Craintes pour la vie des combattants internationalistes qui ont dû se rendre aux Russes à Marioupol

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L’unité du combattant britannique parti combattre l’invasion russe en Ukraine, Aiden Aslin – qui a également combattu aux côtés des YPG kurdes au Rojava – a été forcée de se rendre aux Russes dans la ville assiégée de Marioupol. On craint pour la vie d’Aiden Aslin et ses camarades. Certains commentateurs parlent du risque qu’ils soient exécutés par les Russes.
 
L’ancien soignant Aiden Aslin, 27 ans, a contacté sa famille au petit matin et a révélé qu’ils étaient à court de nourriture et de munitions.
 
Aiden Aslin, 27 ans, s’est porté volontaire contre les forces russes dans la région du Donbass en 2018. Aiden de Newark, dans le Nottinghamshire, servant dans la 39e brigade des Marines ukrainiens, publie des vidéos de la ligne de front depuis le début de la guerre.
 
Il a dit à un ami : « Cela fait 48 jours. Nous avons fait de notre mieux pour défendre Marioupol mais nous n’avons pas d’autre choix que de nous rendre aux forces russes. Nous n’avons ni nourriture ni munitions. Cela a été un plaisir pour tout le monde, j’espère que cette guerre se terminera bientôt. »
 
Une source qui lui a parlé au téléphone a ajouté: « Il a dit qu’il vous aimait tous. Il est fort d’esprit et n’a montré aucune faiblesse. »
 

TURQUIE. Mort de prisonniers torturés à la prison de Silivri

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ISTANBUL – Deux des six prisonniers torturés par des gardiens de la prison de Silivri sont décédés hier. Le prisonnier politique kurde, Serhan Yılmaz fait partie des six prisonniers qui ont été poussés au suicide à la suite de tortures et de pressions systématiques exercées par les gardiens de la prison n° 5 de Silivri. Les défenseurs des droits parlent de meurtre délibéré des prisonniers politiques kurdes.
 
Lors d’une conférence de presse à Istanbul, l’Association des droits de l’homme (IHD) a demandé au ministère turc de la Justice de clarifier ce qui s’est passé dans la prison n° 5 de Silivri. Deux prisonniers sont morts à l’hôpital après avoir été torturés lundi pour des raisons inconnues. L’IHD (İnsan Hakları Derneği) rapporte que le prisonnier Serhan Yılmaz et un autre prisonnier sont morts dans la prison n° 5 de Silivri après avoir été gravement torturés par les gardiens.
 
L’Association des droits de l’homme a déclaré : « Lors de l’appel nominal du 6 avril à la prison n° 5 de Silivri, les prisonniers ont été battus puis soumis à des tortures systématiques. Ils ont été poussés au suicide. [Cette procédure a concerné huit détenus.]
 
Mais la torture et les mauvais traitements ont continué. Les prisonniers se sont vu refuser l’accès aux visites et à leurs avocats. Le prisonnier hospitalisé Serhan Yıldız et un autre prisonnier dont le nom n’est pas connu sont décédés hier de causes inconnues. Le corps de Serhan Yıldız a été remis à sa famille. »
 
Concernant le passé de la famille de Yılmaz 

Le 24 février 1994, 9 Kurdes ont été tués et 17 ont été grièvement blessés dans le village de Tanzê, à Batman / Sason, lors d’une attaque au mortier depuis l’avant-poste militaire du village de Cacasê. Après le massacre, l’armée turque a vidé le village et la plupart des familles kurdes se sont installées à Istanbul.

CINÉMA. Cherche actrice kurdophone pour un long métrage

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Le réalisateur kurdo-suisse, Mano Khalil cherche une actrice kurde pour son prochain film.
 
La société de production Frame Film recherche une jeune comédienne pour un rôle principal dans un long métrage. (Annonce également en anglais, kurde et arabe)
 
La comédienne doit mesurer plus de 160 centimètres.
Âgée de 27 à 35 ans
Corps athlétique
Elle doit parler la langue kurde (dialecte kurmandji).
Petite connaissance de la langue arabe (dialecte syrien).
 
