Le collectif féministe irano-kurde, « Jin, Jiyan, Azadi » (Femme, vie, liberté) appelle à manifester le samedi 26 novembre en soutien aux femmes et peuples d’Iran en révolte contre le régime dictatorial des mollahs et qui sont tués par centaines depuis le meurtre de Jina Mahsa Amini.
Voici l’appelle du Collectif « Jin, Jiyan, Azadi » :« Depuis 43 ans, le régime de la République islamique d’Iran opprime le peuple de diverses manières en le privant de son droit à une vie libre et heureuse. Dans cette structure oppressive et discriminatoire, les femmes, les nations opprimées (Baloutches, Arabes, Kurdes, Turcs, etc.), la classe ouvrière et les minorités sexuelles/genrées et religieuses ont été confrontées à une oppression et à une marginalisation multiforme. Dès les premiers jours de sa prise de pouvoir, ce régime patriarcal a opprimé les femmes, les a obligées à porter le hijab, entre autres injustices inscrites dans sa constitution. Dans le même temps, la composition multiethnique, religieuse et linguistique de la société iranienne a toujours été un terrain sur lequel le régime a systématiquement poursuivi ses politiques de pillage économique, de répression politique et d’assimilation culturelle au lieu de célébrer la diversité et le pluralisme de la population. La destruction par le régime du droit à la vie a coïncidé avec l’augmentation de la pauvreté, des inégalités et la destruction de l’environnement. Cependant, tout au long de ces années sombres d’oppression, d’intolérance politique et d’étouffement, l’esprit inébranlable de la résistance du peuple n’a pas faibli, que ce soit dans les foyers, dans les rues, dans les écoles ou dans les usines. L’indignation publique qui a suivi le meurtre par la République islamique d’Iran de la jeune Kurde Jina Amini le 16 septembre a uni la résistance divisée sous le nom de la Révolution de Femme, Vie, Liberté. Depuis plus de deux mois, cette révolution est devenue la base de la revendication du droit à la liberté et à la vie pour tous. La révolution de Femme, Vie, Liberté, qui débuté au Kurdistan, a maintenant atteint le stade qui se rassemble sous le slogan « Femme, Vie, Liberté » des adolescents, des jeunes, des femmes, des travailleurs ainsi que les autres segments marginalisés de la société : tous disent non à ce régime sanguinaire. Cette révolution nationale de grande ampleur, qui s’est accompagnée d’une répression sanglante et de tortures à l’encontre des révolutionnaires, a coûté jusqu’à présent la vie à des centaines de personnes. Afin de soutenir la révolution de Femme, Vie, Liberté à l’intérieur de l’Iran, la résistance du Kurdistan et du Baloutchistan et de faire entendre la voix de tous les combattants de la liberté contre la République Islamique d’Iran, nous, en tant que collectif, Jin, Jiyan, Azadi avec la collaboration des femmes, des forces progressistes et démocratiques du Kurdistan et de l’Iran ainsi que des partis démocratiques d’Europe, en particulier français, organiserons un rassemblement de masse à Paris le 26 novembre 2022. Notre action coïncide avec la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre : occasion importante pour exprimer notre soutien aux femmes qui mènent la Révolution de Femme, Vie, Liberté et qui sont devenues les premières victimes de la répression. Par conséquent, nous invitons tous les partis épris de liberté à participer à ce rassemblement avec leurs propres aspirations et symboles afin qu’il devienne un rassemblement massif et influent en soutien à la Révolution de Femme, Vie, Liberté au Kurdistan et en Iran. Date et lieu : 26 novembre 2022, de 14 h à 17 h/Paris, départ : place de la République »Collectif « Jin, Jiyan, Azadi »
IRAN / ROJHILAT – Aujourd’hui, les forces gouvernementales iraniennes ont tué Mohammad Ahmadigagash, 43 ans, lors des manifestations à Mahabad.
Au cours des trois derniers jours, le régime iranien a tué au moins 20 civils kurdes au Kurdistan iranien. La majorité des victimes étaient des manifestants pacifiques, d’autres des civils abattus au hasard par les milices iraniens pour terroriser la population afin qu’elle cesse de manifester…
En deux mois, depuis le début des manifestations anti-régime déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini le 16 septembre, 383 personnes, majoritairement des Kurdes et des Baloutches, ont été tuées en Iran. Tuer les civils qui manifestent est un crime de guerre et on aimerait savoir quand la communauté internationale brisera son silence face aux crimes des mollahs iraniens?
