BORDEAUX. Rassemblement contre l’expulsion d’un militant kurde vers la Turquie

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BORDEAUX – La police française a arrêté le 28 juillet dernier le militant kurde Mehmet Yalçin habitant Bordeaux pour l’expulser vers la Turquie. La communauté kurde organise un rassemblement devant l’Hôtel de Police de Bordeaux, demain, à 11h, pour exiger la libération d’Yalçin dont le seul crime est d’être un militant pacifiste lutant pour les droits du peuple kurde.
 
Voici le communiqué du Conseil Démocratique Kurde de Bordeaux condamnant l’arrestation de Mehmet Yalçin:
 
« Après avoir été condamné par la justice française pour de soi-disant liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), un activiste associatif kurde est aujourd’hui menacé d’expulsion vers la Turquie, pays où il risque d’être arrêté et torturé.
 
Condamné en 2019 à deux ans de prison dont un an ferme, Mehmet Yalcin a dû porter un bracelet électronique pendant près d’un an. Il est actuellement sans papiers du fait du rejet de sa demande d’asile par l’OFPRA, rejet motivé par cette condamnation. Incriminé comme un vulgaire terroriste, privé de papiers, il est maintenant menacé d’être jeté dans la gueule du loup.
 
Le 28 juillet dernier, cet homme marié, père de trois enfants (âgés de 2, 4 et 6 ans), résidant à Bordeaux depuis 2006, a été convoqué au commissariat où il a été immédiatement menotté et placé en rétention. A ce stade, tous les recours déposés par ses avocats ont été rejetés. M. Yalcin dont l’expulsion est prévue le 28 août prochain a fait savoir qu’il entamait une grève de la faim.
 
L’expulsion de Mehmet Yalcin vers la Turquie serait une violation grave de la convention européenne des droits de l’homme et de la Convention de Genève sur les réfugiés. La Turquie n’a rien d’un État de droit. L’orientation franchement autoritaire et répressive prise par le régime d’Erdogan au cours de ces dernières années le démontre largement. Chaque jour, des militants politiques, élus, journalistes, avocats, syndicalistes sont arrêtés et emprisonnés en Turquie. La presse est muselée et les réseaux sociaux en passe d’être entièrement contrôlés par le régime. Par ailleurs, les cas de torture et de mauvais traitements sont en pleine recrudescence, comme le dénonce un rapport récent de l’ONG Human Rights Watch.
 
Depuis des années, la France mène des opérations contre les associations kurdes et leurs militants, prétextant leur proximité avec le PKK. Les militants associatifs kurdes sont poursuivis, condamnés, détenus. Et comme si cela ne suffisait pas, ils se voient interdire le territoire français, retirer leur statut de réfugié et placés sous FIJAIT, une sorte de contrôle judiciaire à vie.
 
Jusqu’où va aller la France dans ce harcèlement judiciaire et administratif à l’encontre des Kurdes ? Est-il interdit de militer sur le territoire français pour la reconnaissance des droits et libertés d’un peuple opprimé ?
 
La France doit cesser de se voiler la face. Les Kurdes et leurs activités ne représentent aucun danger, ni en France, ni ailleurs dans le monde. Le véritable danger, c’est le régime fasciste et autoritaire d’Erdogan qui gronde aux portes de l’Europe, ainsi que ses réseaux islamo-nationalistes qui prolifèrent ici et là.
 
Si la France veut lutter contre le terrorisme, comme elle le prétend, qu’elle agisse contre la Turquie et cesse son acharnement politique et judiciaire contre les Kurdes dont le seul tort est de résister face à la violence et l’oppression étatique.
 
Nous demandons instamment aux autorités françaises d’abroger les mesures d’éloignement prises à l’encontre de M. Yalcin et de lui accorder un droit de séjour afin que lui et sa famille puissent vivre en France dans des conditions dignes.
Nous appelons les partis politiques, les élus, les organisations de défense des droits humains et toutes les personnes indignées par cette situation à interpeller les autorités françaises pour empêcher l’expulsion de Mehmet Yalcin. »
 
RDV ce vendredi 7 août, à 11 heures
Devant le Commissariat de Police / Point d’accueil
23, Rue François de Sourdis
33000 Bordeaux

ROJAVA. 54 nouvelles contaminations au coronavirus en une semaine

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QAMISHLI – Les Kurdes du Rojava annoncent 54 nouvelles contaminations au coronavirus dans la Syrie du Nord et de l’Est en une semaine. Les autorités ont pris de nouvelles mesures sanitaires pour endiguer la propagation du COVID19 pour éviter une crise sanitaire qui aurait des conséquences dramatiques dans une région qui compte des millions de réfugiés privés de tout.
 
