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TURQUIE. 48 femmes assassinées en un mois

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FEMINICIDES. En octobre dernier, les hommes ont tué 48 femmes. Le mois d’octobre est un des pires mois de ces dernières années avec près de 50 féminicides commis en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, alors que 23 autres femmes sont mortes dans des circonstances suspectes durant la même période.

 

Selon les données fournies par la plateforme « Nous stopperons les Féminicides » (Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu – KCDP), en octobre dernier, les hommes ont tué 48 femmes à travers le pays.
La KCDP a déclaré dans un communiqué que : « [La] lutte pour mettre fin aux féminicides en Turquie dure depuis 14 ans. (…) Malheureusement, les ministères ne conservent ni ne partagent systématiquement les données sur les féminicides. En plus d’expliquer la réalité des féminicides et des décès suspects de femmes, il est également du devoir de l’État de mettre en œuvre des propositions de solutions concrètes pour mettre fin aux féminicides. Nous continuerons à lutter pour mobiliser tous les ministères concernés et tous les mécanismes pour accomplir cette tâche. »

Appel à contributions pour un colloque en soutien aux universités du Rojava

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PARIS – Le Centre de solidarité et de coopération avec les universités du nord et de l’est de la Syrie (CSCUNES) appelle à contributions pour la visio-conférence intitulée « Décoloniser la connaissance et la science – Briser l’isolement et tisser une solidarité avec les universités du nord et de l’est de la Syrie/Rojava » qu’il organisera le 20 février 2025. Les personnes intéressées peuvent avoir plus de détails lors de la réunion en ligne qui aura lieu le 13 novembre prochain.

 

« Décoloniser la connaissance et la science »

 
 
Le colloque aura lieu le jeudi 20 février 2025, de 10h à 18h (CET). L’événement sera en ligne, avec la possibilité de réunions hybrides (en présentiel et en ligne).
 
Des universitaires, activistes, artistes, intellectuels et internationalistes intéressé.e.s sont invité.e.s à contribuer au colloque et/ou à faire partie du réseau internationaliste et décolonial de CSCUNES. Pour cela, vous devez envoyer un message électronique à csua.paris@gmail.com, en y indiquant notamment votre domaine d’intérêts; et quelques informations générales vous concernant avant la première réunion de travail qui aura lieu le 13 novembre à 17 heures (CET) et rejoignez l’un des groupes de travail.
 
Par ailleurs, toute personne souhaitant rester informée et faire partie d’une structure de communication est bienvenue également à rejoindre la liste de diffusion en contactant le CSUA* via cette adresse électronique : csua.paris@gmail.com
 

Organisateurs de l’événement:

Universités du Rojava, CSUA, Kurd Akad (Académiciens kurdes)
 
*En novembre 2021, un groupe d’universitaires a fondé le centre de coopération avec les universités kurdes du Rojava et de la Syrie du Nord et de l’Est à l’occasion de la Journée mondiale de Kobanê du premier novembre. Le Centre de solidarité et de coopération avec les universités du nord et de l’est de la Syrie (CSCUNES), en anglais: Center for Solidarity with Alternative Universities – CSUA, basé à Paris, a pour but de soutenir les universités du Rojava, de Kobanê et d’Al-Sharq dans leurs programmes d’enseignement et de recherche.
 
Parmi les membres du conseil d’administration du CSCUNES, on peut citer les universitaires kurdes Hawjin Baghali, Engin Sustam, Sardar Saadi, Somaye Rostampour, Sahar Bagheri avec leurs collègues français Eric Fassin, Valentin Schaepelynck, Caroline Ibos, Pascale Laborier, Sophie Wauquier, Fabienne Brugère.

TURQUIE. « La confiscation des municipalités kurdes montre l’épuisement politique du régime turc »

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TURQUIE / KURDISTAN – Une nouvelle vague d’usurpation des municipalités kurdes par le régime turc d’Erdogan s’est abattue sur le peuple kurde. Ce matin, les maires élus sous l’étiquette de DEM Parti à Mardin, Batman et Halfeti ont été destitués et remplacés par des administrateurs (kayyim) nommés par Erdogan qui piétine la volonté des millions d’électeurs. DEM Parti a publié un communiqué affirmant que « l’insistance du gouvernement AKP-MHP sur des tactiques de kayyim ratées montre son épuisement politique ».
 

