près de deux siècles et hélas toujours d’actualité: « Les Turcs sont passés par là, tout est deuil et ruine. »
 
Ferdowsi et les mécréants kurdes
 
Dans la tradition persane, qui dérive du Shahnâmeh, le Livre des rois, de Ferdowsi, on parle aussi de Zahâk et de Kâveh le Forgeron. Mais pour ce poète fondateur de la littérature persane, qui a écrit son épopée au début du XIème siècle sur la commande du roi Mahmoud Ghaznavi, dont en préambule il fait l’éloge, l’objectif premier est de glorifier le passé d’un Iran meurtri depuis les invasions musulmanes. Zahâk est un tyran arabe. Il est vaincu et capturé dans son palais de Bagdad par le prince iranien Féridoun, qui le ligote et le fait transporter en Iran au Mont Damâvand où il meurt crucifié. Kâveh le Forgeron a rassemblé sous son étendard une foule considérable qu’il conduit devant le palais du prince Féridoun pour l’aider à combattre le tyran. En raison de ce soutien décisif, son tablier, le fameux Etendard de Kâveh, est devenu une relique honorée par tous ceux qui devenaient rois, qui le brandissaient, l’ornaient de joyaux en signe de reconnaissance pour le rôle de ce forgeron dans le rétablissement d’une souveraineté légitime. Cet Etendard, dit le poète « fut pour eux comme un Soleil dans la nuit obscure ». Selon Ferdowsi « les Kurdes actuels sont les descendants » des jeunes qui s’étaient réfugiés dans la montagne et « à l’égard de Dieu ils n’ont ni crainte ni haine ».
 
La réputation de « mécréant » des Kurdes ne date donc pas d’hier, d’autant que leur version de Kawa le Forgeron, leader du victorieux soulèvement populaire contre la tyrannie, diffère radicalement de celle monarchisée et anachronique d’un héros qui se met au service d’un prince légitime, devenu le bon roi Féridoun qui régna « plus de cinq cent ans ». Ferdowsi n’est évidemment pas un historien mais un grand poète, un talentueux conteur oriental de mythes et de légendes à la manière de son lointain prédécesseur grec Homère.
 
Le message de Newroz
 
La symbolique de Newroz reste très vivante chez les Kurdes et son esprit anime toujours leur résistance. C’est au lendemain du Mercredi Rouge, le 18 mars, qui se trouve être aussi la date anniversaire de la Commune de Paris, que le député kurde Omer Gergerlioglu, condamné à 2,5 ans de prison pour un simple tweet par la justice de Zahâk turc et déchu de son mandat de député, a crié en kurde, avec ses collègues kurdes, dans l’hémicycle du Parlement : Berxwedan Jiyan e, Résister c’est Vivre ! Cela résume l’esprit et le message de Newroz qui est aussi celui du grand Hugo lorsqu’il dit : « Ceux qui luttent sont ceux qui vivent. »
 
Publié par la Fondation-Institut kurde de Paris le 19 mars 2021

ROJAVA. La Turquie a interdit la monnaie syrienne à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – L’État turc a interdit l’utilisation de la monnaie syrienne dans le canton kurde d’Afrin du Rojava qu’elle occupe depuis 3 ans et où elle a imposé sa propre monnaie.
 
L’État turc a imposé une nouvelle interdiction à Afrin, qui est occupée depuis mars 2018, où des crimes de guerre systématiques, des pillages et des pratiques de changement démographique visant les Kurdes sont perpétrés.
 
Selon les informations obtenues de sources locales, l’institution coloniale appelée «Conseil local d’Afrin» a déclaré aux commerçants que la monnaie syrienne était interdite.
 
L’interdiction a été introduite le 19 mars. Le conseil colonial établi par l’État turc a menacé d’infliger une amende de 1 000 livres turques à ceux qui utilisent la lire syrienne.
 
En juin 2020, le service postal d’État turc PTT a commencé les transferts d’argent vers Afrin où la monnaie turque est imposée.
 
