ROJAVA. L’EI tue 6 soldats kurdes pour venger les fouilles à al-Hol
KURDISTAN. Le consulat de Turquie fait retirer la carte du Kurdistan de l’université de Zakho
Le consulat de Turquie à Erbil a fait retirée de l’université de Zaxo (Zakho) la carte du Kurdistan, an faisant pression auprès des autorités kurdes d’Irak.
Le mois dernier, l’université de Zaxo a accroché une carte du grand Kurdistan à dans ses locaux, mais il y a trois jours, le président de l’université a décidé de remplacer la carte par celle représentant uniquement le Kurdistan irakien (Bashur). Les médias locaux affirment que la carte a été retirée suite à la pression du consulat de Turquie à Hewler (Erbil).
Une grande carte du Kurdistan a été accrochée à la faculté des sciences sociales de l’université de Zakho le 20 août, mais a été retirée dimanche sur décision de l’administration de l’université. Seule une carte des régions restant sous l’administration régionale kurde a été dessinée.
Le ministre des affaires des minorités de la région du Kurdistan, Aydın Maruf, qui est connu pour sa proximité avec l’État turc et qui est également turkmène, a visité le département de langue turque de l’université de Zaxo et a vu cette carte.
Selon les informations reçues, l’État turc a fait pression sur les responsables du gouvernement du Kurdistan du Sud pour qu’ils retirent cette carte via Aydın Maruf. Après que cette demande ait été transmise au recteur de l’université, la carte a été retirée.
Aucune déclaration n’a été faite par le Rectorat concernant le retrait de la carte du Kurdistan, mais cet événement donne une fois de plus une indication de l’attitude servile du PDK.
Millimètre, par millimètre, le clan Barzanî qui dirige le Kurdistan du Sud « vend » la région autonome kurde d’Irak à l’Etat turc qui a construit des dizaines de bases militaires dans la région et qui a dépeuplé des villages entiers du Kurdistan irakien en y commettant des massacres. Après, on nous accuse de créer la division entre les Kurdes alors que nos dirigeants soldent nos terres aux premiers colonialistes venus! Honte à tous ces corrompus kurdes qui vivent du sang de leurs frères et sœurs tombé.e.s en luttant pour un Kurdistan libre.
Jeune et prometteur: une introduction au système universitaire du Rojava
Assurément, les Kurdes et tous les autres peuples du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est n’ont pas fini de surprendre le reste du monde avec leur résilience et modèle social et politique avant-gardiste qu’ils ont mis en place envers et contre tous les États colonialistes du Moyen-Orient. L’enseignement n’est qu’une facette de ce modèle féministe, écologiste et pluraliste qui est la solution au chaos qui ronge la région depuis trop longtemps maintenant.
Les étudiants du Rojava / Syrie du N-E (NES) retrouveront les bans universitaires le mois prochain. Certains d’entre eux seront les premiers membres de leur famille à pouvoir étudier dans leur langue (kurde, syriaque…) et dans leur ville, une éducation de qualité – le tout gratuitement.
Nous avons parlé du système universitaire du Rojava à plusieurs reprises déjà. Mais le Rojava Information Center (RIC) vient de publier un rapport complet sur l’état des lieux des universités du Rojava, leurs besoins, leurs réalisations, leurs projets, les défis à surmonter …
Les journalistes de Rojava Information Center (RIC) ont passé 8 mois dans les 3 universités de la NES (à Qamishlo, Kobanê et Raqqa). Ils ont trouvé un système d’enseignement supérieur naissant offrant une éducation de qualité, étayée par les valeurs d’organisation horizontale, de libération des femmes et d’entraide de l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES).
