IRAK. Un drone turc a ciblé les combattants yézidis à Shengal

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IRAK / KURDISTAN – Un drone turc a ciblé cet après-midi un bâtiment abritant les combattants yézidis de Shengal, dans le nord-ouest de l’Irak. Selon des responsables militaires du Kurdistan irakien, deux combattants des Unités de résistance de Sinjar (Yekîneyên Berxwedana Şengalê – YBŞ) ont été blessés lors de l’attaque turque. (Info non confirmée par les Yézidis de Sinjar) Les Yézidis attaqués depuis 2017 La Turquie continue à cibler les Kurdes-yézidis de Shengal pour vider la région Sinjar de ses habitants originels qui ont survécu au génocide commis par DAECH en août 2014. La ville yézidie de Shengal (Sinjar), qui a fait l’objet d’un génocide par des mercenaires de l’Etat islamique le 3 août 2014, a été libérée le 13 novembre 2015, après des mois de résistance menée par la guérilla du HPG et les Unités de résistance de Shengal (YBŞ). Les habitants de Shengal ont formé leur autodéfense et leur autonomie gouvernementale comme la plus grande réponse à de nouveaux massacres et trahisons à Shengal. Après avoir déclaré son administration autonome démocratique, Shengal est devenu la cible à la fois de l’État turc et du parti au pouvoir du Kurdistan du Sud, le PDK. Alors que des groupes armés affiliés au PDK et à l’armée turque ont lancé des attaques en 2017, le gouvernement central irakien a également eu recours à diverses méthodes pour éliminer l’autonomie à Shengal. L’État turc a récemment pris des mesures pour de nouveaux massacres à Shengal. Les commandants de YBŞ Pîr Çeko et Agir Cefri ont été tués le 27 février, et le membre exécutif de la sécurité publique yézidi Şêrzad Şemo Kasım a été tué le 1er mars par des frappes aériennes turques. Ces attaques de l’État turc ont eu lieu juste après une opération menée par le YBŞ et Shengal Asayish contre des agents du MIT (service de renseignement turc) déployés à Shengal par le PDK. Deux agents du MIT, Seed Casim Mirad et Selah Berces ont été capturés lors des opérations des forces de sécurité de Shengal, qui ont été menées le 24 février. Les attaques de mercenaires affiliés au PDK et des forces de l’État turques contre Shengal se sont poursuivies sans interruption depuis 2017.

IRAN. En mai, les mollahs ont exécuté 142 prisonniers

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Au cours du mois dernier, les mollahs iraniens ont exécuté au moins 142 prisonniers, dont 37% étaient des Baloutches et Kurdes. En moyenne, 9 prisonniers ont été exécutés tous les deux jours, ce qui représente le plus grand nombre d’exécutions en un mois enregistrées en Iran ces dernières années. Selon les statistiques enregistrées au Centre de statistiques et de documents du Hengaw, au cours du mois de mai 2023, au moins 129 prisonniers ont été exécutés dans diverses prisons iraniennes. Selon ce rapport, au moins 31 prisonniers baloutches, 22 prisonniers kurdes, 9 prisonniers turcs et 6 ressortissants afghans ont été exécutés dans les prisons iraniennes au cours du mois dernier. L’identité de 37 prisonniers n’a pas encore été clarifiée. Sur un total de 142 prisonniers exécutés, 6 ont été exécutés pour des accusations politiques et idéologiques, 83 pour des accusations liées à la drogue, 47 pour des accusations de meurtre, 4 pour des accusations de viol et 2 pour des accusations de traite des êtres humains et de corruption. Il convient de mentionner qu’en mai, une femme a été exécutée dans la prison centrale de Mashhad et un homme en public à Maragheh. La plupart des exécutions ont été enregistrées dans les prisons de Kerman avec 16 cas, Qezel Hasar (Khorasan) 14 cas, Rajaie Shahr 14 cas, Ispahan 11 cas, Bandar Abbas 10 cas, Rasht 9 cas, Khorramabad 8 cas et Sanandaj (Sînê) 6 cas.

