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« Le Kurdistan autonome est indispensable »

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Ayla Akat, ancienne députée kurde du Parti démocratique des peuples (HDP) et militante du Mouvement des femmes libres (TJA) poursuivie par la « justice » turque pour terrorisme, a déclaré qu’un Kurdistan démocratique autonome est indispensable pour une Turquie démocratique.
 
La 10e audience du procès de Kobanê, qui a débuté il y a quatre jours sur le campus de la prison de Sincan, à Ankara, se poursuit. 108 personnes, dont 22 sont emprisonnées, sont poursuivies pour terrorisme par la « justice » turque.
 
L’ancienne députée du HDP et militante du Mouvement des femmes libres (Tevgera Jinên Azad – TJA), Ayla Akat Ata, a fait sa défense lors de l’audience de vendredi.
 
Ata a souligné que les fermetures de partis, les arrestations et autres outils de pression n’arrêteraient pas les activités de son parti. « Nous continuerons notre combat. En particulier, la lutte des femmes n’est pas une chose nouvelle. Nous nous battons depuis des millénaires. Les activités de nos femmes sont criminalisées dans le cadre d’une politique d’État. Il y a une tentative d’influencer l’affaire en fonction des intérêts politiques. Ils veulent aussi entraver la lutte des femmes. Je soutiens toutes mes activités liées à la lutte des femmes. Le Congrès des Femmes Libres (Kongreya Jinen Azad – KJA) a également été visé comme nos autres institutions. Nous avons juste dit ‘nekuje’ (ne tue pas). Nous n’avons rien dit d’autre. Mais que s’est-il passé ensuite ? Ceux qui ont promu la paix ont été arrêtés », a-t-elle déclaré.
 
Ce procès cible à la fois les Kurdes et les femmes
 
« Pendant les opérations du KCK [Koma Civakên Kurdistanê – Union des communautés du Kurdistan], nous avons vu comment 30 à 40 politiciens du HDP étaient détenus chaque mois, mais que s’est-il passé ensuite ? Notre parti est toujours solide. Des milliers d’opérations ont été menées contre des femmes, mais les femmes sont toujours fortes. Qu’allons-nous faire, allons-nous renoncer à notre cause ? Selon la déclaration d’Ulaş, je connaissais certaines personnes et j’avais des contacts avec tous les membres de l’organisation. Quel genre d’organisation est-ce, qui n’a pas été vaincu depuis 40 ans, et dans laquelle tout le monde connaît chaque personne ? » dit la femme politique.
 
L’État sait que les femmes sont prêtes à payer le prix. Il y a plus de détenues que d’hommes dans cette affaire. Ce procès n’est pas seulement une affaire contre les Kurdes et le HDP. C’est un procès contre les femmes.
 
Tous les communiqués de presse du dossier sont extraits de la presse. Vous devez demander les textes complets aux forces de sécurité. On comprend mieux les choses en lisant les textes complets. L’expression «soi-disant nouvelles» a été utilisée dans le dossier. Toutes mes déclarations sont dignes d’intérêt. Une banderole sur laquelle on pouvait lire « Nous sommes pour la vie, pas la mort », déployée lors d’un communiqué de presse, est citée en preuve dans mon dossier. Est-ce un crime d’être en faveur de la vie ? Dans la déclaration, j’ai dit « le Kurdistan fait partie de ce pays ». Cette remarque est utilisée pour prétendre que je veux l’établissement du Kurdistan. Cependant, je parlais là d’un fait historique, pas du territoire d’un pays. J’aurais pu le dire si j’avais voulu un Kurdistan séparé, mais je crois qu’un Kurdistan démocratique autonome est indispensable pour une Turquie démocratique », a conclu la militante du TJA.
 
 

LIVRE. Bese Anuş, une des premiers guérilleros kurdes, revit dans un roman

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Le roman biographique « Basê » relate la vie de Besê Anuş (prononcer Bassé Anouche), une jeune Kurde-alévie de la région de Maras devenue un des premiers combattants et martyrs du PKK dans les années 1980, a été publié par les éditions Meyman en kurde et en turc. Écrit dans les années 2000 à partir de témoignages, le livre sera également publié par le journal Newaya Jin.

 
 
Écrit dans les années 2000 à partir de témoignages, le livre sera également publié par par le journal Newaya Jin.
 
L’histoire de la vie et de la lutte de Bese Anuş dans son livre biographique est basée sur les témoignages de personnes qui l’ont connue.
 
Besê Anuş, une figure historique de la lutte de libération kurde, a voyagé de village en village avant de rejoindre la guérilla, organisant la population locale pour protéger son identité, sa terre, sa langue et ses croyances.
 

Survivante du massacre des Kurdes-alévis de Maraş et victime du putsch militaire du 12 septembre 1980

Besê Anus, prononcé Bassé Anouche

Suite à la déclaration du PKK, l’État colonialiste turc a lancé une campagne massive de massacres dans la région en décembre 1978. Les motivations de Besê pour le combat se sont renforcées après avoir été témoin du massacre de Maraş.

Lors du coup d’État du 12 septembre 1980, Maraş était l’une des régions les plus ciblées. Besê a été détenu et soumis à de graves tortures.

L’un de ses tortionnaires a admis le courage infaillible de Besê, qui a été couchée sur la table de torture et dont le corps a été couvert de blessures, en disant : « Je l’ai torturée de mes propres mains. Nous n’avons pas pu lui arracher un mot. À tout le moins, nous voulions la faire crier, mais peu importe ce que nous essayions, nous n’avons pas pu le réussir… »

Femme pionnière 

Besê, furieuse des tortures les plus abjectes qu’elle a endurées entre les mains après que son jeune époux a rejoint le PKK et de la brutalité de l’État turc dans cette région kurde-alévie, a rejoint un petit groupe de guérilla dans la région.

En guise de témoignage, elle a dit les mots suivants à ses compagnons alors qu’elle était assise près du feu :

« Si je deviens martyre, je crois que des centaines de femmes lèveront le poing pour me soutenir et que des milliers de femmes se battront dans les montagnes du Kurdistan. »

Besê était la seule à se réveiller le 17 mars 1981, alors que les premiers rayons de l’aube apparaissaient à l’horizon dans les montagnes de Nurhak.

Besê a instantanément réveillé ses amis après avoir réalisé qu’ils étaient encerclés.

« … Elle était à bout de souffle, malgré la blessure au pied, au milieu des balles qui tombaient sur elle. Elle ne pouvait pas aller plus loin et s’est jetée dans la rivière Aksu… Elle a été prise entre les balles qui se précipitaient sur elle comme la pluie… Étant encerclée de tous les côtés [par les soldats turcs], il était évident qu’il n’y avait aucun moyen de s’échapper en toute sécurité en combattant. Besê est entrée dans l’eau, jusqu’aux genoux. Elle a pointé son arme (…) et a tiré en marchant (…) malgré les centaines de fusils automatiques qui tiraient encore sur elle. Et lorsque la rivière Aksu rougit du sang du corps blessé de Besê et du sang coulant de ses lèvres et de son nez, toutes les armes se turent… Par ordre du commandant, le corps blessé de Besê, enveloppé dans une couverture, a été emmené dans la plaine sur la pente inférieure du village de Musolar [Dî Mûsê, en kurde] et y a été détenu pendant des heures.

