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IRAN. Rafles des militantes des droits des femmes kurdes au Kurdistan iranien

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IRAN / ROJHILAT – Depuis le début des manifestations anti-régime déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini, plus de 100 militantes des droits des femmes kurdes ont été arrêtées par le régime iranien à travers le Kurdistan oriental (Rojhilat). Ces derniers jours, au moins 10 autres militantes des droits des femmes ont été arrêté par les forces de sécurité iraniennes.

Les militantes arrêtées récemment sont Soheila Mota’i, Sarina Hosseini, Delania Khani, Zahra Babamohammadi, Ziba Qelijkhani, Zila Hejbari, Sara Samavati, Pariya Ebadi, Masoumeh Rashidi et Mahshid Khani.

Le samedi 1er octobre 2022, au moins 3 militantes des droits des femmes de Dehgolan, Delnia Khani, Soheila Moatai et Sarina Hosseini, ont été arrêtées par les forces de sécurité iraniennes et transférées à un lieu inconnu.

Quant à Zahra Babamohammadi de Qorveh et Ziba Qelijkhani de Bijar ont été arrêtées le mardi 20 septembre 2022, lors des manifestations dans ces deux villes, elles sont actuellement détenues au centre correctionnel de Sanandaj.

En outre, trois autres femmes enseignantes de Sanandaj (Sînê), Sara Samavati, Pariya Ebadi et Masoumeh Rashidi ont été arrêtées lors des manifestations et sont actuellement détenues au centre correctionnel de Sanandaj.

Mahshid Khani, l’une des militantes des droits des femmes d’Ilam, qui a été arrêtée, est toujours en détention et enfermée dans le quartier des femmes de la prison centrale d’Ilam.

Selon les statistiques de l’ONG des droits de humains Hengaw, lors des récentes manifestations dans différentes villes du Kurdistan iranien, près de 100 militantes kurdes des droits des femmes ont été arrêtées par le régime iranien, et jusqu’à présent l’identité de 75 d’entre elles a été vérifiée par Hengaw.

HENGAW

#EndIranRegime #LetUsTalk #TwitterKurds #مهسا_امینی #MahsaAmini #opiran #IranRevolution2022 #IranProrests2022 #JinJiyanAzadi #SayHerName

PARIS. Manifestation féministe pour Jina Amini

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PARIS – Un collectif de féministes, queers, anticapitalistes et internationalistes appelle à manifester ce dimanche 9 octobre à Paris en solidarité avec la lutte d’émancipation des peuples et femmes d’Iran.

Voici l’appel du collectif féministe:

En solidarité avec les femmes en lutte pour l’égalité et contre la République islamique d’Iran

Appel à une manifestation solidaire avec les luttes d’émancipation en Iran

Dimanche 9 octobre 2022 à 15h Place des fêtes – République  

Depuis 3 semaines le régime patriarcal de la République islamique d’Iran a assassiné Jina-Mahsa, jeune femme kurde en visite à Téhéran. Pour la police des mœurs, elle n’était pas assez voilée. Depuis, pas un seul jour sans que des milliers de femmes ne défient les forces de l’ordre. Pas un seul jour sans qu’elles n’affirment leur droit à exister, avec ou sans voile, comme elles le veulent. 

Jour et nuit, la jeunesse entre en insurrection, les mains nues ou en lançant des pierres et fait reculer des hommes armés jusqu’aux dents. Des forces de l’ordre, nombreuses et variées, en civil ou en uniforme, unies dans une répression sanguinaire. Face à elles, les insurgé.es occupent la rue, défient le patriarcat, crient leur haine, réclament justice et scandent : 

« C’est notre dernier avertissement, c’est le régime que nous visons » 

Toutes et tous restent debout, malgré la violence sans limites, malgré la répression de plusieurs villes en deuil (Saqqez, ville de naissance de Jina 17/09), malgré les arrestations préventives de centaines de militant.es ouvrier.es, activistes féministes, syndicalistes, étudiant.es, associatifs, d’universitaires, de sportifs et artistes, malgré les meurtres de masse (Zahedan, 30/09), malgré les arrestations et tabassages dans les universités (université Sharif, 02/10), malgré les menaces d’un guide (02/10).

