Le Rojava, expérience autonome au cœur des enjeux internationaux

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« Le Rojava, expérience autonome au cœur des enjeux internationaux », article publié sur le site « La mule du pape«  « En 2016, alors que la guerre civile syrienne fait rage et que Daesh s’empare de vastes pans du pays, les Kurdes Syriens proclament par la voix du PYD une “entité fédérale démocratique” et autonome sur les zones qu’ils contrôlent militairement. Dès le déclenchement de la guerre, les Kurdes ont auto-administré les régions contrôlées au fil du conflit, et mis en place un système démocratique paritaire et inclusif, où l’auto-organisation laisse une juste place à la constellation d’ethnies qui parsèment le territoire. Lors des Rencontres intergalactiques de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, une visioconférence animée par Tony Rublon, président des Amitiés Kurdes de Bretagne, a permis l’échange avec un ancien combattant français des YPG, ayant vécu l’expérience du Rojava et aujourd’hui établi au Kurdistan irakien. »

La Turquie détruit le patrimoine du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Appel aux organisations de défense des droits humains et du patrimoine de l’humanité à intervenir pour protéger les sites archéologiques des régions kurdes du Rojava pillés par l’occupation turque.

La coprésidente du conseil du canton de Girê Spi, Hevin Ismail, s’est entretenue avec l’agence de presse Hawar concernant la destruction récente d’un site archéologique important par l’armée d’occupation turque à Girê Spi (Tal Abyad) en vue de son pillage.

Hevin a condamné «l’acte criminel visant à anéantir le patrimoine civilisationnel et culturel de la région, qui est une continuation de la politique criminelle de la Turquie à Girê Spi après le déplacement forcé de sa population après l’occupation de la ville et de ses villages».

« L’occupation turque vise à anéantir la civilisation des peuples autochtones »

Ismail a souligné que l’occupation turque visait à travers ces pratiques à anéantir les civilisations des peuples autochtones qui habitent la région depuis des milliers d’années, par le pillage des sites et des artefacts, et par le sabotage délibéré d’une manière qui viole les lois de l’Organisation internationale pour  la protection du patrimoine humain (UNESCO).

L’armée d’occupation turque et ses mercenaires ont récemment fouillé la colline archéologique la plus importante de Girê Spi, qui est la colline connue sous le nom de Tal Sahlan, située près du village de Khirbet al-Raz dans le canton.  Selon les missions archéologiques qui ont visité la région, elle remonte au troisième millénaire avant JC.

Continuation des pratiques de DAECH pendant leur présence dans la région

Hevin Ismail a expliqué que cette politique est une continuation de ce que les mercenaires de l’Etat islamique ont fait pendant leur contrôle de la région, alors que les artefacts traversaient les frontières turques avec la facilitation de l’Etat islamique, et ils ont été vendus par des intermédiaires turcs plus tard, de manière publique et scandaleuse.

Dans la conclusion de son discours, Ismail a appelé les organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme, comme l’UNESCO, à intervenir pour empêcher ces pratiques et à prendre des mécanismes pour protéger les antiquités et les sites archéologiques sous le contrôle de l’occupation turque.

Il est à noter que le site archéologique de Tal Sahlan n’est pas le seul site qui a été rasé et pillé au bulldozer, car il existe plusieurs sites dans la région de Girê Spî, qui ont également été soumis aux mêmes pratiques, y compris l’ancienne ville d’al-Far et al-Sabi al-Abyad, en plus de la saisie du site de Tel Kafifa comme point militaire.

L’armée d’occupation turque a pillé les sites archéologiques de toutes les zones occupées d’Afrin, Serêkaniyê, Girê Spî et a transféré en Turquie les antiquités trouvées dans la région.  Dans la seule région d’Afrin, au moins 75 sites archéologiques ont été pillés par les forces d’occupation.

L’État turc veut détruire le patrimoine culturel kurde

Les violations de l’armée turque et de ses gangs de mercenaires ne visaient pas seulement des civils innocents et leurs biens dans les territoires occupés, mais également les sites historiques et culturels.  L’objectif est d’éliminer le patrimoine culturel d’Afrin ainsi que ses peuples.

