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ROJAVA. Des femmes forment un bataillon à Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Les femmes de la ville de Qamishlo et des forces de défense civile (en kurde : HPC-JIN) ont annoncé la formation d’un bataillon nommé Şehid Ayaz.

Les femmes de la ville de Qamishlo, dans le canton de Cizîr, ont formé, avec les Forces de défense communautaires – femmes (HPC-JIN), un bataillon nommé Şehid Ayaz pour défendre leur terre et leur région dans le cadre de la mobilisation générale.

S’exprimant au nom du bataillon, Wedha Wenikî, membre de Hêzên Parastina Cewheri -JIN (HPC-JIN), a annoncé que les femmes de la commune de Şehid Lewend, dans le quartier de Qurnish à Qamishlo, ont créé le bataillon Şehid Ayaz. Elle a précisé que ce bataillon protégera le quartier contre les menaces et les attaques actuelles.

Wedha Wenikî a souligné : « Nous soutenons nos enfants qui défendent leurs régions en première ligne. » (ANF)

ROJAVA. Les forces gouvernementales syriennes entrent à Hassaké

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SYRIE / ROJAVA – Les forces affiliées à Damas sont arrivées dans la ville de Hassaké, conformément à l’accord conclu entre Damas et les Kurdes. Leur présence dans la ville serait plutôt symbolique selon les sources kurdes. 

Les forces de sécurité gouvernementales sont entrées lundi dans la ville d’Hasakah, dans le nord-est de la Syrie, conformément à l’accord conclu entre le gouvernement de transition syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Les sources locales ont indiqué qu’un convoi des forces de sécurité de l’Intérieur de Damas (MOI) est arrivé à Hassaké en début de l’après-midi.

La source a indiqué que le convoi était composé d’une centaine de personnes, dont des officiers.

Les forces de Dams se sont d’abord se déployée à Hawl, dans la campagne du sud-est de Hassaké, avant d’enter à Hassaké.

Peu avant l’entrée du convoi de sécurité gouvernemental dans Hassaké, des avions de combat de la Coalition mondiale ont survolé la ville.

ROJAVA. Les femmes de Kobanê vont défendre les acquis de la révolution

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SYRIE / ROJAVA – Les femmes de la ville de kurde de Kobanê ont déclaré que malgré le siège sévère, elles continuent de résister et n’abandonneront pas la voie de la lutte et ajoutent: « Nous avons confiance en notre force et nous protégerons les acquis de notre révolution. »

Des femmes de la ville de Kobani, dans la région de l’Euphrate, ont exprimé leurs points de vue concernant la résistance populaire et le siège imposé à la ville par des factions du gouvernement intérimaire soutenues par l’État occupant turc.

Dans ce contexte, la citoyenne Fatima Khalil a salué la résistance du peuple, déclarant : « Notre peuple mène une résistance sans précédent, qui se poursuit encore aujourd’hui. Nous saluons nos compatriotes des quatre régions du Kurdistan qui se sont levés pour nous. De même que les habitants de Kobané ont vaincu les mercenaires de Daech, qui représentaient la lie de l’humanité, la résistance actuelle de Kobané a uni les quatre régions du Kurdistan. »

Fatima a expliqué que la ville de Kobani reste assiégée et que la résistance populaire se poursuit, ajoutant : « Il est vrai que nous vivons sous un siège suffocant, mais nous sommes fiers de notre résistance. Nous sommes convaincus que notre résistance triomphera et que nous écrirons ainsi des pages d’histoire. Nous soutiendrons toujours nos dirigeants et n’abandonnerons jamais la voie de la résistance. »

Pour sa part, la citoyenne Nadia Hasso a affirmé qu’un peuple qui résiste depuis des années ne renoncera jamais à la lutte et protégera les acquis de sa révolution. Elle a ajouté : « L’ennemi veut briser notre volonté et saper nos progrès, mais nous ne renoncerons pas à la résistance. Nous resterons fermes jusqu’au bout et protégerons notre héritage. »

Nadia a également souligné que « la résistance, c’est la vie », insistant sur le fait qu’ils continueront à intensifier leur lutte et n’abandonneront jamais la voie de la résistance.

