La visioconférence aura lieu sur l’application ZOOM. Pour y participer, cliquez ici: https://bit.ly/3wx7duY
Visioconférence. Le peuple kurde, une histoire qui se conjugue au féminin
PARIS – Depuis des décennies, les femmes kurdes jouent un rôle central dans la lutte de libération kurde. Mais, depuis l’Occident, on a souvent une image assez orientaliste de ces femmes engagées tant au niveau militaire qu’au niveau politique. On se focalise sur les femmes combattantes (il faut dire que leur bravoure face aux terroristes de DAECH les a rendues très célèbres dans le monde) que certains appellent les Amazones des temps modernes, tandis que d’autres les accusent de n’être qu’une vitrine de façade, et qu’en réalité, « tout » est géré par les hommes kurdes…
Pour essayer de démêler le vrai du faux au sujet des femmes kurdes engagées, l’association France-Kurdistan, en partenariat avec la ville de Gennevilliers, organise une visioconférence autour du peuple kurde qui aura lieu le vendredi 11 juin, à 19h.
Thème de la conférence « Le peuple kurde : une histoire qui se conjugue au féminin«
Avec Éléonore Perrier qui est chargée de mission aux relations internationales de la ville de Gennevilliers, Sylvie Jan (présidente de France-Kurdistan) et Pascal Torre (historien spécialiste du Moyen Orient et co-fondateur de l’association France Kurdistan)
L’Allemagne était au courant des liens de l’État turc avec la mafia et les djihadistes en Syrie
BERLIN – L’historien et journaliste Nick Brauns a déclaré que les relations de l’État turc avec la mafia et les djihadistes sont connues des pays occidentaux, dont l’Allemagne, après les récentes révélations de Sedat Peker. (Les Kurdes également le savaient puisqu’ils étaient les premières victimes de la collusion État-mafia en Turquie.)
Brauns est l’un des chercheurs allemands qui suit de près les développements en Turquie et au Kurdistan. Il a produit de nombreux livres, articles et recherches sur les relations de l’État allemand avec la Turquie et le Kurdistan. Brauns s’est entretenu avec l’agence ANF au sujet des allégations du mafieux turc Sedat Peker concernant les crimes de guerre de la Turquie, la livraison d’armes à des mercenaires djihadistes en Syrie et le commerce du pétrole avec DAECH.
« Les allégations de Peker ont été fréquemment exprimées par les médias kurdes, le HDP et d’autres politiciens de l’opposition, et des journalistes tels que Can Dündar. Ce qui est nouveau, c’est qu’un membre de l’État profond turc qui a été impliqué dans nombre de ces affaires confirme les relations corrompues au sein de la Etat. » a déclaré Brauns avant d’ajouter que les pays occidentaux et les puissances internationales étaient déjà conscients de l’implication de l’État turc dans les relations criminelles.
« L’administration russe a déclaré à Erdogan qu’elle avait préparé un rapport détaillé sur le commerce du pétrole avec l’Etat islamique en Syrie », a-t-il ajouté.
Si ce n’était pas sérieux, Dundar n’aurait pas été protégé par l’Allemagne
Brauns a déclaré que les allégations de Peker avaient déjà été publiées dans les médias grand public en Europe. « Cependant, c’est un développement nouveau et important que ces crimes, qui étaient auparavant couverts par les médias kurdes et socialistes, soient également présentés dans les médias grand public aujourd’hui.
Contrairement aux médias grand public, il n’y a pas de réaction du côté des politiciens des pays occidentaux. Les événements révélés par Pekin étaient déjà connus des gouvernements allemands et européens depuis longtemps. L’Allemagne a pris au sérieux les événements exprimés par les journalistes de l’opposition en Turquie et a protégé un journaliste comme Can Dündar, jugé « terroriste » par la Turquie pour avoir enquêté sur les armes envoyées en Syrie. C’est pourquoi je tiens à souligner à nouveau que le gouvernement allemand est conscient depuis longtemps des relations de l’État avec les groupes mafieux et les djihadistes», a déclaré Brauns.
L’opposition turque devrait agir
« Pour autant que je sache, le HDP essaie de lancer une campagne avec d’autres partis socialistes. Cependant, il n’y a aucun mouvement du principal parti d’opposition CHP et du parti Iyi. Meral Akşener, chef du parti Iyi, était un ancien ministre de l’Intérieur et a également participé au réseau de relations décrit par Peker », a ajouté Brauns.
