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KURDISTAN. L’opposition kurde iranienne de nouveau ciblée

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IRAK / KURDISTAN – Le camp d’un parti d’opposition kurde d’Iran a été ciblé par un drone à l’aube du jeudi 2 juillet, à Dilka, dans le gouvernorat d’Erbil, au Kurdistan du Sud.

L’attaque a visé un site lié à l’un des partis kurdes iraniens en exil (principalement le KDPI – Parti démocratique du Kurdistan d’Iran – ou un autre groupe d’opposition comme le PAK ou Komala, qui disposent de bases dans cette zone). Ces formations sont régulièrement la cible de frappes iraniennes, Téhéran les accusant de mener des actions armées contre la République islamique depuis le territoire irakien.

Détails de l’attaque :

On ne signale aucun blessé ni mort pour le moment. Les dommages semblent limités ou matériels. On ne sait pas encore si l’attaque a été menée par l’Iran ou ses proxies chiites irakiens.

Ce nouvel incident s’inscrit dans une série récurrente de frappes par drones et missiles contre les positions des partis kurdes iraniens d’opposition basés au Kurdistan d’Irak. Ces attaques se poursuivent malgré les cessez-le-feu intermittents dans la région.

TURQUIE. Il y a 33 ans, des islamistes turcs brûlaient des Alévis à Sivas / Madimak

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TURQUIE / KURDISTAN – Il y a 33 ans, le 2 juillet 1993, des islamistes radicaux commettaient l’un des pires massacres de l’histoire contemporaine de la Turquie. Dans la ville de Sivas, ils ont incendié l’hôtel Madımak, brûlant vifs 35 personnes, en grande majorité des intellectuels et artistes alévis réunis pour le festival Pir Sultan Abdal. Parmi les victimes figurait le jeune musicien kurde Hasret Gültekin, âgé de seulement 22 ans.

Ce jour-là, après la prière du vendredi, plus de 15 000 manifestants islamistes, scandant des slogans en faveur de la charia et appelant à la mort des « infidèles », ont encerclé l’hôtel où logeaient les participants du festival. La protestation visait initialement l’écrivain Aziz Nesin, qui avait traduit et publié Les Versets sataniques de Salman Rushdie et était connu pour ses critiques virulentes de l’islam. Très rapidement, la manifestation a dégénéré en une attaque d’une extrême violence.

Les assaillants ont mis le feu à l’hôtel. Aziz Nesin a été exfiltré et sauvé par les forces de sécurité, mais 33 intellectuels et artistes ainsi que 2 employés de l’hôtel ont péri dans les flammes. Deux assaillants sont également morts durant l’attaque, portant le bilan total à 37 morts. Les forces de l’ordre ont été fortement critiquées pour leur passivité et leur lenteur à intervenir face à la foule enragée.

Au-delà d’Aziz Nesin, le massacre visait clairement la communauté alévie, deuxième plus grande communauté religieuse de Turquie après les sunnites, et historiquement discriminée. Ce crime haineux combinait fanatisme islamiste, hostilité envers les alévis et rejet de la laïcité.

Sur le plan judiciaire :

En décembre 1994, 85 suspects ont été condamnés à des peines allant de 2 à 15 ans de prison, tandis que 37 autres étaient acquittés. La Cour d’appel a ensuite annulé ce verdict, estimant que le massacre constituait une tentative de renverser l’ordre constitutionnel laïque pour établir un État théocratique, dirigé contre « la République, la laïcité et la démocratie ». Malgré cela, le 13 mars 2012, la justice turque a prononcé un non-lieu pour cause de prescription, provoquant une immense indignation.

Chaque année, le 2 juillet, des milliers de personnes se rendent à Sivas pour rendre hommage aux victimes devant l’hôtel Madımak, rebaptisé depuis « Monument de la science et de la culture ». Des mesures de sécurité exceptionnelles sont déployées pour éviter de nouveaux incidents.

