Les combats ont cessé à Shengal

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SHENGAL – Les combats entre l’armée irakienne et les forces yézidies ont cessé après un accord de cessez-le-feu mais les Yézidis craignent que le répit soit de courte durée car la Turquie fait la pression sur le gouvernement irakien pour qu’il mette fin à l’autonomie des Yézidis qui ont survécu au génocide de 2014.
 
Les récents affrontements ont fait un mort parmi les combattants yézidis à Sinune et provoqué la fuite de plus de 4000 civils vers la région autonome kurde d’Irak.
Le régime irakien qui tolère les milices chiites iraniennes sur son sol est parti en guerre contre une poignée de Yézidis qui ont survécu au génocide commis par DAECH / ISIS en 2014 sous le regard complice de la communauté internationale.
 
Pour le site ÊzîdîPress, « Après des négociations à Bagdad, l’armée irakienne et YBŞ ont convenu d’un cessez-le-feu précoce. De nouveaux combats doivent être évités en faisant en sorte que les points de contrôle, auparavant détenus par le seul YBŞ, soient désormais exploités par les deux parties. La situation s’est détendue en conséquence. Cependant, de nombreux Yazidis pensent qu’il ne s’agit pas d’une solution à long terme et craignent que le gouvernement irakien continue de se laisser faire par la Turquie. Cela pourrait conduire à de nouveaux conflits. Les deux parties ont appelé les civils qui ont fui à revenir et ont promis à la population qu’ils seraient en sécurité. »
 
Après les affrontements opposant l’armée irakienne et les Unités de Défense de Shengal (YBŞ) et des Unités de défense des femmes de Shengal (YJŞ) la population yézidie est de nouveau plongée dans la terreur alors qu’elle ne s’est pas encore remise du génocide commis par le groupe État islamique (DAECH / ISIS) en 2014 et qu’elle a été secourue par le PKK tandis qu’elle avait été abandonnée par les gouvernements irakien et du Kurdistan du Sud.
Les habitants de Shengal: Nous nous défendrons « La situation actuelle ici est calme. Cependant, les activités de certains partis visent toujours à concrétiser l’accord du 9 octobre. Néanmoins, la plupart des familles qui ont quitté leurs maisons sont revenues », a déclaré Heyder Şengalî de l’Asayîşa Êzîdxanê (Forces de sécurité de Shengal), se référant à une déclaration de l’administration autonome. Le MXDŞ avait accusé la direction du PDK d’une « tentative délibérée » de déclencher un flux de réfugiés par des « fake news » et de la propagande lors des affrontements à Shengal.
 

Derniers jours pour le Festival des Films Kurdes de Paris

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PARIS – Actuellement, le Centre Wallonie-Bruxelles accueille la 2e édition du Festival des Films Kurdes de Paris qui offre une programmation riche et variée. En effet, des dizaines de courts et longs métrages, documentaires, animations et fictions réalisés par des cinéastes kurdes du Kurdistan et d’Europe sont projetés jusqu’à samedi 7 mai au Centre Wallonie-Bruxelles, dans le 4e arrondissement de Paris, à deux pas du Centre Pompidou.
 
Chaque séance du festival coute 5 euros, mais avec la modique somme de 15 euros, vous pouvez assister à toutes les projections du festival sur 4 jours. (L’achat des billets se fait sur place.)
 
Voici la programmation de 6 et 7 mai
Vendredi 6 mai
 
 
14h Xalko de Sami Mermer

Synopsis

 

Ce film raconte l’histoire de Xalko, mon village natal. L’un des rares villages kurdes situé au cœur de l’Anatolie centrale en Turquie. Aujourd’hui, déserté par ses hommes qui ont tous émigré en Europe ou en Amérique, Xalko existe encore grâce à celles et ceux qui restent envers et contre tout, en espérant le retour de leurs maris et de leurs pères absents, qui parfois ne re viennent jamais ou alors pour quelques jours, seulement, en été.

17h Séance courts-métrages (5)

Barê Giran de Yilmaz Özdil – Fiction, 17’
Kallima de Ashkan Ahmadi – Fiction, 15’
Ido de Saman Mustafa – Fiction, 12’
The Other de Saman Hosseinpuor, Ako Zandkarimi – Fiction, 25’
Sar de Adar Baran Deger – Fiction, 18’
20h La Dance d’Ali et Zin de Mehmet Ali Konar

Synopsis
L’histoire se déroule dans un petit village kurde. Le frère cadet d’Isa est assassiné. Deux semaines après les funérailles, sa mère Zîn rêve de célébrer le mariage de son fils décédé. Cette idée étrange dé clenche une foule de sentiments contradictoires en elle et sème le trouble entre elle, Isa et les membres de sa famille, encore sous le choc du deuil et du chagrin. La famille et les proches traversent un champ de mines psychologiques, luttant entre la logique, les normes, les émotions et l’irrationalité.

