IRAN. Zara Mohammadi condamnée à 5 ans de prison pour avoir enseigné la langue kurde

IRAN / ROJHILAT – Un tribunal iranien a condamné Zara Mohammadi, qui enseigne le kurde aux enfants du Kurdistan de l’Est, à 5 ans de prison. La jeune femme est dans le collimateur du régime iranien depuis de nombreuses années et doit être emprisonnée dans 10 jours. En Iran, le kurde peut être parlé par les Kurdes, mais son enseignement reste interdit.
 
La jeune femme qui enseigne bénévolement le kurde a été libérée sous caution l’année dernière après avoir été emprisonnée à plusieurs reprises.
 
Auparavant, le tribunal révolutionnaire de Sînê (Sanandaj) avait condamné Mihemidi à 10 ans de prison. Cependant, une cour d’appel a par la suite réduit sa peine à 5 ans.
 
La sœur de Zara Mihemedi, Heybet Mihemedî, a déclaré à RojNews que les autorités iraniennes avaient accusé et arrêté Zara pour diverses accusations l’année dernière :
 
« Le gouvernement iranien continue d’accuser Zara de diverses accusations à chaque fois. Elle a déjà été accusée d’être une opposante à la République islamique et plus tard une partisane du Parti socialiste. Il y a quelques jours, elle a été officiellement condamnée à 5 ans. Zara doit aller en prison dans 10 jours. »
 
La sœur de Mihemedi, Heybet, a révélé que de nombreux membres du Conseil judiciaire n’avaient pas encore signé de papiers officiels pour condamner Zara, mais les responsables de l’État veulent la mettre en prison immédiatement. Heybet a réagi en disant que Zara n’avait que quelques jours pour aller en prison.
 
Le 23 mai 2019, des agents du renseignement iranien ont fait une descente au domicile de Zara Mihemedî au motif qu’elle enseignait le kurde aux enfants.
 

PARIS. Les femmes kurdes organisent une marche blanche le mercredi 5 janvier pour les 3 militantes tuées en 2013

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PARIS – Neuf ans après le meurtre des militantes kurdes Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez à Paris, la justice se fait attendre, mais pas les Kurdes. Ils vont descendre dans la rue cette semaines dans plusieurs villes européennes pour exiger que la justice leur soit rendue.
 
Le premier évènement est une marche blanche qui partira du centre culturel kurde de Paris pour arriver sur les lieux du triple meurtre, 147 rue La Fayette, près du Gare du Nord, où des gerbes seront déposées, en plus de prise de parole.
 
La marche est organisée par le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F).
 
RDV à 11 heures, le mercredi 5 janvier, au 16 rue d’Enghien, 75010 PARIS
 
Voici les détails des autres actions qui auront lieu en France les 8 et 9 janvier:
 
8 janvier
 
Paris : Rassemblement et manifestation, à 12:00, à Gare Du Nord
 
Strasbourg : Rassemblement et manifestation, à 13:00, à la Place de la Gare
 
Marseille : Rassemblement et manifestation, à 13:00, à Canebière/Marseille
 
Bordeaux : Rassemblement et manifestation, à 13.00, à la Place Stalingrad
 
9 janvier
 
Paris : Cérémonie d’hommage, à 12h30, au 147 rue La Fayette
 
Toulouse : Rassemblement et manifestation, à 14h30, au Métro Jean Jaurès

ROJAVA. 3 jeunes Kurdes d’Afrin enlevées par des mercenaires de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Des groupes de mercenaires affiliés aux forces d’occupation turques ont kidnappé aujourd’hui 3 jeunes femmes kurdes du village de Girziliyen à Sherawa dans le canton d’Afrin.
 
Rohat Ibo, 24 ans, et deux autres jeunes femmes, dont l’identité reste inconnue, ont été enlevées au poste de contrôle de sécurité de Qos, à l’entrée de la ville d’Afrin aujourd’hui alors qu’elles rentraient du travail de nettoyage du canal d’eau dans le village de Cumk-Cemiliye-Afrin. Les jeunes femmes auraient été des employées du Croissant-Rouge du Qatar à Afrin.
 
Les trois femmes ont été transférées à la section de sécurité près de l’hôpital d’Avrin, à Afrin.
 