De son côté, Badia Mahou a déclaré que le peuple kurde vit dans une résistance quotidienne et défend les acquis de sa révolution, ajoutant : « Les habitants de Kobani résistent toujours face à l’ennemi et continueront de lutter jusqu’au bout pour le vaincre. Ce n’est pas la première fois que le peuple de Kobani résiste. Même si l’on nous demande de résister mille fois, nous résisterons, et la victoire sera toujours notre alliée. » (ANHA)

KURDISTAN. 19 médecins arrivent au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Le médecin Raper Abbas, arrivé au Rojava avec 18 médecins du Kurdistan du Sud, a souligné l’urgence de renforcer les services médicaux dans les zones kurdes, compte tenu de la situation actuelle et de l’aggravation des difficultés. Il a rappelé que le Rojava fait partie du Kurdistan et que leur venue s’inscrit dans un devoir humanitaire et patriotique : celui d’apporter un soutien et une assistance médicale à leurs frères et sœurs et de contribuer à soulager les souffrances des habitants et des personnes déplacées.

Une délégation médicale composée de 19 médecins des villes de Souleimaniye et d’Erbil, dans le sud du Kurdistan, est arrivée hier au Rojava pour fournir une assistance et des services médicaux face aux besoins croissants en matière de soins de santé dans la région.

Parmi les médecins participants figurait le médecin Raper Abbas, spécialiste en chirurgie maxillo-faciale, qui a expliqué à l’agence ANHA les motivations de leur engagement dans cette initiative humanitaire. Il a précisé que leur arrivée du Kurdistan du Sud faisait suite à des reportages médiatiques soulignant l’urgence des besoins en services médicaux et de santé.

Abbas a ajouté : « Le Rojava fait partie du Kurdistan, et qu’il s’agisse de Qamishlo ou de Sulaymaniyah, c’est un seul et même Kurdistan. Nous sommes arrivés avec diverses spécialités médicales, y compris la chirurgie, et après avoir pris les dispositions nécessaires avant notre arrivée, nous avons commencé à nous préparer à travailler dans le domaine chirurgical ici. »

Il a noté que la délégation médicale avait apporté du matériel médical de base pour pouvoir fournir les services de santé nécessaires à la population et soutenir leurs frères du Rojava. (ANHA)

« Solidarité avec le Rojava ! Contre tous les empires »

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PARIS – La fédération syndicale, Solidaires étudiant-e-s apporte son soutien aux Kurdes du Rojava attaqué par les gangs djihadistes de Damas.

Voici le communiqué de Solidaires étudiant-e-s :

Solidarité avec le Rojava ! Contre tous les empires

La population kurde de Syrie a été attaquée à Alep, Damas, Raqqa et Kobanê, par les gangs djiahdistes soutenus par le pouvoir Syrien et Turc.

Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie étatique turque anti-kurde, contre le droit à l’auto-détermination des peuples l’état turc bombarde et mène des opérations militaires contre les YPG kurdes depuis plus de 10 ans. Tout en menant une politique intérieure raciste depuis l’indépendance turque.

La France a son erreur historique aujourd’hui à payer, le prix de ses volontés impérialistes du XXe siècle, et des accords de Sykes Picot durant lesquels elle avait promis un territoire aux arméniens et aux kurdes. Aujourd’hui les deux ont été abandonnés par les occidentaux et la seule opportunité pour les kurdes se trouve encore et toujours dans la résistance face aux forces impérialistes soutenues par Erdogan et son armée.

La même armée dont il se servait pour attaquer l’Arménie ou la Libye, la même armée de mercenaires djihadistes mobilisée sous le silence et l’hypocrisie occidentale

Il n’y a pas de place pour les fascistes génocidaires, pas de place pour Erdogan et Jolani. Nous souhaitons apporter notre soutien absolu et inconditionnel à la lutte du peuple kurde, dans toutes ses formes et modalités, contre les impérialismes turcs et syriens. Nous souhaitons donner notre plein soutien à la révolution du Rojava, la révolution des femmes, et la lutte pour l’autodétermination des peuples, et ce principalement contre l’ennemi historique : la Turquie raciste.

Bijî Rojava, Bijî Kurdistan. Gloire aux fedayin et aux peshmergas !

SYRIE. Plus de 1 200 Kurdes massacrés à Alep

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SYRIE / ROJAVA – Plus de 1 200 personnes ont été massacrées à Cheikh Maqsoud et Achrafieh, quartiers kurdes d’Alep. Par ailleurs, les gangs de Damas ont enlevé plus de 2 000 personnes, dont des femmes et des enfants.

