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FÉMINICIDE. Au moins 30 femmes assassinées en Turquie en avril

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TURQUIE / KURDISTAN – En avril, les hommes ont tué au moins 30 femmes et 2 fillettes en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, tandis que 15 femmes et une fillette sont mortes dans des circonstances suspectes.
 

Selon les données sur les féminicides compilées par l’agence de presse féminine JINNEWS, au moins 30 femmes et 2 enfants ont été assassinées en Turquie en avril.

Une femme a été assassinée à Amed (Diyarbakır), 2 à Mersin, une à Edirne, une à Balıkesir, 2 à Antalya, une à Tekirdağ, 4 à Istanbul, 2 à Maraş, 2 à Ankara, 2 à Bolu, une à Manisa, 2 à Kayseri, une à Kayseri, 2 à Adıyaman, 2 à Samsun, 2 à Muğla, une à Karabük, une à Ağrı, une à Kırıkkale, une à Aydın et une à Çankırı.

Selon les données, 11 des femmes assassinées ont été assassinées par les hommes avec lesquels elles étaient mariées, une par son ex mari, 7 par leurs maris alors qu’elles étaient en instance de divorce, une par son fils, une par son frère, 3 par le concubin, une par un neveu, 2 par des connaissances, 2 par des amis et une par son oncle.

KURDISTAN. Un incendie (criminel ?) détruit le bazar de Qaysari à Erbil

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KURDISTAN – Un incendie majeur a ravagé le bazar historique de Qaysari, à Erbil (Hewler). Ces derniers mois, plusieurs bazars du Kurdistan du Sud ont été brûlés. Un groupuscule turc a affirmé avoir brûlé le bazar pour empêcher que les Kurdes vivent à Erbil qui serait une ville turque!
 
Il s’agit du dernier d’une série d’incendies importants sur les marchés d’Erbil et de la région du Kurdistan au cours des deux derniers mois, marquant au moins le sixième incident de ce type à Erbil et à Duhok.
 
Certains des incendies de bazar ont été revendiqués par un groupuscule turkmène qui ordonne aux Kurdes d’Irak de « se soumettre » à la Turquie.
 

Plus de 100 personnes blessées

 
Le marché couvert de Qaysari est un labyrinthe complexe de ruelles étroites situé juste en face de la citadelle, au centre de la ville d’Erbil. Le sultan Muzaffaraddin Gokbori, qui dirigeait Erbil, a construit la zone du marché et deux écoles pour les habitants de la citadelle en 1195.
 
Si les causes des incendies des bazars restent inconnues, diverses spéculations ont circulé, notamment :
 
1. Les personnes se livrant au vol d’électricité en se branchant illégalement sur les lignes électriques et en dissimulant les connexions avec des revêtements en tissu.
 
2. L’existence d’une « main cachée » comme cause potentielle, certains invoquant des motivations économiques et d’autres citant des motivations politiques.
 
Cependant, cela reste des spéculations et aucune preuve concrète n’a fait surface jusqu’à présent.
 
Attaque revendiquée par un groupuscule turc
 
Un incendie important au bazar Qaysari d’Erbil dimanche soir a entraîné la destruction de plus de 370 magasins et blessé plus de 100 personnes. Un groupuscule turc affirme que l’attaque était une campagne visant à récupérer ce qu’il prétend être une terre historiquement turque.
 
 
La déclaration provocatrice du groupe lundi a articulé ses revendications : « Dans la soirée du 5 mai, nos courageux guerriers ont mené des opérations de sabotage en 22 points différents du bazar Qaysari d’Erbil, réduisant en cendres 450 magasins. Soit le glorieux drapeau turc flottera pour toujours sur le château d’Erbil, soit il ne prendra fin que lorsque nous disons qu’il prend fin.
 
Le bureau du gouverneur d’Erbil a rapporté lundi que l’incendie avait fait plus de 100 blessés et a confirmé la formation d’une commission d’enquête chargée d’enquêter sur les circonstances entourant l’incendie.
 
Ce n’est pas la première fois que ce groupe cible le bazar. Une déclaration précédente revendiquait une attaque similaire le 8 avril 2024, indiquant une campagne en cours contre l’administration kurde. « Nous poursuivrons nos opérations jusqu’à ce que le drapeau turc flotte sur le château d’Erbil  », a prévenu le groupe, suite à ses efforts de sabotage antérieurs.
 
En réponse au dernier incendie, le vice-Premier ministre du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK), Qubad Talabani, a exprimé sa solidarité avec les commerçants touchés et a détaillé la réponse d’urgence :
 
« J’ai parlé avec Omed Khoshnaw, le gouverneur d’Erbil, et il m’a assuré que les équipes de pompiers faisaient tout leur possible pour maîtriser l’incendie du grand bazar d’Erbil. Nous félicitons les premiers intervenants pour leur courage et continuerons de surveiller la situation. »
 
Les pertes dues à l’incendie sont considérables, un propriétaire de magasin estimant les pertes à environ 20 000 dollars. Cet événement marque un autre défi important dans une région déjà aux prises avec des problèmes de sûreté et de sécurité attribués à des normes de sécurité inférieures à la moyenne et à des pannes électriques fréquentes.
 