ROJAVA. Les dépouilles de 18 martyrs transférées de Manbij à Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Ce mercredi, les Kurdes de Kobanê et des villages environnants ont rendu un vibrant hommage à leurs martyrs en organisant le transfert solennel des dépouilles de 18 combattants depuis le cimetière de Manbij, profané par des groupes armés soutenus par la Turquie, vers le cimetière des Martyrs de Dicle à Kobanê.

Les 18 martyrs, issus du Conseil militaire de Manbij, des Unités de protection des femmes (YPJ) et des Forces démocratiques syriennes (FDS), sont tombés entre 2016, lors de la libération de Manbij de l’emprise de Daech (EI), et 2025, pendant les attaques menées par les factions pro-turques contre la ville.

Les martyrs transférés sont : Ali Mohammed Amin Al-Afreet, Mohammed Houran, Amir Anbar, Alaa Ahmed Salam (Jilan Judi), Zahia Barkal Mohammed, Adel Juma Zarif, Abdulrahman Jamal, Abdulrahman Aqili, Farouq Mahmoud Al-Ali, Majd Al-Ali, Mohammed Khalif Al-Khalaf, Mohammed Al-Hamdan, Mahmoud Marai, Mahmoud Youssef Khalifa, Musab Juma Al-Meftah, Rojda Bawer et Youssef Mohammed Dweiji.

Au cours de la même cérémonie, les décès de deux autres combattants ont été annoncés : la combattante des YPJ Farida Walo (nom de guerre : Khamlin Delbrin) et le combattant des FDS Mahmoud Ali (nom de guerre : Dilovan Piro).

La cérémonie a débuté par un défilé militaire des combattants des FDS et des YPJ, suivi d’une minute de silence. Les habitants de Kobanê et des campagnes avoisinantes ont rempli le cimetière des Martyrs de Dicle pour rendre un dernier hommage.

Delbrin Kobani, commandante des YPJ à Kobanê, a prononcé un discours poignant :

« Ces martyrs ont refusé l’injustice faite à leur peuple et ont offert leur vie en sacrifice. Pour honorer leur mémoire, nous les portons dans nos cœurs et nous poursuivons leur combat pour protéger nos acquis. Le prix de la liberté et de la préservation de l’identité d’un peuple est élevé : c’est le sang de ses fils et de ses filles. Sans eux, nous n’aurions ni ce jour ni ces progrès. »

Elle a ajouté :

« Un peuple qui connaît la lutte et la résistance n’accepte jamais l’esclavage ni ne se rend, car il compte des fils et des filles prêts à sacrifier leur vie pour leur patrie. Kobanê, qui a résisté au nom du monde entier, écrit une nouvelle fois l’histoire et nous enseigne des leçons de lutte et de dignité. Ces martyrs ont gravé leur empreinte dans la résistance du peuple kurde et ont contribué à vaincre ce qui fut décrit comme le plus grand terrorisme du monde. »

Delbrin Kobani a conclu par une promesse ferme :

« Nous protégerons les acquis de nos camarades tombés. Notre peuple ne se rendra jamais, n’acceptera ni l’occupation de sa terre ni le déni de sa volonté. Nous serons toujours prêts à nous sacrifier pour notre patrie et notre peuple. »

La cérémonie s’est achevée par la lecture des registres des martyrs, la remise de leurs documents personnels aux familles, et l’inhumation des dépouilles au milieu des youyous, des chants révolutionnaires et des slogans scandés : « Les martyrs sont immortels ! »

SYRIE. Damas a repris les attaques anti-kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Destructions des tombes des combattants kurdes, arrestations des jeunes, agressions des femmes…, ces derniers jours, les gangs de Damas ont intensifié les attaques ciblant les Kurdes.

Depuis la chute du régime d’Assad fin 2024 et l’arrivée au pouvoir du gouvernement transitoire dirigé par Ahmed al-Sharaa (ancien chef d’HTS, ex-branche d’Al-Qaïda), les tensions avec les Kurdes du Rojava (nord-est syrien, administré par les Forces démocratiques syriennes – FDS) se sont fortement aggravées. Des affrontements majeurs ont éclatet en janvier 2026, après l’échec des négociations d’intégration des FDS dans l’armée syrienne.