Voici le communiqué du DEM Parti:

 
L’insistance du gouvernement AKP-MHP sur des tactiques de kayyim ratées montre son épuisement politique

Ce matin, après la nomination des administrateurs de Hakkari et d’Esenyurt, le gouvernement AKP-MHP a usurpé les municipalités métropolitaines de Mardin, Batman et Urfa Halfeti. L’importance de ce coup d’État, qui a lieu le jour de l’anniversaire du coup d’État parlementaire du 4 novembre 2016, qui visait à saper la volonté du peuple kurde, ne peut être sous-estimée.

Il s’agit de la poursuite des mêmes tentatives avortées de démantèlement des Kurdes dans la politique démocratique qui perdurent depuis 1994 – une stratégie répétitive et vouée à l’échec qui dure depuis 30 ans. Nous devons réitérer qu’il s’agit d’une attaque ouverte contre la volonté du peuple.

Les interventions précédentes des administrations de tutelle imposées ont été fermement rejetées par le peuple, ce qui a conduit à leur défaite retentissante lors des élections suivantes, où les électeurs ont clairement démontré leur soutien à notre parti. L’insistance à utiliser les administrations de tutelle imposées, qui échouent systématiquement aux urnes, souligne l’épuisement politique et le désespoir du régime AKP-MHP. Le régime a transformé l’usurpation par le biais du système judiciaire et de l’application de la loi, qu’il n’a pas pu obtenir par les élections, en un régime de fait. Cette dernière attaque constitue également une grave violation du droit du peuple kurde à voter et à être élu. En assiégeant les municipalités et en sapant les gouvernements locaux, en les transformant en de véritables avant-postes de police, le régime politique actuel déclare clairement que la légitimité démocratique du régime politique actuel a pris fin.

Il est profondément ironique que ceux qui prétendent s’opposer à l’autoritarisme et aux coups d’État soient eux-mêmes devenus des agents d’un autoritarisme pur et dur. L’histoire montre qu’aucun pouvoir n’a jamais prospéré sur l’oppression et la tyrannie dans ce pays, et celui-ci ne fera pas exception. Le peuple turc ne se soumettra jamais à un tel despotisme. Lors des dernières élections locales, le gouvernement a subi des pertes importantes à cause de ces tactiques, et plus il persistera dans cette voie, plus ses pertes seront importantes.

Le coup d’État de 2011 est une crise de démocratie et de liberté pour les 85 millions de citoyens turcs. Si rien n’est fait, il dépassera les régions kurdes et touchera les municipalités de toute la Turquie. Indépendamment du parti ou de l’idéologie, cette attaque constitue désormais une menace directe pour le droit de tous les citoyens turcs à voter, à être élus et à exercer leur volonté politique. Nous appelons donc tous les segments démocratiques de la société à faire entendre leur voix et à s’opposer de toute urgence à cette mentalité de coup d’État illégitime.

La défense de la volonté du peuple et la protection des administrations locales sont fondamentales pour la mission de notre parti. Ces méthodes et ces attaques non seulement sapent toute tentative de dialogue et de réconciliation, mais suscitent également de sérieux doutes quant à la sincérité de ceux qui sont au pouvoir. Alors que nous espérions une main tendue pour la paix et la résolution, une main a été tendue pour saisir la volonté du peuple. Alors que nous recherchions le dialogue et la négociation, nous voyons des pièges se tendre pour saper les espoirs de résolution du peuple. Nous ne capitulerons pas et nous ne renoncerons pas à notre lutte. Si le gouvernement croit qu’il réussira avec ces tactiques ratées, il se trompe gravement. Notre peuple continuera à défendre sa volonté en toutes circonstances.

Comité exécutif central du parti DEM
4 novembre 2024

 

CDK-F: L’État turc piétine la démocratie et intensifie la répression contre le peuple kurde

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PARIS – Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) dénonce la destitution des maires kurdes par Erdogan qui a nommé des administrateurs (Kayyim) à la tête de plusieurs municipalités kurdes alors qu’il cherche le soutien des Kurdes pour changer la constitution turque.