Brauns a fait valoir que l’Allemagne gardera le silence tant que l’opposition en Turquie ne prendra pas de mesures contre le régime criminel. « Il doit y avoir une raison pour que l’Allemagne, qui est déjà consciente de ces relations sales, agisse, et je pense que cette raison peut être créée par les campagnes et les mouvements de réaction de l’opposition en Turquie. Il en va de même pour les autres puissances occidentales. »
L’État profond ne concerne pas uniquement la Turquie
Brauns a déclaré qu’une voix forte qui pourrait s’élever contre les structures mafieuses en Turquie sera soutenue par l’Allemagne puisque la structure mafieuse de l’État est également un grand danger pour l’Allemagne. « Le trafic de drogue basé en Turquie s’étend à l’Allemagne et ces djihadistes armés représentent un grand danger pour la sécurité de l’Allemagne. Il y a quelque chose que nous ne devons pas oublier ; l’État profond n’est pas seulement répandu en Turquie. Sans aucun doute, cette structure a émergé pendant l’Empire ottoman, et elle a été protégée par des alliances secrètes et des putschistes. Par exemple, Abdullah Öcalan a évalué le mécanisme de coup d’État en Turquie et il parle souvent de la tradition du coup d’État. Cette structure, appelée Gladio, a des racines à l’étranger et a été construite par l’OTAN dans les années 1950 », a poursuivi Brauns.
A la fin des années 1990 et l’OTAN a établi de nouvelles structures Gladio
Après la guerre froide, Gladio au sein de l’OTAN est devenu incontrôlable à la fin des années 1990 et l’OTAN a établi de nouvelles structures Gladio. L’historien et journaliste allemand a déclaré que les nouvelles structures sont appelées « Gladio-B » ou « Gladio vert ». Il a affirmé que des mouvements tels que les Gülenistes et Milli Görüş en Turquie sont soutenus par ces nouvelles structures.
Pour Brauns, le régime d’Erdogan, que les experts qualifient de « régime bonapartiste », change constamment de partenaire et oblige ses opposants à s’affronter pour survivre. « Maintenant, Erdogan essaie d’éliminer les soi-disant forces eurasiennes et de se rapprocher à nouveau de l’Europe et des États-Unis », a-t-il déclaré.
« Sedat Peker ne mène pas une guerre personnelle et il peut y avoir différentes forces derrière lui. Toutes ses allégations sont la manifestation d’une lutte pour le pouvoir », a conclu Brauns.
IRAN. Une détenue kurde en grève de la faim contre son arrestation illégale
IRAN / ROJHILAT – La prisonnière politique kurde originaire de Marivan, Viyan Mohammadi est en grève de la faim depuis le 30 mai pour pour protester contre la prolongation de sa détention au centre de détention des renseignements à Ourmia.
Viyan Mohammadi, étudiant en gestion à l’Université de Téhéran et originaire de la ville de Marivan de la province du Kurdistan, a été arrêté par les forces de renseignement du CGRI à Téhéran le vendredi 30 avril 2021.
Auparavant, 18 membres des services de renseignement de l’IRGC avaient fait une descente au domicile de Viyan Mohammadi à Téhéran et, en plus de harceler sa famille, l’avaient arrêtée, fouillé son domicile et confisqué ses effets personnels dont un ordinateur portable, des téléphones portables et des livres.
Faramarz Mohammadi, époux de Viyan Mohammadi, a également été arrêté le samedi 9 janvier 2021, lors de la vague d’arrestations massives de citoyens kurdes en janvier 2021, et a été transféré au centre de détention du renseignement de Sanandaj IRGC. Il a été libéré de prison sous caution de 300 millions de tomans (15 000 dollars) après près de 4 jours de détention.
Féminicide: Une femme d’origine kurde tuée par son ex-mari à Metz
FRANCE – (ERRATUM) Le 3 juin, Mehmet Karacan s’est suicidé après avoir blessé grièvement son épouse Sevgi Cirik qui était en instance de divorce, à Metz, en Moselle. (Les premières infos évoquaient la mort de Sevgi, mais elles ont été démenties par la suite.)
Le couple de Kurdes originaires de Dersim a 3 enfants.
Mehmet Karacan s’est suicidé après avoir d’abord poignardé Sevgi Cirik puis lui avoir tiré dessus avec un pistolet dans la rue. L’enfant ainé du couple a assisté à la scène.
La Turquie veut annexer le Kurdistan du Sud
KURDISTAN – En prétextant combattre la guérilla kurde, la Turquie a envahi plusieurs régions du Kurdistan d’Irak où elle commet par ailleurs un écocide en abattant les forêts. Derrière cette nouvelle agression turque dans un pays voisin se cache le rêve d’Erdogan d’annexer les régions d’Hewler, Slimani et Kirkouk à la Turquie, comme à l’époque de l’empire ottoman.