 

TURQUIE. Deux adolescents kurdes morts dans l’explosion d’une mine à Uludere

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TURQUIE / BAKUR – Deux adolescents kurdes, Yusuf Ata et Caner Saka avaient 14 et 16 ans. Hier, ils sont morts en marchant sur une mine alors qu’ils faisaient paître leurs troupeaux dans le village Yekmal, à Sirnak / Uludere.

Mines en Turquie

Selon le rapport de 1999 du Landmine Monitor, le nombre de mines terrestres en Turquie serait d’environ 1 million.

Bu, ce nombre est passé à 3 millions, les mines terrestres devant encore être détruites dans les entrepôts.

Il y a 3 174 mines à Hatay et dans les régions kurdes d’Ağrı, Ardahan, Batman, Bingöl, Bitlis, Amed, Antep, Hakkâri, Iğdır, Kars, Mardin, Siirt, Urfa, Şırnak, Dersim et Van. En outre, la Turquie se classe au premier rang des États parties à la Convention d’Ottawa en ce qui concerne la présence de mines antipersonnel.

ANF

 

TURQUIE. « Le nationalisme kurde interdit toute intégration durable de la région au reste du pays »

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Un énième ouvrage rappelant que les efforts de la Turquie voulant assimiler les Kurdes sont voués à l’échec, à cause notamment de l’attachement très fort des Kurdes à leurs racines ethniques.

« La récurrence des soulèvements, des révoltes et des mobilisations nationalistes dans les régions kurdes de Turquie depuis la proclamation de la République de Turquie peut donner à penser que c’est l’entêtement des leaders nationalistes kurdes qui empêche une intégration plus poussée des provinces et des populations kurdes au reste du pays. Il n’en est rien. La marginalité politique, économique et culturelle dans laquelle sont maintenus les Kurdes résulte bien davantage de l’échec des politiques d’assimilation mises en œuvre par les gouvernements successifs. Les dynamiques identitaires, économiques et politiques dans lesquelles sont prises les populations et les provinces kurdes donnent en outre à voir à quel point les politiques étatiques ont nourri le nationalisme kurde.

Le sort des populations kurdes de Turquie, ainsi que les dynamiques conflictuelles observables entre l’État et les groupes armés kurdistes résultent d’abord d’un échec du projet assimilationniste de la République de Turquie. Alors qu’une autonomie avait été promise aux tribus kurdes acceptant de prendre part à la guerre d’indépendance (1918-1922) aux côtés des nationalistes turcs, aucune mention n’en fut faite dans la constitution de 1924. Bien au contraire, dès la proclamation de la constitution, les kémalistes intensifient la politique de turquisation du pays, qui vise à faire disparaître toutes les identités susceptibles de faire concurrence au projet national porté par Kemal Ataturk. »

Par Benjamin Gourisse

 
Publié sur le site CAIRN Info 

 

NEWROZ. Les Kurdes défient le « Dehak turc »

TURQUIE / BAKUR – Des millions de Kurdes de Turquie se sont mobilisés les 20 et 21 mars à l’occasion du Newroz (nouvel an kurde hérité du Zoroastrisme) pour défier Erdogan, surnommé le Dehak turc à cause de la guerre sanglante qu’il livre aux Kurdes en Turquie mais aussi en Syrie et en Irak.
 
Hier, le 21 mars, c’était Newroz, la fête du printemps et du renouveau, pour les Kurdes et de nombreux peuples de la Mésopotamie et de l’Asie centrale. Mais, depuis plusieurs décennies, Newroz est devenu le symbole de la lutte contre la tyrannie chez les Kurdes opprimés sur leurs propres terres par des colonisateurs turcs, arabes et perses.
 
Autrefois, les Kurdes allumaient un feu autour duquel ils dansaient pour avoir vaincu le cruel roi assyrien appelé Dehak (prononcer Déhak). Aujourd’hui, ils allument le feu du Newroz pour défier leurs tyrans des temps modernes dont Erdogan, surnommé le « petit Dehak ».
 
