SYRIE / ROJAVA – La coprésidente du canton kurde de Qamishlo, Yusra Darwish, et son adjointe Leyman Shiwesh, tuées par un drone turc, ont été inhumées à Qamishlo lors d’une cérémonie officielle.
Des milliers de personnes ont assisté aux funérailles de la coprésidente du conseil du canton de Qamishlo, Yusra Darwish, et de son adjointe Leyman Shiwesh (Rîhan Amudê), qui ont été tuées mardi par une attaque de drone turc.
S’exprimant lors de la cérémonie, la coprésidente du Conseil des familles des martyrs de Qamişlo, Hêvî El-Sayed, a déclaré : « Cette foule ici montre qu’aucun pouvoir ne peut vaincre notre moral et notre volonté. Tout d’abord, je voudrais exprimer mes condoléances au chef Öcalan parce qu’il est le héros des femmes. L’ennemi cible les femmes dirigeantes parce qu’ils ont peur de leur héroïsme. »« Nous resterons droits »
Le co-président du Conseil exécutif de l’administration autonome de Cizre, Telet Yûnis, a souligné que l’État turc avait intensifié ses attaques contre la région après que l’administration autonome a annoncé qu’il poursuivrait les mercenaires de l’EI et a ajouté : « L’EI est les « enfants d’Erdogan », ils veulent détruire le projet démocratique populaire et laisser le peuple sans sa volonté. Les forces qui se préparent pour la réunion d’Astana visent le peuple syrien. Cette réunion est la continuation de la conspiration contre notre peuple. »
Se référant au silence des puissances internationales, Yûnis a déclaré : « Assez c’est assez, vous êtes complices des massacres avec ce silence. Les peuples de la région ont payé un lourd tribut en luttant pour la paix et la sécurité mondiales. Projet d’administration autonome. Vous devez faire votre part pour répondre aux attentes du peuple syrien.(…)Rihan était un combattante, un résistante, une militante, Yusra était un sourire, une enseignante, une administratrice, une actrice de premier plan. Fırat était également altruiste et héroïque. pour que notre peuple suive son propre chemin, il doit se rassembler autour de sa propre administration et de son pouvoir et vaincre les politiques génocidaires. Nous nous tiendrons debout jusqu’à ce que les espoirs de ces martyrs se réalisent. »« La voix d’une femme libre »
Rûken Ehmed, membre de la Coordination du mouvement des femmes Kongra Star, a déclaré : « Rihan représente le Kurdistan parce qu’elle a été à Amude, Kobanê, Qamishlo, Afrin, Amed, Mahabad, Sulaymaniyah et Hewler. Elle est venue à Manbij en 2016 après la libération de la région de l’Etat islamique. Elle s’est battue pendant 38 ans pour être la voix des femmes libres. »« Il faut libérer les régions occupées »
Rûken Ehmed a déclaré qu’après la décision de l’administration autonome de poursuivre les mercenaires de l’Etat islamique, leur partenaire, Erdoğan, est intervenu pour les protéger, et a ajouté : « Nous devons libérer Afrin, Serêkaniyê, Girê Spî, Azaz et Jarablus. Nous ne permettrons pas qu’une autre partie de notre terre à envahir. »« Symboles de la volonté du peuple »
Le coprésident du Parti de l’unité syriaque, Senherib Bersûm, a déclaré que l’État turc a fait preuve de la même mentalité depuis l’histoire jusqu’à aujourd’hui, et a ajouté : « Nous réussirons parce que nous avons raison, que nous avons une forte volonté et que nous avons des liens avec nos martyrs. Notre peuple vit dans l’unité dans la région. La volonté des peuples est un symbole et une lumière, et l’Administration autonome s’y conformera. »
Aydın Beşir Mele Newaf, s’exprimant au nom de la famille de Yusra Darwish, a déclaré : « Nos deux martyrs sont les symboles des femmes kurdes. Le martyre est une épopée parce qu’il contient de l’amour. »Yusra DerwesYousra Darwish
Yusra Mihemed Darwish est née en 1972 à Amudê dans le canton de Qamishlo. Elle est diplômée d’une université de langue française en 2001.