Le groupe articule une vision de droits historiques sur les zones kurdes, les revendications sur Kirkouk étant particulièrement soulignées comme une « partie inhérente de la terre turque ». Leurs déclarations comprenaient des menaces et des affirmations telles que : « Kirkouk est turque et ceux qui revendiquent des droits sur elle feront face à la colère des Turcs ». Les responsables du KRG n’ont pas encore abordé publiquement ces allégations ni mené d’enquête.

On signale que Turquie envoie des mercenaires syriens au Niger

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Des sources médiatiques signalent que la Turquie a envoyé plus de 500 mercenaires syriens au Niger pour participer au conflit armé, sous la supervision des services de renseignement turcs. Les mercenaires sont recrutés dans les zones kurdes du Rojava/Nord-Est de la Syrie occupées par la Turquie.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR) a annoncé l’envoi d’un deuxième lot de mercenaires syriens de l’« Armée nationale syrienne » de l’État d’occupation turc vers le Niger. 

 

L’OSDH a rapporté que des membres de plusieurs factions opérant sous la bannière de « l’Armée nationale » ont commencé à suivre un cours militaire sous la supervision d’officiers turcs à la base d’Al-Muksourah, dans la campagne de Tel Abyad, au nord d’Al- Raqqah dans la zone « Printemps de la Paix ».

 

Cela s’inscrit dans le cadre des efforts continus déployés par les autorités turques pour recruter des combattants de « l’Armée nationale » comme mercenaires afin de les envoyer en mission de combat au Niger.

Le deuxième groupe, composé de 250 mercenaires, est parti hier pour la Turquie, tous membres de la Division Sultan Murad. Ils doivent rester sur le territoire turc pour suivre un cours de réhabilitation morale, puis devraient être transportés par avion vers le Niger. Au total, 550 mercenaires syriens seraient envoyés au Niger jusqu’à présent.

Selon les sources, certains dirigeants de groupes mercenaires affiliés à la Turquie proposent un salaire mensuel de 1 500 dollars aux personnes dans les zones du Rojava/Nord-Est de la Syrie sous l’occupation turque pour aller combattre au Niger.

L’État d’occupation turc continue d’exploiter les conditions de vie dans les zones qu’il occupe dans le nord de la Syrie, dans le but de recruter davantage de mercenaires pour participer à des opérations militaires en dehors du territoire syrien.

Le 21 avril dernier, un groupe de mercenaires de l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA) affiliés à l’État d’occupation turc est monté à bord d’un avion de transport parti d’une des bases en Turquie et transportait à son bord 300 mercenaires de la Division Sultan Suleiman Shah et la Division Hamza. Les mercenaires seraient dirigé par l’un des officiers déserteurs des forces gouvernementales de Damas, qui supervisait auparavant des groupes de mercenaires lors des opérations en Libye et en Azerbaïdjan.

TURQUIE. 14 arrestations lors de rafles anti-kurdes à Urfa

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TURQUIE / KURDISTAN – Lors de raids policiers ciblant les membres du parti politique DEM Parti, au moins 14 personnes ont été arrêtées dans la province kurde d’Urfa (Riha).

Selon les informations reçues, la police a effectué des descentes dans le centre d’Urfa (Riha) ainsi que dans les districts de Hilvan (Curnê Reş), Hewag (Bozova) et (Viranşehir) Wêranşar, plus tôt ce matin.

Au moins 14 personnes, dont le responsable du district du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM) et des membres du conseil de la jeunesse, ont été arrêtées lors des perquisitions.

Il a été rapporté que les perquisitions avaient eu lieu dans le cadre d’une enquête menée par le parquet général d’Urfa.

On ne sait pas de quoi les détenus sont accusés et il est à craindre que le nombre de détentions augmente.

Les noms des personnes arrêtées sont les suivants : Curnê Reş : Muzaffer Akcan et Bünyamin Demir. Centre : Şirin Aktaş, Leyla Dağhan, Meyaser Korkmaz, Kemal Çakmak et Nuh Albayrak. Hewag : Hüseyin Aslan, directeur du district du parti DEM, Kemal Aslan, Mehmet Aslan, Mehmet Emin Açıkgöz. Résultats : Ismail Topkan, Serhat İşlek, Aziz Taşkın.

LYON. Projection / débat autour de la lutte d’émancipation du peuple kurde

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Le documentaire Jiyan’s Story: Women’s Revolution raconte l’histoire de la combattante Jiyan Tolhildan (Salwa Yusuf), qui a consacré 20 ans de sa vie à la lutte kurde avant d’être tuée par un drone de la Turquie au Rojava en 2022. Contrairement à de nombreux autres films sur la révolution du Rojava et la lutte contre l’EI, celui-ci ne se concentre ni sur la lutte militaire ni sur la seule lutte politique. Il raconte toute l’histoire d’où les différentes luttes sont enracinées, comment elles sont intégrées et pourquoi les femmes sont l’avant-garde de la révolution.
 
