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IRAN. Une prisonnière politique condamnée à mort

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IRAN – Arghavan Fallahi, une prisonnière politique de 24 ans détenue à la prison d’Evin, a été condamnée à mort pour « rébellion armé », signale l’ONG kurde Hengaw.

Selon les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, la peine de mort de Fallahi a été récemment prononcée par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghasem Salavati, et lui a été officiellement notifiée. Se fondant sur l’article 287 du code pénal islamique, le tribunal l’a reconnue coupable de « baghi » (rébellion armée contre l’État) pour appartenance à des groupes d’opposition et participation à des activités armées.

Après son arrestation, Fallahi a été détenue pendant plusieurs mois dans les quartiers 209, gérés par le ministère du Renseignement, et 241, géré par l’Organisation de protection du renseignement du pouvoir judiciaire, à la prison d’Evin, où elle a subi de graves tortures physiques et psychologiques. Hengaw a appris que les services de sécurité ont cherché à lui extorquer des aveux forcés et à monter un dossier contre elle en l’accusant d’être impliquée dans un complot visant à assassiner deux juges, Mohammad Moghiseh et Ali Razini.

Fallahi a été arrêtée par les forces de sécurité iraniennes début février 2025. Suite aux événements survenus à la prison d’Evin en juin 2026, elle a d’abord été transférée au pénitencier du Grand Téhéran, puis exilée à la prison de Qarchak, avant d’être finalement renvoyée dans le quartier des femmes de la prison d’Evin.

Fallahi avait déjà été arrêtée avec son père en novembre 2022 lors du mouvement « Femme, Vie, Liberté » (Jin, Jiyan, Azadi). Elle a ensuite été condamnée par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par la juge Iman Afshari, à deux ans de prison pour « attroupement illégal et collusion » et « propagande contre l’État ». Elle a été libérée après avoir purgé sa peine.

TURQUIE. Langue kurde : vers un nouveau statut juridique et un enseignement renforcé

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TURQUIE / KURDISTAN – La déclaration finale de la Conférence sur la langue kurde a été publiée à l’issue de l’événement de deux jours organisé les 27 et 28 juin 2026 par les Institutions démocratiques de la langue, sous le slogan « Un nouveau cadre de négociations : du statut à l’éducation ». La conférence s’est tenue au Centre culturel et de congrès de ÇandAmed, en présence de centaines de participants, dont 550 délégués répartis en sept sessions et ayant écouté 19 intervenants.

La déclaration a été lue en kurmanji par Leyla Kaymaz et en kirmanckî (zazaki) par Mehmet Şahin, au nom du comité préparatoire.

Selon le texte, l’objectif de la conférence était de créer un espace de dialogue et de coopération entre universitaires, acteurs politiques et organisations de la société civile sur le statut juridique de la langue kurde, les politiques linguistiques, l’enseignement en langue maternelle, le rôle social de la langue et les stratégies de son développement futur.

« Chaque thème a été examinez à travers ses propres questions et défis », indique la déclaration. Celle-ci souligne que la langue n’est pas un simple outil de communication, mais « la mémoire collective d’une société », le fondement de l’identité et de la nation. Pour le peuple kurde, elle constitue « la clé du statut politique, de l’identité et de la liberté ».

La conférence a adopté une vision dépassant la simple défense de la langue, appelant à sa promotion active comme contribution à la vie nationale et démocratique. Parmi les mesures concrètes proposées figurent : la reconnaissance officielle de son statut, l’enseignement en langue maternelle, l’usage public du kurde, la création d’écoles autonomes, en ligne et mobiles, ainsi que la mise en place d’académies et de fondations linguistiques.

Recommandations et décisions principales (adoptées à l’unanimité) :

  • La lutte pour la langue kurde est indissociable de la lutte pour la libération physique de M. Abdullah Öcalan.

  • La maîtrise du kurde est une condition indispensable pour toute personne aspirant à représenter le peuple kurde ou à diriger ses institutions.

  • La Semaine de la langue kurde (autour du 15 mai) sera célébrée annuellement.

  • Une conférence sur la langue kurde sera organisée tous les deux ans.

  • Création d’une Commune des institutions de langue kurde.

  • Tous les documents officiels des institutions kurdes seront rédigés en kurde.

