IRAN. Arrestations de centaines de femmes et mineures kurdes

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IRAN / ROJHILAT – Au moins 202 femmes kurdes, dont 30 de moins de 18 ans, ont été détenues par les forces gouvernementales iraniennes lors manifestations au Kurdistan et en Iran.

Selon les données recueillies par l’ONG Hengaw, les forces gouvernementales iraniennes ont kidnappé plus de 500 militantes kurdes au cours des 100 jours de protestations populaires dans les provinces d’Ilam, Kermanshah, Kurdistan (Sanandaj / Sînê), Azerbaïdjan occidental (Urmia), et d’autres villes. Hengaw a pu vérifier l’identité de 202 d’entre elles jusqu’à présent.

L’enquête de Hengaw montre que sur les 202 femmes dont l’identité a été confirmée, 27 étaient des étudiantes, 6 étaient des enseignantes, une était une avocate de base d’un système judiciaire et 30 avaient moins de 18 ans, la majorité étant des lycéennes.

Séparation par province :

Province du Kurdistan (Sanandaj) : 110 cas, Province de l’Azerbaïdjan occidental (Urumiyah) : 28 cas, Province de Kermanshah : 25 cas, Province d’Ilam : 21 cas et Autres villes d’Iran : 18 cas

Il convient de préciser que la plupart des femmes qui ont été arrêtées avec 72 cas ont été enregistrées dans la ville de Sanandaj. Les villes d’Ilam avec 13 cas, Kermanshah, Qorveh et Dehgolan sont également dans les rangs suivants avec 10 cas d’arrestation de femmes chacune.

Selon cette enquête, 7 femmes arrêtées par le régime ont été jugées sans avoir droit à un procès équitable.

Lors de ces simulacre de procès, Rozhin Yousefzadeh a été condamnée à 15 ans de prison, Soheila Moatai à 5 ans, Fatemeh Bigpour à 5 ans d’emprisonnement, Golnaz Bigpour à 5 ans, Zainab Bavir à 2 ans, Sakineh Alirezaei à 2 ans et Negar Davoudi a été condamnée à 5 ans de prison.

Le soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi » se poursuit en Iran et au Kurdistan oriental

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IRAN / ROJHILAT – Né du meurtre de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde tuée pour un « voile mal porté », le soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi » se poursuit en Iran et au Kurdistan oriental, malgré les massacres, arrestations, violences et exécutions. La rage contre le régime iranien augmente progressivement alors que les manifestants pleurent les personnes qui ont été tuées par les forces du régime depuis que les manifestations ont éclaté pour la première fois après le meurtre de Jina Mahsa Amini, par la police des mœurs il y a 100 jours. Hier (27 décembre), des commémorations ont eu lieu dans les villes kurdes de Mahabad, Bokan et Banê pour les commémorations du 40e jour du meurtre des manifestants tués par le régime iranien. Des centaines de personnes se sont rassemblées dans la ville de Mahabad pour commémorer Azad Hisên Pur, Mihemed, Ehmed, Galgeş et Kemal Ehmedpur. La foule scandait fréquemment des slogans anti-régime. Une cérémonie a eu lieu avec la participation de centaines de personnes à Bokan pour commémorer Hiwa Cancan 40 jours après son assassinat par le régime iranien. Des slogans ont été scandés pour les martyrs lors de la cérémonie. Des proches d’Aso Qadirê qui a été tué lors des manifestations dans la ville de Bane se sont rendus sur la tombe de leur bien-aimé et y ont déposé des fleurs. Hier, les commémorations d’Ayal Heqî et d’Elî Êraq se sont transformées en manifestation dans la ville de Tabriz. Une autre commémoration a eu lieu pour Hemid Reza Ruh à Téhéran 40 jours après son assassinat. Selon les dernières données de l’organisation iranienne des droits de l’homme, au moins 476 personnes, dont 64 enfants et 34 femmes, ont été tuées par les forces de sécurité lors des manifestations nationales en cours. En outre, au moins 100 manifestants risquent actuellement d’être exécutés, condamnés à la peine de mort ou condamnés. C’est un minimum, car la plupart des familles sont sous pression pour rester silencieuses. On pense que le nombre réel est beaucoup plus élevé. ANF