La majorité des Kurdes, environs 20 millions d’individus, vivent dans les régions kurdes de Turquie. Ils sont privés de tous leurs droits et même leur existence était niée jusqu’à peu. Les régimes turcs successifs ont tous commis toute sorte de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans les régions kurdes pour assimiler ou exterminer les Kurdes depuis plusieurs siècles, même s’il y avait eu d’autres campagnes anti-kurde sous l’empire ottoman. Contrairement aux campagnes ottomanes qui ciblaient les Kurdes yézidis et alévis, des croyances non musulmanes, les campagnes turques du dernier siècle visent l’ensemble des Kurdes en tant que peuple, pour en faire des Turcs sunnites. 
 
Récemment, le régime turc a ordonné la fermeture du Partie démocratique des peuples (HDP), porté par les Kurdes, au prétexte de « terrorisme » car ce parti politique est la seule formation politique qui lutte pour la résolution pacifique de la question kurde en Turquie. Tous les autres partis turcs, le MHP de l’extrême-droite au CHP nationaliste, sont d’accord pour l’oppression des Kurdes, même dans les pays voisins. Ils se rangent derrière Erdogan dans ses conquêtes hasardeuses à l’extérieurs du pays, la haine des kurdes étant bien enracinée chez les Turcs lambda.   
 
Dans sa guerre anti-kurde, la Turquie viole les frontières de ses pays voisins Irak et Syrie où les Kurdes ont obtenu quelques droits et un semblant d’autonomie qui terrifie la Turquie car ces mêmes droits sont dus aux Kurdes du Nord que le petit Dehak opprime depuis des années dans la tradition héritée de son père Ataturk. En effet, la Turquie voit d’un mauvais œil le moindre droit linguistique, culturel ou ethnique obtenu par les Kurdes, où qu’ils soient sur cette planète. Cela rappelle à la Turquie son rôle de colonisateur au Kurdistan qu’elle ne peut justifier. Alors, à défaut de se mettre d’accord avec les dirigeants des pays voisins occupant les autres parties du Kurdistan, la Turquie y envoie son armée pour massacrer les Kurdes. En Syrie, elle a également enrôlé des mercenaires islamistes pour leur faire faire le sale besogne de chasser les Kurdes de leurs terres, comme à Afrin et Serekaniyê notamment.   
 
Lors de ses interventions au Kurdistan d’Irak, la Turquie a visé surtout les régions où le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) est présent. Cela lui a surtout servi de prétexte pour renforcer sa présence militaire dans la région contre l’Iran chiite bien implanté en Irak qui souffre d’un pouvoir bancal défié par la rue. Bien que pris entre la Turquie et l’Iran, les Kurdes d’Irak jouissent d’une autonomie locale et ont donc célébré le Newroz avec la traditionnelle marche aux flambeaux depuis les hauteurs de la ville d’Akrê, sans trop de messages politiques envoyés en direction de leurs ennemis.  
 
A Shengal, les Yézidis étaient également de fête à l’occasion du Newroz alors qu’ils sont toujours menacés par la Turquie et qu’ils n’ont pas pu panser leurs blessures d’après le génocide perpétré par DAECH en août 2014.
 
Au Rojava, les Kurdes ont pu mettre en place un modèle politique avant gardiste dans un Moyen-Orient que beaucoup imaginent comme étant « ingouvernable » et méritant seulement des régimes dictatoriaux, comme celui de Saddam Hussein jadis. Mais, ils sont menacés et par la Turquie et par le régime syrien soutenu par l’Iran et la Russie car les Kurdes ont eu le soutien de la coalition internationale dans la lutte contre DAECH / ISIS. Ainsi, ils se retrouvent dans une guerre d’influence que se livrent les Etats-Unis et la Russie. Mais ils croient en les jours meilleurs et ont célébré le Newroz avec entrain.
 