1. Attaques contre les Kurdes du Rojava et les FDS

Escalade militaire (janvier 2026) : Après des tensions à Alep (quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh en octobre-décembre 2025), les forces gouvernementales et factions alliées ont lancé une offensive début janvier. Elles ont rapidement progressé à l’est de l’Euphrate, prenant de vastes zones arabes (Raqqa, Deir ez-Zor) et menaçant le cœur kurde (Kobané, Hasakah, Qamishli). Les FDS ont perdu une grande partie de leur territoire en quelques jours, en raison notamment de défections arabes locales.

Violations documentées : Exécutions sommaires (y compris décapitations filmées, comparées au style de l’EI), humiliations, violences sexuelles (menaces d’esclavage sexuel sur des combattantes), et tirs sur des convois médicaux. Des prisons contenant des détenus de l’EI (comme al-Shaddadi ou al-Aqtan) ont été attaquées, avec des risques d’évasions.

Vandalisme et profanation des tombes : Des vidéos vérifiées montrent des combattants affiliés à Damas en train de détruire des tombes de martyrs des FDS (à Shaddadi/Hasakah, Raqqa, Sheikh Maqsoud, etc.). Des stèles brisées, insultes, exhumations et actes de profanation ont été rapportés dans plusieurs cimetières de martyrs tombés contre l’EI et Al-Qaïda. Ces actes ont été condamnés comme des crimes de guerre ou atteintes à la dignité.

Ces opération ont provoqué des déplacements massifs (dizaines de milliers de personnes) et des craintes humanitaires en plein hiver.

2. Minorités syriennes (Alaouites, Druzes, Chiites, etc.)

Le gouvernement transitoire et les factions islamistes intégrées ont été impliqués ou accusés de violences sectaires contre plusieurs minorités :

Alaouites (côte méditerranéenne) : Massacres majeurs en mars 2025 (environ 1 400 à 2 000 morts selon les sources), avec exécutions porte-à-porte, incendies de maisons et insultes sectaires. Des représailles après des actions de loyalistes pro-Assad.

Druze (sud, Soueïda) : Violences importantes en avril-juillet 2025, avec plus de 1 000 morts estimés lors d’affrontements et interventions gouvernementales/tribales.

Autres incidents : Attaques contre des Chiites, chrétiens et sites religieux (destructions de mausolées, etc.). Des rapports (HRW, USCIRF) documentent des discriminations et violences identitaires persistantes.

Contexte géopolitique

Turquie : Soutien important aux factions anti-Kurdes (SNA) et pression pour dissoudre l’autonomie kurde (vue comme liée au PKK).

États-Unis / Tom Barrack (envoyé spécial US pour la Syrie et ambassadeur en Turquie) : A facilité des négociations d’intégration. Après les combats, il a déclaré que le rôle des FDS contre l’EI était « largement expiré » et poussé pour une intégration dans un État syrien unifié. Critiqué par certains pour un alignement perçu avec Ankara.

Le gouvernement de Damas (HTS et alliés) est souvent qualifié de « gouvernement d’Al-Qaïda » par ses détracteurs en raison des origines d’HTS, même si celui-ci affirme s’être réformé.

Bilan : Ces événements soulignent les défis de la transition syrienne : risque de fragmentation, revanche sectaire et fragilité des minorités. Les FDS, qui ont joué un rôle clé contre l’EI, se sentent trahies ; Damas cherche à réaffirmer son autorité centrale. Des cessez-le-feu fragiles ont été négociés sous médiation US, mais les violations persistent.

TURQUIE. Zekiye Demir est morte avant de trouver la tombe de son fils tué par l’armée

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TURQUIE / KURDISTAN – Morte hantée par l’espoir de retrouver la dépouille de Turan, disparu de force en 1993, cette mère kurde n’a jamais abandonné son village natal incendié par l’armée turque.