Malgré la répression des mouvements de travailleurs et travailleuses de ces dernières années, des organisations syndicales appellent à la grève contre ce régime qui pille, exploite, tue, viole et prétend lutter contre l’impérialisme US alors qu’il réprime des peuples en lutte, en Iran comme ailleurs. Des grèves ont été largement suivies au Kurdistan, d’autres pointent ailleurs. Depuis samedi 1 octobre, les étudiant.es sont entré.es en grève générale dans tout le pays. Des lycéennes les rejoignent, des organisations enseignantes appellent à la grève, des militant.es féministes et ouvrier.es disent leur soutien depuis leur cellule.  Nul ne peut prédire l’issue à court terme de ces mobilisations. Mais elles marquent sans aucun doute un tournant dans l’histoire des luttes et des résistances en Iran. 

Hors d’Iran, des femmes du Kurdistan, d’Afghanistan, de Turquie, du Soudan et de Tunisie les soutiennent et font vivre une solidarité féministe internationale sans précédent. Dans les pays « du Nord », de Biden à Meloni, en passant par toutes les forces réactionnaires en France, c’est l’instrumentalisation des luttes des femmes d’Iran qui règne. 

Nous qui avons un lien avec l’Iran, féministes, anti-impérialistes, anticapitaliste, et opposé.es à toute forme de répression, nous empruntons une voie étroite : soutenir ce soulèvement féministe en Iran ET faire taire les soutiens opportunistes, y compris dans la diaspora. Nous voulons faire entendre les femmes, les travailleuses et travailleurs, les minorités ethniques et religieuses, les LGBTIQ+, les millions de travailleurs et travailleuses afghan.es et leurs descendant.es qui subissent les discriminations institutionnelles en Iran. 

Rejoignez-nous !

Qu’ils soient mollahs ou rois, à bas les oppresseurs !

Pour le droit à la joie, à la vie !

Pour les luttes d’émancipation en Iran et ailleurs ! 

 Femme, Vie, Liberté !

A l’appel d’un collectif féministes, queers, anticapitalistes et internationalistes 

Avec des groupes de gauche et démocrates

 

L’écologiste Greta Thunberg aux côtés du peuple kurde qui dit « jin, jiyan, azadî »

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SUEDE – La célèbre militante écologiste Greta Thunberg a participé à la manifestation de Stockholm condamnant le meurtre de Nagihan Akarsel, journaliste et féministe kurde assassinée par des agents turcs (MIT) le 4 octobre au Kurdistan d’Irak.

Greta Thunberg qui était accompagnée d’amis a déclaré qu’ils soutiendraient toujours le peuple kurde qui dit « jin jiyan azadi » (femme, vie, liberté).

À Stockholm, la capitale de la Suède, les femmes kurdes ont organisé une manifestation contre le meurtre de Nagihan Akarsel, journaliste, co-rédactrice en chef du magazine Jineologî, et membre du centre de recherche en jinéologie au Kurdistan irakien, exécutée le matin du 4 octobre par des agents turcs au Kurdistan irakien.

La célèbre militante écologiste Greta Thunberg et ses amis ont également participé à la manifestation des Kurdes, qui se sont rassemblés dans la rue la plus fréquentée de la ville, Drotninggatan, à l’appel du Conseil des femmes kurdes d’Amara. Les militants portaient la banderole «Arrêtez de vendre des armes à la Turquie».

« Nos luttes ne sont pas déconnectées »

Greta Thunberg, qui portait la banderole « Arrêtez de vendre des armes à la Turquie », a déclaré : « Nous sommes venus ici aujourd’hui pour soutenir la juste lutte du peuple kurde. Ce meurtre de femmes n’est pas nouveau, mais il est important qu’il soit condamné et ait une plus grande résonance. Ce qui s’est passé en Iran [meurtre de Jina Mahsa Amini et les protestations anti-régime qui ont éclaté depuis] est à l’ordre du jour du monde entier et c’est une chose positive. De tels massacres ne doivent pas être [l’unique raison] pour les gens de se réveiller et de réagir, mais je peux dire que cela reste porteur d’espoir. Nos luttes à tous dans différents domaines ne sont pas déconnectées les unes des autres et les Kurdes qui se battent sont très courageux. (…) Nous serons toujours à leurs côtés. Aujourd’hui, partout dans le monde, le slogan « Jin Jiyan Azadi » [femme, vie, liberté] décrit la lutte du peuple kurde et la résistance des femmes. »

Exprimant que leur lutte pour l’environnement est aussi une résistance et que les femmes ne font qu’un avec la nature, Thunberg a déclaré : « Beaucoup de gens ne voient pas que les femmes ne font qu’un avec la nature. Même nos écologistes parfois (…). »

L’action s’est terminée par le slogan « Jin jiyan azadi».