Suite à ces 8 mois de travail de terrain, RIC a préparé un guide (en anglais) des universités de la NES, fournissant un aperçu de la situation actuelle des universités, de ses aspirations et des défis à venir. Il constate que l’un des aspects cruciaux déterminant le succès ou l’échec de ce jeune système sera sa capacité à se connecter aux institutions étrangères. Les 3 universités se sont engagées à atteindre cet objectif, mais l’absence de reconnaissance du Rojava par les pays étrangers, la guerre et le manque de financement adéquat empêchent les universités de la NES d’atteindre leur plein potentiel.
Le rapport complet à lire ici:
Young and Promising: An Introduction to the NES University System
CONFERENCE: Guerres de Syrie et dynamiques kurdes 2011-2021
En Turquie, les coups d’État passent, le colonialisme reste
Le coup d’État turc de 1980, dirigé par le chef d’état-major le général Kenan Evren, fut le 3e coup d’État mené en Turquie (les précédents sont ceux de 1960 et de 1971). Pour créer un prétexte à un putsch militaire, l’armée a laissé l’extrême-droite turc commettre des massacres et attaques visant les Kurdes/Alévis (massacres de Çorum et de Maraş) et la gauche turque. Au début du coup d’État de 1980, 50 personnes ont été exécutées, dont Erdal Eren, un adolescent de 17 ans, plus de 500 000 autres ont été arrêtées, des centaines d’entre elles sont mortes dans des prisons transformées en salle de torture. Et sans surprise, la prison de Diyarbakir (Amed) a battu tous les records en matière de crimes de guerre commis sur les prisonniers et/ou les sympathisants du PKK qui luttaient contre le colonialisme turc au Kurdistan.
42 ans après ce putsch sanglant, les victimes de ce coup d’Etat n’ont toujours pas obtenu justice et son principal protagoniste, Kenan Evren, est mort dans son lit à l’âge de 98 ans, sans avoir à rendre des comptes pour ses crimes nombreux alors qu’un semblant de procès le visant était en cours…
Le bilan tragique du coup d’Etat du 12 septembre 1980
Le 12 septembre 1980, le Conseil national de sécurité (Milli Güvenlik Konseyi, MGK), dirigé par Evren, déclare le coup d’Etat sur la chaîne nationale. Le MGK a ensuite étendu la loi martiale à tout le pays, aboli le Parlement et le gouvernement, suspendu la Constitution et interdit tous les partis politiques et syndicats.
Détails des crimes d’Etat de 1980:
650 000 personnes arrêtées
1 683 000 personnes fichées
230 000 personnes jugées
517 personnes condamnées à mort
50 des personnes condamnées à mort ont été exécutées (26 prisonniers politiques, 23 délinquants et un militant arménien du groupe Asala).
71 000 personnes ont été jugées en vertu des articles 141, 142 et 163 du Code pénal turc.
98 404 personnes ont été jugées pour appartenance à une organisation de gauche, de droite, nationaliste, conservatrice, etc.
388 000 personnes ont été privées de passeport.
30 000 personnes ont été licenciées de leur entreprise car elles étaient suspectées de liens avec des organisations ou des partis politiques.
14 000 personnes ont vu leur citoyenneté révoquée.
30 000 personnes sont parties à l’étranger en tant que réfugiés politiques.
300 personnes sont mortes de manière suspecte.
171 personnes sont mortes sous la torture.
937 films ont été interdits car ils étaient jugés répréhensibles.
23 677 associations ont vu leurs activités interdites.
3 854 enseignants, 120 chargés de cours et 47 juges ont été démis de leurs fonctions.
400 journalistes ont été jugés pour un total de 4 000 ans d’emprisonnement.
Les journalistes ont été condamnés à 3 315 ans et 6 mois de prison.
31 journalistes ont été emprisonnés.
300 journalistes ont été agressés.
3 journalistes ont été tués par balles.
Pendant 300, les journaux n’ont pas été publiés.
303 dossiers ont été ouverts pour 13 grands journaux.
39 tonnes de journaux et de magazines ont été détruits.
299 personnes ont perdu la vie en prison.