Zekiye Demir, une mère kurde qui a passé plus de trente ans à chercher la tombe de son fils disparu de force, est décédée en laissant derrière elle une vie de résistance silencieuse et une modeste maison d’une seule pièce construite sur les ruines de son village.

Son fils, Turan Demir, a été enlevé en 1993 avec dix autres villageois à Şenyayla, dans le district de Kulp (Diyarbakır/Amed). La même nuit, l’armée turque incendiait le village. La famille, contrainte à l’exil, fut déracinée. Incapable de supporter cette vie loin de sa terre, Zekiye est revenue malgré son âge avancé. Seule, elle a construit une petite maison en terre à côté des ruines de son ancienne demeure. « Je sens ici la présence de ceux que j’ai perdus », confiait-elle.

Jusqu’à ses derniers jours, elle a vécu entre la ville et ce village, passant ses étés à s’occuper seule de ses vaches et de ses poules, cuisinant sur un fourneau en terre, gravissant à pied la colline qu’aucun véhicule n’atteignait. Elle n’a jamais renoncé à chercher la dépouille de son fils.

Dans son dernier entretien, accordé à l’agence ANF peu avant sa mort, elle déclarait :

« C’est notre terre. Quoi qu’il arrive, je ne pourrai jamais l’abandonner. »

Un drame qui dépasse une seule famille

Zekiye Demir racontait avec une douleur intacte la nuit du drame :

« Ils ont d’abord tué mon fils, puis ils ont incendié notre village. Ils ont brûlé nos maisons, nos vergers et nos animaux. Nous avons tout perdu. Mon fils revenait de Muş quand l’État a tendu une embuscade dans la vallée. Nous avons entendu les explosions et les coups de feu… »

Avec d’autres familles de disparus, elle a cherché pendant des années une réponse. Les ossements de Turan Demir et d’Ümit Taş, âgé de 12 ans, ont été retrouvés en 2004. Identifiés par ADN à 99,9 %, les restes ont ensuite disparu. L’affaire a traîné pendant des décennies.

En 2001, la Cour européenne des droits de l’homme avait condamné la Turquie pour la disparition forcée des 11 villageois et pour n’avoir mené aucune enquête efficace. Malgré des preuves, des témoignages et un mandat d’arrêt émis contre le général de brigade Yavuz Ertürk, principal responsable des opérations, ce dernier a finalement été acquitté. L’affaire a été classée pour prescription.

Une vie de résistance

Zekiye Demir n’a jamais oublié. Ni l’incendie de son village, ni la dernière fois qu’elle a vu son fils, ni le silence de l’État.

« Ces montagnes sont désormais couvertes de postes militaires. Tant de personnes ont été tuées ou ont disparu… Cette oppression doit cesser », lançait-elle dans son dernier témoignage.

Par son refus obstiné de quitter sa terre, Zekiye Demir est devenue le symbole vivant de la mémoire kurde face aux disparitions forcées et aux destructions des années 1990.

Elle s’est éteinte en emportant avec elle un espoir jamais réalisé : reposer un jour aux côtés de son fils.

KJAR : Zilan est le symbole de la volonté d’une femme libre

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KURDISTAN – À l’occasion du 30e anniversaire du martyre de la combattante kurde Zeynep Kınacı (Zilan), la Société des Femmes Libres du Kurdistan Oriental (KJAR) a rendu hommage à sa mémoire à travers une déclaration puissante.

« Nous, les femmes unies par une seule voix, sommes capables de réaliser les rêves et les aspirations de tous ceux et celles qui ont donné leur vie pour la liberté. Nous y parviendrons par l’action collective et une résistance organisée », affirme la KJAR.

Le communiqué poursuit :

« Tout au long de l’histoire du mouvement de libération, de nombreuses femmes et hommes ont fait preuve d’un courage et d’une détermination exceptionnels dans les conditions les plus difficiles. Ils ont sacrifié leur vie pour la liberté des femmes et la construction d’une société démocratique.