Le ciblage et la destruction de sites historiques et culturels sont strictement interdits par une série de conventions internationales.

« Le bombardement des sites archéologiques et des mosquées d’Afrin fait partie de l’attaque systématique et directe de l’armée turque, peut être considérée comme un acte de terrorisme selon les règles du droit international et les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a dénoncé l’Autorité autonome d’Afrin en diverses occasions.

L’armée turque a détruit de grandes parties du temple d’Ain Dara, qui remonte à des milliers d’années (12 000 ans selon certains experts).  De même, l’armée turque a pris pour cible la mosquée Salah Al Din et le cimetière de Jindires.

La tombe du légendaire écrivain et penseur kurde bien connu Nuri Dêrsimî, qui était abritée dans le lieu de pèlerinage d’Afrin, a également été détruite.

ANF

Et si l’ « accord » du pétrole syrien ne concernait pas vraiment le pétrole?

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SYRIE / ROJAVA – Le régime syrien qui achète du pétrole aux Kurdes du Rojava mais qui les accusent au même temps de « voler » le pétrole syriens car ils auraient signé un accord pétrolier avec les Etats-Unis qui ont forcé les Kurdes à faire du commerce avec Damas mais qui bombardent de temps en temps les convois de citernes transportant du pétrole de la région d’Euphrate vers les zones du gouvernement syrien… Pourquoi tout le monde tapent sur les Kurdes et quel est cet accord qui serait signé entre les USA et les Kurdes du Rojava ?
 
« Pour les États-Unis comme pour les Russes, le «pétrole» n’est qu’un substitut, un signifiant vide à travers lequel ces acteurs politiques cherchent à dominer à la fois le récit et le territoire qui est le véritable prix de l’AANES. Pour l’AANES et les civils qui vivent sous sa garde, ces revenus pétroliers relativement insignifiants ont été une bouée de sauvetage, et continueront de l’être, qu’ils commercent avec Damas sous l’égide russe, avec le GRK sous l’égide des États-Unis, ou une combinaison des deux. »
 
Le journaliste Rojhat Kevok nous apporte quelques éléments intéressants concernant cet accord :
 
« L’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES) a été placée dans une situation intenable par différents acteurs et pouvoirs politiques. Nulle part cela n’est plus évident qu’en ce qui concerne la question très controversée des réserves de pétrole des régions autonomes.
 
D’une part, les États-Unis protestent depuis longtemps contre les ventes discrètes de pétrole de l’AANES via des intermédiaires au gouvernement syrien (GoS), bombardant même à l’occasion des [convois de citernes] transportant du pétrole à travers l’Euphrate vers les zones du GoS. Et pourtant, [les USA] ont fermement refusé d’accorder à l’AANES une dérogation pour échanger du pétrole en dehors de la Syrie. Il a rangé l’AANES aux côtés du GoS et a forcé son partenaire stratégique clé dans la région à continuer à faire du commerce avec Damas.
 
Pendant ce temps, Damas et ses partisans accusent l’AANES de «voler» du pétrole syrien. Qu’importe le fait que l’AANES est un organe et une structure administratifs syriens, utilisant les revenus pour fournir des services uniquement à des millions de Syriens vivant sur son territoire. Qu’importe le fait que Damas lui-même s’appuie sur le pétrole produit par l’AANES pour maintenir son infrastructure sociale grinçante en état de fonctionnement.
 
La réponse au récent «accord pétrolier» souligne ce manque de compréhension volontaire de la part des acteurs politiques qui tentent actuellement d’exercer des pressions diplomatiques, militaires et financières sur l’AANES. Les politiciens américains Lindsey Graham et Mike Pompeo ont récemment divulgué des informations sur un prétendu accord entre l’AANES et une société nouvellement formée ayant des liens avec l’establishment de la sécurité américain, appelé «Delta Crescent». L’accord donne à Delta Crescent le droit de mettre en place des raffineries capables de traiter 20% des réserves de pétrole de la région et accorde enfin à l’AANES la dérogation tant recherchée pour vendre ce pétrole en dehors de la Syrie via Delta Crescent – vraisemblablement [via la frontière de la région autonome kurde d’Irak].
 