La stratégie d’intimidation du commandant a échoué et une foule immense a emporté Besê sur ses épaules [jusqu’à la petite ville de Pazarcik, Markaz, en kurde, plus bas dans la pleine]. »

Une période importante dans l’histoire dans l’histoire des femmes kurdes

Elif Ronahi, membre du Conseil présidentiel du KCK et l’une des camarades de Besê Anuş, rappelle que Besê Anuş a joué un rôle important pour dissiper le climat de terreur produit par l’État turc dans la région et défendre les victimes face au génocide.

Selon Elif Ronahi, publier le roman biographique sur la vie et le combat de Besê Anûş signifie rapprocher les femmes kurde d’un moment important de leur propre histoire.

Müslüm Güler, qui a participé à la planification et à la composition du roman et a publié ses réflexions à ce sujet sous le titre « Quelques mots », a pris les notes suivantes sur Besê :

« … Besê était l’une de celles qui, en tant que femme, ont consacré leur vie dans cette dernière guerre pour contribuer à une solution humaine en assumant la douleur de la société dans son corps et sa conscience. La lutte de Besê est particulièrement importante car elle a coïncidé avec les premières années de l’intensification du conflit, et elle a été la première des femmes à mourir dans cette guerre. »

 
 

PARIS. L’artiste kurde, Asli Filiz expose la souffrance et la résistance des femmes

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PARIS – L’artiste kurde, Asli Filiz expose à Paris plus d’une vingtaine de toiles racontant la souffrance et la résistance centenaires des femmes kurdes, en plus de revisiter la mythologie mésopotamienne à travers ses œuvres représentant la déesse Ishtar / Inna et à la Reine-Serpent Shahmaran. Une exposition haute en couleur à voir jusqu’au 10 mars au centre culturel kurde Ahmet Kaya, dans le Xe arrondissement de Paris.
 
La peintre et graphiste Asli Filiz expose plus d’une vingtaine d’œuvres au centre culturel kurde à Paris depuis le premier mars dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Asli Filiz, qui vit en Allemagne depuis plusieurs années, a été invitée à Paris par le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F).
 
Lors de l’exposition « Nos mains sur nos hanche » (expression mystérieuse qui signifie « Nous allons vous demander des comptes, à vous, hommes et État colonialiste, patriarcal »), d’Asli Filiz, on peut voir une série de dessins sur « Les filles perdues de Dersim » qui raconte le drame d’innombrables fillettes kurdes-alévies « adoptées » par des officiés turcs lors du génocide de Dersim en 1937-38 et qui ont été assimilées de forces, un portrait de la politicienne kurde emprisonnée et atteinte de la démance, Aysel Tugluk, sous le titre de « Aysel Tuğluk : Mémoire », « Une femme du Rojava fuyant DAECH » et une peinture représentant Garibe Gezer, une jeune prisonnière kurde torturée, violée et morte « mystérieusement » dans une prison turque…
 
L’artiste kurde a réalisé également une série de dessins représentant la solidarité féminine face au monde patriarcal et misogyne – dont parfois d’autres femmes se font les gardiennes. Asli insiste sur la nécessité absolue pour les femmes de s’unir afin de sortir de la domination masculine millénaire qui nous tue toutes d’une façon ou d’une autre…

En plus des souffrances centenaires subies par les femmes kurdes, Asli Filiz nous fait visiter la mythologie mésopotamienne à travers ses deux peintures représentant Ishtar / Inna – déesse vénérée chez les Sumériens, Akkadiens, Babyloniens et Assyriens. Elle est associée à l’amour, la beauté, le sexe, la guerre, la justice et le pouvoir politique. On dit dit qu’elle était cruelle, allant jusqu’à tuer ses amants, amis ou ennemis.

 
Selon Asli Filiz, « la mythologie décrit Ishtar comme une très mauvaise femme. La mythologie écrit qu’Ishtar était aveugle et sourde à cause de sa cupidité et de sa colère. Pour moi, une femme ne pourrait jamais être aussi mauvaise. J’ai essayé ce travail à deux visages. Lorsque vous cachez un côté de son visage, vous verrez Ishtar aveugle et sourde décrite dans les récits mythologiques. Lorsque vous cachez l’autre côté et regardez, vous verrez Ishtar, qui a des yeux et des oreilles. Une femme ne peut pas être aveugle et sourde à cause de sa méchanceté et de sa cupidité ! »
 
L’autre peinture mythologique d’Asli représente la Reine-Serpent Shahmaran (Şahmeran ou Şahmaran) possédant une tête de femme et un corps de serpent et ayant des pouvoirs guérisseurs qui fut trahie par son amant Cansab et mangée par un tyran malade qui espérait retrouver la santé.
Asli Filiz a représenté Şahmaran, sans visage, coupée en trois morceaux, tel un long poisson coupé et prêt à être jeté à la poêle. C’est une peinture assez déconcertante mais très puissante à la fois qui nous rappelle la cruauté subie par Şahmaran qui a toujours été représentée belle, entière et parée de ses bijoux. Là, on a trois morceaux de chaire d’une « femme » sans visage avec un corps de serpent…
 
Une artiste qui puise son inspiration de la Mésopotamie, des femmes, de la mythologie kurdes
 
L’artiste, qui se concentre essentiellement sur les femmes, déclare qu’elle choisit la Mésopotamie, l’histoire et la mythologie kurdes comme sujet dans ses toiles et ajoute: « je travaille principalement sur le contact féminin. Parce qu’en tant que femme du Kurdistan, nous résistons à la fois à la pression de la société dans laquelle nous vivons et à la pression de l’État. J’ai essayé de refléter nos douleurs et nos joies dans les terres mésopotamiennes avec des couleurs. »
 

J’ai beaucoup à dire avec les couleurs

Asli a déclaré qu’elle était du Kurdistan, une femme appartenant à un peuple dont le pays est divisé en 4 parties, assimilé et exilé, ajoutant que « Comme beaucoup de femmes kurdes, j’ai des plaies qui saignent. Vous devez avoir quelque chose à dire face à ce qui s’est passé. Vous voulez l’exprimer en écrivant, en chantant, en dansant ou en couleur. Je pense aussi que je peux m’exprimer avec les couleurs et j’ai plus à dire à travers les couleurs. Par exemple, Leyla Bedirhan, Ayşe Şan, Leyla Qasım et Sakine Cansiz, ces noms sont également très importants, car ce sont des femmes qui ont réussi en résistant à la fois contre la société dans laquelle elles vivent et contre l’État. Danseuse, dengbêj, guerrière et initiative, femmes dirigeantes, déterminées et fortes. Ces 4 femmes reflètent la réalité des femmes kurdes, tant dans l’art que dans la guerre. (…) J’essaie d’être la voix de ces femmes à travers les couleurs. Parfois, vous écrivez un texte sur des pages et des pages. Mais on ne peut pas avoir autant de succès que l’effet que reflètent les couleurs, alors les couleurs ont une place importante pour moi car je m’exprime mieux avec les couleurs. »

 

L’exposition d’Asli Filiz est à voir jusqu’au 10 mars, de lundi à dimanche, de 10 heure à 19 heures, au centre culturel kurde Ahmet Kaya, 16, rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris.