Après la révolution du Rojava du 19 juillet 2012, elle a arrêté ses études dans le système Baath et a rejoint la révolution. Elle a d’abord travaillé comme professeur de kurde. Plus tard, elle est devenue directrice de l’école secondaire Betûl à Amudê. Elle a également été l’une des fondatrices des institutions de gestion scolaire d’Amudê et a ensuite été élue coprésidente du comité d’éducation d’Amudê.
Après avoir longtemps travaillé dans le domaine de l’éducation, elle a été élue coprésidente du conseil du canton de Qamishlo le 1er novembre 2022.
Darwish a mené les actions pour condamner l’isolement contre le chef Abdullah Öcalan et a joué un rôle actif dans la lutte de libération des femmes à travers le Kurdistan.
Darwish a travaillé pour le changement social général et l’organisation des activités sociales et politiques dans le canton, l’organisation des communautés depuis le début de la révolution.
Elle a joué un rôle important dans la collecte d’aide pour les victimes du tremblement de terre du 6 février au Kurdistan du Nord, en Turquie et en Syrie. Elle a tenu des réunions avec de nombreuses sections de la société et des tribus locales pour aider les victimes du tremblement de terre.
ANF
Le sommet d’Astana réunissant les vice-ministres des Affaires étrangères de Turquie, de Russie, de Syrie et d’Iran s’est achevé par une déclaration hostile à l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est / Rojava. D’ailleurs, les attaques turques ciblant le Rojava en parallèle au sommet d’Astana n’ont pas pu être menées sans l’accord de la Russie, l’Iran et le régime syrien lui-même. Autrement, ils auraient quitté la table des « négociations ».
Le 20e cycle de pourparlers sur la Syrie dans la capitale kazakhe Astana s’est achevé. Après le sommet de deux jours des vice-ministres des Affaires étrangères de Turquie, de Russie, de Syrie et d’Iran, une déclaration a été publiée dans laquelle les « puissances garantes » se sont prononcées contre « l’exploitation et le transfert illégaux » du pétrole syrien. Concernant l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), le communiqué indique qu’il condamne les États qui « soutiennent les terroristes, y compris la tentative illégale de gouvernement dans le nord-est de la Syrie ». Les attaques israéliennes contre la Syrie ont également été condamnées. En outre, un soutien a été demandé pour le retour sûr et volontaire des réfugiés en Syrie.
Le Kazakhstan demande la fin du format Astana
Selon les médias, le vice-ministre kazakh des Affaires étrangères Tumysh s’est prononcé en faveur de la dissolution du format Astana. Les objectifs ont été atteints, la Syrie a été réintégrée dans la Ligue arabe et sort peu à peu de son isolement. D’autre part, le négociateur russe Lavrentiev a déclaré qu’on ne peut pas dire que le procès d’Astana est terminé. Si nécessaire, les pourparlers doivent être déplacés vers un autre lieu.
Le Kazakhstan accueille le groupe depuis 2017, qui échange régulièrement sur la situation en Syrie. La Russie et l’Iran comptent parmi les principaux soutiens du président syrien Assad. La principale préoccupation de la Turquie est le démantèlement de l’AANES. L’État turc occupe une vaste zone le long de la frontière dans le nord de la Syrie. Un régime de terreur s’est installé dans ces territoires occupés.
ANF
Le site Middle East Eye rapporte que les législateurs américains cherchent à donner des systèmes de défense aérienne aux peshmergas (combattants) kurdes du Kurdistan d’Irak suite aux attaques de missiles et de drones iraniennes et turques qui ont ciblé les groupes armés kurdes d’Iran (KDP-I, Komala, PJAK…) et de Turquie (PKK) basés dans la région.
Il faut savoir que les forces de peshmergas – non unifiées – en question sont soit sous commandement du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK, dirigé par le clan Barzanî), soit du celui de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK dirigé par le clan Talabanî). Ces deux clans n’oseraient utiliser les systèmes de défense aériens contre les États turc ou iranien qui mènent, parfois avec la complicité d’un des deux clans, des assassinats ou enlèvements d’opposants kurdes sur le sol du Kurdistan irakien. Le Kurdistan irakien enclavé n’est pas en mesure de tenir tête aux deux États colonisateurs. A moins de garanties sérieuses données par les Etats-Unis, les dirigeants du Kurdistan irakien ne « fâcheront » pas les mollahs iraniens ou le sultan Erdogan. Aussi, au lieu de spéculer pour savoir si les USA donneront des systèmes de défense anti-aériens aux Kurdes, il faut demander à ce que la communauté internationale reconnaisse le droit à l’autodétermination des Kurdes. Mais nous en sommes loin d’une telle hypothèse à l’heure actuelle…
TURQUIE – Plusieurs ouvriers kurdes du bâtiment travaillant dans le quartier Esiroğlu Mahallesi à Trabzon / Maçka ont été victimes d’attaques racistes d’individus armés de bâtons et de pierres. Six Kurdes originaires d’Ağrı ont été grièvement blessés.