ANF

ROJAVA. Le canton kurde d’Afrin défiguré par l’occupation turco-jihadiste

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La Turquie et des groupes de mercenaires syriens ont envahi le canton kurde d’Afrin en mars 2018. Depuis, des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et contre l’environnement y ont été commis, en plus du changement démographique opéré au détriment des Kurdes de la région.

Le journaliste Alexander McKeever vient de documenter l’aspect cartographique des crimes écologiques et les pillages des sites antiques, ainsi que la transformation urbaine d’Afrin par la Turquie et ses gangs armés.

Pour cela, il a utilisé les données de Google Earth relatives au canton kurde d’Afrin occupé depuis mars 2018 avec des images datant du 8 septembre 2021. (Les précédentes données disponibles dataient de septembre 2019.)

En analysant les images récentes d’Afrin fournies par Google Earth, Alexander McKeever, chercheur et journaliste, a pu documenter la déforestation massive ainsi que le pillage des sites archéologiques de la région d’Afrin (en plus de la transformation de la ville d’Afrin) par les gangs de la Turquie entre 2019 et 20121.

Le document (en anglais) relatif au fouilles des sites archéologiques et la déforestation d’Afrin peut être consulté ici:

Google Earth finally updates its imagery for Afrin city (p.1)

 

PEN kurde condamne le meurtre de l’universitaire Akarsel et appelle le KRG à punir les auteurs

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Alors qu’on assiste depuis un an à des assassinats politiques commis par la Turquie au Kurdistan irakien, PEN kurde a condamné le meurtre de l’universitaire Nagihan Akarsel survenu hier à Sulaymaniyah et a appelé les autorités régionales du Kurdistan à remplir leurs devoirs et à punir les auteurs.

Nagîhan Akarsel, journaliste, universitaire co-rédactrice en chef du magazine Jineologî, et membre du centre de recherche en jinéologie au Kurdistan irakien, a été exécutée le matin du 4 octobre par des hommes armés devant sa maison dans le quartier Bakhtiari, à Sulaymaniyah.

PEN kurde a condamné son assassinat et a déclaré que des écrivains et des journalistes ont été ciblés pour la deuxième fois au Kurdistan du Sud au cours des 40 derniers jours.

« Nous sommes inquiets que cet incident vicieux se soit produit seulement 40 jours après le meurtre de l’écrivain et chercheur Suheyl Xurşid. Malheureusement, le gouvernement de la région du Kurdistan et ses forces de sécurité n’ont pas pu empêcher cette attaque, et les auteurs n’ont pas encore été arrêtés », a déclaré PEN kurde.

« Les autorités de la région du Kurdistan doivent remplir leurs devoirs, capturer et punir les tueurs. Si ces attaques terroristes ne sont pas arrêtées, aucun écrivain ou journaliste ne sera plus en sécurité au Kurdistan du Sud », a ajouté PEN kurde.

RSF condamne cet assassinat, qui est la cinquième attaque visant des personnalités kurdes d’origine turque ou des activistes qui critiquent le gouvernement turc, au Kurdistan irakien en un an.

“RSF dénonce avec force l’assassinat de la journaliste et écrivaine féministe kurde Nagihan Akarsel, perpétré au moment où les femmes kurdes mènent une révolte pour la libération des femmes,” déclare le bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF). Il s’agit de la cinquième attaque, dont quatre mortelles, contre un résident d’origine turque au Kurdistan irakien ou un activiste critique du gouvernement turc en moins d’un an. Nous demandons aux autorités locales de tout mettre en œuvre pour faire la lumière sur cette affaire, pour juger les auteurs de cet assassinat et rendre justice à Nagihan Akarsel.”