Modalités de participation au Casting en ligne :
 
Courte biographie
Photo du visage, non traitée par photoshop
Photo de taille complète, non traitée par Photoshop
 
Envoyez la demande exclusivement à l’adresse électronique de l’entreprise et non sur une autre plateforme telle que WhatsApp ou Facebook : info@framefilm.ch
 
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Female actress needed:
The production company Frame Film is looking for a young actress for a main role in a feature film.
She must be more than 160 centimeters.
The age 27 and 35 years.
Body – athletic.
Language: must speaks Kurdish language, the Kurmanji dialect well.
Little knowledge of the Arabic language, the Syrian dialect.
Terms of participation in the online Casting:
Short biography
Headshot – unprocessed in photoshop
Full image Photo, unprocessed in photoshop
Send the request to the company’s address exclusively and not on any other platform such as WhatsApp or Facebook:
info@framefilm.ch
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CASTING – Leystivanek JIN lazime:
Produksîona Film û Televîzyonê, Frame Film li Swîsra li lîstikvanek Jin (Keç) ji bo roleke sereke di filmekî dirêj de digere.
Ne girîng e ku berê di filman de leystikvanî kiribe, lê divê ev pîvanên jêrîn bicîh bîne:
– Xwestekek leystikvaniyê mezin li cem hebe
– Divê dirêjahiya wê ji 160- cm zêdetir be
– Temen divê di navbera 27 û 35 salî de be
– Bedenê wê rengê werzişî bide – Sportî be-
– Divê ku bi zimanê kurdî, bi zaravê kurmancî baş biaxive
– Pir kêm bi zimanê Erebî- zaravayê Sûrî zanibe
Mercên beşdarbûna serlêdanê:
– Kurte jînenîgarî
– Wêneyek Rû ji pêşiyê ve, ku bi Photoshop-ê nehatiye pêvajo kirin
– Wêneya tevahiya Beden, ku bi Photoshop-ê nehatiye pêvajo kirin
Daxwazê bişînin tenê li ser adressa produksîonê, ne lis ser Facebookê, yan Wattsapp:
info@framefilm.ch
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مطلوب ممثله نسائيه:
شركة فرام فيلم للانتاج السينمائي والتلفزيوني تبحث عن ممثله شابه لدور رئيسي في فيلم روائي
ليس مهما ان يكون لديها تجربه سينمائيه سابقه ولكن يجب أن تستوفي المعايير التالية
ـ ان يكون لديها رغبه حقيقيه في التمثيل
ـ ان يكون طولها اكبر من 160سنتمتر
ـ ان يكون العمر بين 27 و 35 سنه
ـ ان تكون رياضية البنيه
ـ ان تجيد التحدث باللغه الكرديه اللهجه الكرمانجيه بشكل جيد
ـ ان يكون لديها بعض الالمام باللغه العربيه اللهجه السوريه
شروط الاشتراك في التقديم:
ـ سيرة ذاتيه مختصره
ـ صوره للوجه اماميه غير معالجه بالفوتوشوب
ـ صوره كامله غير معالجه بالفوتوشوب
ارسال الطلب الى عنوان الشركه حصرا وليس على اي منصه اخرى مثل واتس اب او فيس بوك:
info@framefilm.ch

La France n’est pas la Turquie

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PARIS – Il y a quelques Kurdes de France qui commentent les élections présidentielles françaises d’hier. Certains critiquent l’absence d’un parti de gauche français similaire au HDP qui avait secoué le pourvoir d’Erdogan lors des dernières élections municipales turques en faisant basculer les grandes villes turques vers le CHP d’opposition, un parti national-kémaliste versus l’AKP national-islamiste. Le HDP n’avait pas nommé de candidats dans les grandes métropoles turques où il y a une forte population kurde. Il avait appelé ses électeurs à voter contre les candidats d’Erdogan et cela avait marché.
 