En Turquie, les attaques racistes ciblant les Kurdes se sont intensifiés depuis les élections générales du mai dernier et où plu aucun Kurde ne se sent en sécurité.
PARIS – Aujourd’hui 21 juin, alors qu’on fête la musique en France, n’oublions pas Nûdem Durak, une musicienne kurde de 34 ans, emprisonnée depuis 8 ans en Turquie pour avoir chanté dans sa langue maternelle.
Cela fait plus de 8 ans que la chanteuse kurde Nûdem Durak est en prison pour avoir chanté dans sa langue maternelle. Elle doit retrouver sa liberté en 2034. Un châtiment de 19 ans pour lui enlever le goût de chanter les chansons de son peuple… ou montrant la fausseté du discours officiel turc parlant de leurs « frères kurdes ».
La justice turque a condamné la chanteuse kurde Nudem Durak à 19 ans de prison pour avoir enseigné la musique kurde.
Originaire de Cizre, Nûdem Durak enseignait des chansons kurdes aux enfants. En 2015, Elle a été arrêtée et condamnée à dix ans et demi de prison pour «promotion de la propagande kurde» en chantant dans sa langue maternelle. En juillet 2016, sans accusation supplémentaire, sa peine a été portée à 19 ans.
Les Kurdes subissent la persécution et l’assimilation forcée depuis des décennies par la Turquie, l’Iran, la Syrie (jusqu’à récemment par l’Irak) et qui occupent le Kurdistan. Ils sont condamnés à disparaître en tant que peuple.
Pour le gouvernement turc, qui a même interdit les mots «Kurdes», « Kurdistan », jusqu’aux années 1990 (les appelant plutôt «Turcs des montagnes»), chanter ou parler en kurde était tout simplement interdit. Aujourd’hui, on peut parler ou chanter kurde dans le cadre privé, à condition ne pas parler du statut de colonisé des Kurdes, leur assimilation forcée, la destruction et le pillage de leur culture, leurs richesses naturelles, leur patrimoine… mais louer (en kurde) les « bienfaits de la colonisation » turque au Kurdistan qui a sorti les « sauvageons kurdes » de leurs grottes et les a « civilisés » à coup de massacres, de déportation et d’assimilation forcée.
« Tous les écrivains du monde ont une mère, seuls les écrivains kurdes qui écrivent en arabe ont en deux. »
L’écrivain kurde originaire du Rojava, Helîm Yûsiv tire la sonnette d’alarme concernant le désintérêt ou parfois le mépris que les Kurdes du Rojava ont pour le propre langue maternelle au profit de la langue impérialiste arabe. C’est une tragédie qu’on constate aux Kurdistan « turc », « irakien » et « iranien » (Rojhilat). Même dans la diaspora, en Occident, on voit souvent les parents kurdes parler une des langues colonialistes – turc, arabe et persan qu’ils métrisent moins bien que leur langue maternelle – à leurs enfants. Les Kurdes doivent également décoloniser leurs esprits, comme le rappelle Yûsîv dans l’article ci-dessous. Mais que peut-on espérer pour un peuple qui est cible de génocides linguistique, culturel, ethnique… depuis plus d’un siècle? Si nos personnalistes politiques, académiques, artistiques… ne donnent pas l’exemple, le Kurde lambda ne pourra pas forcement saisir la gravité du linguicide touchant sa langue maternelle. Et maintenant place au « pamphlet » de Helîm YÛSIV face à la mort programmée du kurde:
Au Rojava, le couteau de l’assimilation a atteint l’os
Je ne parle pas du Nord du Kurdistan, ni du Sud, ni de l’Est. Je ne parlerai que du Kurdistan de l’Ouest [Rojava]. De nombreux Kurdes pensent que le Kurdistan occidental a conservé sa langue, sa culture, en d’autres termes, son âme, et le printemps kurde est en marche. Je ne sais pas comment cette image trompeuse est née, mais ce que je vois et vis chaque jour montre cette image peinte d’une manière différente. Bien que la vérité soit amère et que son image ne soit pas jolie, je parlerai tout de même de quelques images de cette vérité dans cet article.