TURQUIE. Discrimination des minorités dans les zones touchées par les séismes du 6 février

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TURQUIE / KURDISTAN – Le 6 février 2023, un séisme dévastatrice a frappé le nord de la Syrie et le sud-est de la Turquie (régions à majorité kurde) détruisant des zones entières, tuant plusieurs dizaines de milliers de personnes (certaines sources avancent le chiffre de 200 000 morts) et causant des traumatismes chez des millions de survivants. Des pertes humaines, des dégâts matériels et des traumatismes causés habituellement par des guerres dévastatrices que connait la Syrie et le Kurdistan depuis 2011… Plus de 4 mois après le séisme meurtrier, la majorité des villages et quartiers alévis/kurdes n’ont pas réellement bénéficié des aides envoyées par la communauté internationale. Il y a des familles entières qui vivotent encore sous des bâches qu’elles ont montées par leurs propres moyens alors que d’autres villages et localités turcs ou celles soutenant le parti AKP d’Erdogan ont reçu plus d’aide, y compris des mobil-homes. Cette discrimination étatique basée sur les origines ethniques ou croyances a été dénoncée dans un récent rapport du Minority Rights Group International (MRG). « Les minorités les plus touchées par la discrimination à la suite des tremblements de terre sont les communautés alévies, notamment les alévis kurdes et turc, les nusayris [alaouites ou alawites, sont un groupe ethnique et religieux issu du djébel Ansariya au nord de la Syrie], ainsi que les Rom, les Dom et les Abdals », a déclaré le MRG. Selon le MRG, les Kurdes sunnites ont sans doute été moins touchés par la discrimination puisque les provinces où ils vivent principalement, comme Diyarbakır et Şanlıurfa, ont été relativement épargnées par les séismes du 6 février. Un séisme de magnitude 7,8 frappant près de la ville de Gaziantep – qui abrite environ 2 millions de personnes et à la frontière avec la Syrie – alors que les gens dormaient le 6 février a été suivi de dizaines de répliques, dont un séisme de magnitude 7,5 qui a secoué le région au milieu des efforts de recherche et de sauvetage le même jour. « Les alévis sont parmi les plus exposés à la discrimination fondée sur leur identité pendant la période post-séisme », a déclaré le MRG. « C’est vraiment difficile d’être alévi dans ce pays. Les citoyens alévis vivant à proximité des centres-villes n’ont pas fait l’objet de discrimination car leur identité n’était pas bien connue, mais les citoyens vivant dans les villages alévis l’ont ressenti très intensément », a déclaré au MRG Celal Fırat, président de la Fédération des associations alévis. Pendant ce temps, les communautés Rom, Dom et Abdal (parfois assimilées à des Roms ou à des « Tsiganes » en raison de leur mode de vie traditionnel itinérant) ont également été victimes de discrimination dans l’acheminement de l’aide. « Les différences ethno-religieuses ont été oubliées dans les premiers jours du tremblement de terre, mais on s’en est souvenu peu après », explique Göktan Yıldırım de l’ONG Romani Godi. Une autre ONG, Kırkayak Kültür, a rapporté que « Dom et Abdals, dont les conditions de logement étaient mauvaises même avant les tremblements de terre, luttent tous deux contre la pauvreté et vivent dans la peur d’entrer dans leurs maisons de fortune. Ils ont été forcés d’entrer dans leurs maisons, comme on le prétend. Cependant, les familles ne veulent pas entrer dans ces maisons par peur. De telles observations sont soulignées par le Centre européen des droits des Roms, qui note que le racisme et la discrimination à l’encontre des personnes identifiées comme « tsiganes » ont « explosé », les membres de ces communautés recevant la haine même de la part des bénévoles. Cela s’est produit dans un contexte de déni d’accès à la nourriture et à l’eau, au logement et aux expulsions forcées des abris d’urgence. » Selon les organisations humanitaires, l’impact des séisme se fera sentir pendant des mois et des années à venir. Environ 2,7 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays. L’abri, les installations d’assainissement de l’eau, les soins de santé, la protection (y compris la santé mentale et le soutien psychosocial) restent des besoins prioritaires, selon l’UNICEF Turquie. Les dégâts en Turquie à eux seuls pourraient s’élever à plus de 100 milliards de dollars, a déclaré l’ONU et lancé un appel de fonds d’un milliard de dollars pour soutenir des millions de personnes en Turquie. Le MRG , basé au Royaume-Uni, fait campagne dans le monde entier avec environ 150 partenaires dans plus de 50 pays pour garantir que les minorités défavorisées et les peuples autochtones, souvent les plus pauvres des pauvres, puissent faire entendre leur voix. Rapport de MRG à lire ici: The devastating impact of the recent earthquakes on Turkey’s minorities

