Nouveau déploiement militaire turc en cours en Syrie

0
SYRIE – La Turquie continue à envoyer des renforts militaires et logistiques dans la zone de désescalade «Poutine-Erdogan», selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH / SOHR).
 
L’OSDH a rapporté qu’un nouveau convoi militaire turc de dizaines de véhicules est arrivé sur le territoire syrien, via le passage de Kafr Lusin à la frontière d’Iskenderun. Les véhicules se sont dirigés vers des positions turques dans la «zone de désescalade».
 
« Alors que la Turquie continue d’envoyer plus de renforts militaires dans le nord-ouest de la Syrie, le nombre d’unités militaires turques, qui sont entrées dans la » zone de désescalade « depuis l’entrée en vigueur du nouveau cessez-le-feu, est passé à 3 435, en plus de l’entrée de centaines de soldats, » a déclaré l’OSDH.
 
De février 2020 à ce jour, les militants de l’OSDH ont constaté l’entrée de plus de 6 845 camions et véhicules militaires sur le territoire syrien, notamment des chars, des véhicules de transport de troupes, des blindés et des radars militaires etc. Entre-temps, le nombre de soldats turcs déployés à Idlib et Alep au cours de la même période a dépassé les 10 400.
(Le renforcement militaire turc concerne également les régions kurdes du Rojava envahies depuis octobre 2019.)
 

TURQUIE. Les femmes mobilisées contre le projet de loi concernant le mariage d’enfants

TURQUIE – ISTANBUL – Selon des rumeurs, le gouvernement turc serait prêt à présenter au Parlement des propositions législatives qui ouvriront la voie aux mariages d’enfant et au mariage des filles mineures avec leurs violeurs.
 
Les critiques et les réactions au projet du gouvernement de réintroduire le projet de loi d’amnistie pour les violeurs d’enfants s’intensifient.
 
Feride Eralp du collective Kadınlar Birlikte Güçlü (« Les Femmes sont fortes ensembles ») a parlé de cette question avec ANF déclarant qu’un lobby essayait constamment de faire adopter par le Parlement cette loi sur les viols, qu’ils appellent le « mariage précoce ».
 
Eralp a déclaré que certains des violeurs d’enfants qui se trouvent dans des prisons ouvertes et certains hommes accusés de violence contre les femmes ont été libérés grâce à la loi sur l’amnistie liée à la pandémie du coronavirus (COVID-19). Elle a ajouté que maintenant le plan est de libérer ceux qui sont dans des prisons fermées.
 
Ils souhaitent un système familial patriarcal
 
Soulignant que l’insistance du gouvernement et de l’environnement sur cette loi est la manifestation d’une mentalité, Eralp a poursuivi: « Il y a une famille imaginée incarnée dans le rapport de la Commission du divorce. Les familles se désagrègent, et il y a un réflexe comme quoi nous devons essayer de ne pas briser ces familles. Cependant, la structure qu’elles appellent famille est une structure où les filles âgées de 12 à 13 ans sont mariées, donnent naissance à des enfants avant l’âge de 15 ans, ne peuvent pas recevoir d’éducation, subissent l’exploitation et la violence. En bref, les hommes souhaitent un incroyable système familial patriarcal. Parce qu’ils en profitent et ne veulent pas renoncer au privilège de la position d’oppresseur. »
 
Soulignant qu’on tente de déguiser l’exploitation des filles en vie « familiale », Eralp ajoute que cette exploitation, qui provoque la pauvreté des femmes, les rend également vulnérables face aux hommes et à la violence.
 
Soulignant qu’un modèle féminin fort n’est pas souhaité, Eralp poursuit : « Si la femme est forte, indépendante, au-delà d’un certain âge, mariée selon sa volonté, si elle se tient debout, alors elle peut quitter cet homme à tout moment. Les hommes ne veulent pas reconnaître ce droit aux femmes. C’est pourquoi ils veulent épouser des enfants, retirer aux jeunes filles la possibilité de s’émanciper. »
 
Eralp a déclaré que le gouvernement tentait de créer une fausse perception en manipulant les médias afin d’éviter une réaction de la société très sensible à la violence à l’égard des femmes et à la maltraitance des enfants.
 
Eralp a souligné que les organisations de femmes n’accepteront jamais un projet de loi justifiant et légitimant les abus d’enfants et a ajouté qu’une opposition commune devrait se construire.
 

IRAN. Les gardes iraniens tuent un kolbar kurde et blessent 2 autres

0
IRAN / ROJHILAT – Un Kolbar kurde a été tué et deux autres blessés par les gardes-frontières iraniens dans la zone frontalière de Somay Bradust à Orumiyeh, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental.
 
Selon le Kurdistan Human Rights Network (KHRN), le 24 mai 2020, les gardes-frontières iraniens ont ouvert le feu sur un groupe de Kolbars du village de Coran de Somay Bradust, de la région frontalière d’Orumiyeh. À la suite de la fusillade, un Kolbar nommé Arsalan Ahmadi a été tué tandis que deux frères nommés Turan Ahmadi et Radwan Ahmadi ont été blessés.
 
Selon les statistiques compilées par le KHRN, trois Kolbars (porteurs de marchandises entre les Kurdistan du Sud, du Nord et de l’Est) et hommes d’affaires ont été tués et six autres blessés au cours des cinq derniers jours après par les gardes-frontières iraniens et turcs dans les zones frontalières de la province de l’Azerbaïdjan occidental.
 