Quelques exemples du champ politique
Au Kurdistan occidental [Rojava] après 2012 contre la décision de faire du kurde la langue d’enseignement dans les écoles, les Kurdes sont descendus massivement dans la rue avant tout le monde et ont rejeté cette décision et une grande partie d’entre eux n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école.
Les mêmes Kurdes qui envoient joyeusement leurs enfants dans des écoles arabes baathistes depuis cinquante ans ont déclaré :
– Nous n’envoyons pas nos enfants dans des écoles [kurdes].
– Personne ne reconnaît les diplômes et diplômes kurdes, que peut-on en faire ?
– L’avenir de nos enfants est perdu et nous voulons qu’ils aillent à l’école publique.
En ce qui concerne l’avenir des enfants, je voudrais donner cet exemple tiré de mes expériences. Lorsque j’ai critiqué l’un des partisans de la « gouvernance autonome », parce qu’il envoyait secrètement son fils dans des écoles publiques et non dans des écoles kurdes, il m’a répondu ainsi :
– Je te prie de venir au pays depuis l’Europe et envoyer tes enfants dans des écoles kurdes. Vous qui vivez en Europe n’avez pas le droit de critiquer.
Quelques exemples du domaine littéraire
Dans la partie occidentale du Kurdistan, ces dernières années, un phénomène remarquable a émergé dans le domaine de l’écriture. Au lieu de développer l’écriture et la lecture en kurde, les auteurs qui écrivaient en kurde sont revenus à l’écriture en arabe. Certains d’entre eux ont concouru dans l’appréciation de leur écriture en langue arabe. Lorsque ces personnes deviennent des invités de la télévision arabe, elles appellent l’arabe comme langue maternelle. Ces années ont apporté un nouveau concept, qui est « Ma deuxième langue maternelle est l’arabe ».Tous les écrivains du monde ont une mère, seuls les écrivains kurdes qui écrivent en arabe ont deux mères.
Ce problème dont nous parlons n’est pas la traduction arabe elle-même, mais plus que la langue, c’est la conscience, la mentalité et la relation spirituelle avec cette langue. Cette relation spirituelle devient une position dans la sphère politique et sociale, et de cette façon ces écrivains se retrouvent dans les rangs des propriétaires de cette langue.
L’exemple le plus notable est Selim Barakat, un écrivain de langue arabe. Afin de gagner les régions occidentales du Kurdistan, après le retrait des forces du régime, Selim Barakat estime que « seule l’Armée syrienne libre » a le droit de s’emparer de toutes les régions de l’ouest du Kurdistan et appelle le « Parti des travailleurs du Kurdistan » [PKK] le « parti Baas du Kurdistan » et dit qu’ils ne veulent pas que ces baasistes kurdes remplacent les statues d’un dictateur (Hafiz Elesad) par les statues d’un autre dictateur (Abdullah Ocalan).
De même, 15 juin 2023, un poète kurde qui écrit en arabe a écrit sur sa page Facebook : « Si une nuit de poésie kurde a lieu dans l’immeuble en face de chez moi, je ne serai pas présent. Mais si un événement nocturne Selim Barakat se produit dans les Océans, je m’y rendrais. »
Un autre écrivain du Kurdistan occidental distribue ses livres en arabe et les dirige dans des associations et des lieux kurdes avec la présence de Kurdes et dit sur une télévision kurde qu’il veut faire connaître les Kurdes aux Arabes à travers la littérature.
Certains des écrivains du Kurdistan occidental salissent jour et nuit le mouvement kurde pour la liberté, encore un peu, ils vont devenir des « fédayins » des Palestiniens et rejoindre leurs activités militaires. Bientôt, ils vont lécher les doigts des deux mains de leurs « frères arabes » pour les prix du « beignet » littéraire arabe et à la place de leurs mères qui ne connaissaient pas l’arabe, ils recherchent des mères arabes.
Ils font tout pour les convaincre qu’ils sont bons et détestent les séparatistes kurdes et les « terroristes ».
