SHENGAL. Un drone turc cible une voiture dans la région yézidie de Sincar
Le livre «Nous savons ce que nous voulons» pour raconter la révolution féministe du Rojava

La série d’événements organisés par le Comité Rojava de Zurich depuis avril pour marquer le 10e anniversaire de la révolution du Rojava s’est poursuivie avec un événement et le lancement du livre « Women Defend Rojava [Les femmes défendent le Rojava]». Sous le titre « Le Rojava et la révolution des femmes » , les internationalistes Nora et Amara ont présenté le livre « Nous savons ce que nous voulons » et ont évoqué l’évolution du mouvement des femmes au Rojava. En 2018, , dans le cadre d’une délégation de femmes internationalistes, Nora et Amara se sont rendues au Rojava avec 14 femmes et ont compilé un volume d’entretiens sur le rôle des femmes dans la révolution et l’autonomie gouvernementale au Rojava.
Ouvrage de référence sur la révolution des femmes du Rojava
Après presque six mois de travail, le groupe éditorial est retourné en Europe et a publié ses interviews et ses recherches dans le volume « Nous savons ce que nous voulons » . Le collectif des éditrices a mené des entretiens avec des femmes qui décrivent la mise en œuvre de la révolution des femmes dans la pratique. Au centre de ses histoires se trouve la résistance vécue, non seulement contre les attaques militaires contre la région, mais aussi contre les structures patriarcales de la société. Elles font état de l’organisation en conseils, du développement d’une économie alternative et décrivent le besoin d’une organisation autonome et féministe.
« Une révolution humaine »
Les internationalistes ont rendu compte des dix années de développement de la révolution des femmes au Rojava et de la nécessité de défendre la révolution. Dans sa conférence, Amara a déclaré que la révolution au Rojava, qui a commencé en 2012, représente une valeur collective de l’humanité et doit être protégée. Les femmes, ignorées, réduites en esclavage et confinées au foyer avant la révolution, sont désormais présentes dans tous les milieux et sont les forces motrices de la révolution. Amara a souligné qu’il s’agit d’un exemple et d’un espoir non seulement pour le Rojava, la Syrie ou le Moyen-Orient, mais aussi pour les mouvements de femmes du monde entier. Elle a souligné la menace aiguë que fait peser l’État turc sur la révolution.
« Défendre la Révolution »
Nora souligne l’importance de la révolution comme alternative à la modernité capitaliste qui inquiète les États hégémoniques. Le Rojava est donc gravement menacé et doit désormais être défendu dans le monde entier.
ANF
Transfert massif de données des Turcs et des Kurdes par l’Allemagne à la Turquie
L’acteur kurde, Aram Tastekin sera à Marseille pour « Happy Dreams Hotel »
Photo: Noémie Zabrano
KURDISTAN DU SUD. Un drone turc cible le camp de réfugiés de Makhmur
TURQUIE. Le Palais de justice de Diyarbakır remet à un père kurde les restes de son fils dans un sac
TURQUIE / KURDISTAN DU NORD – Les restes d’Hakan Arslan, tué par l’armée turque à Sur il y a 7 ans, ont été remis à son père dans un sac par le palais de justice de Diyarbakır (Amed). Avec des restes de leurs enfants donnés dans des sacs, le régime turc se venge des familles kurdes dont les enfants ont tués par les forces armées turques…