Samedi 7 mai

 

11h Voisins de Mano Khalil

 

Synopsis

 

Un petit village à la frontière entre la Syrie et la Turquie au début des années 80: un jeune garçon kurde de six ans vit sa première année dans une école arabe et se rend compte de la façon dont son petit monde mute radicalement en un nationalisme absurde. Empli d’un humour très fin et de satire, ce film raconte une enfance qui, aux dé tours de la dictature et de drames sombres, a aussi ses moments plus légers. Une question se pose : l’amitié, l’amour et la solidarité peuvent-ils réellement exister en période de ré pression et de despotisme ? (En présence du réalisateur)

14h Séance courts-métrages (5)

Fingerprint de Zanyar Muhammedinko – Fiction, 12’
La Chambre de Sami Mermer – Fiction, 20’
Wesyet de Kamiran Betasi – Fiction, 13’
Salvation Rain de Veysel Çelik – Fiction, 12’
Seven Symphonies Of Zagros de Perwîz Rostemî – Documentaire, 24′

17h Black Hours Memories de Shahram Alidi

Synopsis

Un groupe de jeunes amis, proches depuis leur enfance, essaie par tous moyens d’enseigner le kurde en Turquie malgré l’interdiction des autorités turques. Ils impriment et distribuent des manuels scolaires clandestinement. L’une des leurs, Aseke, a disparu depuis plusieurs mois. Afin de la retrouver, ils partent sur les pistes de son cheval noir, un animal indomptable, porteur des souvenirs et de l’âme de leur amie. (En présence du réalisateur)

20h The Exam de Shawket Korki

Synopsis

Rojin, une jeune femme kurdo-irakienne s’apprête à présenter son examen d’entrée à l’université. Shilan, sa soeur cadette est malheureuse dans son mariage. Elle décide d’aider sa sœur à réussir avec le secret espoir que ces études lui permettront d’avoir un vie libre et indépendante. Malgré elles, les deux sœurs se retrouvent mêlées à un immense réseau de corruption qui implique tous les milieux de la société kurde. (En présence du réalisateur)

Vingt ans de festivals de films kurdes à travers le monde

Depuis plus de vingt ans, les festivals kurdes se multiplient aux quatre coins du Kurdistan (Turquie, Irak, Iran et Syrie) mais aussi au coeur des métropoles mondiales comme Londres, Stockholm, Istanbul, New York, Copenhague, Hambourg ou encore Berlin. Dans la même veine que tous les événements kurdes, le Festival des Films Kurdes de Paris est un lieu de rencontre majeur pour les professionnels et les passionnés du cinéma.

Le Festival des Films Kurdes de Paris est organisé par l’Institut Kurde de Paris et l’Association de Cinéma franco-kurde CinéBej en partenariat avec le Centre Wallonie-Bruxelles et le soutien du Ministère français de la Culture et la Mairie de Paris.

Adresse
Centre Wallonie-Bruxelles
46 Rue Quincampoix, 75004 Paris
Station Les Halles (Metro & RER A/B/D)
Liens pour suivre l’actualité du Festival des Films Kurdes de Paris
 

Mohammad Shaikhow, l’homme derrière le Festival des Films Kurdes de Paris
 
Le Festival des Films Kurdes de Paris est porté essentiellement par Mohammad Shaikhow, un jeune auteur-réalisateur kurde passionné par le cinéma et qui consacre une grande partie de son temps à faire connaitre le cinéma kurde sur la scène internationale en travaillant bénévolement pour de nombreux festivals, dont celui des Films Kurdes de Paris. Shaikhow et son équipe dynamique ont préparé cette deuxième édition qui permet aux spectateurs parisiens de voyager à travers le Kurdistan grâce aux films kurdes.
 
Mohammad Shaikhow
 
Né en 1988 à Qamichli, en Syrie, Mohammad Shaikhow est un scénariste-réalisateur et directeur photo basé à Paris. Il est diplômé de l’ENSAV – École Nationale Supérieure  d’Audiovisuel en 2017. Son dernier court-métrage, HEVI, a été présenté en première à la 29ème édition du Festival du Film de Carthage en compétition et a été sélectionné au Festival du Film de Tampere 2020, Qumra. 2019, HIFF 2019, Les Nuits de Med à Paris, FIFOG à Genève, Duhok International Film Festival, Cambodge International Film Festival et plus de 50 autres festivals à travers le monde. HEVI a remporté plusieurs prix.
 
Depuis 2010, il travaille également en tant que directeur de la photographie, il a réalisé plusieurs courts-métrages, longs-métrages documentaires, et des films institutionnels pour le cinéma et la télévision, notamment Lalishe Mehrani, documentaire 2012, récompensé à Duhok IFF. 
 
En 2019, il a fondé le Festival des Films Kurdes de Paris, et Cinébêj – Association de cinéma Franco-Kurde. ​
 

Le comédien kurde Aram Tastekin joue au Festival de Scènes voisines

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PARIS – Les 12 et 13 mai prochains, le comédien kurde Aram Tastekin joue son spectacle « Happy Dreams Hotel », accompagné de l’acteur et musicien Neset Kutas, sous la direction d’Elie Guillou, au théâtre André Malraux, à Chevilly-Larue, en région parisienne.
 
Happy Dreams Hotel est présenté pendant le Festival de Scènes voisines organisé par la Maison du Conte, le Théâtre de Rungis, la Grange dîmière – Théâtre de Fresnes, Théâtre Chevilly-Larue. Spectacle gratuit sur réservation
 
Le 13 mai, il y aura un échange entre le public et Aram Tastekin Modération assuré par Laurent Ziegelmeyer de l’association France Kurdistan.
 