TURQUIE. Le HDP à la communauté internationale : Exprimez-vous contre l’autoritarisme

TURQUIE / BAKUR – Feleknas Uca et Hişyar Özsoy, les deux porte-paroles de la commission des affaires étrangères du HDP, ont déclaré dans un communiqué que le gouvernement turc poursuivait sa répression contre toute sorte d’opposition démocratique dans le pays, contre le HDP en particulier, en utilisant la pandémie du COVID-19 comme une opportunité pour renforcer son régime autoritaire.
 
Feleknas Uca et Hişyar Özsoy ont appelé la communauté internationale à ne pas rester silencieuse face à l’utilisation du climat du COVID-19 par le gouvernement turc contre ses citoyens dissidents et pour consolider son régime autoritaire.
 
Ils ont souligné que « c’est maintenant presque un tabou de critiquer les politiques du gouvernement sur la crise économique ou la santé publique dans le cadre du COVID-19, sans parler des questions brûlantes comme la question kurde ou les invasions militaires en Syrie ».
 
Uca et Özsoy donnent quelques exemples de la répression : « Selon la Fondation des droits de l’Homme de Turquie (TIHV), entre le 11 mars et le 10 mai, la police est intervenue lors de 8 événements organisés pour protester contre les mesures du gouvernement concernant le Covid-19 et 42 personnes ont été détenues. De plus, une enquête a été ouverte contre deux membres du Parlement pour leurs déclarations critiques sur les mesures du Covid-19, l’un d’eux affirmant que le gouvernement a caché la vérité concernant les cas de coronavirus dans les prisons. Selon le ministère de l’intérieur, au 5 mai 2020, un total de 7 127 comptes de médias sociaux ont fait l’objet d’une enquête en raison de messages concernant le COVID-19 qui auraient « provoqué la panique et le chaos au sein de la population », 496 personnes ont été détenues et 10 arrêtées. En outre, avant et le jour de la fête du travail (1er mai), au moins 64 personnes ont été mises en détention arbitrairement, dont les présidents de certains des plus grands syndicats du pays.
 
En plus de ces attaques contre la société démocratique (…) la vague de répression plus violente contre le HDP se poursuit. En mars et en mai, 13 autres municipalités du HDP ont été saisies et des gouverneurs nommés illégalement ont remplacé nos co-maires. Le nombre total de municipalités kurdes saisies a ainsi atteint 51 (sur les 65 remportées par le HDP en mars 2019). »
 
Les deux responsables du HDP ont rappelé que « le 22 mai 2020, la police a mené des raids aux domiciles de nombreux responsables politiques et activistes kurdes et a arrêté 18 personnes – 13 femmes et 5 hommes – à Diyarbakir (Amed). Cette opération spécifique visait principalement les femmes politiciennes kurdes et les activistes de l’Association des femmes Rosa (RKD), du Mouvement des femmes libres (TJA), du Parti des régions démocratiques (DBP) et du HDP. La police a également fait une descente dans le bureau du RKD et a confisqué leurs documents en l’absence de d’avocats. Le RKD a été créé après que toutes les organisations de femmes de Diyarbakir aient été interdites et fermées sous l’état d’urgence en 2016. C’est la seule organisation de femmes de la ville qui s’implique dans le travail de soutien et les luttes contre la violence envers les femmes. Parmi les personnes placées en détention se trouvent de nombreuses figures de l’activisme féminin dans les provinces kurdes ».
 
Les dirigeants du HDP ont appelé de nouveau, la communauté internationale à ne pas rester silencieuse face aux attaques du gouvernement turc visant ses citoyens dissidents pour consolider son régime autoritaire en pleine pandémie du coronavirus.
Par ailleurs, dans une déclaration récente, le HDP rappelait comment le pouvoir turc continuait à violer la volonté du peuple kurde en s’en prenant systématiquement à ses élus:
Dans une précédente déclaration (24 mars 2020) sur la saisie de nos municipalités, nous avons souligné que le gouvernement turc poursuivait sa politique pernicieuse à l’encontre des Kurdes, même dans le contexte de la crise mondiale liée à la pandémie. Le gouvernement turc profite de la pandémie pour réprimer davantage les institutions démocratiques kurdes, en particulier les municipalités. En plus de saper la démocratie locale et la volonté politique du peuple kurde, il détruit les infrastructures sociales et sanitaires déjà faibles mises en place par les municipalités, ce qui rend les villes concernées encore plus vulnérables à la pandémie.
 
Le 23 mars, le gouvernement a illégalement saisi huit municipalités kurdes dirigées par le HDP. Moins de deux mois plus tard, le 15 mai, jour de la fête de la langue kurde, cinq autres municipalités kurdes ont été saisies. Il s’agit de Siirt, Iğdır, Kurtalan, Baykan et Altınova, les deux premières étant des chefs-lieux de province et les autres des districts. La police turque a encerclé les municipalités avec des barricades ; nos maires ont été arrêtés après des perquisitions brutales menées à leur domicile très tôt le matin, et remplacés par des « administrateurs », qui ne sont autres pour nous que des agents coloniaux.
 
Ces dernières saisies portent à 45 le nombre des municipalités du HDP auxquelles le gouvernement turc a assigné des administrateurs depuis les élections locales du 31 mars 2019 où le HDP a remporté 65 municipalités. En outre, 6 comaires du HDP se sont vu refuser leur mandat au lendemain de ces élections, au prétexte qu’ils avaient antérieurement été licenciés par décret-loi pris dans le cadre de l’état d’urgence. Au total, ce sont donc 51 mairies qui ont été saisies.
 