Depuis le 23 mars, les forces armées turques, épaulées par des mercenaires syriens, ont lancé une opération contre les zones contrôlées par les combattants des HPG (branche armée du PKK) dans les régions de Metîna, Zap et Avashîn, dans les zones frontalières de Duhok et érigé au moins quatre nouvelles bases militaires, soit près de quarante autres dans la région du Kurdistan.
Le chercheur et historien irakien Jawad al-Baidani a averti que la Turquie rongeait progressivement les terres irakiennes pour contrôler toute la région de Mossoul, qui, selon la stratégie turque, comprend Hewler (Erbil, capitale de la région kurde), Sulaymaniyah et Kirkuk. Il a révélé que la Turquie cherchait à y établir une base militaire et aérienne qui sera la plus importante du Moyen-Orient.
Jusqu’à présent, la Turquie a annexé les régions kurdes d’Afrin et de Serê Kanîyé, au Rojava, dans le nord de la Syrie. Aujourd’hui, elle veut finaliser l’annexion du Kurdistan avec les régions kurdes d’Irak. Mais ce qui terrifie le plus les Kurdes, c’est le silence coupable de la communauté internationale qui laisse la Turquie envahir les pays voisins à sa guise. Mais jusqu’à quand?
TURQUIE. Le journaliste qui a photographié le meurtre d’un Kurde en 2017 risque 20 ans de prison
TURQUIE / BAKUR – Le procès d’Abdurrahman Gök, le journaliste qui a photographié le meurtre d’un Kurde (Kemal Kurkut) par la police turque en 2017 poursuivi pour terrorisme, a été ajourné à 30 septembre. Il risque 20 ans de prison.
La deuxième audience de l’affaire pour terrorisme du journaliste kurde Abdurrahman Gök a eu lieu aujourd’hui à Diyarbakir (Amed). Le tribunal a décidé de transmettre le dossier au parquet pour préparer son avis. La prochaine audience aura lieu le 30 septembre 2021.
Poursuivi en justice pour avoir montré le vrai visage de la police turque
En 2017, après qu’il aie fait publié les images du meurtre de l’étudiant kurde, Gok a fait l’objet d’une enquête un mois plus tard. En 2018, après l’abandon de l’affaire, Gök a fait l’objet d’une autre enquête et a été emprisonné pendant une semaine. Il avait appris à l’époque que ses communications avaient été surveillées par la police turque pendant un certain temps.
Étant donné que les accusations portées contre lui sont basées sur des informations journalistiques qu’il a partagées avec ses collègues, Gök explique que l’enquête porte vraiment sur les photos du meurtre d’un jeune Kurde qu’il a prises lors des célébrations du Newroz en mars 2017.
Un rapport d’expert rédigé par le Bureau pénal national privé a révélé en 2019 que Kemal Kurkut, l’étudiant abattu en 2017, avait été délibérément tué par le policier.
Le rapport affirme que des images au ralenti de la fusillade analysées par des experts légistes prouvent que la victime a été abattue par derrière lorsque le suspect a tiré avec son pistolet.
Le rapport a également mis en évidence des éléments du rapport d’autopsie conformes aux caractéristiques du trou de balle dans le corps de la victime, qui montraient également qu’il était directement visé.
L’un des deux policiers qui étaient détenus le jour de crime, le 21 mars 2017, a été libéré après avoir témoigné devant un procureur, tandis que l’autre, identifié uniquement par les initiales Y.Ş. a été libéré sous contrôle judiciaire par le tribunal lors de sa mise en accusation.
Meurtre de Kemal Kurkut, énième crime raciste visant les Kurdes en Turquie
Le 21 mars 2017, Kemal Kurkut, un étudiant kurde de 22 ans, a été abattu par un policier turc, devant des dizaines de journalistes et une foule rassemblée pour célébrer le Nouvel-An kurde, à Amed (Diyarbakir).
Après le meurtre de Kemal Kurkut, les policiers ont immédiatement confisqué les appareils des journalistes pour effacer les images afin de cacher leur crime. Mais le journaliste Abdurrahman Gök a réussi à cacher la carte de son appareil dans la poche arrière de son pantalon. Ainsi, quand les policiers ont fouillé son matériel, ils n’ont rien trouvé tandis que le journaliste leur a menti en disant qu’il n’avait pas eu le temps de prendre des images…
Des images qui rendent impossible le camouflage du meurtre
Les autorités turques, croyant avoir détruit les preuves du meurtre de Kemal Kurkut, ont fait une première déclaration affirmant que Kemal Kurkut était un kamikaze neutralisé par la police avant qu’il commette un attentat visant la fête de Newroz. Mais, le journaliste Abdurrahman Gök présente aussitôt les images du meurtre de Kurkut à la presse et à la justice turque, balayant les déclarations mensongères des autorités turques. Depuis, il est poursuivi par la justice turque qui l’accuse d’être « membre d’une organisation terroriste [PKK] ».