ROJAVA. En mai, les gangs alliés à la Turquie ont tué un enfant et kidnappé 53 civils à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – En mai dernier, les gangs islamistes alliés à l’État turc occupant le canton kurde d’Afrin ont assassiné un enfant et enlevé au moins 53 personnes, dont 4 femmes, selon les données collectées par une organisation de défense des droits humains. L’organisation des droits de l’homme d’Afrin a déclaré qu’en mai dernier, les forces turques et les mercenaires du Front du Levant (al-Jabhat al-Sham) et de la division Sultan Soleiman Shah (al-Amshat) ainsi que la « police » militaire et civile d’Afrin ont enlevé au moins 53 civils, dont 4 femmes, de façon arbitraire. Les gangs auraient éxigé des milliers de dollars de rançon pour la libération des personnes kidnappées. Les gangs alliés à l’État turc, qui a établi un régime de terreur dans la région d’Afrin occupée, kidnappent systématiquement des civils et demandent des rançons à leurs familles. Les personnes enlevées sont généralement soumises à une torture brutale. Un enfant a été tué Selon l’Organisation des droits de l’homme, des gangs affiliés à Ankara qui ont ouvert le feu au hasard à Afrin après le second tour des élections présidentielles en Turquie, le 28 mai, ont tué un enfant dans le camp de Mehmudi et blessé 25 autres personnes. Confiscation et le pillage des biens publics Une partie des crimes de guerre commis par l’État turc consiste en la confiscation et le pillage de biens publics. Au mois de mai, plus de 900 oliviers et arbres fruitiers ont été abattus à Afrin ainsi que dans les districts de Mabata et Raco. Le bois de ces arbres est vendu sur les marchés d’Afrin, Ezaz, Idlib et Jarablus. Nettoyage ethnique, logements coloniaux Les activités de nettoyage ethnique se poursuivent sur les terres kurdes. L’État turc, en coopération avec des organisations qataries, koweïtiennes et palestiniennes, construit des logements coloniaux dans le canton d’Afrin. Environ 50 nouveaux bâtiments destinés aux colons ramenés d’autres régions de Syrie ont été construits dans le village de Şadêr dans le district de Şêrawa. Des fouilles et pillages archéologiques ont également été menées sur 30 hectares de terrain dans la même zone. L’Organisation des droits de l’homme a rapporté que le Comité d’aide mondial « Insur », en coopération avec des associations palestiniennes, a construit des bâtiments coloniaux « Emel 2 » sur la montagne Lelun au sud-est d’Afrin. ANF

TURQUIE. La popstar Gülşen condamnée à verser 150 000 LT pour une plaisanterie sur les écoles islamiques Imam Hatip

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ISTANBUL – La popstar turque Gülşen a été condamnée à 10 mois de prison pour « incitation à la haine », après qu’elle ait taquiné l’un de ses musiciens: « Il a été dans une une Imam Hatip (école religieuse), c’est pour ça qu’il est pervers ». Aujourd’hui, la chanteuse est condamnée à verser 150 000 livres turques à 3 anciens élèves des lycées Imam Hatip qui ont porté plainte contre la chanteuse pour « propos discriminatoires ». Si la chanteuse de 46 ans, de son vrai nom Gülsen Bayraktar Colakoglu, avait fait la même blague pour les Kurdes ou les alévis, les partis islamistes lui auraient même proposé un poste de députée… Selon la décision de l’Institution des droits de l’homme et de l’égalité de Turquie (TİHEK), suite à la plainte de trois diplômés des lycées imam hatip contre Gülşen Çolakoğlu qui a plaisanté sur des écoles religieuses imam hatip lors d’un concert en avril 2022, la chanteuse a été condamnée à payer 150 000 livres turques aux trois anciens élèves d’Imam Hatip pour « violation de l’interdiction de la discrimination » lors de son procès devant le tribunal correctionnel de première instance. A l’époque, Erdogan s’en était pris à la chanson qu’il avait accusé d’avoir « insulté les valeurs sacrées » de la nation turque. (Via Bianet) Les sectes islamistes de Turquie sont aussi puissants, sinon, plus puissants que les Loups Gris fascistes. Ils jouissent de l’impunité totale alors que la société turque est régulièrement secouée par des scandales impliquants les sectes islamistes. Mariage illégal d’enfants, viols d’enfants dans des foyers de la confrérie religieuse Süleymancılar, lobbying pour légaliser le mariage des mineures, attaques ouvertes contre les femmes, les minorités ethniques et religieuses, dont les Kurdes/alévis marginalisés dans tous les domaines de la société… la mouvance islamiste turque a réalisé une percée au parlement turc lors des élections législatives du 14 mai dernier grâce à l’alliance AKP-HUDA PAR et espère faire passer des lois dignes d’un État dirigé par la charia alors que les organisations féministes et progressistes jurent continuer la lutte pour mettre fin à la dictature islamo-fasciste d’Erdogan, même si tout l’appareil étatique est ligué contre elles.