  • Chaque institution devra consacrer une partie de son budget aux activités linguistiques et organiser des ateliers de kurde pour son personnel.

  • Les sites web et communications officielles seront prioritairement publiés en kurde.

  • Efforts de kurdification du paysage urbain (noms de rues, institutions, etc.).

  • Création d’une institution autonome pour le kirmanckî (zazaki) et d’une chaîne de télévision culturelle indépendante en kirmanckî.

La conférence a également salué les décisions prises lors de la Conférence des gouvernements locaux des 8 et 9 juin 2026 concernant les institutions linguistiques.

 

ROJAVA. Inquiétudes pour un Kurde d’Afrin kidnappé il y a 11 jours

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SYRIE / ROJAVA – Des sources locales rapportent que les services de sécurité générale du gouvernement intérimaire ont enlevé, il y a onze jours, un jeune Kurde du nom de Muhammad Ali Zakariya Naasan, originaire du sous-district de Sheeh, dans la région d’Afrin.

 

Selon les informations disponibles, le jeune homme a été transféré vers la ville d’Alep après son enlèvement. Sa famille a tenté à plusieurs reprises de lui rendre visite et de s’enquérir de son état de santé, mais s’est vu refuser toute autorisation.

Des sources ont informé la famille que des interrogatoires sont en cours, sans toutefois fournir la moindre précision sur les motifs de son arrestation ni sur son statut juridique.

À ce jour, aucune information n’a été communiquée sur le sort de Muhammad Ali Zakariya Naasan ni sur son lieu de détention actuel.

IRAN. Colère à Mahabad après le meurtre d’un Kurde par les Bassidj

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IRAN / ROJHILAT – Un jeune Kurde de 19 ans, Siavash Alak, a été mortellement poignardé lors d’une attaque perpétrée par des paramilitaires (Basij) à Mahabad. Ce meurtre a suscité une vive indignation, des manifestations et une grève générale dans toute la ville.

D’après les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, Siavash Alak a été attaqué par un groupe de membres du Basij le mercredi 1er juillet 2026. Au cours de l’agression, il a été poignardé à plusieurs reprises par un membre du Basij identifié comme Nima Teymouri, et a succombé à ses blessures. Trois autres civils ont également été blessés lors de l’incident.

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent qu’après l’annonce du décès d’Alak, la tension est montée d’un cran à Mahabad. De nombreux manifestants se sont rassemblés devant l’hôpital Imam Khomeini, scandant des slogans hostiles au gouvernement et aux forces de sécurité. La manifestation a finalement été dispersée après l’intervention violente des forces anti-émeutes et des forces de sécurité.

Suite à cet incident, le jeudi 2 juillet, la majorité des commerçants et chefs d’entreprise de Mahabad ont observé une grève générale, refusant d’ouvrir leurs commerces pour protester contre l’exécution extrajudiciaire du jeune homme et la violence persistante des forces affiliées aux Gardiens de la révolution et aux Basij.

Le cortège funèbre de Siavash Alak a rassemblé une foule nombreuse de personnes en deuil et de manifestants. Les participants ont escorté sa dépouille jusqu’au cimetière de la ville en scandant le slogan : « Les martyrs ne meurent jamais. »

L’armement d’agents en civil et de forces paramilitaires Basij, conjugué à l’impunité dont ils bénéficient, a systématiquement engendré un climat d’insécurité, d’exécutions arbitraires et de violations du droit fondamental à la vie dans les villes du Kurdistan. Les agissements illégaux de ces forces constituent une grave violation des normes internationales relatives aux droits humains.

IRAN. Les forces iraniennes tuent un kolbar kurde près de la frontière du Kurdistan d’Irak

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IRAN / ROJHILAT – Le kolbar kurde Wazir Rahimi a été abattu par les gardes-frontières iraniens dans la zone frontalière de Shushmi, dans la province de Kermanshah.

Un Kolbar kurde, identifié comme Wazir Rahimi du district de Shahu du comté de Ravansar, a été abattu par les forces des gardes-frontières iraniens alors qu’il travaillait dans la zone frontalière de Shushmi près de Nowsud, province de Kermanshah (Kermashan).