À ce jour, 21 comaires kurdes élus en mars 2019 sont derrière les barreaux et 5 en garde à vue. Par ailleurs, des dizaines d’anciens maires HDP élus en 2014 sont toujours emprisonnés.
 
Tout comme dans les cas précédents, ces nouvelles arrestations et nominations de tuteurs ne sont justifiées par aucune décision de justice. Il s’agit de mesures administratives prises par le ministère de l’intérieur. Les accusations portées contre nos maires sont typiques : « soutien au terrorisme ». Dénuées de tout fondement, elles servent juste de prétexte à la destruction des municipalités kurdes.
 
Comme nous avons déjà eu l’occasion de le souligner, nous luttons simultanément contre deux virus, le COVID 19 et l’autoritarisme raciste dirigé contre les Kurdes et leur volonté démocratique, autrement dit, deux graves problèmes de santé publique.
 
Une fois de plus, nous appelons la communauté internationale, le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux et le Comité des régions de l’UE en particulier, ainsi que nos partis frères et tous les tenants de la démocratie à élever la voix et agir contre ces politiques racistes du gouvernement turc qui tente d’ériger le “régime de tutelle” en norme.
 

ROJAVA. Des potagers urbains poussent à Qamishlo

0
SYRIE / ROJAVA – Les habitants du Rojava et du nord et de l’est de la Syrie utilisent des méthodes imaginatives pour élargir la production agricole alors que la Turquie et ses mercenaires attaquent l’agriculture du Rojava pour affamer les Kurdes syriens et détruire leur autonomie politique et militaire. Les gens essaient donc de produire des légumes sur des sites alternatifs en pleine ville. S’il est normal au Rojava de cultiver des légumes et des fruits dans les parcs, d’autres zones en friche sont maintenant converties en jardins potagers et en champs cultivés.
À Qamishlî, les gens se sont réunis pour nettoyer une décharge et en ont fait un potager. Ils gèrent ensemble le potager nouvellement créé et cultivent les produits nécessaires pour se nourrir et nourrir leurs voisins.
Hisên Mihemed Salih, l’un des participants au projet, explique: « Nous avons commencé ce projet il y a deux mois. Nous avons d’abord ramassé toutes les ordures, puis nous avons nettoyé le sol et déterré. Ensuite, nous avons commencé à planter des légumes et à arroser le champ. Nous avons déjà produit des tomates, des aubergines, des poivrons et du gombo. »
ANF
 

Les réfugiés de Serêkaniyê se préparent à affronter l’été caniculaire

0
SYRIE / ROJAVA – Les Kurdes qui ont fuit l’invasion turque en octobre 2019 se préparent à affronter l’été caniculaire dans le camp de Washokani.
 
Au camp de Washokani, situé à une douzaine de kilomètres de Hesekê, vivent plus de 12 000 personnes (1 862 familles). Ils ont fui Serê kaniyê après l’invasion turque qui a commencé le 9 octobre 2019.
 
L’un des principaux problèmes pour les réfugiés était l’accès à l’eau potable. Cela vient d’être résolu grâce à la pose de 8 km de tuyau pour l’approvisionnement de l’ensemble du camp.
 
Cependant, les résidents du camp se préparent maintenant à faire face à la chaleur torride des mois d’été, qui entraîne traditionnellement un certain nombre de maladies et de problèmes de santé. Les résidents attendent des fournitures médicales pour empêcher la propagation de ces maladies, en plus de l’épidémie de coronavirus qui ajoute une nouvelle menace à la situation sanitaire déjà précaire dans le camp.
 
La température en été peut atteindre 40 degrés et l’ONG humanitaire Heyva Sor essaie de constituer des stocks de médicaments pour relever ce nouveau défi.
 

L’Etat turc veut engloutir les traces du massacre de Zilan sous les eaux d’un barrage

TURQUIE / BAKUR – Peut-on imaginer l’Allemagne construire un barrage à Auschwitz ou dans un des camps de concentration où des milliers de Juifs ou opposants aux Nazis ont été massacrés? La réponse sera probablement non. On ne peut répondre « non » à la même question si on remplace l’Allemagne par la Turquie et les Juifs par les Kurdes. En effet, actuellement, la Turquie construit un barrage dans la vallée de Zilan où des dizaines de milliers de Kurdes ont été massacrés par l’Etat turc en 1930 et où des squelettes ainsi que des cartouches sont encore visibles 90 ans après le massacre.
 
L’Etat turc poursuit la destruction de la nature, de l’histoire et de la mémoire du peuple kurde à travers la construction de nombreux barrages au Kurdistan du Nord. Le barrage Ilisu construit à Hasankeyf où plus de 12 000 ans de l’histoire de l’humanité ont été engloutie en est un exemple parfait et la construction d’un autre barrage dans la vallée de Zilan, à Van / Erciş, n’est que la continué logique d’un tel plan génocidaire.
Les barrages construits par la Turquie au Bakur (Kurdistan du Nord) ont perturbé la vie naturelle à un tel niveau qu’on parle d’un écocide au Bakur. Des milliers de plantes et d’espèces animales endémiques ont déjà disparu, l’agriculture et l’élevage ont pris fin. Des centaines de villages et de hameaux sont sous l’eau. Des milliers de Kurdes ont été forcés de quitter leurs terres. A cela s’ajoute la destruction des sites qui ont été témoins des massacres commis par l’Etat turc depuis le XXème siècle.
La centrale hydroélectrique, lancée en 2014 dans la région de Zilan (Geliyê Zilan) à Erçis, a été arrêtée par une décision du Conseil d’État en 2015 sur l’objection des villageois de la région.
Malgré cela, profitant de cette période de pandémie de coronavirus, les travaux de construction ont été relancés alors que toute l’attention était portée ailleurs. Des centaines d’ouvriers travaillent jour et nuit pour accélérer les travaux.
Le massacre de Zilan a eu lieu dans la vallée de Zilan ou Zeylan (Kurde : Geliyê Zîlan, Turc : Zilan Deresi, Zeylân Deresi) située au nord de la ville d’Erciş, dans la province de Van. Lors du massacre, 15 000 personnes ont été tuées selon l’Etat turc et 50 000 selon les Kurdes. Après le massacre, 45 villages ont été brûlés et détruits. L’État a pris de force les terres des villageois de la région de Zilan, des milliers d’autres Kurdes ont été chassés de la région.
 