TURQUIE. Arrestation de six membres de l’Assemblée des jeunes du HDP

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İZMİR – Hier soir, la police turque a raflé six membres de l’Assemblée de la jeunesse du parti « kurde » HDP dans le district de Menemen, à Izmir. Six membres de l’Assemblée de la jeunesse du Parti démocratique du peuple (HDP), ont été arrêtés hier soir dans le quartier de Menemen. La police a arrêté le véhicule dans lequel se trouvaient Uğur Yıldız, Mustafa Yalçın, Emre Yalçın et Harun Yakaç et a détenu les jeunes. Abdurrahim Kaymaz et Özkan Çakal ont été arrêtés lors d’une descente sur leur lieu de travail à Menemen. On a appris que les vitres du lieu de travail avaient été brisées lors du raid. (Via Agence Mezopotamya) On ne sait pas encore les motifs de détention des jeunes du HDP mais il est fort probable qu’il s’agit d’accusations de « terrorisme » accolées à tous les militants et politiciens kurdes ces dernières années.

TURQUIE. Peine de prison pour un politicien qui avait ciblé une avocate kurde suite à l’attentat d’Istanbul

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Le politicien du parti extrémiste Zafer Partisi, Adem Taşkaya avait accusé l’avocate kurde Jiyan Tosun d’avoir mené l’attentat à la bombe qui a tué 6 personnes à Istanbul / Taksim, le 13 novembre 2022. Il a été condamné à 4,5 ans de prison. Le tribunal a prononcé la peine pour diffamation et diffusion illégale de données personnelles, mais pas pour la désinformation. Pour l’avocate de Tosun, Jiyan Kaya, il s’agit d’une décision incomplète. La victime, Jiyan Tosun a déclaré qu’en raison du tweet en question, des messages menaçants avaient été envoyés à la fois à sa famille et à ses proches, disant : « Vous êtes des poseurs de bombes, nous allons vous faire exploser ». Déclarant que Taşkaya a partagé ce message parce qu’elle porte un nom kurde, Tosun a expliqué que ses informations personnelles, dont son numéro de téléphone et son adresse étaient également diffusés sur les réseaux sociaux et a déclaré : « Après l’incident, je n’ai pas pu aller chez moi pendant environ 4 semaines. L’accusé a déclaré qu’il était un spécialiste de l’information. Sachant à quel point la désinformation sur les réseaux sociaux est répandue, il aurait dû agir en conséquence. » L’avocate de Tosun, Eren Keskin, a également pris la parole, rappelant qu’Ümit Özdağ, le président du Parti de la Victoire avait des liens avec les services de renseignement, elle a déclaré : « Nous pensons qu’il a reçu les informations [personnelles] de la police ». Keskin a demandé que le tribunal enquête sur les groupes avec lesquels ces informations ont été partagées. Elle a également demandé que le tribunal juge Taşkaya non pas pour « insulte » mais pour le délit de « menace aggravée ». Le procureur a fait valoir que Taşkaya était coupable d’insulte, puisqu’il avait partagé la photo de Tosun et écrit « Une avocate membre du PKK », et a évalué le partage des informations selon lesquelles Tosun est une avocate comme « diffusion illégale d’informations privées ». Alors que Taşkaya a nié les accusations, les avocates de Tosun ont demandé que le suspect soit jugé pour « diffusion publique d’informations trompeuses », conformément à l’article 217/A du Code pénal turc. Le tribunal a annoncé sa décision et a condamné Taşkaya à 1 an 11 mois et 10 jours d’emprisonnement pour « insulte » et à 2 ans et 6 mois d’emprisonnement pour « livraison ou obtention illégale de données ». Le tribunal n’a pas suspendu le verdict, s’il est approuvé par la cour supérieure Taşkaya sera mis en prison. Bianet

TURQUIE. Un journaliste kurde privé de soins pour avoir parlé en kurde à un médecin kurde