Selon les informations obtenues par l’organisation Hengaw pour les droits humains, Wazir Rahimi, 57 ans, a été directement pris pour cible et abattu à bout portant par les forces des gardes-frontières iraniens alors qu’il effectuait un transport transfrontalier dans la zone frontalière de Shushmi aux premières heures du vendredi 3 juillet 2026. Il a été tué sur le coup.

Selon les informations obtenues par l’organisation Hengaw pour les droits humains, Wazir Rahimi, 57 ans, a été directement pris pour cible et abattu à bout portant par les forces des gardes-frontières iraniens alors qu’il effectuait un transport transfrontalier dans la zone frontalière de Shushmi aux premières heures du vendredi 3 juillet 2026. Il a été tué sur le coup.

Rahimi était marié et résidait dans le village de Mansour Aghaei, dans le district de Shahu, comté de Ravansar. En raison de la pauvreté et du manque d’emplois stables, lui et sa famille avaient déménagé il y a une vingtaine d’années à Nowsud, ville frontalière, où il gagnait sa vie comme kolbari (travailleur de rue).

D’après les dernières informations reçues de sources locales, le corps de Rahimi a été transféré des hauts plateaux frontaliers au centre de santé de Nowsud, où il se trouve toujours. Il n’a pas encore été rendu à sa famille.

Une nouvelle offensive kurde en Iran ?

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IRAN / ROJHILAT – Depuis quatre jours, de violents affrontements opposent les forces de sécurité iraniennes aux groupes d’opposition kurdes dans plusieurs zones frontalières, faisant des victimes des deux côtés. La question qui se pose est de savoir si ces incidents marquent le début d’une nouvelle offensive militaire kurde.

Selon l’organisation Hengaw, deux affrontements armés ont éclatet dans la soirée du mercredi 1er juillet 2026 à Piranshahr et Sardasht, entre un parti d’opposition kurde et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Les informations restent limitées concernant l’affrontement de Sardasht. La branche armée du Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK) a affirmé ne pas y être impliquée.

« Le PDKI confirme que six Peshmergas, et non cinq, du Parti démocratique du Kurdistan iranien ont été tués lors d’un affrontement avec les forces du CGRI près de Piranshahr, au Kurdistan iranien. Selon nos informations, ils étaient en mission politique et organisationnelle lorsqu’ils ont été pris en embuscade par une importante force du Corps des gardiens de la révolution, lourdement équipée », a déclaré Hejar Berenji, représentant du PDKI aux États-Unis, à Khayrion.

Ce dernier a insisté sur le fait que ces affrontements ne constituent pas une réponse aux récentes négociations entre les États-Unis et l’Iran. « La lutte kurde pour la liberté, la démocratie et les droits nationaux existait bien avant ces pourparlers. Nous assistons à la poursuite de la répression systématique menée par la République islamique contre les Kurdes, tant à l’intérieur du pays que par des attaques répétées contre des camps de civils kurdes au Kurdistan irakien. »

« Le PDKI ne recherche pas le chaos. Nous aspirons à un Iran démocratique, laïque, pluraliste et fédéral. Mais les communautés kurdes ont aussi le droit de se défendre face à la répression et aux attaques des Gardiens de la révolution. »

Par ailleurs, un jeune Kurde de 19 ans, Siavash Alak, a été mortellement poignardé lors d’une attaque menée par un groupe affilié à la milice pro-gouvernementale Basij dans la ville de Mahabad. Ce meurtre a provoqué une vive indignation, des manifestations nocturnes et une grève générale dans la ville, où la situation reste très tendue et la militarisation se poursuit.

Ces affrontements interviennent environ deux semaines après la signature, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente (MoU) en 14 points entre l’Iran et les États-Unis, visant à mettre fin aux hostilités après 40 jours d’attaques aériennes américaines et israéliennes contre l’Iran (du 28 février au 8 avril). Durant cette période, de nombreux rapports avaient évoqué un possible soutien américain et israélien à une offensive kurde transfrontalière, qui ne s’est finalement pas concrétisée.

Les premiers heurts ont débuté après que l’Iran a lancé trois drones suicides contre le PJAK le 25 juin à Baneh, provoquant une annonce de riposte de la branche armée du mouvement. Depuis, la situation s’est nettement dégradée.