En soutien au Collectif solidarité entre femmes à la rue, un après-midi de projection et d’information autour de la lutte d’émancipation du peuple kurde aura lieu à Lyon le samedi 11 mai 2024.

 

Dernièrement, le vendredi 3 mai, le collectif solidarité entres femmes à la rue occupait le gymnase Dargent (Lyon 8°) afin de dénoncer le manque d’hébergement d’urgence et tentait de mettre à l’abri les femmes du collectif, plusieurs étant enceintes ainsi que 70 enfants dont 7 bébés.


A 23h, sous la pluie, la mairie de Lyon a ordonné l’expulsion et la remise à la rue de ces 170 personnes.


Cet événement sera aussi l’occasion de se rencontrer et de se tenir au courant de la suite de cette lutte.

Quand au peuple kurde, plus grand peuple sans état au monde, dont la lutte fait actuellement face à une répression sans précédent, aussi bien en Europe que sur les 4 partie du Kurdistan, il semblait important, maintenant plus que jamais, de la rendre la plus visible possible. Visibilité qui sera mise en avant avec le mouvement de résistance des femmes kurdes et la projection d’un documentaire retraçant la vie de Jiyan Tolhildan, combattante kurde assassinée par un drone turc en 2022.

« Sans Libération des femmes aucune autre libération n’est possible », cette phrase, citée dans le film, est un des principes qui guide le mouvement de résistance kurde. Jiyan Tolhildan, commandante des FDS, qui s’est battue, non seulement pour la condition des femmes au Moyen-Orient et ailleurs, mais aussi pour tout un peuple et pour une société nouvelle, constitue un des exemple de la mise en pratique de ce principe.

Aujourd’hui encore, ces femmes sont traquées et assassinées, non seulement au Moyen-Orient, mais aussi chez nous, en Europe, en France, comme ces 4 militantes kurdes assassinées à Paris en 2013 et en 2023.


Ce mouvement est aujourd’hui menacé, au Moyen-Orient : des pays s’allient sous l’égide de la Turquie pour en finir avec une résistance qui dure depuis plus de 40 ans, mais aussi en Europe et particulièrement en France où la répression est en train de s’abattre sur le militantisme pro-kurde. (arrestations, expulsions, perquisitions de médias kurdes).

Un point sera d’ailleurs fait sur ces derniers événements à l’issue de la projection du documentaire. Cette lutte est liée aux nôtres que ce soit idéologiquement ou géographiquement. Cette lutte continue. Notre solidarité doit continuer aussi. (Rebellyon info)

Film/Animation enfants/Goûter/Discussion
 
RDV le samedi 11 Mai, dès 14h, jusqu’à 18h
Annexe de l’ECG
27 rue Salomon Reinach
69007 LYON

Une avocate veut saisir l’ONU face aux meurtres d’enfants kurdes par des blindés de l’armée turque

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TURQUIE / KURDISTAN – Avec le soutien de divers groupes de défense des droits, l’avocate kurde Yasemin Soydan entend déposer une pétition auprès de l’ONU pour le retrait des blindés militaires et des armes lourdes des localités kurdes de Turquie, suite à la mort d’environ 385 enfants.
 
Des enfants kurdes dont la mort est attribuée à la présence de véhicules blindés et d’armes lourdes sont régulièrement tués dans les rues des localités kurdes de Turquie. Ces décès sont désormais inscrits à l’ordre du jour des Nations Unies. Yasemin Soydan, une avocate kurde rattachée à l’Association des Avocats pour la Liberté (Özgürlük için Hukukçular Derneği-ÖHD), est à l’avant-garde de cette initiative.
 
S’adressant dimanche à Artı Gerçek, l’avocate Soydan a annoncé son intention de adresser une pétition à l’ONU concernant le taux alarmant de décès d’enfants dans les régions kurdes attribués aux blindés militaires et aux armes lourdes dans les centres urbains.
 
Soydan, connue pour son travail de plaidoyer en tant que membre de la Commission des droits et de la mémoire des enfants de l’association turque des Avocats pour la liberté, a souligné la gravité de la situation. Faisant référence à un rapport intitulé « Ils auraient été nos amis s’ils n’avaient pas été tués », qu’elle et deux autres collègues ont rédigé en 2021, elle a détaillé certains noms et histoires des centaines d’enfants tués ou blessés dans les régions kurdes entre 2000 et 2020.
 
« Ces années ont vu près de 385 enfants mourir et environ 850 blessés », a fait remarquer Soydan. « La manière dont ils sont morts a évolué en fonction de l’évolution des paysages politiques. Initialement, les conflits dans les zones rurales ont fait des victimes à cause des mines terrestres et des bombes. Cependant, l’afflux de véhicules blindés dans les zones urbaines a marqué une nouvelle ère, avec une augmentation du nombre d’enfants mourant après avoir été heurtés par ces véhicules ».
 
Soydan a souligné le besoin urgent d’agir, déclarant : « La présence de véhicules blindés et d’armes lourdes dans les régions kurdes est devenue une normalité pénible. Ces instruments de conflit doivent être supprimés pour rétablir la sécurité des enfants ».
 