 
« Happy Dreams Hotel », ou comment va le Kurdistan?
 
« Happy Dreams Hotel » est un voyage vertigineux qu’Aram effectue au Kurdistan, au milieu de moultes péripéties, sous le regard attentif de son cousin (joué par Neset Kutas) qui est aussi son alter égo…
 
Aram Tastekin et Neset Kutas dans « Happy Dreams Hotel ». Photo: Noémie Régnault
Aram Tastekin et Neset Kutas dans « Happy Dreams Hotel ». Photo: Noémie Régnault
Dans « Happy Dreams Hotel », Aram Taştekin nous emmène dans son village montagneux de Xarabguryan, au fin fond du Kurdistan, où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’État turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui chassent tous les habitants de la région.
 
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya voir des filles russes et où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel Happy Dreams. Un voyage qui se termine quand Aram rencontre une troupe de théâtre kurde qui cartonne à cause d’un quiproquo.
 
Malgré son sujet difficile, le spectacle nous fait rire grâce aux anecdotes – souvent absurdes – qu’Aram nous raconte. Par exemple, comment passer sans encombre un barrage militaire alors qu’il accompagne son cousin rejoindre la guérilla, son obsession d’être un « vrai » Kurde (même pour sa mère à la colère terrible qui est une Arménienne « auto-assimilée »), l’histoire de trois bouteilles de coca qui privent le village d’eau potable pendant une semaine, le petit garçon qui doit dire aux soldats turcs qu’il ne parle pas le turc, sa troupe de théâtre qui fait un tabac à cause de son titre que l’armée turque considère comme un message subliminal faisant la propagande de la guérilla kurde…
 
L’équipe de Happy Dreams Hotel: Noémie Régnaut, Aram Tastekin, Elie Guillou, Neset Kutas
 
Happy Dreams Hotel est mis en scène par Elie Guillou qui est assisté par Noémie Régnaut
 
En plus d’endosser le rôle du cousin, Neşet Kutas joue des percussions entre chaque sketch. Un spectacle à voir pour prendre le pouls du Kurdistan qui résiste, encore et toujours…
Info pratiques
 
« Happy Dreams Hotel »
 
Récit
À partir de 12 ans
Durée 1h15
 
DATES
ven 13 mai à 19h
Scolaires
jeu 12 mai à 14h30
 
TARIFS
Entrée libre
Sur réservation
 
RÉSERVATIONS

ROJAVA. Les Kurdes marchent pour la dignité à Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Aujourd’hui, des milliers de Kurdes ont manifesté à Qamishlo pour la dignité et contre l’occupation du Kurdistan irakien par la Turquie.
 
Après l’arrivée des délégations venues des villes et districts des cantons d’Hassaké et Qamishlo de la région de Jazira, une marche de la dignité contre l’occupation et la trahison a été lancée, sous le slogan « Avec la volonté des peuples et de la guérilla, nous vaincrons l’occupation et la trahison ».
 
La Marche de la dignité a été organisée pour condamner les attaques génocidaires lancées par l’armée d’occupation turque, avec la participation du Parti démocratique du Kurdistan, sur les zones de légitime défense à Başûr (Kurdistan du Sud), et en soutien à la résistance de la guérilla contre ces attaques.
 
Toutes les régions d’al Jazira participent à cette marche pour dénoncer l’occupation turque qui a le soutien du PDK
 
Participent également à la marche des représentants des organes et conseils de l’administration démocratique autonome de la région, des partis politiques kurdes, arabes et syriaques du nord et de l’est de la Syrie, ainsi que des membres de mouvements et d’organisations de femmes, d’artistes, d’organisations sociales, civiles, de jeunesse et de sécurité.
 
La marche a pris la rue principale menant à la rue Amuda, et entre-temps, elle a parcouru la rue principale de Qamishlo, au milieu des slogans « Non à la trahison », « Vive la résistance de la guérilla », « Mort à la trahison et à l’occupation… »
 
Les participants à la marche de la dignité portent des posters d’Abdullah Ocalan et des drapeaux des Forces de défense du peuple (branche armée du Parti des travailleurs du Kurdistan), du Mouvement de la jeunesse révolutionnaire syrienne , Kongra Star, et les drapeaux des partis politiques, le Mouvement pour une société démocratique, et des photos de combattants de la guérilla devenus martyrs dans les montagnes du Kurdistan.
 
Ils brandissent également des pancartes: « La guérilla est notre dignité », « Vive la résistance de la guérilla », « Avec la volonté des peuples et de la guérilla, nous vaincrons l’occupation et la trahison ».
 
La marche a pris fin au stade du 12 mars à Qamishlo où des dirigeants des organisations et partis politiques, dont l’Administration autonome démocratique de la région de Jazira et du Parti de l’Union démocratique (PYD), ont promis que le peuple kurde résistera aux attaques génocidaires turques.
 

ROJAVA. Les mercenaires de la Turquie kidnappent une femme kurde à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – L’État turc et ses mercenaires ont enlevé Arîn Fexrî Muslim, une femme kurde de 37 ans, à un poste de contrôle à l’entrée d’Afrin.
 