La famille de Rohat qui s’est rendue sur place a appris que Rohat était accusée d’avoir travaillé pour l’administration kurde (AANES) avant l’occupation d’Afrin par la Turquie et ses gangs islamistes. Mais selon une source locale, les 3 femmes ont été capturées pour demander une rançon à leurs familles.
 
Le point de contrôle de sécurité Qos est connu pour des kidnappings qui sont très courants dans la région.
 

Après dix ans de développement de la science des femmes, où en est la Jineolojî?

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L’activiste kurde Zilan Diyar est membre du Comité Jineolojî Europe. Elle fait le point sur le chemin parcouru par les études autour de la science des femmes appelée « Jineolojî », aussi bien au Kurdistan qu’en Europe.
 
Après dix ans de développement de la science des femmes: mes sentiments à propos de Jineolojî
 
La Jineolojî, que nous définissons comme science de la femme, de la vie, de la société et du sens, tente depuis plus d’une décennie d’intervenir dans le champ des sciences sociales. A cette période, elle remet en cause la mentalité qui s’est créée par la modernité capitaliste et qui est le centre d’attention et de contradictions. Toutes celles qui se sont intéressées et concernés par Jineolojî à cette époque – moi y compris – ont, à mon avis, acquis le pouvoir de définir la vie, ont appris à trouver en elles-mêmes ce qu’on cherchait au loin, et à « sentir », quand la vie est considérée comme un tout, comment tout prend désormais sens.
 
Je ne vois aucun problème à utiliser le terme « sentiment », car la Jineolojî défie également une science qui est largement dépourvue de sentiment en termes de contenu. Rien que ce terme, qui dépasse les limites des modèles mentaux qui nous sont donnés et ouvre la porte à une science nouvelle, correspond à ce que je veux communiquer. Cependant, seul le « sentiment » ne suffit pas. La Jineolojî a soutenu la revendication de définir la vision, la connaissance, le sens, la recherche et l’analyse adaptés à la vie comme une science à part entière. Dans ce texte, je vais essayer d’expliquer le chemin parcouru par la Jineolojî au cours d’une dizaine d’années pour se rapprocher de la prétention de devenir une branche scientifique à part entière.
 
On peut attribuer la distance que la Jineolojî a parcourue – comme dans toute autre science – à l’effort de s’établir conceptuellement, théoriquement et institutionnellement. Il s’agissait avant tout, comme dans toute science sociale, de développer une compréhension scientifique de facteurs fondamentaux tels que l’existence, les connaissances et les méthodes. Elle reposait sur le fait que le rôle des femmes et leurs savoirs n’avaient quasiment pas leur place dans les sciences sociales ou que cette place était très déformée, ce qui ne faisait qu’approfondir les problèmes sociaux. D’une certaine manière, elle a osé crier une vérité que par le passé de nombreux chercheurs qui avaient tenté d’analyser le système avaient dissimulée. Ainsi, nous savions où placer les pièces manquantes du puzzle entre nos mains.
 
La rivière qui trouve son lit
 
La jineolojî a remis en question les entités informatives du système, procédé aux contradictions, aux objections et aux questions, et a révélé la conjugaison de chaque individu et domaine avec lequel il est entré en contact. La jineolojî a voulu prendre des mesures qui satisfont à la prétention d’être une science au service de la société et non de la domination. Voyant que l’approche fragmentée des sciences sociales des femmes, de la société et de la nature conduisait facilement à l’exploitation par les gouvernements, elle s’est efforcée dès le début de s’établir comme une science avec la société pour les besoins de la société.
 
Comment a-t-elle fait ? Elle a tenu la discussion « Quelle sorte de science sociale sera la Jineolojî ? » non pas dans les académies, où les problèmes de société sont toujours considérés à distance, mais avec la société. D’abord, elle a discuté avec les pionnières de sa propre révolution, ou, en d’autres termes, les pionnières qui ont fondé la révolution des femmes sur une telle science. La Jineolojî n’a pas émergé d’un groupe qui a tenu des discussions abstraites sur la liberté. Cette communauté a essayé de refléter les principes d’une vie libre qu’elle s’était développée à travers les relations entre les hommes et les femmes, la compréhension de l’administration, la nature et la façon dont elle a traité chaque être vivant en elle. Il s’agissait de personnes qui ont coupé leurs liens avec le système existant et se sont senties libres à ce moment-là. Plus important encore, c’était une communauté basée sur la création immédiate de la liberté.
 