 

Depuis septembre 2021, quatre politiciens et militants kurdes ont été assassinés par des agents turcs à Sulaymaniyah, au Kurdistan d’Irak

ANF

#SayHerName: Mahsa Amini était kurde et s’appelait Jîna

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En 1852, la militante des droits des femmes âgée de 35 ans, Tahirih Ghoratolein, a été exécutée par le régime iranien à Téhéran pour deux choses : sa foi bahá’íe et son dévoilement. Ses derniers mots furent : « Vous pouvez me tuer dès que vous le souhaitez, mais vous ne pouvez pas empêcher l’émancipation des femmes. »

Presque exactement 170 ans plus tard, dans la même ville, une femme de 22 ans est décédée après avoir été arrêtée par la soi-disant patrouille d’orientation, une police religieuse islamique qui adhère à des interprétations strictes de la charia . Son infraction était de ne pas porter le hijab conformément aux normes gouvernementales. Lorsque la police l’a arrêtée, le frère de la femme a expliqué qu’ils n’étaient pas de Téhéran et qu’ils ignoraient les règles de la ville (la famille venait de Saqqez, une ville kurde à l’ouest, près de la frontière du Kurdistan irakien) en vain : elle a quand même été emmenée au poste de police. Là, selon sa famille, elle a été insultée et torturée, s’effondrant avant d’être finalement transportée à l’hôpital. À leur arrivée, les médecins ont constaté sa «mort cérébrale». Deux jours plus tard, elle a subi un arrêt cardiaque et n’a pas pu être réanimée.

Le nom de la femme était Jîna, ce qui signifie « vie » en kurde. Jîn (et son équivalent Jiyan ) est étymologiquement lié à Jin, le mot kurde pour femme. Mais le monde la connaît mieux dans la mort par son nom iranien: Mahsa Amini.

Peu de temps après la mort violente d’Amini le 16 septembre, des protestations ont éclaté et se sont propagées des régions kurdes d’Iran à tout le pays et au monde. Les manifestants ont scandé le slogan kurde « jin, jiyan, azadî » – «femme, vie, liberté». Mais dans les reportages, en particulier occidentaux, l’identité kurde de Jîna Amini a été effacée – elle est décrite comme une femme iranienne et son nom persan officiel « Mahsa » – qui pour sa famille et ses amis n’existait que sur des documents d’État – est le un dans les gros titres. Les appels à « dire son nom [#SayHerName]» résonnent dans la vie réelle et sur les réseaux sociaux, mais obscurcissent involontairement le vrai nom de Jîna et, ce faisant, son identité kurde.

La discrimination de l’État iranien contre les Kurdes comprend une interdiction généralisée des noms kurdes qui oblige de nombreuses familles à enregistrer officiellement leurs enfants avec des noms non kurdes, tout en conservant leurs vrais noms à la maison. Cela fragmente à son tour l’expérience de nombreux Kurdes et crée une identité « officielle-légale » et une identité « non officielle-illégale ». L’identité ethnico-culturelle authentique perd sa validité et un nom qui ne dit rien de vos racines vous identifie.

Certaines personnes qui insistent pour appeler Jîna Amini par son nom approuvé par l’État, Mahsa, soutiennent en fait qu’elle n’a pas perdu la vie en détention parce qu’elle était kurde, mais uniquement parce qu’elle était une femme. Par conséquent – ​​selon l’argument – ​​il n’est ni nécessaire ni significatif de l’appeler par son nom kurde.

L’Iran est un État antidémocratique, basé sur un régime brutal. Quiconque ne fait pas partie de l’appareil d’oppression est en danger, quel que soit son sexe, sa religion ou son appartenance ethnique. Certains sont encore plus vulnérables que d’autres. C’est particulièrement le cas des femmes et des Kurdes.

Il est probable que la police de la moralité immorale qui a arrêté Jîna le 13 septembre à l’entrée de l’autoroute Shahid Haghani en présence de son frère (qui porte également un nom kurde non officiel et un nom persan officiel) était au courant de son identité ethnique. Il est possible qu’ils l’aient traitée avec une brutalité particulière à cause de cela. Il est probable qu’elle ait tant résisté aux insultes et aux jurons des officiers en raison de son identité et de sa conscience politique en tant que femme kurde.