L’historien kurde, Sedat Ulugana* dénonce la construction d’un barrage dans la vallée de Zilan, accusant l’Etat turc de vouloir faire disparaître les traces du massacre de 1930.
Des coupures de journaux turcs de l’époque qualifiant de « nettoyage » (temizlik) le massacre de Zilan
Dans cette interview de 2019, d’Ulugana parlait du massacre de Zilan :
 
Il y a 89 ans, des milliers de Kurdes étaient massacrés et 44 villages incendiés dans la vallée de Zilan, les 12 et 13 juillet 1930, pendant la rébellion d’Ararat (ou Agri).
 
Le massacre de Zilan est le deuxième plus grand massacre commis contre les Kurdes après la proclamation de la République turque. Le 13 juillet 1930, avec le massacre perpétré contre la rébellion d’Ağrı (Ararat), la Turquie a commis un grand crime contre l’humanité qui est une tache noire dans l’histoire de l’humanité. À l’occasion du 89e anniversaire du massacre, le journaliste kurde, Barış Balseçer​ a discuté avec l’écrivain et universitaire kurde Sedat Ulugana de la rébellion kurde avant le massacre, des principales raisons de l’échec de la rébellion et des principaux motifs et résultats des massacres perpétrés par les structures politiques et administratives existantes contre les Kurdes depuis la fin de la période ottomane.
 
Quelle était la situation politique des Kurdes avant le massacre de Zilan ? Pouvez-vous décrire le processus dans son ensemble ?
 
Le massacre de Zilan, avec la proclamation de la République de 1923 à 1930, fait partie du processus d’instauration du régime kémaliste au Kurdistan. La première réaction eu régime kémaliste a été montrée à Koçgiri en 1921 et les Kémalistes ont perpétré le premier massacre des Kurdes au Kurdistan au moyen d’un outil hérité des Ottomans : La punition et le transfert de la population (« tedip ve tenkil »). Le processus après Koçgiri était la résistance du Cheikh Sait en 1925, dont le vrai nom était le Mouvement Azadî (Liberté). Ce processus a entraîné un massacre et des centaines de villages kurdes ont été incendiés et des milliers de Kurdes ont été massacrés, notamment à Palu, Lice et Genç, à Diyarbakır. En fait, c’est la rébellion du Cheikh Sait qui a déclenché la rébellion d’Agri. Zilan est une région montagneuse, où il existe des tribus kurdes patriotes. Ces tribus ne se sont pas intégrées à l’État et ont des problèmes structurels avec l’État. Ces tribus aliment des fournitures aux insurgés d’Agri. Ils fournissent des guerriers logistiques. En fait, la région du Zilan devient une base pour la poursuite de la rébellion agricole. L’Etat en est conscient. Il y a un rapport des années 1920. Il dit : « Il y a maintenant trois lieux de banditisme au Kurdistan. Le premier est celui du Dersim, le deuxième est Sason et le troisième est celui du Zilan et de l’Ağrı. » Le gouvernement a fiché ces trois lieux. Donc en 1925 ; À 5 ans du massacre de Zilan, à 9 ans du massacre de Sason et 13 ans avant le massacre de Dersim, le rapport indique ces régions. Ce sont des zones que le régime kémaliste ne peut pénétrer. On dit que ces régions insistent sérieusement sur la kurdicité et qu’on doit « s’occuper » de ces régions.
 
Pour ce faire, l’État se concentre sur Zilan, en particulier pendant le processus de résistance d’Agri. Mais au début, il ne le prend pas trop au sérieux. Ils envoient un petit nombre de soldats à Zilan et pensent pouvoir briser la résistance et envoyer le 15e régiment de gendarmerie mobile. (…) Une fois dans la région de Zilan, le régiment de gendarmerie mobile fait face à une résistance inattendue.
 
Quel est le rôle de la société Xoybûn dans la résistance kurde ? Quelle est la relation entre la résistance d’Agri et Cheikh Sait avant le massacre de Zilan et le Mouvement Xoybûn ?
 
Le Mouvement Xoybûn a été fondé en 1927 dans le Rojava actuel. Deux familles en particulier, les Cemilpaşazade et les Bedirxan, sont les plus impliquées. Au Rojava, les deux familles ont été rejointes par Haco Aga. Les intellectuels kurdes, les chefs de tribus kurdes et les cheikhs, échappés à la violence du régime kémaliste, se retrouvent au Rojava après 1920 et forment une organisation appelée Xoybûn.
 