Les experts opposés au projet de l’AANES ont immédiatement sauté sur les nouvelles de « l’accord sur le pétrole », déformant la quantité limitée d’informations qui ont émergé à ce jour, présentant l’AANES (et en particulier « les Kurdes ») comme des chiens à la solde des États-Unis impérialistes. Mais les États-Unis ont leurs propres réserves de pétrole. Ils n’ont pas besoin des bénéfices relativement minuscules des champs relativement petits de pétrole de basse qualité de l’AANES. Mais en grande partie en raison des «crimes monstrueux» des États-Unis en Irak, le «pétrole» est un terme qui a une signification politique hautement chargée.
 
Lors de l’invasion de l’Irak en 2003, des allégations déformées d’une menace existentielle posée par Saddam à l’Occident ont été utilisées pour justifier une invasion motivée en partie par le refus du gouvernement de Saddam de permettre l’exploitation de ses réserves de pétrole sur le marché contrôlé par les États-Unis. Or, la situation est, en un sens, précisément inversée. Les porte-paroles de la Coalition dirigée par les États-Unis affirment qu’ils ne restent dans la région que pour « protéger le pétrole », alors que tous les observateurs sérieux savent que la motivation principale du maintien de la présence américaine à l’est de l’Euphrate est d’établir un rempart contre ce que les États-Unis considèrent comme la menace d’expansion iranienne dans la région.
 
En fait, il n’y a rien de plus ou moins anti-impérialiste dans le fait que l’AANES échange ses réserves de pétrole avec les marchés américains afin de mieux prendre soin des millions de Syriens qui vivent sous sa garde que Damas qui échangerait ses réserves de pétrole avec les marchés russes afin de prendre soin des Syriens vivant sur ses territoires. Les États-Unis et la Russie sont des puissances impérialistes et capitalistes. Et en tant qu’acteur non étatique avec des ressources minuscules face à la Turquie qui menace à tout moment de nouveaux changements démographiques forcés contre sa population, il est encore plus difficile pour l’AANES d’échapper à sa relation de nécessité avec les États-Unis qu’elle ne le serait pour que le GoS échappe à ses relations avec la Russie.
 
Cela ne signifie pas que « l’accord sur le pétrole » doit être naïvement considéré comme un cadeau de Dieu, et les responsables de l’AANES ont donc répondu avec un certain scepticisme à la fuite concernant un accord qui, selon eux, n’est pas encore gravé dans la pierre. La fuite elle-même, comme la réponse des experts pro-russes et pro-Damas, est une tentative calculée de faire pression sur l’AANES.
 
Les États-Unis ne sont pas intéressés à exploiter les maigres réserves de pétrole de l’AANES. Mais les politiciens américains qui ont divulgué la nouvelle de l’accord sont intéressés à faire pression sur l’AANES pour qu’elle accepte une relation client avec les États-Unis semblable à celle établie avec l’État kurde de l’autre côté de la frontière, gouverné par le gouvernement régional du Kurdistan (KRG). Il y a même ceux de l’équipe du Delta Crescent et de l’establishment américain de la sécurité qui aimeraient voir ce pétrole vendu à la Turquie, comme un moyen de rassembler « les Kurdes » et « les Turcs » dans l’unité contre ce que les États-Unis perçoivent comme la « menace iranienne ».
 
Tant que la Turquie maintiendra sa politique virulente anti-kurde, anti-démocratique et anti-femmes en vue d’effacer la révolution sociale en cours à sa frontière sud, un tel rapprochement ne se produira jamais. De même, tout ce que Damas doit faire pour empêcher l’AANES d’échanger ce pétrole à l’étranger est d’arriver à la table des négociations avec l’AANES, d’écouter ses demandes et de parvenir à un compromis qui permettra à l’AANES et aux Forces démocratiques syriennes (FDS) de maintenir leur autonomie dans le cadre d’une Syrie fédérale et démocratique. [Deux choses improbables en l’état actuel des choses].
 