Kurdes tués à Paris: « C’est un fait politique grave de sécurité intérieure et extérieure »

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PARIS – L’assassinat des militants kurdes tués à Paris le 23 décembre dernier n’est pas un fait divers selon le chef de la France Insoumise, J-L Mélenchon qui revient sur ce deuxième attentat visant les Kurdes à Paris à 10 ans d’intervalle. Il ajoute que « Ce n’est pas non plus le problème de la seule communauté kurde. C’est un fait politique* grave de sécurité intérieure et extérieure. Tout ce qui sera fait sera regardé en détail dans les quatre pays (Turquie, Iran, Syrie, Irak) où vit le peuple kurde, par celui-ci comme par les régimes qui les dirigent. » La tribune de Jean-Luc Mélenchon est à lire sur son blogue ici: Ce n’est pas un fait divers Le vendredi 23 décembre, William M. a abattu trois militants kurdes rue d’Enghien : Emine Kara (Evîn Goyî), M. Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kızıl. Trois autres Kurdes ont été blessés, dont un grièvement. Selon le procureur, l’homme a fait des aveux complets lors de son interrogatoire. Il aurait avoué une « haine pathologique des étrangers ». Depuis un cambriolage il y a six ans, l’homme aurait « toujours voulu tuer des migrants ou des étrangers ».