Au début, İhsan Nuri n’est pas inclus dans Xoybûn. Il prend contacte par la suit avec Xoybûn il y est intégré en tant que «général du mont Ararat», puis passe à Ağrı pour le compte de Xoybûn et entame le processus connu. Xoybûn est le Mouvement organisateur de la résistance d’Ağrı. Après la résistance d’Ağrı, il organisa la résistance e Sason de 1934. Afin d’organiser la Résistance de Dersim de 1938, ils envoient un groupe comprenant Muşlu Hilmi. Le groupe est exécuté en route, avant d’atteindre Dersim.
 
Bien qu’il y ait eu beaucoup de résistance après la proclamation de la République, ils ne réussissent pas. Quels sont les principaux facteurs à l’origine de l’échec de ces résistances ?
 
Au Kurdistan du Nord, toute la résistance de 1923 à 1938 est liée. C’est donc une tradition, des perles d’un chapelet. La rébellion de Kochgiri de 1921 reste un peu à part, mais elle a inspiré intellectuellement le mouvement de Sheikh Said.
 
Seyitxan, Seyitxane Kerr, Alican et Ferzande, membres du Mouvement Sheikh Said de 1925, c’est-à-dire la résistance d’Azadi, ont également combattu sur le mont Ararat. Ce sont les cadres qui organisent la Résistance de Zilan. (…). En fait, les initiateurs de la résistance d’Agri sont les guerriers kurdes qui ont survécu à la rébellion du Cheikh Said. Il y a une telle connexion. Le feu de la résistance allumé au triangle Genç, Lice, Palu a été éteint, mais cette fois, le même feu a été allumé sur le mont Ararat, à Zilan.
 
L’une des raisons pour lesquelles la résistance du Kurdistan a entraîné la défaite est le problème du leadership. A cette époque, il y avait le problème du leadership, ils n’avaient pas de leadership national. Le processus Tanzimat (« réorganisation » en turc ottoman) est appelé renouveau et modernisation de l’État, mais la raison principale en est la liquidation de la structure politique kurde et le transfert de la capitale kurde à Istanbul. A cette époque, tous les Mirs (chefs notables kurdes) kurdes ont été massacrés, exilés et jetés dans des prisons. Au Kurdistan, après la liquidation des mirs kurdes, un vide d’autorité est créé.
 
Les Cheikhs remplissent le vide de l’autorité. Ces Cheikhs disent appartenir à la « secte Khalidi ». La secte Khalidi a été fondée par Mevlânâ Khalid-î Shay Shahizizor de la ville de Suleymaniyah, dans le Kurdistan du Sud.
 
A l’instar des Mir, plutôt que d’être constructifs, rassembleurs, les Khalidis ont une mission destructrice et disloquante au Kurdistan. Mevlânâ Khalid a été formé en Inde. Pendant ses études en Inde, ses professeurs menaient une forte opposition au colonialisme britannique.
 
Avec le temps, l’opposition aux Britanniques s’est transformée en opposition et en haine des Chrétiens. Lorsque Mawlana Khalid est revenu au Kurdistan, il a en quelque sorte importé au peuple kurde l’opposions aux Chrétiens et la haine antichrétienne. Jusqu’à cette époques, les Kurdes au Kurdistan n’avaient aucun problème avec les Chrétiens ; Il y a des Arméniens, des Chaldéens, des Assyriens, des Nestoriens et des Kurdes qui s’appellent eux-mêmes des Kurdes Messiahs, sur lesquels nous ne nous attardons pas beaucoup.
 
À son retour, Mevlana Khalid forme beaucoup d’étudiants. Le titre du cheikh passait de père en fils à l’époque. L’Ordre du khalidisme emmène l’enfant du villageois kurde le plus pauvre à devenir « Sheikh » et lui dit « Toi aussi, tu peux emmener un élève, l’élever et en faire un cheikh » et l’envoyait dans les endroits les plus reculés du Kurdistan. Par la suite, en s’alliant aux tibus, ils se sont rendus dans les endroits les plus reculés du Kurdistan.
 
J’ai trouvé un ancien livre à Ercis. C’est écrit par Mela Musa, un imam Khalidi. La date qu’il a écrite à la fin du livre était 1892 et le lieu est Zozane Elegez (Haut plateau d’Elegez). Sur le plateau, il écrit un livre. Il rend croyantes, sunnites les tribus kurdes qui n’étaient pas très religieuses jusqu’à là. S’il y a un sentiment de nationalisme, ils l’enlèvent. Ils imposent l’oumma (la communauté des Musulmans qui rejette l’origine ethnique du croyant). Si vous êtes un Kurde qui impose l’Oumma, vous vous éloignez de toute façon de la conscience nationale et de l’unité nationale. Les Sheikhs ont cet aspect sur lequel nous n’avons pas encore prêté attention.
 
Un autre facteur est le niveau d’éducation des Kurdes à cette époque. Ceci est lié à la désintégration du Kurdistan.
 
Titres du journal turc Cumhuriyet lors du génocide de Zilan
 
Combien de personnes ont été massacrées lors du massacre de Zilan ? Qu’est-ce qui se passait à Zilan ?
 