Et donc, encore une fois, malgré la vaste supériorité technique et financière des puissances impérialistes rivalisant sur son territoire, l’AANES cherche des moyens de manœuvrer à l’intérieur et contre ces jeux géopolitiques. À court terme, ces revenus pétroliers peuvent aider à maintenir en vie des millions de Syriens dans une crise financière, sanitaire et humanitaire qui s’aggrave, en finançant les programmes d’autodéfense, humanitaires et démocratiques de l’AANES.
 
À long terme, l’espoir est que le commerce du pétrole avec le monde extérieur contribuera à une plus grande reconnaissance de l’autonomie de facto de l’AANES – soit en soi, soit en tant que monnaie d’échange à la table des négociations avec Damas (des responsables de l’AANES ont déjà réfuté l’affirmation des États-Unis selon laquelle le contrat de Delta Crescent est un « accord conclu », affirmant qu’ils parlent également aux Russes et recherchent l’accord qui convient le mieux à leur peuple).
 
Pour les États-Unis comme pour les Russes, le «pétrole» n’est qu’un substitut, un signifiant vide à travers lequel ces acteurs politiques cherchent à dominer à la fois le récit et le territoire qui est le véritable prix de l’AANES. Pour l’AANES et les civils qui vivent sous sa garde, ces revenus pétroliers relativement insignifiants ont été une bouée de sauvetage, et continueront de l’être, qu’ils commercent avec Damas sous l’égide russe, avec le GRK sous l’égide des États-Unis, ou une combinaison des deux.
 
Le fait que l’AANES reste ouverte au dialogue avec la Russie et les États-Unis met ces deux puissances en colère. Mais ce n’est qu’en naviguant sur un parcours entre le moindre de deux maux que l’AANES parvient à se maintenir, précairement, à flot. »
 

Mères du Samedi : l’Etat turc doit affronter son passé

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TURQUIE – ISTANBUL – Depuis les années 80, des milliers de personnes, pour la plupart des Kurdes, sont considérées comme «disparues» en Turquie.  Le pays s’est familiarisé avec la pratique des «disparitions» après le coup d’État militaire de septembre 1980.

Au milieu des années 1990, lorsque la sale guerre de l’Etat turc contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) était particulièrement sanglante, cette méthode a atteint son apogée.  On estime que plus de 17 000 personnes «ont disparu» par des «auteurs inconnus – c’est-à-dire par des forces paramilitaires et étatiques – pendant cette période sombre sous le gouvernement de la Première ministre Tansu Çiller. Elles ont été enterrés dans des fosses communes, des grottes ou dans des installations industrielles désaffectées, jetées dans des dépotoirs, coulées dans des puits d’acide, des charniers, ou, comme en Argentine, largués d’hélicoptères militaires.

Souvent, elles ont été arrêtées chez elles par la police ou l’armée, ou ont été arrêtées au commissariat de police lors d’une « convocation », ou bien encore arrêtées lors d’un contrôle dans la rue par les militaires. C’est souvent la dernière chose que leurs proches savent sur le sort des personnes portées disparues. Pour la plupart des cas, on parle de « meurtres non élucidés » qui seraient l’oeuvre du service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie (Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele – JITEM), responsable d’au moins 4/5 ème des meurtres non résolus au Kurdistan du Nord et dont l’existence a été niée par l’État pendant des années.

Quelques années après le début de ces disparitions massives, les Mères du samedi d’Istanbul, qui depuis 1995, comme les  «Madres de la Plaza de Mayo» argentines (Mères de la Place de Mai), ont commencé à manifesté toutes les semaines à Istanbul par des sit-in avec des photos de leurs proches exigeant la vérité sur leur sort.

À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions le 30 août, également connue sous le nom de Journée des disparus, l’initiative des Mères de Samedi (Cumartesi anneleri), dans son désormais 805 ème action ce samedi, a appelé le gouvernement turc, en particulier le président Recep Tayyip Erdogan, à mettre fin à l’injustice faite aux mères du samedi et à leur dire la vérité quant au sort de leurs proches disparus.  La veillée a débuté par un discours de Jiyan Tosun, une femme kurde qui n’avait que six ans lorsque son père Fehmi a été enlevé par la police en octobre 1995. Depuis lors, il est considéré comme disparu.