Selon un rapport publié le 30 juin par Hengaw, les affrontements dans plusieurs villes ont fait au moins sept morts : trois militaires iraniens et quatre guérilleros du PJAK. La branche armée du PJAK a confirmé la mort de quatre de ses combattants le 27 juin près de Mahabad. Dans un communiqué, elle a réaffirmé n’avoir lancé aucune attaque contre le régime iranien ces derniers mois et avoir maintenu une position de neutralité, y compris lorsque l’Iran était affaibli durant les 40 jours de guerre. Par ailleurs, deux figures importantes du Bassidj, groupe kurde pro-CGRI, ont été abattues lundi soir à Paveh, dans la province de Kermanshah.

Le porte-parole du PJAK, Rivar Abdanan, a accusé le 30 juin les Gardiens de la révolution d’être à l’origine des affrontements à Mahabad et Paveh.

« Toute attaque contre le peuple kurde et les forces du PJAK, ainsi que l’exercice du droit à la légitime défense par les Unités de défense du Kurdistan oriental (YRK) et les forces populaires locales, sont considérés comme entièrement légitimes et justifiés », a-t-il déclaré.

Au total, dix combattants kurdes ont été tués en quatre jours dans ces affrontements depuis le 27 juin.

Durant les quarante jours de guerre, les factions kurdes iraniennes ont subi des centaines d’attaques de drones et de missiles au Kurdistan irakien, avant et après le cessez-le-feu du 8 avril. Ces frappes se poursuivent et ont déjà coûté la vie à neuf de leurs membres. Comme indiqué précédemment, les camps du PJAK n’ont pas été ciblés par ces attaques.

Lire la suite : Pourquoi le PJAK a largement échappé aux attaques iraniennes au Kurdistan irakien

Face à l’intensification des affrontements en Iran, il est peu probable que ces attaques de drones cessent. L’Iran a par ailleurs assassiné un membre du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) dans un hôtel d’Erbil le 27 juin.

Jeudi 2 juillet, la République islamique a de nouveau frappé des positions du PDKI sur les hauteurs de Balisan, au Kurdistan irakien. La veille, des drones iraniens avaient déjà ciblé le camp de Degala du PDKI près de Koya, ainsi qu’une base du PAK en périphérie d’Erbil.

Reste à savoir si ces affrontements armés signalent le début d’une nouvelle offensive kurde.

« J’ai du mal à considérer ces récents affrontements comme le début d’une offensive soutenue », nuance Shamal Bishir, ancien membre du PJAK. « Le nombre élevé de pertes parmi les forces kurdes est frappant. Il souligne leurs limites opérationnelles et soulève des doutes sur leur capacité à mener une campagne militaire prolongée. »

Les responsables du PJAK ont eux-mêmes insisté sur le caractère défensif de leurs opérations.

Aso Saleh, analyste politique kurde proche du PDKI, abonde dans ce sens : ces événements ne présagent pas d’une nouvelle offensive militaire. La résistance armée et civile à l’intérieur du pays reste, selon lui, les deux piliers fondamentaux des partis d’opposition kurdes iraniens.

« Comme nous l’avons répété tout au long de ces 40 jours de guerre, ce n’était pas notre guerre. De même, ce cessez-le-feu et tout accord de paix potentiel ne nous concernent pas directement. »

« Notre parti représente un mouvement au Kurdistan iranien qui existe indépendamment de toute guerre ou paix impliquant le régime. Cela dit, tout conflit qui affaiblit le régime peut créer des opportunités pour notre cause. »

« Que ce soit par notre réseau clandestin, nos unités peshmergas urbaines ou nos forces déployées à travers le Kurdistan, nous avons toujours maintenu une présence dans les villes et villages. Dans certains cas, la militarisation accrue de la région ou le renforcement de notre présence ont pu entraîner des affrontements. Il ne faut cependant pas y voir le début d’une nouvelle phase militaire », a-t-il conclu.

Version original de l’article de Wladimir van Wilgenburg à lire ici « A New Kurdish Offensive in Iran?« 

TURQUIE. 80 ans de prison pour un adolescent kurde kidnappé au Rojava

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TURQUIE / KURDISTAN – Hussein Muhammed, un adolescent kurde de 15 ans kidnappé par l’Armée syrienne libre (ASL) contre rançon puis livré à la Turquie, a été condamné à 80 ans de prison par le tribunal correctionnel d’Urfa. Il est accusé d’avoir tué trois soldats turcs en tant que tireur d’élite.