Voici le communiqué de CDK-F publié ce matin:

L’État turc piétine la démocratie et intensifie la répression contre le peuple kurde

Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) condamne fermement l’usurpation autoritaire des municipalités kurdes de Mardin, Batman et Halfeti par le régime AKP-MHP. En destituant les co-maires du DEM Parti, démocratiquement élus, et en les remplaçant par des administrateurs désignés, le gouvernement turc piétine une fois de plus la volonté populaire et viole gravement les principes démocratiques.
 
 
Ce coup de force intervient alors même que le leader kurde Abdullah Öcalan, dans une rare opportunité de communication après 43 mois d’isolement total et ininterrompu, a envoyé un message réitérant son engagement en faveur du dialogue et de la résolution pacifique du conflit kurde. Monsieur Öcalan a une fois encore affirmé sa capacité théorique et pratique pour mettre un terme à ce conflit par des moyens politiques. L’État turc répond cependant à cet appel par la répression et l’autoritarisme, illustrant ainsi son refus catégorique d’une solution politique et pacifique.
 
 
L’État turc mène une politique répressive sans fin, écartant les représentants légitimes kurdes et militarisant les institutions locales, au mépris total des choix des citoyens. Cette dernière usurpation souligne l’incapacité du régime à obtenir la confiance des électeurs par les urnes, préférant imposer son contrôle par la force et le déni des droits démocratiques.
 
 
Le CDK-F appelle la France et la communauté internationale à condamner avec la plus grande fermeté cette atteinte aux droits politiques des Kurdes. Alors que le message de Monsieur Öcalan ouvre une voie vers la paix, l’État turc persiste dans la répression, risquant de prolonger et d’aggraver le conflit.
 
 
La défense des droits des Kurdes à disposer de représentants élus est une responsabilité collective. Le CDK-F appelle la France à s’engager activement pour soutenir ce processus de paix indispensable, et invite tous les défenseurs de la démocratie à dénoncer cette politique d’occupation des institutions locales kurdes.

Les Kurdes de Marseille célèbrent la Journée mondial pour Kobanê

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MARSEILLE – À l’occasion de la Journée Mondiale pour Kobanê, la jeunesse kurde de Marseille organise demain (2 novembre) une soirée projection qui sera suivie d’une discussion sur la situation actuelle au Rojava.
 
Synopsis du documentaire « Kobanê Aixecar-se » sorti en 2022:
 
« Depuis la révolution dite du Rojava qui a débuté en 2012 jusqu’à aujourd’hui, le nord et l’est de la Syrie ont connu une série de changements sociaux qui les ont propulsés au rang de territoire pionnier au Moyen-Orient. Près de 10 ans plus tard, toute une génération a grandi avec des valeurs – libération des femmes, écologie sociale et démocratie radicale – opposées à celles promues jusqu’alors par le régime syrien. Cependant, dans la ville de Kobané, nous trouvons des réalités très différentes, de ceux qui vivent les changements sociaux avec ferveur à ceux qui envisagent d’émigrer en Europe. À travers les histoires de vie de Zilan et Hussein, nous nous connecterons à la réalité de différents jeunes, à leurs espoirs et à leurs désirs ; nous traverserons les scènes où la guerre contre l’État islamique a eu lieu, les massacres subséquents contre la population civile et nous découvrirons la lutte des femmes qui travaillent à dépatriarcaliser la société.
 
Cependant, la guerre au Rojava se poursuit. A quelques kilomètres de Kobané, nous nous retrouverons piégés au milieu des bombardements de ceux qui ont commencé la révolution en Syrie et qui sont actuellement soutenus par la Turquie. »
 
À l’initiative des Jeunes Kurdes de Marseille et du CIMK
 
RDV au Centre kurde de Marseille,
33 Boulevard Burel, Marseille

 

TURQUIE. Confiscation d’une municipalité du CHP après celle des villes kurdes

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TURQUIE – Le régime turc a confisqué la municipalité d’Istanbul / d’Esenyurt détenue par le parti kémaliste CHP. Jusqu’à présent, Erdogan s’était limité à la confiscation des municipalités kurdes dont les maires élu.e.s démocratiquement étaient poursuivi.e.s systématiquement pour « terrorisme ». Mais les organisations politiques kurdes avertissaient qu’à terme, Erdogan s’en prendrait à tous les partis politiques et appelait le CHP à ne pas garder le silence devant de tels agissement. Seul, lors de la tentative de confiscation de la municipalité de Van (dirigée par le DEM parti), le CHP a montré sa solidarité avec la municipalité kurde et envoyé des élus dans la région.