« L’État turc refuse de signer la Convention des Nations Unies contre les disparitions. Cela tient au fait qu’il ne veut pas accepter son passé. Il ne veut pas faire face aux crimes commis sous sa responsabilité. Au lieu de cela, les auteurs demeurent dissimulés » a déclaré Tosun promettant de poursuivre la lutte jusqu’à ce que les responsables soient traduits en justice et tenus pour responsables de leurs crimes.

Hasan Karakoç, frère de Rıdvan Karakoç, disparu en février 1995 après avoir été amené à la police et dont la mort sous la torture n’a été révélée que par hasard, a déclaré : « Ceux que nous avons perdus étaient des pères, des frères, des maris, des amis et des parents. Ils  ont été enlevés dans leurs maisons ou leur voiture, dans la rue ou un bus par les forces de l’État et ont disparu sous la torture. La plupart d’entre eux n’ont même pas de tombe. Nous, leurs proches et survivants, sommes dominés par la douleur de ne pas savoir ce qui est arrivé à nos proches.  Nos vies tournent autour de la question de savoir où sont nos êtres chers. Nos revendications sont claires et précises : L’État doit faire toute la lumière sur le sort des disparus ».

« L’insécurité de ne pas pouvoir connaître la vérité, l’attente causée par cette insécurité, le vide profond créé par l’échec de la justice, font de la vie des familles un enfer » , a déclaré Fatma Şimşek. Sa sœur Ayşenur, pharmacienne, a été kidnappée par la contre-guérilla  à Ankara en janvier 1995. Malgré tous les efforts et les nombreuses demandes, il n’y a eu aucune information officielle sur son sort.  Les autorités de sécurité n’ont pas reconnu son arrestation, bien qu’il y ait eu un mandat d’arrêt contre elle.  Quatre jours après son enlèvement, un cadavre défiguré a été retrouvé au bord d’une route à Kırıkkale, à une centaine de kilomètres de là.

« Nous appelons les autorités judiciaires à être indépendantes et courageuses, à poursuivre les responsables de disparitions en garde à vue et à mettre fin à l’impunité actuelle », a déclaré Şimşek poursuivant : « Ils doivent prendre des mesures concrètes contre ces graves violations des droits de l’homme.  Mais surtout, l’État doit signer et ratifier sans délai la Convention des Nations Unies sur les disparitions forcées ».

ANF

COVID19. 15 morts en une journée dans un hôpital de Diyarbakir

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TURQUIE / BAKUR – Aujourd’hui, dans un hôpital de la ville kurde de Diyarbakir, on a compté 15 morts. Les médecins appellent les autorités turques à prendre des mesures urgentes alors qu’on assiste à une vague de décès dus à la pandémie du coronavirus dans les régions kurdes, notamment à Diyarbakir (Amed).
 
La chambre de médecine de Diyarbakır a appelé le ministère de la Santé à prendre des mesures urgentes, déclarant que 15 personnes sont mortes du coronavirus dans l’hôpital de formation et de recherche de Gazi Yaşargil aujourd’hui.
 
La chambre médicale de Diyarbakır a averti que les donnés des cas du COVID19 publiés par le ministère de la Santé étaient en deçà de la réalité, qu’ils avaient perdu le contrôle de l’épidémie et a déclaré : « Nos patients atteints du Covid sévère qui doivent être suivis à l’hôpital sont forcés de recevoir un traitement à domicile car il n’y a [plus] de lit ». 
 
Régulièrement, les politiciens et responsables kurdes accusent le pouvoir turc de rester spectateur devant la pandémie du COVID-19 qui ravage les régions du Kurdistan du Nord. D’après aux, la mort des Kurdes suite à la pandémie est du pain béni pour l’Etat turc.

TURQUIE. Mort d’une avocate kurde qui était persécutée par le pouvoir turc

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TURQUIE – ISTANBUL – L’avocate kurde de Dersim, Ebru Timtik est décédée aujourd’hui après 238 jours de grève de la faim. Elle était accusée « d’appartenance à une organisation terroriste » pour avoir exercé son métier d’avocat.
 
