Le tatouage ​​kurde, une tradition en voie de disparition

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Il y a quelques temps, on avait relayé un article sur l’importance des tatouages jadis chez les Kurdes. On nous a demandé de le publier de nouveau. Voilà, chose faite.
Les tatouages ​​étaient très populaires parmi les Kurdes depuis des centaines d’années. L’encre (Deq en kurde) était un mélange de lait maternel, de vessie d’animal et de suie de fumée.
Une femme kurde tatouée
 
«Arbre de vie» est l’un des symboles les plus couramment utilisés dans les tatouages ​​kurdes. Cela représente l’immortalité. Ce tatouage commence entre la poitrine et monte vers le menton. Image: Ilhan Bakir
Les femmes tatouées étaient considérées comme plus belles et désirables, mais cela a complètement changé il y a quelques décennies.
 
De nos jours, les Kurdes âgés  tatoués disent que les tatouages ​​sont non seulement inappropriés, mais aussi loin de la culture kurde lorsqu’ils conseillent à leurs enfants et petits-enfants de ne pas se tatouer eux-mêmes. Mais bien sûr, tous les enfants n’écoutent pas ce qu’on leur dit ; surtout quand ils sont très fiers de leur culture.
 
Dejwar Khalaf, un Kurde vivant à Huddersfield, au Royaume-Uni, a tatoué tout son bras gauche avec des symboles liés à la culture kurde. 
 
Près de son poignet, Dejwar a tatoué deux jonquilles qui sont essentiellement des fleurs nationales kurdes
Un perdrix,  oiseau très populaire au Kurdistan
Kawa le forgeron appartient à un mythe kurde très célèbre qui parle d’un jeune forgeron appelé Kawa, qui a tué un roi tyrannique et a ensuite allumé un feu au sommet de la montagne du village pour informer les villageois de la mort du roi. Les Kurdes célèbrent encore cet événement le 21 mars comme le début du printemps ainsi que Newroz, le nouvel an kurde.
Le feu, signe du Nouvel-An kurde Newroz
Une ronde kurde où les hommes et les femmes se tiennent la main et dansent harmonieusement ensemble.
 
Une plume de paon : Le paon est l’ange principal de la religion yézidi plus ancienne que le christianisme et le judaïsme.
Un vieux poème kurde de Mela Ehmedê Namî appelé « Pêskevin Em Serfirazin Miletê Kurdî », qui signifie « allez de l’avant, nous sommes le peuple kurde victorieux ».
Une femme kurde tirant sa robe montrant le drapeau kurde pour dire que notre honneur est notre drapeau, notre pays et notre terre.
 
Tant d’autres symboles antiques comblent les vides entre ces tatouages ​​qui font de Dejwar un portail de la culture kurde.
Contact: ronak@zivmagazine.com

Selon RSF, la Turquie va vers « un monopole du discours officiel » grâce aux organismes de régulation des médias

