TURQUIE. Les femmes mobilisées contre le projet de loi concernant le mariage d’enfants

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TURQUIE – ISTANBUL – Selon des rumeurs, le gouvernement turc serait prêt à présenter au Parlement des propositions législatives qui ouvriront la voie aux mariages d’enfant et au mariage des filles mineures avec leurs violeurs.
 
Les critiques et les réactions au projet du gouvernement de réintroduire le projet de loi d’amnistie pour les violeurs d’enfants s’intensifient.
 
Feride Eralp du collective Kadınlar Birlikte Güçlü (« Les Femmes sont fortes ensembles ») a parlé de cette question avec ANF déclarant qu’un lobby essayait constamment de faire adopter par le Parlement cette loi sur les viols, qu’ils appellent le « mariage précoce ».
 
Eralp a déclaré que certains des violeurs d’enfants qui se trouvent dans des prisons ouvertes et certains hommes accusés de violence contre les femmes ont été libérés grâce à la loi sur l’amnistie liée à la pandémie du coronavirus (COVID-19). Elle a ajouté que maintenant le plan est de libérer ceux qui sont dans des prisons fermées.
 
Ils souhaitent un système familial patriarcal
 
Soulignant que l’insistance du gouvernement et de l’environnement sur cette loi est la manifestation d’une mentalité, Eralp a poursuivi: « Il y a une famille imaginée incarnée dans le rapport de la Commission du divorce. Les familles se désagrègent, et il y a un réflexe comme quoi nous devons essayer de ne pas briser ces familles. Cependant, la structure qu’elles appellent famille est une structure où les filles âgées de 12 à 13 ans sont mariées, donnent naissance à des enfants avant l’âge de 15 ans, ne peuvent pas recevoir d’éducation, subissent l’exploitation et la violence. En bref, les hommes souhaitent un incroyable système familial patriarcal. Parce qu’ils en profitent et ne veulent pas renoncer au privilège de la position d’oppresseur. »
 
Soulignant qu’on tente de déguiser l’exploitation des filles en vie « familiale », Eralp ajoute que cette exploitation, qui provoque la pauvreté des femmes, les rend également vulnérables face aux hommes et à la violence.
 
Soulignant qu’un modèle féminin fort n’est pas souhaité, Eralp poursuit : « Si la femme est forte, indépendante, au-delà d’un certain âge, mariée selon sa volonté, si elle se tient debout, alors elle peut quitter cet homme à tout moment. Les hommes ne veulent pas reconnaître ce droit aux femmes. C’est pourquoi ils veulent épouser des enfants, retirer aux jeunes filles la possibilité de s’émanciper. »
 
Eralp a déclaré que le gouvernement tentait de créer une fausse perception en manipulant les médias afin d’éviter une réaction de la société très sensible à la violence à l’égard des femmes et à la maltraitance des enfants.
 
Eralp a souligné que les organisations de femmes n’accepteront jamais un projet de loi justifiant et légitimant les abus d’enfants et a ajouté qu’une opposition commune devrait se construire.
 

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