IRAN / ROJHILAT – Au Rojhilat, le Kurdistan de l’Est sous l’occupation iranienne, les forces de sécurité poursuivent une répression ciblée contre les participants aux manifestations de janvier 2026. Plusieurs mois après ces mobilisations, des arrestations de mineurs kurdes, des condamnations à mort et des exécutions illustrent la sévérité de la réponse des autorités.
Arrestation d’Alireza Rashidi, 16 ans
Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté Alireza Rashidi, un adolescent kurde de 16 ans originaire d’Ashkhaneh, dans la province du Khorasan du Nord. L’arrestation a eu lieu le mercredi 30 septembre 2026, près de neuf mois après les manifestations de janvier.
Selon l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme, Rashidi a été identifié sur des images vidéo des manifestations. Les autorités ont contacté son père pour lui indiquer qu’un mandat d’arrêt avait été émis. L’adolescent, qui se trouvait alors à Téhéran, est revenu à Ashkhaneh et s’est présenté aux forces de sécurité.
Malgré les demandes répétées de sa famille, aucune information n’a été communiquée sur les charges retenues, le lieu de détention ou l’état de santé du jeune homme.
Arrestation de Mohammad Ebadi, 15 ans
Deux jours plus tôt, le lundi 28 septembre 2026, les forces du ministère du Renseignement ont perquisitionné le domicile familial de Mohammad Ebadi à Takab. Ce jeune travailleur kurde de 15 ans, qui résidait habituellement à Téhéran, était rentré dans sa ville natale pour rendre visite à sa famille.
Il a été arrêté puis transféré dans un centre de détention à Téhéran. Plusieurs jours après son arrestation, sa famille n’a toujours obtenu aucune information sur les motifs de son interpellation, les charges éventuelles, le lieu exact de détention ni son état de santé, selon les éléments recueillis par Hengaw.
Exécutions et condamnations à mort dans le sillage des manifestations
La répression ne se limite pas aux arrestations. Le samedi 3 octobre 2026, à l’aube, Siavash Jamshidi Kheirabadi a été exécuté à la prison centrale de Shahrekord (province de Chaharmahal et Bakhtiari). Arrêté lors des manifestations de janvier 2026 à Shahrekord, il avait été condamné à mort pour des accusations de sécurité nationale, notamment « guerre contre Dieu » (moharebeh), « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et « organisation d’activités anti-sécurité en ligne ».
L’agence Mizan, affiliée au pouvoir judiciaire iranien, a confirmé l’exécution. Les médias d’État affirment qu’il avait participé à des manifestations dans la rue Nasir Khosrow le 8 janvier 2026 et avait été arrêté deux jours plus tard. Après une condamnation initiale par le Tribunal révolutionnaire, la Cour suprême a confirmé la sentence dans un examen accéléré.
Par ailleurs, Mehdi Nami, arrêté à son domicile de Téhéran lors des mêmes manifestations de janvier 2026, a été condamné à mort par la 23e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Il est accusé d’« activités opérationnelles en soutien à des États hostiles » et est actuellement détenu à la prison de Ghezel Hesar à Karaj, où la sentence lui a été notifiée.
Un climat de peur persistante
Ces cas s’inscrivent dans un contexte plus large de pression sur les populations kurdes du Rojhilat. L’identification d’adolescents via des images de manifestations, les arrestations à domicile, le silence sur le sort des détenus et le recours rapide à la peine capitale illustrent une stratégie de dissuasion prolongée.
Les organisations de défense des droits humains, dont Hengaw, continuent de documenter ces violations. Les familles des personnes arrêtées ou exécutées réclament des informations transparentes et le respect des garanties judiciaires minimales, demandes qui restent pour l’instant sans réponse.