Asli Filiz est née à Bingöl en 1983 et a vécu à Istanbul pendant 25 ans. Après avoir étudié le design graphique à l’Université de Beykent, elle s’est installée à Hamburg, en Allemagne. Elle travaille comme graphiste depuis vingt ans et peint et réalise des collages depuis plusieurs années.

 

Voici quelques-unes des œuvres d’Asli Filiz exposées à Paris:
Œuvre représentant les femmes des quatre parties du Kurdistan morcelé

De la série représentant les souffrances d’une des filles perdues de Dersim

Portrait d’Aysel Tugluk
L’affiche de l’exposition « Nos mains sur nos hanche »

 

 

Asli Filiz et sa peinture inspirée d’une photo d’une femme yézidie sauvée de DAECH

 

La Reine-Serpent Shahmaran d’Asli Filiz

IRAN. 7 Kurdes torturés risquent d’être exécutés

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IRAN / ROJHILAT – Le régime sanguinaire iranien s’apprête à exécuter 7 jeunes Kurdes accusés de « corruption sur terre » dans une prison près de Téhéran.
 
« Anwar Khezri, Ayoub Karimi, Davoud Abdollahi, Farhad Salimi, Ghassem Abesteh, Kamran Sheikheh et Khosrow Basharat, tous issus de la minorité sunnite kurde d’Iran, risquent d’être exécutés à la prison de Raha’i Shahr, près de Téhéran. Ils ont été reconnus coupables de « corruption sur terre » (efsad-e fel-arz*) et condamnés à mort lors de procès manifestement inéquitables entachés d’allégations de torture pour leur extorquer des « aveux ». » Ils sont accusés d’appartenir à des « groupes salafistes », ce qu’ils ont nié.(Via Amnesty International)
 
*Pour les journalistes et les militants, certaines des accusations les plus dangereuses incluent moharebeh (littéralement traduit par « faire la guerre contre Dieu ») et efsad fel arz « répandre la corruption sur terre ». Jusqu’en 2013, ces accusations étaient couvertes par un seul article et considérées comme un seul crime. Il stipulait que toute personne qui recourait aux armes pour semer la terreur et la peur ou porter atteinte à la sécurité et à la liberté publiques était un mohareb – une personne coupable de moharebeh – et coupable de mofsed fel-arz (littéralement une personne qui « sème la corruption sur terre »). Mais depuis l’adoption d’amendements en 2013, la propagation de la corruption est considérée comme un crime en soi et donc définie séparément. Dans le même temps, un écart important s’est introduit entre la définition de l’ efsade fel arz et sa reconnaissance juridique. Les juges abusent régulièrement des deux chefs d’accusation pour cibler des critiques pacifiques, et parce que « répandre la corruption sur terre » est particulièrement vague, il est devenu facile pour les juges de prononcer des peines conformes à cette accusation. (Via le site journalism is not a crime)

Procès belge: Accusations contre 4 agents turcs présumés et l’implication des autorités turques

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BRUXELLES – Devant la 23ième Chambre Correctionnelle du tribunal néerlandophone de 1ère instance, s’ouvrira le vendredi 11 mars 2022 un procès contre 4 ressortissants turcs poursuivis pour « participation à une association de malfaiteurs et aux activités d’un groupe terroriste ».
 
Le cas est exceptionnel ; les 4 accusés appartiennent à un groupe qui a planifié une tentative d’assassinat en Belgique contre 2 personnalités kurdes : Remzi Kartal, le co-président de Kongra-Gel (Congrès du peuple du Kurdistan) et Zubeyir Aydar, membre du conseil exécutif du KCK (Union des communautés du Kurdistan).
 
Lors de la conférence de presse du 1er mars, des témoins de plusieurs pays européens [ont fait état de ces faits et ont présenté] un rapport bien documenté préparé par un journaliste en collaboration avec le KNK avec des exemples d’actions d’agents turcs en Europe.
 
Étaient présents à la conférence de presse:
 
Jan Fermon, avocat belge; il défend Aydar et Kartal dans l’affaire belge. Il a fourni des informations et répondu aux questions concernant la procédure pénale.
 
Antoine Comte, avocat français; il a témoigné sur des incidents similaires en France et a été très étroitement impliqué dans le procès des meurtres de 3 femmes kurdes à Paris (2013).
 
Hayko Bağdat et Erk Acarer; journalistes turcs vivant en Allemagne. Tous deux ont suivi de près cette affaire ces dernières années.
 
Zubeyir Aydar et Remzi Kartal; les 2 personnalités kurdes menacées.
 

Les Kurdes démasquent les plans des espions turcs en Europe lors d’une conférence à Bruxelles

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BRUXELLES – Lors d’une conférence de presse organisée ce 1er mars à Bruxelles, un rapport préparé par un journaliste a permis de dévoiler des exemples d’actions en Europe des espions liés aux services secrets turcs (MIT).
 
La tentative d’assassinat contre le coprésident de KONGRA GEL (Congrès du peuple du Kurdistan), Remzi Kartal, et le membre du conseil exécutif du KCK (Union des communautés du Kurdistan), Zübeyir Aydar ont également été citées par les intervenants.
 

Alors qu’Antoine Comte, l’avocat des familles des trois révolutionnaires kurdes assassinées à Paris en 2013, et le journaliste Erk Acarer étaient connectés en ligne, Zübeyir Aydar, Remzi Kartal menacés de tentatives d’assassinat et les journalistes Hayko Bağdat vivant en exil en Allemagne étaient présent à la réunion qui s’est tenue au Press Club Brussels.

Un rapport détaillé sur les tentatives d’assassinat, les menaces de mort, les réseaux d’espionnage et les activités d’intimidation de l’État turc en Europe a été présenté lors de la conférence de presse. Le rapport comprenait les informations couvertes par le dossier et comment l’État turc a mené des opérations spéciales dans les territoires européens en toute impunité.