C’est ce groupe, en particulier les académies libres des femmes dans les montagnes du Kurdistan et la force de construction de la révolution kurde, qui a posé les bases d’une vie alternative dans de nombreux domaines différents tels que l’économie, la culture, l’autodéfense, la justice et politique. Seule la communauté qui promettait aux gens un avenir et risquait leur vie pour cela pouvait sentir comment une science devrait être au service de la société, et seule une telle structure pouvait créer cette science.
 
Ainsi, une conférence dans les montagnes du Kurdistan a créé un cadre pour la critique de la Jineolojî des sciences sociales, de leurs méthodes et de leurs pratiques. Fort de la motivation générée par ce cadre, la Jineolojî s’est développé sous une forme différente dans tous les domaines. C’était précisément le résultat qui était cohérent avec la prétention d’être une science sociale. Par conséquent, nous comparons la Jineolojî avec la rivière qui trouve son propre lit.
 
Les premières études concrètes
 
Voyons maintenant comment cette rivière s’est créée dans différentes zones géographiques, traversant la terre et s’infiltrant dans les profondeurs.
 
Les premières études concrètes sur la science des femmes ont commencé au Rojava et y ont sans aucun doute produit le plus de résultats. Puisque les femmes ont été la force fondatrice de la révolution dans les domaines de l’autodéfense, de la politique, de l’économie, de la culture, de la justice et bien d’autres, les conventions sociales des femmes rapidement pratiquées, les institutionnalisations formées en fonction des besoins des femmes (Mala Jin – Maison des femmes, Jinwar, les académies de femmes et les coopératives…) ont constitué la base du développement de la Jineolojî. Cela a favorisé le processus d’éducation dans ces institutionnalisations et en même temps s’en est nourri.
 
Les séminaires et formations de la Jineolojî dans des centaines d’académies du Rojava ont joué un rôle important dans le changement de mentalité des forces protectrices et fondatrices de la révolution. Elle a ainsi créé ses propres institutionnalisations. Centres de recherche de la Jineolojî établis à Efrîn le 16 août 2017 (n’est plus opérationnel en raison de l’occupation), à Dêrik le 22 septembre 2017, à Minbic le 2 janvier 2018, à Kobanê à l’intérieur des frontières de la région de l’Euphrate le 6 mars, 2018, à Hesekê le 8 janvier 2019, le 25. novembre 2020 à Tabqa, le 9 janvier 2021 dans le camp des personnes d’Efrîn dont les terres sont occupées, et à Alep le 4 avril 2021. Ce sont des institutions très importantes qui assurer la relation intime de la Jineolojî avec la société. Les employées de ces institutions tentent de remplir le réservoir de connaissances de Jineolojî en économie, démographie, histoire, mythologie, éthique, esthétique, etc. Elles recherchent leurs propres sociétés et leur histoire et le font au-delà des frontières de l’État et du patriarcat.
 
Parfois elles travaillent en partenariat avec une femme guérisseuse, parfois avec une dengbej [barde kurde], parfois avec des universitaires. Les analyses sociologiques menées par chaque centre sur le corps sont également considérées comme des études fondamentales pour aller à la source des problèmes sociaux. Mentionnons également que l’intérêt pour la Jineolojî ne se limite pas aux régions où vivent les Kurdes. Dans des villes comme Manbic, Tabqa et Raqqa, qui ont été libérées de l’EI, le nombre de femmes arabes qui se portent volontaires pour les études la Jineolojî ne peut être sous-estimé. De cette façon, la chance d’accéder aux sources (livres arabes et histoires orales) où l’on peut trouver des informations stockées dans les pays du Moyen-Orient augmente considérablement.
 
L’une des études les plus fondamentales de la Jineolojî au Rojava est sa recherche sociologique pour résoudre les problèmes sociaux. Par exemple, pendant la révolution au Rojava, la recherche sociologique a servi à établir que les femmes étaient la force constructive au Rojava.
 
L’ouvrage, qui traite du lien entre les conditions présentes et la première révolution des femmes, et un peuple coincé entre le statut de réfugié et la guerre, et en processus de reconstruction, est terminé. Il est actuellement en préparation pour publication en kurde.
 