IRAN / ROJHILAT – Entre 16 et 17 novembre, au moins 10 manifestants kurdes ont été tués par les forces gouvernementales iraniennes. Sur les 382 personnes tuées en Iran en deux mois, plus de 80 sont kurdes, près de 100 autres des Baloutches. Tuer les civils qui manifestent est un crime de guerre et on aimerait savoir quand la communauté internationale brisera son silence face aux crimes des mollahs iraniens?
Entre les soirées du mardi 15 novembre et du mercredi 16 novembre, les forces gouvernementales iraniennes ont tué au moins 9 civils kurdes, lors de manifestations anti-régime dans les villes du Kurdistan. Encore une fois, ces chiffres sont sous évalués car il est très difficile de documenter les meurtres de civils car le régime empêche qu’on mène des statistiques en toute transparence.
Au cours des deux derniers jours de soulèvement au Kurdistan, les forces gouvernementales iraniennes ont brutalement attaqué les manifestants et, dans les villes de Sanandaj (Sînê), Bukan, Kamiyaran et Sarvabad, elles ont tué au moins 11 civils. Selon ce rapport, les forces gouvernementales ont tué 10 personnes par tir direct, dont quatre ont reçu une balle dans la tête et les quatre autres dans la poitrine et le ventre. A Bukan, un civil a été tué à coups de couteau par les forces gouvernementales.
Au cours des dernières 24 heures, de nombreuses personnes ont été blessées par les tirs directs des forces gouvernementales. Trois d’entre elles seraient dans un état grave.
Voici l’identité des onze civils tués:1. Saman Qadirbaygi, tué lors des manifestations du 15 novembre à Bukan2. Fuad Mohammadi, originaire de Kamiyaran, décédé des suites de ses blessures dans un hôpital de Sanandaj le mercredi 15 novembre3. Zanyar Allah Moradi, 26 ans, tué à Sanandaj4. Isa Beiglari, 39 ans, tué devant l’Université du Kurdistan à Sanandaj (Sînê)5. Daniyal Pabandi, 17 ans, tué dans la soirée du 16 novembre, à Saqqez6. Burhan Karami, 30 ans, tué le 16 novembre, après avoir reçu plusieurs balles dans la tête et au cou à Kamiyaran7. Salar Mojaver, 30 ans, décédé dans la soirée du 16 novembre, après avoir été abattu lors des manifestations à Bukan8. Asad Rahimi, 30 ans, décédé dans la soirée du 16 novembre, après avoir été abattu lors des manifestations à Bukan9. Mohammad Hasanzadeh : C’était un homme de 28 ans qui a été assassiné par une attaque au couteau par les forces de l’IRI sur la poitrine et le cœur alors qu’il tentait de libérer une femme qui avait été kidnappée par ces forces dans le jardin Qazi de la ville de Bukan le 16 novembre 2022.10. Shaho Bahmani, tué dans l’après-midi du jeudi 17 novembre, à Sanandaj (Sînê)11. Aram Habibi, tué dans l’après-midi du jeudi 17 novembre, à Sanandaj (Sînê)
L’ONG Hengaw appelle à une attention particulière de la communauté internationale sur ces crimes systématiques dans les villes d’Iran et plus particulièrement au Kurdistan.
Le célèbre tableau « La Liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix inspiré de la IIe Révolution française est mondialement connu et symbolise la liberté et la démocratie face aux pouvoirs dictatoriaux. Près de deux siècles plus tard, cette même liberté guide un autre peuple épris de liberté: les Kurdes colonisés sur leurs propres terres et qui luttent inlassablement contre leurs bourreaux malgré d’innombrables campagnes génocidaires subies.
Comme en Syrie, en Irak et en Turquie, marginalisés et persécutés également en Iran, les Kurdes guident aujourd’hui une révolution féministe qui secoue tout le pays sous le slogan « Femme, vie, liberté » (Jin, jîyan, azadî). Pour cela, ils ont accepté de payer un prix très élevé qu’ils remboursent avec le sang de leur jeunesse. A tel point que, sur la tombe de leurs enfants tués par les mollahs, ils refusent de pleurer et déclarent que leurs enfants sont devenus les martyrs de la patrie, tout en glorifiant le courage des femmes kurdes qui mènent une lutte sur deux fronts à la fois: sur le front anticolonial et celle anti-patriarcal. Aujourd’hui, le père d’un jeune homme tué par les forces gouvernementales iraniennes déclarait qu’autrefois la bravoure était synonyme de la masculinité mais qu’aujourd’hui, pour parler du courage, on doit dire « brave comme des femmes » car ces dernières l’ont déjà prouvée en se dressant contres leurs oppresseurs sanguinaires.