L’État turc et ses mercenaires ont enlevé une femme vivant dans le village de Şîtka à Mabeta au poste de contrôle situé à l’entrée d’Afrin le deuxième jour de l’Aïd al-Fitr.
 
Arîn Fexrî Muslim est mère de deux enfants.
 

Les Ukrainiens des nazis, les kurdes des terroristes?

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Le député européen du Groupe d’amitié kurde, François Alfonsi exhorte le régime turc à libérer le philanthrope Osman Kavala et envoie dos à dos Erdogan pour qui “Tous les Kurdes sont des terroristes” et son ami Poutine qui lui répond “Tous les Ukrainiens sont des nazis.”
 
Le Parlement européen vote aujourd’hui une résolution concernant Osman Kavala, philanthrope turc condamné à la prison à vie par le régime turc dans l’affaire Gezi.
 
En attendant, François Alfonsi demande au Parlement européen d’ « arracher la libération de M. Kavala en y mettant tout le poids de l’Union Européenne. Il faut décider des sanctions économiques et diplomatiques contre cette dictature. »

 
Voici l’appel de François Alfonsi:
 
Condamnation en Turquie : Il faut arracher la libération de M. Kavala !
 
Intervention en plénière ce 4 mai dans le cadre du débat sur la situation d’Osman Kavala qui vient d’être condamné en Turquie à la détention à perpétuité en dépit des décisions de la CEDH.
 
La semaine dernière, les tribunaux turcs ont condamné l’activiste et philanthrope Osman Kavala à la prison à vie. M. Kavala, né à Paris, a d’abord été accusé d’avoir orchestré et financé des manifestations antigouvernementales à l’échelle nationale qui ont éclaté en 2013, mais il a été exonéré, en 2016 il a été accusé d’avoir participé à la tentative de coup d’État, au tribunal il a été condamné pour les deux allégations.
 
Plus tôt cette année, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, qui surveille la mise en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, a renvoyé la Turquie devant la Cour en raison du refus du gouvernement turc de libérer Osman Kavala après la sentence de libération immédiate de la CEDH.
 
Le régime dictatorial imposé par Recep Tayyip Erdoğan en Turquie vient d’être mis à nu par la condamnation monstrueuse infligée à M. Osman Kavala, une peine exorbitante de la prison à vie.
 
M. Kavala est une personnalité engagée dans la démocratie et les droits de l’homme. En ignorant les décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui avaient demandé sa libération, malgré l’absence totale de charges, cette condamnation montre que la Turquie est arrivée à un point gravissime de dérive dictatoriale.
Les prisonniers politiques en Turquie se chiffrent par milliers. Des parlementaires, parmi lesquels de nombreux kurdes, les maires de nombreuses villes du Kurdistan sont persécutés, emprisonnés, déchus de leurs mandats démocratiques.
 
Depuis plusieurs semaines, l’armée turque mène des opérations militaires en Irak, elle fait de même dans le Kurdistan syrien. M. Erdoğan ne respecte ni le droit international ni la Cour des droits de l’homme.
 
M. Erdoğan est comme Vladimir Poutine !
 
Vladimir Poutine a dit “Tous les ukrainiens sont des nazis”. “Tous les kurdes sont des terroristes” lui fait écho M. Erdoğan. C’est le même discours, c’est la même dérive, et c’est le même péril pour l’Europe.
 
Il faut arracher la libération de M. Kavala en y mettant tout le poids de l’Union Européenne. Il faut décider des sanctions économiques et diplomatiques contre cette dictature.

FRANCE. Plus de 50 ONG et partis politiques demandent justice pour les détenus de Gezi

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PARIS – Plus de 50 ONG, syndicats et partis politiques français ont signé un communiqué déclarant qu’ils condamnaient la décision politique dans le procès Gezi, exigeant la libération immédiate de l’ensemble des détenus.
 
Parmi ces organisations, on trouve la quasi-totalité des partis de gauche (France Insoumise, les Verts, PCF…), le syndicat CGT, des organisations de défense des droits humains (Ligue des Droits de l’Homme, MRAP), des associations d’immigrés (Kurdes), de femmes, le collectif Universitaires pour la Paix, et de nombreuses ONG (ATTAC, SOS Racisme).
 
Voici le communiqué commun publié le 3 mai:
 
« Nous condamnons la décision politique dans le procès Gezi et exigeons la libération immédiate de l’ensemble des détenus
 
Le lundi 25 avril 2022, la justice turque a prononcé un verdict qui confirme un point de non-retour pour ce qui reste du système judiciaire en Turquie.
 
À l’issue du procès dit de « Gezi », Osman Kavala, entrepreneur philanthrope, figure importante de la société civile et détenu depuis 4 ans malgré les décisions de la CEDH et de la Cour constitutionnelle de Turquie, a été condamné à la perpétuité aggravée — la peine maximale — pour « tentative de renversement du gouvernement ».
 