Mais que son identité kurde ait joué ou non un rôle important dans la détention et la violence brutale qui ont conduit à la mort d’Amini, la sous-estimation ou la dissimulation de son origine ethnique représente une reproduction de la politique coloniale du régime iranien envers le peuple kurde. Cette attitude est un condensé du pouvoir et de la suppression de la nation majoritaire – même lorsqu’elle est exprimée par des féministes persanes bien intentionnées.

La mort d’Amini a vu des slogans kurdes appelant à la libération et à la révolution des femmes résonner dans le monde entier. « Jin, jiyan, azadî » – et ses traductions – a résonné dans les foules et les manifestations organisées en solidarité avec les femmes en quête de liberté en Iran. Même en Afghanistan, des femmes ont scandé le slogan, malgré les attaques contre les manifestants par les talibans.

Ce chant trouve son origine dans le mouvement de libération des femmes du Kurdistan. Il incarne l’objectif du mouvement : libérer la vie par une révolution des femmes. Il a été chanté pour la première fois collectivement par des femmes kurdes le 8 mars 2006 , lors de rassemblements marquant la Journée internationale de la femme à travers la Turquie. Après cela est venue une période au cours de laquelle des campagnes annuelles ont défié les mentalités patriarcales et les pratiques misogynes au sein de la société kurde. Cette période de lutte intense contre le patriarcat a culminé il y a 10 ans avec la révolution du Rojava, le 19 juillet 2012, qui a fait retentir le slogan « jin, jiyan, azadî » dans le monde entier, au-delà des frontières du Kurdistan.

Le mouvement des femmes kurdes ne vise pas à monopoliser ce slogan, au contraire il vise à l’universaliser dans la lutte pour le confédéralisme démocratique des femmes dans le monde. Néanmoins, ses racines et son contexte doivent être reconnus. Sinon, nous risquons de vider nos slogans de lutte active et de leur faire perdre leur sens. Au moment où j’écris cet article, des femmes du parti allemand CDU/CSU – sous le gouvernement duquel le mouvement de libération kurde [PKK] a été le plus criminalisé – protestent contre le meurtre de Jîna à Berlin, brandissant des affiches avec la traduction allemande de « jin, jiyan, azadî ».

Jîna Amini était une femme kurde. Les femmes kurdes se sont battues si fort pour ne pas être effacées de la vie ; ne laissez pas leurs histoires être réécrites dans la mort.

Par Meral Çiçek, activiste et journaliste kurde

Version anglaise à lire ici:

Jîna ‘Mahsa’ Amini Was Kurdish & That Matters

Say her Kurdish name

 

#EndIranRegime #LetUsTalk #TwitterKurds #مهسا_امینی #MahsaAmini #opiran #IranRevolution2022 #IranProrests2022 #JinJiyanAzadi #SayHerName

 

IRAN. 4 représentants de commerçants de Naghadeh arrêtés après la grève générale de samedi

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IRAN / ROJHILAT – Après la grève générale organisée dans les villes kurdes d’Iran, malgré les menaces du régime, le Département de la surveillance des lieux publics a scellé les syndicats des villes de Piranshahr, Naghadeh, Oshnaviyeh et Sanandaj (Sînê), qui se sont mis en grève le 1er octobre 2022 et arrêté quatre représentants de commerçants de Naghadeh.

Après deux jours de fermeture des locaux de leurs syndicats, les commerçants de Naghadeh ont contacté le département de surveillance des lieux publics et ont exigé la réouverture de leurs syndicats. Le le département de surveillance a demandé aux commerçants de présenter quatre personnes comme leurs représentants à ce bureau pour négocier la question.

Aux premières heures du lundi 3 octobre 2022, quatre citoyens nommés Mahmoud Shafi’i, Mohammad Salehi, Ayyub Bazian et Seyed Taher Rak, sont entrés dans le bureau du renseignement en tant que représentants des propriétaires de magasins, pour négocier la réouverture des syndicats scellés avec les autorités.

Ces quatre citoyens ont été arrêtés par les officiers du renseignement lors des négociations. Deux jours se sont écoulés depuis leur arrestation et il n’y a toujours aucune information sur leur sort et leur lieu de détention.