Dans une société si patriarcale, entendre un homme vanter le courage des femmes kurdes nous montre le chemin parcouru depuis les années 1970 où les femmes kurdes ont commencé a prendre les armes contre leurs colonisateurs et qui ont pris conscience de leur double asservissement. En effet, elles étaient asservies par leurs colonisateurs en tant que Kurdes, mais elles étaient également asservies par leur propre société patriarcale qui avait le contrôle total sur leurs corps et qui décidait quand et avec qui chacune d’elles seraient mariées. Il était hors de question de parler d’émancipation féminine. La lutte de ces femmes qui a été couronnée de succès au Rojava le sera également en Iran car les femmes kurdes tissent des liens avec toutes les femmes du monde pour une révolution féministe mondiale qui va du Moyen-Orient jusqu’aux Amériques en passant par l’Asie et l’Europe. En attendant l’accomplissement d’un tel voeux, saluons la lutte de tous les peuples d’Iran et rendons hommages à toutes ces femmes tombées dans la lutte pour leur liberté à l’approche de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes qu’on célèbrera le 25 novembre. Contre toutes les violences masculines et étatiques, femme, vie, liberté !
LONDRES – Ce vendredi 18 novembre, Mark Campbell et Beritan, deux activistes de la cause kurde, seront entendus par la justice britannique qui les poursuit pour avoir porté des drapeaux du PKK lors d’une manifestation pacifique en avril 2022.
L’initiative Paix au Kurdistan est solidaire du peuple kurde et des activistes de la cause kurdes poursuivis pour terrorisme par les autorités judiciaires britanniques pour avoir exercé le droit de manifester pacifiquement.
Les activistes poursuivis sont, Mark Campbell, un Irlandais ami des Kurdes de longue date, et Beritan, une Kurde vivant à Liverpool. Les deux militants se rendront demain matin à leur première audience qui a lieu à Londres.
Il y aura une veillée dès 9 heures devant le tribunal d’instance (Westminster Magistrates Court), situé au 181 Marylebone Road, à Londres.
Le militant des droits kurdes, Mark Campbell et Beritan, une femme kurde de Liverpool, ont été inculpés en vertu de la législation antiterroriste pour avoir arboré un drapeau du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) lors d’une marche à Londres en avril dernier.
L’initiative Paix au Kurdistan appelle à assister à la veillée et à soutenir Mark et Beritan et publié le communiqué suivant dénonçant les lois liberticides menaçant le droit de manifester et la liberté d’expression.
Voici le communiqué de Peace in Kurdistan Campaign:« Nous avons depuis longtemps averti que les lois antiterroristes britanniques constituent une menace directe pour les droits de manifester et la liberté d’expression dans ce pays.C’est une atteinte à la justice fondamentale que la loi britannique soit de plus en plus utilisée pour faire taire l’opposition au régime turc alors qu’il mène sa guerre brutale contre les Kurdes.La loi ne devrait pas être utilisée de manière aussi flagrante pour menacer les militants qui essaient simplement d’attirer l’attention sur les violations grotesques des droits humains en Turquie ou ailleurs dans le monde.Ce pays [Royaume-Uni] a une longue tradition d’accueil des exilés et des personnes fuyant l’oppression politique à l’étranger comme les Kurdes qui ont pu reconstruire leur vie ici. Ces droits doivent être protégés et rester accessibles à tous. »
Mark Campbell a déclaré la veille de l’audience que l’affaire concernait tous ceux qui font campagne sur la question kurde et soutiennent les Kurdes au Royaume-Uni. Soulignant la complicité du gouvernement britannique dans la criminalisation des Kurdes et de leurs amis, Mark a jouté qu’il espérait que l’opinion publique britannique s’intéressera à la cette affaire pour pousser le gouvernement britannique à cesser de persécuter les Kurdes sur le sol britannique et de collaborer avec l’État turc.