L’Organisation des droits humains d’Afrin–Syrie a publié un bilan des violations et crimes commis en janvier par les groupes HTS–DAECH et les milices sous contrôle de l’État turc dans plusieurs régions de Syrie, notamment à Alep, dans le Nord et l’Est de la Syrie.
L’organisation précise que ce bilan n’est pas exhaustif, en raison des obstacles empêchant l’accès à de nombreuses zones.
ALEP
Dans les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh à Alep, les attaques et bombardements menés par HTS–DAECH ont provoqué la mort de plus de 1 200 personnes, dont 100 victimes ont pu être formellement identifiées et documentées.
Un nourrisson est décédé après avoir été exposé à des gaz lacrymogènes à l’hôpital martyr Khaled Fajir à Alep, puis transféré à Hassaké.
Selon les autorités de médecine légale, plus de 270 corps se trouvent encore dans la zone médico-légale du quartier de Jib al-Koubeh à Alep. Certains ont été enterrés sans que leurs familles en soient informées au cimetière de Niquêrîn al-Jadida.
Par ailleurs, plus de 2 000 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été enlevées dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafieh.
AFRIN
À Afrin, sous l’occupation turque depuis 2018, quatre femmes ont été assassinées, sans identification des auteurs.
Trois jeunes et une fillette ont été enlevés.
Une personne a été tuée alors qu’elle migrait de Tabqa vers Efrîn.
TABQA
À Tabqa, un jeune homme a été assassiné et retrouvé décapité.
Une personne tentant de fuir Raqqa a également été tuée.
Deux femmes déplacées de Tabqa vers Hassaké ont été blessées.
KOBANÊ
Quatorze personnes ont été tuées, dont 12 membres de deux familles déplacées de Raqqa.
Cinq civils ont été tués et trois enfants blessés lors de bombardements autour de Kobanê.
Sept autres civils, dont des femmes et des enfants, ont été blessés.
TELL HASSIL
Un avocat a été enlevé alors qu’il se rendait à Alep, puis libéré après trois jours.
Maxime Azadî

ROJAVA. « La France doit maintenant garantir les droits du peuple kurde »

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PARIS – Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) exhorte la France à protéger les droits des Kurdes syriens alors que l’autonomie du Rojava a été anéantie par le régime djihadiste de Damas et que des milliers de Kurdes syriens ont été massacrés depuis le 8 janvier dernier.

Le CDK-F a publié le communiqué suivant qui demande à la France de protéger les droits des Kurdes syriens :

Rojava : de la mobilisation populaire à la responsabilité politique – la France doit maintenant garantir les droits du peuple kurde

Depuis le 6 janvier, le peuple kurde du Rojava a été confronté à une offensive militaire d’ampleur marquée par des sièges, des bombardements, des déplacements forcés de populations civiles et une crise humanitaire grave. Cette séquence de violences a menacé l’existence même des populations kurdes ainsi que les acquis démocratiques, politiques et sociaux construits au Rojava au prix de lourds sacrifices.

Face à cette situation, une mobilisation populaire et politique sans précédent s’est organisée en France.

Une mobilisation nationale historique

Depuis le début de la crise, 87 manifestations et rassemblements ont été organisés par le réseau du CDK-F dans 44 villes françaises, mobilisant plusieurs dizaines de milliers de personnes à travers tout le pays.

Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Lille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Montpellier et de nombreuses autres villes ont vu descendre dans la rue des citoyens, des élus, des militants associatifs et des familles entières pour défendre le Rojava, dénoncer les massacres et exiger une action diplomatique concrète de la France.

Cette mobilisation massive n’a pas été symbolique.
Elle a fait évoluer le rapport de force politique, installé durablement la question du Rojava dans le débat public et contribué à renforcer l’implication diplomatique française.

Un engagement diplomatique constant du CDK-F

Parallèlement aux mobilisations populaires, le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a mené un travail institutionnel continu et structuré :

  • rencontres avec des parlementaires et élus locaux,
  • échanges avec les autorités françaises et services de l’État,
  • coordination avec syndicats, ONG et organisations de la société civile,
  • actions d’information et de sensibilisation auprès des médias.