Face à l’État-nation et à sa mentalité patriarcale autoritaire, des femmes se sont levées avec dignité. L’action révolutionnaire de la camarade Zilan (Zeynep Kınacı) incarne cette résistance. Bien plus qu’une opération isolée, son geste était l’expression d’une idéologie profonde et d’une foi inébranlable dans le socialisme et la liberté. »

Des milliers de Zilan ont suivi

Depuis son martyre, des centaines de femmes ont embrassé son chemin. Parmi elles, la camarade Latife Selamet (Zilan Popule), qui a fait du manifeste de liberté de Zilan son propre guide. Avec un esprit apoïste, elle a rejoint les rangs de la guérilla et est tombée en martyre à Marivan, après avoir résisté avec acharnement à une embuscade des forces du régime iranien.

Comme Zilan et de nombreuses autres combattantes, Zilan Popule n’a jamais plié face aux régimes dictatoriaux et misogynes. Par son sacrifice, elle a ravivé sur cette terre ancestrale l’esprit d’une vie communautaire fondée sur l’éthique, l’égalité et la liberté.

Les femmes révolutionnaires ont fait de la lignée du Leader Apo leur idéal suprême. Elles ont transformé cette philosophie de la vie libre, et particulièrement de la femme libre, en une source inépuisable de force et de moral pour la résistance.

Zilan Popule, à Marivan, a particulièrement œuvré à l’éducation et à l’organisation des femmes, des montagnes aux villages et aux villes. Convaincue qu’aucune société ne peut être libre sans l’émancipation de ses femmes, elle a ouvert la voie à une lutte acharnée et continue dans la région.

En commémorant aujourd’hui Zeynep Kınacı et Zilan Popule, la KJAR réaffirme l’importance cruciale des organisations de femmes en cette période historique. À travers l’Académie « Shehid Zilan Popule », elle poursuit son travail d’éducation, de sensibilisation et d’organisation des femmes kurdes.

« La résistance, c’est la vie. Femme, Vie, Liberté. »

Tal Aran : les récents raids ravivent la mémoire douloureuse des Kurdes de Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Les récents raids menés par les forces de sécurité du gouvernement intérimaire syrien à Tal Aran et Tal Hasel ont ravivé une mémoire collective kurde déjà lourdement chargée. Attaques ciblées, perquisitions musclées, enlèvements de jeunes et agressions contre des femmes kurdes : pour beaucoup d’habitants, ces scènes rappellent les heures les plus sombres de leur histoire récente.

Mardi, les forces de sécurité ont déployé une importante opération dans la région, mobilisant selon des sources locales plus de 200 véhicules, dont des motos équipées de mitrailleuses. Un cordon de sécurité a été établi autour de Tal Aran, bloquant entrées et sorties de la ville. Plusieurs jeunes hommes kurdes ont été arrêtés et au moins une femme, Nazha Hamki, a été blessée après avoir filmé les opérations et exigé la présentation d’un mandat.

Ces événements interviennent dans un contexte de fortes tensions et ravivent des traumatismes anciens. Les Kurdes de Tal Aran et Tal Hasel, deux des plus anciennes localités kurdes de la campagne d’Alep, ont successivement subi :

Sous le régime baasiste : des décennies de marginalisation, d’arabisation forcée, de privation de services et de répression culturelle.

En juillet 2013 : le massacre perpétré par Jabhat al-Nosra (aujourd’hui intégré au gouvernement intérimaire syrien). En l’espace de quelques jours, une cinquantaine de civils kurdes – dont des femmes, des enfants et des personnes âgées – ont été tués. Des exécutions sommaires, des enlèvements et des pillages massifs ont été documentés, contraignant des milliers d’habitants à fuir.

Aujourd’hui, ces mêmes bourgs, encore marqués par les cicatrices de 2013, voient resurgir la peur. Les habitants ont organisé des manifestations spontanées mardi soir, exigeant la libération des personnes détenues et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations commises lors des raids.

