Accueil Blog Page 448

IRAN. « Suicide » d’un jeune Kurde au centre de renseignements d’Ilam

0

IRAN / ROJHILAT – Kumeyl Zendkhani, un jeune kurde d’Ilam et l’un des prisonniers du mouvement Jin Jiyan Azadi (femme, vie, liberté), se serait « suicidé » quelques heures seulement après avoir été convoqué au centre de renseignement de la ville. Zendkhani avait été arrêté deux fois l’année dernière et avait tenté de se suicider à cause de la torture et la pression que les agents de renseignement iraniens lui ont fait subir.

Selon les informations obtenues par l’ONG Hengaw, à 3 heures du matin le jeudi 8 février 2024, Kumeyl Zendkhani (Mihemed Kumeyl), un homme de 19 ans de la ville d’Ilam, est mort en sautant d’un immeuble de 6 étages du quartier d’Azadi. 

Une source proche de la famille de Zendkhani a déclaré à Hengaw : Le suicide de Kumail Zendkhani s’est produit quelques heures seulement après les appels et les menaces du centre des renseignements.

Ces derniers jours, Zendkhani a été menacé par les agents des renseignements iraniens et finalement on a dit que s’il ne se rendait pas, il serait arrêté.

Les agents iraniens ont emporté le corps de Kumail Zendkhani l’ont rendu à sa famille après avoir obtenu une promesse écrite de la famille pour ne rien divulguer concernant les circonstances de sa mort. Toutefois, ils ont refusé de remettre le téléphone de la victime à sa famille.

Selon les sources citées par Hengaw, les renseignements iraniens avaient menacé Kumail Zendkhani que s’il ne coopérait pas avec eux, ils l’accuseraient du meurtre d’un de leurs membres tué lors du mouvement Jin Jiyan Azadi, provoquant son suicide.

Il convient de mentionner que Kumail Zendkhani a tenté de se suicider en février de l’année dernière, après avoir été torturé en détention. Il avait été hospitalisé pendant plusieurs jours.

Kumeyl Zendkhwani a été arrêté lors de la marche du mouvement Jin Jiyan Azadi le 23 octobre 2022 et a ensuite été libéré sous caution, mais de nouveau le mercredi 21 décembre 2022 et après 19 jours d’arrestation, il a été jeté à moitié mort devant la porte de la maison de la maison de ses parents.

Hengaw a également révélé dans un rapport de l’année dernière que, lorsque Muhammad Kumail Zendkhani était en prison, chaque nuit, un membre des forces gouvernementales déguisé en religieux l’avertissait qu’il serait pendu le plus tôt possible et que le prisonnier subissait une forte pression psychologique.

TURQUIE. DEM parti dévoile ses candidats aux postes de co-maire de nombreuses villes, dont Istanbul et Ankara

0

TURQUIE / KURDISTAN – La porte-parole du parti DEM, Ayşegül Doğan, a dévoilé les candidats de son parti pour les élections municipales de 31 mars 2023. Outres les villes kurdes, DEM parti présentera des candidats dans les grandes villes turques où il y a une forte population kurde.

Le porte-parole du Parti de l’égalité du peuple et de la démocratie (Parti DEM), Ayşegül Doğan, s’est adressé aux journalistes lors d’une conférence de presse au siège du parti concernant le programme des élections locales.

Doğan a annoncé les candidats aux postes de co-maire de nombreuses villes, dont Istanbul et Ankara.

Faisant référence à la « Grande Marche pour la Liberté » par le mouvement politique kurde, Doğan a déclaré : « Je viens vers vous avec la poussière de mes pieds depuis Cizre. La Marche de la Liberté se poursuit depuis 9 jours maintenant, s’arrêtant dans de nouvelles stations. La Marche pour la liberté se poursuivra jusqu’au 15 février avec des revendications pour l’égalité, la liberté, la justice et la paix. Je salue les marcheurs. L’isolement n’existe pas seulement dans les prisons mais dans nombre de nos vies. Notre droit d’opposition, notre rébellion, notre liberté d’expression sont assiégées. C’est pourquoi l’isolement (…) tient la Turquie en otage. »

Doğan a ensuite dévoilé les noms des candidats du DEM parti aux postes de co-maires de 40 provinces et 16 municipalités métropolitaines.

Après avoir annoncé les candidats, Doğan a déclaré : « Nous sommes un mouvement politique trop fort et trop expérimenté pour nous laisser imposer l’option de gagner ou de perdre. Notre décision n’est ni un geste ni un défi. Nous présentons tout de manière transparente. Nous ne luttons pas pour un parti pour se sentir puissant, mais pour que les peuples vivent de manière plus forte et plus pacifique. »

Les candidats du DEM pour les provinces et municipalités métropolitaines annoncées par Doğan sont:

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine d’Istanbul 

Meral Danış Beştaş – Murat Çepni

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Diyarbakır

Ayşe Serra Bucak Küçük – Doğan Hatun

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Mardin

Devrim Demir – Ahmet Türk

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Van

Neslihan Sedal – Abdullah Zeydan

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Bursa

Kasım Yıldırım – Bilmez Erboğa

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine d’Antalya

Kemal Bülbül – Nesibe Bahadır

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine d’Eskişehir

Gamze Toprak – Suat Basaraner

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Denizli

Cevahir Kayar – Hanifi Yıldırım

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Sakarya

Engin Güleser – Emine Melis Tantan

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Konya

Gülbahar Gündüz – Bülent Kılıç

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Samsun

İnci Aydın – Hasan İlten

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine d’Ordu

Zeynep Toptaş Yılmaz – Necmettin Durmuş

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Trabzon

Leyla Üzüm – Samedin Gündoğan

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Kayseri

Remziye Erener – İhsan Sarıyar

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Kahramanmaraş

Fatma Sikyürek – Ali Ardic

Candidats à la co-maire de la municipalité métropolitaine de Malatya

Sevim Şimşek Bayram – Abdulvahap Ekim

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Ağrı

Hazal Aras – Memet Akkus

Candidats à la co-maire de la municipalité de Batman

Gülüstan Sönük – Mehdi Öztüzün

Candidats à la co-maire de la municipalité de Bitlis

Sümeye Kızıltepe – Enver Barin

Candidats à la co-maire de la municipalité de Hakkari

Viyan Tekce – Mehmet Sıddık Akış

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Iğdır

Nejla Kum – Mehmet Nuri Güneş

Candidats à la co-maire de la municipalité de Kars

Arzu Savaş Derman – Kenan Karahancı

Candidats à la co-maire de la municipalité de Siirt

Safiye Alağaş – Mehmet Kaysi

Candidats à la co-maire de la municipalité de Bolu

Birsen Baş – Veli Saçılık

Candidats à la co-maire de la municipalité de Yalova

Songül Hacıoğlu Dağ – Cengiz Topbaşlı

Candidats à la co-maire de la municipalité de Çanakkale

Canan Aytaç – Çetin Avci

Candidats à la co-maire de la municipalité de Sivas

Semiha Sahin – Cemal Pir

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Erzincan

Elmast Tolmaç – Birhat Onuk

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Uşak

Azize Karadağ – Ahmet Ak

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Artvin

Fatma Biçer – Levent Serhan

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Edirne

Aylin Hacaloğlu – Mevlüt Aykoç

Candidats à la co-maire de la municipalité de Giresun

Feride Kızgit – Ümit Bozan

Candidats à la co-maire de la municipalité de Kırıkkale

Sehmiran Güneş – Razi Taşkın

Candidats à la co-maire de la municipalité de Kırklareli

Arzu Fırat – Adnan Aydın

Candidats à la co-maire de la municipalité de Kırşehir

Kadriye Turan – Cemil Akkaş

Candidats à la co-maire de la municipalité de Yozgat

Merve Eylül Bütün – Bager Aşkın

Candidats à la co-maire de la municipalité de Zonguldak

Çağla Özgençtürk – İbrahim Nebioğlu

Candidats à la co-maire de la municipalité de Tokat

Dilber Demir – Reşat Yildiz

Candidats à la co-maire de la municipalité de Sinop

Filiz Yalçın – Erol Aydemir

Candidats à la co-maire de la municipalité de Rize

Nurettin Aydin – Semanur Akar

Candidats à la co-maire de la municipalité de Niğde

Basak Caner Aktaş – Hacı Zırığ

Candidats à la co-maire de la municipalité de Nevşehir

Helin Elif Geyik – Erdem Eren Bektas

Candidats à la co-maire de la municipalité de Kütahya

Sibel Temel – Hakan Etemoğlu

Candidats à la co-maire de la municipalité de Kastamonu

Hatice Uçar – Yakup Akyol

Candidats à la co-maire de la municipalité de Gümüşhane

Gülşen Işık – Abdulsamed Gültekin

Candidats à la co-maire de la municipalité de Çankırı

Azize Akoğlu – Veysel Yıldırım

Candidats à la co-maire de la municipalité de Burdur

Fatma Arslan – Tamer Kaş

Candidats à la co-maire de la municipalité de Bayburt

Tülay Kilinç – Recep Özmen

Candidats à la co-maire de la municipalité de Bartın

Leyla Danış – Kemal Eroğlu

Candidats à la co-maire de la municipalité de Bilecik

Züleyha Çengel – Ömer Ege

Candidats à la co-maire de la municipalité de Karabük

Emine Kaya – Adnan Aksu

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Isparta

Meral Karakuş – Nizam Aktepe

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Afyonkarahisar

Zehra Yalçın – Sezer Erikli

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Amasya

Güvercin Unaldi – Reşit Güneç

Candidats à la co-maire de la municipalité de Düzce

Ayfer Fatma Çelik – Zabit Vurdu

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Aksaray

Hanife Gedik Baser – Azad Demirağ

Candidats à la co-maire de la municipalité d’Akdeniz

Hoşyar Sarıyıldız – Nuriye Arslan

Candidats à la co-maire de la municipalité de Cihanbeyli

Eylül Yaylacı – Hasan Ateşci

Candidats à la co-maire de la municipalité de Kulu

Ayşe Özdemir – Bekir Karakurt

TURQUIE. Istanbul peut-elle avoir une maire kurde-alévie?

0

TURQUIE – La députée du Parti de l’égalité du peuple et de la démocratie (DEM), Meral Danış Beştaş est la candidate du DEM pour la municipalité métropolitaine d’Istanbul aux élections locales du 31 mars prochain.

La porte-parole du parti DEM, Ayşegül Doğan, a annoncé les candidats à la mairie pour Istanbul. Doğan a annoncé que Meral Danış Beştaş et Murat Çepni étaient les candidats (selon le système de co-maires une femme, un homme) pour Istanbul, déclarant : « Notre décision n’est pas un geste pour certains et un défi pour d’autres ».