Selon les services de renseignements étrangers, environ 10 000 personnes auraient été tuées lors du massacre de Zilan. Les Français parlent de 5 000, tandis que les Britanniques disent que plus de personnes ont été tuées. Bien entendu, ces États ne disposaient pas d’un réseau de renseignement très formel au Kurdistan du Nord. Ils donnent plutôt de chiffres prédictifs. Mais il y a les chiffres donnés par la partie turque. Par exemple, le journal semi-officiel de l’époque, le Cumhuriyet Gazetsi, parle de plus de 15 000. De même, les journaux Vakit et Aksam de la même période écrivent également ce chiffre. Le journal Cumhuriyet écrit même ceci : « Notre journaliste Sabri Bey, qui est à Ercis, transmet l’information depuis la région. « La vallée de Zilan est pleine de cadavres à ras bord », dit-il. Le chef de l’état-major général le dit également. Un peloton a tué plus de mille personnes en une journée. 95% des tués sont des civils. Parce que l’état-major général de l’époque parle d’environ 5 000 résistants dans la région de Zilan. Cette information est exagérée. Il n’y a pas autant de résistants. Le nombre de résistants est de mille environs.
 
C’est un génocide qui a été perpétré à Zilan. Il faut distinguer le massacre d’un génocide. C’est un «massacre» si vous tirez sur des gens et les tuez (…). Mais si, pour une raison politique, vous tuez plus d’une personne en faisant de la discrimination, en regardant sa religion, sa langue, son ethnie, c’est un génocide. (…) Ce qui a été fait à Zilan est un génocide. La deuxième différence entre le massacre et le génocide est que ce dernier est systémique.
 
Après le massacre, des dizaines de villages ont été incendiés à Zilan. Tous les habitants de ces villages ont été tués. Le nombre de personnes tuées dans ces villages est supérieur à 15 mille.
 
La deuxième raison d’être un génocide est qu’après l’incendie des villages, les champs de blé ont été incendiés, les puits ont été remplis de terre et tout le matériel a été brûlé. En d’autres termes, l’espace vital a été détruit.
 
De plus, il est essentiel de ne pas laisser de témoins lors de génocide. Nous pouvons le voir [ne pas laisser de témoins] lors des génocides de Rwanda, arménien et bosniaque. La même chose est faite à Zilan. Les gens ont été massacrés à Zilan en 1930 et cela a continué jusqu’en 1938. Si l’État découvrait qu’il y avait des survivants du massacre, ils les trouvaient et les amenaient et les fusillaient. Il existe également un exemple concret de cela. Après le massacre, 15 personnes se sont réfugiées dans le village de Pertax à Erciş, qui a été renommé et transformé en village de « Dinlence ». Ils ont été repérés par l’Etat. On les a pris du village, emmenés dans la vallée d’à côté, les fusillés et enterrés sur place. A ce titre, il y a des dizaines d’exemples de ce genre qui avaient pour but de ne pas laisser de témoins.
 
J’ai parlé à une témoin nommée Hafize, qui était encore une enfant à cette époque. Elle vivait dans le village de Soskin à Ercis. Je ne sais pas si elle est en vie ou pas. Elle avait dit « Moi, ma sœur, mon petit frère et ma mère ont survécu au massacre. Mon petit frère venait d’être sevré. Nous avons eu une vache. Nous nourrissions mon frère avec le lait de cette vache. Nous avons pris notre vache et sommes partis. Nous avons commencé à vivre dans une petite tente près de la ville. Dès que les soldats ont découvert que nous avions survécu au massacre de Zilan, ils sont venus. D’abord, ils ont coupé les pies de notre vache, notre seul moyen de subsistance. » Celle qui me disait cela était une témoin (d’environ 90 ans) d’un massacre. Ils avaient fait cela pour faire mourir de faim le petit garçon. Mère Hafize n’avait pas voulu m’ne parler, mais j’ai appris de sa famille que les soldats avaient emmené sa sœur. Ils l’avaient violée et tuée.
 
Voici une autre raison d’être un génocide. La nécrophilie (violer un cadavre) est essentielle dans la psychologie du génocide. Ce sont des nécrophiles. Nous pouvons le voir dans l’Allemagne nazie. Il y avait un imam nommé Mela Ahmet. Je l’ai interviewé. Alors qu’il travaillait comme imam à Adilcevaz, il avait rencontré un certain Hacı Ömer. Hacı Ömer lui a dit « (…) Je livrais des fournitures aux soldats lors du massacre de Zilan. Des milliers de personnes ont été tuées à l’extérieur de la ville dans un endroit appelé Aşe Monk. Les tours étaient faites de corps inanimés. C’était l’heure du déjeuner. Je l’ai vu de mes propres yeux. Les soldats retrouvaient et violaient de jeunes corps de femmes parmi les corps inanimés.”
 
Ces informations sont dans mes archives et j’ai fait confirmer ces informations auprès de plusieurs personnes. Ce que j’ai trouvé le plus dans mes recherches, c’est que d’innombrables femmes ont été violées.
 
Zilan est un génocide car un programme politique a été mis en place. Près d’un millier de familles ont été déportées à l’Ouest [régions turques à l’ouest du pays]. Beaucoup de ces familles sont maintenant assimilées. Elles ont été exilées dans des villes comme Aydın, Sinop et Samsun. Deux familles déportées ne pouvaient vivre dans la même ville et le même quartier. En d’autres termes, un programme d’assimilation a été mis en place. Près d’un millier de familles sont jetées dans les cachots d’Adana et de Zonguldak et abandonnées à la mort.
 
A cette époque, il y a un mandat d’Atatürk. Ce mandat rédigé après 1933 ordonne exactement ce qui suit : « Sa Sainteté ordonne dorénavant la capture des bandits vivants. » En d’autres mots, il dit, « Ne les tuez pas, capturez-les vivants ». Ils ont attrapé et enchaîné les villageois qui se sont réfugiés dans les montagnes et les ont envoyés dans ces cachots.
 