Un silence assourdissant

À l’heure actuelle, le gouvernement intérimaire syrien n’a publié aucune déclaration officielle justifiant l’ampleur de l’opération ni répondu aux accusations de violences contre des civils.

Tal Aran et Tal Hasel, situées au sud-est d’Alep, symbolisent aujourd’hui la fragilité de la coexistence dans le nord de la Syrie. Pour les militants kurdes et de nombreux habitants, ces raids ne sont pas de simples opérations de sécurité : ils constituent une nouvelle page d’un long cahier de doléances kurdes qui s’étend sur plus de soixante ans.

ROJAVA. Les gangs de Damas blessent une femme kurde à Tal Aran

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SYRIE / ROJAVA – Les forces affiliées à Damas intensifient leur répression contre les populations kurdes. Ce mardi, plus de 200 véhicules ont été déployés lors de vastes opérations dans les localités de Tal Aran et Tal Hasel, dans la campagne d’Alep.

Au moins 10 jeunes Kurdes ont été arrêtés, accusés d’appartenir à des « forces résiduelles ». Des vidéos choc montrent des scènes de chaos : des femmes hurlent, supplient de ne pas être frappées, tandis que les miliciens s’en prennent violemment aux habitants, y compris aux femmes et aux jeunes.

Une femme passée à tabac pour avoir filmé

Nazha Hamki, citoyenne kurde, a été violemment agressée par les forces de sécurité du gouvernement intérimaire syrien. Alors qu’elle filmait les perquisitions à Tal Aran, elle a exigé la présentation d’un mandat d’arrêt. En réponse, elle a été rouée de coups. Blessée, elle a été transférée à l’hôpital local.

Ces raids brutaux s’inscrivent dans une vague d’opérations récentes menées par les forces de Damas dans les zones kurdes, alimentant la peur et la colère au sein de la population.

ROJAVA. L’occupant turc convoque des élèves à Afrin à cause des symboles kurdes

SYRIE / ROJAVA. Des sources locales rapportent que le service de sécurité de la faculté d’éducation de l’Université de Gaziantep, à Afrin, a interrogé des diplômés kurdes et leurs familles après la cérémonie de remise des diplômes, en raison de la présence de symboles kurdes, dont le drapeau du Kurdistan.

L’antenne d’Afrin de l’Université de Gaziantep, établie dans le canton kurde d’Afrin après son invasion par la Turquie en mars 2018, a émis une décision interne convoquant plusieurs étudiants kurdes et leurs proches pour un interrogatoire, plusieurs jours après la cérémonie. La raison invoquée : le port de symboles kurdes par certains diplômés.

Selon les familles concernées, les convocations ont été transmises via les groupes de communication de l’université, sans aucune explication officielle. À ce jour, ni l’administration locale d’Afrin, rattachée au gouvernement intérimaire syrien, ni les autorités de sécurité n’ont communiqué sur la nature exacte de ces mesures ni sur leur fondement juridique.

La cérémonie s’est déroulée avec la levée des drapeaux des États colonialistes turc et syrien, conformément au protocole imposé. Les questions de sécurité sur le terrain étaient gérées par les forces affiliées à l’administration mise en place par l’occupation turque.

Cette affaire a provoqué une vive inquiétude au sein de la population. De nombreuses familles craignent que les diplômes de leurs enfants ne soient retirés ou que les diplômés soient déférés aux services de sécurité sur la base d’accusations jugées infondées. Elles s’interrogent également sur l’absence d’explication officielle concernant l’imposition du drapeau turc sur le sol syrien et le silence du gouvernement intérimaire.

Aucune disposition légale officielle ne criminalise l’affichage de symboles kurdes dans les zones kurdes.

Ce climat de répression intervient alors que l’accord du 29 janvier entre le gouvernement intérimaire syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) prévoit des garanties pour la spécificité des régions kurdes. Par ailleurs, le décret n° 13 du Premier ministre Ahmad al-Sharaa reconnaît les Kurdes comme une composante essentielle de la société syrienne, interdit toute discrimination ethnique et garantit la protection de la diversité culturelle.