L’un des travaux les plus prometteurs de la Jineolojî a été la construction du village de femmes de Jinwar, que WJAR (Fondation des femmes libres au Rojava) a lancé dans le cadre d’un projet conjoint avec WJAS (Fondation des femmes libres en Syrie) et Kongreya Star (Mouvement de femmes dans le nord de la Syrie) en 2017.
 
Le Jinwar, où la construction des maisons s’est terminée le 25 novembre 2018, est maintenant un espace de vie qui a la capacité, à travers le centre de guérison et de santé « Şîfa Jin » [guérison + femme], de soigner les problèmes de santé des femmes ainsi que celles des environs. villages. Le village possède une école trilingue pour les élèves, une boulangerie et il a développé l’agriculture et l’élevage. Le Jinwar est, pour ainsi dire, un village où l’on pratique la Jineolojî.
 
La Faculté de la Jineolojî, qui a été ouverte à l’Université du Rojava au cours de l’année universitaire 2017/2018, est l’une des institutions les plus importantes de la Jineolojî. La faculté essaie de se restructurer depuis 2021. Il existe une préparation détaillée sur de nombreuses questions, du programme d’études au système de notation ou à un conseil consultatif de la faculté. Diverses institutions qui coopèrent avec la faculté sont également impliquées dans ce processus. Outre l’Université d’Emden en Allemagne, des efforts sont déployés pour coopérer avec diverses écoles qui ont déjà réussi à mettre en place un système éducatif alternatif en Amérique latine.
 
L’Institut Andrea Wolf
 
L’Institut Andrea Wolf (fondé en mai 2017) est une autre institution où des femmes de différentes régions du monde travaillent ensemble. Avec ses cercles éducatifs, ses groupes de recherche et ses projets artistiques, la Jineolojî devient une ressource importante que toutes les femmes du monde rencontreront. Les études menées dans l’institut se sont déjà concrétisées.
 
Les dépliants intitulés « L’éducation révolutionnaire et le meurtre de l’homme », publiés dans différentes langues, et le livre « Mujer, Vida, Libertad », qui comprend les expériences du mouvement de libération des femmes kurdes, sont également les produits d’un groupe de femmes internationales qui effectuer divers travaux à l’Institut. Publié en catalan, le livre a été traduit en italien et a rencontré ses lecteurs fin 2021. Son deuxième tome (le premier est en préparation pour la deuxième édition) est en cours. L’idée de base du livre « Nous savons ce que nous voulons » [« Wir wissen was wir wollen »], qui a reçu beaucoup d’attention en Allemagne, est également née de discussions au sein de l’Institut. En intensifiant le travail de ceux qui ont mené non seulement l’éducation publique externe, mais aussi l’éducation communautaire et les études la Jineolojî, des produits tels que des brochures et des livres ont été créés. L’éthique-esthétique (en quatre langues) et la politisation des émotions (en cinq langues) en font partie. Cette décennie a également vu la publication de « Notes de cours » décrivant tous les enjeux théoriques et pratiques de la Jineolojî, et le titre « Modernité démocratique et féminisme ». En plus des brochures promotionnelles de la Jineolojî publiées en Europe en sept langues, certaines des discussions dans 21 camps Jineolojî différents en Amérique latine et dans les pays européens ont été livrées sous forme de brochures aux cercles concernés. Dans ce cadre, deux brochures catalanes et deux brochures allemandes ont été éditées. Une sélection spéciale de revues jinéologiques est parue en anglais, arabe et soranî. Le Journal de la Jineolojî, publié tous les trois mois, en est à sa cinquième année. Actuellement, le numéro 23 est en préparation.
 
Ce que j’essaie de dire, c’est que basé sur l’enseignement des sciences sociales, la Jineolojî a formé un grand complexe en cette courte période de dix ans.
 
Les livres et brochures mentionnés ci-dessus sont en réalité les produits d’expériences qui sont ainsi transmises à la génération future et enregistrées dans la production intellectuelle, perpétuant la lutte pour l’existence et la liberté des femmes. Ce processus de production intellectuelle, à partir de ses propres besoins, peut connecter le réseau d’information. Aucune expérience et production n’est séparée de l’autre domaine, tous les résultats concrets sont rassemblés dans le pool de la Jineolojî et même la production d’un domaine motive et nourrit un autre domaine. Autrement dit, le flux n’a pas pour origine un besoin fixé au sommet, mais du contact avec le cheminement du local vers l’universalité. C’est ce que vous devez comprendre de la pratique de la Jineolojî.
 