Ils appellent également leurs livres arabes des livres de littérature kurde. Quand il s’agit de la littérature kurde en Syrie, ni la langue kurde ni les écrivains de cette langue orpheline ne viennent à l’esprit. Ils se présentent et présentent leurs œuvres comme kurdes et des œuvres de la littérature kurde, et leur plaisir est leur plaisir.
Quelques exemples dans le domaine des médias sociaux
Les Kurdes du Kurdistan occidental utilisent le plus Facebook. La langue principale qu’ils utilisent est l’arabe. Un tel partage en kurde est orphelin, froid, ignoré et non lu. Mais ceux lus en arabe et parfois pleins de fautes d’orthographe et masculins et féminins sont confus, mais ils sont toujours lus et partagés avec beaucoup d’amour et d’enthousiasme.
Pendant des années, j’ai séparé les deux langues, à côté de ma page kurde, j’en ai ouvert une en arabe et j’ai demandé à tous mes amis qui ne connaissent pas le kurde d’y aller. Maintenant, par exemple, lorsque je publie une nouvelle sur mon livre kurde, une scène comme celle-ci apparaît :
– L’auteur est kurde, le livre est en kurde et les suiveurs sont kurdes. La page Facebook kurde attire une cinquantaine de personnes.
– La même nouvelle dans la version arabe attire l’attention d’au moins 400 personnes.
Ainsi, des chanteurs aux écrivains et politiciens des Kurdes du Kurdistan occidental, ils parlent tous d’eux-mêmes et de leurs activités en arabe, ainsi que de leurs opinions et croyances.
Le pire, c’est qu’ils insultent les Kurdes du nord du Kurdistan en arabe et disent qu’ils sont tous devenus Turcs.
Dans la partie occidentale du Kurdistan, la majorité de la population parle un kurmanji brisé, ni en termes de structure ni de syntaxe, ni en termes de mots, il n’a aucun lien avec le kurde. Parfois, la phrase est entièrement arabe, mais elle est collée avec quelques lettres et symboles kurdes, et parfois la syntaxe arabe est chargée de quelques mots kurdes et ils disent que nous parlons en kurde.
Résultat
L’assimilation (…) a de nombreuses couleurs et est différente dans chaque partie du Kurdistan. Au Kurdistan occidental, au niveau des élites et des écrivains, le couteau de l’assimilation a atteint les os et a pénétré le cerveau. Le cerveau est devenu arabe, donc dans leur attitude et leur position ils sont du côté des autres partis jusqu’au bout, leurs mains sont ouvertes devant les portes des autres nations. Malgré cela, ils détestent les forces et les cercles les plus actifs de leur nation et leur sont hostiles jusqu’au bout.
Pour ne pas faire d’injustice aux personnes et aux cercles honnêtes et travailleurs, je parle ici de certains cercles et pas de tous. Mais ces cercles sont aussi larges que vous le souhaitez et ils constituent une grande partie de la société kurde. S’il y avait eu quelques personnes, je ne les aurais pas mentionnées. Par conséquent, nous ne devons pas avoir peur de la vérité et nous ne devons pas avoir peur de la révéler.
Quiconque dit que notre société kurde du Kurdistan de l’Ouest est une société kurde se trompe.
Quiconque dit que la situation de langue kurde est bonne au Kurdistan de l’Ouest se trompe lui-même et nous trompe.
Les efforts d’un parti ici et d’une organisation là-bas ne peuvent plus empêcher cette tempête inexorable.
Les Kurdes disparaissent progressivement.
Puisque c’est mon écriture en kurde, je ne pense pas qu’à part quelques amis passionnés comme moi, le son de ce cri atteindra quelqu’un, mais je dirai quand même mes derniers mots :
– Dommage pour cette belle langue.
– Dommage pour le travail acharné de certains!
Version originale publié le 18 juin. A lire sur le site Diyarname : Li Rojava kêra asîmîlasyonê gihîştiye hestî
SYRIE / ROJAVA – Ce midi, un drone turc a frappé une voiture entre les villages de Tal Shair et de Bayandur, à Tirbespiye, dans le canton kurde de Qamishlo. Le premier bilan faisait état du meurtre de femmes qui se trouvaient à bord du véhicule. Mais selon les informations récentes, parmi les victimes, il y a la coprésidente du canton de Qamishlo, Yusra Darwish. Le coprésident du Qamishlo, Kabi Shamoun, serait blessé.
