L’Iran doit cesser de torturer les familles des prisonniers politiques kurdes exécutés

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IRAN / ROJHILAT – Même morts, les Kurdes du Rojhilat (Kurdistan de l’Est sous l’occupation d’Iran) ne peuvent trouver le repos car leurs bourreaux refusent de rendre leurs corps aux familles, rajoutant des souffrances supplémentaires à la douleur des familles à qui ont a volé un être cher. Commence alors une lutte acharnée des mères des exécutés qu’on a nommées « les Antigones* des temps modernes » pour retrouver les corps de leurs enfants afin d’avoir une tombe où se recueillir et les pleurer…
 
Depuis plusieurs décennies, les prisonniers politiques kurdes exécutés par les Mollahs sont enterrés dans des lieux tenus secret, faisant fi du respect dû aux morts. L’Amnesty international vient de demander à Téhéran de cesser de torturer les familles des prisonniers politiques kurdes exécutés.
 
Le cas de 3 trois prisonniers politiques kurdes exécutés
 
Ramin Hossein Panahi, Zaniar et Loghman Moradi ont été exécutés par le régime iranien en 2018. Les familles de ces trois kurdes ont demandé aux autorités iraniennes de leur dire où les corps de leurs proches ont été enterrés, en vain.
 
Ramin Hossein Panahi, 24 ans, Loghman Moradi, 32 ans, et Zaniar Moradi, 30 ans, ont été exécutés dans la prison de Gohardasht à Karaj après une parodie judiciaire à l’iranienne. Non seulement ils ont été torturés pour leur soutirer de faux aveux, mais en plus, on leur a refusé l’accès à des avocats et ils ont été interdits de voir leurs familles.
 
Téhéran doit cesser de torturer les familles des prisonniers politiques exécutés
 
Dans une déclaration [récente], Amnesty International a décrit le traitement réservé par le régime aux familles des trois personnes exécutées. Elle a déclaré que c’était une « grave souffrance psychologique. » Elle a ajouté que la dissimulation délibérée de leurs lieux de sépulture « constitue une violation de l’interdiction de la torture et des autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants prévue à l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. »
 
Amnesty International a expliqué que le secret du régime à ce sujet est une violation des droits des familles. Non seulement les familles ne savent pas où leurs proches sont enterrés, mais les autorités les empêchent d’organiser une cérémonie de deuil. Elles ne peuvent pas non plus poser une pierre tombale à leur mémoire. On leur refuse un lieu d’inhumation. Elles ne peuvent pas se rendre sur un lieu de sépulture. Donc, elles n’ont pas la possibilité de présenter leurs respects, déposer des fleurs, placer des photographies, etc. Cela constitue, selon Amnesty International, une violation des « droits culturels des membres de la famille d’assister aux funérailles. »
 
On peut lire dans la déclaration : « Cela constitue une violation de l’article 15 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, auquel l’Iran a adhéré. »
 
Les familles de ces hommes sont désemparées. La mère du jeune Ramin Hossein Panahi a déclaré qu’ « il n’y a pas de tombe pour pleurer. J’étais agitée ces derniers jours. J’ai pleuré sur la tombe de mon autre enfant, Ashraf Hossein Panahi. Mon Ramin était innocent. Pourquoi ne me laissez-vous pas, à cet âge avancé, moi et son père, nous rendre sur la tombe de notre enfant ? »
 
La question du traitement des prisonniers politiques

Le traitement des prisonniers politiques en Iran est très préoccupant. Leur mauvais traitement est en partie une tentative des autorités pour dissuader toute nouvelle dissidence dans la société.
 
Cependant, les tentatives du régime pour réduire le peuple au silence ne fonctionnent pas. Au contraire, elles rendent le peuple iranien encore plus déterminé à s’exprimer contre le régime.
 
Au début de cette semaine, deux prisonniers ont été exécutés en secret. Les seuls détails connus sur ces exécutions sont qu’elles ont eu lieu dans les villes de Karaj et Boroujerd.
 
Il est de la responsabilité de la communauté internationale de s’exprimer enfin et de demander des comptes au régime. (Via Le Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran – CSDHI)
 
 
Dans la mythologie grecque, Antigone s’oppose jusqu’à la mort à Créon qui interdit qu’on enterre son frère Polynice et tente par tous les moyens de l’enterrer.

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