Que s’est-il passé le 23 avril 2022 à Londres?
Le samedi 23 avril, une manifestation kurde a eu lieu à Londres dénonçant les attaques armées turques contre le Kurdistan du Sud et le Rojava par la Turquie. La police britannique a attaqué violement un groupe de manifestants – dont Mark Campbell – qui portaient le drapeau du PKK et les a menacés de poursuites devant la justice.
Mark Campbell plaqué contre le mur par des policiers britanniques lors de la manifestation du 23 avril à Londres
Mark Campbell a reçu ce 27 octobre une convocation à comparaitre le 18 novembre prochain devant le tribunal de première instance de Londres Westminster pour répondre à l’accusation d’avoir brandi un drapeau d’une organisation terroriste [PKK].
Mark Campbell doit se rendre le vendredi 18 novembre 2022 à 9h30 pour répondre à l’accusation d’avoir « brandi un drapeau » et d’autres accusations farfelues criminalisant ouvertement les Kurdes et leurs supporteurs sur le sol britannique.
Mark a partagé une pétition sur Change org demandant gouvernement britannique de retirer le PKK de la liste des organisations terroristes au Royaume-Uni et cesser de criminaliser les Kurdes et leurs amis. (Pétition à signer ici: I’m not guilty of terrorism! Take PKK Off UK’s Terrorist List!)
« Parce que, je pense que le PKK n’est pas une organisation terroriste, et qu’il n’y a aucun danger du PKK au Royaume-Uni, il doit donc être retiré de la liste des organisations terroristes au Royaume-Uni. Et je pense que les gens ne devraient pas être accusés d’avoir aidé le PKK. »
Mark invite le public à venir dire « Nous [Kurdes et leurs amis] ne sommes pas coupables » à 9h00 le 18 novembre 2022, devant le Westminster Magistrates Court, 181, Marylebone Road, LONDON NW1, 5BR.
IRAN / ROJHILAT – Depuis le 15 novembre, le régime iranien a intensifié la répression visant les manifestations dans les villes kurdes d’Iran où la population ne quitte plus la rue, malgré une dizaine de civils tués par les forces gouvernementales en deux jours.
Les manifestations de masse ont lieu dans les villes kurdes de Sanandaj (Sînê), Mahabad, Kamyaran et à Boukan qui est devenue l’épicentre de la révolution iranienne et où les sbires des mollahs ont tué une demie douzaine de civils depuis hier.
Ce matin, les manifestants de Bukan ont coupé les principaux axes routiers de la ville avec des barricades en feu et ont attaqué des bâtiments appartenant au régime iranien. A Bokan, comme dans les autres villes kurdes iranienne, la résurrection a encore gagné d’intensité au milieu de manifestations et d’enterrements des manifestants tués qui deviennent des meetings anti-régime avec des parents des victimes qui disent que leurs enfants ne sont les martyrs du Kurdistan et exhortent la population à intensifier la lutte pour une patrie libre.
Depuis le meurtre barbare de Jina Mahsa Amini le 16 septembre 2022, le Kurdistan donne le la aux manifestations anti-régime qui secouent tout le pays, bien que la répression du régime se concentre contre les minorités kurdes et baloutches. Ni les peines de mort prononcées contre des détenus accusés d’avoir participé aux manifestations anti-mollahs, ni les centaines de civils tués, ni les arrestations massives ne suffisent à faire écraser la révolution qui est en marche. Le temps des mollahs est conté. Reste à former une coordination nationale iranienne incluant toutes les minorités ethniques et religieuses du pays pour mettre en place un projet politique viable.
Les contradictions entourant l’attentat d’Istanbul du 13 novembre font polémique en Turquie alors que les autorités accusent les Kurdes syriens d’en être responsables tandis que les preuves découvertes jusqu’à présent par les journalistes pointent du doigt les gangs syriens pro-Turquie.
Le site Medya News revient également sur les zones d’ombre entourant cette affaire et donne en détails les contradictions entre les affirmations des autorités turques et les faits qui les contredisent.
Attentat d’Istanbul : l’arrestation d’une suspecte suscite plus de questions que de réponses
Les contradictions entourant l’attentat à la bombe qui a eu lieu dans le centre-ville d’Istanbul le 13 novembre font l’objet de vives discussions dans l’opinion publique turque.