Yusra Darwish
Depuis les élections turques de mai dernier, Erdogan a intensifié les attaques sanglantes ciblant les Kurdes du Rojava avec la complicité de la Russie et des Etats-Unis, deux pays qui se partagent l’espace aérien syrien. En l’espace d’un mois, les drones turcs ont fait des dizaines de victimes civils et militaires.
Selon l’écrivaine Sayîme Xakpûr, la littérature kurde est l’une des littératures les plus riches du monde, mais les Kurdes ne sont même pas conscients de la richesse de la littérature kurde à cause de l’assimilation et de l’isolement qui lui sont imposés.
Née dans la ville d’Ourmia au Rojhilat (Kurdistan oriental), Sayime Xakpûr écrit, traduit et étudie la langue et la littérature kurdes. Xakpûr a traduit et publié de nombreux livres kurdes en persan, qui portent sur la voix de la société kurde, son histoire et la situation au Moyen-Orient du siècle dernier à nos jours, ainsi que la résistance de Kobanê. L’autrice kurde écrit également des nouvelles et a récemment publié une étude détaillée sur la vie d’Îran Xanim*, une dengbêj femme du Rojhilat.
Dans une interview accordé à l’agence ANF, Xakpur a déclaré que la littérature kurde était l’une des littératures les plus riches du monde. Elle a fait remarquer que la plupart des auteurs dans le monde se considèrent responsables de la préservation de la langue, de la littérature et de la culture de leur peuple, ajoutant que les auteurs portent le fardeau de leurs sociétés.
Rojhilat est une partie inséparable du Kurdistan
Xakpûr a souligné que Rojhilat était une partie inséparable du Kurdistan en tant que berceau de la culture, de l’art et de la littérature kurdes. Elle poursuit : « Des études linguistiques, culturelles, artistiques et littéraires sont menées en interaction les unes avec les autres depuis [les sous-dialectes du kurde parlés au Kurdistan iranien] Hewramî, Kelhurî, Lekî, jusqu’à Makû, Selmas, Kalaxwe Îlam, Kirmanshah, Urmia et Khorasan. En tant que personne originaire du Kurdistan, je vois un avenir très prometteur pour la culture, la langue et la littérature kurdes. Dans le monde contemporain, l’intérêt pour la littérature, la culture et l’art a également augmenté à mesure que la communication humaine s’est développée, notamment à travers les réseaux sociaux et les médias. Il y a eu une grande prise de conscience au sein de la société. »Résistance face à l’assimilation
Xakpûr a conclu : « La littérature kurde est isolée depuis des années et la plupart des Kurdes ignorent un tel trésor littéraire. Il y a des études contre les politiques d’assimilation et il y a une forte résistance contre l’assimilation. »
ANF
Îran Xanim: Hawarek Ji Ûrmiyeyê – livre Iran Xanim: Un cri d’Ûrmîyê
Iran Khan ou Iran Xanim est née en 1951 dans le village d’Ichkeso, district de Somabira Dost, situé près de la ville d’Urmia. Cette dengbêj (bardesse) kurde occupe une place à part dans l’histoire de la voix féminine. A une époque où les femmes n’avaient même pas le droit d’élever la voix devant les hommes plus âgés, cette femme rebelle a chanté le cri qui venait du fond de son cœur, et sa voix s’est répandue dans tout le Kurdistan. Elle est la première chanteuse dont la voix a été enregistrée et archivée dans la radio Ûrmîyê.
SUISSE – Le Congrès national du Kurdistan organisera la conférence nationale kurde à Lausanne, à l’occasion du 100e anniversaire du Traité de Lausanne qui a divisé le Kurdistan en quatre parties et soumis aux génocides les peuples indigènes de la région.
Le 24 juillet, au moins 600 membres de 175 partis politiques, organisations non gouvernementales, intellectuels et écrivains participeront à la « Grande Conférence du Kurdistan » organisée par le Congrès national du Kurdistan (Kongreya Neteweyî ya Kurdistanê – KNK) à l’occasion du centenaire du Traité de Lausanne.
Concernant la grande conférence kurde de juillet 2023, le co-président du KNK, Ahmed Karamus, a déclaré que les Kurdes n’ont d’autre choix que de s’unir.