Mücella Yapici, Cigdem Mater, Hakan Altinay, Mine Özerden, Can Atalay, Tayfun Kahraman et Yigit Ali Ekmekçi, ont chacun écopé de 18 ans de réclusion. II s’agit de représentant.e.s de la Plateforme de Solidarité Taksim crée lors des protestations qui avaient gagné l’ensemble du pays en 2013. Cette plateforme regroupait des organisations professionnelles d’architectes, ingénieurs, avocats, artistes, journalistes, médecins, syndicalistes, représentants de diverses associations et partis politiques opposés au projet de destruction du parc Gezi.
 
Alors que, par deux fois déjà, l’accusation avait été déboutée et les accusés relaxés, cette fois-ci, les nouveaux juges n’ont même pas pris la peine d’étudier le dossier avant de prononcer ces sentences iniques.
 
L’un des trois juges, nommé en urgence au Tribunal pénal, est un ancien candidat à la députation de l’AKP, le part d’Erdogan.

Cette décision confirme la fin de l’État de droit en Turquie et porte un coup dévastateur à Osman Kavala, à ses coaccusés et à leur famille, mais aussi à tou.te.s celles et ceux qui croient en la justice et en l’importance des droits humains.
 
Celle-ci intervient dans un contexte où la répression et l’intimidation du pouvoir en place s’accélèrent dans la perspective des élections générales prévues en 2023.
 
Ces dernières semaines, le député Garo Paylan a été accusé de « trahison » pour avoir soumis (pour la neuvième fois comme chaque 24 avril) une proposition de loi visant à reconnaître le génocide arminien. Cette année, toute commémoration du génocide a été interdite en Turquie. De même, une opération militaire baptisée « Griffe du tigre » a été lancée contre les régions kurdes.
 
Nous, les organisations signataires :
• Condamnons cette décision politique et exigeons la libération immédiate des détenus ;
• Exhortons le gouvernement français et les responsables européens à interpeller leurs homologues turcs sur les exactions commises par le régime en place ;
• Réaffirmons notre soutien et notre vigilance sans faille à toutes les forces progressistes de Turquie, qui résistent à l’autoritarisme, pour faire régner la démocratie.
 
Vive la solidarité internationale ! »
 
Organisations signataires :
 
Assemblée Citoyenne des Originaires de “Turquie (L’ACORT)
Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA)
Assemblée Européenne des Citoyens ( AEC- HCA-France)
Association France-Kurdistan
Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT)
Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)
Association de Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
Association des Marocains de France ( AMF)
Association des Tunisiens en France ( ATF)
Association Hassan Saadaoui pour la Démocratie et l’Egalité
Association Nachaz-Dissonances Tunisie
Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC France)
Association Tunisienne de Défense des Libertés Individuelles
Association Tunisienne de Soutien des Minorités (ATSM)
Association Vigilance pour la Démocratie et l’Etat civique
ATDVU
Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM/IPAM)
Collectif Soumoud – Tunisie
Comité pour le Respect des libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT
Confédération Générale Autonome des Travailleurs en Algérie (CGATA)
Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
Femmes Plurielles
Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP )
Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Memorial 98
Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)
Mouvement des femmes kurdes à Toulouse
Organisation contre la torture en Tunisie
Réseau Euromed France (REF)
Solidarité avec les Universitaires pour la Paix et Défense des Droits Humains en Turquie (SUP-DDHT) SOS Racisme
Syndicat national autonome du personnel de l’administration public en Algérie (SNAPAP)
Union Culturelle Française des Arméniens de France (UCFAF)
Union des Travailleurs Immigres Tunisiens (UTIT)
Confédération Générale du Travail ( CGT)
Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
Union syndicale Solidaires
Ensemble! (Mouvement pour une Alternative de Gauche, Écologiste et Solidaire) Europe Ecologie Les Verts (EELV)
Génération·s
La France Insoumise
Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)
Parti communiste français (PCF)
Parti Socialiste Paris 10e
Pour une Ecologie Populaire et Sociale (PEPS)

Les autorités kurdes d’Irak accusées d’implication dans le meurtre d’un journaliste en 2010

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Un récent rapport publié par des ONG internationales de défense des journalistes accusent les autorités kurdes d’Irak d’être impliquées dans le meurtre du journaliste Sardasht Osman en 2010.
 
Les autorités kurdes ont probablement été directement impliquées dans l’enlèvement et le meurtre d’un jeune journaliste en 2010 et se sont livrées après coup à l’intimidation et au harcèlement, écrivent les auteurs d’une enquête récemment publiée par « A Safer World for the Truth » – projet collaboratif réalisé par les principales organisations de liberté de la presse Free Press Unlimited, Reporters sans frontières et le Comité pour la protection des journalistes. 