Sans aucun doute, il y a beaucoup plus de résultats pratiques des dix dernières années. La vérité qui est révélée est beaucoup plus importante pour moi. A cet égard, l’émotion que j’ai exprimée au début est significative. La transformation que vit chaque femme qui s’engage dans la Jineolojî est le résultat le plus durable pour moi. Reconnaître les pièges mentaux que le système dominé par les hommes pose aux femmes, embrasser les valeurs éthiques et esthétiques qui découlent de la connexion féminine, prendre conscience de définir son existence, aspirer à surmonter les problèmes sociaux noués, réaliser ses propres potentiel, c’est-à-dire ressentir la jinergie [femme + énergie], pour se renforcer dans la lutte contre le système – ces sentiments sont apparus chez chaque femme qui a rencontré la Jineolojî et participé aux études menées sur la base de la pensée et de la vie jinéologiques. C’est la première position que nous avons gagnée contre le mode de pensée qui essaie de séparer les pensées, les connaissances, les sentiments et l’intuition des femmes. Être capable de susciter des émotions tout en produisant des pensées et de se fier à son intuition tout en poursuivant ses connaissances.
 
La pratique réalisée pendant cette période est très précieuse. Il est nécessaire de rendre ces valeurs visibles et d’appréhender ces résultats comme un préalable à une science et comme le début d’une longue marche. Ce n’est qu’avec une telle production scientifique qu’il sera possible de changer les informations qui définissent aujourd’hui la mémoire humaine.
 
La Jineolojî a-t-elle été capable d’analyser adéquatement toutes les contradictions sociales, ou peut-elle constituer une base suffisante pour l’ascension idéologique et révolutionnaire de ceux qui luttent contre le système ? A chaque instant où nous traitons cette question, rencontrant des personnes pleines de contradictions, de cultures différentes, d’identités, de mouvements et d’esprits pleins de positivisme insidieux, nous nous posons cette question. Ces rencontres nous font sentir que nous sommes au début du chemin. Mais nous voyons les contradictions et les points d’interrogation comme le début de la transformation. Nous nous transformons au fur et à mesure que nous développons nos aspirations de conversion. Nous apprenons comme nous cherchons à enseigner. Nous créons notre propre identité en recherchant la vérité sur les femmes. Cela ne nous dérange pas la longue route pour y arriver.
 
Les efforts des femmes impliquées dans les études jinéologiques en Europe pour faire revivre leurs propres mythologies ; suivre les histoires de femmes qui ont résisté au fascisme ; les histoires que les personnes âgées racontent aux enfants du Centre de recherche jinéologique de Dêrik ; l’enfant d’une mère yézidie muette qui a appris à parler après avoir commencé à vivre à Jinwar – avoir eu toutes ces expériences prometteuses au début de ce long chemin nous insuffle le courage, l’espoir et le désir d’aller jusqu’au bout.
 
Article publié en anglais par Kurdistan Report

Facebook supprime le compte de l’agence de presse kurde Mezopotamya

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CENSURE – Facebook a supprimé le compte de l’agence de presse kurde Mezopotamya (MA), qui comptait 100 000 abonnés suite aux signalements des fachos turcs.
 
Selon les responsables de Mezopotamya Ajansı (MA), Facebook a censuré les informations publiées par l’agence sur la base de plaintes même mineures et n’a pas pris en compte leurs objections.
 
MA a été la cible des autorités turques pour sa couverture des violations des droits humains dans le pays, en particulier contre les Kurdes. Beaucoup de ses reporters ont été arrêtés dans le passé pour leur appartenance présumée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
 
Après la suppression de la page, l’agence a ouvert une nouvelle page Facebook qui n’est déjà plus accessible.
 
La semaine dernière, le compte Instagram de JinNews, l’agence kurde 100% féminine, a été supprimé pour « violation des règles de la communauté ».
 
Dans un communiqué publié l’année dernière, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait demandé aux autorités turques de « cesser de détenir les journalistes de l’agence de presse Mésopotamie et de les laisser travailler librement et en toute sécurité ».
 
La Turquie était classée 153e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2021 publié par Reporters sans frontières (RSF) en avril.
 