Tuerie de la rue d’Enghien: La peur d’être Kurde en France

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PARIS – Depuis le triple meurtre des militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013, un sentiment d’insécurité s’était propagé parmi les réfugiés kurdes qui avaient fui les massacres commis au Kurdistan par les États colonisateurs turc, perse ou arabes. Le dernier attentat terroriste de la rue d’Enghien et la tentative de meurtre d’un coiffeur kurde par un fasciste turc à Roubaix le 25 décembre n’ont fait que renforcer ce sentiment d’insécurité chez les Kurdes de France qui exhortent leur pays d’accueil à les protéger des fascistes turcs qui sèment la terreur sur le sol français. On ne veut pas mourir d’être kurde Lors de manifestations organisées en hommages aux victimes de la rue d’Enghien ou sur les réseaux sociaux, simples citoyens franco-kurdes ou activistes de la cause kurde, de nombreuses personnes témoignent des menaces de morts dont ils font l’objet. Certains dénoncent même les agressions fascistes commises par des fascistes turcs vivant en France. Une militante franco-kurde engagée en politique fait part des menaces de mort qu’elle reçoit depuis de nombreuses années, sans que la police les prenne au sérieux et poursuive leurs auteurs. Elle demande si elle doit être tuée à son tour pour qu’enfin les autorités compétentes agissent. La même militante dénonçait il y a quelques temps les connivences entre la droite française et les fascistes turcs installés en France. Elle évoquait « les marchés publics, retour d’ascenseur… » entre certains élus de droite des communes concentrant une forte communauté turque et l’hypocrisie de cette même droite qui verse des larmes de crocodile, notamment quand les Arméniens sont attaqués par l’Azerbaïdjan, alors même qu’elle marche main dans la mains avec le fascisme turc ici en France. Un autre jeune activiste franco-kurde, Arya Jemo a déclaré qu’il a « brisé un dur silence de 3 années » au cours desquelles il a reçu d’innombrables menaces de mort. La famille d’Arya appartient à la communauté kurde yézidie d’Afrin, dans le nord du Rojava, en Syrie et lorsqu’Afrin fut envahie par la Turquie et ses supplétifs jihadistes, Arya s’est engagé dans l’humanitaire pour venir en aide aux réfugiés d’Afrin mais aussi de Shengal où DAECH / ISIS a commis un génocide en août 2014. Cet engagement dévoué lui a prévalu des menaces de mort dès le début. Après le récent massacre de Paris, Arya a décidé de rendre public son calvaire et pour que cesse enfin la persécution des Kurdes en France. Extraits de son témoignage: « Il n’est pas normal que la génération de mes parents se soit sentie en sécurité en France, mais que moi, la relève, étant né, ayant grandi en France avec les valeurs de notre démocratie, je me sente pas en insécurité. » (…) J’ai réalisé aujourd’hui qu’au lieu de le cacher. Je dois le montrer et en parler pour me sentir en sécurité. La peur doit changer de camps. Je suis un simple citoyen Franco-Kurde qui croit en la charte universelle des droits de l’homme qui a été adoptée EN FRANCE, à Paris même, le 10 décembre 1948. Je souhaite vivre en paix, avec tout le monde. » Agit Polat: « On surveillé mais pas protégé » Lors de la conférence de presse organisée au soir de l’attentat de la rue d’Enghien, le porte-parole du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), Agit Polat, déclarait que les militants kurdes étaient surveillés par les autorités françaises mais pas protégés, faisant allusion aux assassinats politiques commis par les escadrons de la mort téléguidé depuis la Turquie. Une autre activiste kurde voulant garder l’anonymat déclare « On est fatigué de mourir d’être kurde même ici en France où nous nous sommes réfugiés » et ajoute qu’en tant que citoyenne franco-kurde, ils ne sent plus en sécurité. Sur Twitter, de nombreux jeunes franco-kurdes interpellent les responsables français (président Macron, ministre de l’intérieur Darmanin…) pour qu’ils mettent fin aux menaces de mort proférées à l’encontre des Kurdes de France. Un de ces jeunes nous a contacté hier soir, déclarant que lundi matin (26 décembre), des jeunes turcs encagoulés arrivés à bord de deux voitures ont sonné chez-lui (on ne donne pas le nom de la commune par mesure de sécurité]. Sa mère a demandé à travers la port qui ils étaient. N’ayant pas reçu de réponse, ils n’ont pas ouvert la porte et aussitôt appelé la police. Mais que des policiers venus sur les lieux ont dit qu’ils ne pouvaient savoir s’il s’agissait de cambrioleurs ou de fascistes turcs qui voulaient s’en prendre à une famille kurde. Il a écrit: « [Lundi matin], plusieurs individus viennent toquer à notre porte Ma mère demande « c’est qui ? » elle voit personne. Puis c’est à mon tour de m’approcher. Je vois des mains tenir la porte du couloir en face de l’appartement. Ils se cachent leurs visages derrière cette porte. Lorsque je dit « c’est qui? » , je vois qu’ils lâchent la porte [et partent]. En regardant par la fenêtre je vois des individus monter dans des voitures. J’appelle la police. 5 minutes plus tard, 4 policiers sont devant ma porte et ne savent pas si c’est des Turcs ou des cambrioleurs. » (…) « De plus, une fois dans le tramway à Paris, lorsque je parlais en kurde avec ma mère, un monsieur turc d’environs 50 ans, très agacé, à failli nous agressé, puis finalement il est parti. Depuis cet épisode mes proches me demandent sans arrêt de ne pas prononcé un seul mot en langue kurde dehors, c’est complètement incroyable, qu’ici en Europe, en France plus particulièrement, d’avoir peur de prononcer un mot en kurde, de peur d’être physiquement attaqué par des nationalistes turcs, comme ce fut le cas à Roubaix pour un coiffeur, qui a osé diffuser de la musique kurde. » Il a déclaré que sa famille avait été traumatisée par ce nouveau massacre visant les Kurdes au coeur de Paris, ajoutant: « « On est solidaire avec les Kurdes sans être activiste. On veut zéro problème. Avant cet incident d’hier matin, mes proches étaient déjà paralysé par la peur. »  

FRANCE. L’agresseur du coiffeur kurde poignardé à Roubaix mis en examen pour tentative d’homicide