Un nouvel administrateur (kayyim ou kayyum) a été nommé à la tête de la municipalité d’Esenyurt, après que le maire de la ville, Ahmet Özer, a été placé en détention provisoire mercredi soir. M. Özer a déclaré que cette arrestation était motivée par des raisons politiques.
 
Le ministère turc de l’Intérieur a nommé un administrateur à la municipalité d’Esenyurt, après que son maire, Ahmet Özer, a été placé en détention mercredi soir.
 
Le vice-gouverneur d’Istanbul, Can Aksoy, a été nommé administrateur à la place d’Özer.
 
Özer, qui a été arrêté pour « appartenance à une organisation illégale [PKK] », a déclaré qu’il avait déjà travaillé dans de nombreuses institutions publiques en tant que fonctionnaire et qu’il n’avait jamais fait l’objet d’une enquête à son encontre auparavant.
 
 
 
Özer a ajouté : « J’occupe avec succès le poste de maire depuis sept mois et il s’agit d’une action motivée politiquement où la volonté du peuple est saisie. »
 
Özer a souligné que les allégations manquaient de preuves, notant que qualifier ses œuvres et ses réalisations passées d’actes criminels était une démarche à motivation politique.
 
Il a fait remarquer que le processus de nomination du syndic a été présenté au public par le biais des médias et a ajouté : « Tout cela a été fabriqué, forcé et orchestré par des manœuvres politiques pour me démettre de mes fonctions. Les bases de la nomination d’un syndic ont été posées. Même lorsque j’étais encore au bureau du procureur, des rapports dans certains médias affirmaient qu’un syndic avait déjà été nommé. »
 
Özer a également clarifié certaines des rencontres et relations présumées citées dans les accusations. Il a expliqué que sa rencontre avec l’ancien député de Van, Remzi Kartal, était basée sur leurs antécédents communs. Tous deux sont originaires de la même région et la rencontre a eu lieu dans le cadre d’une relation personnelle et humaine.
 
Özer a indiqué que même un concert organisé en collaboration avec le bureau du gouverneur du district d’Esenyurt avait été cité comme preuve contre lui. Il a expliqué que tous les aspects de l’organisation du concert avaient été gérés par des fonctionnaires et a souligné qu’il lui était impossible de surveiller ce qui se disait sur scène.
 
Enfin, Özer a souligné qu’une précédente enquête d’écoute téléphonique n’avait pas permis de trouver de preuves à charge contre lui. Soulignant son lieu de résidence stable et l’absence de risque de fuite, il a demandé sa libération.

Accès à l’eau au Rojava: enjeux politiques et environnementaux

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RENNES – L’association Amitiés Kurdes de Bretagne et le collectif citoyen Rennes Beitunia en partenariat avec l’AFPS vous invitent à une réflexion autour du thème : Eau et Droits des peuples au Proche et Moyen orient.
 
Découvrez les conséquences pour le vivant de l’accaparement des ressources par un État dominant dans la région du Nord Est syrien/le Rojava, le jeudi 28 novembre (…).
 
 
Poser la question de l’eau et de l’environnement au Moyen-Orient est un vaste sujet qui embrasse à la fois des enjeux politiques locaux, des enjeux systémiques régionaux et des intérêts internationaux. Tony Rublon, Géographe, vous propose une analyse contextualisée de la guerre de l’eau au Moyen-Orient et de ses impacts sur le Nord-Est syrien, également connu sous le nom de Rojava. Gulistan Sido, membre fondatrice et responsable des relations internationales de l’ONG Keziyên kesk (Tresses Vertes ou Green Tress en anglais) mené au Rojava, vous présente les alternatives écologiques et politiques en cours dans une région marquée par de nombreuses tensions politiques et militaires.
 