Soulignant le manque d’attention des organismes internationaux, Soydan a critiqué les Nations Unies pour leur négligence à l’égard des questions relatives aux enfants kurdes. Elle a souligné la nécessité de placer cette question au premier plan du débat mondial et a annoncé son intention de demander à l’ONU le retrait des véhicules blindés et des armes lourdes des zones urbaines à majorité kurde.
 
« Nous devons nous attaquer aux causes profondes de ces décès d’enfants en plus d’engager des poursuites pénales dans ces cas-là », a insisté Soydan. « La Turquie, en tant que signataire de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, doit prendre des mesures immédiates pour garantir la sécurité et le bien-être des enfants kurdes. Cela implique de lever les réserves sur les droits linguistiques et culturels et de favoriser un environnement paisible et propice au développement de l’enfance ». (Medya News)

La Turquie surfe sur le sentiment anti-israélien dans sa guerre contre les Kurdes

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KURDISTAN – Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan exploite le sentiment anti-israélien afin d’obtenir le soutien de l’Irak contre les forces kurdes dans la région yézidie de Sinjar.

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a exprimé sa confiance dans les forces irakiennes pro-Iran Hachd al-Sha’bi pour « nettoyer » Sinjar, la patrie historique des Kurdes yézidis, de la guérilla kurde qui s’étaient rendue à Shengal pour contrer la campagne génocidaire de l’État islamique.

S’adressant à Al Arabiya dimanche, Fidan a abordé une série de sujets, notamment les négociations de cessez-le-feu en cours à Gaza et la géopolitique plus large du Moyen-Orient.

L’interview suggère notamment que la Turquie exploite tactiquement les sentiments anti-israéliens régionaux pour renforcer sa campagne contre les Kurdes, avec une opération militaire importante au Kurdistan irakien imminente.

« Je crois que les Hachd al-Sha’bi sont prêts à nettoyer Sinjar du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Si le PKK ne part pas, tous les patriotes irakiens combattront cette organisation terroriste qui occupe leur pays », a affirmé Fidan.

Il a appelé à une action du gouvernement central irakien contre le PKK, qui, selon lui, était auparavant perçu comme un problème kurde localisé : « Une fois que nous avons démontré les activités du PKK à Sinjar, Sulaymaniyah et Makhmur, Bagdad était convaincu qu’il ne s’agissait pas de problèmes isolés mais qu’ils nécessitaient une attention nationale. »

Les remarques de Fidan ont également lié les efforts militaires contre les forces kurdes à des projets d’infrastructures cruciaux visant à améliorer les routes commerciales de la Turquie du Golfe vers l’Europe. Il a fait valoir que le projet de route de développement nécessite une région stable « libre de toute ingérence du PKK », justifiant ainsi des opérations militaires plus larges sous couvert de sécuriser les routes commerciales.

Récemment, des sources russes ont propagé de fake news prétendant que le PKK collaborait avec les forces israéliennes à Gaza, soulevant des questions sur d’éventuelles stratégies russo-turques visant à modifier les perspectives du monde arabe concernant l’autonomie et les droits des Kurdes.

Le département américain du Trésor a désigné Falih al-Fayyadh, le président des Hachd al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire ou Forces de mobilisation populaire – PMF), pour son rôle dans de graves violations des droits humains le 8 janvier 2021.

Fidan a rencontré le président du PMF, Falih al-Fayyadh, le 19 février 2024 pour consolider une alliance anti-PKK.

Les démarches diplomatiques de la Turquie visant à forger une alliance anti-kurde à l’échelle régionale ont été encore soulignées par la réunion du mécanisme de sécurité conjoint entre la Turquie et l’Irak pour lutter contre le PKK, le 14 mars 2024. (Medya News)

TURQUIE. Libération d’une femme kurde arrêtée avec son bébé

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TURQUIE / KURDISTAN – Dilan Polat Dirin et son bébé de 11 mois ont été placés en garde à vue à Diyarbakir/Lice plus tôt lundi matin.

La jeune maman a été arrêtée avec sept autres Kurdes, dont les journalistes Derya Us et Nurcan Yalçın.

Dilan Polat Dirin aurait été arrêtée sous l’accusation d’avoir « envoyé de l’argent en prison » et emmenée au commissariat de gendarmerie du district. Elle a été déférée au palais de justice après sa déposition, puis finalement libérée sous contrôle judiciaire.

TURQUIE. Peines de prison pour 13 personnalités politiques kurdes de Mardin

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TURQUIE / KURDISTAN – 21 personnalités politiques kurdes poursuivies dans le cadre du processus d’autonomie gouvernementale à Mardin/Dêrik ont ​​été condamnées à plusieurs années de prison ferme sur la base de déclarations de « témoins secrets ».

L’audience finale du procès intenté contre 21 personnalités politiques kurdes en relation avec le processus d’autonomie gouvernementale en 2015-2016 dans le district de Derik à Mardin s’est tenue lundi. Les prévenus n’ont pas assisté à l’audience tenue devant la 3e Haute Cour pénale. Le bureau du procureur a réitéré l’avis final présenté lors de l’audience précédente et a exigé que 21 prévenus soient condamnés à la prison.