Nos commentateurs kurdes affirment que s’il y avait un parti français d’opposition assez courageux, comme l’est le HDP, les Français ne se seraient pas retrouver à choisir de nouveau entre le président sortant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux finalistes des élections présidentielles de 2017…
 
Pourtant, le CHP, comme l’AKP, est anti-kurde. Les Kurdes ont juste donné un coup de main aux Turcs anti-Erdogan, mais rien n’a changé pour les Kurdes eux-mêmes: Leurs droits élémentaires sont toujours bafoués, leurs élus sont emprisonnés par milliers, le HDP est sur le point d’être fermé à un an des élections législatives turques, des prisonniers kurdes meurent dans des prisons… Dans ces conditions, comment comparer les élections françaises aux élections en Turquie?
 
La France n’est pas la Turquie et les partis politiques français ne s’affrontent pas pour défendre ou mettre fin au colonialisme français, comme le tentent de le faire les Kurdes et leur parti politique HDP. Les partis français s’affrontent en tant que partisans d’idéologies politiques (gauche/droite ou extrême-droite/extrême-gauche) plus ou moins opposées. Mais la France qui vote étant majoritairement de droite et ou libérale (les jeunes et les Français issus d’immigration qui disent vouloir voter à gauche sont plus abstentionnistes que les électeurs de droite), ce sont les partis libéraux, ceux de droite et d’extrême-droite qui sortent gagnants des élections françaises. Les guerres intestines que les partis de gauche se livrent n’y changeront rien à la donne. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, candidat malheureux de la France Insoumise, termine en troisième position la course présidentielle, derrière Macron et Le Pen, malgré les nombreux appels à la « vote utile » à gauche pour éviter le duel Macron-Le Pen…
 
Résultats des élections présidentielles de 10 avril 2022:
 
 
Emmanuel Macron (LREM): 27,8 %
Marine Le Pen (RN) 23,1 %
Jean-Luc Mélenchon (LFI) : 22 %
Éric Zemmour (Reconquête) :7,1 %
Valérie Pécresse (LR) : 4,8 %
Yannick Jadot (EELV) : 4,6 %
 
Jean Lassalle (Résistons) : 3,1 %
Fabien Roussel (PCF) :2,3 %
Nicolas Dupont-Aignan (DLF) :2,1 %
Anne Hidalgo (PS) : 1,8 %
Philippe Poutou, (NPA) : 0,8 %
 
Nathalie Arthaud, (LO) : 0,6 %
 
 
 
 
 

SYRIE. Tensions entre le régime syrien et la coalition arabo-kurde à Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Les forces de sécurité intérieure (en kurde, Asayish) ont assiégé une boulangerie du gouvernement syrien à Qamishlo en réponse au blocus des quartiers kurdes d’Alep par le gouvernement syrien depuis près d’un mois.

La boulangerie de Qamishlo, portant le nom du parti al-Baath du président syrien Bachar al-Assad, a été assiégée par les Asayish le 9 avril, près d’un mois apprès le blocus des quartiers kurdes d’Alep par Assad.

 

Depuis le 13 mars, la 4e division de l’armée syrienne empêche les denrées alimentaires d’entrer dans les quartiers kurdes Sheikh Maqsoud et Al-Ashrafiyyah d’Alep ayant 200 000 habitants. Les civils et leurs effets personnels sont fouillés aux points de contrôle lorsqu’ils tentent d’entrer.
La situation s’est aggravée lorsqu’il y a 5 jours, quand la 4e division a empêché l’entrée de la farine dans les deux quartiers kurdes d’Alep. Des manifestations ont eu lieu dans les rues d’Alep.

 

Qamishlo divisée en deux

Le contrôle de Qamishlo est partagé entre les forces kurdes soutenues par les États-Unis et les troupes gouvernementales syriennes, assistées par des groupes affiliés à l’Iran.
 
Les forces militaires syriennes sont toujours présentes dans certaines zones de Qamishlo, notamment l’aéroport et les villages arabes de la périphérie sud de la ville, ainsi qu’au poste-frontière syro-turc, la place de sécurité et le siège du parti al-Baath.
 