L’enquête, « L’assassinat de Sardasht Osman : Démystifier l’histoire officielle », est la cinquième d’une série d’enquêtes visant à faire pression pour la justice locale dans le cadre de l’initiative A Safer World for the Truth, un projet mené par les principales organisations de liberté de la presse par Free Press Unlimited (FPU), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). L’analyse par le groupe de « l’enquête officielle » a révélé d’importantes lacunes et irrégularités, notamment l’omission d’interroger des membres de la famille et des amis. Au lieu de cela, ils ont été menacés de garder le silence et de soutenir le scénario officiel. L’Irak se classe actuellement au 172e rang sur 180 pays dans l’indice mondial de la liberté de la presse. Tous les assassins de journalistes assassinés dans la région du Kurdistan d’Irak ont ​​agi en toute impunité, selon l’Indice mondial d’impunité 2021 du CPJ, où l’Irak est classé troisième. Le journaliste assassiné, Sardasht Osman, travaillait dans la région du Kurdistan irakien et écrivait sur la corruption et le népotisme. En décembre 2009, il a écrit un article satirique, « Je suis amoureux de la fille de Barzani* » , dans lequel il juxtapose le style de vie luxueux de la famille du président Massoud Barzani avec les difficultés des citoyens kurdes moyens. Peu de temps après, il a commencé à recevoir des menaces de mort. L’enquête « A Safer World For The Truth » a révélé des incohérences dans le scénario officiel concernant: l’enlèvement de Sardasht, le transport de Sardasht (ou de son corps) d’Erbil à Mossoul, le rapport d’autopsie officiel, l’allégation selon laquelle les auteurs appartenaient au groupe terroriste Ansar al-Islam, et le mobile présumé de son assassinat.  « Il y a toujours des gens qui ne veulent pas écouter quand on commence à dire la vérité, qui deviennent furieux au moindre murmure. Pour rester en vie cependant, nous devons dire la vérité. Je continuerai à écrire jusqu’à la dernière minute de ma vie. » (La réponse personnelle de Sardasht aux menaces avant son assassinat.) Le cas de Sardasht illustre le sort de nombreux jeunes journalistes critiques au Kurdistan irakien, notamment : Asos HardiKawa GarmyaniWedad Hussein et Soran Mama Hama. Depuis le meurtre de Sarshadt, au moins 22 journalistes ont été tués en Irak dans le cadre de leur travail, dont huit ont été tués dans la région du Kurdistan d’Irak. De plus, des journalistes comme Sardasht qui travaillent dans des endroits où la liberté de la presse est limitée sont souvent contraints de s’autocensurer pour éviter de franchir certaines lignes rouges qui peuvent déclencher la violence des autorités. Les menaces et les attaques contre ces journalistes font rarement l’objet d’enquêtes rapides, efficaces et approfondies. À la lumière de ces conclusions, « A Safer World for the Truth«  a publié une série de recommandations concrètes au gouvernement régional du Kurdistan (GRK) et à la communauté internationale: Premièrement, les autorités kurdes doivent immédiatement mettre fin à tout harcèlement, intimidation et menaces contre les membres de la famille et les amis de Sardasht et lancer une nouvelle enquête transparente et impartiale sur le cas de Sardasht Osman. Deuxièmement, les défenseurs, en particulier ceux qui entretiennent des relations diplomatiques et économiques avec le GRK, devraient exercer une pression continue sur les autorités kurdes pour qu’elles enquêtent sur les menaces et les meurtres de journalistes conformément aux normes internationales. Troisièmement, les États devraient imposer des sanctions ciblées aux responsables et autorités du GRK pour avoir empêché des enquêtes rapides, efficaces, approfondies, impartiales et transparentes sur les crimes contre les journalistes. Enfin, les partisans de la liberté de la presse devraient se joindre à nous pour demander aux autorités kurdes de développer un mécanisme de sécurité formel indépendant chargé de surveiller et d’agir en cas de menaces et d’attaques contre des journalistes au Kurdistan irakien. En fournissant aux journalistes et aux travailleurs des médias des mesures de protection et de prévention efficaces, nous pouvons commencer à briser le cycle de l’impunité. Jules Swinkels, chercheur pour Free Press Unlimited (FPU), déclare : « Le cas de Sardasht est emblématique de ce qui peut arriver lorsque les journalistes repoussent les limites de leur liberté d’expression confinée. Sardasht a écrit de manière satirique sur les individus les plus puissants du Kurdistan et a été kidnappé et assassiné à cause de cela. Tragiquement, son cas démontre qu’un manque total de volonté politique d’enquêter et de résoudre les meurtres de journalistes au niveau national est l’une des principales raisons de l’impunité. Les recommandations de ce rapport ouvrent la voie pour que la justice prévale dans les cas de journalistes assassinés. » Yeganeh Rezaian, chercheuse pour le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), déclare : « Les journalistes doivent pouvoir dire la vérité au pouvoir, découvrir la corruption, demander des comptes aux puissants et, oui, faire la satire des personnalités publiques sans crainte d’intimidation, de violence et de mort. Et lorsque les autorités poursuivent un programme de persécution contre les journalistes et tolèrent l’impunité pour leurs agresseurs, il est impératif qu’ils ne soient pas autorisés à échapper à la justice et à prolonger une campagne de censure violente. Ce rapport propose une feuille de route claire sur la manière de traiter le cas de Sardasht et d’assurer une plus grande transparence et une plus grande responsabilité pour les cas à l’avenir. » Sabrina Bennoui, directrice Moyen-Orient pour Reporters sans frontières (RSF), déclare : « Douze ans après l’assassinat de Sardasht Osman, les autorités s’en tiennent toujours à leur version officielle – à laquelle l’entourage du journaliste n’a jamais cru, concernant ses écrits critiques à l’égard du gouvernement. L’enquête a été aussi opaque que rapide et il est clair qu’elle n’a pas révélé la vérité sur les auteurs et leurs véritables motivations. » Les enquêtes et recommandations précédentes peuvent être trouvées ici L’enquête complète, en anglais, kurde et arabe, peut être téléchargée ici **********************
Voici la fameuse tribune de Sardasht Osman où il critique le clan Barzani :
 
« Je suis amoureux de la fille de Massoud Barzani
 
Je suis amoureux de la fille de Massoud Barzani [président du Kurdistan irakien], l’homme qui apparaît ici et là et qui prétend être mon président. Je voudrais qu’il soit mon beau-père et je voudrais aussi être le beau-frère de [l’ancien Premier ministre] Nechirvan Barzani*.
 