RDV le 28 novembre 2024, à 19h
A La Maison Internationale de Rennes
7 Quai Chateaubriand
35000 RENNES

TURQUIE. Mort suspecte d’un prisonnier kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Le prisonnier kurde Adnan Karayiğit, qui avait dit à sa famille qu’on allait le tuer en prison, est décédé dans des circonstances suspectes. L’administration pénitentiaire de la prison de type S d’Iğdır a prétendu que Karayiğit s’était suicidé. Ces dernières années de nombreux prisonniers kurdes ont perdu la vie de façons suspecte dans les geôles turques.
 
 

Le corps d’Adnan Karayiğit a été emmené à Adana

 
Adnan Karayiğit, qui se trouvait dans la prison de type S d’Iğdır, est décédé la nuit dernière dans des circonstances suspectes. Après la mort de Karayiğit, qui était en prison depuis 7 ans et avait dit à sa famille : « Ils vont me tuer ici », son corps a été pris par sa famille à la morgue de l’hôpital d’État Docteur Nevruz Erez d’Iğdır après l’autopsie.
 
 
 

TURQUIE. Les Loups Gris attaquent le « mur des femmes » à l’Université de ODTU

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TURQUIE – Des étudiants membres des Loups Gris turcs de l’université technique du Moyen-Orient (ODTU) ont déchiré les affiches portant des slogans kurdes et turcs « Kadınlar barış istiyor [Les femmes veulent la paix] » et « Jin jîyan azadî [Femme, vie, liberté] » d’un mur de l’enceinte de l’ODTU surnommé « le mur des femmes ». Le groupe a ensuite organisé une marche avec une pancarte représentant un loup gris et scandé des slogans fascistes tels que « Chaque Turc naît soldat » et « ODTU est turc et restera turc ».

 

Un groupe d’étudiants fascistes dirigé par la communauté de turcologie de l’université technique du Moyen-Orient (en turc, Orta Doğu Teknik Üniversitesi, ou bien ODTÜ, METU en anglais) a organisé la « Marche de la République ». Le groupe organisateur de la marche a attaqué le mur, appelé « mur des femmes » par les étudiants du METU, sur lequel étaient affichés des banderoles en kurde et des slogans tels que « Les femmes veulent la paix » et « Jin jîyan azadî [slogan kurde signifiant « femme, vie, liberté »] ».

Les étudiants membres des Loups Gris* ont déchiré les affiches kurdes accrochées au mur et scandé des slogans tels que « Chaque Turc naît soldat » et « ODTU est turc et restera turc ». Il convient de noter que presque tous les groupes qui ont attaqué le mur des femmes étaient des hommes. De plus, le groupe s’est promené dans l’école en faisant des pancartes de loup gris.

*L’idéologie des Loups Gris du Mouvement Ülkücü (Idéalistes, le nom complet est « Foyers idéalistes », en turc: Ülkü Ocaklari) repose sur une exaltation de la « race », de la langue, de la culture et de la nation turques. Les autres peuples de Turquie sont considérées comme une force de division de l’unité du pays et sont donc combattus. L’idéologie des Ülkücü est largement façonnée par les images de l’ennemi et les théories du complot. L’éventail des ennemis « internes » et « externes » s’étend des Kurdes, des Grecs et des Arméniens aux Juifs, des Européens et des Chinois aux États-Unis et au Vatican.

TURQUIE. Scandale impliquant des membres des Foyers Ottomans d’Allemagne à Mardin

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TURQUIE / KURDISTAN – Un véhicule immatriculé en Allemagne et appartenant aux cadres des Foyers Ottomans a heurté deux femmes dans la province kurde de Mardin et tenté de s’enfuir des lieux. Quand une foule s’est formée pour venir en aide aux femmes blessées, le conducteur du véhicule s’est mis en marche-arrière dans le but d’écraser la foule en colère.
 
Un véhicule tout-terrain de type pick-up avec la plaque d’immatriculation allemande GM AE 4747, circulant dans la rue Vali Ozan à Mêrdîn / Artuklu, a heurté 2 femmes dans la rue. Alors que deux femmes ont été blessées dans l’accident, les citoyens ont réagi face au conducteur. Suite à la réaction des citoyens, le véhicule a tenté de se déplacer dans la mauvaise direction dans la rue, provoquant une confusion dans la circulation et percutant 4 autres véhicules. Alors que les personnes à bord des véhicules ont été légèrement blessées, le véhicule a percuté une camionnette et s’est arrêté.
 
