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TURQUIE. Nouvelle vague de rafles à la veille du sommet de l’OTAN

TURQUIE / KURDISTAN – Des journalistes, des avocats, des universitaires, des étudiants et des militants de divers groupes socialistes font l’objet d’une vaste enquête pour « terrorisme », dans la continuité d’une répression similaire menée la semaine dernière.

Ce matin, la police turque a procédé à des dizaines d’interpellations lors de raids simultanés dans plusieurs provinces, y compris dans les régions kurdes du pays, à la veille du sommet de l’OTAN prévu les 7 et 8 juillet à Ankara.

Les opérations ont touché Istanbul, Ankara, Izmir, Kocaeli, Antalya, Dersim, Urfa, Çanakkale et Bursa. Parmi les personnes arrêtées figurent des universitaires, des avocats, des étudiants en droit, des représentants d’associations, des membres de partis politiques et des syndicalistes.

Des journalistes interpellés

Parmi eux se trouvent plusieurs journalistes : Abbas Vural (collaborateur de Bianet), Buse Söğütlü (rédactrice en chef de T24) et Ceren Erdoğdu (rédactrice en chef d’OdaTV), arrêtés lors de perquisitions à leurs domiciles. Ceren Erdoğdu avait récemment relayé une pétition de l’« Initiative Non à l’OTAN », portée par des musulmans opposés à l’organisation.

Des avocats et des étudiants en droit visés

L’Association des avocats progressistes (ÇHD) a annoncé l’arrestation de sa responsable de la branche d’Istanbul, l’avocate Ezgi Önalan, ainsi que de son membre Yunusemre Işık. L’association a dénoncé des « opérations politiques » et lancé : « Mettez fin aux opérations politiques qui promettent un jardin de roses sans épines à l’OTAN. »

À Ankara, les étudiants en droit Boran Işıldak et Burhan Can ont également été interpellés.

Ciblage des groupes socialistes

À Antalya, au moins 35 personnes ont été arrêtées, dont 11 membres du mouvement « Maisons du peuple » (Halkevleri), parmi lesquels Gürkan Gülseven (membre du comité exécutif central) et Gülcan Şahin (responsable de la branche locale). Des membres du Parti des travailleurs de Turquie (TİP), de la Jeunesse ouvrière et du Mouvement Kaldıraç ont également été placés en garde à vue.

Des raids ont également visé des membres de l’EMEP, du TİP et du Parti socialiste ouvrier (SEP) à Urfa, ainsi que des militants des associations de jeunesse révolutionnaire et du magazine Devrimci Hareket à Çanakkale et Bursa. À Istanbul, Kocaeli, Izmir et Dersim, plusieurs organisations de gauche (Partizan, BDSP, SMİ, SODAP, etc.) ont été touchées.

Un universitaire et un écrivain arrêtés

L’universitaire et écrivaine Sibel Özbudun ainsi que l’écrivain Temel Demirer ont été interpellés à Istanbul dans le cadre d’une enquête du parquet de Muğla portant sur des publications sur les réseaux sociaux. Leur transfert vers Muğla est prévu.

Contexte : une répression avant le sommet de l’OTAN

Les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur ces arrestations. La semaine précédente, les 23 et 24 juin, plus de 220 personnes avaient déjà été interpellées dans une opération d’ampleur, dont 103 placées en détention provisoire.

Le sommet de l’OTAN se tiendra les 7 et 8 juillet au complexe présidentiel d’Ankara, avec la participation de représentants de 32 pays. Près de 40 000 agents de sécurité seront déployés et d’importantes restrictions de circulation sont prévues. Des travaux d’embellissement des façades et l’installation de panneaux publicitaires vantant l’OTAN et l’industrie de défense turque ont été critiqués par une partie de la population.