«Ces photos sont entrées dans l’histoire prouvant l’innocence de Kemal. Sans elles, Kemal serait connu comme un kamikaze qui était sur le point d’ensanglanter les célébrations du Newroz», avait déclaré à l’époque Gök.
De nouvelles révélations concernant l’enquête sur l’assassinat de 3 militantes kurdes tuées à Paris en 2013
PARIS – Plus de huit ans se sont écoulés depuis l’assassinat de trois femmes kurdes (Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez) le 9 janvier 2013 à Paris et dont les services secrets turcs (MIT) sont mis en cause par les éléments de l’enquête judiciaire.
Malgré la mort du suspect Omer Guney, grâce à la persévérance des familles des trois victimes, le dossier du triple meurtre a été réouvert le 14 mai 2019 pour « complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Plus d’un an après la relance de l’affaire, les familles des victimes et la communauté kurde demandent la levée du secret défense dans l’enquête de ces assassinats politiques.
Le jeudi 27 mai 2021, les associations France-Kurdistan, Amitiés Kurdes de Bretagne et le Conseil démocratique kurde en France organisaient une visioconférence concernant l’enquête sur ce triple assassinat. Ils viennent de publier un compte-rendu de la visioconférence qu’on partage avec vous ci-dessous:
REVELATIONS. Assassinat de trois militantes kurdes « Rojbîn, Sakiné, Leyla » le 9 janvier 2013 à Paris: Pourquoi faut-il lever le « Secret Défense »
Compte-rendu de la Visioconférence du 17 mai 2021. (Une conférence bien suivie, instructive.)
8 ans après le lâche assassinat de trois militantes kurdes -Rojbîn, Sakiné et Leyla -en plein jour dans leur bureau à Paris le 9 janvier 2013 – dans lequel on connaît aujourd’hui l’implication des services secrets turcs -, la lutte juridique, politique et citoyenne pour obtenir la vérité et la justice est loin d’être terminée.
À cette étape où les familles étaient reçues pour la première fois par le juge d’instruction ce mois de mai 2021, une conférence publique suivie par 204 personnes s’est tenue le 27 mai, durant une heure et demie, en visioconférence. Celle-ci était organisée par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), les Amitiés kurdes de Bretagne et France-Kurdistan. Les intervenants, Maître Malterre, avocat des familles, Agit Polat du Conseil CDK-F, Rémi Féraud, sénateur de Paris, André Metayer, président fondateur des Amitiés Kurdes de Bretagne, un journaliste au Monde, Francis Wurtz, député européen honoraire, Eyyup Doru du HDP (Parti démocratique des Peuples de Turquie) et Sylvie Jan, présidente de France-Kurdistan, ont proposé une conférence instructive et combative.
Comme médiatrice, Sylvie Jan a exprimé l’émotion vive et toujours intacte que provoque l’évocation de ce triple assassinat en adressant l’amitié de tous et de toutes aux familles et en soulignant la remarquable persévérance de leurs avocats, de la communauté kurde et des associations engagées pour la vérité et la justice, comme celles présentes à cette conférence, membres de la Coordination nationale Solidarité Kurdistan (CNSK).
Une fois rappelés les éléments historiques essentiels de « cette procédure complexe et difficile « , Me Jean Louis Malterre, un des trois avocats des familles, (avec Me Antoine Comte et Me Sylvie Boitel), a confirmé qu’une nouvelle plainte avait été déposée par les avocats des familles visant « les commanditaires, les complices et les escadrons de la mort qui agissent en Europe comme cela a été révélé récemment en Belgique. Les familles reçues par le juge d’instruction sont sorties de cette rencontre « confiantes et rassurées », le Juge d’instruction leur ayant confirmé que les deux magistrats instructeurs « considéraient cette affaire comme une des trois principales sur les 40 qu’ils avaient à traiter et avec l’intention de poursuivre les nécessaires investigations ».
Toutefois, Me Jean Louis Malterre a fait part de sa vive inquiétude du fait que la demande du juge d’instruction auprès des ministères de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir la levée du « Secret Défense » avait été partiellement refusée. Il a insisté sur cette indispensable levée du « Secret Défense » et sur la nécessité de déclassifier les documents en totalité. C’est, à ce stade, l’aspect essentiel à débloquer.
Le sénateur Rémi Féraud, qui était maire du 10ème arrondissement de Paris au moment du triple féminicide, a exprimé sa vive émotion à l’évocation de ce drame. Engagé aux côtés des associations, il venait d’interroger le gouvernement au sujet de la levée du « Secret Défense » et avait reçu une réponse du ministre de la Justice, rapide et courtoise, mais sans élément concret, vu « qu’une enquête était en cours ». « Mais c’est précisément le juge d’instruction qui, pour faire la lumière sur les faits, demande la levée du « Secret Défense », s’est indigné Me Malterre. Remi Féraud a immédiatement sollicité son aide pour construire ensemble une nouvelle question au gouvernement, précise et circonstanciée. Cette conférence aura ainsi permis cette importante rencontre.