Via Kurdistan24 et Rojava Information Center

ROJAVA. Les gangs de la Turquie forcent les femmes kurdes d’Afrin à les épouser

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SYRIE / ROJAVA – Une source a rapporté que les mercenaires du Front Cham sous commandement de la Turquie ont forcés des femmes kurdes d’Afrin à les épouser et les ont menacées d’enlèvement si jamais elles refusaient leurs demandes.
 
Une source a déclaré à l’agence de l’ANHA que le mercenaire Mustafa al-Zawhari, surnommé « Abu Hussam », l’un des mercenaires du « Front Cham » affilié à l’État d’occupation turc, a menacé Shirin Fawzi Aliko, une veuve kurde du village de Hassa, à Mobata, un des districts d’Afrin, avec enlèvement et emprisonnement, si elle refusait de l’épouser.
 
La source a ajouté que le jihadiste a menacé la femme kurde en disant qu’elle était en contact avec ses proches déplacés dans les camps du canton d’al-Shahba, soulignant que les femmes et les filles kurdes qui refusent d’épouser des mercenaires du « Front Cham » étaient victimes de torture de la part du groupe terroriste.
 

TURQUIE. Un Kurde d’Afrin et ses deux fils arrêtés à Istanbul

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TURQUIE – Les services de renseignement turcs détiennent un Kurde d’Afrin depuis une semaine après qu’il se soit rendu à un poste de sécurité pour s’informer du sort de ses deux fils enlevés.
 
Une source bien informée a déclaré que les services de renseignement turcs ont arrêté un Kurde du village de Baflour du district de Jinderese, après l’enlèvement de ses deux fils.
 
Selon la source en question, Adnan Bakr et ses deux fils Amer et Mohamed sont détenus par les services de renseignement turcs (MIT).
 
Le père et ses deux fils sont allés en Turquie il y a sept ans à la recherche d’un emploi.
 
Adnan a été arrêté alors qu’il se rendait dans un bureau de sécurité pour demander où se trouvaient ses fils après avoir été enlevés sans inculpation.
 

L’homme qui lève une armée de psychologues en Irak

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Un an après avoir aidé plus de 1 000 captifs yézidis, dont de nombreuses femmes, de l’Etat islamique à s’installer en Allemagne, le psychologue germano-kurde Jan Ilhan Kizilhan est retourné dans le nord de l’Irak avec un plan pour sauver des milliers d’autres victimes de guerre psychologiquement marquées laissées pour compte.
 
Avec le soutien de l’État allemand du Bade-Wurtemberg, Kizilhan a entrepris de former une nouvelle génération de psychologues et de traumatologues qui, selon lui, seront parmi les plus qualifiés du Moyen-Orient.
 
Après des années de guerre, l’Irak et la Syrie sont aux prises avec une crise de santé mentale qu’aucun pays n’a la capacité de résoudre. Rien que dans le nord de l’Irak, où plus d’un million de personnes sont déplacées par la violence, seules quelques dizaines de psychologues locaux soigneraient des patients.
 
Diverses organisations non gouvernementales et initiatives gouvernementales ont cherché à combler les lacunes, notamment le programme d’asile du Bade-Wurtemberg, qui a physiquement transporté certaines des femmes et des enfants les plus marqués psychologiquement du nord de l’Irak vers une partie du monde où ils pouvaient plus facilement accéder à des soins de santé mentale.
 
Comme une sombre mesure de l’efficacité du programme allemand, ses directeurs se vantent que sur ses 1 100 bénéficiaires – pour la plupart des femmes détenues comme esclaves sexuelles de l’EI et leurs enfants – aucun ne s’est suicidé contrairement à d’autres survivants de l’EI qui n’ont pas pu obtenir une place dans le programme.
 
Conscient des enjeux mortels pour ceux qui restent, le Bade-Wurtemberg a investi 1,3 million d’euros, une petite fraction de son budget annuel, dans le nouvel institut de Kizilhan, qui vise à former les experts là où ils sont nécessaires.
 
