SYRIE / ROJAVA – Alors que les discussions se poursuivent entre responsables kurdes et le gouvernement intérimaire de Damas en vue d’un accord d’intégration, les services de renseignement turcs (MIT) et ceux de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) ont entamé le déploiement de cellules secrètes dans le Nord-Est syrien, rapporte le Centre d’études stratégiques du Kurdistan Lêkolîn.
Selon des informations recueillies par Lêkolîn auprès de sources locales bien informées, les deux services, en coordination étroite, mettent en place un réseau de cellules de renseignement dans les zones rurales du Rojava. Ces cellules sont principalement actives dans la campagne de Til Hemis (Tel Hamis), la région de Qamishli et les environs de Hesekê (Hasakah).
Contexte plus large
Ces activités s’inscrivent dans une stratégie plus large du MIT consistant à créer des forces supplétives locales. Dès le 14 mars 2026, Lekolin.org avait révélé dans sa rubrique « Analyse » l’organisation de groupes armés affiliés au MIT et à d’anciens éléments de l’EI sous le nom de « Siwar Eleşeyir » (Cavaliers des tribus) dans la région de Til Hemis. Ces groupes, parfois composés d’une dizaine d’hommes et opérant parfois en uniforme des forces de sécurité intérieure du gouvernement de Damas, seraient formés à partir d’éléments des factions de l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA) et de résidus de DAECH / ISIS, rebaptisés « armée tribale ».
Ces développements soulignent une approche duale : négociations politiques officielles d’un côté, et actions clandestines de déstabilisation de l’autre.