L’Autorité sanitaire de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie a annoncé jeudi que le nombre d’infections au coronavirus avait atteint 54 cas depuis le déclenchement de la pandémie la semaine dernière.
 
Juwan Mustafa, chef de l’autorité sanitaire, a déclaré que quatre nouveaux cas de coronavirus confirmés au cours des dernières vingt-quatre heures, portant le nombre à 54 cas.
 
Mustafa a déclaré que les quatre cas (trois femmes et un homme) concernaient la campagne du nord d’Alep, dont deux dans la ville de Tel Rifaat, un dans le village de Kafer Naya et un dans le village d’Ahras.
 
Depuis le déclenchement de la pandémie la semaine dernière, un est mort dans le village d’Ahras, dans le nord de la campagne d’Alep.
 
L’administration autonome a imposé un blocage total à partir de jeudi dans la région qu’elle contrôle comme mesure pour arrêter la propagation de la pandémie.
 

Le CPT déclare que les restrictions imposées aux prisonniers d’Imrali ne sont pas acceptables

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STRASBOURG – Les restrictions imposées au leader kurde Abdullah Ocalan et à trois des autres détenus de la prison de l’île d’Imrali ne sont pas acceptables, a déclaré le CPT (Comité pour la prévention de la torture) dans un rapport publié mercredi. Le CPT a exhorté les autorités turques accorder plus de contacts extérieurs pour Ocalan et moins d’isolement cellulaire. (Arrêté en 1999 et emprisonné en Turquie, le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Ocalan est condamné à la prison à vie.) Le Comité pour la prévention de la torture a déclaré que le régime auquel les prisonniers d’ Imrali sont soumis ne s’était absolument pas amélioré depuis la dernière visite de ce type en 2016. Il a déclaré que les quatre prisonniers n’étaient toujours autorisés à se réunir en groupe que six heures par semaine, et par paires pendant trois heures supplémentaires par semaine, tandis que le regroupement lors d’exercices quotidiens en plein air restait interdite. « En conséquence, tous les prisonniers étaient maintenus à l’isolement la plupart du temps », a-t-il indiqué, notant que cela représentait 159 heures sur 168 heures par semaine, dont 24 heures par jour le week-end. « Une telle situation n’est pas acceptable » Le CPT a déploré l’absence quasi totale de visites familiales ces dernières années à Ocalan et le rejet des demandes de visites de ses avocats depuis 2019. « Un équilibre doit être trouvé entre ces considérations de sécurité et les droits humains fondamentaux des prisonniers concernés », a-t-il dit, appelant à un « système durable » de visites régulières des membres de la famille et des avocats à Imrali. Le CPT a déclaré que « le concept sous-jacent du régime de détention des personnes condamnées à la réclusion à perpétuité aggravée est fondamentalement vicié », appelant à une refonte complète du régime de détention de ces prisonniers. ANF

Le PCF condamne l’attaque des Arméniens par des fascistes turcs à Decines (Rhône)

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PARIS – « La multiplication des incidents montre qu’un palier a été franchi. R.T.Erdogan tente d’exporter en France la violence inouïe qu’il fait subir aux démocrates, aux Assyro-chaldéens, aux Kurdes, aux Arméniens ainsi qu’aux minorités religieuses. »
 
La communauté arménienne de France est devenue la cible des fascistes turcs vivant en France. La dernière de ces attaques a eu lieu dans le Rhône, à Decines, le 24 juillet quand un groupe d’Arméniens s’est rassemblés pour dénoncer l’agression militaire de l’Arménie par l’Azerbaïdjan.
 
Le Parti communiste français (PCF) s’est rejoint aux nombreuses voix qui se sont élevées contre ces attaques fascistes turques qui ont lieu sur le sol français.
 
Voici le communiqué du PCF:
 
« Intolérable agression de la communauté arménienne
 
Des événements d’une extrême gravité se sont produits le 24 juillet à Decines (Rhône) alors que la communauté arménienne s’était rassemblée pacifiquement pour dénoncer la brutale agression militaire de l’Arménie par l’Azerbaïdjan.
 