De nombreuses questions sont posées sur les réseaux sociaux en Turquie concernant l’attentat à la bombe à Taksim qui a causé la mort de six personnes, les déclarations faites par les autorités turques au sujet de l’attentat et Ahlam Albashir, la femme, qui serait syrienne, arrêtée en tant que kamikaze.
Au moins six personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées dans l’explosion qui s’est produite sur la célèbre avenue Istiklal à Istanbul, le 13 novembre, vers 16h20 heure locale.
Divers extraits de séquences de vidéosurveillance publiées sur les réseaux sociaux peu de temps après l’explosion ont montré une femme laissant un sac sur les lieux. Après avoir quitté le sac, la femme, qui portait un voile noir et un pantalon de style militaire et avait des roses à la main, a quitté les lieux.
Albashir a été arrêtée dans un appartement du quartier de Küçükcekmece à Istanbul lors d’une opération menée 12 heures après l’explosion ; ses vêtements, visibles sur les images de sécurité alors qu’elle déposait le sac, ont été retrouvés dans l’appartement au moment du raid.
Les forces de sécurité turques ont annoncé que lors de l’interrogatoire de police, la suspecte a avoué qu’elle avait laissé une bombe sur les lieux, qu’elle était un agent de renseignement formé par le Centre de défense du peuple (HPG) du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le Parti de l’union démocratique (PYD) et les Unités de défense du peuple (YPG) et qu’elle avait reçu ses instructions depuis le Rojava.
Le Centre de défense du peuple du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a fermement rejeté toutes les accusations du gouvernement turc concernant l’implication du PKK.
Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) Mazloum Abdi a également rejeté toutes les allégations d’implication dans l’attentat à la bombe, affirmant que les FDS n’avaient aucun lien avec l’auteur.
L’Union des communautés du Kurdistan (KCK) et les Unités de défense du peuple (YPG) ont également confirmé que les forces kurdes n’avaient rien à voir avec l’attentat à la bombe.
Après que la Turquie a affirmé lundi que l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES) et sa branche militaire étaient liées au kamikaze, le ministère des Affaires étrangères de l’AANES a nié toute implication et a demandé une enquête internationale.
Attentat non revendiqué
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Le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu, qui a déclaré dans un communiqué après l’attentat : « Si nous n’avions pas attrapé les terroristes, ils auraient été introduits clandestinement en Grèce », mais il a déclaré à un autre moment que l’organisation responsable de l’attentat avait prévu tuer la suspecte pour brouiller les pistes.
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La Direction générale de la sûreté a annoncé le 14 novembre que l’explosif utilisé lors de l’attaque était du TNT, selon des preuves obtenues sur les lieux du crime.
Dans un article publié sur le site d’information T24, l’ancien coprésident emprisonné du Parti démocratique des peuples (HDP) Selahattin Demirtaş a rappelé la saisie de 52 kilogrammes d’explosifs dans une voiture de police dans le district kurde de Yüksekova (Gever) en Turquie. à Hakkari (Colemerg) en mars, et a remis en cause les déclarations du ministre de l’Intérieur concernant l’attentat.
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La police a publié des images de la descente dans l’appartement de la suspecte et une photographie prise au poste de police après l’interrogatoire. La suspecte semble battue et avait un air terrifié sur les images.
Les forces de sécurité ont annoncé que la suspecte est entrée en Turquie il y a quatre mois depuis Afrin, dans le nord de la Syrie, selon l’agence de presse turque Anadolu Aajansi.
La ville kurde d’Afrin est sous le contrôle des forces turques et de divers groupes soutenus par la Turquie depuis l’opération militaire turque « rameau d’olivier » en mars 2018.
Une voisine d’Albashir a été interrogée et a déclaré qu’elle vivait dans le quartier depuis un an.
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La suspecte est vue dans des images de caméra de sécurité s’enfuyant de la scène quelques minutes avant l’explosion de la bombe. Les utilisateurs turcs des médias sociaux remettent en question cette attitude comme ne convenant pas à un agent de renseignement organisationnel au sang-froid.
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La nationalité de l’auteur est un autre sujet en question. Certaines personnes ont tweeté que sur les images du raid publiées par la police turque, on pouvait voir un tatouage érythréen sur le bras de la femme, ce qui soulevait la question de savoir si la suspecte n’était pas syrienne, mais plutôt érythréenne ou éthiopienne.