144 personnes sont mortes de manière suspecte en prison.
14 personnes sont mortes dans des grèves de la faim en prison.
16 personnes ont été tuées alors qu’elles étaient en fuite.
95 personnes ont été tuées lors de combats armés.
(Données fournies par ANF en 2019)
Table ronde: Quel avenir pour les Kurdes de Syrie ?
ŞENGAL. Un drone turc cible un véhicule des forces yézidies YBŞ
IRAK / ŞENGAL – Un drone turc a ciblé un véhicule des unités d’autodéfense yézidies (YBŞ) près d’une base militaire irakienne à Xanesor. On ne sait pas encore si l’attaque a fait des victimes. La Turquie a tué des dizaines de civils et combattants kurdes/yézidis à travers l’Irak et le Rojava depuis août dernier.
Un drone turc a attaqué une voiture appartenant aux unités de résistance (YBŞ) dans la région de Shengal. L’attaque a eu lieu près d’une base de l’armée irakienne dans le village de Behreva, à Xanesor. Selon les premiers rapports, la voiture a été frappée à deux reprises. Une déclaration du YBŞ sur l’attaque est attendue plus tard dans la journée.
La Turquie mène constamment des frappes de drones dans le nord de l’Irak et le nord de la Syrie. La dernière attaque de drones à Shengal a eu lieu le 29 août, selon les Unités de résistance de Shengal (YBŞ), deux militants ont été blessés. Le même jour, le civil Evizet Abdullah Abid a été tué dans le camp de réfugiés de Maxmur, père de six enfants, tué dans une frappe de drone. L’État turc ne fait aucune distinction entre les forces armées et les civils dans ses attaques. Depuis 2017, de plus en plus de frappes aériennes sont menées à Shengal sous prétexte de « combattre le PKK ». Les cibles réelles sont principalement les représentants et les institutions de l’Assemblée autonome de Shengal (Meclîsa Xweseriya Demokratîk a Şengalê – MXDŞ) et les unités d’autodéfense YBŞ/YJŞ. Les morts sont pour la plupart des civils – souvent des survivants du génocide de l’EI en 2014. En juin, trois civils, dont un garçon de 12 ans, ont été tués dans une frappe de drone turc à Shengal. En février, trois travailleurs civils arabes sont morts dans des bombardements sur 22 cibles qui ont duré plusieurs heures. En décembre 2021, une figure centrale de longue date de l’administration de l’autonomie, Merwan Bedel, coprésident du comité exécutif du MXDŞ, a été assassiné lors d’une frappe de drones turcs. Un médecin et des infirmières figuraient parmi les huit victimes d’une frappe aérienne contre un hôpital de Sikêniyê en août 2021.
En août, 27 personnes, dont huit mineurs, sont mortes dans des attaques de drones turcs dans la région autonome du nord et de l’est de la Syrie. ANF
SYRIE. Trois morts du choléra dans des régions kurdes
D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), la maladie s’est propagée dans l’ouest de la province de Deir Ezzor à travers de l’eau potable contaminée, après que les autorités ont cessé de distribuer du chlore aux stations de pompage ces trois derniers mois. L’ONG a fait état de centaines de personnes présentant des symptômes de choléra -vomissement, diarrhée et maux de tête. (AFP)
« Au moins 50 prisonniers malades sont morts en Turquie en 8 mois »
IRAN. Le régime iranien exécute trois prisonniers kurdes à Karaj
IRAN. Condamnation à la prison d’une femme kurde et son fils de 16 ans pour des activités politiques
IRAN. Une activiste kurde condamnée à mort tente de se suicider
Zahra Sediqi Hamedani, dite « Sareh », 31 ans, et Elham Chubdar, 24 ans, toutes deux militantes de la communauté LGBT+, ont été condamnées à mort par le tribunal révolutionnaire d’Urmia dans une affaire conjointe pour « corruption sur terre à travers la promotion de l’homosexualité ».