Un groupe fasciste turc lourdement armé, s’inspirant des méthodes des Loups Gris et des djihadistes s’en est pris violemment aux manifestants et aux forces de l’ordre qui s’interposaient.
 
Les appels au meurtre contre les Arméniens et la négation du génocide deviennent désormais, par leur récurrence, intolérables. Ces exactions sont clairement nourries par l’extrémisme de la politique de R.T.Erdogan qui attise en Turquie mais également dans une partie de la diaspora un nationalisme exacerbé.
 
L’ambassade de Turquie à Paris coordonne ces opérations, encourage la violence des associations locales turques enrégimentées sous la bannière du dictateur d’Ankara. Leur objectif est de peser sur les décisions de la France par l’intermédiaire du Parti Egalité Justice (PEJ), officine de l’AKP en France.
 
Les organisateurs de ces violences n’en sont pas à leur coup d’essai. Ils ont, voici plusieurs mois, tenté d’empêcher une réunion publique de l’association France-Kurdistan. La multiplication des incidents montre qu’un palier a été franchi. R.T.Erdogan tente d’exporter en France la violence inouïe qu’il fait subir aux démocrates, aux Assyro-chaldéens, aux Kurdes, aux Arméniens ainsi qu’aux minorités religieuses.
 
Le Parti communiste français condamne ces violences et demande au gouvernement de mettre un terme au déchainement d’agressivité de ces groupes factieux. Les responsables doivent être poursuivis pour les dégradations commises, les violences armées et la négation du génocide arménien. De plus, le PCF exige la dissolution du Parti Egalité et Justice (PEJ). »
 
Parti communiste français
Paris, le 4 août 2020

Un hôpital turc vole les organes d’un enfant kurde tué par l’armée turque à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Lundi, les gendarmes turcs ont blessé par balle un adolescent kurde de 16 ans près de la frontière turque, dans le canton d’Afrin occupé, et l’ont emmené à l’hôpital de Kilis. Après que ses organes ont été volés, ils ont envoyé le corps de l’adolescent dans un sac à sa famille.
 
Des sources d’Afrin ont confirmé au journaliste d’ANHA que la gendarmerie turque a tué lundi Khalil Nihad Sheikho du village de Farkan, du canton d’Afrin occupé, avec trois balles à la frontière turco-syrienne dans le district de Shera alors qu’il tentait d’échapper à la barbaries des mercenaires de l’occupation turque qui ont envahi Afrin en 2018.
 
Adolescent blessé a ensuite été hospitalisé à Kilis, en Turquie. Plus tard, ses organes ont été volés et son corps a été remis à ses proches.
 
Des séquences vidéo filmées au moment où les proches de l’enfant ont reçu son corps montrent que ses organes ont été volés.
 

Le Rojava menacé par une vague d’infections dues au COVID19

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SYRIE / ROJAVA – Jusqu’à présent, les Kurdes du Rojava avaient réussi à faire face au coronavirus en fermant leurs frontières et en imposant des mesures de quarantaine strictes. Maintenant, une vague d’infection redoutable semble avoir atteint la Syrie du Nord et de l’Est. Mais ni l’OMS ni l’ONU ne semblent vouloir venir en aide au Rojava.
 
La Syrie du Nord et de l’Est a jusqu’à présent bien maîtrisé la pandémie du coronavirus grâce à des restrictions pour éviter la propagation du virus. Pendant des mois, les régions autonomes ont réussi à s’isoler, des frontières largement fermées et des conditions de quarantaine strictes ont protégé la région du virus. Mais maintenant, la vague d’infection tant redoutée semble avoir atteint la Syrie du Nord et de l’Est.
 
Ciwan Mistefa, coprésident du Comité de la santé de l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, estime que le gouvernement syrien a une responsabilité : « Le virus est introduit et propagé par les voyageurs [venus par avion à Qamishlo, dont l’aéroport est sous contrôle du régime syrien]. Nous avons déployé des efforts considérables pour mettre en œuvre des concepts de sécurité susceptibles de fournir une protection suffisante contre le virus Covid-19. Cependant, l’exploitant de l’aéroport national continue de se montrer peu soucieux de prévenir la propagation du virus. Nos enquêtes ont montré que tous les patients chez lesquels nous avons détecté le coronavirus ces dernières semaines ont été infectés chez des voyageurs vivant dans les zones du régime. »
 
L’administration autonome avait déjà critiqué en avril que l’aéroport de Qamishlo était une faiblesse majeure dans les mesures de prévention contre le coronavirus et accusé Damas de ne pas contribuer à la lutte contre la pandémie. À cette époque, même les contrôles antivirus effectués par les équipes de prévention de la pandémie du gouvernement autonome avaient été sabotés et les personnes entrant à Damas avaient été littéralement kidnappées par des employés de l’aéroport afin de ne pas être mises en quarantaine.
 