Les avocats ont déclaré avoir réitéré leurs déclarations de défense lors de l’audience précédente et exigé l’acquittement de leurs clients.

Le tribunal a acquitté Adil Dölcek, Hamdullah Duran, İbrahim Ektiren, Mehmet Sıddık Şanlı, Nurettin Ektiren, Remzi Kıran, Sedat Mercen et Zeynep Demir.

Le tribunal a condamné chacun des prévenus (Abdülhamit Aksoy, Bedirhan Ektiren, Bedirhan Eye, Bedran Savucu, Cengiz Gezer, İhsan Demir, Mahmut Aktaş, Mehmet Bilgen, Mehmet Sıddık Aksak, Mehmet Şirin Eye, Ramazan Özdoğan, Semih Bilgen et Tarık Ektiren) à 6 ans et 3 mois pour « appartenance à une organisation illégale », à savoir le PKK.

La Turquie contourne « l’interdiction totale du commerce » avec Israël et facilite les expéditions de pétrole azerbaïdjanais via Ceyhan

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Malgré une interdiction commerciale officielle déclarée par la Turquie contre Israël le 2 mai en raison de « l’aggravation de la tragédie humanitaire en Palestine », le pétrole azerbaïdjanais continue d’être expédié vers Israël depuis le port turc de Ceyhan, comme l’a rapporté dimanche BNE IntelliNews, citant le quotidien financier hébreu Globes.

Le mouvement fonctionne même après que le gouvernement turc a annoncé une interdiction complète du commerce avec Israël, ce qui indique un écart persistant entre la politique officielle et les activités économiques de la Turquie.

L’Azerbaïdjan entretient des liens étroits avec Israël, fournissant d’importants approvisionnements en pétrole via l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan.

Le rapport de bne IntelliNews met en évidence des volumes commerciaux substantiels entre la Turquie et Israël, avec un flux important de biens et de services qui sont économiquement importants pour les deux pays. Cela comprend l’exportation de produits pétroliers d’Israël vers la Turquie et une relation commerciale solide d’une valeur d’environ 6,2 milliards de dollars par an.

Certains signes indiquent que des pressions politiques nationales et internationales influencent les actions de la Turquie, notamment des déclarations de personnalités politiques turques appelant à des réponses internationales plus fermes à la situation à Gaza. Dimanche, le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoğlu, principal rival national du président turc Recep Tayyip Erdoğan, a appelé les pays européens à adopter une position plus ferme contre la guerre en cours à Gaza, remettant en question leur attachement aux valeurs démocratiques.

Pris entre intérêts économiques et pressions politiques, Erdoğan a peut-être cherché un soulagement par l’intermédiaire de l’Azerbaïdjan ; cependant, la marge de manœuvre diminue rapidement.

Par ailleurs, le compte MenchOsint sur X (ancient Twitter) a partagé des « preuves supplémentaires que la prétendue interdiction du commerce avec Israël d’Erdogan n’est pas appliquée ».

Une des graphiques partagées par MenchOsint 

« L’Union européenne finance des djihadistes et des entités islamistes anti-UE en Turquie »

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Une partie importante du financement de l’Union européenne, destiné à rapprocher la Turquie des valeurs européennes, a été acheminée par le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan vers des entités connues pour leurs affiliations djihadistes (…). Malgré les milliards dépensés pour améliorer la démocratie turque et l’État de droit, les résultats ont été à l’opposé de ceux escomptés, écrit le journaliste turc Abdullah Bozkurt sur le site Nordic Monitor.
 
Voici l’article de Bozkurt:
 

Une partie importante du financement de l’Union européenne, destiné à rapprocher la Turquie des valeurs européennes, a été acheminée par le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan vers des entités connues pour leurs affiliations djihadistes et islamistes politiques. Malgré les milliards dépensés pour améliorer la démocratie turque et l’État de droit, les résultats ont été à l’opposé de ceux escomptés.

Selon une étude de Nordic Monitor sur le décaissement des fonds de l’UE en Turquie, des millions d’euros provenant du programme de plusieurs milliards d’euros de l’Union européenne destiné à soutenir l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport en Europe, dans le cadre d’un projet appelé Erasmus, ont été acheminés directement ou indirectement aux entités djihadistes et islamistes qui soutiennent le gouvernement Erdogan.

Outre le programme Erasmus, des milliards d’euros alloués à la Turquie pour améliorer la démocratie, l’État de droit et la société civile ont été gaspillés. L’État de droit dans le pays a été effectivement suspendu, la jeune démocratie turque s’est transformée en un régime répressif et la dynamique société civile du pays a été décimée. Des centaines d’ONG ont été fermées, leurs membres poursuivis et/ou emprisonnés dans le cadre d’enquêtes criminelles simulées. Des journalistes [majoritairement des Kurdes ou non affilés au médias à la botte du régime turc] ont été jetés en prison et l’opposition politique a été confrontée à une sévère répression.