Si je devenais le gendre de Massoud Barzani, nous passerions notre lune de miel à Paris et nous visiterions également la maison de notre oncle en Amérique. Je déménagerais ma maison de l’un des quartiers les plus pauvres d’Erbil à Sari Rash [le complexe du palais de Barzani] où elle serait protégée par des chiens de garde américains et des gardes du corps israéliens.
 
Je ferais en sorte que mon père devienne le ministre des Peshmerga [la milice kurde]. Il avait été Peshmerga lors de la révolution de septembre, mais il n’a plus de pension parce qu’il n’est plus membre du Parti démocratique du Kurdistan.
 
Je ferais de mon petit frère malchanceux, qui vient de terminer ses études universitaires mais qui est maintenant au chômage et cherche à quitter le Kurdistan, le chef de mes forces spéciales.
 
Ma sœur, qui a été trop gênée pour aller faire des courses au bazar, pourrait conduire toutes les voitures de luxe, comme le font les filles de Barzani.
 
Pour ma mère, qui est diabétique et souffre d’hypertension et de problèmes cardiaques, mais qui ne peut pas se permettre de se faire soigner en dehors du Kurdistan, j’engagerais deux médecins italiens pour la soigner dans le confort de sa propre maison.
 
Pour mes oncles, j’ouvrirais quelques bureaux et départements et ils deviendraient, avec tous mes neveux et nièces, de hauts généraux, des officiers et des commandants.
 
Tous mes amis m’ont dit : Saro, laisse tomber et abandonne, sinon tu vas te faire tuer. La famille de Mulla Mustafa Barzani [le père de Massoud Barzani] peut tuer qui elle veut, et elle le fera certainement.
 
Je leur ai dit que je n’avais pas commis de blasphème et je jure sur le poignard de [feu frère de Massoud] Mustafa Idris Barzani que mon père avait passé 3 nuits avec lui sur la même montagne [pendant la lutte contre Saddam] et alors pourquoi ne pas dire ces choses ? Massoud Barzani a lui-même déclaré qu’il était président,www.ekurd.netand Je lui demanderais comment il a pu visiter Erbil et Sulaimaniyah au cours des 18 dernières années.
 
Mon problème est que cet homme, Massoud Barzani, est si tribal et si arrogant qu’il ne reconnaît personne, même de l’autre côté de Sari Rash. En quelques clics, je peux en savoir plus sur les femmes de tous les dirigeants du monde, mais je n’ai aucune idée de qui serait ma belle-mère et à quoi elle ressemble.
 
Je n’ai aucune idée de qui je devrais emmener avec moi pour demander à Massoud Barzani de me donner sa bénédiction pour épouser sa fille. Dès le début, j’ai pensé que je devrais emmener avec moi quelques personnalités religieuses, quelques vieux hommes respectueux et quelques vieux Peshmerga, mais un de mes amis journalistes m’a dit que je devrais trouver des collaborateurs de Saddam et ceux qui ont participé à l’opération Anfal [nettoyage ethnique à la fin des années 80] avec Saddam parce qu’ils sont tout autour de Massoud maintenant et qu’il les aime bien. Un autre ami m’a suggéré d’aller à l’une des conférences de presse de Nechirvan Barzani et de me lier d’amitié avec lui en lui demandant de me rendre un service. Cependant, s’il ne m’aide pas, je peux demander à Dashne [une chanteuse kurde] parce qu’elle les rencontre fréquemment et pourrait les aider.
 

SYRIE. Malgré la guerre, les projets d’économie féminine se développent au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Malgré l’embargo et les attaques visant les régions syriennes dirigées par la coalition arabo-kurde, les structures féminines locales continuent à développer l’économie autogérée des femmes pour assurer l’autosuffisance et l’autonomisation des femmes.
 