Meral Danış Beştaş, née en 1967 à Mazıdağı, Mardin, est diplômée de la Faculté de droit de l’Université Dicle en 1990. Elle a travaillé comme avocate indépendante affiliée au Barreau de Diyarbakır, où elle a également occupé diverses fonctions au sein de l’administration du barreau. Elle s’est spécialisée dans les questions de droits des femmes et de droits humains et a représenté des clients dans des cas de violations des droits de l’homme portés devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Elle a occupé des postes au sein de l’Association des droits humains (İHD).

La femme politique kurde de confession alévie a notamment été l’avocate du requérant lors de la première condamnation pour violence domestique en Turquie, connue sous le nom d’affaire Opuz.

Beştaş a été co-vice-présidente du Parti Paix et Démocratie (BDP) et membre de sa commission juridique. Elle a été élue députée d’Adana aux 25e et 26e mandats, et de Siirt au 27e mandat. Elle a occupé les postes de co-porte-parole et co-présidente de la Commission juridique et des droits de l’homme au sein du Parti démocratique des peuples (HDP).

Elle a rempli le rôle de membre de la Commission de conciliation constitutionnelle établie au sein de la Grande Assemblée nationale turque (TBMM). De plus, elle a été membre du comité constitutionnel, du comité d’examen des droits de l’homme et vice-présidente du sous-comité des droits de l’enfant. Elle a également été vice-présidente du groupe parlementaire du HDP.

HRW: Les frappes turques font des ravages dans le nord-est de la Syrie

0

Depuis plusieurs mois, la Turquie bombarde régulièrement les infrasutructes vitales du Rojava, mettant en danger la survie des populations civiles dans la région autonome dirigée par une aliance arabo-kurde. Dans un rapport daté de 9 février 2024, Human Rights Watch a qualifié les attaques de l’occupation turque contre les infrastructures dans le nord-est de la Syrie de crimes de guerre interdits par les lois internationales.

Le rapport de Human Rights Watch (HRW) indique qu’à la fin octobre 2023, les bombardements turcs dans le nord-est de la Syrie ont entraîné des coupures d’eau et d’électricité pour des millions de personnes, et qu’en décembre et janvier, ils ont intensifié leurs frappes pour inclure les installations médicales et les routes vitales utilisées par les secouristes.

L’organisation a qualifié de crime de guerre les attaques causant des dommages disproportionnés aux civils et aux biens civils ainsi que le ciblage délibéré d’infrastructures civiles, tous interdits par le droit international.

Hiba Zayadin, responsable de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a conclu l’article en déclarant qu’« Alors que la crise dans le nord-est de la Syrie s’intensifie, des mesures sont nécessaires pour atténuer les impacts humanitaires sur la population civile. La Turquie devrait immédiatement cesser de cibler les infrastructures civiles critiques, respecter le droit international humanitaire et demander des comptes aux responsables de violations graves. Tous les pays doivent s’attaquer au sort des populations de la région, même si d’autres conflits font la une des journaux. »

d

Conférence « La Turquie et la nouvelle réalité kurde : défis, alternatives et solutions »

0

SUEDE – Une conférence intitulée « La Turquie et la nouvelle réalité kurde : défis, alternatives et solutions » se tiendra demain samedi à 13 heures à l’Université d’Uppsala, le plus ancien établissement d’enseignement de Suède. La conférence est organisée par l’Institut kurde de Stockholm avec le soutien de l’ABF, l’une des principales institutions culturelles suédoises.

Le programme de la conférence, composé de deux sessions, est le suivant :

Première partie:

La relation entre la démocratisation de la Turquie et la question kurde

Necmettin Türk / Doctorant, Département de géographie politique de l’Université de Hambourg

Isolement catégorique et régime de l’île d’İmralı [où est emprisonné Abdullah Ocalan]

Cüneyt Caniş / Avocat en droits humains

Les politiques de fermeture des partis de l’État turc comme tradition stratégique

Eda Düzgün / Co-porte-parole du Parti Démocrate Europe

Crimé écologique [écocide] au Kurdistan

Pınar Dinç / Maître de conférences à l’Université de Lund

Deuxième partie:

Source du Manifeste pour « Jin Jian azadî » (slogan kurde signifiant « femme, vie, liberté » et qui est devenu le slogan de ralliement du mouvement Jina en Iran) 

Lena Wilderbach / Membre du Centre Européen de Jinéologie

Criminalisation de la diaspora kurde et processus suédois de l’OTAN

Miran Kakaee / Avocat spécialisé en droit de l’immigration

Similitudes entre le Kurdistan et la Palestine et la vision de la Turquie dans la région

Barzoo Elliasi / Professeur agrégé de sociologie à l’Université Linnaeus

Adresse : Salle de conférence SAL IV de l’Université d’Uppsala, Biskopsgatan 3, 753 10, Uppsala

Selahattin Demirtaş: La question kurde est notre priorité

0

TURQUIE – Selahattin Demirtas, ancien coprésident du parti HDP emprisonné depuis 2016 et encourant jusqu’à 142 ans de prison, a fait publié aujourd’hui une série de tweets via ses avocats au sujet des spéculations entourant la candidature de son épouse Başak Demirtaş sous l’étiquète du parti DEM pour la mairie d’Istanbul qui fut finalement abandonnée.