En d’autres termes, les subventions et l’assistance fournies par l’UE pour réaligner la Turquie sur les valeurs de l’UE dans le cadre de la facilitation de l’adhésion de la Turquie au bloc ont en réalité produit des résultats inattendus. Au lieu de favoriser l’alignement sur les valeurs européennes, ces fonds ont renforcé le gouvernement Erdogan et ses organisations et entités affiliées qui propagent des opinions anti-UE parmi la population turque.

Il n’est pas facile de retracer, d’évaluer et d’obtenir une comptabilité complète de la manière dont les fonds européens en Turquie ont été distribués. Cette difficulté découle des schémas de décaissement opaques et complexes, de l’implication de plusieurs entités dans le pipeline de financement et de l’écart entre les objectifs déclarés dans les candidatures et les résultats réels sur le terrain. Néanmoins, l’identité de certaines des organisations ayant reçu des subventions de l’UE raconte comment l’ensemble du programme a fonctionné au cours de la dernière décennie.

Les subventions, provenant du budget Erasmus de l’UE, estimé à environ 26,2 milliards d’euros pour la période 2021-2027, ont été allouées aux organisations religieuses controversées de Turquie, soit directement dans le cadre de projets approuvés, soit indirectement par l’intermédiaire d’entités accréditées qui ont ensuite décaissé les subventions de l’UE à d’autres entités.

L’autorité chargée de décider de la manière dont les bourses Erasmus de l’UE doivent être utilisées en Turquie est le Centre pour les programmes d’éducation et de jeunesse de l’Union européenne (Ulusal Ajans), également connu sous le nom d’Agence nationale turque. Il est dirigé par İlker Astarcı, ancien conseiller du président Erdogan. Astarci avait travaillé au palais présidentiel, dirigé le bureau des relations publiques d’Erdogan et même mené des campagnes de diplomatie publique pour redorer l’image du président turc.

 

L’IHH a reçu 60 000 euros du programme européen Erasmus en 2023 pour un seul projet

 

L’Agence nationale turque relève de la Direction des affaires de l’Union européenne du ministère des Affaires étrangères. Le ministère est dirigé par Hakan Fidan, l’ancien chef de l’agence de renseignement turque MIT, qui a été impliqué dans des sites noirs où des opposants politiques kidnappés ont été torturés, s’est engagé dans une répression transnationale, a mené des activités d’espionnage dans les pays alliés et a mené des opérations sous fausse bannière pour soutenir le Régime Erdogan. L’UE est depuis un certain temps en veilleuse sur la liste des priorités du gouvernement Erdogan. La Turquie s’est souvent retirée des objectifs de politique étrangère commune de l’UE. Signalant clairement que l’adhésion à l’UE n’était pas une priorité pour son gouvernement, le président Erdogan a aboli le ministère des Affaires de l’Union européenne en 2018 et a dégradé le statut de l’institution chargée des négociations d’adhésion de la Turquie au bloc.

Pourtant, les financements de l’UE ont continué à affluer vers la Turquie, notamment dans le cadre du programme d’instrument d’aide de préadhésion (IAP), qui est un outil conçu par l’UE pour soutenir les réformes dans les pays candidats avec une assistance financière et technique. Entre 2014 et 2020, l’UE a alloué 3,5 milliards d’euros aux programmes IAP visant à améliorer la démocratie, l’État de droit et la société civile en Turquie. Cependant, malgré ces efforts, tous les indices liés à ces paramètres se sont encore dégradés au cours de cette période.

Le financement du programme Erasmus de l’UE met en évidence les priorités du gouvernement Erdogan consistant à soutenir les organisations islamistes religieuses et politiques en Turquie et à l’étranger avec l’argent des contribuables des États membres de l’UE.

Parmi ceux qui ont reçu un financement de l’UE figurait l’organisation caritative djihadiste Fondation pour les droits de l’homme, les libertés et l’aide humanitaire (İnsan Hak ve Hürriyetleri ve İnsani Yardım Vakfı, ou IHH). L’IHH a été signalée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour trafic d’armes vers des groupes djihadistes, dont l’État islamique en Irak et en Syrie (EI). Il est connu pour travailler en étroite collaboration avec l’agence de renseignement turque MIT dans la conduite d’opérations à l’étranger.

En 2023, l’IHH a reçu 60 000 euros pour un programme jeunesse visant à éduquer et former des adultes. Il était l’un des huit bénéficiaires de subventions de l’UE parmi 72 projets considérés pour leur éligibilité au financement. Il était évident que l’IHH avait obtenu le financement avec le soutien du gouvernement Erdogan.

L’Önder Imam Hatipliler Derneği (Association Önder Imam Hatipliler, Önder), une organisation islamiste connue pour son soutien indéfectible au gouvernement Erdogan, a reçu l’année dernière 60 000 euros pour un petit projet de jeunesse dans le cadre du programme Erasmus. En 2022, elle a reçu 52 560 euros pour un autre projet. Önder est l’un des principaux responsables de la dotation des postes gouvernementaux sous le régime islamiste d’Erdogan, représentant de nombreux diplômés des écoles religieuses connues sous le nom d’imam Hatip, dont Erdogan a fréquenté l’une d’entre elles, à travers la Turquie. Önder nourrit des opinions anti-occidentales et promeut l’antisémitisme parmi la jeunesse turque.