Enlevé en 2022 à Serêkaniyê (nord-est de la Syrie) par l’Armée syrienne libre (ASL), il avait été retenu contre rançon. Faute de paiement, il a été remis aux autorités turques.

Lors du nouveau procès, ouvert après l’annulation du premier jugement par la Cour suprême, le tribunal a reconnu que Hussein Muhammed était mineur au moment des faits. Malgré cela, il l’a déclaré coupable de la mort de trois soldats turcs et l’a condamné à quatre peines distinctes de 20 ans de réclusion, soit 80 ans au total.

Les avocats de la défense ont dénoncé le refus du tribunal d’ordonner des investigations supplémentaires sur les preuves. Ils avaient présenté des actes de naissance officiels attestant que l’adolescent avait entre 14 et 15 ans au moment des faits. Selon le quotidien Yeni Yaşam Gazetesi, l’âge de Hüseyin Muhammed aurait été falsifié dans les documents initiaux.

La Cour suprême avait précédemment cassé le jugement pour vice de procédure, exigeant une conciliation entre les rapports d’âge de l’Institut médico-légal (ATK) et ceux de l’hôpital. Le nouveau verdict a été rendu malgré ces irrégularités.

Hussein Muhammed est actuellement détenu à la prison de haute sécurité d’Erzincan.

KURDISTAN. Barbarie de l’armée coloniale turque à Şeladizê

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IRAK / KURDISTAN – Six jeunes Kurdes de Shiladze (district d’Amediye) ont été arrêtés avec leur cheval mercredi par l’armée coloniale turque alors qu’ils cueillaient des herbes sauvages. Les jeunes [et leur cheval] ont été menacés de mort et torturés avant d’être libérés le soir même.

Selon Kamran Osman, coordinateur régional du CPT (Centre pour les droits de l’homme et les libertés) pour le Kurdistan, les jeunes se rendaient vers les villages de Besep et Kuker, près du mont Kurejaro, lorsqu’ils ont été interceptés et arrêtés avec leur cheval par des soldats turcs.

« Ils ont été torturés pendant leur détention. Avant de les relâcher, les soldats les ont menacés : “Si vous revenez dans cette zone, vous ne verrez plus jamais la lumière du jour et nous vous tuerons” », a rapporté Kamran Osman.

Le même soir, les soldats turcs auraient également torturé un veau en le frappant à coups de fusil et de pierres, selon les témoignages recueillis.

Contexte

Şeladizê fait partie des zones les plus touchées par les opérations militaires turques dans le Kurdistan irakien. La population locale dépend largement de la cueillette de plantes médicinales et de l’agriculture.

Depuis plusieurs années, la Turquie a pénétré jusqu’à 40 kilomètres à l’intérieur du territoire irakien. En construisant des routes militaires et en modifiant la géographie de la région, Ankara a imposé des zones interdites dans plus de 220 villages. Des milliers d’habitants se retrouvent ainsi bloqués, empêchés de regagner leurs foyers.

Des milliers d’hectares de terres agricoles, de vignobles et de vergers sont directement menacés par cette présence militaire.

TURQUIE. L’hôtel Madimak doit être transformé en un « musée de la honte »

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TURQUIE / KURDISTAN – Il y a 33 ans, le 2 juillet 1993, des islamistes radicaux commettaient l’un des pires massacres de l’histoire contemporaine de la Turquie. Dans la ville de Sivas, ils ont incendié l’hôtel Madımak, brûlant vifs 35 personnes, en grande majorité des intellectuels et artistes alévis réunis pour le festival Pir Sultan Abdal. Parmi les victimes figurait le jeune musicien kurde Hasret Gültekin, âgé de seulement 22 ans.

Yüksel Mutlu, co-porte-parole de la Commission des peuples et des religions du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (Parti DEM), témoin du massacre, est revenu sur son impact durable et sur la lutte pour la justice. Elle a déclaré que malgré des années de lutte de la part de la communauté alévie et des organisations de la société civile, l’hôtel Madımak n’a toujours pas été transformé en un « musée de la honte ».

La vie à Ankara s’est arrêtée net à l’arrivée de la nouvelle de Madımak.

Vous souvenez-vous du moment où vous avez entendu parler pour la première fois du massacre de Madımak ?