75% des personnes emmenées à Adana et à Zonguldak sont tuées. Par exemple, sur un millier de personnes envoyées dans la cachot d’Adana, seules 300 personnes peuvent revenir. 30 à 40 d’entre elles sont exécutées. La plupart de ces personnes sont condamnées à des peines de prison; Ils meurent de maladies infectieuses telles que le choléra, la typhoïde. Certains sont tués avec une piqûre toxique. J’ai obtenu le bloc-notes d’un témoin qui a traversé cette période. Il les a personnellement enregistrés. Dans le cahier, il est écrit : « Celui qui recevait la piqûre, ne pouvait pas voir le matin ».
 
La plupart des personnes envoyées à Zonguldak travaillent dans des mines de charbon. La plupart d’entre eux meurent à cause de mauvaises conditions de vie. La plupart des rapatriés meurent d’un cancer du poumon dû au charbon inhalé.
 
Une zone de Zilan a été complètement détruite. La région de Zilan a été déclarée « zone interdite » de 1930 à 1950. Tous les villages ont été évacués. Dans la région déclarée zone militaire, les chiens mangeaient les corps de leurs maîtres décédés. Quelqu’un m’a dit : « Les chiens avaient mangé tellement de gens qu’ils avaient une taille énorme. Leur psychologie avait changé. Ils attaquaient les gens en meute. »
 
Nous avons vu la même chose avec Taybet Ana. Ses enfants ont dit : « Nous avons veillé pendant des jours pour que les chiens ne viennent pas manger le corps inanimé de notre mère. » Sur le front des Kurdes, il n’y a rien de changé des années 1930 aux années 2019.
 

SYRIE. Provocation des femmes de DAECH au camp d’al-Hol

0
SYRIE / ROJAVA – Des femmes membres du groupe terroriste « État islamique » ont effectué un court défilé dans le camp d’al-Hol pour réaffirmer leur loyauté envers le groupe djihadiste. On signale une confiance grandissante des femmes islamistes dans leurs agissements grâce à l’invasion du Rojava par la Turquie. Les femmes membres de l’ « État islamique » (AI / DAECH / ISIS) dans le camp d’al-Hol, dans la Syrie du Nord et de l’Est , mènent de plus en plus d’actions pro-DAECH. Dimanche, les femmes islamistes détenues dans la 7ème section du camp ont brièvement défilé avec leurs drapeaux noirs pour jurer leur loyauté au djihad. Au cours de l’action, elles ont scandé à plusieurs reprises le « Takbir » (Allah est le plus grand). Des scènes d’enfants faisant la même chose à leurs mères voilées ont été publiées par l’agence de presse ANHA, basée au Rojava. Ces images sont inquiétantes et laissent penser qu’une nouvelle génération de DAECH grandit dans le camp d’Hol, complètement ignoré par la communauté internationale. La question de DAECH n’étant pas reconnue comme une responsabilité mondiale, l’ensemble du fardeau, tant sur le plan économique et logistique qu’en termes de sécurité, repose uniquement sur les épaules des Kurdes et leurs alliés de la Syrie du Nord et de l’Est – bien qu’ils aient déjà payé un lourd tribu dans la lutte contre l’organisation terroriste : 52 000 km2 de la Syrie ont été libérés du régime de DAECH par les Forces démocratiques syriennes (FDS). 11.000 combattants ont perdu la vie et 21.000 ont été blessés. La manifestation des femmes de DAECH dans le camp d’Hol a été dissoute rapidement par les forces de sécurité intérieure (Asayish). L’incident d’hier montre une fois de plus que les islamistes agissent avec une confiance en eux croissante. Pour rappel, au milieu de la semaine dernière les forces de sécurité ont déjoué une tentative d’incendie criminel. Trois femmes turques de DAECH voulaient mettre le feu au camp et en profiter pour s’échapper. Lors des perquisitions, des dizaines de bidons et de bouteilles d’essence ont été saisis. Depuis des mois maintenant, il y a également des incidents violents à Hol, car la violence à motivation islamiste dans le camp a augmenté parallèlement au début de l’invasion du nord et de l’est de la Syrie par la Turquie à l’automne dernier. Les gardiens de la charia ont mis en place une cour de justice secrète dans laquelle les femmes et les hommes du camp sont condamnés pour « mauvaise conduite ». Avec une « police religieuse » (Hisba), ils tentent également de maintenir leur régime tyrannique. Plusieurs personnes ont déjà été assassinées par des djihadistes. Le camp al-Hol Le camp de Hol se compose de huit zones. Dans les zones 1, 2 et 3 se trouvent les habitants de Mossoul qui ont fui DAECH en 2014. La zone quatre abrite les personnes déplacées syriennes. Dans les zones cinq, six et sept, les djihadistes de DAECH et leurs proches sont détenus tandis que les familles des djihadistes étrangers sont détenues dans la zone « Muhajarad » (Emigrants). Actuellement, Hol abrite environ 66 000 personnes. Le village de tentes a été construit par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour les réfugiés irakiens au début de 1991 pendant la seconde guerre du Golfe. Après avoir été fermé entre-temps, le camp a été rouvert pendant la guerre d’Irak en 2003. Depuis la défaite militaire de DAECH au printemps 2019, il est principalement utilisé pour loger les femmes et les enfants qui vivaient auparavant dans les zones sous contrôle de DAECH. ANF

“Les harceleurs ne doivent pas se cacher derrière leurs titres de militants”

0
Nous avons reçu le témoignage suivant dénonçant les menaces émis par un journaliste kurde d’Allemagne et dont les victimes seraient des jeunes femmes kurdes habitant le Rojhilat. (La personne qui nous l’a envoyé ne veut pas divulguer son nom pour des raisons personnelles.)
Nous espérons recevoir la version du journaliste en question, une fois qu’il aurait pris connaissance de ce témoignage. 
 