Actuellement, on estime qu’il y a 30 cas d’infection dans le nord et l’est de la Syrie (au 2 août). La plupart des personnes infectées vivent dans la région de Cizîrê, mais des infections ont également été détectées à Raqqa et Deir ez-Zor. « L’essentiel est maintenant d’empêcher le virus de se propager au-delà des zones touchées. Cependant, nous ne pouvons y parvenir qu’en prenant des mesures strictes. En tant que comité de santé, nous avons donc décidé de réintroduire des couvre-feux stricts dans toute la région de Cizîrê. Nous voulons maintenir la stratégie d’isolement jusqu’à ce que plus aucune infection locale ne soit détectée », a déclaré Mistefa.
 
Pas de soutien de l’OMS
 
L’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie n’attend pas de soutien de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la lutte contre le coronavirus. « Après la révolution du Rojava, les hôpitaux de la région ont été équipés de matériel médical. Mais depuis le début de la pandémie, aucune aide de l’OMS n’est arrivée dans nos régions. Il n’y a de toute façon pas d’aide du gouvernement syrien pour les régions autonomes, car la distribution de l’aide humanitaire est coordonnée par les Nations Unies et l’OMS via Damas et le régime omet largement le nord et l’est de la Syrie. « L’OMS devrait fournir une aide directe si elle veut soutenir notre population », a déclaré Mistefa.
 

TURQUIE. 3 prisonniers kurdes malades présentent les symptômes du Covid-19

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TURQUIE – ISTANBUL – Dans la prison de Metris, près d’Istanbul, trois prisonniers politiques kurdes, dont un combattant devenu paralysé au Rojava lors de combats contre DAECH, présentent des symptômes partiellement graves d’infection dû au COVID19.
 
Les détenus ayant contractés le coronavirus sont :
. Ergin Aktaş (32 ans) a perdu ses deux mains en 2011 lorsqu’une bombe a explosé lors d’une manifestation dans la province kurde de Ağrı ;
. Serdal Yıldırım (27 ans) est paraplégique depuis dix ans en raison d’un accident survenu à Kızıltepe ;
. Abdullah Turan (33 ans) est paralysé après avoir été blessé au Rojava lors de combats contre DAECH.
 
Les trois prisonniers ont déjà été certifiés à plusieurs reprises par la médecine légale comme étant inaptes à l’emprisonnement. Néanmoins, ils ne sont pas libérés. 
 
Le frère de Serdal Yıldırım, Sedat Yıldırım, a déclaré que les prisonniers se plaignent d’une forte toux avec des crachats partiellement sanglants et une forte fièvre. Leur état s’aggrave de plus en plus, mais un traitement à l’hôpital est hors de question pour eux.
 
« Après un séjour à l’hôpital, ils devraient être mis en quarantaine dans une cellule d’isolement pendant au moins deux semaines. Aucun des trois n’est capable de prendre soin de lui-même. Ils doivent être libérés de prison pour ne pas mourir. »
 
Yıldırım a également exprimé sa préoccupation pour tous les autres prisonniers. La semaine dernière encore, plusieurs avocats se sont vu refuser l’entrée dans la prison en raison de la menace de pandémie. Il craint que les prisonniers infectés ne meurent tous si aucune mesure n’est prise immédiatement.
 
Situation dramatique dans les prisons turques
 
Avec la pandémie du coronavirus, la situation dans les prisons turques s’est dramatiquement détériorée. Les mesures préventives sont insuffisantes et les règles de distance ne peuvent être respectées.
 
En juillet, «l’Association de la société civile dans le système carcéral» (Ceza İnfaz Sisteminde Sivil Toplum Derneği, CİSST) a attiré l’attention sur le fait que les prisonniers ne reçoivent pas de produits d’hygiène et n’ont pas accès à des soins de santé adéquats.
 
Le rapport établi par l’association à partir des plaintes reçues de 96 prisons entre le 29 juin et le 10 juillet montre également que le traitement médical des prisonniers malades a été arrêté.
 