L’homme politique kurde a déclaré que la candidature de Başak Demirtaş « vise à rendre visible la politique de la troisième voie du parti DEM », ajoutant que « la question kurde et le grave problème de la démocratie et de la justice en Turquie sont notre priorité. Nous parlerons à tous ceux qui veulent parler pour résoudre ces problèmes. »

Selahattin Demirtaş, ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP), détenu à la prison de type F à Edirne, a écrit un article sur la décision concernant la candidature de Başak Demirtaş à Istanbul et les allégations formulées par certains milieux après qu’elle ait annoncé ne pas être candidate.

Selahattin Demirtaş a conclu son article ainsi:

 

« La question kurde, le grave problème de la démocratie et de la justice en Turquie et les problèmes économiques sont nos priorités. Nous parlons à tous ceux qui veulent parler de la résolution de ces problèmes, et si nous voyons du sérieux et de la sincérité, nous faisons deux pas pour un. Nous ne demandons la permission ou l’autorisation de personne pour cela. Nous n’aurons jamais à rendre des comptes, surtout envers ceux qui se battent pour un siège. Le parti DEM devrait également agir avec cette confiance en soi, rencontrer la principale opposition et tous les autres partis, y compris le parti au pouvoir, s’il le peut, et faire des compromis s’il le peut dans le cadre des principes et pour le développement de la démocratie. Pour nous, le 1er avril et ses conséquences sont plus importants que les élections du 31 mars.
Ceux qui attachent une grande importance aux élections du 31 mars devraient également aborder avec sérieux notre quête de démocratie, de justice et de paix. Le CHP ne devrait pas considérer l’enjeu uniquement comme le 31 mars, mais devrait attacher de l’importance à une alliance à long terme dans la lutte pour la démocratie. L’AKP, en revanche, devrait considérer quatre années sans élections comme une opportunité de revenir à la démocratie. Le parti DEM doit pouvoir négocier avec tous les partis, y compris les deux partis, et rechercher un compromis avec quiconque adhère à ces principes. 
Ces aspects de la candidature de Başak Demirtaş n’auront pas été correctement évalués par les acteurs politiques extérieurs au parti DEM. Pour cette raison, il est entendu que nous participerons à une course électorale avec d’autres amis précieux. Cependant, nous nous préoccupons de cette démarche politique en faveur de la paix sociale plutôt que des élections.
Il n’est donc jamais trop tard pour le dialogue et la négociation en vue du développement de la paix sociale et de la démocratie ; Toutes les parties doivent pouvoir se parler. Chacun devrait réévaluer la question dans cette perspective et avec sérénité. Nous servons la démocratie, la liberté et la paix. Les prix que nous payons ne servent à rien d’autre. Et je crois que nous gagnerons ces valeurs et les mettrons en œuvre. Nous avons la volonté, la force et la détermination pour cela. »

TURQUIE. « Les mères du samedi sont sous surveillance »

0

ISTANBUL – L’Association d’études sur la vérité, la justice et la mémoire (Centre de mémoire), l’Association d’études sur les médias et le droit (MLSA), la Fondation turque des droits de l’homme (TİHV) et Amnesty International ont rendu public leur rapport d’observation sur la 984ème rassemblement hebdomadaire des Mères du samedi, qui a eu lieu lieu le 3 février 2024. Elles dénoncent toutes la surveillance policière des membres du collectif des Mères du Samedi.

Des mères/personnes du Samedi ont été empêchées et arrêtées par la police alors qu’elles tentaient de se rendre sur la place Galatasaray pour la 941e semaine de réunion du 8 avril 2023, pour la première fois après l’arrêt « Maside Ocak » de la Cour constitutionnelle. Depuis cette semaine, les Mères/Peuples du samedi, qui tentaient de se rendre sur la place Galatasaray pour manifester pacifiquement tous les samedis sauf le samedi 13 mai, n’ont pas été arrêtées pour la première fois, bien qu’elles aient été bloquées en étant encerclées par la sécurité au la 971e réunion de la semaine le 4 novembre 2023. À partir de la 972e semaine de la veillée du 11 novembre 2023, les mères du samedi sont autorisées à lire les communiqués de presse sur la place Galatasaray à condition que le nombre de personnes soit limité à 10 personnes.

Les mères du samedi ont déclaré lors de la 984e veillée tenue sur la place Galatasaray:

« Tout d’abord, malgré les décisions de la Cour constitutionnelle concernant Maside Ocak Kışlakçı et Gülseren Yoleri, les barrières autour de la place Galatasaray n’ont pas été ouvertes et les mères/personnes du samedi ont donc été empêchées de faire une déclaration à la presse devant le monument où elles faisaient leurs déclarations. déclarations depuis 1995. Il a été observé que les mères/personnes du samedi étaient gardées sous surveillance lors du communiqué de presse. Présence policière dans la rue où se trouve la branche de l’IHD à Istanbul, limitant à 10 le nombre de personnes pouvant assister au communiqué de presse sur la place Galatasaray, vérifiant si la limite de nombre est respectée tout au long de la réunion et enregistrant et photographiant la déclaration par plus d’une personne est l’un des indicateurs les plus importants que la veillée [des Mères du Samedi] est restreinte par les forces de l’ordre. »

Depuis plus de 28 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque

Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.