L’ensemble du réseau du CDK-F a été pleinement mobilisé pour pousser la France à agir afin de protéger les Kurdes du Rojava et préserver leurs acquis démocratiques.

Une première avancée politique, mais fragile

Les développements récents sur le terrain, notamment l’annonce d’un cessez-le-feu et d’un processus politique entre les Forces démocratiques syriennes et Damas, ouvrent une fenêtre d’espoir et constituent une évolution importante pour la reconnaissance des droits du peuple kurde.

Le CDK-F salue l’implication diplomatique de la France qui a contribué à rendre possible cette évolution.

Toutefois, cette étape demeure fragile. Elle ne sera crédible que si sa mise en œuvre est effective et garantie dans les faits. 

Nous resterons particulièrement attentifs :

  • au respect effectif de l’identité, de la langue et des droits culturels du peuple kurde ;
  • à la préservation des droits des femmes et des acquis démocratiques du Rojava ;
  • à la levée totale des sièges et à la protection des populations civiles ;
  • à la reconnaissance et à la réparation des crimes commis par les factions djihadistes.

La mobilisation du CDK-F et de la société civile ne s’arrêtera pas à la signature d’un accord.

Elle se poursuivra sans relâche jusqu’à la mise en œuvre complète des engagements pris et à la garantie réelle des droits du peuple kurde.

La solidarité populaire a permis de faire bouger les lignes. Désormais, la responsabilité politique doit s’imposer.

« Des crimes contre l’humanité sont commis à Kobanê »

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SYRIE / ROJAVA – La défenseure des droits des enfants, Canan Demir a déclaré que des crimes contre l’humanité sont commis dans le canton kurde de Kobanê, où des enfants meurent de froid et où des civils sont systématiquement pris pour cible.

 

 

Les attaques menées par Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l’État islamique et des mercenaires affiliés à l’État turc contre Kobanê se poursuivent. Toutes les routes reliant la ville au reste du monde sont coupées, et l’approvisionnement en carburant, en électricité, en eau et en médicaments est totalement interrompu.

En raison du siège et des conditions hivernales rigoureuses, cinq enfants ont perdu la vie dans la ville, tandis qu’un autre a été tué par un obus d’artillerie. Face à la dégradation rapide de la situation humanitaire, les organisations de la société civile et les représentants des partis politiques ont appelé les Nations Unies et le Conseil de l’Europe à prendre leurs responsabilités. Ils ont également lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle renforce sa solidarité avec la population de Kobanê.

 

Canan Demir, présidente de l’association de défense des enfants Narin Yaşam, s’est entretenue avec ANF au sujet de la situation à Kobanê et a déclaré que le processus en cours viole le droit international. Elle a déclaré que les pratiques en vigueur dans la région ne respectent même pas l’éthique de la guerre, ajoutant que les enfants, les femmes et les civils sont directement visés.

Ne pas rester silencieux face au massacre

Canan Demir a déclaré que la situation à Kobanê devait cesser immédiatement et qu’une procédure urgente devait être engagée sans délai au niveau international. Elle a ajouté : « Nous exigeons que cela cesse sur la base du droit international et qu’une intervention immédiate soit menée. Bien que les droits de nos enfants soient garantis au niveau international, nous sommes profondément attristés de constater que leurs besoins les plus fondamentaux ne sont même pas satisfaits. Nous espérons et souhaitons que cette situation soit éliminée au plus vite et que nos enfants puissent bénéficier des droits humains et de toutes les opportunités. Nous avons perdu cinq enfants. Quelle situation horrible ! Nos enfants meurent de froid. Comment peut-on bafouer le droit à la vie d’un enfant en le laissant mourir de froid ? »

Nul ne saurait rester silencieux face à une telle situation, animé d’une conscience et d’une compassion profondes. L’évolution de la situation est véritablement terrifiante. De plus, le meurtre de civils, d’enfants et de femmes est profondément bouleversant. Nous exigeons que cette situation prenne fin dans un cadre où nos enfants puissent vivre dans les conditions les plus dignes et respectueuses des droits humains. Nous exigeons que leur accès aux droits fondamentaux soit garanti. Le simple fait de devoir exiger le respect de ces droits est honteux, mais perdre nos enfants dans de telles conditions nous cause une douleur indescriptible.