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LILLE – Le 25 décembre, un fasciste turc a poignardé un coiffeur kurde à Roubaix au motif qu’il écoutait de la musique kurde, 2 jours après l’attentat terroriste visant les Kurdes à Paris. La victime a survécu à l’attaque, grièvement blessé au thorax de plusieurs coups de ciseaux. Son agresseur a été mis en examen le mardi 27 décembre pour tentative d’homicide. « Le parquet a ouvert une information judiciaire du chef de tentative d’homicide volontaire avec la circonstance aggravante relative au caractère raciste des faits même si ce dernier point est contesté par l’intéressé », a indiqué Carole Etienne, procureure de la République auprès du tribunal de Lille. Zîkrî Elî Avşîn, un Kurde marié de 27 ans et originaire d’Erbil (Hewler), capitale du Kurdistan irakien, a été poignardé à coups de ciseaux par un fasciste turc qui est entré dans le salon de coiffure où on écoutait de la musique kurde. Il aurait d’abord éteint la radio qui diffusait de la musique kurde tout en insultant Zîkrî Elî Avşîn. Lorsque Zîkrî Elî Avşîn lui a répondu qu’il pouvait écouter de la musique dans sa langue où il voulait, le fasciste a saisi des ciseaux de coiffeur et a poignardé Avşîn à trois reprises. Avşîn a été opéré à l’hôpital de Lille. Hier, une manifestation a été organisée à Lille à l’appel des organisation kurdes qui dénoncent « l’État fasciste turc qui exporte sa terreur sur le sol français ».