Par ailleurs, répondant à une sollicitation de Sylvie Jan, Rémi Féraud a accepté de contacter tous les groupes politiques du Sénat dans leur diversité pour tenter d’obtenir une demande commune, ou des démarches allant dans le même sens, afin d’exiger la levée du « Secret Défense ». Rémi Féraud s’y est engagé, même si ce travail « pouvait être long ».
À propos des commanditaires, nous savons maintenant que les services secrets turcs (MIT) sont impliqués et que de lourds soupçons interrogent le rôle de l’ex-ambassadeur de Turquie en France -directeur adjoint du MIT au moment des faits-, rappelé dans son pays au moment où il aurait pu être interrogé par le juge d’instruction.
Agit Polat a rappelé que le président de la République française avait pour principe de recevoir toujours les familles victimes d’un attentat terroriste, et qu’il était encore temps de le faire. Les familles de Rojbîn, Sakiné et Leyla ont confirmé leur détermination à aller jusqu’au bout pour connaître toute la vérité et obtenir justice. Par ailleurs, il a informé la conférence des poursuites administratives que subissent en France les militants kurdes opposants à R.T. Erdoğan.
André Métayer, à son tour, a dit sa très vive émotion à la pensée de Rojbîn et de ses amies assassinées. Il a souhaité que l’instruction entende Manuel Valls et les membres de son cabinet sur le contenu de la rencontre qu’ils ont eu 21 janvier 2013, 12 jours après le triple assassinat, avec l’ambassadeur de Turquie qui, dans une note adressée à ses supérieurs, tend à démontrer une certaine convergence de vue franco-turque dans « l’exécution des membres de l’organisation terroriste, tuées à Paris ». Après avoir salué le courage des familles et de leurs avocats, André Métayer a conclu par ces mots : « Nous n’abandonnerons jamais ».
Plusieurs intervenants sont revenus sur le verrou que constitue la qualification « d’organisation terroriste » pour le PKK, interrogeant l’attitude « deux poids, deux mesures » particulièrement critiquable de la France qui reconnait le PKK comme un allié lorsqu’il s’agit de lutter contre l’Etat islamique ou de détenir des terroristes de Daesh dans les camps en Irak, et qui, dans le même temps, le qualifie de « terroriste » quand il s’agit de la Turquie. Ce sont pourtant les mêmes Kurdes des deux côtés de la frontière.
Francis Wurtz, député européen honoraire a par ailleurs regretté l’hypocrisie constante de l’Union européenne, dont la France, qui se sert toujours des opposants kurdes comme monnaie d’échange dans leurs négociations avec la Turquie de R.T. Erdoğan.
Eyyup Doru, du Parti démocratique des Peuples (HDP), a remercié vivement les organisateurs de cette conférence et souligné toute l’importance de la solidarité internationale.
Actions à mener, concernant le triple assassinat du 9 janvier 2013
Les évolutions du dossier nous encouragent à poursuivre des actions dans différents domaines. La conférence en a retenu cinq :
1) Poursuivre notre soutien aux familles afin que celles-ci soient rapidement reçues par le président de la République, comme c’est le cas pour tout attentat terroriste.
2) Agir pour la levée du « Secret Défense » en coordination avec les avocats des familles et les élus.
3) Demander aux juges d’Instruction de rencontrer M. Valls, ministre le Intérieur en 2013, au moment des faits, E. Barbé, son conseiller diplomatique, et T. Lataste, son chef de cabinet, pour qu’ils donnent leur version de la rencontre avec l’ambassadeur de Turquie en France, le 21 janvier 2013, 12 jours après l’assassinat.
4) Agir auprès des parlementaires français et européens pour qu’ils demandent à l’Union européenne et à la France de retirer le PKK de la liste des organisations terroristes.
5) Soutenir le CDK-F et les militants kurdes, opposants de R.T. Erdoğan, victimes de poursuites judiciaires et de mesures administratives répressives sous la forme de gel de leurs avoirs.
6) Poursuivre les efforts d’information et de mobilisation auprès de toutes et de tous.
Le 2 juin 1983, le régime iranien exécutait 59 jeunes Kurdes à Mahabad
IRAN / ROJHILAT – Dans le cadre de la politique de guerre de la République islamique d’Iran, le 2 juin 1983, le régime a exécuté 59 adolescents et jeunes Kurdes raflés dans la rue, dans la ville de Mahabad. Leur seul crime était d’être kurdes.