Un couloir humanitaire doit être ouvert.

Canan Demir a déclaré que la communauté internationale devait agir pour garantir l’ouverture d’un couloir humanitaire vers Kobanê et a poursuivi : « Le monde ne se tait-il que lorsque ce sont les Kurdes qui meurent ? Combien de temps encore allons-nous subir l’oppression, combien de temps encore allons-nous être massacrés ? Combien de temps encore la communauté internationale restera-t-elle muette face à la mort de nos enfants ? Alors que ces droits sont, d’une manière ou d’une autre, garantis par les Nations Unies, comment un tel silence peut-il être compatible avec la moindre conscience ? Sur quelle base sommes-nous censés comprendre cette situation ? Honnêtement, je ne sais pas. 

Il s’agit d’un génocide. C’est une tentative d’anéantir l’avenir des Kurdes. Nous parlons d’enfants. Que signifie tuer un enfant ? Que signifie rester silencieux face à la mort d’un enfant ? Cela démontre le parti pris des Nations Unies. Quand il s’agit du peuple kurde, tous les droits sont bafoués.

Un corridor humanitaire vers Kobanê doit être ouvert immédiatement et de toute urgence. Pour que notre peuple, nos proches et nos frères et sœurs puissent accéder au plus vite à leurs besoins les plus fondamentaux, la communauté internationale doit agir, dans le respect du droit international, et veiller à l’ouverture de ce corridor. Grâce à lui, l’accès aux soins de santé, à l’alimentation et à tous les autres droits fondamentaux doit être garanti. » (ANF)

ROJAVA. Les femmes kurdes refusent la soumission à Jolani

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SYRIE / ROJAVA – Lors de la marche d’hier à Qamishlo, plusieurs femmes kurdes ont déclaré : « Nous disons au monde que nous, les Kurdes, ne nous soumettrons jamais ; nous résisterons toujours. Notre principal slogan est ‘Berxwedan jiyane’ (la résistance, c’est la vie !) ».

Des milliers d’habitants ont organisé une marche à Qamishlo dans le cadre des événements de la « Journée mondiale de solidarité avec le Rojava, le 1er février ».

Durant la marche, les participants ont partagé leurs points de vue avec ANF. Vîyan Mihemed, une jeune femme de Qamishlo, a déclaré : « Ces terres sont les nôtres ; nous ne les céderons à personne. Nous soutenons nos combattants de tout notre cœur et de toute notre âme. Tous les Kurdes doivent s’unir. »

Şîlan Omer, membre du mouvement Hîlala Zêrîn, a également déclaré : « Nous saluons les combattants sur tous les fronts. En tant qu’habitants de Qamishlo, nous sommes dans la rue, et en tant que musiciens, nous avons pris notre place dans la résistance et la lutte du Rojava. »

Enfin, Şukriye Osman a déclaré : « Aujourd’hui, nous sommes descendus dans la rue pour soutenir la résistance de nos forces et de notre peuple. Aujourd’hui, les Kurdes ne font plus qu’un dans les quatre régions. Nous sommes solidaires de nos combattants et de nos forces, et nous proclamons au monde entier que nous, Kurdes, ne céderons jamais ; nous résisterons toujours. Notre principal slogan est ‘Berxwedan jiyane’. » (ANF)

La violence étatique ne peut produire de lien social

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SYRIE / ROJAVA – Au milieu des massacres des Kurdes, Druzes et Alaouites en Syrie et en réponse aux propos de l’envoyé spécial américain pour le Moyen Orient, le Barrack qui affirmait que les frontières de la Syrie définie par l’accord Sykes-Picot sont gravées dans la pierre et ne devraient jamais être modifiées, le chercheur Hardy Mède déclare que les violences étatiques ne sauraient produire des liens dans les sociétés profondément hétérogènes.
 
Voici ce qu’a écrit Hardy Mède :
 
« Les diplomates occidentaux, tout comme les chercheurs qui les accompagnent, continuent d’adopter une lecture essentiellement stato-centrée, héritée d’un nationalisme méthodologique. Ils considèrent l’unité de l’État comme un préalable à la stabilisation et à la pacification des sociétés, sans jamais en questionner les conditions de formation ni la nature même de cette unité. Or, comment prétendre construire un État unifié au sein d’une société profondément hétérogène autrement que par le recours à la violence ?
 