Le 14 août, la Cour constitutionnelle de Turquie a rejeté une demande de libération des avocats en grève de la faim Ebru Timtik et Aytaç Ünsal. Ignorant le fait que les deux avocats ont déjà dépassé le seuil critique critique, la Cour a affirmé qu’il n’y avait pas d’informations ou de constatations disponibles concernant d’un danger imminent pour leur vie ou leur intégrité morale et rejeté la demande pour leur libération.
 
Le Bureau d’avocats du peuple (Halkın Hukuk Bürosu – HHB) a déclaré que Timtik avait perdu la vie.
 
Grève de la faim pour la justice
 
Ebru Timtik et Aytaç Ünsal étaient en grève de la faim depuis des mois et ne sont pas libérés de prison bien qu’ils aient été déclarés inaptes à l’emprisonnement par l’Institut de médecine légale. Une plainte auprès de la Cour constitutionnelle turque d’Ankara a également été infructueuse. Les deux avocats, qui sont actuellement sous observation contre leur gré dans divers hôpitaux d’Istanbul, sont toujours en détention.
 
Ebru Timtik et Aytaç Ünsal étaient avocats du « Bureau d’avocats du peuple » (Halkın Hukuk Bürosu) et ont entamé une grève de la faim avec d’autres collègues emprisonnés en février, qu’ils ont transformée en « jeûne de la mort » le 5 avril – le « Journée des avocats ». Dans le complexe des procédures contre des membres présumés du DHKP-C, les avocats ont été condamnés à de longues peines de prison à cause des déclarations contradictoires d’un témoin clé. Par leur action, les avocats exigeaient un procès équitable.
 
Timtik est la quatrième personne poursuivie dans l’affaire du DHKP-C à être décédée cette année à la suite d’un jeûne de la mort. Helin Bölek, soliste du groupe de musique Grup Yorum, est décédée le 3 avril au bout de 288 jours de grève de la faim pour protester contre l’emprisonnement d’autres membres du groupe et l’interdiction des concerts du Grup Yorum. Le 7 mai, le bassiste du Grup Yorum Ibrahim Gökçek est décédé après une grève de la faim de 323 jours. Auparavant, le prisonnier politique Mustafa Koçak était décédé le 24 avril des suites d’une grève de la faim de 296 jours.
 
 

Pas de poursuite contre l’officier turc qui a violé une adolescente kurde de 16 ans

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TURQUIE / BAKUR –  Après le viol d’une d’une adolescente kurde de 16 ans par un officier de l’armée turque à Van, aucune enquête n’a été ouverte. La « justice » turque qualifie ce viol de « rapports sexuels consentis ».
 
Deux hommes, dont un officier de l’armée turque, ont violé N.A., une adolescente kurde de 16 ans, à Van. N.A., qui a aujourd’hui 17 ans, a fui la violence domestique vers un foyer pour mineurs. En raison d’une grossesse, une enquête interne a été lancée par les responsables du foyer. Dans son témoignage, l’adolescente a rapporté qu’elle avait été violée à la fois par le sergent turc T.A. et par une personne nommée A.P..
 
Étant donné que la jeune fille, âgée de 16 ans au moment du rapport, s’est elle-même abstenue de porter plainte contre le soldat, les autorités judiciaires supposent qu’elle a eu des «rapports sexuels consentis». Bien qu’un mandat d’arrêt ait été émis contre l’autre violeur, aucune action en justice n’a été engagée contre le sergent.
 
De même, le sergent turc qui a violé la jeune fille kurde Ipek à Batman reste impuni. Le soldat violeur a été libéré mercredi. Les ONG et le mouvement des femmes y voient un réel encouragement pour les auteurs de viols. (ANF)
  
Ces derniers temps, on assiste à une recrudescence de viols de femmes / adolescentes kurdes par des militaires turcs, le dernier cas tragique étant celui de d’Ipek Er, jeune Kurde de 18 ans, séquestrée et violée pendant 20 jours par un sergent turc, le 18 août dernier à Batman. Son violeur a été remis en liberté quelques jours après être arrêté suite au tollé public sur les réseaux sociaux. Il est fort probable que cette nouvelle affaire de viol soit classé sans suite ou termine par une condamnation symbolique étant donné que le viol est une arme de guerre utilisé par l’Etat turc dans sa politique de destruction du peuple kurde. 