Des témoins ont déclaré que des hommes en civil se sont déversés dans la ville tôt le matin et ont capturé les étudiants kurdes sur le chemin de l’université. Ils ne sont jamais rentrés chez eux et leurs corps ont disparu. Un énième crime resté impuni, comme tous les crimes visant les Kurdes dans les quatre parties du Kurdistan divisé entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie…
Depuis l’établissement de la République islamique à la suite de la déclaration du Jihad (guerre sainte) de l’Ayatollah Khomeini contre le peuple kurde, le régime a poursuivi sa guerre militaire, économique, culturelle, sociale et psychologique massive contre le peuple kurde jusqu’à ce jour. En conséquence, des centaines de villages kurdes ont été détruits au cours des dix premières années de la guerre de la République islamique contre le peuple kurde. Après cela, le régime a commencé à répandre systématiquement de la drogue chez les jeunes.
En parallèle à la destruction de la société kurde par la drogue etc., le régime iranien les condamne à la pauvreté en empêchant les Kurdes de travailler, d’exploiter leurs richesses naturelles pillées par l’Etat iranien.
La nature du Kurdistan de l’Est (Rojhilat) est détruite par le pillage de la forêt et la militarisation de tous les villages et villes.
Les Kurdes sont privés de leurs droits fondamentaux et vivent sous la domination des forces militaires iraniennes. Pour l’exemple : il y a plus de mercenaires et de soldats au Kurdistan que d’enseignants et de médecins.
Les 59 personnes exécutées sont :
- Abbas Hosseinpour
- Abbas Yousefi
- Abdollah Tahriyan
- Aboubakr Shokri
- Ahmad Kahroubi
- Ali Abade
- Ali Baneiyan
- Ali Baziyan
- Ali Ghaware
- Ali Golparast
- Ali Mazna
- Ali Salahi
- Feridoun Shanga
- Gholamreza Barezi
- Hamed Mahmoud Kando
- Hasan Jahani
- Hasan Rahmanian
- Hejar Karimi
- Homayon Niloufari
- Hossein Kalhori
- Ibrahim Amini
- Inshallah Naderi
- Kamal Chawshini
- Kamal Karimi
- Kamran Zaher Hejazi
- Karim Kaveh
- Karim Rahimian
- Kazem Khatooni
- Khaled Rahim Azar
- Khaled Safayi
- Khalegh Barzani
- Khezer Rangin
- Maghsoud Mahmoudi
- Mahmoud Rizeyi
- Mansour Janah
- Mohamad Farough Baziar
- Mohammad Aboubakri
- Mohammad Amin ahmadi
- Mohammad Hosseini
- Mohammad Mashoodi
- Mohammad Olyayi
- Mohammad Salimi
- Mohamman Amin Safa
- Molla Hasan Lajavardi
- Mostafa Faghri
- Mostafa Ismati
- Rahman Khezerpour
- Rahman Rahimi
- Saleh Farhoudi
- Saleh Mam Ibrahimi
- Seyed Ibrahim Ahmadi
- Seyed Mahmoud Seyed Mahmoudi
- Shokri Naderi
- Siyamak Saghezi
- Soleiman Hasanzadeh
- Vafa Elyasi
- Yousef Ayazi
- Yousef Habibpanah
- Yousef Hasanzadeh
« Des structures de gangs mafieux en Turquie ont été créées pour combattre les Kurdes »
Un haut cadre de la guérilla kurde, Duran Kalkan a déclaré que les confessions du chef de la mafia turque Sedat Peker ne sont pas « une nouveauté » pour eux et a affirmé que tous les groupes mafieux en Turquie ont été créés sous la supervision de l’OTAN.
Duran Kalkan, membre du comité exécutif du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a été interviewé par Medya Haber TV et a parlé du débat houleux en Turquie concernant les confessions de Sedat Peker, chef de la mafia condamné, sur les relations entre la mafia et l’État en Turquie.
« Ce n’est pas une chose nouvelle, ces questions étaient déjà connues. Avec les aveux de Sedat Peker, tout est redevenu clair, mais nous connaissions déjà ces questions », a-t-il déclaré.
Kalkan a noté que la Turquie blâme toujours le PKK pour des crimes que l’Etat a commis avec la mafia.
« Le trafic de drogue et d’autres choses similaires, le MIT et la contre-gerilla turque ont tous menti pour attaquer le PKK mais maintenant [on sait] qui a commis ces crimes. Ils ont inventé divers mensonges pour le meurtre du journaliste Uğur Mumcu, ils ont accusé le PKK, maintenant [on avoue celui] qui a commis ce meurtre », a-t-il dit.