La libération des femmes est l’un des paradigmes centraux de la révolution du Rojava. Confrontées à la guerre et à l’embargo, les femmes construisent leurs propres structures économiques. L’un des projets de l’économie féminine est la coopérative textile Lavîn à Hesekê. La coopérative textile Lavîn a été fondée en 2015 et possède des magasins à Hassakê, Dirbêsiyê, Qamişlo et Girkê Legê. Des femmes arabes et kurdes travaillent dans la coopérative. Nesrin Heci Mihemed est membre fondatrice de la coopérative, sur l’histoire de laquelle elle raconte : « Aux débuts de Lavîn, il y avait certaines difficultés. Nous avions des problèmes pour trouver des employés et du matériel, mais depuis 2015 le travail se poursuit avec beaucoup d’enthousiasme. Il a fallu du temps pour former les employées. Ainsi, les bases d’une nouvelle forme de travail ont été créées. Les préparatifs ont été importants. Lavîn continue de se développer chaque jour. Les employées maîtrisent maintenant leur métier et l’adorent.» Mihemed note que les objectifs de la coopérative sont de fournir un champ de travail aux femmes et de veiller à ce que les femmes puissent se développer et subvenir à leurs besoins. Elle poursuit : « Nous acceptons toutes les femmes qui veulent travailler. Peu importe qu’elles soient arabes ou kurdes. L’important, c’est qu’elles veuillent travailler. Les femmes ne sont pas mises tout de suite devant une machine. travailler, repasser puis coudre. Ensuite, c’est aussi une question d’inclinaison. Plus vite quelqu’un apprend, plus vite la formation peut être complétée.»
 
Les prix sont déterminés en tenant compte des conditions de la population Le design des produits est également développé par des femmes. Des vêtements traditionnels kurdes, des pantalons, des chemises, des T-shirts et toutes sortes d’autres types de vêtements sont fabriqués. Concernant le prix des produits, Mihemed précise : « Les produits sont abordables selon les prix du marché. Les prix sont déterminés en tenant compte des conditions des personnes. Bien que les tissus soient chers, les produits sont proposés à la vente à bas prix. La plupart du temps , nous ne faisons pas de profits, mais nous sommes guidés par les besoins du peuple. La population en a besoin. De plus, nous voulons faire des progrès à tous égards pour éviter la dépendance vis-à-vis des pays étrangers.»
Mihemed souligne que la construction d’une économie féminine est également importante du point de vue que l’ouverture d’un champ d’emploi pour les femmes augmente également leur confiance en soi. Cihan Sax, qui travaille à Lavîn depuis deux ans, explique : « C’est la première fois que je travaille pour un salaire. Je m’occupe principalement du ménage. J’ai appris cela avec le temps. Je m’occupe de ma famille et j’ai un travail. J’aime mon travail.»
 
Sidra Mami travaille à Lavîn depuis deux mois. Elle dit: « Je travaille bien avec mes collègues. Je vérifie la taille des robes et détermine où mettre des perles. Je n’avais rien à voir avec la couture auparavant, mais j’ai appris le travail de mes collègues en un mois. Nous sommes tous amis et travailler ensemble. Cela nous rend heureuses. »
 
« Je ne dépends de personne » Zahide Bedran travaille à Lavîn depuis deux ans. Elle explique : « Je peux maintenant subvenir à mes besoins. Je m’occupe de ma famille, et c’est un soulagement d’avoir un travail. C’est agréable d’être autonome. Je vois que je peux faire quelque chose. C’est bien d’avoir un travail et je n’ai besoin de personne. Je n’ai pas besoin d’un homme pour travailler. »
 
« Mon travail a du sens » Maha Eli travaille également à Lavîn. Elle dit : « C’est agréable de travailler avec des amies, on s’entraide. Je subviens aux besoins de ma famille avec mon travail. Je sais que mon travail a du sens. C’est agréable de faire quelque chose. »
 

L’association alévie, FEDA appelle à la solidarité avec les Yézidis attaqués à Shengal

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L’association alévie, FEDA appelle tous les peuples opprimés à soutenir la juste lutte des Kurdes yézidis de Shengal qui protègent leurs terres, leur langue, culture et lieux saints face aux massacres et génocides.
 
La Fédération démocratique des Alévis en Europe (FEDA) a déclaré que la Turquie et l’Irak avaient lancé une attaque génocidaire contre les Yézidis en coopération avec le PDK, appelant à la solidarité avec le peuple yézidi dans sa lutte.
 
« Sous l’influence de la mentalité de l’islam politique sunnite, l’État turc et l’État irakien veulent commettre un génocide contre notre peuple en exacerbant les tensions au Kurdistan. En coopération avec la trahison de la famille Barzani, la Turquie et l’Irak cherchent à éliminer toutes les réalisations de notre peuple yézidi », a déclaré la FEDA dans un communiqué publié mardi.
 
« Les Kurdes yézidis, adeptes d’une ancienne foi en Mésopotamie, font actuellement face à de nouveaux massacres avec le soutien de traîtres kurdes. Les États-Unis et l’OTAN, qui maintiennent l’espace aérien du Bashur (Kurdistan du Sud) et du Rojava (Kurdistan de l’Ouest) ouvert à l’État turc, ainsi que l’ONU et le Conseil de l’Europe qui restent silencieux face aux attaques d’invasion, sont également à blâmer pour avoir donné du vert lumière sur l’incursion illégale et barbare de la Turquie. L’État irakien attaque actuellement Şengal en parallèle avec l’armée turque qui bombarde continuellement Şengal. Şengal est le lieu sacré des anciens Kurdes yazidis.
 
Nous appelons tous les peuples opprimés à soutenir la juste lutte du peuple yézidi qui protège sa terre, sa langue, sa culture et ses lieux saints contre les massacres et les génocides.
 
Nous appelons tous les alévis à prendre position et à s’unir autour d’une vie commune contre les attaques fascistes et l’occupation de l’AKP-MHP. »
 
ANF