Avec des restes de leurs enfants donnés dans des sacs, le régime turc se venge des familles kurdes dont les enfants ont tués par les forces armées turques…
Achats de vêtements traditionnels et instruments de musique pour les réfugiés kurdes de Lavrio
GRECE – Les centaines de femmes, enfants, adultes kurdes vivant dans deux camps de réfugiés de Lavrio, en Grèce, survivent grâce à la solidarité des militant.e.s et ONG qui apportent toute sorte d’aide: nourriture, médicaments, fourniture scolaire (livres, cahiers…) ou encore culturelle (vêtements traditionnels kurdes, instruments de musique…).
Jacques Leleu, militant de longue date engagé aux côtés des réfugiés kurdes de Lavrio a réussi à collecter suffisamment d’argent et permis l’achat de 3 tembur/saz et 6 tenues traditionnelles kurdes pour les réfugiés de Lavrio qui ont également besoin de faire vivre leur culture.
Jacques Leleu explique les raisons de ces achats à but culturel:
« Notre collectif le « convoi solidaire » est en Grèce depuis 4 mois.
Notre action dans les camps kurdes va bientôt prendre fin. Il faut rentrer en France pour renflouer la « caisse solidaire » . Nous avons réalisé de nombreux achats nourriture mais également de matériel. Nos derniers achats sont culturels. Nous avons commandé en Turquie 3 saz [tembur]. Il est impossible de trouver en Grèce des sazs de bonne qualité.
Lorsqu’en juillet nous avons fait confectionner en Turquie des vêtements traditionnels kurdes (3 tenues pour les femmes et 3 tenues pour les hommes) nous avons été interpelé sur l’utilité de tels achats. Pourquoi acheter des biens culturels alors que les camps ont besoin de nourriture, de médicaments … ?
Pour ceux qui ont visionné notre dernier documentaire vidéo « l’arbre de Roshna » (paru le 8 mars sur Youtube) la raison de nos achats est évidente.
Dans ce documentaire Roshna, l’une des trois femmes kurdes interviewée, explique les raisons de ses années de prison. Roshna est une compositrice, interprète elle a été condamnée à plusieurs années de prison parce qu’elle chantait la culture kurde. Dans son récit elle explique que deux de ses amis membres d’une association culturelle ont été assassinés parce qu’ils jouaient des pièces de théâtre en langue kurde.
L’Etat fasciste turc veut étouffer, éradiquer la culture kurde. Défendre, promouvoir la langue, la culture kurde est donc un combat politique vital.
C’est pourquoi le « convoi solidaire » a financé l’achat des tenues vestimentaires traditionnelles et les instrument de musique.
C’était notre 76 ème livraison solidaire en 7 ans.
La solidarité est l’arme des peuples. »
TURQUIE. Une prisonnière kurde examinée par des médecins turcs grâce à « un langage gestuel »
TURQUIE / KURDISTAN DU NORD – La prisonnière kurde de 80 ans, Makbule Özer ne parle pas le turc mais les autorités turques refusent de lui trouver un interprète, même pour les examens médicaux. Ainsi, les médecins l’ont examiné « avec un langage corporel » en l’absence d’interprète.

Makbule Özer
Makbule Özer, 80 ans, qui est en prison pour « terrorisme » depuis mai, a été envoyé à l’institut de médecine légale (ATK) pour des soins le 29 août.
Cependant, lors de l’examen, elle n’a pas pu communiquer correctement avec les médecins car elle ne parle pas turc et qu’aucun interprète n’était présent, a fait savoir l’agence Mezopotamya (MA) vendredi 26 août.
Les médecins auraient dit à Özer : « Nous avons déjà un rapport. Vous n’avez rien à dire » , a déclaré à l’agence on avocate Dilan Kunt.
« Les médecins ont communiqué avec Özer avec un « langage corporel » et n’ont pas écouté la patiente » , a déclaré l’avocate.
Son fils, Medeni Özer, a déclaré au portail d’information Medyascope : « Nous encourageons ma mère mais son état empire de plus en plus. Nous sommes inquiets pour sa vie. »
Makbule Özer a déjà été infectée par le Covid-19 et a maintenant une perte osseuse, a déclaré Mahmut Karakaş, coprésident de l’Association des droits de l’homme (İHD) à Van.
Déclaration du ministère
Le ministère turc de la Justice a publié samedi un communiqué en réponse aux informations, affirmant que la patiente n’avait pas demandé d’interprète.
« Il n’y a pas eu de problème de communication entre les médecins et la patiente, elle a compris et appliqué correctement les mouvements qui lui étaient demandés lors de l’examen, donc, il n’y avait pas besoin d’interprète, et ni elle ni son avocate n’ont demandé d’interprète » , a-t-il déclaré.
« L’ATK dispose de personnel qui peut servir d’interprète dans plusieurs langues, dont le kurde, la laz, l’anglais, l’allemand, le français, l’arabe et le russe » , a ajouté le ministère.
Le ministère n’a pas démenti la déclaration de l’avocat selon laquelle les médecins n’avaient pas écouté l’histoire du patient.
Emprisonnement
Makbule Özer et son mari, Hadi Özer, 70 ans, ont été placées en détention provisoire pour « aide et complicité avec une organisation illégale [PKK] » le 10 mai.
Ils ont été condamnés à 2 ans et 6 mois de prison pour ce délit et envoyés à la prison de haute sécurité de Van.
L’affaire a été déposée en juillet 2018 à la suite d’un raid sur leur maison, après quoi tous les membres de la famille ont été détenus.
Dans une interview avec Bianet en juin, l’avocate Kunt a déclaré que l’ATK avait publié un rapport selon lequel « on peut rester en prison bien qu’on soit handicapé à 55% et qu’on soit en fauteuil roulant. »
Bianet
KURDISTAN. Enterrement de Suheyl Xurşîd Ezîz, militant kurde assassiné à Slémani
KURDISTAN DU SUD – L’écrivain et historien Suheyl Xurşîd Ezîz, a été abattu dimanche devant sa maison à Kifrî, dans la province de Sulaymaniyah. Pour les proches d’Ezîz, il a été tué par les agents turcs (MIT) qui ont multiplié les assassinats des activistes kurdes ces derniers mois. Suheyl Xurşîd Ezîz (Mamoste Şemal,) a été enterré dimanche soir à Kifrî.