L’histoire du Moyen-Orient au cours du siècle dernier a précisément mis en lumière l’incohérence de cette approche et l’incapacité de la violence à produire du lien social durable. Si certains États européens se sont effectivement constitués à travers la guerre, cette trajectoire ne saurait être érigée en norme, ni considérée comme le facteur déterminant dans de nombreux autres cas. »
 
Par Hardy MÈDE
Maître de conférences à l’Institut catholique de Paris (ICP)
Chargé de cours à Sciences Po Paris & à l’École polytechnique
Rédacteur en chef de la revue Études kurdes

BRETAGNE. Les Kurdes manifestent pour le Rojava

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BRETAGNE – Ces derniers jours, plusieurs manifestations ont été organisées en Bretagne en soutien aux Kurdes du Rojava menacés par les gangs djihadistes. Le vendredi 30 janvier, un rassemblement pro-Rojava avait été organisée à Vannes, suivie de celles de Brest et de Rennes (le 31 janvier) et de Lorient (le 1er février).

Aujourd’hui, les Kurdes de Lorient et leurs amis étaient dans la rue pour le Rojava, déclarant que le peuple kurde ne s’était jamais incliné face aux massacres qui les ont ciblés depuis des siècles, en ajoutant qu’ils seraient dans la rue tant que le Rojava sera menacé.

Parmi la foule rassemblée sur la place François-Mitterrand à Lorient figurait les membres du Centre culturel alévi du Morbihan et de nombreux sympathisants de la cause kurde.

La foule s’est élancée en scandant des slogans et des hymnes en direction de la place de l’Hôtel de Ville de Lorient. Tout au long de la marche, les manifestants ont scandé des slogans « Bijî Berxwedana Rojava » (Vive la résistance du Rojava), « Bijî Yekîtiya Gelê Kurd » (Vive l’unité du peuple kurde), « Rojava Rojhilat e, Kurdistan yek welat e » (Le Rojava est l’Est, le Kurdistan est un seul pays), « Bijî YPG » (Vive les YPG), « Bijî YPJ » (Vive les YPG / YPJ), « Şehîd namirin » (Les martyrs sont immortels), « Le Rojava n’est pas seul », « Le peuple kurde ne se rendra pas » et « Résistance contre les massacres ».

Sur place, une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes du Rojava. Dans les discours qui ont suivi, l’attention a été portée sur le fait que le peuple kurde a subi, tout au long de son histoire, à des politiques systématiques de négationnisme, de destruction et de massacres. Les orateurs ont affirmé que les attaques contre le Rojava s’inscrivent dans la continuité de ces politiques.

Lors des discours, on a souligné que le peuple kurde n’a jamais cédé aux politiques négationnistes et génocidaires. Les intervenants ont rappelé par ailleurs que le peuple kurde défendait sa terre et sa liberté avec un esprit de mobilisation intergénérationnel, et que la résistance au Rojava repose sur la volonté directe du peuple.

Les discussions ont également évoqué le fait que les vestiges de l’EI, soutenus par l’État turc, visaient les acquis du peuple kurde. Il a été affirmé que ces groupes n’avaient pu atteindre leurs objectifs face à la dignité et au soutien indéfectible du peuple kurde, et que leurs attaques avaient échoué.

Lors du rassemblement, il a été rappelé que le traité de Lausanne, signé il y a un siècle, a privé le peuple kurde de tout statut. Il a été affirmé que les initiatives diplomatiques et politiques actuelles, menées depuis Paris, constituent un « second Lausanne » visant les Kurdes. Il a été déclaré que ces processus ont pour but de priver le Rojava et les Kurdes du Moyen-Orient de tout accès et de tout statut politique.

Les intervenants ont affirmé que la résistance et la solidarité qui se développent dans les quatre régions du Kurdistan et au sein de la diaspora européenne ont déjoué ces plans. Il a été souligné que l’évolution de la situation au Rojava ne doit pas être évaluée à l’aune des déclarations des puissances étrangères, mais plutôt en tenant compte des forces vives du peuple kurde et de la réalité du terrain.

Les représentants qui ont pris la parole lors de l’événement ont déclaré que les attaques en cours ont renforcé le sentiment d’unité nationale au sein du peuple kurde. Ils ont insisté sur le fait que cette unité est la force la plus importante de la lutte et ont appelé à une solidarité accrue.