Ahmed Karamus
7 ans après l’accord Sykes-Picot du 16 mai 1916, qui divisait le Kurdistan en quatre parties entre la France et l’Angleterre, le 24 juillet 1923, à Lausanne, Suisse, par la Turquie et la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, la Grèce, la Roumanie et Yougoslavie Signature du traité de Lausanne. Après la division du Kurdistan en quatre parties, la « Grande Conférence du Kurdistan » se tiendra sous la houlette du Congrès national du Kurdistan (KNK) le 24 juillet, jour du centenaire du Traité de Lausanne, qui fut le début du concept d’anéantissement et le déni envers les Kurdes. Plus de 500 personnes sont attendues à la conférence, où 52 partis politiques, institutions, intellectuels, écrivains, artistes et universitaires des quatre parties du Kurdistan, ainsi que des institutions kurdes indépendantes de représentant les religions yézidie, chrétienne, yarsan et alévie, ont été invités.
La déclaration finale de la conférence, qui déterminée la feuille de route de la lutte contre le concept d’anéantissement et de déni des Kurdes, sera également partagée avec le public. Le coprésident du KNK, Ahmed Karamus, a évalué le Traité de Lausanne, l’importance de la conférence et la lutte des Kurdes contre le concept d’anéantissement et de déni dans le nouveau siècle.
Se préparer pour un nouveau processus
Notant qu’ils ont achevé les préparatifs de la conférence, Ahmed Karamus a déclaré que d’importants préparatifs ont été faits afin de montrer l’attitude nationale, l’unité et la solidarité du peuple du Kurdistan. Notant qu’ils ont contacté 175 partis, organisations non gouvernementales et organisations religieuses dans le cadre de la conférence, Karamus a déclaré: « Nous avons écouté les points de vue de ces personnes et avons reçu leurs suggestions. Cette conférence est une préparation à la participation au processus à venir. De plus, les résultats des réunions, panels et activités précédents seront partagés lors de cette conférence. »
Notant que des réunions ont eu lieu avec tous les segments de la société kurde et que ces réunions ont été positives, Karamus a déclaré : « Tous les partis et organisations de la région fédérée du Kurdistan, à l’exception du PDK, ont affiché une attitude positive. Ils ont déclaré qu’ils assisteraient à la conférence. Nous n’avons pas rencontré CNKS [Conseil national kurde de Syrie – ENKS ou KNC »] au Rojava, mais nous leur enverrons une invitation à assister à la conférence. S’il y a des demandes d’entrevue, nous essaierons de les rencontrer. Nous avons également eu des réunions avec le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDK-İ). Nous avons eu des réunions avec des partis politiques en Iran et ils ont dit qu’ils assisteraient à la conférence. »Résistance contre le colonialisme
Affirmant que le traité de Lausanne est un accord qui rejette le statut du peuple kurde, Karamus a souligné que la conférence révélera également l’attitude des Kurdes vis-à-vis de cet accord. Karamus a déclaré que le Traité de Lausanne a été signé contre la volonté des Kurdes et a affirmé que : « Toutes les organisations kurdes ont pris position contre cela et ont promis d’assister à la conférence. Nous considérons cette attitude comme significative et importante. Nous partagerons cette position avec la communauté internationale, les Nations Unies, le Conseil de l’Union européenne, les États arabes unis et tous les pays du monde que nous pouvons atteindre. Le peuple kurde n’a pas accepté et n’acceptera pas cet accord depuis le premier jour. Le peuple kurde a montré sa position contre le statut colonial par sa résistance. Le peuple kurde veut son existence, son identité, ses droits culturels, artistiques et nationaux. Ils n’ont pas accepté la représentation du peuple kurde et n’ont pas permis au peuple du Kurdistan de participer. Mais au XXIe siècle, le peuple kurde n’acceptera jamais un tel statut, un tel accord. Si un nouvel accord ou une nouvelle solution est trouvé, cela n’est possible que si la volonté, la langue et les droits démocratiques nationaux kurdes du peuple kurde sont acceptés. Nous formerons une délégation compétente dans ce domaine dans le cadre de la déclaration finale que nous présenterons lors de cette conférence, et cette délégation poursuivra également son travail dans le domaine de la diplomatie. Cette délégation représentera le peuple du Kurdistan. »Injustices faites aux Kurdes