À la suite de l’enquête menée sur la tentative d’assassinat en juin 2017 contre le coprésident de KONGRA-GEL, Remzi Kartal, et le membre du conseil exécutif du KCK, Zübeyir Aydar, un tribunal a décidé une nouvelle audience le 18 juin 2021 malgré les efforts du procureur pour clore l’affaire.

Le dossier révèle qu’il existe un vaste réseau d’assassinats et d’espionnage en Europe et met en lumière le rôle de plusieurs personnes impliquées dans le massacre de Paris, dont l’ancien ambassadeur de Turquie à Paris, İsmail Hakkı Musa. Il y a de sérieuses conclusions dans le dossier selon lesquelles les personnes impliquées dans la tentative d’assassinat à Bruxelles ont été coordonnées par İsmail Hakkı Musa.

Le lien direct de ceux qui ont participé à l’équipe d’assassinat avec Ankara et même le palais présidentiel turc est identifié dans le dossier. La surveillance technique, les appels téléphoniques, les photographies et les aveux confirment qu’un vaste réseau d’équipes d’assassinats impliquées dans le massacre de Paris et la tentative d’assassinat à Bruxelles mène des activités au nom d’Ankara en Europe.

Les membres de l’équipe d’assassinat ont pris des photos à Paris et à Ankara avec Adnan Tanrıverdi, ancien conseiller du président turc Recep Tayyip Erdoğan et fondateur de la société militaire privée SADAT, et le professeur Dr. Seyit Sertçelik, conseiller en chef d’Erdoğan et membre de la sécurité présidentielle. Conseil de la politique et de la politique étrangère.

RAPPORT ÉTENDU SUR LES TENTATIVES D’ASSASSINAT TURQUES

L’enquête montre que le quartier général de l’équipe d’assassinat est en France. Cependant, les autorités françaises refusent de partager des informations avec les autorités belges.

Zübeyir Aydar a prononcé le discours d’ouverture de la réunion. Aydar a noté que l’affaire débutera devant un tribunal de Bruxelles le 11 mars et a donné des informations sur un rapport qu’ils ont présenté à la presse. Le rapport révèle que « l’État turc mène depuis longtemps des opérations spéciales et des tentatives d’assassinat sur les terres européennes », a-t-il noté.

Le politicien kurde a souligné le lien entre le chef de SADAT, Adnan Tanrıverdi, et l’équipe d’assassinat. Il a fait remarquer que la tentative d’assassinat à Bruxelles était « organisée » et que Yakup Koç, le chef de l’équipe d’assassinat, était directement lié à plusieurs institutions officielles turques, dont l’ambassade de Turquie à Paris. Aydar a souligné que le rapport comprenait des photos montrant les liens des membres de l’équipe d’assassinat avec l’ambassade de Turquie, le palais présidentiel à Ankara et SADAT.

AYDAR : TOUS LES DISSIDENTS SONT EN DANGER

Aydar a critiqué le fait que la France n’ait pas mené d’enquête sérieuse suite à la tentative d’assassinat de 2013 et ce, malgré les nouvelles informations qui ont émergé. Il a insisté pour que la France juge l’État turc sur la base des nouvelles informations obtenues.

Aydar a déclaré que le gouvernement turc a mis en place des réseaux d’assassinats pour faire taire ses détracteurs en Europe. « Nous ne sommes pas les seuls, puisque tous les dissidents sont en danger. Les pays européens devraient prendre des mesures sérieuses contre cela. »

FERMON: 4 PERSONNES SONT JUGEES POUR TERRORISME

L’avocat Jan Fermon a donné des informations sur l’affaire, affirmant que quatre personnes sont jugées dans cette affaire et qu’elles sont accusées d’appartenir à une organisation criminelle et terroriste.

Fermon a noté que l’équipe qui a tenté l’assassinat en Belgique avait des liens directs avec l’ambassade de Turquie à Paris et à Ankara.

L’avocat Fermon a déclaré qu’outre les photos de l’équipe d’assassinat prises avec l’un des conseillers d’Erdogan, Seyit Sertcelik, au Palais, il y a aussi des photos prises avec le chef de SADAT et Sertcelik à Paris.

L’avocat a montré une photo d’Adnan Tanrıverdi avec İrfan Yeşilyurt, un membre de l’équipe d’assassinat, et a souligné que SADAT est une organisation parallèle travaillant au nom du régime d’Erdoğan.

Rappelant le massacre de Paris, le triple meurtre de Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez, Fermon a déclaré que les pays européens « doivent prendre des précautions contre les attaques terroristes de l’État turc » .

Antoine Comte, l’avocat des trois femmes révolutionnaires assassinées à Paris, a déclaré que le système judiciaire en France restait inefficace et a évoqué le lien entre l’agence de renseignement turque MIT et le massacre de Paris.

On savait déjà que l’État turc organise de telles activités dans un vaste réseau en Europe, a déclaré Comte qui a également évoqué la relation d’Ömer Güney, qui a assassiné trois femmes révolutionnaires kurdes, avec le MIT et ses activités en Allemagne.

Comte a souligné que le silence de tous les pays européens face aux activités d’un État criminel est inacceptable.

LE JOURNALISTE ACARER PARLE DES CRIMES DU RÉGIME D’ERDOĞAN

Le journaliste Erk Acarer a assisté à la conférence en ligne depuis Berlin et a parlé des développements en Turquie et de leurs réflexions sur l’Europe. Le journaliste a déclaré :  « Les activités du gouvernement en Turquie ne sont pas seulement politiques, mais aussi économiques. Pour comprendre cela, il faut regarder les crimes dans lesquels le gouvernement turc est impliqué, comme le trafic de drogue, le commerce des armes, la saisie de propriétés et la corruption » .

Remarquant que le secteur de la construction et le trafic de drogue en Turquie sont étroitement liés, Acarer a souligné la vague de constructions qui s’élève dans les quartiers où la consommation de drogue se généralise.

Selon Acarer, le commerce des armes est une dimension de la guerre en Syrie où la population locale est emprisonnée puis voit ses biens saisis, qui sont ensuite répartis entre les personnes impliquées dans les crimes commis dans la région.

Evoquant la répression contre l’opposition en Turquie, Acarer a mentionné « l’émergence de groupes paramilitaires pour affronter ceux qui élèvent la voix, citant SADAT et Ottoman Hearths.

HAYKO BAĞDAT : IL EXISTE UN RÉSEAU CRIMINEL AU COEUR DE L’EUROPE

Prenant la parole après, le journaliste Hayko Bağdat a souligné les menaces posées par les régimes autoritaires et a déclaré : « Le régime d’Erdoğan est l’un d’entre eux et il mène des activités efficaces en Europe depuis très longtemps. »

Parlant des activités d’espionnage croissantes en Europe, Bağdat a déclaré que le réseau d’espionnage en Allemagne se composait à lui seul de milliers de membres. C’est un risque sérieux pour les Allemands, a-t-il dit, et a souligné l’existence d’un réseau criminel au milieu de l’Europe qui agit sur les ordres de l’ancien député AKP Mehmet Külünk et est financé par Ankara. Mehmet Külünk a été exposé à avoir des liens avec le gang Osmanen Germania en Allemagne.