Rappelons que la faculté d’éducation d’Afrin, rattachée à l’Université de Gaziantep, a été ouverte en 2019, un an après la prise de contrôle de la ville par l’armée turque et ses groupes affiliés.

Construction d’une tribune de 800 places au pied de glaciers vieux de 20 000 ans !

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TURQUIE / KURDISTAN – Les finales de la Super League de lutte se tiennent cette année sur le plateau et dans la vallée de Spîxane, dans la province kurde de Hakkari (Colemêrg). La construction d’une tribune de 800 places dans la vallée menace de causer des dommages irréversibles à l’écosystème extrêmement fragile de la région.

Parmi les joyaux naturels de Colemêrg, le plateau et la vallée de Spîxane (également appelée vallée du Ciel et de l’Enfer), situés à environ 45 km du centre-ville, au pied du mont Cîlo et à près de 3 500 mètres d’altitude, figurent parmi les sites les plus spectaculaires et les mieux préservés de la région.

Une partie de la vallée abrite des glaciers vieux de 20 000 ans, tandis que l’autre se distingue par une grande biodiversité : espèces florales rares, plantes endémiques et vastes pâturages alpins. Le Çiyayê Reşko (4 132 mètres), deuxième plus haut sommet du Kurdistan, domine cet écosystème unique.

Des experts ont déjà constaté une fonte accélérée des glaciers due à l’afflux récent de visiteurs. Longtemps interdite d’accès pour des raisons de sécurité, la vallée et son plateau accueillent désormais les finales de la Super League de lutte libre et gréco-romaine (saison 2025-2026), organisées conjointement par le ministère de la Jeunesse et des Sports, le gouvernorat de Hakkari et la Fédération turque de lutte.

Pour l’occasion, une tribune d’environ 800 places a été construite directement dans la vallée. L’organisation d’un événement de cette ampleur représente une menace majeure pour les glaciers et l’ensemble des espèces vivantes.

Des études scientifiques montrent que les glaciers de la région reculent déjà sous l’effet du changement climatique. L’intense activité humaine, les structures temporaires, l’empreinte carbone, le bruit et la pression environnementale supplémentaire risquent d’aggraver considérablement cette situation et d’altérer durablement cet écosystème d’une grande fragilité.

Zana Farqînî : La résistance par la langue face à l’assimilation du peuple kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Le linguiste Zana Farqînî a attiré l’attention sur la lutte contre les politiques d’assimilation, en déclarant : « Toute personne jouant un rôle de premier plan dans la société a la responsabilité de préserver et de développer la langue kurde. »

Dans le cadre des mesures juridiques attendues suite à l’« Appel à la paix et à une société démocratique » du leader kurde Abdullah Öcalan, la reconnaissance officielle de la langue kurde reste une revendication centrale. Alors que la résistance aux politiques d’assimilation visant la langue et la culture kurdes se poursuit, le linguiste Zana Farqînî a souligné l’importance de faire du kurde la langue de l’éducation et de la vie quotidienne.

« La société est coupée de ses racines »

Dans une interview accordée à l’agence Mezopotamya (MA), Zana Farqînî a rappelé que chaque nation se définit par sa langue, qui constitue l’élément fondamental de la création et de la préservation de la culture. Il a ajouté que les gouvernements conscients de cette réalité ciblent souvent en premier lieu la langue.

Farqînî a expliqué que l’assimilation ne se limite pas à l’interdiction d’une langue : « L’assimilation est un processus qui va de l’oubli de la langue à l’endoctrinement. Ainsi, une autre identité est imposée aux sociétés, les coupant de leurs racines. Dès lors qu’une société oublie sa langue, ses membres peuvent facilement adopter une identité différente. »

« La langue kurde doit être présente dans tous les aspects de la vie quotidienne »

Le linguiste a constaté que la langue kurde « disparaît comme la neige sous la pluie », un phénomène visible notamment à travers le nombre de plus en plus faible de jeunes qui la parlent couramment.