4 personnes blessées ont été transportées en ambulance à l’hôpital de formation et de recherche de Mardin. Les blessés seraient en bon état. Le conducteur du véhicule, dont le nom n’était pas connu, a été arrêté par la police.
 
Une carte de la direction provinciale de Mardin des *Foyers Ottomans (en turc: Osmanlı Ocakları) était collée au pare-brise du véhicule.
 
 
*Les Foyers ottomans, qui prêchent un puissant mélange de religion et de nationalisme [comme les Loups Gris turcs**], sont apparus pour la première fois [créés en 2009] sous le feu des projecteurs lorsque leurs membres ont été repérés lors de rassemblements de l’AKP vêtus d’un voile blanc. Le message était on ne peut plus clair : ils étaient prêts à renoncer à leur vie pour passer sous le commandement d’Erdoğan, leur chef vénéré. (Extrait de l’article Les Foyers ottomans : menaçants ou bénins ? publié sur le site de Middle East EYE en 2016)

 

**L’idéologie des Loups Gris du Mouvement Ülkücü (Idéalistes, le nom complet est « Foyers idéalistes », en turc: Ülkü Ocaklari) repose sur une exaltation de la « race », de la langue, de la culture et de la nation turques. Les autres peuples de Turquie sont considérées comme une force de division de l’unité du pays et sont donc combattus. L’idéologie des Ülkücü est largement façonnée par les images de l’ennemi et les théories du complot. L’éventail des ennemis « internes » et « externes » s’étend des Kurdes, des Grecs et des Arméniens aux Juifs, des Européens et des Chinois aux États-Unis et au Vatican.

TURQUIE. Montée en puissance de l’idéologie Incel « alimentée par les politiques gouvernementales misogynes »

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TURQUIE – Alors que le nombre de féminicides ne cesse de croitre en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, à cause d’une justice clémente envers les auteurs des féminicides et des violences faites aux femmes, une idéologie en particulier attire l’attention en raison de son lien avec ces crimes : l’idéologie Incel (involuntary celibate, célibataire involontaire en français). Renforcée par un sentiment d’impunité, l’idéologie Incel alimente davantage les inégalités entre les sexes et légitime la violence contre les femmes.
 
Lors de la discussion sur l’histoire politique et sociale des questions de genre et des femmes en Turquie, la politologue Alev Özkazanç, le spécialiste en communication Orhan Şener Deliormanlı et le sociologue Yaşar Suveren de l’Université de Sakarya, qui étudie la misogynie, ont partagé leurs points de vue sur le mouvement Incel et ses croyances misogynes.
 
« La misogynie au cœur du problème »
 
La politologue Alev Özkazanç, l’universitaire Orhan Şener Deliormanlı et le sociologue Yaşar Suveren expliquent que les incels* pourraient constituer une menace sociale en Turquie à travers la radicalisation en ligne « alimentée par les politiques gouvernementales misogynes ».
 
Le sociologue Yaşar Suveren explique que les Incels incarnent principalement un état d’esprit et un comportement enracinés dans la misogynie.
 
« Nous avons affaire à un groupe d’individus isolés de la société, incapables d’établir des relations saines ou de communiquer avec les femmes, et qui rationalisent cet isolement en accusant les femmes. (…) ce sont des hommes solitaires, peu attachés à la société, qui ont une vision hostile des femmes, qu’ils accusent d’être la cause de leurs problèmes personnels. »
 
Selon Suveren, la misogynie est au cœur du mouvement Incel. Croyant que les femmes les excluent consciemment, ces individus projettent leurs insuffisances et leurs frustrations vers l’extérieur, considérant les femmes comme une menace. Il note que les récents incidents violents en Turquie reflètent les tendances violentes des membres du mouvement Incel : « Dans certains pays, des individus s’identifiant comme Incels ont été impliqués dans des incidents violents. Bien qu’il soit difficile d’affirmer qu’ils agissent de manière organisée ou systématique, la radicalisation en ligne pourrait représenter une menace sociale. »
 

Une radicalisation croissante

 
Orhan Şener Deliormanlı, spécialiste des communications et journaliste, souligne l’effet radicalisant des espaces virtuels :
 