« La polarisation en Turquie s’est propagée dans les rues d’Europe où les composantes de la société se sont retournées les unes contre les autres. Ce qui est plus dangereux, ce sont les tentatives d’assassinat par des groupes paramilitaires. »

Le journaliste a déclaré qu’il vivait sous la protection de la police allemande en raison des menaces de mort qu’il recevait depuis longtemps. Il a noté que de nombreux intellectuels et journalistes turcs ont obtenu une protection en Europe, avertissant que « le régime d’Erdoğan continuera avec des assassinats encore plus importants en Europe. »

Soulignant le risque lié au processus actuel, Bağdat a déclaré : « Avant Erdoğan se trouve le processus électoral le plus difficile de son histoire, face au risque de perdre ».

Bağdat a cité le meurtre de Hrant Dink, le massacre d’Ankara et le massacre de Suruç qui se sont tous produits à de tels moments, exprimant sa crainte que cela ne se propage éventuellement à l’Europe.

KARTAL : LE CdE ET L’UE SILENCIEUX SUR LES CRIMES CONTRE LES KURDES

Le discours final a été prononcé par le co-président de KONGRA-GEL, Remzi Kartal, qui a souligné que 30 millions de Kurdes vivent en Turquie mais n’ont aucun droit devant la loi. Selon les responsables turcs, il n’y a pas de « question kurde question de terreur », a déclaré Kartal, et a ajouté que c’était la principale raison de l’emprisonnement de milliers de personnes en Turquie aujourd’hui.

Kartal a fait remarquer que la politique répressive de la Turquie a été portée en Europe et à l’étranger, et a critiqué, à cet égard, les relations de l’Europe avec l’État turc.

Le politicien kurde a fait remarquer que l’Europe continue de coopérer avec l’Etat turc bien que la répression de la Turquie à l’extérieur de ses frontières ait atteint le point des assassinats. « Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne restent silencieux face aux crimes de l’État turc contre le peuple kurde et les partisans de la démocratie. »

Kartal a fait remarquer que ce silence n’est pas maintenu lorsqu’il s’agit de la Russie, la qualifiant de « politique hypocrite ».

Kartal a exprimé son espoir que le tribunal de Bruxelles aide à faire entendre la voix des défenseurs de la démocratie, ajoutant que le tribunal pourrait faire pression sur la Turquie par une « décision très grave » .

L’homme politique kurde a enfin noté que la presse européenne a un rôle important à jouer pour que les crimes de la Turquie contre l’opposition, tels que les arrestations et les meurtres, cessent.

 

TURQUIE. « Le Diyanet essaie d’empêcher les divorces, pas les violences faites aux femmes »

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TURQUIE / BAKUR – Berfin Polat, avocate kurde et membre de l’association de femmes Rosa a parlé de la politique patriarcale de l’État turc et a déclaré que la Présidence des affaires religieuses (Diyanet) mène une campagne misogyne au nom de la prévention de la violence.
 

L’association féminine Rosa à Amed / Diyarbakir lutte contre les violences patriarcales et est elle-même la cible d’attaques répétées du régime AKP/MHP. L’avocat Berfin Polat siège au conseil d’administration de l’association. Dans cet entretien ANF, elle a souligné que le régime veut consolider son régime autoritaire avec ses attaques contre les femmes, l’opposition et tous les mouvements sociaux.

« Ils essaient de persuader les femmes de rentrer chez elles »

Le chef de l’autorité religieuse turque Diyanet, connu pour ses propos homophobes, Ali Erbaş, avait annoncé en janvier dans le cadre d’un plan d’action contre les violences faites aux femmes qu’il souhaitait offrir « un soutien spirituel et un accompagnement religieux dans les refuges pour femmes de manière plus intensive ».

Berfin Polat considère ces plans comme une attaque directe contre les femmes. Elle a déclaré : « Diyanet prétend vouloir donner des conseils religieux aux femmes qui sont en instance de divorce ou qui se sont réfugiées dans des refuges pour femmes. Nous, les femmes, voyons les choses ainsi : elles essaieront de persuader les femmes [de rentrer chez elles] en utilisant la religion. Par conséquent, nous ne voyons aucune politique dans le plan d’action qui prévient la violence faite aux femmes. Ils essaient de propager cette mentalité à travers les femmes à la société dans son ensemble. »

« Le versement de la pension alimentaire est empêché »

Polat a également critiqué l’attitude discriminatoire de la justice turque dans les procédures de divorce : « Même dans les procédures de divorce, la justice ne prend pas l’intérêt de la femme comme base. Le taux d’entretien est de 370 livres turques (23,79 euros). Il s’agit de prendre les femmes de l’éducation et du salariat une fois mariées et les forçant à travailler à la maison, ce travail à la maison est laissé aux seules femmes, mais si elles divorcent, alors on se retrouve face à un système qui empêche les femmes de recevoir la pension alimentaire de 370 livres turques. »

La violence à plusieurs niveaux

Polat a également parlé d’un démantèlement juridique des droits des femmes et de la violence physique. « Depuis le retrait de la Convention d’Istanbul,  ce processus s’est intensifié, et maintenant certains paragraphes du droit civil sont également attaqués. Les femmes kurdes sont spécifiquement attaquées. Des femmes comme Aysel Tuğluk sont détenues en prison et attaquées. les rapports médico-légaux indiquent qu’elle ne peut pas rester en prison, sa libération est empêchée. Nous ferons preuve de solidarité en tant que femmes et surmonterons cette phase. »

 

ROJAVA. Une attaque des forces du régime syrien visant les forces arabo-kurdes fait 4 morts à Tal Tamr

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SYRIE / ROJAVA – « Les militants de l’OSDH ont documenté la mort de deux soldats du régime et deux autres blessés, ainsi que la mort de deux membres du Conseil militaire de Tel Tamr soutenu par les FDS (alliance arabo-kurde) lors d’affrontements entre les forces du régime et les forces du Conseil militaire de Tel Tamr à Zone Al-Kouzlia, dans la campagne ouest de Tel Tamr, au nord-ouest d’Al-Hasakah. » a déclaré l’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR / OSDH). Le conseil militaire de Tal Tamr a qualifié de « provocation » l’attaque visant ses forces.