Le rapport critique également le manque d’approvisionnement en air adéquat et la restriction arbitraire du temps de cour dans certaines prisons. Dans les prisons ouvertes en particulier, des plaintes ont été déposées concernant les conditions d’hygiène dans les salles à manger, qui doivent être utilisées par un trop grand nombre de prisonniers en même temps.
 
L’accès au savon et aux désinfectants est traité différemment dans les prisons. Dans certaines prisons, les produits d’hygiène sont distribués gratuitement, dans d’autres, il est difficile de se les procurer, même contre paiement. Les masques faciaux ne sont pas non plus disponibles partout.
 
L’approvisionnement en eau, un problème majeur
 
Un problème majeur est le manque d’approvisionnement en eau;  souvent interrompue, l’eau chaude n’est disponible qu’en quantité limitée. Il y a également de nombreuses plaintes concernant la qualité et la quantité de la nourriture. Dans certaines prisons, il n’y a pas de médecins, ou les prisonniers ne sont pas amenés à l’infirmerie.
 
Au lieu de cela, ils sont interrogés à la porte de leur cellule par les agents pénitentiaires sur leurs plaintes et reçoivent ensuite des médicaments, dont certains sont déjà périmés. Dans certains établissements pénitentiaires, les traitements médicaux externes ont été complètement cessés.
 
Le manque de soins de santé est particulièrement dramatique pour les prisonniers souffrant de maladies chroniques. Le rapport de l’association souligne que plusieurs prisonniers sont dans un état critique. Chaque fois qu’ils quittent la prison, les prisonniers doivent rester en quarantaine pendant quinze jours à leur retour. Mais beaucoup d’entre eux sont dans un tel état qu’ils ne sont plus en mesure de s’occuper d’eux-mêmes seuls en isolement.
 

161 femmes et fillettes enlevées par les gangs de la Turquie à Afrin depuis 2018

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ROJAVA – AFRIN – Depuis l’invasion du canton kurde d’Afrin par la Turquie et ses gangs islamistes en 2018, des enlèvements de femmes, dont des Yézidies, et filles mineures par les forces occupantes y sont devenus monnaie courante. La plupart du temps, en plus de la torture, ces femmes et fillettes subissent des viols et certaines ont été tuées par leurs bourreaux.
 
«Nous étions des dizaines de femmes kidnappées d’âges différents, parmi nous des filles mineures, qui étaient toujours violées; l’une d’elles, nommée Zaloukh, est morte de saignements abondants après avoir été violée.»
 
161 femmes et filles dont l’identité est connue ont été enlevées par des groupes armés soutenus par la Turquie depuis le début de l’invasion turque d’Afrin, en Syrie, a découvert le « Missing Afrin Women Project » qui se concentre sur les violations touchant les femmes à Afrin.
 
Les organisations locales de défense des droits humains déclarent que des centaines de femmes et de filles ont été kidnappées pendant cette période. Les détails de la plupart des kidnappings sont inconnus, car les familles craignent des représailles et les journalistes et observateurs extérieurs ne peuvent pas entrer dans la zone.
 
Le Missing Afrin Women Project compile des rapports de médias et de groupes de défense des droits humains documentant ces incidents, y compris le nom de la victime, la date et le lieu de l’incident, le groupe armé responsable, et si la personne a été signalée libérée, ainsi que détails sur l’incident.
 
Cas de torture, viols, violences sexuelles ou sexistes
 
Dans 17 incidents, les rapports incluaient des allégations de torture en détention. Six des 17 personnes qui auraient été torturées en détention auraient été enlevées par le groupe armé, la Division al-Hamza.
 
Dans cinq incidents, les rapports incluaient des allégations de violence sexuelle en détention. Trois de ces cas concernaient des mineurs.
 
Six des femmes kidnappées sont des Yézidies, dont une mère et une fille qui ont toutes deux été kidnappées et relâchées deux fois. Une femme yézidie aurait été torturée et forcée de renoncer à sa foi en détention.
 
Sur les 132 cas où des rapports alléguaient qu’un groupe armé ou un élément des forces de sécurité était responsable de l’enlèvement, 34 enlèvements ont été attribués à la police militaire soutenue par la Turquie, 17 ont été attribués à la police civile et 15 ont été attribués à la police militaire turque et la Division al-Hamza.
 