Il a observé que le kurde est encore principalement parlé par les générations plus âgées, mais que même ces locuteurs l’utilisent souvent uniquement pour la communication quotidienne et peinent à l’écrire, à débattre ou à s’exprimer pleinement dans leur langue maternelle.

« C’est pourquoi, a-t-il déclaré, toute personne exerçant une fonction de direction au sein de la société a la responsabilité de préserver et de développer le kurde. La langue doit être présente dans tous les aspects de la vie quotidienne pour survivre. Parallèlement, tous les parents devraient parler kurde avec leurs enfants à la maison et protéger leur langue. C’est là un volet essentiel de ce combat. »

Il a insisté sur la nécessité pour chacun de contribuer activement à l’obtention d’un statut officiel pour la langue kurde : « Plutôt que d’attendre passivement que le kurde devienne une langue d’enseignement, nous devons résister activement à l’assimilation. Nous devons également reconnaître que tant que le kurde ne sera pas une langue d’enseignement, la véritable libération de notre peuple sera impossible. »

« Nous soutenons la richesse et la diversité linguistiques »

Farqînî a rappelé aux politiciens et aux dirigeants communautaires leurs responsabilités, soulignant que la société kurde est organisée et politiquement consciente.

Il a regretté que parler kurde ait été marginalisé et a ajouté :

« Nous ne sommes pas contre l’apprentissage d’autres langues. Au contraire, nous soutenons la richesse et la diversité linguistiques. Cependant, apprendre une autre langue ne doit jamais signifier abandonner sa propre langue et sa propre culture. Nous devons veiller à ce que les autres langues n’absorbent pas progressivement notre langue maternelle et nous ne devons pas permettre aux langues étrangères de remplacer la nôtre au sein de nos foyers. »

Le linguiste kurde a conclu en soulignant que « une langue qui n’est plus parlée perd son vocabulaire, et lorsqu’elle ne peut plus résister à la domination d’une autre langue, ses locuteurs finissent par l’abandonner. Dès lors, ils commencent à croire que leur propre langue n’a plus aucune utilité. C’est précisément ce que cherchent à obtenir ceux qui prônent l’assimilation, et c’est l’un des piliers les plus importants de cette politique. Par conséquent, il est essentiel que le peuple kurde mène sa cause et son combat dans sa propre langue. »

Farqînî a enfin appelé à une résistance déterminée contre les politiques d’assimilation afin de préserver la langue kurde pour les générations futures.

IRAN. Forces coloniales perses attaquées à Paveh

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IRAN / ROJHILAT – Un groupe armé kurde a attaqué les forces coloniales perses dans la province kurde de Kirmaşan, tuant deux membres des pasdarans et blessant deux autres.

Au moins deux membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), connu chez les Kurdes sous le nom de Jash, ont été tués et deux autres grièvement blessés dans la ville de Paveh, province de Kermanshah (Kirmaşan), lors d’une attaque revendiquée par un groupe nouvellement formé se faisant appeler « Xori Hiwa » (Soleil de l’espoir).

Logo du groupe Xori Hiwa

D’après les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, l’attaque a eu lieu le lundi 29 juin 2026 au soir, dans le quartier de Mirabad à Paveh. Les deux membres des Gardiens de la révolution tués ont été identifiés comme étant Khaled Khaledi et Borhan Karisani.

Deux autres membres des Gardiens de la révolution, Kamil Shabrang, alias Kamil Hajiji, et Kamal Abdi, ont été grièvement blessés. Hengaw a appris que Hajiji se trouve dans le coma.

Dans un communiqué officiel, le groupe « Xori Hiwa » a revendiqué l’attentat. Il a affirmé que Khaledi avait joué un rôle prépondérant dans la répression et le meurtre de manifestants à Javanrud lors du mouvement Femme, Vie, Liberté (Jin, Jiyan, Azadi).