 

Le Conseil militaire de Til Temir a mis en garde dans un communiqué contre une provocation des forces liées à Damas.
« Vers 15 h 30, lundi, les forces du régime ont mené une attaque provocatrice contre nos unités dans les environs du village de Gozalia, à l’ouest de Til Tamir.
Nos forces ont immédiatement réagi à l’attaque et des affrontements ont éclaté, entraînant la mort de deux de nos combattants et un blessé. Deux soldats du régime ont été tués dans les affrontements et deux autres ont été blessés.
Nos unités compétentes ont ouvert une enquête sur cette attaque provocatrice, et nous prendrons les mesures appropriées. »
 

Les femmes kurdes réunies à Amed pour le 8 mars: Nous organiserons la solidarité des femmes

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TURQUIE / BAKUR – Les femmes kurdes se sont rassemblées à Sur / Amed (Diyarbakir) dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Elles ont dansé accompagnées de la musique traditionnelle kurde et ont scandé le slogan « Jin, Jiyan, Azadi » (Femme, Vie, Liberté).
 
Les organisations de femmes d’Amed se sont rassemblées devant la Grande Mosquée historique dans le district de Sur dans le cadre des activités de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. De nombreuses femmes militantes ont assisté à l’événement ainsi que des membres du Mouvement des femmes libres (TJA), de l’Association des femmes Rosa, du Parti démocratique des peuples (HDP), la coprésidente provinciale d’Amed Gülistan Atasoy et l’artiste Pınar Aydınlar. Malgré le temps pluvieux, les femmes sont venues à l’événement dans leurs vêtements traditionnels et ont chanté des chansons kurdes. Elles scandaient souvent le slogan « Jin, Jiyan, Azadi » atout en dansant la danse traditionnelle (govend).
 
La coprésidente provinciale du HDP Amed, Atasoy, a prononcé un bref discours et a déclaré : « L’essentiel est de promouvoir la paix. La guerre est promue par le système dominé par les hommes qui détruit. Les femmes apporteront à la fois le printemps et la paix. »
 
« Nous lutterons contre le système dominé par les hommes et les forces obscures qui créent des guerres », a déclaré Atasoy, faisant remarquer que les femmes continueront à être solidaires avec les politiciennes femmes dans les prisons. « Nous déclarons que nous pouvons renverser l’ordre dominé par les hommes. par l’intermédiaire de l’alliance des femmes, nous allons organiser la solidarité des femmes en visitant tout le monde », a-t-elle noté.
 
Après le communiqué de presse, les femmes ont voulu distribuer des tracts mais ont été bloquées par la police turque. Le groupe a protesté contre l’intervention de la police avec le slogan « Bloquez les meurtriers, pas les femmes » et la chanson « Résiste, Diyarbakır ». Les femmes ont dansé la ronde accompagnées des chansons de Pınar Aydınlar sous la pluie pendant un moment.
 
Ensuite, les femmes ont distribué des tracts en groupes. Elles ont marché vers la branche des PTT de Suriçi et ont scandé le slogan « Nous descendrons dans la rue le 8 mars contre le racisme, le fascisme et la pauvreté ». Les militantes ont envoyé le 8 mars des cartes postales aux politiciennes femmes emprisonnées.
 

Les répercussions de la guerre Ukraine – Russie sur le Moyen-Orient

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Dans un rapport du Center for International Policy and Strategic Studies (CSIS) de Washington, Jon B. Alterman, superviseur général des études sur le Moyen-Orient, déclare que les effets de l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février se répercuteront sur tout le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « [La guerre en Ukraine] révélera de nouveaux alignements géostratégiques, aggravera l’insécurité alimentaire et menacera de déclencher de nouvelles confrontations militaires. Si la confrontation entre la Russie et une grande partie du reste du monde se prolonge, comme cela semble probable, les impacts les plus graves pourraient se produire à plus long terme plutôt qu’à court terme. »
 
Selon Alterman, qui a contribué à la rédaction du rapport avec Will Todman, chercheur au CSIS, l’Iran et la Syrie sont les soutiens les plus importants de la Russie au Moyen-Orient ; Les deux pays ont adopté des positions anti-occidentales prévisibles. Bachar al-Assad a déclaré que la Syrie reconnaîtrait l’indépendance de deux régions séparatistes soutenues par la Russie dans l’est de l’Ukraine, et le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que la crise était « enracinée dans les provocations de l’OTAN » .
 
Pour leur part, les principaux alliés et partenaires américains dans la région restent prudents, à l’exception d’une timide condamnation du ministre israélien des Affaires étrangères, la Russie, où Israël considère la Russie comme un partenaire important et les immigrés russes constituent une importante circonscription dans l’électorat israélien.
 
Les États du Golfe et certains autres pays arabes considèrent la Russie comme un allié important dans la production d’énergie et une source potentielle d’armes, d’investissements et d’autres biens ; Où ils ont exprimé leur inquiétude ; Mais elle a évité de blâmer directement la Russie.
 
Le rapport présente des aspects de l’impact de la crise ukraino-russe sur les lignes d’approvisionnement et les produits alimentaires mondiaux. Les contrats à terme sur le blé à Paris ont augmenté de 16% depuis le déclenchement de la guerre le 24 février. En outre, la Russie a interrompu ses exportations. d’engrais à base de nitrate d’ammonium, ainsi que de nombreuses autres denrées alimentaires. Les pays du Moyen-Orient sont particulièrement vulnérables à la hausse des prix, aux ruptures d’approvisionnement et aux pénuries de blé.
 
En Égypte, bien que le gouvernement égyptien ait tenté de diversifier ses approvisionnements dans la perspective de l’invasion, des signes de pénurie d’approvisionnement sont déjà évidents. Cela a incité le gouvernement égyptien à publier des déclarations et à assurer qu’il disposait de stocks de blé suffisants pour une période de plus de 6 mois.
 
Le rapport, publié par le Centre d’études stratégiques internationales, affirme que les pénuries de blé frapperont plus durement les États fragiles de la région.
 
Le président Poutine a menacé les pays qui s’immiscent dans les opérations russes en Ukraine de « conséquences qu’ils n’ont pas vues auparavant », car la Russie a plusieurs options pour nuire à l’Occident au Moyen-Orient, en réponse aux sanctions. Les tensions pourraient amener la Russie à jouer le rôle de spoiler en Syrie.
 
À son tour, le nouveau commandant du Commandement central américain, le général Michael Corella, a averti que la Russie avait de plus en plus violé les protocoles de « déconfliction » avec les États-Unis dans l’est de la Syrie ces derniers mois.
 
Si les relations se détériorent davantage et que la Russie évite les mécanismes d’évitement des conflits, le risque d’une confrontation plus grave augmentera et la Russie aura une occasion claire de saper l’Occident en juillet prochain, lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU votera pour renouveler les opérations humanitaires de l’ONU à travers la frontière, dans les zones qu’il contrôle, c’est l’opposition dans le nord-ouest de la Syrie.
 
Et un « veto » russe pourrait mettre en danger 4 millions de Syriens qui dépendent d’une aide vitale. La pression augmente fortement sur la Turquie, et pourrait déclencher une vague massive de migrations forcées en Méditerranée orientale, à un moment où l’administration Biden a mis l’accent sur la diplomatie humanitaire. Il est probable que l’usage par la Russie de son veto éliminera tout espoir de coopération sérieuse sur le dossier syrien, entre les États-Unis et la Russie.
 