L’Institut de psychologie et de psychotraumatologie est situé sur une colline bien entretenue de l’Université de Duhok, dans le nord de l’Irak. Par une matinée ensoleillée de mai, le campus, sur fond de montagnes pittoresques, bourdonnait du son des tondeuses à gazon.
 
À une courte distance en voiture, des centaines de milliers de personnes déplacées vivent dans des camps tentaculaires, chacun s’étant soulevé à la suite d’un exode, d’une avancée de l’EI, d’attentats à la bombe ou d’affrontements. À seulement 40 miles au sud, des morceaux de Mossoul étaient en ruine après une bataille de plusieurs mois pour chasser l’EI de la ville peuplée. Quarante milles à l’ouest : le bourbier syrien. Et malgré l’apparence sans tache du campus, tout le monde à l’école semble avoir été touché par la guerre.
 
Hewan Avsan Omer, une secrétaire de 26 ans à l’institut, n’a échappé à l’attaque de l’EI en 2014 contre son village que parce qu’elle se trouvait à l’école. Les membres de DAECH ont enlevé d’autres membres de sa famille, dont certains se sont échappés il y a quelques mois à peine. Le cousin d’Omer, âgé de 7 ans, a passé deux ans et demi en captivité et est retourné dans la société incapable de parler son kurde natal, ne sachant pas qui sont ses parents et d’où il vient.
 
La proximité et la familiarité du personnel avec la crise locale sont intentionnelles
 
L’une des plus grandes critiques du programme allemand était qu’il exposait les victimes de traumatismes au stress supplémentaire du choc culturel en les transportant dans un lieu étranger.
 
Dans son bureau du Bade-Wurtemberg début 2016, Kizilhan a déclaré que l’agence des Nations Unies pour les réfugiés était l’une des critiques à soulever cette préoccupation de détacher les victimes « de leurs racines » . L’équipe allemande a répondu que c’était un prix qu’elle était prête à payer, en cette période précaire, pour potentiellement sauver des vies. « En Irak, ils vivent dans des camps, leurs parents sont tués, ils n’ont pas de racines ! C’est ridicule. Elles ont besoin de stabilisation et de sécurité avant de pouvoir parler de ce qu’elles ressentaient lorsqu’elles étaient violées et impuissantes. Comment faites-vous cela dans une tente ? » a répondu Kizilhan.
 
Kizilhan et les directeurs de programme ont toujours pris soin de présenter le programme comme une opération d’urgence et non comme une solution durable à la crise de santé mentale plus large en Irak. Ils sont fiers que leur programme ait depuis inspiré des programmes d’asile d’urgence similaires dans d’autres États allemands et au Canada, mais comprennent que le simple fait d’exporter les victimes de traumatismes irakiens vers les pays développés n’est pas, en fin de compte, une solution à long terme.
 
Dans cette optique, l’institut Duhok a recruté sa première promotion de 30 étudiants diplômés exclusivement parmi la population locale. La plupart sont des infirmières et des travailleuses sociales formées et plus de la moitié sont déjà titulaires d’un baccalauréat en psychologie. Ils sont tous déterminés à rester en Irak.
 
Lors de la cérémonie d’ouverture de l’institut en mars, Kizilhan leur a dit que lorsqu’ils obtiendraient leur diplôme dans trois ans, ils seraient parmi les psychothérapeutes universitaires les mieux formés en Irak « et, autant que je sache, dans tout le Moyen-Orient. »
 
Le programme, qui adhère aux normes rigoureuses de l’Allemagne, exige que les étudiants effectuent 4 200 heures de formation et 1 800 heures de travail clinique, dont il y a beaucoup à faire.
 
Alors que l’Etat islamique continue de perdre son dernier territoire en Irak, les civils qui ont souffert sous le contrôle du groupe pendant des années reviennent dans la société avec de profondes blessures psychologiques. Parmi eux, un garçon de 9 ans nommé Akram, que l’Etat islamique a arraché à sa famille à l’âge de 6 ans et s’est inscrit dans un camp d’entraînement au combat, où il a été encouragé à se porter volontaire comme kamikaze.
 