Les Kurdes d’Iran, au Rojhilat, ne sont pas mieux lotis. Le régime sanguinaire des Mollahs les a condamnés à la pauvreté et les tue au moindre révolte mais ils sont abandonnés de tous dans un pays qui n’a pas de pitié même pour sa propre population. Cela ne les a pas empêché d’allumer le feu du Newroz et de danser autour, défiant les Mollahs. On a même vu une femme kurde, dont le fils a été pendu par le régime iranien, danser avec des fleurs à la mains à la tête d’une ronde.
 
Lors du Newroz 2021, les Kurdes, qu’ils soient en Turquie, en Iran, en Irak ou en Syrie, ont de nouveau défié leurs bourreaux, à commencer par le « petit Déhak turc », car leur demande de vivre libres sur leurs terres ne peut être repousser ad vitam aeternam. Ils finiront par avoir leur liberté en envoyant les petits Dehak dans la poubelle de l’histoire.

TURQUIE. Les Kurdes entrent en résistance à l’occasion du Newroz

TURQUIE / BAKUR – Certes, le Newroz est le symbole du renouveau et de la révolte contre la tyrannie chez les Kurdes depuis des décennies. Mais cette année, pour les Kurdes du Nord (Bakur) opprimés par la dictature turque qui a ordonné l’interdiction de leur parti HDP, le Newroz s’est transformé en une manifestation de soutien au parti HDP avec des drapeaux du parti portés par milliers sur les places de célébrations du Newroz.

Aujourd’hui et hier, les Kurdes se sont rassemblés par millions à travers le Kurdistan et dans les grandes villes turques où ils ont été forcés de s’exiler dans les années 1990, pour célébrer le Newroz et surtout envoyer un message fort à Erdogan, disant qu’il ne peut empêcher leur lutte pour leurs droits élémentaires, à savoir avoir une éducation dans leur langue maternelle, gouverner leurs propres villes, défendre leur culture et nature contre le pillage de l’État colonialiste turc…

Espérons qu’Erdogan regardera bien la flame du feu du Newroz et cessera d’opprimer le peuple kurde. Sinon, il risque de se brûler les doigts à trop taper sur les Kurdes.

Le Newroz est le nouvel-an célébré par les Kurdes et d’autres peuples de la Mésopotamie et de l’Asie. Chaque peuple a sa propre légende du Newroz. Chez les Kurdes, elle raconte la révolte du peuple kurde dirigée par le Forgeron Kawa qui a tué le roi Dehak qui terrorisait le peuple.

Voici le mythe du Newroz selon les Kurdes :
Il y a bien longtemps, entre les grands fleuves d’Euphrate et du Tigre, il y avait une terre appelée la Mésopotamie (le pays entre deux fleuves). Au-dessus d’une petite ville de la Mésopotamie, sur le flanc des montagnes des Zagros, il y avait un énorme château en pierre avec de hautes tourelles et des hauts murs sombres.
 
Le château était taillé dans la roche de la montagne. Les portes du château étaient fabriquées à partir du bois du cèdre et sculptées en forme de guerriers ailés. Au fond du château vivait un roi assyrien cruel appelé Dehak. Ses armées terrorisaient tous les habitants du pays, alors que tout allait bien avant le règne de Dehak en Mésopotamie.
 
Les rois précédents avaient été bons et gentils et avaient encouragé les gens à irriguer la terre et à garder leurs champs fertiles. Ils mangeaient des aliments composés uniquement de pain, d’herbes, de fruits et de noix. C’est sous le règne d’un roi nommé Jemshid que les choses ont commencé à tourner mal. Il se croyait au-dessus des Dieux du soleil et commença à perdre la faveur de son peuple. Un esprit appelé Ahriman le Mal, a saisi l’occasion de prendre le contrôle.
 