TURQUIE / KURDISTAN – L’examen médical du journaliste kurde emprisonné Zeynel Bulut a été annulé par les soldats turcs après qu’il ait parlé de ses problèmes de santé en kurde au médecin kurde. Le 14 mai dernier, le rédacteur en chef du journal Xwebûn, Zeynel Bulut, qui a été arrêté avec 15 collègues à Diyarbakir (Amed) le 16 juin 2022, a été contraint de parler en turc à un hôpital de la ville, où il a été admis pour des soins. Lorsque Bulut a expliqué ses problèmes de santé en kurde, les militaires de la prison n° 2 de Diyarbakır sont intervenus en disant « Ne parles pas kurde, parles turc ». Bulut a répondu : « Ne soyez pas raciste, je peux parler dans la langue que je veux. Le kurde est ma langue maternelle et je m’exprime mieux en kurde. » Un médecin est alors intervenu et a tenté de persuader les militaires en disant que « le patient peut parler dans n’importe quelle langue ». Alors que les soldats le forçaient encore à parler turc, Bulut a répondu : « Si vous ne comprenez pas, c’est votre problème, faites venir un interprète. » Le médecin leur a dit: « Je parle kurde, il est tout à fait naturel que mon patient explique ses problèmes en kurde. » Après la discussion, les militaires ont menotté le journaliste et l’ont empêché d’être ausculté par les médecins et l’ont ramené à la prison après l’avoir fait attendre dans la cour de l’hôpital pendant des heures. ANF

Colloque: De Lausanne 1923 à Lausanne 2023, Quel avenir pour les peuples exclus du traité de Lausanne en 1923?

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LAUSANNE – Le Traité de Lausanne signé entre les Puissances alliées et la Turquie le 24 juillet 1923 a privé les Kurdes d’un État libre pourtant prévu dans le Traité de Sèvres signé 3 ans plutôt. A l’occasion de ce Traité qui a causé le malheurs de nombreux peuples de la région, à commencer par les Arméniens et Kurdes, plusieurs organisations kurdes, arméniens et la ville de Lausanne organisent un colloque faisant état des lieux des peuples exclus du fameux Traité. Le colloque: « De Lausanne 1923 à Lausanne 2023, Quel avenir pour les peuples exclus du traité de Lausanne en 1923? État des lieux et perspectives » aura lieu le samedi 10 juin, de 9 heures à 17h45, à l’Hôtel de Ville de Lausanne situé sur la place de la Palud. Le colloque réunit des universitaires spécialisés arméniens, assyro-chaldéen, kurdes, turcs et occidentaux ainsi que des élus pour dresser l’état des lieux des conséquences de ce Traité pour les peuples exclus de la région et esquisser des perspectives pour le futur. Programme de la journée:  
9h45-11h15        — 1ère table-ronde CONTEXTE HISTORIQUE
Modératrice : Joyce BLAU, professeure émérite de la langue et civilisation kurdes (INALCO) Paris Intervenants :
  • Derya BAYIR, docteure en Droit de l’université Queen Mary, auteure du livre “Minorities and Nationalism in Turkish Law”.
  • Hamit BOZARSLAN, professeur à l’École des Hautes Études en Sciences sociales (EHESS) Paris, auteur notamment de « Histoire de la Turquie : de l’Empire ottoman à nos jours », éditions Tallandier 2013 : L’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale.
  • Hans-Lukas KIESER, professeur à Newcastle University, Australie, auteur notamment de l’ouvrage à paraître “When Democracy Died : The Middle East’s Enduring Peace of Lausanne” Cambridge University Press, 2023 : Processus de négociations et principales dispositions du Traité de Lausanne.
  • Leonard V. SMITH, Université d’Oberlin, Ohio, USA : International Law and Greek-Turkish, Greek-Bulgarian population exchanges.
 