Le monde attend toujours les conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine ; Comme ses effets ne s’arrêteront pas au seul continent européen, ils seront ressentis au-delà des « zones de conflit » . Certains pensent que le Moyen-Orient est le plus proche de ces effets, car il dépend principalement du blé russe, ainsi que sur le pétrole et les industries russe et ukrainienne.
 
Via le site du parti kurde du Rojava, PYD (Parti de l’union démocratique)

ROJAVA. Les avocats appellent la communauté internationale à juger les prisonniers de l’Etat islamique

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SYRIE / ROJAVA – Des avocats du Rojava / Syrie du N-E demandent à la communauté internationale de créer un tribunal international afin de juger les membres de l’EI emprisonnés dans la région sous contrôle des forces arabo-kurdes, soulignant que ces prisons sont des « bombes réelles » et que « prendre en charge les prisonniers de l’Etat islamique devrait être l’une des tâches les plus importantes de la communauté internationale. »
 

L’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est est ignorée par la communauté internationale alors qu’elle gère seule la procédure judiciaire et à l’emprisonnement de milliers de mercenaires extrêmement dangereux de l’État islamique (EI / DAECH / ISIS). Dans le même temps, l’Etat islamique reçoit le soutien des zones occupées par la Turquie. Entre autres, lors de l’attaque dévastatrice de la prison de Sina à Hassaké en janvier, les mercenaires se sont infiltrés depuis les zones occupées par la Turquie et ont tenté de libérer des milliers de membres de DAECH.

L’agence de presse ANHA s’est entretenue avec des représentants de l’Union des avocats du nord et de l’est de la Syrie sur la situation. L’avocat Salih Salama a déclaré que « la présence de mercenaires de l’Etat islamique dans les prisons est comme une bombe réelle pour l’administration autonome. Ce qui s’est passé dans la prison de Hesekê à Sina montre l’étendue de la menace qui pèse à la fois sur l’administration et sur les populations du nord et de l’est de la Syrie. La communauté internationale est responsable de ce qui s’est passé dans les prisons de la région. Prendre en charge les prisonniers de l’Etat islamique devrait être l’une des tâches les plus importantes de la communauté internationale. »

L’avocat a appelé à la création d’un tribunal international spécial et a ajouté : « Nous appelons toutes les organisations internationales à soutenir l’administration autonome dans des procès équitables et justes ».

« La communauté internationale n’a aucun intérêt à ce que des crimes soient révélés »

Mistefa Şêx Muslim du Syndicat des avocats de Kobanê a déclaré : « La communauté internationale ignore les procédures. Les criminels ne sont pas traduits en justice parce qu’ils ne veulent pas que leurs crimes soient révélés. Il existe toutes sortes de lois qui enquêtent sur ces crimes. Mais ces réglementations ne sont pas appliquées. Nous demandons que ces terroristes soient traduits en justice. Des délégations diplomatiques de nombreux pays visitent très souvent le Bureau des relations extérieures de l’administration autonome. Il y a tellement de mercenaires de l’EI ici, mais aucun État ne prend au sérieux la création d’un tribunal international pour poursuivre ces terroristes. »

Enfin, Muslim a appelé la communauté internationale et la Coalition internationale à poursuivre tous les membres de l’Etat islamique dans les prisons de la région, conformément au droit international.

 

AFRIN. Les gangs de la Turquie tuent un civil kurde qui demandait la libération de son neveu

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SYRIE / ROJAVA – Dans le canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie, des membres d’Ahrar al-Sharqiya ont frappé Rezan Khalil à la tête, lui causant une hémorragie cérébrale qui l’a tué. Khalil avait été arrêté et torturé pendant 5 jours alors qu’il était venu demander la libération de son neveu, Azad Khalil, arrêté par les membre d’Ahrar al-Sharqiya.

Le 3 février 2022, Ahrar al-Charkiya (Rassemblement des hommes libres de l’Est), qui opère sous l’égide de l’Armée nationale syrienne (ASL / SNA), a publié une déclaration niant toute responsabilité dans la mort de Rezan Khalil, un civil du village de Jaqla Foqani /Çeqelê Cûmê du district de Shaykh al-Hadid/Şiyê. Ahrar al-Sharqiya a affirmé qu’il ne pouvait pas être derrière le meurtre de Rezan puisqu’il n’a aucune présence dans le quartier de sa résidence. Ahrar al-Sharqiya a également déclaré que ses membres avaient rendu visite à la famille de Rezan (connue localement sous le nom de famille Y’ayou) avec des membres du Comité de règlement des griefs et lui avaient présenté leurs condoléances.
 
Le lendemain, Ahrar al-Sharqiya a publié une autre déclaration sous le titre « Remerciements et gratitude », dans laquelle il a salué les efforts de la police militaire d’Afrin pour découvrir la vérité sur les circonstances entourant la mort de Rezan. Dans sa déclaration, Ahrar al-Sharqiya s’est également engagé à s’opposer à ce qu’il a qualifié de « phénomène de propagation de mensonges » qui vise à saper la cohésion sociale au sein du peuple syrien.
 
Les Syriens pour la vérité et la justice (STJ) ont mené leur propre enquête sur la mort de Rezan Muhammed Khalil. Nous avons interrogé deux membres d’Ahrar al-Sharqiya, deux membres de la police militaire d’Afrin, un travailleur médical local, ainsi que d’autres sources locales à Afrin.
 
Nos enquêtes ont révélé que les déclarations d’Ahrar al-Sharqiya sur la mort de Rezan étaient fausses. Nous avons vérifié que Rezan était mort sous la torture dans un centre de détention géré par Ahrar al-Sharqiya à Afrin. Il avait été frappé à la tête avec un objet dur, provoquant une hémorragie cérébrale qui l’a tué fin janvier 2022.
 
Détails du meurtre
 
Des sources ont confirmé qu’au cours de la première semaine de janvier 2022, des membres d’Ahrar al-Sharqiya ont arrêté Azad Ismat Khalil pour affiliation au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Azad est originaire du village de Jaqla Foqani de Shaykh al-Hadid et réside dans la ville d’Afrin où il a été arrêté près de l’école Zakaria Habash dans le district d’Az Zaydiyah. Près de vingt jours après l’arrestation d’Azad, son oncle Rezan Khalil Muhammed s’est rendu au siège d’Ahrar al-Sharqiya, situé rue Velat dans le centre-ville d’Afrin, pour négocier la libération de son neveu. Cependant, des membres de l’Ahrar al-Sharqiya ont détenu Rezan pendant cinq jours, au cours desquels il a été battu et torturé, ce qui l’a tué.
 