Il choisit Dehak pour prendre le trône, qui tua ensuite Jemshid et le coupa en deux. Le mauvais esprit, déguisé en cuisinier, nourrit Dehak de sang et de chair d’animaux et un jour, alors que Dehak le complimentait sur ses plats de viande, il le remercia et lui demanda d’embrasser les épaules du roi. Alors qu’il embrassait les épaules de Dehak, il y eut un grand éclair de lumière et deux serpents noirs géants sortir de chaque côté de ses épaules. Dehak était terrifié et a tout essayé pour s’en débarrasser. Ahriman le Mal s’est déguisé à nouveau, cette fois en médecin et a déclaré à Dehak qu’il ne pourrait jamais se débarrasser des serpents et que lorsque les serpents auraient faim, Dehak ressentirait une douleur terrible, qui ne serait soulagée que lorsque les serpents seraient nourris avec le cerveau des jeunes enfants. C’est ainsi qu’à partir de ce jour sombre, deux enfants ont été choisis dans les villes et villages qui se trouvaient sous le château. Ils ont été tués et leurs cerveaux ont été emmenés aux portes du château et placés dans un grand seau fait du bois de noyer et maintenu fermement par trois fines bandes d’or.
 
Le seau de cervelle fut ensuite soulevé par deux gardes forts et emmené chez le méchant Dehak et les cerveaux ont été dévorés par les serpents affamés. Depuis que le roi serpent a commencé son règne sur le royaume, le soleil a refusé de briller. Les cultures, les arbres et les fleurs des paysans se sont mis à faner. Les pastèques géantes qui y avaient poussé pendant des siècles ont pourri sur pied. Les paons et les perdrix qui se pavanaient autour des grenadiers géants étaient partis. Même les aigles qui avaient volé haut dans les vents de la montagne étaient partis. Maintenant, tout était froid et sombre. Les gens du pays étaient très tristes. Tout le monde était terrifié par Dehak. Ils chantaient des lamentations tristes et douloureuses qui exprimaient leur douleur et leur détresse. Et le son envoûtant d’une longue flûte en bois résonnait toujours dans les vallées. Sous le château du roi vivait un forgeron qui fabriquait des fers pour les célèbres chevaux sauvages de Mésopotamie et des chaudrons et des casseroles pour les habitants de la ville. Il s’appelait Kawa. Lui et sa femme étaient affaiblis par le chagrin et haïssaient Dehak car il avait déjà pris 16 de leurs 17 enfants.
 
Chaque jour, transpirant à la sortie du four, Kawa frappait son marteau sur l’enclume et rêvait de se débarrasser du roi maléfique. Et tandis qu’il frappait le métal chaud rouge, de plus en plus fort, les étincelles rouges et jaunes s’envolaient dans le ciel sombre comme des feux d’artifice et pouvaient être vues à des kilomètres à la ronde. Un jour, l’ordre vint du château que la dernière fille de Kawa devait être tuée et son cerveau devait être amené à la porte du château dès le lendemain. Kawa passa toute la nuit sur le toit de sa maison, sous les étoiles brillantes et les rayons de la pleine lune, pensant comment sauver sa dernière fille des serpents de Dehak.
 
Alors qu’une étoile filante glissait dans le ciel nocturne, il eut une idée. Le lendemain matin, il est monté sur le dos de son cheval, tirant lentement la lourde charrette en fer avec deux seaux en métal qui cliquetaient sur le dos. La charrette a grimpé la route pavée escarpée et est arrivée à l’extérieur du château. Il vida nerveusement le contenu des seaux métalliques dans le grand seau en bois à l’extérieur des énormes portes du château. Alors qu’il se retournait pour partir, il entendit les portes se déverrouiller, trembler et se mettre à grincer lentement.
 