Les « mères du samedi » reproche l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.

Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

Le 25 août 2018, les autorités turques ont annoncé que le gouvernement avait interdit la réunion. Suite à cette annonce, lors de leur 700ème manifestation pacifique, les mères de samedi ont subi des violences policières et plusieurs des participants ont été arrêtés, dont Emine Ocak, une mère de plus de 80 ans. Par la suite, la cour constitutionnelle turque a déclaré que la police avait violé le droit de manifester des Mères du Samedi, en les arrêtant, mais la police d’Erdogan avait refusé de se conformer aux lois de son propre pays.

Le 5 mai 2023, la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe dénonçait les violations des droits en Turquie, en attirant l’attention sur les violences subies par les Mères du Samedi : « Les autorités ne respectent toujours pas le droit à la liberté de réunion pacifique des « Mères du samedi » et des autres personnes qui manifestent ce jour-là pour demander que la lumière soit faite sur la disparition de leurs proches, alors que la Cour constitutionnelle turque a déjà conclu deux fois à la violation de leur droit de manifester. Les membres de ce groupe font même l’objet d’une procédure pénale, engagée tout récemment, pour avoir exercé ce droit. La manière dont sont traitées les « Mères du samedi » est une illustration supplémentaire des risques inhérents à un contexte dans lequel les droits humains ne sont pas protégés de manière effective. »

TURQUIE. Des prisonniers politiques kurdes en grève de la faim depuis 75 jours

0

TURQUIE / KURDISTAN – Des milliers de prisonniers politiques kurdes sont en grève de la faim depuis 75 jours et ne sont pas prêts de l’arrêter tant que leurs revendications ne sont pas satisfaites par les autorités turques: fin de l’isolement carcéral sur l’île d’Imrali et une solution politique à la question kurde.

La grève de la faim lancée par les prisonniers politiques exigeant la liberté physique du leader kurde Abdullah Öcalan est entrée dans son 75ème jour. Öcalan est maintenu en isolement absolu dans la prison fermée de haute sécurité de type F d’Imralı depuis 1999. Les prisonniers en grève de la faim exigent également une solution politique à la question kurde.

Abdullah Öcalan, Ömer Hayri Konar, Veysi Aktaş et Hamili Yıldırım, détenus à İmralı, n’ont pas été autorisés à rencontrer leurs familles et leurs avocats depuis 35 mois. Afin de mettre fin à l’isolement à İmralı et garantir la liberté physique d’Abdullah Öcalan, la campagne « Liberté pour Abdullah Öcalan, solution pour le Kurdistan » a été lancée le 10 octobre 2023 avec des conférences de presse simultanées réalisées dans 74 villes du monde.

Le 27 novembre 2023, des militants des prisons turques de Turquie et du nord du Kurdistan ont entamé une grève de la faim. La grève prendra fin le 15 février prochain.

Alors que 75 jours se sont écoulés depuis la grève, les autorités turques continuent d’ignorer les revendications des grévistes. Différentes régions du Kurdistan et du monde sont témoins quotidiennement de nombreuses activités, soutenant les grévistes de la faim et dénonçant la politique de l’État d’occupation turc envers les grévistes et Abdullah Ocalan, tout en critiquant le silence de la communauté internationale et des ONG internationales de défense des droits humains.

Un sénateur américain propose une résolution pour bloquer la vente d’avions de guerre à la Turquie

0

Le sénateur américain Rand Paul a dirigé les efforts visant à arrêter la vente de F-16 à la Turquie dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, en présentant une résolution commune au Sénat pour bloquer la vente proposée.

Une résolution commune désapprouvant un projet de vente militaire étrangère au gouvernement turc a été présentée au Sénat par le sénateur américain Rand Paul. La résolution, présentée lundi, vise à arrêter la vente d’avions de combat F-16 à la Turquie.

La vente, longtemps retardée, de 40 nouveaux avions de combat F-16 à la Turquie, ainsi que d’une gamme d’autres équipements de défense, pour 23 milliards de dollars, a été avancée par le gouvernement américain le 26 janvier. Cette décision fait suite à la ratification par Ankara de l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Cependant, dans un contexte d’inquiétudes persistantes concernant les opérations militaires turques, en particulier dans les zones à population kurde d’Irak et de Syrie, la vente est soumise à l’approbation du Congrès américain.

La résolution commune a été renvoyée à la commission des affaires étrangères pour un examen plus approfondi. Son introduction, particulièrement à la lumière des tensions géopolitiques et des préoccupations en matière de droits de l’homme, souligne le débat en cours sur les ventes d’armes et les décisions de politique étrangère des États-Unis.

Dans l’attente d’un examen et d’une éventuelle action du Sénat et de la Chambre des représentants, l’issue de la résolution reste incertaine.

TURQUIE. Arrestation d’une journaliste kurde à Kocaeli

0

TURQUIE  – Kibriye Evren, journaliste à l’agence féminin kurde JINNEWS, a été arrêtée ce matin à son domicile de Kocaeli pour des accusations de « terrorisme ». Elle avait déjà été emprisonnée en 2018.

Suite à la perquisition à son domicile, Kibriye Evren a été emmenée à l’unité antiterroriste de la police de Kocaeli. Evren est soumise à une restriction de 24 heures pour rencontrer un avocat.