TURQUIE. Les Kurdes pleurent les victimes de Roboski

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TURQUIE / KURDISTAN – Il y a onze ans, 34 Kurdes, pour la plupart des adolescents, ont été tués par des avions de guerre turcs alors qu’ils rentraient du Kurdistan du Sud avec de la marchandise de « contrebande » (kolbarî). Onze ans après les faits, les responsables de cet énième massacre des Kurdes restent impunis, tandis que d’autres Kurdes sont tués jusqu’en Europe où ils se sont réfugiés pour ne pas mourir d’être Kurdes… Roboski, un massacre parmi d’autres au Kurdistan sous colonialisme turco-arabo-persan Le 28 décembre 2011, 34 civils kurdes, dont 19 enfants, étaient tués par des avions de guerre turcs à Roboski. Onze ans après ce meurtre de masse délibéré, les responsables de ce massacre n’ont pas été traduits en justice, pire, depuis, la Turquie a massacré d’autres civils kurdes à l’intérieur de ses frontières mais aussi au Rojava, dans le nord de la Syrie, dans la région yézidie de Shengal, au Kurdistan d’Irak et jusqu’en France (massacres de Paris), en toute impunité. Parmi les 34 victimes, il y avait plusieurs fratries Les villages de Roboskî et Bejuh ont été formés dans les années 90, lorsque des dizaines de personnes chassées de leurs villages évacués se sont installées ici près de leurs proches après que leurs propres terres et villages ont été évacués par les forces de sécurité de l’État turc. Jusqu’à présent, les forces de l’État turc ont posé des mines à travers les terres autour des villages, qui ont coûté la vie à cinq personnes et laissé plus de 20 autres paralysées. Il serait difficile d’estimer le nombre d’animaux tués dans les explosions de mines. Contrebande ou le kolbarî* criminalisé Ce qu’on appelle «frontière commerciale», «frontière» et ce que l’État et ses partisans appellent «contrebande» est la seule opportunité pour les gens d’ici de gagner leur vie. Ils n’appellent pas cela de la «contrebande» car les gens d’ici n’ont jamais reconnu les frontières que les autorités compétentes leur ont imposées. Ils sont impliqués dans la « contrebande » depuis l’époque de leurs grands-parents car ils ont toujours eu des familles, des proches ou des champs en Irak, de « l’autre côté » de la « frontière ». En fait, il n’y a pas de frontière physique en question, à la frontière il n’y a qu’une pierre avec le numéro 15 gravé dessus. Sur ces terres « nationales », le reste d’un empire qui s’étendait sur trois continents, les gens vivaient des traumatismes sociaux au-delà de l’empire. Les gens vivent avec le traumatisme d’une histoire de grands massacres qui vont du génocide arménien au génocide de Dersim, des pogroms du 6 au 7 septembre aux coups d’État militaires, des massacres de Çorum, Maras et Mamak au massacre de Madımak, du massacre du 28 février dans le village de Zanqirt (Bilge) à celui de Roboski qui fût suivi par les massacres commis à Cizre, Sur, Silopi, Nusaybin… et dans d’autres régions kurdes au delà des frontières turques. Cet énième massacre raciste qui est entré dans l’histoire sous le nom de « Massacre de Roboski » est un maillon de cette chaîne de traumatismes vécus par le peuple kurde vivant sous le colonialisme turco-arabo-perse depuis un siècle. Dans la soirée du 28 décembre 2011, un groupe de villageois est allé faire ce qu’il ferait normalement, le « commerce frontalier inter-kurde » (kolbarî*). Ils sont allés comme d’habitude à la connaissance et à la vue des unités militaires locales qui avaient déjà vidé tous les sites militaires de la région et ouvert la voie aux commerçants frontaliers un mois avant le massacre. Selon Murat Karayılan, président du Conseil exécutif du KCK (Union des communautés du Kurdistan), la zone où le bombardement a été effectué n’a jamais été utilisée par le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) depuis 1991. Sur le chemin du retour de la frontière, les membres du groupe ont vu que les soldats turcs avaient fermé les trois sentiers allant au village. Ils ont subi un coup de semonce et des tirs d’artillerie sans être avertis de s’arrêter. Ubeydullah Encü, père de Muhammed Encü, 13 ans, qui a également perdu la vie cette nuit-là, a déclaré qu’il avait appelé le commandant du poste militaire près du village et l’avait informé qu’un groupe de personnes, dont son enfant, se trouvait dans zone. Le commandant a dit à Encü qu’il était au courant des gens là-bas et a répondu qu’ils venaient de tirer un coup de semonce pour intimidation. Cependant, les événement ne se sont pas déroulés de cette façon et leurs enfants ont été pris pour cible par les bombes des avions de combat F-16. Les villageois qui se sont précipités sur les lieux après le bombardement racontent que 13 personnes étaient encore en vie et que les corps des autres brûlaient lorsqu’ils y sont arrivés. Ces personnes, qui en chemin ont rencontré des soldats de retour de la région, ont dû transporter les survivants blessés par leurs propres efforts car aucun responsable ne s’est rendu sur les lieux malgré le fait que des personnes aient informé les autorités turques peu après le massacre. Les soldats des postes militaires à proximité ont refusé aux équipes de secours de Şırnak la permission de se rendre sur les lieux pour récupérer les corps des victimes et des blessés. « Nous avons rassemblé les parties de leurs corps et essayé de les emmener dans notre village sur le dos des ânes qui ont survécu au bombardement. Tous les villageois qui étaient là ce jour-là savent que beaucoup de blessés ont succombé à leurs blessures et / ou sont morts de froid. 17 des 34 victimes étaient des enfants de moins de 18 ans. Quiconque visite le village une fois peut voir quel type de traumatisme il a causé. Les gens du village souffrent de dépression psychologique depuis ce jour (…). » Cet événement tragique incontestablement médiatique n’a cependant pas été rapporté par les médias turcs pendant plus de 12 heures, tandis que certains des très rares personnes qui voulaient le rapporter ont été empêchées par leurs directeurs. Alors que les autorités de l’État ont commencé à faire des déclarations officielles sur le massacre, les médias ont eu recours à l’euphémisme et l’ont signalé sous le titre « incident près de la frontière irakienne ». Les débats des jours suivants se sont limités à demander « si les victimes étaient des passeurs ou des terroristes » et « si l’incident était un accident, une négligence ou un piège ». Dans l’Ouest de la Turquie, la société turque a organisé toute la nuit des célébrations du nouvel an trois jours après le massacre, comme s’il ne s’était rien passé dans le pays, tandis que les habitants de Roboski vivaient une nuit douloureuse après avoir ramassé les corps de leurs frères et leurs fils en morceaux. En remerciant le chef de la défense et le commandement militaire pour la « sensibilité dont ils ont fait preuve » après le massacre, le Premier ministre turc de l’époque, Recep Tayyip Erdoğan, a donné le signe de l’attitude que l’État turc aurait désormais. Selon le témoignage des villageois, les autorités turques qui ont empêché les ambulances et les hélicoptères à se rendre sur les lieux la nuit du massacre ont envoyé une équipe sur les lieux un jour plus tard et ont fait rassembler tous les restes (parties de personnes et d’animaux) dans la zone et les ont brûlés, faisant disparaître des preuves en d’autres termes. Le procureur qui a qualifié le massacre d’erreur (…) a demandé à une équipe d’enquêter sur les lieux du crime avec un hélicoptère en vol et a écrit qu’ils «n’avaient rien vu» sur les lieux. Le processus a avancé de manière si imprécise que même les noms et le nombre de victimes ont été enregistrés de manière erronée dans les rapports d’autopsie et donc dans les rapports des organisations des droits de l’Homme qui ont fondé leurs informations sur ces rapports. À la suite d’une série de reportages dans le village peu après l’incident, des organisations tels que MAZLUMDER, l’association des droits de l’homme (IHD), le barreau de Diyarbakır, la Confédération des syndicats des travailleurs du secteur public (KESK) et la plate-forme de la justice pour la fraternité (KİAP) ont convenu qu’il s’agissait d’un massacre. Cette nuit-là, comme l’explique Ferhat Encü, frère de l’une des victimes et ancien député du HDP: « L’État est devenu une bombe et il a plu sur nous depuis les airs, ce qui a choqué nos enfants et nos proches (…). L’État qui a fait des morts et nous a laissés seuls avec nos proches décédés a en outre proféré des menaces après le massacre et tenté de nous empêcher d’enterrer les victimes côte à côte ». En revanche, l’état-major turc a déclaré que l’opération s’est déroulée selon les procédures standard. « L’événement est douloureux sur le plan humanitaire, cependant, sur le plan militaire, il a été exécuté dans le cadre du mécanisme de prise de décision des opérations transfrontalières et dans le cadre des règles établies et des pouvoirs accordés aux forces armées turques », a déclaré l’état-major turc ajoutant que « des bombardements ont été effectués après avoir reçu des informations non confirmées selon lesquelles il y avait environ 30 terroristes dans la région ». «Les forces de sécurité ont consulté les autorités compétentes et ont fait ce qui était nécessaire. Des erreurs peuvent toujours se produire», a déclaré le Premier ministre d’alors, Recep Tayyip Erdoğan. *Qu’est-ce que le kolbarî? Condamnés à la pauvreté par les États occupant le Kurdistan, des milliers de civils kurdes travaillent comme kolbars pour gagner leur vie dans les zones frontalières de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie. Les Kolbars / Kolbers sont les personnes qui transportent différents types de marchandises sur leur dos ou utilisent parfois des mules à travers les frontières. Si les marchandises ne sont pas les leurs, ils reçoivent en échange un salaire insignifiant du propriétaire des marchandises pour ce travail dangereux et épuisant physiquement.    