Lorsqu’il a échappé à ses ravisseurs et a retrouvé les membres survivants de sa famille plus tôt cette année, ils ont été submergés par la façon dont il avait changé. Bien qu’il soit yazidi et non musulman, il récitait des versets du Coran. Il se plaignait de cauchemars et était violent envers les autres enfants. Parfois, son oncle le surprenait en train de faire des exercices qu’il avait appris dans le camp d’entraînement de l’Etat islamique. « Ces choses ne sont pas pour ici », lui disait gentiment son oncle.
 
Maintenant, il est sous la garde d’une équipe d’étudiants et de superviseurs de l’institut de Kizilhan. Naji Haji, l’un des étudiants diplômés sur son cas, rencontre le garçon et sa famille une fois par semaine.
 
Avant de s’attaquer aux racines de son traumatisme, Haji et ses collègues s’efforcent d’abord de gagner la confiance d’Akram et de le réacclimater à la vie quotidienne – les routines d’aller à l’école et de jouer avec d’autres enfants.
 
Haji est optimiste quant à Akram. « Il est intelligent et est capable de nouer des relations avec des adultes et des enfants », dit-il. Kizilhan, qui a également appris à connaître Akram, est d’accord. « Ces compétences en communication l’ont aidé à survivre pendant deux ans et demi sous l’Etat islamique. Et maintenant, il utilise ces mêmes compétences pour survivre.
 
L’équipe continuera à travailler avec lui jusqu’à ce qu’il n’ait plus besoin du soutien supplémentaire, ce qui, selon eux, peut prendre jusqu’à deux ans de plus. À ce moment-là, le financement du Bade-Wurtemberg pour l’institut sera presque épuisé et Kizilhan, qui n’occupe le poste de doyen de l’école que jusqu’en 2020, sera sur le point de partir. Mais en attendant, lui et ses collègues sont déterminés à se suffire à lui-même.
 
Ils forment déjà certains des étudiants inauguraux à prendre les rênes de l’institution, et même à la reproduire dans d’autres villes irakiennes. « Notre objectif est d’avoir de plus en plus de psychothérapeutes en Irak. Si nous faisons la même chose dans les universités d’Erbil et de Sulaymaniyah, peut-être que dans 10 ans, nous aurons 1 000, 2 000, 6 000 psychothérapeutes », a-t-il déclaré. « Soyons réalistes. Plusieurs autres [psychologues] ne suffisent pas pour l’Irak ou pour la région. Mais c’est la première étape. »
 
Article d’Emilie Feldman. Version anglaise: Man raising an army of psychologists in Iraq 
Ce reportage a été financé par le Pulitzer Center on Crisis Reporting. Ceci est le dernier article d’une série en trois parties sur un programme de sauvetage pour les esclaves de DAECH / ISIS.

TURQUIE. La Cour constitutionnelle déclare illégale la détention de Leyla Güven en 2018

TURQUIE – La politicienne kurde emprisonnée, Leyla Güven est restée en prison pendant des mois, avant et après son élection en tant que députée du HDP en 2018, malgré son immunité parlementaire. La Cour constitutionnelle turque a jugé que sa détention en 2018 était illégale.
 
La Cour constitutionnelle turque a jugé illégale la détention de la politicienne kurde Leyla Güven après son élection au parlement en 2018. Selon un communiqué du tribunal d’Ankara, les droits à la liberté et à la sécurité de la politicienne kurde de 57 ans ont été violés par le maintien inadmissible de la détention provisoire. Le verdict, daté du 7 avril, selon l’avocate de la défense de Güven, Reyhan Yalçındağ, n’a pas encore été publié au journal officiel du gouvernement.
 