D’autre part, une femme qui possède un appartement dans lequel le suspect a séjourné une nuit dit qu’Albashir est une Arabe, selon un rapport de Fehim Taştekin dans le journal Duvar.
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Le 15 novembre, il a été révélé que Mehmet Emin İlhan, président de la branche du Parti du mouvement nationaliste (MHP) de Güçlükonak, avait également été interrogé par la police. La police avait détecté des appels téléphoniques entre Albashir et un numéro de téléphone enregistré à İlhan, et avait demandé à İlhan de faire une déclaration, a rapporté T24.
Lorsqu’on lui a demandé, İlhan a répondu: « L’organisation terroriste a essayé de me tendre un piège. »
Le bureau du gouverneur de Şırnak (Şırnex) a déclaré mardi que le numéro enregistré à İlhan avait été obtenu illégalement par un revendeur du district de Cizre, que le numéro en question n’était pas réellement utilisé par İlhan et qu’il avait été libéré après avoir fait une déclaration.
La raison pour laquelle le bureau du gouverneur de Şırnak a ressenti le besoin de faire une déclaration en faveur d’İlhan est une autre question largement débattue sur les réseaux sociaux.
Istanbul bombing: Arrest of suspect produces more questions than answers
IRAK / KURDISTAN DU SUD – Le Parlement irakien a créé une commission spéciale pour enquêter sur l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques contre les combattants kurdes au Kurdistan irakien.
Une commission spéciale a été créée au parlement irakien pour enquêter sur l’utilisation de produits chimiques par l’État turc contre les combattants du PKK. La commission se rendra dans les régions d’opération et y mènera des enquêtes.
Refiq Salihi, député de l’Alliance Fatah, a déclaré : « La question de l’utilisation d’armes chimiques par l’État turc sur le territoire de la région a été mise à l’ordre du jour du parlement irakien et une commission a été créée pour enquêter sur cette question. La commission se rendra dans les régions d’opération et fera une enquête pour faire la lumière sur la question. »
Refiq Salihi a déclaré que la Commission comprendra des représentants du ministère de la Défense, de la Commission de la sécurité publique et de la défense du Parlement irakien et du ministère des Affaires étrangères, et a ajouté : « Le but de la commission est de rassembler toutes les [preuves] pertinentes afin de déposer une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies. »
IRAN / ROJHILAT – En moins de 24 heures, les forces gouvernementales iraniennes ont tué au moins six civils kurdes lors de manifestations à Sanandaj (Sînê), Kamyaran, Saqqez et Bukan. Depuis le 17 septembre, au moins 66 citoyens kurdes ont été tués par les forces gouvernementales (Pasdarans, Basij…).
Dans le cadre du soulèvement national contre la République islamique, depuis hier, de nombreuses villes du Kurdistan et d’Iran ont été le théâtre de grèves et de manifestations anti-régime qui ont été attaquées violemment par les forces gouvernementales.
Lors des manifestations d’hier et d’aujourd’hui dans les villes de Sanandaj, Kamyaran, Bukan et Saqqez, au moins 6 civils kurdes nommés Zaniar Allah Moradi, Issa Bigleri, Fawad Mohammadi, Burhan Karmi, Salar Maqar et Daniyal Aban ont été tués par les forces gouvernementales tandis que des dizaines de personnes ont été blessées. L’état d’un enfant blessé à Kamyaran serait critique.
Par ailleurs, Une femme kurde de 40 ans blessée hier soir à Sanadaj alors qu’elle sortait chercher ses enfants, n’a pas été à l’hôpital par peur d’arrestation. Elle est morte aujourd’hui sur le chemin de l’hôpital. Son identité reste inconnue pour le moment.
Zanyar Allah Moradi, 26 ans et originaire de Sanandaj, a été blessé par les forces de sécurité militaire à bout portant lors de manifestations dans le quartier de Kanikozle de cette ville le 15 novembre et est décédé une heure après avoir été transféré à l’hôpital de Tawhid.
Isa Bigleri, 39 ans et du village de Nasnar a été tué le 15 novembre lors de manifestations autour de l’Université du Kurdistan à Sanandaj par des tirs directs des forces gouvernementales.
Fawad Mohammadi, 38 ans et habitant du village de Maviyan, a été abattu par les forces du CGRI le 15 novembre lors de manifestations populaires à Kamyaran et est décédé après avoir été transféré à l’hôpital de Sinaï.