LYON. Suicide: acte désespéré d’un Kurde d’Iran contre le régime sanguinaire iranien

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LYON – Mohammad Moradi, un jeune Kurde d’Iran étudiant à Lyon, s’est suicidé le 26 décembre en se jetant dans le Rhône en guise de protestation contre la répression sanglante menée par les mollahs iraniens depuis le début des protestations anti-régime. « La police attaque les gens [en Iran], on a perdu beaucoup de fils et de filles, adolescents, même des enfants, donc on doit faire quelque chose. Je décide de me suicider dans le fleuve Rhône, c’est comme un challenge pour montrer que nous, peuple iranien, nous sommes très, très fatigués de cette situation. On décide de changer notre pays. (…) Je ne suis pas triste, j’ai décidé de faire ça pour montrer à tout le monde que les Iraniens ont besoin d’aide », a déclaré le jeune homme de 38 ans dans une vidéo postée sur Instagram annonçant sa mort. Mohammad Moradi était originaire de la ville de Kermanchah, au Kurdistan iranien où les forces gouvernementales tuent, kidnappent, torturent ou tuent les manifestants pacifiques dont le seul crime est d’exiger de vivre libres.    

NANTES. Manifestation contre l’assassinat des Kurdes en France

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NANTES. La communauté kurde de Nantes manifeste pour condamner l’attentant terroriste de Paris du 23 décembre et pour exiger que les autorités françaises trouvent les commanditaires qui sont derrière cet acte* barbare qui frappe de nouveau le peuple kurde à la veille du 10e anniversaire de l’assassinat de 3 militantes kurdes, toujours à Paris… Les Kurdes de Nantes appellent à « s’opposer à l’État fasciste turc qui exporte sa terreur sur le sol français ». RDV le samedi 31 décembre, à 14h La place du Commerce NANTES *Le 23 décembre, William M. a abattu trois militants kurdes dans la rue d’Enghien, à Paris,: Emine Kara (Evîn Goyî), M. Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kızıl. Trois autres Kurdes ont été blessés, dont un grièvement.