 
 

Une femme afghane morte de froid à la frontière Iran-Turquie

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Une Afghane qui voulait entrer en Turquie avec deux enfants de 8 à 9 ans est morte de froid dans le village frontalier de Belesur, en Iran. La réfugiée afghane avait donné ses chaussettes à ses enfants qui avaient froid aux mains et portait des sacs en plastique aux pieds alors qu’elle marchait dans la neige. Les mains et les pieds des enfants ont été brûlés par froid et ils étaient sur le point de mourir quand ils ont été découverts par les villageois qui les ont secourus.
  Depuis que les Talibans sanguinaires ont pris le pouvoir il y a quelques mois, on assiste à un exode massif des Afghans, surtout des femmes auxquelles les Talibans ont promis l’enfer sur terre…

ROJAVA. Mort d’un sixième militant blessé par une attaque turque à Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Le 25 décembre dernier, un drone turc bombardait une maison abritant des jeunes militants kurdes à Kobanê. L’attaque avait fait 4 morts et 5 blessés. Depuis, 2 autres blessés sont décédés, portant à six le nombre de morts parmi les membres du Mouvement de la jeunesse révolutionnaire syrienne et de l’Union des jeunes femmes.
 
Masoud Ibrahim, membre de l’Organisation de la jeunesse révolutionnaire kurde (Tevgera Ciwanên Şoreşger ê Sûrîyê), a succombé à ses blessures subies lors du bombardement d’un drone de l’armée d’occupation turque sur Kobani, hier soir dans un hôpital de Manbij, portant à 6 le nombre de martyrs de l’attaque turque.
 
Masoud Ibrahim, est né en 1992 du village de Zrafek, au sud de la ville de Kobanê.
 
Les 6 jeunes militants assassinés par le drone turc sont: Nujian Ocalan, Viyan Kobani, Rojen Ahmed Issa, membres de l’Union des jeunes femmes (Yekîtîya Jinên Ciwan), Murhaf Khalil Ibrahim, Walid Muhammad Malla Hussein et Masoud Ibrahim, membres du Mouvement de la jeunesse révolutionnaire syrienne (Tevgera Ciwanên Şoreşger ê Sûrîyê).
 
Les funérailles de Masoud Ibrahim doivent avoir lieu demain, lundi, au sanctuaire des martyrs de Kobanê.
 

ROJAVA. Le camp al-Hol abritant des membres de l’EI commence l’année 2022 avec un nouveau meurtre

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SYRIE / ROJAVA – Dans le camp d’Al-Hol abritant des familles de l’Etat islamique (EI) tenu par les forces kurdes, le corps d’un homme tué de quatre balles a été retrouvé dans la zone réservée aux déplacés syriens. En 2021, 127 personnes ont été assassinées dans le camp al-Hol où les femmes de l’EI font régner la loi islamique héritée de DAECH et quiconque ne s’y soumet pas le paye de sa vie.
 
Les forces de sécurité de l’Administration autonome ont retrouvé le corps d’un inconnu au camp al-Hol samedi, premier jour de 2022. L’homme a été tué de quatre balles dans la tête. On soupçonne que le ou les auteurs pourraient être des membres de cellules clandestines du groupe terroriste État islamique ou de l’organisation de jeunesse de l’EI (Les Lionceaux du Califat).
 
Une autopsie devrait clarifier quand la victime a été assassinée. Le corps a été retrouvé le jour du Nouvel An dans la quatrième section du camp près de Hesekê, qui abrite des déplacés internes syriens. Les Asayîş (forces de sécurité intérieure) ont ouvert une enquête pour trouver l’identité de la victime et cherchent le ou les tueurs.
 
Le camp al-Hol est considéré comme un foyer de l’Etat islamique, avec 57 000 personnes de plus de cinquante pays différents qui y vivent actuellement, dont des milliers de familles de l’Etat islamique qui ont été appréhendées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) après la capture du dernier bastion de l’Etat islamique, Baghouz, début 2019. Environ la moitié des familles ont en fait moins de 18 ans et beaucoup apprennent la doctrine de Daech. Cela augmente le risque de création d’une nouvelle génération de terroristes. La plupart des pays d’origine de ces mercenaires et de leurs familles refusent de reprendre leurs ressortissants et échappent ainsi à leur responsabilité.
 