Önder a reçu 60 000 euros de l’UE pour un projet en 2023 

Des centaines de milliers d’euros de financement ont également été versés directement à des écoles d’imam hatip ou par l’intermédiaire des antennes provinciales du ministère de l’Éducation. Il est difficile d’avoir une idée précise du montant total, car les détails de nombreux projets ne sont pas accessibles au public. L’année dernière, le lycée Şehit Adil Büyükcengiz Anadolu İmam Hatip d’Istanbul a reçu 53 288 euros pour un projet. Une école imam hatip réservée aux filles à Hatay, le lycée İskenderun Kız Anadolu İmam Hatip, a reçu 51 664 euros pour un projet de construction de la démocratie et de cohésion sociale. Deux autres écoles d’imam hatip dans les provinces de Konya et Kahramanmaraş ont chacune reçu 60 000 euros. La liste se rallonge de plus en plus.

La Fondation SETA, liée aux services de renseignement turcs, qui fonctionne comme une porte tournante pour recruter des islamistes à des postes clés du gouvernement et agit comme un outil de propagande pour le régime sous l’apparence d’un groupe de réflexion, a reçu l’année dernière 250 000 euros du programme Erasmus de l’UE. İbrahim Kalın, ancien patron de la SETA, est actuellement directeur de l’agence nationale de renseignement turque, le MIT. Kalın, élevé dans les cercles pro-iraniens durant sa jeunesse, a été l’un des principaux architectes de la nouvelle politique étrangère turque qui a créé de nombreux problèmes au sein de l’alliance transatlantique au cours de la dernière décennie.

L’Association des industriels et hommes d’affaires indépendants (Mustakil Sanayici ve İşadamları Derneği, MÜSİAD), un groupe d’affaires islamiste connu pour son soutien indéfectible au gouvernement Erdogan, est une autre organisation qui a bénéficié d’un financement de l’UE. En 2023, elle a reçu 409 504 euros pour un projet déclaré destiné à la formation professionnelle. La même année, MÜSİAD a reçu 250 000 euros pour un autre projet visant à l’employabilité des jeunes.

La Fondation Diyanet de Turquie (Türkiye Diyanet Vakfı, TDV), la fondation la plus riche de Turquie, gérée par la Direction des affaires religieuses du gouvernement (Diyanet), est une autre organisation qui a puisé dans les fonds européens pour la jeunesse. En 2023, le TDV a obtenu 45 870 euros du programme Erasmus pour un projet de renforcement des capacités destiné aux programmes jeunesse. Au cours de la dernière décennie, le TDV a travaillé activement avec le Diyanet pour financer des groupes de jeunes étrangers, les formant comme imams qui seront affectés à l’étranger pour diriger les mosquées turques, dans le cadre du programme du gouvernement Erdogan visant à exporter son idéologie politique islamiste à l’étranger.

La Fondation pour la jeunesse et l’éducation en Turquie (TÜRGEV), une organisation bien dotée qui reçoit des dons substantiels de sources nationales et externes, a reçu un financement de l’UE directement ou indirectement. La fondation, dirigée par Bilal, le fils d’Erdogan, gère l’université islamiste Ibn Haldun d’Istanbul, qui a reçu 60 000 euros l’année dernière et 400 000 euros en 2022.

L’objectif de la fondation est d’éduquer la jeunesse politiquement islamiste en Turquie et à l’étranger. Il coopère étroitement avec d’autres réseaux islamistes, dont les Frères musulmans.

De même, la Fondation islamiste Maarif, une entité officielle du gouvernement turc qui sert de canal pour exporter l’islam politique à l’étranger par le biais des écoles, fait également partie des bénéficiaires des fonds de l’UE. Maarif est présenté comme un projet favori du président Erdogan et sert de bras long à son régime à l’étranger en fournissant des services éducatifs dans le cadre d’une campagne de prosélytisme. Créée par la loi en 2014, sa direction est composée d’islamistes connus qui adhèrent aux opinions djihadistes. En 2022, elle a reçu 36 300 euros pour un projet.

La Fondation Maarif fait partie du ministère turc de l’Éducation nationale. La Direction de l’éducation religieuse du ministère (Din Öğretimi Genel Müdürlüğü) figure également sur la liste des bénéficiaires des fonds européens pour la jeunesse et a reçu en 2022 107 660 euros.

Une fondation appelée Recep Tayyip Erdogan Üniversitesi Geliştirme Vakfı, créée pour honorer l’héritage d’Erdogan dans sa ville natale de Rize, a reçu 44 000 euros en 2023.