« Les harceleurs ne doivent pas se cacher derrière leurs titres de militants
 
Le harcèlement visant les femmes sur les réseaux sociaux est en train d’augmenter. Les femmes kurdes n’échappent pas à ce phénomène inquiétant.
 
Il faut rappeler que dans la plupart des sociétés, les traditions, les lois patriarcales et religieuses donnent tous les privilèges aux hommes au détriment des femmes. C’est la raison pour laquelle chaque revendication de la par de la femme est vue comme une péché impardonnable, notamment celles qui touchent les relations amoureuses et la sexualité. Ainsi les femmes et les filles qui sont harcelées par des hommes avouent très rarement les menaces et les harcèlements dont elles sont victimes. Ce qui “encourage” les harceleurs connaissant leurs privilèges au sein de la société. Alors, ils essayent de tirer profit de cette situation pour satisfaire leurs désirs et pulsions sexuels tout en étant conscients des conséquences de leurs actes !
 
Ces derniers jours, nous avons été témoins de cas de jeunes femmes kurdes menacées par un pseudo journaliste kurde qui habite en Allemagne. Un journaliste qui se présente comme comme membre d’un parti politique kurde et défenseurs farouche de l’égalité homme/femme. Depuis quelque temps, il harcèle des filles kurdes qui habitent au Rojhilat avec qui il avait eu une correspondance privée où il y a eu apparemment des échanges intimes et où les jeunes filles lui ont envoyé des photos intimes d’elles, alors que chacune d’elles pensait qu’il voulait une relation sérieuse avec elles. Dans des messages qu’il leur envoie, il les menace d’envoyer leurs photos qu’elles lui avaient envoyées précédemment, en leur disant qu’elles seraient tuées par leurs parents qui verraient leurs photos si elles ne lui demandent pas pardon pour avoir dit qu’il leur avait menti en promettant une relation amoureuse sérieuse alors qu’en réalité il draguait plusieurs filles au même temps.
 
***************************************************************
 
Quelques unes des menaces que le journaliste a envoyés à ces victimes (traduction depuis le soranî) : 
 
“Je ne veux pas créer de problèmes pour toi, je ne veux pas te casser. Sinon je prend des capture des tes chats et les envoie à ta famille et tes amis, afin de non seulement voir mes paroles mais voir tes paroles érotiques (…) ? En même temps, je peux les envoyer à tes amies aussi. Mais je ne fais pas ça si tu demande pardon. Je les gardes pour le jour de tes noces et je détruirai ta vie”.
 
“Sur les demandes d’autres [amis communs], je te donne une chance. Tu dois aller chez ceux qui parler de moi et leur envoyer les captures de nos chats [et] demander pardon. Je te laisse un peu de temps afin de faire ça. Sinon je fais le pire des choses contre toi. J’ai le bras long, si je veux, je peux envoyer quelques personnes devant votre porte (chez vous).“
 
“Tu veux ruiner ma vie (…) par ces mauvais comportements. Voilà pourquoi soit tu va très vite demander pardon (…) soit je te ferais la pire de choses, de telle manière que tu va regretter pour ceux qui tu as fait. Tu as joué avec le feu, la revanche sera très lourde.”
 
Captures d’écran des menaces :
 
 
******
 
Après que la victime du harcèlement a publié des captures des messages, le journaliste à parlé avec d’autres filles pour dire que ces messages étaient des mensonges et a menacé la victime auprès de ces filles aussi. Alors, certaines filles, en soutien à la victime, avouent que certes, ces messages vient d’autres comptes mais tous appartiennent à ce journaliste car il avaient menacé la victime auprès d’elles également. Mais le regard de la société sur elles et leur sentiment de culpabilité dans un pays où tout est contre elles, les empêchent de dévoiler tout ce qu’elles savent concernant les menaces venant de ce journaliste…
 
Quand, des utilisateurs hommes et femmes demandent sur Twitter des explications au journaliste, il les bloque tous.
 
Alors (…) lui-même doit demander pardon publiquement à ses victimes. (…)”

Photo de couverture via Jacques Leleu   
 
 
 
 

TURQUIE. Une militante kurde va en prison avec son enfant de 3 ans

TURQUIE / BAKUR – L’Etat turc cible essentiellement les femmes kurdes dans sa guerre contre le peuple kurde. Le 22 mai, de nombreux politiciens et militants kurdes, dont l’ex-députée du HDP, Ayla Akat Ata, et des membres d’organisations de femmes, ont été arrêtés dans plusieurs villes kurdes. Ils sont tous accusés d’être « membres d’une organisation terroriste [PKK] ».  Dilgeş Aslan, trois ans et demi, est entré en prison aujourd’hui. Sa mère Gönül Aslan est l’une de ces personnes arrêtées.   Dilgeş a passé la nuit au palais de justice de Diyarbakir (Amed) avec les députées du HDP Leyla Güven et Saliha Aydeniz dans l’espoir que sa mère soit libérée. Gönül Aslan siège au HDP dans le conseil de district de Bağlar et est membre de l’association des femmes Rosa, qui lutte contre la violence à l’égard des femmes. Elle est mère de trois enfants, dont l’un souffre d’une maladie rénale. Le père des enfants est réfugié à l’étranger. ANF