Les forces gouvernementales ont encerclé l’hôpital Sina à Kamyaran la nuit dernière et tiré sur les proches de Fawad Mohammadi qui se sont rassemblés devant l’hôpital. À la suite de cette fusillade, le père, le frère, l’oncle et de nombreux autres membres de la famille de Fawad ont été blessés.
Des milliers de personnes de Kamyaran ont manifesté devant la maison familiale de Fawad Mohammadi ce matin tout en exprimant leur sympathie et leur solidarité avec sa famille.
Burhan Karmi, 32 ans, de Kamiyaran, a été abattu par les forces gouvernementales lors de la manifestations devant la maison familiale de Fawad Mohammadi le 16 novembre. Le corps de ce jeune homme, qui a été transféré à l’hôpital du Sinaï, n’a pas encore été remis à sa famille.
Salar Mojawar, 30 ans, de Bukan, a été tué par balle lors d’une manifestation dans le quartier Mirabad de Bukan le 16 novembre.
Daniyal Aban, un enfant de Saqqez, a été abattu par les forces de sécurité militaire lors d’une manifestation dans le quartier de Karimabad à Saqqez le 16 novembre.
Selon les statistiques recueillies par l’ONG Kurdistan Human Rights Network (KHRN), au moins 66 citoyens kurdes ont été tués par les forces gouvernementales (Pasdarans, Basij…) depuis le début du soulèvement national provoquée par le meurtre de Jina Mahsa Amini.
PARIS – Il y a 22 ans jour pour jour, le grand chanteur kurde, Ahmet Kaya nous quittait à l’âge de 43 ans, à Paris où il s’était réfugié pour échapper à la prison et aux menaces de mort en Turquie.
Quelques jours après son décès, des milliers de Kurdes étaient venus de toute l’Europe faire leurs adieux à Ahmet Kaya au cimetière de Père Lachaise, situé dans le 20e arrondissement de Paris où d’autres Kurdes morts en exil, dont le cinéaste Yilmaz Guney, le politicien Abdul Rahman Ghassemlou, sont enterrés.
Le musicien Ferhat Tunç était parmi les nombreuses personnalités kurdes également présentes à la cérémonie d’adieux au légendaire musicien kurde, dont l’aura dépassait les frontières du Kurdistan et de la Turquie. Lors de la prise de parole, Tunç avait rendu un hommage vibrant à son collègue et compatriote mort en exil, loin de son pays chéri. Aujourd’hui, Tunç lui-même, comme tant d’autres artistes, intellectuels, universitaires, militants ou journalistes kurdes, est exilé en Europe pour les mêmes raisons qui ont chassé Ahmet Kaya de ses terres…
Qui était Ahmet Kaya ?
Né le 28 octobre 1957 à Malatya, Ahmet Kaya était chanteur, écrivain et compositeur kurde, originaire d’Adiyaman.
Chanteur de la musique contestataire, Kaya a dédié sa courte vie à la paix et à la musique au milieux des persécutions étatiques en Turquie. Il se disait « Kurde de Turquie ».
Plusieurs des albums de Kaya ont battu des records de ventes. Avec plus de 20 albums, Kaya est de loin l’un des artistes les plus influents et les plus controversés contemporains en Turquie, qui s’était engagé sur des questions sociales et politiques.
Ahmet Kaya a dû fuir la Turquie pour avoir dit qu’il allait sortir un album en kurde. Il est mort à Paris en 2000. Une élégie « Ya beni sarsa memleket hasreti / Et si le mal du pays me prenait » raconte l’histoire de son agonie, de ses souffrances, de son désir pour son peuple et sa patrie dont il a été arraché.
Ahmet Kaya a payé cher son souhait de « chanter en kurde » lors d’une cérémonie de remise des prix en direct à la télévision en 1999. Les autorités turques ont lancé des poursuite à son encontre. Les journaux et les chaînes de télévision de tout le pays l’ont pris pour cible avec des informations fabriquées de toutes pièces le qualifiant de « traître » et de « terroriste ». Les médias turcs ont dépeint Kaya comme « faisant partie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour avoir déclaré qu’il était kurde.
La tombe d’Ahmet Kaya se trouve au cimetière parisien du Père-Lachaise, 71ème division, 1ère ligne face à la 72ème division.