La manifestation s’est conclue par les slogans : « Nous resterons dans la rue pour le Rojava », « Le Rojava n’est pas seul » et « Unité, résistance, victoire ». Les participants ont déclaré qu’ils poursuivront la lutte jusqu’à la fin des attaques et l’élimination des menaces qui pèsent sur le Rojava.

Le Rojava au bord du gouffre : pourquoi l’accord FDS-Damas risque de mettre fin à l’autonomie kurde en Syrie

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SYRIE / ROJAVA – L’accord conclu entre Damas et les FDS risque de mettre fin à l’autonomie kurde en Syrie, écrit l’académicien Kamran Matin.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé avoir conclu un « accord d’intégration » avec le gouvernement de Damas dirigé par Ahmad al-Charaa, ancien commandant d’Al-Qaïda soutenu par les États-Unis. Cependant, le texte intégral de cet accord n’a pas été publié et les fragments divulgués jusqu’à présent n’offrent que peu de réconfort à la population du Rojava ni aux combattants des Unités de protection du peuple (YPG) et des Unités de protection des femmes (YPJ) qui le défendent depuis plus de dix ans.

Au vu des informations disponibles, il est difficile d’échapper à la conclusion que la partie kurde a conclu cet accord en situation de faiblesse stratégique et de naïveté politique. Loin de consolider les acquis fondamentaux de l’expérience révolutionnaire du Rojava, cet accord semble au contraire en officialiser le démantèlement.

La question la plus cruciale concerne le sort des FDS en tant que force militaire organisée. Les sources kurdes évoquent la création de plusieurs brigades composées de combattants des FDS, mais restent muettes sur les structures de commandement. À l’inverse, les sources progouvernementales insistent sur le fait que les combattants des FDS seront intégrés individuellement après vérification par Damas. L’intégration des FDS en un bloc, condition essentielle à la préservation de leur cohérence organisationnelle et de leur commandement autonome – une revendication kurde fondamentale de longue date –, n’est donc pas assurée. En pratique, cela équivaut à la dissolution des FDS en tant que pilier de la défense du Rojava.

Tout aussi alarmant est le silence qui entoure les YPJ. Ces unités entièrement féminines, devenues un symbole mondial de l’émancipation des femmes dans la lutte contre Daech, ne semblent pas bénéficier d’un avenir institutionnel garanti par l’accord. Si les dispositions rapportées sont exactes, il n’y aura aucune unité militaire ou de sécurité entièrement féminine, même dans les zones à majorité kurde. Ce serait un recul extraordinaire pour l’une des avancées sociales les plus radicales du Rojava.

Les dispositions sécuritaires sont peut-être encore plus inquiétantes. L’accord exigerait le retrait des FDS des centres urbains, avec le déploiement, certes limité, des forces de sécurité de Damas pour superviser le processus d’intégration. Rien ne garantit que ces forces ne constituent pas une cinquième colonne et ne se coordonnent pas avec des éléments pro-régime dans des villes mixtes comme Hassaké. Des provocations pourraient être orchestrées pour justifier une intervention de l’armée syrienne, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour les civils kurdes. Les récents agissements de la Syrie – que ce soit contre les communautés alévies ou druzes – laissent peu d’espoir quant à la plausibilité de tels scénarios.

Le contrôle des frontières constitue un autre point de friction majeur. L’accord semble conférer à Damas un contrôle effectif des points de passage de Semalka-Fayshkhabur et de l’aéroport de Qamishli. Ceci encerclerait le Rojava, coupant ses liens logistiques et politiques avec Bashur (la région du Kurdistan irakien) et permettant aux forces du régime de projeter leur puissance directement dans la région par voie aérienne.

Le plus frappant est peut-être ce que l’accord ne contient pas. Il ne prévoit aucune reconnaissance constitutionnelle de l’autonomie kurde, aucune garantie pour les droits linguistiques ou culturels, et aucune protection juridique des dispositions. Damas peut tout réviser ou révoquer unilatéralement.

Les institutions administratives de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (DAANES) seront elles aussi subordonnées au gouvernement central. Les employés seront inscrits sur la liste de paie de Damas et tenus de suivre les directives centrales, transformant de fait les structures d’autonomie révolutionnaire en appendices bureaucratiques provinciaux. Il s’agit du démantèlement discret de l’expérience politique du Rojava.