Des sources proches des familles de ces personnes ont indiqué à Hengaw que les autorités iraniennes n’ont donné aucune réponse claire concernant leur sort et les raisons de leur arrestation.

Le samedi 1er octobre 2022, la quasi totalité des commerçants et des guildes des villes de Sanandaj, Baneh, Marivan, Divandarreh, Sardasht, Dehgolan, Saqqez, Urmia, Paveh, Javanrud, Bukan, Mahabad, Naghadeh, Piranshahr, Kamiyaran, Ilam, a déclenché une grève générale à la suite de l’appel des partis kurdes iraniens à une grève générale pour protester contre les attaques de drones et de missiles du CGRI visant les camps civils appartenant à ces partis au Kurdistan irakien.

HENGAW

Le parlement catalan condamne l’assassinat de Jina Mahsa Amini

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Une déclaration – dans laquelle la chambre condamnait l’assassinat de la jeune femme kurde Jina Mahsa Amini par la police des mœurs iranienne – a été lue le vendredi au parlement catalan.

Le texte, lu par Aurora Madaula de Junts, a exprimé la solidarité du parlement avec les femmes iraniennes ainsi qu’avec les hommes qui sont descendus dans la rue lors de manifestations violemment réprimées contre la république islamique à la suite de la mort d’Amini.

La déclaration a été signée par les porte-parole d’Esquerra, de Junts, des socialistes, du CUP, d’En Comú Podem, de Ciudadanos et du Parti populaire – c’est-à-dire tous les partis sauf l’extrême droite Vox – et appelle à une enquête exhaustive et indépendante sur les circonstances entourant le décès de Jina Amini.

Jina Mahsa Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina Amini montre une fracture osseuse, une hémorragie et un œdème cérébral.

#EndIranRegime #LetUsTalk #JînaAmînî #TwitterKurds #مهسا_امینی #MahsaAmini #opiran #IranRevolution2022 #IranProrests2022

PARIS. Manifestation contre le meurtre d’une militante kurde tuée par des agents turcs à Sulaymaniyah

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PARIS – Nagihan Akarsel, une universitaire du Centre de recherche en jinéologie, a été tuée lors d’une attaque armée à Sulaymaniyah, au Kurdistan irakien. Les militantes kurdes accusent les agents turcs (MIT) d’être derrière son meurtre.

Le Mouvement des Femmes kurdes en France (TJK-F) appelle à manifester aujourd’hui contre « ces féminicides qui visent les femmes kurdes et du monde entier ».

RDV ce mardi 4 octobre, à 18h, place de la République

 

ALLEMAGNE. Le bras long d’Erdoğan atteint Krefeld

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L’Association d’amitié germano-kurde de Krefeld a voulu participer à la semaine interculturelle avec un événement. Pour des raisons encore obscures, la ville a annulé l’événement du programme au motif qu’il troublerait la paix.

Fin septembre, la semaine interculturelle IKW a été célébrée à Krefeld. Celui-ci vise à donner aux associations de migrants et aux communautés religieuses l’occasion de se présenter et comprend également des discussions sur des questions politiques telles que le racisme et l’intégration. Dans sa préface au livret programme, le bourgmestre de Krefeld, Frank Meyer, écrit : « Dans ce contexte, la devise de la Semaine interculturelle sonne comme un appel à nous tous : Sortez de votre bulle ! Parce que nous préférons bien sûr nous déplacer dans notre propre environnement et passer notre temps avec des gens qui fonctionnent comme nous. Le fait qu’il y ait des histoires de vie passionnantes, des postes à considérer et des personnes intéressantes au-delà de la clôture du jardin peut être vu encore et encore pendant l’expérience de la semaine interculturelle. »

Pas d’ouverture sur le sujet du Kurdistan ?

Cependant, même à Krefeld, l’ouverture à la discussion critique a rapidement pris fin lorsque le sujet du Kurdistan devait être abordé. Pour le 27 septembre, l’Association d’amitié germano-kurde (DKFV) et le groupe de conseil du parti DIE LINKE à Krefeld ont organisé l’événement de discussion « Amitié germano-turque ? La guerre éternelle contre le Kurdistan » avec Ayten Kaplan, porte-parole de l’Association des femmes kurdes d’Allemagne (YJK-E), et Ismail Küpeli, l’auteur de « La question kurde en Turquie. De l’application violente de l’État-nation ». Un concert du groupe multiethnique « Nanobeat » était alors au programme.