Il a jeté un dernier coup d’œil et s’est dépêché de partir. Le seau en bois a ensuite été lentement soulevé par deux gardes et emmené dans le château. Les cerveaux étaient donnés aux deux serpents géants affamés qui avaient poussé sur les épaules de Dehak. Quand Kawa est rentré chez lui, il a trouvé sa femme agenouillée devant un feu de bois rugissant. Il s’agenouilla et souleva doucement son grand manteau de velours. Là, sous le manteau, il y avait leur fille. Kawa balaya ses longs cheveux noirs et épais de son visage et embrassa sa joue chaude. Au lieu de sacrifier sa propre fille, Kawa avait sacrifié un mouton et avait mis son cerveau dans le seau en bois. Et personne ne l’avait remarqué. Bientôt, tous les habitants de la ville en ont appris la malice de Kawa. Alors quand Dehak leur a demandé un sacrifice d’enfant, ils ont tous fait la même chose. Ainsi, des centaines d’enfants ont été sauvés. Alors tous les enfants sauvés allèrent, dans l’obscurité, dans les montagnes les plus hautes et les plus éloignées où personne ne les trouverait. Ici, dans les hauteurs des montagnes des Zagros, les enfants ont grandi en liberté.
 
Ils ont appris à survivre par eux-mêmes. Ils ont appris à monter à cheval, à chasser, à pêcher, à chanter et à danser. De Kawa, ils ont appris à se battre. Un jour, ils retourneraient dans leur patrie et sauveraient leur peuple du roi tyran. Le temps passa et l’armée de Kawa était prête à commencer sa marche sur le château. En chemin, ils traversaient des villages et des hameaux. Les chiens des villages aboyaient et les gens sortaient de leurs maisons pour les encourager et leur donner du pain, de l’eau, du yaourt et des olives.
 
Alors que Kawa et les enfants approchaient du château de Dehak, les hommes et les femmes quittèrent leurs champs pour les rejoindre. Au moment où ils s’approchaient du château, l’armée de Kawa s’élevait à plusieurs milliers. Ils s’arrêtèrent devant le château et se tournèrent vers Kawa. Kawa se tenait sur un rocher. Il portait son tablier de forgeron et tenait son marteau à la main. Il se retourna et fit face au château et leva son marteau vers les portes du château. La foule s’avança en masse et déferla sur les portes du château qui avaient la forme de guerriers ailés et qui ont rapidement pris le dessus sur les hommes de Dehak.
 
Kawa se précipita directement dans la chambre de Dehak, descendit les escaliers de pierre sinueux et, avec son marteau de forgeron, tua le roi serpent maléfique et lui coupa la tête. Les deux serpents se flétrirent. Il grimpa ensuite au sommet de la montagne au-dessus du château et alluma un grand feu de joie pour dire à tous les habitants de Mésopotamie qu’ils étaient libres. Bientôt, des centaines de feux furent allumés dans tout le pays pour répandre le message et les flammes s’élevèrent haut dans le ciel nocturne, l’illuminant et purifiant l’air de l’odeur de Dehak et de ses mauvaises actions. Les ténèbres avaient disparu. Avec la lumière de l’aube, le soleil est venu de derrière les nuages sombres et a réchauffé la terre montagneuse une fois de plus. Les fleurs commencèrent lentement à s’ouvrir et les bourgeons des figuiers éclatèrent en fleurs.
 
Les pastèques ont recommencé à pousser, comme elles l’avaient fait pendant des siècles auparavant. Les aigles sont revenus et ont volé sur les vents chauds entre les sommets de la montagne. Les paons éventèrent leurs magnifiques panaches qui scintillaient sous le soleil chaud du printemps. Des chevaux sauvages aux longues crinières noires galopaient sur les plaines plates et poussiéreuses. Les perdrix se perchaient et chantaient sur les branches des poiriers. Les petits enfants mangeaient des noix mûres enveloppées dans des figues fraîches et l’odeur du pain fraîchement cuit dans les fours en pierre atteignait leur nez à l’aide d’une légère brise. Les feux brûlaient de plus en plus haut et les gens chantaient et dansaient en rond en se tenant la main avec les épaules qui montaient et descendaient rythmées par la flûte et le def ou daf.
 