Oui, je m’en souviens très bien. Je vivais à Ankara à l’époque. Lorsque la nouvelle du massacre de Madımak est parvenue, la ville a été quasiment paralysée. Organisations de la société civile, démocrates, milieux de gauche et socialistes, Kurdes… Tous se sont mobilisés pour une manifestation d’envergure. Cela a provoqué un profond choc social.

Existait-il déjà un climat de tension avant le massacre ?

Il y en avait assurément. Environ une semaine avant le 2 juillet, les médias menaient une campagne de dénigrement systématique contre Aziz Nesin. Une intense campagne de propagande avait été lancée à son encontre en raison de la publication des Versets sataniques de Salman Rushdie. Avec le recul, il apparaît aujourd’hui que c’était un signe avant-coureur évident de l’attaque à venir.

Que s’est-il passé à Sivas ce jour-là ?

Les associations culturelles Pir Sultan Abdal organisent chaque année des commémorations à Sivas. En 1993, de nombreux écrivains, penseurs et artistes turcs de renom, ainsi qu’un groupe de semah (danse rituelle alévie), séjournaient à l’hôtel Madımak. Au même moment, une foule d’environ 15 000 personnes sortant de la mosquée a commencé à manifester. Des slogans anti-laïques ont été scandés et un appel organisé à l’instauration de la charia a été lancé. Un groupe a incendié l’hôtel avec des bidons d’essence, et 33 de nos compatriotes y ont perdu la vie.

Madımak n’était pas le premier massacre visant les Alévis durant l’ère républicaine.

Vous dites que les attaques contre les Alévis s’inscrivent dans une tendance historique…

Oui. Madımak n’était ni le premier ni le dernier massacre perpétré contre les Alévis durant la période républicaine. Après 1923 eurent lieu [les massacres des Kurdes-alévis à] Dersim, Zilan et Koçgiri, suivis plus tard par Çorum, Maraş, Gazi et Malatya. De nombreux massacres ont profondément marqué la mémoire collective de la communauté alévie. En 1993, l’État resta passif pendant toute une journée. Ni la gendarmerie, ni la police, ni le chef de la police, ni le gouverneur n’intervinrent.

Comment s’est déroulé le processus judiciaire ?

Au total, 124 personnes ont été poursuivies. Certaines n’ont purgé que de courtes peines de prison avant d’être libérées, d’autres ont fui à l’étranger, tandis que d’autres encore ont continué à vivre à Sivas. Finalement, deux accusés ont été graciés par le président en raison de leur âge. En 2012, l’affaire a été classée sans suite pour cause de prescription. Pourtant, il s’agissait bien d’un crime organisé. Le tribunal ne l’a pas qualifié comme tel, et l’impunité a une fois de plus prévalu.

Comment évaluez-vous cette politique d’impunité ?

L’impunité est monnaie courante dans les pays où la démocratie est absente. Bien que la Turquie soit signataire de conventions internationales, elle a manqué à ses obligations suite à ce massacre. L’attitude de l’État s’est également reflétée clairement dans les propos de la Première ministre de l’époque, Tansu Çiller, qui a déclaré : « Dieu merci, aucun de nos citoyens ayant participé à la manifestation n’a été blessé. » Le message était clair : les victimes étaient considérées comme sacrifiables.

Cela fait des années que des voix s’élèvent pour transformer l’hôtel Madımak en musée de la honte…

La communauté alévie et les organisations de la société civile luttent depuis des années pour atteindre cet objectif. Pourtant, l’hôtel Madımak n’est toujours pas devenu un musée de la honte. À un moment donné, on a même tenté de le convertir en restaurant de kebabs, mais le projet a été abandonné face à la levée de boucliers du public.

Personne n’a été tenu responsable des massacres perpétrés de Dersim à Roboski. Tant que les responsables bénéficieront de l’impunité, des atrocités similaires pourront se produire ailleurs. Ce risque persistera jusqu’à l’instauration d’une véritable démocratie et d’une paix durable en Turquie.

Quelle voie proposez-vous pour trouver une solution ?

Lorsque la Turquie deviendra démocratique, les Alévis, les Kurdes, les Grecs et les Arabes seront tous libres. À cet égard, le projet de société démocratique et de paix que M. Öcalan promeut depuis de nombreuses années revêt une importance capitale. Si des commissions Vérité et Réconciliation sont mises en place au Parlement, les véritables responsables de ces massacres pourront être identifiés.