Discrimination en deux niveaux d’escalade

L’événement était mentionné dans une première version de la brochure du programme, mais uniquement comme titre de programme, sans le texte explicatif et l’annonce du concert suivant. Les créateurs de la brochure ont reçu toutes les informations en temps opportun. De plus, seul le groupe de conseil de gauche a été désigné comme organisateur, le DKFV n’a pas été mentionné ici.

Alors que les organisateurs discutaient encore de la manière de traiter ce traitement discriminatoire de leur événement, ils ont reçu un appel du chef du département Migration et Intégration de la ville de Krefeld, Andreas Pamp. Il a annoncé que l’événement avait été complètement retiré du programme.

Il n’y avait pas eu de concertation préalable avec les organisateurs, explique le groupe communal de la gauche de Krefeld dans un communiqué. À ce jour, il n’y a eu aucune offre de pourparlers et aucune déclaration publique de la haute direction sur l’annulation de l’événement. La raison de l’annulation de l’événement était une plainte formulée par le chef du département lors de la conversation téléphonique. Le groupe du conseil rapporte qu’il a évoqué des arguments qui avaient déjà été propagés en juin par l’Union de l’islam et le DITIB contre la résolution condamnation de la guerre d’agression de la Turquie.

Large solidarité pour les organisateurs de la société civile de Krefeld

L’attitude discriminatoire de la ville de Krefeld envers les Kurdes a rencontré un large soutien de la part de divers groupes et associations de la société civile. Le Seebrücke et plusieurs initiatives féminines ont protesté contre l’annulation de l’événement. Le café international des femmes écrit dans une lettre de protestation: « Même si le titre ou le contenu peuvent être dignes de discussion sous certains angles, c’est exactement pourquoi un espace est ouvert à la discussion. En matière de guerre, la neutralité n’est pas possible. La seule chose qui fonctionne, c’est de recueillir des faits, de nommer les agresseurs, de rendre visible la souffrance, d’écouter, d’échanger des idées, de comprendre, de faire preuve de solidarité, d’échanger des perspectives. Et c’est exactement ce qui est prévu pour cet événement. »

Pas encore de réponse de la ville

La ville de Krefeld n’a pas réagi aux protestations. Néanmoins, l’événement a pu se dérouler comme prévu, certains des visiteurs étant venus dans le but de nouer des liens plus étroits avec les Kurdes de Krefeld à l’avenir.

ANF

KURDISTAN. Une académicienne kurde assassinée à Souleimaniye

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KURDISTAN – Nagihan Akarsel, une universitaire du Centre de recherche en jinéologie, a été tuée lors d’une attaque armée à Sulaymaniyah, au Kurdistan irakien. Les militantes kurdes accusent les agents turcs (MIT) d’être derrière son meurtre.

Network Women Weaving, réseau international de solidarité féminine fondé à l’initiative des femmes kurdes d’Allemagne, a condamné fermement ce crime abominable et à déclaré que cela était « un autre rappel qu’il y a une guerre systématique contre les femmes partout. Les fantassins du capitalisme patriarcal sont là pour étouffer la lutte organisée des femmes et la destruction inévitable de leur ordre international inhumain. Rejoignez-nous les 5/6 novembre à Berlin [pour leur deuxième conférence]. L’avenir nous appartient! »

Figure bien connue pour son travail sur les femmes, la jinéologie et le journalisme féminin, Akarsel est née dans la province turque de Konya et vivait à Sulaymaniyah depuis de nombreuses années dans le cadre de ses études de jinéologie. La journaliste-écrivaine travaillait pour la création d’une académie de jinéologie et d’une bibliothèque des femmes du Kurdistan à Sulaymaniyah.