Kalkan a affirmé que tous les groupes de gangs mafieux ont été établis sous la supervision de l’OTAN en Turquie, et a déclaré que ces gangs sont étroitement affiliés au département de guerre spéciale ou au commandement des forces spéciales.
Kalkan a également déclaré que la raison pour laquelle ces gangs ont été établis était de réprimer les Kurdes.
« Cette structure de gangs mafieux est établie dans le but de combattre les Kurdes. L’opposition doit donc s’unir en tant qu’alliés des Kurdes. Pour combattre cette structure de gangs, des alliances révolutionnaires et démocratiques doivent être construites en Turquie », a-t-il déclaré.
KURDISTAN. Erdogan menace d’attaquer le camp de réfugiés à Makhmur
KURDISTAN – Le président turc Erdogan menace d’attaquer le camp de réfugiés de Makhmur au sud-ouest d’Erbil pour combattre la guérilla kurde, alors que l’armée turque occupe déjà les zones frontalières de Duhok où elle abat les forêt et vole le bois.
« Je dirai ceci pour la première fois ce soir, que nous traiterons de la question de Makhmur autant que de Qandil », a déclaré Erdogan lors d’une interview en direct sur la télévision d’État TRT, faisant référence à la chaîne de montagnes Qandil dans le Région du Kurdistan où sont basés les combattants du PKK.
« Makhmur est presque le nid d’incubation de Qandil. Ce nid de reproduction grandit presque dans le centre-ville », a déclaré Erdogan.
Le district de Makhmour* abrite un camp abritant des Kurdes ayant fui la répression de l’Etat turc en 1994. Le camp et ses environs sont souvent soumis aux frappes aériennes turques.
Le camp de Makhmour a été bombardé 40 fois lors d’une autre opération de la Turquie en 2020.
Depuis le 23 mars, la Turquie a lancé une opération contre le PKK dans les zones frontalières de Duhok et a érigé au moins quatre nouvelles bases militaires totalisant près de quarante autres dans la région du Kurdistan.
Au moins quatre civils ont été blessés et quatre villages ont presque été évacués en raison des bombardements et des frappes aériennes de l’armée turque. (…)
Zhyan
Bref aperçu du camp de réfugiés de Maxmur
Maxmur (Makhmour) est une ville située à 60 kilomètres au sud-ouest d’Erbil, la capitale de la région du Kurdistan irakien. Le camp de réfugiés de Maxmur, situé à Maxmur, est un camp de réfugiés reconnu par les Nations Unies qui, depuis 1998, accueille des milliers de réfugiés du Nord Kurdistan (Turquie). De nombreux habitants du camp ont été contraints de fuir leurs foyers dans le nord du Kurdistan en 1993-1994, l’État turc ayant mené une campagne brutale d’agression contre le peuple kurde, niant l’existence de ce dernier, interdisant l’expression de son identité kurde et réprimant la culture kurde, tout en utilisant ses militaires pour détruire des milliers de villages et déplacer des centaines de milliers de personnes. Aujourd’hui, la population du camp de Maxmur a plus de 13 000 résidents, dont de nombreux enfants du camp sont nés apatrides.
Le camp de Maxmur est situé à un endroit stratégique, servant de porte d’entrée vers le sud du Kurdistan (Irak) depuis le sud. En août 2014, alors que DAESH / ISIS envahissait une grande partie de l’Irak et de la Syrie, l’organisation terroriste a pris Maxmur pour cible afin d’avancer sur Erbil, la capitale et la plus grande ville de la région du Kurdistan en Irak. DAESH a envahi et occupé le camp, bien que les habitants de Maxmur se soient joints à d’autres combattants pour résister à l’avancée de DAESH, et les milices populaires, les forces d’autodéfense, les femmes et les jeunes ont finalement expulsé DAESH (l’Etat islamique) après des jours de combat, empêchant une invasion catastrophique du Sud-Kurdistan en organisant une résistance pour l’humanité entière, sans laisser passer DAECH. Après cette victoire, M. Massoud Barzani, alors Président de la région du Kurdistan irakien, a visité le camp Maxmur et a exprimé ses remerciements aux forces d’autodéfense pour leur rôle dans cette victoire.
JOURNALISME FEMININ. En mai, la Turquie était un des trois pays les plus violents à l’égard des femmes journalistes
Dans son rapport mensuel sur la violence contre les femmes journalistes, la Coalition pour les femmes dans le journalisme (CFWIJ) a enregistré 70 incidents de violence, notamment des meurtres, des enlèvements, des détentions et des attaques, contre des femmes journalistes en mai.
Les trois pays avec le plus grand nombre de cas étaient la Biélorussie, la Palestine et la Turquie, selon le rapport publié le premier juin.