Leyla Güven, qui est en prison depuis près d’un an et demi en raison d’une peine de plus de deux décennies de prison, a été plusieurs fois derrière les barreaux au cours de sa carrière politique. Elle a été arrêtée le 31 janvier 2018 pour avoir critiqué la guerre d’agression de la Turquie contre le canton d’Afrin dans le nord de la Syrie sur les réseaux sociaux et dans des communiqués de presse. Lors des élections présidentielles et parlementaires du 24 juin de la même année, Güven était l’un des cinq candidats à un mandat depuis la prison. Leyla Güven a été élue à l’Assemblée nationale turque en tant que députée HDP de la province de Hakkari et a donc bénéficié de l’immunité politique.
 
Après l’électi on, les avocats de Güven ont demandé sa libération. Le tribunal pénal d’Amed (Diyarbakır) ordonna alors la libération, mais le procureur responsable forma une opposition le même jour. Le magistrat a accepté et l’a renvoyée en détention provisoire avant la libération de Güven. La députée est restée en prison, et n’a pu en sortir que sept mois plus tard, en janvier 2019. La Cour constitutionnelle turque a déclaré cette procédure illégale.
 
Avocate : Toutes les autres décisions de justice depuis 2018 sont inefficaces
 
Reyhan Yalçındağ demande à nouveau la libération immédiate de sa cliente. « Je suppose que toutes les autres décisions de justice après l’élection de Leyla Güven en tant que députée sont également invalides compte tenu de la décision d’Ankara. Cela signifie que c’est maintenant au tour de la cour de cassation et que la décision sur la longue peine de prison de Güven doit être annulée. » 
 
À propos de Leyla Güven
 
Leyla Güven, qui reste coprésidente du mouvement de base du Congrès de la société démocratique (KCD) malgré son emprisonnement, a également attiré l’attention internationale en 2018 lorsqu’elle a entamé une grève de la faim pour exiger la libération du fondateur du PKK emprisonné Abdullah Öcalan. Öcalan purge une peine d’emprisonnement à perpétuité dans un isolement presque total sur l’île-prison d’Imrali depuis février 1999. En décembre 2020, Leyla Güven a été condamnée à plus de 22 ans de prison pour appartenance présumée au PKK. Quelques mois plus tôt, elle avait été déchue de son immunité parlementaire. Guven a été emprisonnée pour la première fois pendant une longue période en 2009. À cette époque, elle a été arrêtée dans le cadre des « opérations KCK » internationalement critiquées et n’a été libérée que cinq ans plus tard. Au moment de son arrestation, Güven était la maire de la ville kurde de Viranşeir. En mars 2017, elle a été condamnée à plus de six ans de prison dans le cadre du procès KCK. Le verdict n’a été confirmé qu’en septembre 2019.
 

Emmurer le Rojava, est-ce la solution?

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Prétextant que les dizaines de milliers de membres de DAECH emprisonnés par la coalition arabo-kurde de Syrie font peser une menace pour l’Irak, ce dernier a récemment annoncé la construction d’un mur frontalier d’avec la Syrie. La Turquie ayant déjà construit un autre mur le long du nord du Rojava, il ne reste que le sud et l’est du Rojava à emmurer. Ainsi, le Rojava qui vit déjà sous l’embargo total sera cette fois-ci coupé physiquement du monde. Mais est-ce la solution?
 
Si on veut que le modèle démocratique, féministe et pluraliste du Rojava échoue, oui, on optera pour une telle option. Mais jusqu’à quand est-ce qu’on emmurera les aspirations des peuples à vivre libres sur leurs terres? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Empêcher les Kurdes (et leurs voisins arabes, assyriens, turcs…) de vivre libres, débarrassés des dictateurs, ayant des institutions démocratiques non inféodées à des clans ou des forces impérialistes régionales ou internationales. Alors, on répète notre question. Jusqu’à quand on continuera à enfermer les peuples épris de liberté entre quatre murs, au risque que ces peuples se transforment un jour en une marée gigantesque qui balayera tout sur son passage: des tyrans, des envahisseurs, des ennemis de l’Humanité ?