Les prétextes d’enlèvement signalés comprennent des accusations de collaboration avec l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est ou les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui incluent des actions aussi inoffensives que le vote à une élection locale de l’administration autonome; fausses allégations de terrorisme; et documenter les informations sur la situation à Afrin ou partager ces informations avec des sources extérieures.
 
Une victime sur trois environ aurait été relâchée; le sort de la majorité reste inconnu
 
Les rapports de la région et les entretiens avec des survivantes suggèrent que la torture, les traitements cruels et dégradants et la violence sexuelle et sexiste sont omniprésents et systémiques.
 
«Nous étions des dizaines de femmes kidnappées d’âges différents, parmi nous des filles mineures, qui étaient toujours violées; l’une d’elles, nommée Zaloukh, est morte de saignements abondants après avoir été violée», a déclaré une survivante.
 
«Ils nous transportaient pendant la nuit à l’extérieur de la prison, après nous avoir bandés les yeux, ils nous ont trompées en disant qu’ils étaient sur le point de nous exécuter. Ils (…) plaçaient leurs canons de fusil sur notre front, tandis que d’autres tiraient en l’air, pour nous terroriser. Un grand nombre des personnes enlevées se sont suicidées et d’autres ont été tuées de sang-froid et leurs corps ont été jetés dans les forêts près des villages d’Azaz, d’Al-Bab, d’Afrin et de Jarabulus. Ces crimes ont été commis contre des personnes enlevées inconnues», a-t-elle décrit.
 
Dans une interview vidéo de Hawar News Agency, un média local, une femme kidnappée par la police militaire en juin 2019 avec sa fille a décrit des conditions similaires.
 
« Les gangs nous ont enlevés de notre maison pour des raisons inconnues. Ils nous ont emmenés à l’école de commerce. Là, ils nous ont battus avec des tuyaux d’eau. Ils nous ont insultés. Chaque fois que nous étions battues, ils ont affirmé que j’avais des liens avec les YPG et que j’étais censée leur donner des informations », a-t-elle dit.
 
« Un de ces miliciens du nom d’Abu Haydar m’a interrogée pendant la torture. Ils n’arrêtaient pas de dire que je faisais partie des YPG et me demandaient quelles informations je leur donnais. Quand j’ai dit que je n’avais rien à voir avec ça et que je ne donnais aucune information, ils m’ont menacée de tuer ma fille ou de lui donner de la drogue… Abu Haydar m’a constamment menacée. Il a menacé de tuer ma fille, de me violer, de prendre des photos et de les distribuer à tout le monde. Il m’a forcé à regarder la torture cruelle des femmes. Les femmes ont été torturées avec des décharges électriques et des coups avec des tuyaux d’eau. La torture était si grave que je suis tombée malade à cause de la vue. »
 
Dans une autre vidéo fournie par l’Organisation des droits de l’homme – Afrin, une femme kidnappée par Ahrar al-Sharqiya a décrit comment des militants l’ont accusée de sorcellerie, menacé de la violer et exigé de grosses sommes d’argent.
 
Une vidéo montrant plusieurs femmes et mineures emmenées hors d’une prison illégale qui aurait été gérée par la division Hamza a fait surface à la fin du mois de mai après des affrontements entre groupes armés dans le centre-ville d’Afrin. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme a affirmé qu’elles étaient nues au moment de leur découverte et qu’elles avaient subi d’autres traitements cruels et dégradants en détention. La plupart des femmes dans la vidéo ont été identifiées par des observateurs des droits humains et des organes de presse, mais une seule a été signalée comme étant libérée.
 
La carte et la base de données seront mises à jour avec les nouveaux cas au fur et à mesure qu’ils se produisent et à mesure que des informations sur des incidents antérieurs sont publiées.
 

D’Afrin à Shengal, les Yézidis menacés d’extermination

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ROJAVA – Massacrés d’abord par les Ottomans dès le 6e siècle, puis par l’Etat islamique en 2014, les Yézidis vivent sous la menace permanente de massacres. Aujourd’hui, ils sont surtout menacés dans le canton kurde d’Afrin occupée par la Turquie.
 
Malgré des siècles de persécution, les Yézidis ont préservé leur culture et leur histoire. Les massacres contre la population yézidie ont eu lieu par décret (Ferman) émis par les Padishahs ottomans à partir du 16e siècle. Depuis lors, les 74 vagues organisées de persécution et de massacres de Yézidis sont appelées «Ferman».
 