L’accord ne prévoit aucune garantie de tiers, aucun mécanisme de contrôle ni aucune ligne démilitarisée. Dans le cadre de la résolution des conflits contemporains, de telles omissions sont exceptionnelles. Elles témoignent soit d’une confiance aveugle envers Damas, soit d’une profonde méconnaissance des rapports de force.

« L’effondrement du Rojava aurait des répercussions considérables au Kurdistan et au-delà, renforçant les États et les acteurs anti-kurdes et donnant un nouveau souffle aux États coloniaux centralisés et ouvertement racistes qui dominent les Kurdes. »

Prises ensemble, ces dispositions marquent la fin formelle du Rojava en tant que région autonome de facto. Les seuls points positifs apparents sont l’évitement d’une guerre totale et le maintien des combattants des FDS au sein de brigades nominales. Mais même ces acquis sont fragiles. Si Damas contrôle le processus de sélection et les nominations à la tête de ces unités, il peut manipuler leur composition et leur loyauté, les vidant de leur substance de l’intérieur. Ce qui, par conséquent, supprime le principal rempart contre les atrocités anti-kurdes commises par les djihadistes au sein de l’armée syrienne.

Pourquoi donc cette capitulation apparente ? Il est difficile d’échapper à la conclusion que les dirigeants du Rojava ont mal évalué la stratégie américaine en Syrie, leur propre influence et les intentions de Damas. Si les dirigeants du Rojava, notamment Mazlum Kobani, croient avoir préservé les acquis de leur État, ils se font probablement des illusions. Fort de son élan militaire et du soutien tacite des États-Unis, de la France, d’Israël et de la Turquie, Damas n’a aucune incitation structurelle à faire des concessions significatives en l’absence d’une force de contrepoids.

Historiquement, cette force d’opposition a été la résistance kurde. Le Rojava dispose encore d’importantes ressources militaires et sociales, et bénéficie d’une profonde solidarité au sein du Kurdistan et de sa diaspora. Le temps, par ailleurs, ne joue pas nécessairement en faveur de Damas : une crise humanitaire majeure dans les zones kurdes aurait de lourdes conséquences politiques et diplomatiques.

De plus, une attaque américaine contre l’Iran, de plus en plus probable, pourrait bouleverser rapidement et radicalement l’équilibre géopolitique dans toute la région, y compris en Mésopotamie, offrant ainsi au Rojava de nouvelles opportunités de réorganisation. Un nouveau gouvernement irakien dirigé par Nouri al-Maliki adoptera vraisemblablement une attitude hostile envers le gouvernement d’al-Charia à Damas, renforçant indirectement la position du Rojava. Une nouvelle résurgence de l’État islamique pourrait également influencer les calculs et les politiques actuels des États-Unis et de l’Europe, défavorables au Rojava.

Le sort du Rojava a des répercussions bien au-delà du nord-est de la Syrie. Son expérience de démocratie radicale, d’égalité des sexes et d’autonomie locale a profondément transformé le paysage politique kurde dans toute la région. Son effondrement aurait des conséquences désastreuses au Kurdistan et au-delà, renforçant les États et acteurs anti-kurdes et redonnant vie aux États coloniaux centralisés et ouvertement racistes qui dominent les Kurdes.

Ces dernières semaines, la solidarité avec le Rojava s’est intensifiée au sein des communautés kurdes du monde entier. On espère vivement que ses dirigeants politiques et militaires retrouveront le courage qui a caractérisé la défense de Kobanê en 2014. Jolani n’est pas plus puissant que Daech ne l’était alors ; les YPG et les YPJ ne sont pas plus faibles ; et le peuple du Rojava semble tout aussi prêt au sacrifice.

Le slogan [s’élevant] des ruines de Kobanê résonne encore : « La résistance, c’est la vie ». La question de savoir si les dirigeants du Rojava y croient toujours pourrait déterminer l’avenir de l’autonomie kurde en Syrie et, peut-être, l’évolution de la politique kurde dans toute la région.

Par Kamran Metin pour le site The Amargi, version originale à lire ici : Rojava at the Brink: Why the SDF–Damascus Agreement Risks Ending Kurdish Autonomy in Syria