Dans le cadre de l’enquête ordonnée par le parquet général de Diyarbakır, Kibriye Evren, journaliste à JinNews, qui faisait partie des 142 personnes, dont des journalistes et des hommes politiques, arrêtées le 9 octobre 2018, a été libérée le 12 novembre 2019, lors de la huitième audience du procès.

Evren faisait face à des accusations « d’appartenance à une organisation terroriste [PKK] » et de « propagande », citant ses activités professionnelles et ses publications sur les réseaux sociaux. Elle risquait une peine de prison de près de 20 ans.

En Turquie, il y a entre 34 et 35 millions d’armes à feu en circulation

0

TURQUIE – En Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, il y a entre 34 et 35 millions d’armes à feu en circulation, dont 30 millions ne sont pas enregistrées. Cette folie d’armement individuel à l’américaine inquiète les associations et les défenseurs des droits humains, car, qui dit arme à feu, dit menaces d’attaques armées, comme on l’a vu deux fois de suite à Istanbul récemment. Le six février dernier, deux individus ont attaqué un commissariat d’Istanbul/Caglayan. L’attaque revendiquée par l’organisation marxiste-léniniste DHKP-C a fait 3 morts. Le 28 janvier dernier, une autre attaque terroriste a été mené contre l’église Santa Maria d’Istanbul/Sariyer pendant la messe dominicale. Une personne a été tuée lors de l’attaque revendiquée par l’Etat islamique. Ayşe Düzkan, militante féministe et écrivaine, dénonce cette folie de l’armement individuel et ses conséquences dramatiques tandis que le pourvoir en place semble fermer les yeux sur ces armes à feu entre les mains des civils.

Selon la fondation Umut (Espoir), qui lutte contre l’armement individuel, les personnes résidant en Turquie possèdent entre 34 et 35 millions d’armes, dont 30 millions ne sont pas enregistrées et arriveraient dans le pays illégalement.

Aux États-Unis, il existe un cercle vicieux établi selon lequel les armes à feu sont présentes dans tous les ménages à partir d’un certain niveau de revenu, en fonction de « problèmes de sécurité », et toutes ces armes à feu constituent une menace pour les autres ménages.

Des signes suggèrent que la Turquie suit une trajectoire similaire, à la suite des événements de la semaine dernière. La généralisation de l’armement individuel et son encouragement sont une réalité depuis longtemps, et nous avons eu de longues discussions sur la manière dont cela pourrait conduire à des résultats critiques en période de chaos politique.

 

La tolérance à l’égard de la violence masculine a fini par conduire les hommes à être également violents envers d’autres hommes, et des facteurs aggravants tels que le désespoir né de la crise économique signifient désormais que les armes individuelles sont devenues une grande menace pour la société.

 

Un autre aspect de la généralisation de la possession d’armes est qu’elle facilite les opérations des ennemis d’organisations hostiles au peuple telles que l’État islamique (DAECH/ISIS). Dans un environnement de nouvelles constantes de violence, leurs actions peuvent être facilement ignorées. Exemple concret : l’attaque contre l’église Santa Maria, dans le quartier de Sarıyer à Istanbul, n’a pas retenu l’attention méritée.

 

Nous vivons dans un pays où l’animosité contre les chrétiens et les juifs est profondément enracinée. Cette animosité peut facilement être modelée et instrumentalisée. Souvenez-vous des événements de 2006 et 2007, lorsque le journaliste arménien Hrant Dink a été assassiné à Istanbul, le prêtre catholique Andrea Santoro à Trabzon et trois missionnaires de la maison d’édition Zirve à Malatya.

 

Parmi ces personnes dont la seule caractéristique commune était leur foi chrétienne, seul Dink a reçu l’attention qu’il méritait, aidé par le fait qu’il était un journaliste renommé impliqué dans la lutte pour la démocratie en Turquie.

Après l’attaque de la semaine dernière contre Santa Maria, une autre église italienne, les autorités ont déduit que la prochaine cible était Sant Antuan, avenue Istiklal, une paroisse levantine désormais dirigée par des prêtres catholiques italiens et qui attire de nombreux visiteurs non-chrétiens.

 

Une réactivation de l’EI, notamment par des attaques contre les chrétiens et leurs lieux de culte en guise de démonstration de puissance, pourrait même être un motif de célébration parmi la population turque empoisonnée par le racisme et contrainte à l’ignorance au point de confondre juifs et chrétiens et d’associer alors les ce dernier avec Israël. Ceux qui transportent des navires d’aide vers Israël sont en sécurité dans cette société, tandis que quiconque n’est pas musulman sunnite vit en danger.

 

Nous l’avons déjà vu : alors que toutes les personnes ayant la moindre intention d’organiser une manifestation démocratique sont, dans le meilleur des cas, arrêtées et libérées sur parole (mais envoyées en prison le plus souvent), les membres de l’Etat islamique devraient effectivement agir pour entrer dans le pays. domaine d’intérêt des forces de sécurité. En témoigne la facilité avec laquelle les membres de l’EI ont été appréhendés par la suite. Deux choses m’ont surpris : que certains des 51 suspects ont été expulsés et que 29 autres suspects qui préparaient des attaques contre des églises et des synagogues avaient été arrêtés lors d’une opération le 29 décembre, mais pas les assaillants de Santa Maria.