Votre parti participe aux commémorations qui ont lieu chaque année à Sivas le 2 juillet.

Oui, nous participons au plus haut niveau. Notre objectif est de faire en sorte que ce massacre ne soit ni oublié ni toléré. Face à une opposition sociale forte, les puissants sont contraints de céder. Les revendications de la communauté alévie sont aussi les nôtres, car l’affaire de Madımak ne concerne pas seulement les Alévis ou les Kurdes, mais tous les habitants de ce pays.

Se confronter au passé est essentiel pour éviter un autre Madımak

Enfin, pourquoi cette lutte est-elle si importante ?

La démocratie ne pourra s’institutionnaliser tant que les véritables responsables n’auront pas été identifiés. Pour éviter un autre 2 juillet et un autre Madımak, la lutte pour la vérité, la responsabilité et la justice doit se poursuivre.

IRAN. 5 combattants kurdes morts lors d’affrontements avec les forces coloniales perses

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IRAN / ROJHILAT – Cinq combattants peshmergas ont perdu la vie lors d’affrontements survenus dans la nuit de mercredi à jeudi entre des forces kurdes du Rojhilat (Kurdistan « iranien ») et les forces coloniales iraniennes.

Les combats entre les forces kurdes et les Gardiens de la Révolution (Pasdarans) iraniens ont éclaté dans les régions de Pîranşar (Piranshahr) et Serdeşt (Sardasht), dans la province iranienne d’Azerbaïdjan occidental. Selon les informations disponibles, les affrontements se sont déroulés notamment dans le village de Musalan à Serdeşt et dans la zone de Berî Mêrgan à Pîranşar. Des sources kurdes font également état de combats dans le quartier de Qizqapan à Pîranşar.

D’après Rojhelat Info, cinq peshmergas ont perdu la vie : Ebdulla Hacî Ebdulla, Karo Hormoziyarî, Tuwana Osmanî, Ferdîn Çengîzî et Mihemed Gergulî. Ces combattants appartenaient à des partis du Rojhilat Kurdistan (opposition kurde iranienne, notamment PDKI/KDPI ou groupes affiliés). Aucune information n’a été communiquée pour l’instant sur d’éventuelles victimes ou dégâts du côté iranien à Serdeşt, ni sur des pertes supplémentaires à Pîranşar. Aucune déclaration officielle n’a été publiée par les autorités iraniennes ni par les partis kurdes concernés au moment de la rédaction.

Contexte

Ces affrontements s’inscrivent dans une série récurrente de tensions, de vagues de répression et de affrontements armés imposés aux groupes kurdes iraniens (peshmergas du PDKI, Komala, PAK, etc.) contraints à l’exil dans le Kurdistan irakien face aux forces iraniennes, en particulier les Pasdarans. La région frontalière de Piranshahr-Sardasht demeure un point chaud historique témoignant de ces injustices.

Les groupes kurdes iraniens dénoncent systématiquement des opérations de répression féroce, des embuscades et des tentatives d’infiltration iraniennes. De son côté, le régime de Téhéran criminalise leur résistance en qualifiant ces combattants d’« éléments anti-révolutionnaires » ou « terroristes » pour justifier ses attaques sanglantes. Ces violents accrochages s’intensifient régulièrement en période de protestations internes en Iran (comme dans le sillage du mouvement « Femme, Vie, Liberté ») ou en raison de la présence de bases d’opposition dans le Kurdistan irakien voisin.

CENSURE NUMERIQUE. La Turquie bloque plusieurs médias kurdes

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TURQUIE / KURDISTAN – L’Autorité des technologies de l’information et de la communication (BTK) a bloqué, le 1er juillet 2026, l’accès aux sites et comptes X (Twitter) de plusieurs médias kurdes en Turquie.

Parmi les médias visés figurent Nûmedya24, un site d’information kurde, le journal Azadiya Welat ainsi que l’agence de presse Ajansa Welat. La BTK a rendu inaccessibles les trois sites web depuis la Turquie, ainsi que les comptes officiels X de Nûmedya24 et d’Ajansa Welat.