Kurdes tués à Paris: Encore des détails troublants

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PARIS – Comme dans l’assassinat de trois militantes kurdes le 9 janvier 2013, les détails entourant le massacre de la rue d’Enghien perpétré le 23 décembre 2023 montrent qu’il s’agit d’un attentat organisé par une équipe professionnelle. Voici quelques-uns des détails troublants de l’attaque terroriste de 23 décembre rassemblés par le journaliste Deniz Babir: Le massacre a lieu entre environs 11h36 et 11h40. Le tireur arrive sur les lieux avec une arme de fabrication américaine de 1911 avec 4 chargeurs et de nombreuses balles. Les propriétaires et les employés du restaurant Bonhomie [qui se trouve à une trentaine de mètres du centre culturel kurde, rue d’Enghien] déclarent que le tireur est descendu ici d’une voiture conduite par une femme qui a continué sa route. Le tireur s’approche de l’Association culturelle kurde Ahmet Kaya en marchant 30 mètres et tire d’abord sur Abdurrahman Kızıl (Xalo), qui est assis devant la porte d’entrée du centre. Puis, tire sur la responsable du mouvement des femmes kurdes en France, Emine Kara, (Evin Goyî) et le chanteur Pîr Perwer [Şirin Aydın]. Evin reçoit une balle dans la poitrine. Pîr Perwer est blessé d’une balle reçue au ventre et se rend au restaurant kurde Avesta qui est en face de l’association. Evin veut de l’aide et le tireur revient sur ses pas, vérifie à nouveau Xalo pour voir s’il est mort et tire à la tête d’Evin qui est allongée dans une mare de sang. Le tireur marche dans la rue avec beaucoup de calme et entre un peu plus loin dans le salon de coiffeur « Prestige » tenu par un Kurde de Dersim où il tire sur les personnes présentes. Quelqu’un est blessé ici. Alors qu’il change de chargeur, le tueur est capturé par les employés et clients du salon de coiffure. 25 minutes après la tuerie, une équipe de police arrive dans la rue et un policier fait un massage cardiaque à Evin. On leur dit que le tueur est allé au salon de coiffure et y vont l’arrêter. Alors que l’ambulance est arrivée sur les lieux 40 minutes plus tard, Pîr Perwer est décédé des suites d’une hémorragie. D’après les déclarations de témoins oculaires, le tueur a visé ses victimes de manière très calme et professionnel et chaque balle tirée a logé dans le corps des victimes. Ce tireur très professionnel avait certainement fait un repérage dans cette rue avant le massacre, et si on creuse un peu plus cette affaire, on risque même de découvrir que l’assassin avait des complices qui surveillaient les lieux au moment du crime. C’est un acte mené très professionnellement. »   Il y a une veillé permanente au centre culturel kurde de Paris jusqu’au jour (date non connue pour le moment) du rapatriement des corps vers leurs terres natales, au Kurdistan « turque ».

IRAN. Les forces iraniennes kidnappent une Kurde enceinte à Mahabad

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IRAN / ROJHILAT – Les forces iraniennes ont kidnappée Zahra Nabizadeh, une Kurde enceinte, hier soir à Mahabad. Depuis, ses proches n’ont plus de ses nouvelles, ni dans où et quel état elle se trouve. Selon une source fiable, la femme enceinte a été enlevée par les forces gouvernementales dans le quartier Bari Madrasah de Mahabad. Hier soir, dans ce quartier, un groupe de femmes a manifesté en scandant « jin, jiyan azadi » (« femme, vie, liberté »). Les inquiétudes concernant la santé de Zahra Nabizadeh dans les centres de détention du gouvernement ont augmenté en raison à la fois de son état physique et de sa grossesse. Malgré les recherches de ses proches, aucune information détaillée sur le sort et le lieu où se trouve cette femme enceinte n’a été rendue disponible. (Hengaw) Depuis le début des protestations anti-régime déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini le 16 septembre, au moins 506 manifestants, dont 69 mineurs, ont été tués en 100 jours, des milliers d’autres blessés tandis que près de 20 000 autres ont été arrêtés.