CFWIJ a signalé les incidents suivants en Turquie :
• Les journalistes qui ont suivi les événements de la fête du Travail du 1er mai à travers la Turquie ont été empêchés par la police. Leur équipement a été endommagé et ils ont été battus. Au moins quatre femmes journalistes ont fait l’objet d’interventions policières alors qu’elles couvraient les événements.
• Les journalistes Derya Saadet et Fatoş Erdoğan ont été empêchées par la police alors qu’elles couvraient des manifestations d’étudiants contre les attaques israéliennes en Palestine.
• La journaliste de l’Agence de Mésopotamie (MA) Ceylan Şahinli a été arrêtée alors qu’elle couvrait la fête du travail du 1er mai à Ankara.
• La première audience du procès contre Roza Metina, la rédactrice en chef de l’agence féminine kurde Jin News, s’est tenue à Diyarbakır. Le tribunal a ordonné au parquet de déposer son avis et a reporté la prochaine audience au 14 septembre 2021.
• L’affaire contre la rédactrice en chef de l’agence de presse Etkin (ETHA) İsminaz Temel et la journaliste Havva Cuştan pour des accusations liées au terrorisme a de nouveau été retardée sur la base de détails techniques.
• La présentatrice de Habertürk TV Ebru Baki a été délibérément visée par la campagne de trolling organisée après la déclaration du député du Parti du mouvement nationaliste (MHP) Izzet Ulvi Yönter.
• Karel Valansi, la chroniqueuse du journal Şalom, a été la cible d’attaques antisémites par des médias pro-gouvernementaux après les conflits palestiniens. La journaliste a également été délibérément soumise à des campagnes de diffamation en ligne après la publication d’articles racistes.
• La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé que l’interdiction d’enquêter sur la Commission d’enquête parlementaire était une violation des droits. Le tribunal a pris cette décision sur la base de la demande présentée par la journaliste Banu Güven.
• L’assignation à résidence de Pınar Gayıp, reporter de l’agence de presse Etkin (ETHA), a été levée le 18 mai.
• Le tribunal a acquitté le journaliste Melis Alphan de toutes les accusations liées au terrorisme.
TURQUIE. Inquiétude chez les Alévis après les déclarations de Sedat Peker
TURQUIE – Les déclarations du chef de la mafia turque, Sedat Peker, sur une attaque à venir visant la minorité religieuse alévie de Turquie devraient être prises au sérieux, a déclaré mardi un député kurde, ajoutant que le gouvernement serait responsable d’une telle attaque.
Le député du Parti démocratique des peuples (HDP), Zeynel Özen, a fait ces remarques lors d’un discours au parlement, un jour après que Peker a affirmé qu’une attaque était en préparation contre un lieu de culte alévi (cemevi).
La minorité religieuse alévie* de Turquie, qui représente 20 à 30% de la population. Elle a été fréquemment la cible de crimes haineux.
Le chef de la mafia, dont les accusations liant des représentants du gouvernement turc à des organisations criminelles ont pris la Turquie d’assaut, a déclaré ce lundi sur Twitter qu’une attaque plus grande que Gazi était prévue contre les alévis par l’État profond.
Peker a également déclaré que l’ancien ministre de l’Intérieur et chef de la police Mehmet Ağar était à l’origine des meurtres à Gazi.
Özen a déclaré mardi qu’en dépit des preuves, les auteurs des attaques de Gazi avaient été dissimulés et protégés par l’État.
« Une telle affirmation doit absolument être prise au sérieux. Si une telle attaque avait lieu, le gouvernement en serait responsable », a déclaré le député d’HDP.
*L’alévisme est la deuxième croyance la plus répandue en Turquie après l’islam sunnite. Branche de l’islam qui combine les traditions chiite, soufie et sunnite, les adeptes de l’alévisme ne sont pas considérés comme des musulmans par la majorités des musulmans sunnites en Turquie.
Depuis la création de la République turque en 1923, les Alévis de Turquie ont lutté pour obtenir une reconnaissance officielle et la liberté de religion, mais leurs appels n’ont pas été entendus. Au lieu de cela, ils ont été exposés à plusieurs massacres, pogroms et des campagnes de calomnie les accusant d’adorer le soleil ou d’être des impies.
Parmi les principaux pogroms et massacres perpétrés en Turquie contre les Alevis / Kurdes alévis, on peut citer :
Le massacre de Kocgiri en 1921
Le massacre de Dersim entre 1937 et 1938
Le massacre d’Erzincan Zini Gedigi en 1938
Le massacre de Malatya en 1978
Le massacre de Maras en 1978
Le massacre de Çorum en 1980
Le massacre de Sivas en 1993
Le massacre d’Istanbul, dans le quartier Gazi en 1995
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