Un officier turc a violé une adolescente kurde à Van

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TURQUIE / BAKUR – Deux hommes, dont un officier de l’armée turque, ont violé une adolescente kurde de 17 ans à Van. Un mandat d’arrêt a été émis contre les deux accusés après déposition d’une plainte auprès du parquet de Van. Mais nous ne faisons aucune confiance à la justice turque tant les affaires de viols impliquant les militaires turcs se soldent par des non-lieux…
 
N.A., 17 ans, qui subissait des violences de la part de son frère à Van, s’était réfugiée dans un foyer géré par l’Etat. Ensuite, N.A. a rencontré deux hommes dont l’un s’est révélé être un officier de l’armée turque.
 
Violée par ces deux hommes, N.A, raconté à sa mère ce qu’elle a subi et elles ont une plainte pour viol auprès du parquet de Van.
 
La jeune femme a déclaré qu’elle avait rencontré A.P. et l’officier T.A. au procureur de Van et qu’elle pensait que A.P. l’aimait. Expliquant qu’A.P. l’a emmenée sur la rive du lac Van et l’a violée, N.A. a noté que l’officier T.A. l’avait également violé après lui avoir fait boire de l’alcool chez lui.
 
Ces derniers temps, on assiste à une recrudescence de viols de femmes / adolescentes kurdes par des militaires turcs, le dernier cas tragique étant celui de d’Ipek Er, jeune Kurde de 18 ans, séquestrée et violée pendant 20 jours par un sergent turc, le 18 août dernier à Batman. Son violeur a été remis en liberté quelques jours après être arrêté suite au tollé public sur les réseaux sociaux. Il est fort probable que cette nouvelle affaire de viol soit classé sans suite ou termine par une condamnation symbolique étant donné que le viol est une arme de guerre utilisé par l’Etat turc dans sa politique de destruction du peuple kurde. 

Des militants kurdes font pression pour un cours de Duolingo en langue kurde

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Un groupe d’activistes kurdes a lancé le compte Twitter Duolingo Kurdi pour montrer à l’application d’apprentissage des langues la plus populaire du monde, Duolingo, qu’il existe une énorme demande pour un cours de langue kurde sur l’application. «Nous avons lancé notre compte Twitter le 3 mai 2020», a déclaré Servan Amed, 25 ans, l’un des membres du groupe basé en Allemagne, au Kurdistan 24. «Nous sommes un groupe de 10 personnes d’horizons différents, nous avons un traducteur kurde, linguiste, et je viens de l’industrie aérospatiale. Nous nous sommes rencontrés sur Internet. »
« La raison pour laquelle nous voulons avoir un cours de langue kurde sur Duolingo est que Duolingo est le moyen le plus populaire d’apprendre une langue en ligne », a noté Amed. « Par conséquent, nous pensons qu’un cours de langue kurde Duolingo aiderait les Kurdes et les non-Kurdes à apprendre la langue de manière simple. » Gulsuma Demir, une enseignante du dialecte kurmanji, qui gère le site Web et le compte Twitter de cours de kurde en anglais et fait partie de la campagne Duolingo Kurdi, a déclaré que l’initiative vise à «rassembler les personnes qui souhaitent voir un cours de kurde sur Duolingo». «Sur la base de mes expériences, je peux dire qu’un cours de kurde Duolingo sera une excellente occasion pour les gens d’apprendre le kurde», a déclaré Demir. « Duolingo est la plate-forme d’apprentissage des langues la plus populaire au monde avec plus de 300 millions d’utilisateurs enregistrés. Il est gratuit et facilement accessible pour les personnes, ce qui en fera une excellente plateforme pour apprendre le kurde. » Pour leur objectif, le groupe d’activistes a déjà trouvé plus de 20 contributeurs prêts à aider à développer une application kurde Duolingo. « Certains cours de langue n’ont que deux contributeurs, mais Duolingo veut savoir s’il y a une demande pour une langue avant de commencer de nouveaux cours dans cette langue. Avec notre compte Twitter, nous voulons montrer qu’il y a une demande », a ajouté Amed. Jusqu’à présent, sous la catégorie kurde du forum Duolingo il y a déjà plus de 600 commentaires qui ne cessent d’augmenter. Sur Twitter, le compte compte plus de 2 000 abonnés. « Duolingo nous a déjà envoyé un message privé sur Twitter indiquant qu’ils étaient au courant de l’initiative. Cependant, ils ont besoin de suffisamment de personnel pour développer un cours de kurde et recruter des employés. » Bien que la langue kurde ait été réprimée par les États de la région, elle a récemment reçu une plus grande reconnaissance en ligne auprès des géants de l’internet Google, Microsoft et Facebook qui ont ajouté des dialectes kurdes à leurs services de traduction. Wikipedia a également des pages kurdes en sorani et kurmanji. Wîkîpediya Kurdî a maintenant plus de 30 000 articles en kurde grâce à des bénévoles.
De plus, plusieurs pays à population kurde ont commencé à fournir des informations officielles en kurde sur le coronavirus et les réglementations gouvernementales. De plus, davantage d’universités en dehors du Kurdistan, comme aux États-Unis , au Japon et au Royaume-Uni, ont commencé à proposer des cours de langue kurde. En savoir plus: Microsoft ajoute deux dialectes kurdes à Microsoft Translator Les militants kurdes espèrent maintenant que Duolingo soutiendra également la préservation de la langue kurde et ouvrira un cours de langue dans le dialecte kurmanji, le dialecte kurde le plus largement parlé dans le Grand Kurdistan et le seul à avoir des locuteurs dans les quatre parties du kurde. patrie en Iran, en Irak, en Turquie et en Syrie, respectivement. Kurdistan24