Les femmes en robes pailletées de couleurs vives chantaient des chansons d’amour et les hommes répondaient en se déplaçant autour des flammes comme un seul homme. Quelques-uns d’entre eux planaient au-dessus du feu, ivres au son de la musique, les bras tendus comme des aigles qui volent dans le ciel. Maintenant, ils étaient libres. Jusqu’à ce jour, le même jour de printemps de chaque année, le 21 mars (qui est aussi l’équinoxe du printemps), les Kurdes, les Perses, les Afghans et les autres peuples du Moyen-Orient dansent et sautent au-dessus des flammes pour se souvenir de Kawa et de la libération de la tyrannie et de l’oppression et pour célébrer la venue du nouvel an. Ce jour s’appelle Newroz ou Nouveau-jour. C’est l’une des rares « fêtes populaires » qui a survécu et précède toutes les grandes fêtes religieuses. Bien que célébré par d’autres peuples, Newroz est particulièrement important pour les Kurdes car il marque également le début du calendrier kurde et consacre la longue lutte des Kurdes pour la liberté.
 
 
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SYRIE. Les avions turcs ont bombardé les positions des forces kurdes à Ain Issa

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SYRIE / ROJAVA – Depuis samedi soir, la région d’Ain Issa et l’autoroute M4 tenues par les forces arabo-kurdes sont bombardés par la Turquie.
 
« Un avion de combat turc a pris pour cible des positions militaires des Forces démocratiques syriennes dans le village de Saïda, près de la localité de Aïn Issa.
(…) Les forces turques ont du mal à avancer tandis que les FDS ont réussi à détruire un char turc », a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR).
 
Dans la nuit, les attaques se sont également poursuivies contre les villages de Seyda et Muelek, et de violents affrontements ont éclaté après la réponse des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS). Les FDS ont détruit un véhicule militaire des mercenaires affiliés à l’État turc.
 
Les FDS ont répondu aux attaques des envahisseurs par une action de sabotage autour du village de Muelek samedi matin, tuant 3 mercenaires et en blessant 2 autres.
 
Selon les FDS, 10 mercenaires ont été tués dans le village de Seyda et 8 dans le village de Muelek lors des affrontements qui ont eu lieu les 18 et 19 mars.
 

TURQUIE. Arrestation d’un député HDP déchu de son mandat

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ANKARA – Le député HDP, Ömer Faruk Gergerlioğlu, qui participait à une veillée de justice contre la déchéance de son mandat au Parlement turc, a été arrêté ce matin par des policiers qui ont envahi le Parlement.
 
HDP a déclaré que le député a été arrêté alors qu’il se rendait aux toilettes pour se préparer à la prière du matin.
 
« Alors qu’Ömer Faruk Gergerlioğlu se rendait aux toilettes pour se préparer à ses prières du matin, une centaine de policiers sont entrés dans la salle du HDP dans le bâtiment du parlement, où Gergerlioğlu a effectué sa montre de protestation ces 5 derniers jours.
 
Gergerlioğlu a dit aux policiers: ‘Laissez-moi d’abord faire mes prières et changer mes vêtements, puis nous partirons’, mais les policiers ont insisté pour l’arrêter et l’ont emmené dans son pyjama et ses pantoufles, malgré l’objection de nos députés Filiz Kerestecioğlu et Hüseyin Kaçmaz. »
 
Médecin et défenseur des droits humains, Gergeroglu avait été condamné par la justice turque à deux ans et demi de prison pour « avoir fait de la propagande pour une organisation terroriste [kurde]» à cause d’un tweet daté de 2016 appelant au dialogue entre l’État turc et le PKK pour une résolution pacifique de la question kurde en Turquie.
Ömer Faruk Gergerlioğlu, député depuis 2018 du Parti démocratique des peuples (HDP) pour Kocaeli, a été reconnu coupable en février 2018 de «diffusion de propagande terroriste» sur la base d’une publication de 2016 sur les réseaux sociaux qui ne prônait pas la violence.