Au moins 127 meurtres en 2021
 
Responsables de l’endoctrinement des enfants avec l’idéologie de l’Etat islamique sont les structures construites par les partisans de l’Etat islamique fidèles à la ligne dans le secteur des « Muhadjir» (des membres de DAECH venus d’autres pays). Ces femmes djihadistes ont également construit les troupes Hisba sur le modèle de la soi-disant brigade Al-Khansa (Liwa al-Khansa), la police religieuse de l’Etat islamique pour les femmes. Les femmes membres de HISBA commettent des atrocités contre des personnes qui n’adhèrent pas aux normes de l’Etat islamique. En 2021, il y a eu au moins 127 meurtres au camp al-Hol, qui seraient tous attribuables aux membres de Hisba et aux « Jeunes Lionceaux du Califat ». Un homme de 33 ans originaire d’al-Bab, dans le nord de la Syrie, a été retrouvé mort vendredi. Quelques jours plus tôt, des agents de sécurité ont découvert un tunnel souterrain utilisé pour la formation de l’organisation de jeunesse de DAECH / ISIS et comme cachette pour les jeunes tueurs.
 
 

5 Kurdes originaires d’Afrin arrêtés en Turquie

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TURQUIE – Au cours d’un raid de police dans six provinces de Turquie, 15 Kurdes originaires d’Afrin ont été arrêtés. Dix d’entre eux doivent être expulsés et cinq ont été placés en détention provisoire, accusés d’appartenance à une organisation terroriste [PKK/YPG].
 
Au cours d’une enquête menée par le bureau du procureur général d’Osmaniye, 15 personnes originaires d’Afrin ont été arrêtées en Turquie. L’opération d’arrestation a couvert les provinces d’Osmaniye, Hatay, Mersin, Kilis, Amed/Diyarbakir) et Antep.
 
Dix des personnes arrêtées ont été emmenées au centre de déportation d’Osmaniye après avoir été interrogées par le parquet. Les cinq autres ont été déférés devant le magistrat. Des mandats d’arrêt ont été émis contre AF, AD, BB, Ş.MS et AM pour appartenance présumée à une organisation terroriste.
 

La langue kurde n’ « existe pas »

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TURQUIE – Un tribunal turc a déclaré que les mots kurdes « paix, dignité, égalité, religion, histoire, économie, société » ne sont « pas utilisés par la population locale [au Kurdistan du Nord] » mais plutôt des mots « adoptés » par le PKK!
 
Le tribunal turc aurait mieux fait de dire que la langue kurde n’existe pas. Il n’aurait pas été moins crédible…
 

Le verdict du tribunal kurde concernait une affaire intentée contre Mehmet Emin Aslan, un imam kurde membre de l’Association des érudits religieux, d’assistance et de solidarité (Din Alimleri Derneği – DİAYDER)

Dans l’acte d’accusation préparé contre l’Association d’aide et de solidarité des érudits religieux (DIAYDER), accusée d’être liée au PKK, a été acceptée par la 14e Cour pénale. Certains mots kurdes ont été cité comme une justification « criminelle » qui seraient uniquement utilisés par le PKK et non pas les Kurdes. Selon l’acte d’accusation, certains mots kurdes ne seraient pas utilisés parmi les Kurdes. Ce serait des mots adoptés par le PKK, et que les clergés utilisaient ces mots dans leurs sermons pour montrer qu’ils étaient « liés à l’organisation [PKK] ». Certains des mots kurdes incriminés sont: « société, croyant, vie, honneur, paix, dignité ». Dans l’acte d’accusation, l’attention a été attirée sur le sermon prononcé par Mehmet Emin Aslan, qui faisait partie des accusés : « Dans le sermon prononcé par Mehmet Emin Aslan, civin (communauté) bawermend (croyants), heja (précieux, vie (Jiyan) qui n’est pas dans le dialecte kurmanji utilisé dans notre pays, n’est pas utilisé par la population locale, et plus tard utilisé et adopté par l’organisation terroriste PKK/KCK), rumet (précieux), parast (défense), armanc (but), navend (milieu), taybet (privé) astengi (détresse), aştî (paix), ol (religion), druda (séparé), davi (fin), wekhavi (similitude, égalité), bersiv (réponse) et rojhilat (est) terminologie kurde… » L’acte d’accusation a fait l’objet d’une réaction sur les réseaux sociaux. L’Institut kurde d’Istanbul a lancé un appel à protéger la langue kurde en tweetant dans les dialectes kurmanci et zazaki.