Dans sa déclaration du 3 février 2022, Ahrar al-Sharqiya a nié avoir une présence dans la ville de Shaykh al-Hadid (lieu de naissance de Rezan et Azad), qui est contrôlée par la Brigade Suleiman Shah (également connue sous le nom d’al-Amshat), dans un tenter d’induire le public en erreur. Cependant, l’incident s’est produit dans la ville d’Afrin, où Ahrar al-Sharqiya est présent, et non à Cheikh al-Hadid.
 
Le 24 janvier 2022, Rezan a été emmené à l’hôpital militaire d’Afrin ; cependant, son état critique a nécessité son transfert dans un hôpital de Reyhanlı, en Turquie. Malgré le transfert, Rezan est décédé d’une grave hémorragie cérébrale qu’il a subie fin 2021. Son corps a ensuite été renvoyé à Afrin, en Syrie.
 
Une source de la police militaire a déclaré à STJ :
 
« Ahrar al-Sharqiya a arrêté le jeune Azad sous l’inculpation d’appartenance au PKK. Ensuite, son oncle, Rezan, est allé négocier sa libération avec la faction, qui a demandé 1500 dollars américains pour ce faire. Cependant, Rezan a refusé de payer une somme aussi importante et s’est donc disputé avec les membres de la faction, qui l’ont alors détenu. Rezan a été sévèrement battu en détention, ce qui l’a obligé à être hospitalisé. »
 
Dans le même ordre d’idées, un membre du personnel médical de l’hôpital militaire d’Afrin a témoigné à STJ :
 
« Le 24 janvier, Rezan a été transféré en ambulance de l’hôpital militaire d’Afrin vers la Turquie via le poste frontière de Hamam. On lui a diagnostiqué une hémorragie cérébrale. Personne ne connaît la date exacte de la mort de Rezan ni la date à laquelle son corps a été renvoyé en Syrie. Néanmoins, il est certainement mort en Turquie car il était vivant lorsqu’il y est entré. »
 
Un habitant du village de Jaqla Foqani a confirmé à STJ que Rezan est décédé le 31 janvier 2022 dans un hôpital turc et que son corps a ensuite été renvoyé à Afrin en Syrie. Le témoignage correspond à celui du personnel médical en termes de lieu de décès de Rezan.
 
Ahrar al-Sharqiya et l’implication de la police militaire dans la mort de Rezan
 
Le STJ s’est entretenu avec deux sources à Ahrar al-Sharqiya, dont l’une a confirmé que la faction avait chargé l’un de ses conseillers/chefs religieux de la charia d’enquêter sur la mort de Rezan et de déterminer si le bureau de sécurité de la faction était responsable de l’incident. La source a déclaré :
 
« Nous avons confirmé que le jeune homme, Azad Ismat Khalil, avait été initialement arrêté sur la base d’un rapport malveillant et lors de son interrogatoire, il a avoué appartenir au PKK. Cependant, après une recherche approfondie de son téléphone portable, aucune preuve tangible n’a été trouvée prouvant ses aveux, ce qui suggère qu’il l’a fait sous la pression. »
 
La même source ajoute :
 
« Quant à Rezan Muhammed Khalil, l’oncle d’Azad, nous avons confirmé qu’il était venu au siège de la faction pour demander la libération de son neveu. Ensuite, les membres de la faction lui ont demandé 5 000 000 de livres syriennes pour répondre à sa demande. Cela a mis Rezan en colère, ce qui l’a provoqué dans une dispute avec les membres de la faction, s’est terminé par sa détention et son passage à tabac par ces derniers. »
 
Une deuxième source de la faction a témoigné que certains commandants d’Ahrar al-Sharqiya ont tenté de profiter de la mort de Rezan pour ternir l’image du bureau de sécurité de la faction à Afrin, ce qui inciterait le chef de la faction, Abu Hatem Shaqra, à agir contre lui. Cependant, Abu Hatem s’est empressé de classer l’affaire de la mort de Rezan et de la dissimuler avec l’aide de membres de la police militaire d’Afrin avec lesquels il entretient de bonnes relations.
 
La police militaire et l’hôpital militaire d’Afrin n’ont publié aucun document ou déclaration sur l’incident de la mort de Rezan, pas même un certificat de décès ou un rapport médico-légal.
 
Mustafa Sheikh, un militant des médias et membre de l’ Organisation des droits de l’homme – Afrin a fourni à STJ une déclaration exclusive dans laquelle il a cité un scénario différent de la mort de Rezan :
 
« Le 1er février 2022, j’ai eu une conversation avec un parent de Rezan qui m’a dit que tout a commencé quand Ahrar al-Sharqiya a arrêté Azad et que son oncle, Rezan, s’est rendu à la faction pour s’enquérir du sort de son neveu. Ensuite, les membres de la faction ont demandé à Rezan une grosse somme en échange de la libération d’Azad. Ainsi, Rezan a contacté ses proches en Europe pour l’aider à sécuriser le montant. Rezan a réussi à collecter une somme de 2000 dollars américains et l’a donnée à un avocat qu’il a engagé pour aider à accélérer la libération d’Azad. (Remarque, la faction a demandé à Rezan un montant autre que celui qu’il a donné à l’avocat.) »
 
Mustafa a ajouté :
 
« Ahrar al-Sharqiya a accusé Rezan d’avoir obtenu l’argent de la région d’al-Shahbaa sous le contrôle des Unités de protection du peuple (YPJ)/le Parti de l’Union démocratique et l’a arrêté en conséquence. Pendant sa détention, Rezan a été frappé à la tête. La torture brutale qu’il a subie lui a laissé des ecchymoses sous l’aisselle droite. Suite à cela, Rezan s’est effondré et les membres de la faction l’ont ramené chez lui par leur véhicule militaire. Le lendemain matin, après moins de 24 heures, Rezan a été transféré à l’hôpital militaire et de là dans un hôpital en Turquie où il est décédé. »
 
L’activiste Mustafa Sheikho a fourni à STJ des photos de Rezan avant son enterrement. Mustafa a noté que la faction Ahrar al-Sharqiya avait menacé d’arrêter la famille et les proches de Rezan s’ils publiaient des informations relatives à sa mort.
 
Le bureau du département américain du Trésor a sanctionné le groupe armé syrien Ahrar al-Sharqiya et deux de ses dirigeants pour avoir commis des crimes contre des civils, en particulier des Kurdes, notamment des homicides illégaux, des enlèvements, des actes de torture et des saisies de biens privés.
 
Ahrar al-Sharqiya est affilié au premier corps, dirigé par le général de brigade Adnan al-Ahmed (premier chef d’état-major adjoint), qui est sous le commandement du ministre de la Défense du gouvernement intérimaire syrien et chef d’état-major, le général de brigade Hassan Hamadé.
 
Abdurrahman Mustafa est le chef du gouvernement intérimaire syrien, opérant sous la Coalition nationale des forces révolutionnaires et d’opposition syriennes (SOC).