11h15 – 12h30 : 2ème table-ronde LE SORT DES PEUPLES EXCLUS
  Modératrice : Nazand BEGIKHANI, professeure invitée à Sciences-Po Paris Intervenants :
  • Raymond KEVORKIAN, professeur émérite de l’Université de la Sorbonne, auteur d’ouvrages de référence sur l’Arménie: Conséquences du Traité de Lausanne sur la question arménienne
  • Baskin ORAN, professeur émérite de la Faculté des Sciences politiques d’Ankara, auteur d’ouvrages de référence sur Lausanne: Le sort des minorités dans le Traité de Lausanne
  • Joseph YACOUBprofesseur émérite de sciences politiques à l’Université catholique de Lyon Le drame des Assyro-Chaldéens
  12h30-14h00   —  Pause déjeuner  
14h15-15h45   — 3ème table-ronde LES KURDES APRÈS LAUSANNE
Modérateur Hamit BOZARSLAN, professeur à l’EHESS   Intervenants :
  • Nazand BEGIKHANI, professeure invitée à Sciences-Po Paris. Traité de Lausanne : Repenser l’histoire kurde dans une perspective féministe
  • Jordi Tejel GORGAS, professeur d’histoire à l’Université de Neuchâtel : Les Kurdes en Syrie
  • Sherko KIRMANJ, professeur à l’Université d’Ulster et professeur auxiliaire à l’Université de Koya Lausanne Treaty and the impact of the fate of the Mosul Wilayat on the Kurdish question
  • Mesut YEGEN, professeur à l’Université d’Ankara Le sort des Kurdes sous la République turque
 
15h45-17h30 — 4ème table-ronde VERS UNE RÉVISION DU TRAITÉ DE LAUSANNE ?
 Comment réparer les injustices faites aux peuples victimes de Lausanne et répondre à leurs aspirations ? Modérateur Kendal NEZAN Intervenants :
  • Sibel ARSLAN, conseillère nationale, Bâle
  • Osman BAYDEMIR, ancien maire de Diyarbakir, ancien député
  • Laurence FEHLMANN RIELLE, conseillère nationale, Genève
  • Rémi FÉRAUDsénateur de Paris
  • Peter GALBRAITH, ancien ambassadeur des États-Unis
  17h45  —  Apéro offert par la Ville de Lausanne La capacité d’accueil de la salle étant limitée, celles et ceux qui souhaitent assister au Colloque doivent obligatoirement s’inscrire. La priorité sera donnée aux étudiants et chercheurs. (inscription ici) Colloque organisée par l’Institut kurde de Paris, en partenariat avec la Ville de Lausanne, l’Association Suisse-Arménie et l’Association pour la promotion du Fonds Kurde Ismet Chérif Vanly et le développement de l’éducation, de la culture et des droits de l’homme (AFKIV).

TURQUIE. Selahattin Demirtas quitte la « politique active »

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TURQUIE / KURDISTAN – Le politicien kurde tenu en otage depuis plus de 7 ans, Selahattin Demirtas s’excuse auprès du peuple kurde et annonce son retrait de la « politique active » pour ne pas « avoir pu proposer une politique digne » des Kurdes. Par ailleurs, dans un reportage accordé à Arti Gerçek, Demirtas a déclaré que le HDP avait fait une très mauvaise campagne électorale lors des récentes élections présidentielles et législatives turques et invité les dirigeants du parti à tirer les leçons de leurs échecs pour relever les défis qui les attendent et répondre aux attentes des Kurdes. Selahattin Demirtas, ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP), a souligné la nécessité d’un examen attentif de la situation actuelle et de l’élaboration de mesures efficaces pour relever les défis auxquels le parti est confronté. Plutôt que de succomber à la complaisance, il a averti que les résultats des élections devraient servir de signal d’avertissement clair pour le HDP. Aujourd’hui, sur son compte Twitter géré par ses avocats, Demirtas a publié un extrait de son reportage à paraitre demain sur le site Arti Gerçek: « En mon propre nom, je m’excuse sincèrement de ne pas avoir pu proposer une politique digne de notre peuple. Je promets de corriger ces lacunes par mes efforts dans la pratique. Merci également pour vos critiques constructives à mon égard. Je vais essayer de profiter des critiques. Alors que je continue la lutte contre la résistance comme tous mes camarades de prison, je quitte la politique active à ce stade. (…) J’espère vous voir dans les jours libres. » Cette « démission » de Demirtas devrait être suivie d’autres démission à la tête du HDP qui était très critiqué par une large partie de ses supporters qui lui reprochaient de s’être éloigné de la question kurde et de s’être compromis avec des alliances passées par le Parti des travailleurs de Turquie (Türkiye İşçi Partisi – TIP) soi-disant de « gauche turque » mais plutôt kémaliste et dont certains des dirigeants ont ouvertement insulté l’électorat kurde en l’accusant de « fasciste »… De nombreuses voix s’élèvent au sein de la base du HDP pour que ses dirigeants fassent une autocritique sans complaisance et continuer la résistance centenaire du peuple kurde, malgré les menaces pesées par le régime islamo-fasciste turc.