Exprimant que le peuple kurde n’accepte plus l’imposition coloniale, Karamus a déclaré : « Les Kurdes ont été divisés en parties politiques, sociales et géographiques en tant que nation. Les Britanniques, les Français, les Italiens et de nombreux États qui ont pris part à cet accord ont été injustes envers le Kurdistan. Le peuple du Kurdistan a été privé de ses droits de citoyenneté, ses droits politiques et culturels lui ont été retirés de force. A notre avis, les États qui ont signé le Traité de Lausanne sont aussi coupables que les États qui ont supprimé les droits du peuple kurde et l’ont occupé. C’est un crime contre l’humanité, un crime contre les droits légitimes du peuple du Kurdistan. Par conséquent, les États qui ont signé ce traité sont complices de ce crime. Notre demande est que les pays qui ont adhéré et accepté le traité de Lausanne réparent les injustices qu’ils ont faites au peuple kurde à partir de maintenant. »Opportunité d’alliance des Kurdes
Soulignant que le peuple kurde devrait être le principal acteur de la lutte, Karamus a ajouté : « Il ne fait aucun doute que la démocratie au 21e siècle sera possible avec la résistance du peuple kurde. Les gens du Kurdistan doivent discuter entre eux et arriver à une conclusion. Il nous est possible de déclarer notre alliance lors de cette conférence, et c’est une opportunité. Nous n’agissons pas en tant que groupe, en tant que parti unique. Nous nous réunirons avec une vision très large et parlerons des intérêts du peuple du Kurdistan. Nous attendons beaucoup de cette conférence. Le nombre qui nous est parvenu sera de 500 personnes représentant chaque communauté du Kurdistan. Chaque institution présentera ses propres opinions et suggestions. Nous publierons une déclaration nationale qui inclura les points de vue des quatre secteurs. »Lutte contre les menaces
Rappelant que les plans de la Turquie, de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie sont basés sur le déni du peuple kurde, Karamus a poursuivi : « Ils essaient de liquider le peuple kurde. Quand il s’agit des Kurdes, ils mettent de côté toutes leurs contradictions et parviennent à un accord. Les pourparlers entre la Russie et la Syrie sont un signe qu’ils parviendront à un nouvel accord. Les menaces iraniennes et irakiennes se poursuivent. Le gouvernement central irakien veut abolir le statut du gouvernement régional fédéré du Kurdistan par différentes méthodes. Il en va de même pour le régime Baas. Si nous n’agissons pas ensemble, ce danger pèsera sur nous. Nous remplirons notre devoir et notre responsabilité. Parce que nous sommes une institution nationale. Nous allons intensifier notre lutte contre ces menaces qui sont censées nous être dirigées. Nous devons agir avec cette sensibilité. »
Karamus a appelé tous les segments de la société kurde à assister à la conférence et a conclu : « Même si nous n’avons pas eu de réunions avec certaines parties, elles devraient agir de manière responsable et assister à la conférence. Les individus et les institutions de toutes les régions du Kurdistan devraient assister à cette conférence. Nous appelons les artistes, les dignitaires des tribus patriotiques et les différents individus à agir de manière responsable et à participer à cette conférence en communiquant avec nous. »
Agence Mezopotamya
SYRIE / ROJAVA – Dans le cadre de la consolidation de la turquification dans les régions syriennes occupées, l’État d’occupation turc a diplômé les enfants ayant appris la langue turque.
Après que l’État occupant turc a imposé le turc comme langue principale dans les écoles des territoires syriens occupés, une source du canton kurde de Girê Spî / Tall Abyad occupé par la Turquie a rapporté que le Conseil local de Tal Abyad a diplômé hier 30 enfants ont appris la langue turque.
Depuis l’occupation du canton de Girê Spî en octobre 2019, l’État turc a consolidé sa politique de turquification, en ouvrant des centres pour enseigner la langue turque devenue obligatoire pour trouver un emploi dans les organes officiels sous contrôle de la Turquie.
Au cours de la dernière année scolaire, l’agence ANHA a documenté l’imposition de l’hymne national turc aux écoles, ainsi que des photos de personnalités nationales turques, dont Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne.
La Turquie colonialiste essaie d’annexer les zones syriennes qu’elle occupe, dont Jarabulus, Azaz, Afrin, Girê Spî et Serêkaniyê, où elle impose la langue turque dans les écoles.
ANHA