TURQUIE. Le soldat qui a violé une jeune Kurde libéré

TURQUIE / BAKUR – Les forces d’occupation turques commettent régulièrement des violences sexuelles et des viols dans les régions kurdes du Bakur. Le sergent d’état-major, Musa Orhan a violé Ipek Er, 18 ans, dans la province de Batman. Ipek Er, hospitalisée après une tentative de suicide le 16 juillet, avait déclaré dans une lettre que le sergent Musa O. l’avait séquestrée et violée pendant 20 jours. Elle a perdu la vie à l’hôpital le 18 août.
 
Après que de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ont demandé l’arrestation du sergent violeur sous le hashtag #MusaOrhanTutuklansın (Que Musa Orhan soit arrêté), Musa Organ a été arrêté le 19 août. Aujourd’hui, une semaine plus tard, il a été libéré sur décision du tribunal. Son procès doit débuter le 16 octobre. Le traitement réservé à ce militaire violeur est un exemple de l’impunité dont jouissent les militaires auteurs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Turquie et au Kurdistan du Nord. (ANF)
 
I. E., hospitalisée après une tentative de suicide le 16 juillet dernier à Batman / Beşiri, avait déclaré dans une lettre que le sergent Musa O. l’avait séquestrée et violée pendant 20 jours. Elle a perdu la vie à l’hôpital le 18 août.

Le sergent turc accusé du viol, arrêté sur la plainte de la famille a été libéré sous contrôle judiciaire malgré le rapport médico-légal confirmant le viol. Au cours de son interrogatoire, l’officier a nié avoir eu des relations sexuelles avec İ.E. et a déclaré être « ivre » au moment des faits et il a été relâché aussitôt.

Le dossier d’I. E. a été classé confidentiel tandis que l’officier est accusé d’ « abus sexuel qualifié ».

La jeune femme avait laissé une lettre dans laquelle elle écrivait en détail comment le sergent turc l’avait droguée, séquestrée et violée pendant 20 jours et comment il lui avait dit que, quoi qu’elle fasse, il lui arriverait rien (sous entendu, les plaintes d’une fille kurde ne valent rien face à un Turc portant l’uniforme de l’Etat turc…).

On craint fort que ce sergent reçoive une condamnation symbolique car le viol est une arme de guerre utilisée par l’Etat turc contre les Kurdes depuis des décennies. Il n’y a aucune raison que cela change maintenant, étant donné que l’Etat turc veut assimiler de force les Kurdes dont il refuse leurs droits à parler leur langue, avoir une autonomie locale, etc.