 

Il y a de nombreux détails intéressants dans cette attaque contre une église, avant laquelle des membres de l’Etat islamique ont tenu une réunion dans la province orientale de Kayseri et ont utilisé le véhicule utilisé lors de l’attaque comme taxi non enregistré.

 

Ils n’ont pas pu commettre un massacre aussi important qu’ils le souhaitaient parce que l’arme s’est enrayée. La seule personne qui a perdu la vie dans l’attaque était un alévi handicapé mental, qui était là car il aimait l’église.

Beaucoup ont condamné l’attaque de Santa Maria, dont certains étaient sans aucun doute en position de pouvoir [des membres du gouvernement] ayant la capacité de l’empêcher. En outre, s’il ne fait aucun doute que les condamnations et les déclarations d’intention constituent des mesures importantes, elles ne constituent clairement pas des mesures préventives. Il ne suffit pas non plus qu’il y ait des chrétiens au Parlement comme représentants.

 

L’attaque de Santa Maria est politique, à la fois en raison de l’identité des auteurs et des lacunes des poursuites, ainsi que du racisme qu’elle implique au sein de la société. C’est pourquoi suivre l’affaire de Santa Maria, insister sur sa clarification, se tenir réellement aux côtés de la communauté chrétienne en déclin et lui faire sentir qu’elle n’est pas seule devrait faire partie de notre agenda politique.

Article (écrit le 6 février, avant l’attaque ciblant le commissariat de Caylayan) d’Ayşe Düzkan, militante féministe de gauche, écrivaine, traductrice et journaliste qui a été impliquée dans les principaux partis socialistes et organisations féministes de Turquie. Elle utilise uniquement des lettres minuscules dans ses écrits, un choix qu’elle explique comme étant « inspiré des écrivaines féministes, du langage de la poésie et des textes du raf ». 

« Kurdistan : la solution est politique ! »

0

PARIS – Dans une tribune publiée par le journal l’Humanité, plus de 60 personnalité publiques et collectifs appellent à ce qu’on trouve une solution politique à la question kurde alors que le Kurdistan est pris entre le feu croisé des États turc et iranien.

Voici l’appel signé entre autre par Edgar Morin, Frédéric Lordon, Chowra Makaremi, Leyla Dakhli:

Une nouvelle année commence. Et elle commence sous de sales couleurs au Kurdistan : tandis que l’État turc continue de bombarder le Kurdistan syrien dans le plus grand silence international, le Kurdistan turc crie justice du fond des prisons. Depuis le 27 novembre 2023, une grève de la faim collective mobilise des milliers de captifs dans une centaine d’établissements pénitentiaires.

Ils réclament, une fois de plus, la libération d’Abdullah Öcalan, cofondateur du PKK incarcéré depuis 1999 et soumis à l’isolement le plus total. C’est qu’Öcalan, comme Nelson Mandela en son temps – lui aussi qualifié de « terroriste » par le régime d’apartheid –, est le seul à pouvoir mettre un terme à la « question kurde » en Turquie.

Voilà des décennies que le leader autonomiste appelle à une solution négociée, juste et pacifique. Les armes, répète-t-il, seront alors rendues par le biais d’une médiation internationale. Des pourparlers de paix avaient été entrepris en 2013, avant d’être foulés aux pieds par Erdogan deux ans plus tard, faux défenseur des Palestiniens et vrai oppresseur des minorités vivant sous son contrôle.

Les prisonniers kurdes appellent à la solidarité internationale. Leur voix doit, partout, être entendue ; leur voix doit, partout, être relayée. Les pays occidentaux entretiennent des relations économiques et militaires avec l’État turc, éminent membre de l’Otan. Chaque citoyen a son mot à dire sur la politique étrangère de son propre gouvernement. Chaque parole engage. Chaque silence aussi.

Depuis le mois de décembre 2023, Selahattin Demirtas, cofondateur de la principale formation de la gauche démocratique en Turquie, le HDP, plaide sa cause face aux juges. Arrêté en 2016, il risque jusqu’à 142 ans de prison. Demirtas déclare aujourd’hui : « Nous appelons une paix honorable, un environnement paisible où les Turcs, les Kurdes, les Alévis et les sunnites vivraient librement. (…) L’État turc nous juge à des fins racistes et nationalistes, simplement parce que nous sommes kurdes. Nous sommes jugés parce que nous ne nous soumettons pas à l’idéologie et aux thèses racistes turques. Le Kurdistan est notre patrie et nous sommes jugés pour avoir dit : ”Vous ne pouvez pas occuper le Kurdistan, vous ne pouvez pas le détruire.” Dans cette salle, on veut condamner la réalité kurde en notre personne. »

L’ancienne députée HDP Sebahat Tuncel, elle aussi détenue depuis 2016, ajoute : « Il y a l’option de la fraternité, de l’amitié et de la coexistence à travers la promotion de la vie. » Mais cette option, le pouvoir turc, allié au mouvement ouvertement fasciste MHP, la rejette systématiquement.

Or on le sait : les conflits n’ont de solution que politique. La répression, la discrimination, les massacres, les emprisonnements ne durent jamais éternellement. Aussitôt qu’un peuple est assujetti, il résiste : l’Histoire en jure. Les opprimés ont résisté en Inde, au Vietnam, en Algérie, en Afrique du Sud : ils ont fini par recouvrer leur liberté. Un jour viendra celle du peuple kurde. Pour l’heure, celui-ci promeut la démocratie face à l’autocratie et au nationalisme guerrier. Soutenons-le depuis notre sol. Ne laissons pas les prisonniers dans l’ombre.