Nûmedya24 a dénoncé une mesure prise sans décision judiciaire ni motivation préalable. Une consultation du site de la BTK confirme qu’il s’agit bien d’une décision administrative :

« L’accès au site web numedya24.com a été bloqué par décision de l’Autorité des technologies de l’information et de la communication en date du 01/07/2026 et numéro 490.05.01.2026.-748333. »

Le compte X officiel de Nûmedya24, suivi par plus de 22 000 abonnés et créé il y a un peu plus d’un an, a été restreint en Turquie le même jour. Dans une notification envoyée au média, la plateforme X a indiqué que cette restriction avait été appliquée conformément à l’article 8/A de la loi sur Internet n° 5651. Le compte reste cependant accessible depuis l’étranger.

ROJAVA. Qamishlo et Kobanê debout contre les récentes attaques anti-kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Des milliers de personnes ont manifesté ces derniers jours dans les principales villes kurdes du nord-est de la Syrie, notamment à Qamishlo et Kobanê, pour dénoncer les récentes opérations de sécurité menées par les forces affiliées au gouvernement de transition syrien (et plus particulièrement HTS) dans les localités kurdes de Tal Aran (Tell Aran) et Tal Hasel (Tell Hasel), dans la campagne orientale d’Alep.

Contexte des attaques

Selon des sources locales et des organisations kurdes (PYD, Conseil Démocratique Syrien – CDS – et le mouvement des femmes kurdes Kongra Star), des forces de sécurité ont lancé une campagne de perquisitions et d’arrestations dans ces deux localités à majorité kurde fin juin/début juillet 2026.

Plus d’une dizaine de jeunes Kurdes ont été arrêtés de manière arbitraire.

Des témoignages font état d’agressions contre des femmes et d’usage excessif de la force lors des raids.

Les habitants dénoncent des accusations « fabriquées » et une opération visant à intimider la population kurde de la région.

Ces localités, situées au sud-est d’Alep, ont une histoire douloureuse : en juillet 2013, elles avaient déjà été le théâtre d’un massacre perpétré par des groupes djihadistes (notamment Jabhat al-Nusra et DAECH), causant la mort de dizaines de civils kurdes. Les Kurdes y voient aujourd’hui un nouveau cycle de harcèlement et de pressions démographiques.

Les manifestations à Qamishli et Kobané

À Qamishli, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le centre de la jeunesse et dans les principales places de la ville. Ils ont brandi des drapeaux kurdes, des portraits de martyrs et scandé des slogans tels que : « Non à la répression contre les Kurdes ! » « Unité kurde face à l’oppression » « Tal Aran et Tal Hasel ne seront pas oubliés »

À Kobané, les rassemblements ont eu lieu sur la place de la Femme libre (Qada Jina Azad). Les participants ont exprimé leur solidarité avec les habitants des deux villages et ont mis en garde contre toute tentative de répétition des massacres du passé. Des femmes, très présentes, ont souligné le rôle central de la résistance féminine dans la défense des droits kurdes.

Les manifestations ont été organisées par des partis et organisations de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), dont le PYD, le CDS et des mouvements de femmes. Elles ont été globalement pacifiques, mais chargées d’émotion et de colère face au silence international.

Réactions politiques

Le PYD, le CDS et Kongra Star ont publié des communiqués fermes condamnant ces opérations, les qualifiant d’« actes hostiles » et d’atteintes aux efforts de stabilisation en Syrie. Ils exigent :

  • La libération immédiate des détenus.

  • L’arrêt des campagnes d’arrestations arbitraires.

  • Un dialogue sérieux sur les droits des Kurdes dans la Syrie post-Assad.

Ces événements interviennent dans un climat de tensions persistantes entre l’Administration autonome kurde et le gouvernement de transition à Damas, malgré plusieurs tentatives de cessez-le-feu et de négociations.

Un symbole plus large

Pour de nombreux Kurdes de Syrie, les attaques à Tal Aran et Tal Hasel s’inscrivent dans un schéma plus large de marginalisation et de menaces contre les acquis de l’autonomie du Rojava. Les manifestations à Qamishli et Kobané ne sont pas seulement de solidarité locale : elles expriment une volonté de résistance unie et un appel à la communauté internationale pour protéger les minorités en Syrie.

La situation reste tendue. Toute nouvelle escalade pourrait raviver des affrontements plus larges dans le nord-est du pays.