« Dans des espaces en ligne comme les salles Discord, des personnes ayant des mentalités similaires se rassemblent et se radicalisent encore plus. Dans des environnements physiques, la pression sociale peut les maintenir sous contrôle, mais dans un espace virtuel, ils peuvent devenir plus audacieux et agir en tant que collectif. »
 
Deliormanlı souligne également le changement générationnel au cours des 20 dernières années, avec moins d’enfants grandissant dans la rue et davantage élevés devant des écrans :
 
« Une génération a émergé qui socialise [entre les quatre murs de la maison], en satisfaisant ses besoins biologiques par le biais de jeux et de pornographie sans même mettre le pied dehors. Cet isolement limite les rencontres réelles avec les femmes et aggrave leur misogynie. »
 

Une forme distincte de misogynie

 
La politologue et écrivaine Alev Özkazanç décrit l’idéologie Incel comme une forme unique de misogynie. Elle explique ainsi le développement du caractère Incel :
 
« L’idéologie des Incel repose essentiellement sur la haine des femmes. Bien que nouvelle en Turquie, cette idéologie est née d’une communauté numérique en Amérique du Nord. Ce groupe croit que les femmes sont intrinsèquement insensibles à leur égard et le seront toujours. Cette conviction conduit à une perception qui place les hommes au bas de la hiérarchie masculine. »
 

La crise de la masculinité

 
Özkazanç explique que l’idéologie Incel ne concerne pas uniquement les femmes, mais également les hommes qui se considèrent comme étant au bas de la hiérarchie masculine. Les individus Incel ont le sentiment d’occuper le plus bas échelon de la société et leur incapacité à attirer les femmes les pousse encore plus bas dans cette hiérarchie perçue.
 
Elle souligne que l’idéologie Incel reflète l’un des symptômes les plus extrêmes d’une crise de masculinité et ajoute :
 
« L’idéologie incel repose sur un sentiment de défaite et de désespoir, souvent associé à un nihilisme violent. En Turquie, l’éloignement de longue date du gouvernement en matière d’égalité des sexes, associé à des mesures telles que le retrait de la Convention d’Istanbul, a aggravé cette crise et constitue un encouragement tacite pour les hommes. » (Bianet)
 
*La sous-culture incel (néologisme et mot-valise de langue anglaise pour involuntary celibate, célibataire involontaire en français) désigne la culture des communautés en ligne dont les membres se définissent comme étant incapables de trouver une partenaire amoureuse ou sexuelle, état qu’ils décrivent comme célibat involontaire ou inceldom. Ceux qui se déclarent incels sont en majorité des hommes cisgenres et hétérosexuels. Généralement, les femmes incels sont appelées femcels (Wikipedia)

TURQUIE. Arrestation d’un avocat car il défendait un Kurde accusé de « terrorisme »

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TURQUIE – Dix-neuf personnes, dont l’avocat Bedirhan Sarsılmaz détenu lors d’une audience au tribunal, ont été arrêtées le 25 octobre à Istanbul, accusées d’« appartenance à une organisation terroriste [kurde] ».
 
Ces arrestations font partie d’une enquête nationale plus vaste lancée par le parquet général d’Istanbul et ciblant de prétendues affiliations « terroristes ».
 
Les autorités ont placé 38 personnes en garde à vue à Istanbul dans le cadre de l’enquête. La moitié des personnes arrêtées ont été formellement arrêtées et accusées d’« appartenance à une organisation terroriste [PKK] », tandis que les 19 autres ont été libérées sous contrôle judiciaire, qui comprend souvent des interdictions de voyager et des obligations de se présenter régulièrement.
 
L’avocat arrêté, Bedirhan Sarsılmaz, membre de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD), aurait été placé en détention immédiatement après avoir terminé ses fonctions au tribunal. L’arrestation de Sarsılmaz a suscité des inquiétudes parmi les organisation de défense des droits humains, car sa détention serait liée à ses activités professionnelles d’avocat.
 
Cette opération de répression s’inscrivait dans le cadre d’une opération plus vaste et coordonnée dans 31 provinces de Turquie, avec un total de 176 personnes arrêtées pour des accusations telles que « appartenance à une organisation terroriste », « propagande pour une organisation terroriste » et « soutien financier à une organisation terroriste ». (Bianet)