Le 74e décret remonte à seulement six ans. En effet, le 3 août 2014, l’Etat islamique (EI) a envahi la région de Shengal, a massacré des Yézidis, violé et vendu des femmes et des filles sur les marchés aux esclaves, kidnappé des adolescents pour en faire des soldats du califats. Les Kurdes yézidis se sont défendus et ont expulsé l’EI de la région de Shengal avec l’aide des Unités de défense du peuple et des femmes (YPG / YPJ) et des Forces de défense du peuple (HPG) [branche armée du PKK] et des troupes des femmes libres (YJA- Star) Mais les attaques de l’Etat islamique ont été suivies d’attaques de l’Etat turc et ses milices, à Afrin occupée notamment où les Yézidis sont gravement menacés.
 
Avant l’invasion turque, la population yézidie vivait en harmonie avec les autres peuples d’Afrin. Environ 25000 Yézidis vivaient dans les villages d’Îska, Şadirê, Xezewiyê, Birc Abdala, Eyn Dara, Tirindê, Qîbar, Kîmar, Basufan, Baiye, Qitmê, Sînka, Baflûn, Qastel Cindo, Elşî Qîna, Feqîka, Qijêuma, Qîna, Feqîka, Qijêuma, Qîna, Feqîka, Qijêuma, Qîna Ceqela, Keferzît et dans le quartier de Jindires. Il y avait 19 lieux de prière yézidis à Afrin; Bairsa Xatûn, Şêx Hemîd, Şêx Xerîb, Cîl Xanê, Melek Adî, Şêx Cinêd, Şêx Berkat, Şêx Elî, Şêx Rikab, Şerefedîn, Bîla Menan, Pîl Xanê, Melek Adî, Şêx Cinêd, Şêx Berkat, Şêx Elî, Şêx Rikab, Şerefedîn, Bîla Menan, Ebîr Cafîr, Bircq Cindîera, Zêlâyâr, Bircqarar Abdulâdîa, Ebîr Cafîr, Bircq Cindîera, Zêyâdîa ar, Kéryar, Zadirarar Abdêlâ, Zêyeta arar et Şêx Qesab.
 
L’oppression des Yézidis sous le régime Baas
 
Les Yézidis en Syrie était déjà opprimés sous le régime Baas. Ils vivaient dans de grands problèmes économiques, sociaux et culturels et dans une insécurité permanente. Les Yézidis ont été accusés de séparatisme et ont été arrêtés en masse sans aucun fondement. Même parler kurde et célébrer la fête sainte de Çarşema Sor était interdit. Dernièrement, il était même interdit de chanter en kurde. Le gouvernement syrien a tenté d’enregistrer la population yézidie comme « islamique » et de l’islamiser. Ceux qui ont refusé ont été privés de leurs droits de citoyenneté. Pour cette raison, les Kurdes yézidis ne pouvaient mener une vie normale.
 
La vie des femmes yézidies sous l’autonomie gouvernementale
 
L’administration autonome d’Afrin a explicitement reconnu les droits des Kurdes yézidis. Au paragraphe 33 du contrat social, leurs droits sont garantis par la Constitution. Des associations culturelles et des écoles yézidies ont été créées dans la région. Les enfants ont été autorisés à être enseignés selon la foi yézidie. Des fêtes comme Çarşema Sor étaient célébrées en public.
 
Les horreurs après l’occupation d’Afrin
 
Ainsi, les Yézidis ont pu mener une vie normale pour la première fois sous l’administration autonome. Cette vie a pris fin avec l’invasion turque. Le 8 mars 2018, l’État turc, avec ses milices djihadistes, a marché dans la ville d’Afrin et a instauré un règne de terreur, pire que dans les jours les plus sombres du régime Baas. Depuis le premier jour jusqu’à aujourd’hui, les forces d’occupation ont ciblé en particulier la population yézidie, commettant les pires crimes sous le silence de la communauté internationale. L’État turc a fait assassiner des Yézidis, détruit leurs lieux saints et a kidnappé de nombreux Yézidis qui ont connu les chambres de torture. Le sort de certains Yézidis est encore inconnu aujourd’hui. Ils voulaient être islamisés de force par tous les moyens. Ceux qui refusent d’être islamisées de force sont exposés à la violence et à la persécution.
 