Les associations et fondations dirigées par des sectes religieuses favorables au gouvernement Erdogan ont également bénéficié des programmes de jeunesse de l’UE. Parmi eux, Hüdayi Mezunları Derneği (Association des diplômés de Hudayi), qui fait partie du réseau Hudayi dirigé par Ahmed Hamdi Topbaş et son cousin Mustafa Latif Topbaş. La famille Topbaş est connue comme l’un des principaux soutiens financiers de la politique islamiste du président Erdogan et de son parti au pouvoir. Ils disposent d’un vaste réseau en Afrique visant à élever la jeunesse politiquement islamiste pour qu’elle soutienne la vision globale d’Erdogan. Hüdayi a reçu 57 250 euros pour un projet en 2023.

Mustafa Latif Topbaş a été dénoncé en 2013 lorsqu’une enquête criminelle a révélé qu’il travaillait en étroite collaboration avec le ressortissant saoudien d’origine égyptienne Yasin al-Qadi, qui avait été signalé par le Trésor américain et le comité des sanctions de l’ONU contre al-Qaïda. L’enquête a en outre révélé que Topbaş et Erdogan se consultaient souvent sur la manière de coordonner leurs relations secrètes.

La chaîne publique turque, principal outil de propagande du Parti islamiste de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, reçoit également des centaines de milliers d’euros pratiquement chaque année. La Société turque de radio et de télévision (Türkiye Radyo Televizyon Kurumu, TRT) a été l’un des principaux moteurs d’un discours anti-occidental parmi le public turc et s’est souvent engagée dans des campagnes de désinformation ciblant les pays européens. En 2022, elle a reçu 400 000 euros pour un seul projet de l’UE.

Le changement radical dans la politique éditoriale de TRT, la transformant en porte-parole du régime d’Erdogan, ainsi que les opérations de TRT à l’étranger sous la marque TRT World pour promouvoir l’idéologie politique islamiste et projeter l’image de calife d’Erdogan auprès des communautés musulmanes du monde entier, y compris aux États-Unis, a incité le gouvernement américain à réévaluer la position de TRT aux États-Unis.

Le 1er août 2019, la section de contre-espionnage et de contrôle des exportations de la division de sécurité nationale du ministère américain de la Justice (DOJ) a ordonné à TRT de s’enregistrer en vertu de la loi sur l’enregistrement des agents étrangers (FARA). 

Parmi la longue liste d’entités qui ont généreusement bénéficié de subventions de l’UE, il y a des organisations plus controversées. Il semble que cette tendance se poursuive également dans les années à venir.

En 2023, la Turquie a reçu 105,5 millions d’euros de subventions du programme Erasmus de l’UE, ainsi que 5,1 millions d’euros du Fonds de solidarité de l’Union européenne (FSUE). Cette année, il devrait recevoir 117,1 millions d’euros d’Erasmus et 6,1 millions d’euros du FSUE. Entre 2014 et 2020, la Turquie a dépensé 778 millions d’euros en bourses Erasmus, finançant plus de 12 000 projets.

La Turquie a également reçu la part du lion des fonds IAP de l’UE depuis 2002, totalisant 9,2 milliards d’euros de ressources de financement. Près de 900 projets ont été mis en œuvre grâce à ce financement pour renforcer la capacité de la Turquie à devenir membre de l’UE. Cependant, la Turquie est loin d’être membre, notamment en termes de critères politiques, par rapport à son statut d’il y a vingt ans, après avoir renoncé à la plupart des acquis réalisés dans le passé. Il recevra une part importante du financement de l’IAP, qui devrait s’élever à 14,32 milliards d’euros entre 2021 et 2027.

Le résultat final du financement de plusieurs milliards d’euros accordé à la Turquie a abouti à l’opposé total de ce que les décideurs politiques de l’UE avaient initialement prévu d’atteindre. Aujourd’hui, la population turque est plus anti-UE, en grande partie à cause des récits empoisonnés que les Turcs entendent pratiquement tous les jours de la part de leurs dirigeants et de la machine de propagande du gouvernement dans les médias, qui colportent régulièrement des théories du complot anti-occidentales.

Le système judiciaire turc est devenu un outil politique du régime Erdogan, utilisé pour punir ses détracteurs et ses opposants. La société civile a été restructurée avec des entités progouvernementales, et le paysage politique a été redessiné par la manipulation, la corruption et la cooptation de l’opposition. De plus, le service extérieur est rempli d’agents de renseignement, d’islamistes et de néo-nationalistes qui considèrent l’Occident comme la principale menace pour la sécurité nationale de la Turquie.

IRAN. Un adolescent kurde aveuglé suite aux tirs des garde-frontaliers

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IRAN / ROJHILAT – Aryan Memandi, un Kolbar kurde de 17 ans, a été grièvement blessé au visage et aux deux yeux par des tirs directs des garde-frontaliers iraniens près de Sardasht, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental (Ourmia). L’adolescent a été transféré dans des centres médicaux de Tabriz, où on a constaté qu’il avait perdu un œil.
 
Le 4 mai dernier, Aryan Memandi, un kolbar de 17 ans originaire de Savan, a été grièvement blessé au visage par des tirs à bout portant tirés par les forces frontalières alors qu’il transportait marchandises depuis le Kurdistan du Sud (nord de l’Irak) près de Sardasht.
 
Aryan a été transféré dans un centre de soin à Tabriz dans un état critique. (Via Hengaw)