Écoutons Abdullah Öcalan. Écoutons Selahattin Demirtas. Écoutons Sebahat Tuncel. Écoutons l’ancienne maire et militante féministe Ayse Gökkan, arrêtée à quelque 80 reprises et détenue depuis 2021. Écoutons l’ancienne coprésidente du HDP Figen Yüksekdag, incarcérée en 2016. Écoutons l’ancienne maire Gültan Kisanak, torturée dans les années 1980 et incarcérée en 2016.

Écoutons la chanteuse Nûdem Durak, condamnée à dix-neuf ans de prison pour avoir défendu les droits et la culture de son peuple par son art. Écoutons le chanteur Erkan Beli, torturé et condamné à la détention à perpétuité. Écoutons la journaliste Dicle Müftüoglu, coprésidente de l’association des journalistes Dicle Firat Gazeteciler Dernegi (DFG), emprisonnée depuis mai 2023.

Écoutons le journaliste Ziya Ataman, de l’agence Dicle Haber Ajansi (Diha), désireux que « (leur) situation en prison soit connue du public ». Écoutons Nedime Yaklav, qui, bien qu’ayant purgé sa peine de plus de trente ans, demeure emprisonnée. Écoutons Mustafa Murat Perisan, lui aussi otage depuis plus de trente ans et maintenu en détention au motif qu’il refuse de signer une déposition de « remords ». Écoutons Selver Yildirim et Abdulalim Kaya, gardés en détention en dépit de maladies lourdes.

La liste serait sans fin. Écoutons, oui. Et, comme citoyens français, exigeons : l’arrêt des partenariats commerciaux et de la collaboration militaire avec l’État turc ; le retrait du PKK de la liste des « organisations terroristes » ; la fin de la coopération policière et judiciaire, via Interpol, avec l’État turc ; la levée du secret-défense dans l’affaire du triple féminicide kurde de janvier 2013, à Paris.

Signataires

Nadège Abomangolidéputée FI Arié Alimiavocat, auteur et membre de la LDH Hakim Amokrane, chanteur, cofondateur de Zebda Mustapha Amokrane, chanteur, cofondateur de Zebda Joseph Andras, écrivain Ludivine Bantigny, historienne Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste Olivier Besancenot, ancien candidat du NPA à l’élection présidentielle Rachida Brakni, actrice et cinéaste Rony Brauman, médecin et essayiste Éric Cantona, acteur, chanteur et ancien footballeur Carmen Castillo, cinéaste Patrick Chamoiseau, écrivain Laurence Cohen, sénatrice honoraire PCF Éric Coquerel, député FI Leyla Dakhli, historienne Hendrik Davi, député FI Alice Diop, cinéaste Sébastien Delogu, député FI Rokhaya Diallo, autrice et réalisatrice Éric Fassin, sociologue Elsa Faucillon, députée PCF Robert Guédiguian, cinéaste Nadia Yala Kisukidi, philosophe Anouche Kunth, historienne Adèle Haenel, actrice Kaoutar Harchi, écrivaine et sociologue Andy Kerbrat, député FI Pierre Laurent, sénateur honoraire PCF et ancien vice-président du Sénat Jean-Paul Lecoq, député PCF et conseiller municipal Frédéric Lordonphilosophe et économiste Michael Löwy, sociologue Maryam Madjidi, écrivaine Chowra Makaremi, anthropologue et réalisatrice Carlos Martens Bilongo, député FI Edgar Morin, sociologue et philosophe Aline Pailler, journaliste Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien Philippe Poutou, ancien candidat du NPA à l’élection présidentielle Anne Querrien, sociologue, urbaniste et codirectrice de Multitudes Rocé, rappeur Pinar Selek, sociologue et écrivaine Danielle Simonnet, députée FI Pierre Tevanian, philosophe Ana Tijoux, rappeuse et chanteuse Laetitia Tura, réalisatrice Françoise Vergès, politologue et essayiste Gisèle Vienne, metteuse en scène et chorégraphe Abdourahman Waberi, écrivain Malik Zidi, acteur et écrivain.

Collectifs

Assemblée féministe transnationale, Association France-Kurdistan, Cases rebelles, Conseil démocratique kurde en France, Dispac’h, Féministes révolutionnaires Paris, Gauche écosocialiste, la Grenade, collectif féministe, Lesbiennes contre le patriarcat, l’Offensive, Peps (écologie populaire et sociale), réseau internationaliste Serhildan, Tsedek !, Union communiste libertaire, union syndicale Solidaires, Wana (West Asia-North Africa).

L’Humanité a par ailleurs publié une photo de Selahattin Demirtas (ancien coprésident du parti HDP emprisonné depuis 2016 et encourant jusqu’à 142 ans de prison) et en arrière fond une photo d’Abdullah Ocalan (chef historique du PKK tenu en isolement carcéral sur l’ile prison d’Imrali,e en Turquie, depuis 1999) sous le titre de « Kurdistan : sous le feu, dans les ferres »; « Turquie : La résistance kurde appelle à la paix », un long article dénonçant la répression du mouvement politique kurde en Turquie et la guerre généralisée menée contre les Kurdes dans les 4 parties du Kurdistan colonisé.

La UNE de l’Humanité, datée du 9 février 2023