Yézidis assassinés pour ne pas avoir abandonné leur foi
 
Par exemple, Omer Şemo, 66 ans, a été abattu par les forces d’occupation alors qu’il a refué de se convertir à l’islam. Depuis l’occupation d’Afrin, douze Yézidis ont été assassinés pour cette raison. 50 femmes yézidies ont été enlevées. Les cimetières et mausolées yézidis ont été détruits par les troupes d’occupation. Les cimetières yézidis de Şêx Xerîb, Qerecirnê, Barsêxaton, Şêx Hemîd, Şêx Cinêd, Ebdellrehman et Henan, le centre culturel yézidi, la statue de Zarathoustra et une bibliothèque yézidie ont été détruits. A Dara Izza, le grand cimetière yazidi a été pillé lors de recherche de trésors. Des bâtiments yézidis ont été démolis et des bâtiments islamiques ont été remis à leur place. À l’heure actuelle, seuls 3 000 des 25 000 Yézidis vivent toujours à Afrin. Ils sont des cibles de répression et de persécution.
 
« L’Etat turc ne réussira pas »
 
Sûad Hiso, coprésident de l’Union yézidie, déclare ce qui suit à propos de la situation à Afrin: « La communauté internationale est muette devant les attaques inhumaines. L’EI a enlevé des femmes et des enfants de la région de Shengal et les a assassinés. De cette manière, on veut exterminer les Kurdes. Mais [ils n’ont pas réussi], et l’Etat turc ne réussira pas non plus. »
 

ROJAVA. Une première usine de produits alimentaires inaugurée à Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – L’administration autonome du Rojava dirigée par les Kurdes a inauguré juillet dernier la première usine de produits alimentaires dans le canton de Kobanê, dans le nord du pays.
 
Le gouvernement syrien, sous le contrôle complet du parti Baas, a interdit les usines et les universités dans le nord à prédominance kurde du pays depuis 1960, jusqu’au déclenchement de la guerre civile syrienne en 2011 et la mise en place de l’administration dirigée par les Kurdes.
 
L’Autorité économique de l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est a ouvert une usine de produits alimentaires appelée Khairat Al-Furat dans le village de Qena, à l’ouest de Kobani.
 
L’usine qui emploie environ 60 ouvriers, dont la plupart sont des femmes est une coopérative appartenant au secteur public et fabrique de la confiture, de la mélasse, de la purée de tomates et de poivrons, en plus d’épices.
 
Le directeur de l’usine Kameran Omar a déclaré à que la création de l’usine était une réponse à la crise économique et à l’énorme hausse des prix des denrées alimentaires dans la région, en particulier après l’effondrement de la monnaie locale.
 
«Nous avons ouvert cette usine pour alléger le fardeau des résidents, qui ont du mal à acheter des produits coûteux sur le marché», a-t-il déclaré.
 
«Malgré la courte période qui s’est écoulée depuis l’ouverture de l’usine, il est devenu clair pour nous qu’elle a un grand avantage pour les travailleurs de l’usine et la population», a-t-il poursuivi.
 
Il a ajouté que le but de l’usine n’est pas de faire des profits, mais de bénéficier des ressources de la région et d’atteindre l’autosuffisance.
 
La plupart des travailleurs ont déclaré qu’ils étaient heureux d’avoir un esprit de coopération dans leur travail et un sens des responsabilités dans leur devoir humain de contribuer et de soutenir l’économie de la région.
 
Amina Ali, une ouvrière de l’usine, a déclaré qu’elle s’était jointe au travail pour fournir les denrées alimentaires dont les habitants de la région avaient besoin.
 
« Nous travaillons avec tous nos efforts pour réaliser des progrès dans le domaine économique afin de trouver un équilibre entre l’offre et la demande, et nous cherchons avec le temps à exporter des denrées alimentaires hors de la région. »
 
La jeune ouvrière Fatima Bouzan a exprimé sa joie face à l’ouverture de l’usine.
 
«Ce projet est une étape vers le progrès et la prospérité, car il profite grandement aux travailleurs d’ici qui avaient un besoin urgent de travail», a-t-elle déclaré.
 
Pendant environ cinq décennies, le nord de la Syrie a manqué de projets économiques répondant aux besoins de la population. Actuellement, l’Administration autonome travaille sur des projets de sécurité et de stabilité pour débarrasser la région des cellules de l’EI et des groupes terroristes, ce qui signifie que les projets économiques peuvent parfois être une priorité de second rang.