La jinéologie (Jineolojî), traduit par « science des femmes », est une composante centrale du mouvement de libération kurde et joue un rôle majeur au niveau institutionnel, notamment dans la révolution du Rojava. Jineolojî considère la liberté individuelle des femmes comme une condition préalable indispensable à la liberté de la société dans son ensemble et se concentre sur l’étude de la société, de l’histoire, de la religion, de l’épistémologie et de nombreux autres domaines du point de vue des femmes. Ce faisant, Jineolojî ne se limite pas à l’enseignement universitaire, mais construit des centres, organise des séminaires et travaille activement à l’autonomisation des femmes à tous les niveaux. Les domaines de recherche de Jineolojî ont été établis dans le nord et l’est de la Syrie en 2015. Entre-temps, Jineolojî s’est étendu à toutes les institutions et à tous les aspects de la vie dans le nord et l’est de la Syrie, des académies aux écoles et universités du Rojava et de la Syrie du Nord et de l’Est.

L’universitaire Hardy Mède a écrit sur Twitter:

« La rédactrice en chef de la revue Jineojî a été assassinée ce matin à Soulaimani. Depuis un an, l’Etat turc mène avec facilités des actions terroristes dans la zone sous le contrôle de l’UPK et a assassiné des dizaines des militants associatifs et intellectuels proches du PKK. »

 

SYRIE. En un mois, les gangs de la Turquie kidnappent 75 civils kurdes à Afrin

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En moyenne, plus de deux personnes sont kidnappées chaque jour dans le canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie. En un mois, 75 civils ont été enlevés, 19 000 arbres abattus et 17 000 oliviers confisqués par les mercenaires de la Turquie.

La Turquie a occupé Afrin en 2018 sous prétexte d’établir une  « zone de sécurité » qui est devenue une «zone de terreur» où des crimes de guerre et crimes contre l’humanité sont commis par l’Etat turc.

 

Alors qu’Afrin était un endroit sûr pour la population et pour les réfugiés de toute la Syrie avant l’occupation, la terreur pure règne depuis l’occupation turque. C’est ce que montre également le bilan de l’organisation de défense des droits humains Afrin pour le mois de septembre. Ainsi, au moins 75 personnes, dont trois mineurs, ont été enlevées par les services secrets turcs (MIT) et les groupes de mercenaires pro-turcs. Le sort de beaucoup d’entre eux reste inconnu. Outre les services secrets turcs, les auteurs sont des groupes de mercenaires tels que Furqat al-Hamzat, Liwa al-Mutassim, Faylaq al-Sham, la ramification d’al-Qaïda Hayat Tahrir al-Sham, la police dite civile, le Samerkand Brigade et Jabhat al-Shamiya. Ces groupes sont recrutés parmi les anciens membres de l’EI, extrémistes de droite et djihadistes turcs et se financent par des enlèvements et des demandes de rançon. En septembre, douze personnes ont été enlevées dans les environs des districts de Bilbilê et Raco, 17 personnes à Şêrawa et Cindirês, 44 personnes à Mabeta, Şiyê et Şera et à Afrin même.

L’ organisation de défense des droits humains Afrin a documenté 686 meurtres de civils et 8 455 enlèvements depuis le début de l’occupation d’Afrin en mars 2018 (en décembre 2021). Environ la moitié des personnes enlevées ont disparu à ce jour, tandis que d’autres sont toujours détenues dans des centres de torture. Il y a encore et encore des enlèvements en Turquie, en violation du droit international, où les personnes concernées sont condamnées à de longues peines de prison dans le cadre de poursuites terroristes.

Destruction de la nature et de l’agriculture

Les mercenaires ne sont pas seulement financés par des enlèvements, les produits agricoles et le bois sont également volés par les mercenaires. Au moins 19 000 arbres ont été abattus près d’Afrin en septembre. Dans le même temps, des zones forestières près de Mabeta et Cindirês ont été incendiées pour détruire les retraites de la résistance. Les mercenaires ont également volé les récoltes de 17 000 oliviers à Afrin-Cindirês.

La terreur de l’occupation sert le changement démographique

Les enlèvements et la terreur contre la population servent non seulement l’objectif de contre-insurrection et d’enrichissement, mais aussi de déplacement et de remodelage actif de la démographie de la région. La terreur vise en particulier la population kurde. Le 18 mars 2018, avant l’occupation d’Afrin, la population kurde était de 95%, après l’occupation cette proportion est tombée à 23%. En parallèle au déplacement forcé des Kurdes d’Afrin, des colons fidèles au régime turc et des membres des milices y sont installés.

ANF