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TURQUIE / BAKUR – En Turquie, si vous êtes journalistes mais que vous ne répétez pas le discours officiel du pouvoir, n’espérez pas pouvoir vous faire entendre. En effet, les principaux organismes étatiques de contrôle des médias travaillent dur pour rappeler aux journalistes impertinents, qu’en Turquie, on ne peut s’exprimer librement, sans parler d’innombrables journalistes (surtout des Kurdes) jetés en prison pour avoir exercé leur métier d’informer. Reporters sans frontières (RSF) vient de dénoncer la pression accrue des organismes turques de régulation des médias sur la presse indépendante et les voix critiques :  Les pressions des principaux organismes étatiques de contrôle des médias s’accentuent sur les journalistes jugés « récalcitrants ». Alors que 85% des médias nationaux sont aux mains d’hommes d’affaires proches du pouvoir et suivent déjà la ligne officielle de la présidence, la presse indépendante évolue de plus en plus dans un climat où la moindre critique et l’information indépendante passent pour de la trahison et de l’anti-patriotisme. Début mai, le Haut conseil de l’audiovisuel (RTÜK) de Turquie, composé majoritairement de représentants de la coalition AKP-MHP au pouvoir, a sanctionné la chaîne Halk TV (Peuple) pour avoir diffusé une interview de la responsable du principal parti d’opposition à Istanbul qui estimait que le pays devait “s’attendre à un changement de gouvernement, voire à un changement de régime ». Le conseil a considéré que ces propos constituaient « une incitation au coup d’Etat ». L’émission incriminée a été interdite pendant cinq jours, et Halk TV a été condamné à payer une amende équivalant à 5% de ses recettes publicitaires mensuelles. Cet incident n’est que le dernier d’un longue liste : ces derniers mois, les chaînes FoxTV, Télé1 et HaberTürkTV ont elles aussi été sanctionnées par le RTÜK après avoir diffusé des propos critiques à l’égard du pouvoir. De son côté, un autre organe de régulation sous contrôle de la présidence Erdogan, le Conseil des annonces de Presse (Basın İlan Kurumu – BİK), a infligé à différents journaux critiques du pouvoir, notamment Evrensel (Universel) et BirGün (Quotidien), une interdiction de publication d’annonces institutionnelles pour « manquement à l’éthique », privant ainsi les médias concernés de revenus publicitaires, indispensables à leur survie économique. BirGün a été interdit d’annonces pendant 42 jours en raison d’articles parus entre août et octobre 2019, critiquant les violences commises par les forces de police lors de manifestations. « Alors que la crise financière empire à cause de la pandémie du covid-19 et que le gouvernement semble donner des signes de faiblesse, nous assistons à une répression croissante de l’information, qui vise à instaurer un monopole du discours officiel, déplore le représentant de RSF en Turquie, Erol Onderoglu. Sans démocratisation ni indépendance du système de régulation des médias, cette vague de répression risque d’anéantir le pluralisme journalistique, déjà fragile en Turquie ». Des juges aux ordres Le gouvernement exerce par ailleurs un contrôle direct sur les activités de nombreux juges, qui censurent des dizaines d’articles publiés sur Internet sans fournir de motif. A la mi-février, un juge d’Istanbul a ainsi ordonné le blocage de 232 articles publiés par des journaux en ligne et des sites d’information dont Cumhuriyet, Bianet, Diken, BirGün, Artı Gerçek, Gazete Duvar, T24, Odatv, Sputnik Türkiye, Evrensel, Halk TV, Tele1, Gerçek Gündem. Les articles mentionnaient l’achat par le ministre des Finances, Berat Albayrak – qui n’est autre que le gendre du président Erdogan – d’un terrain en Thrace orientale (nord-ouest du pays), sur lequel le gouvernement projette de creuser un canal reliant la mer Noire à la mer de Marmara. Le chantage à la carte de presse Une autre forme de pression s’exerce aussi par le truchement de la Direction des communications de la présidence (Cumhurbaşkanlık İletişim Başkanlığı), chargée de l’attribution des cartes de presse. Selon le site d’information Bianet, 27 journalistes turcs ont vu leur carte de presse annulées au cours des premiers mois de l’année. De même, près de 150 correspondants de médias internationaux attendent toujours d’obtenir ou de renouveler leurs cartes de presse. Privés de ce précieux sésame, plusieurs journalistes allemands, britanniques, suédois, français et américains rencontrent des difficultés à travailler sur le terrain et se retrouvent sous la menace constante de contrôles policiers ou administratifs. RSF s’est associée aux démarches de l’Association des Médias Étrangers (FMA-tr) de Turquie pour que les cartes de presse leur soient fournies sans délai. La Turquie occupe la 154e position sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF.

« Emprisonner un enfant avec sa mère est un crime contre l’humanité »

TURQUIE / BAKUR – Après l’arrestation de la militante kurde Gönül Aslan à Diyarbakır cette semaine, son fils de 3 ans Dilgeş a été envoyé en prison avec elle. L’agence Bianet a interviewé l’universitaire Mesude Atay au sujet de Dilgeş et de centaines d’autres enfants emprisonnés avec leurs mères.
 
« Ceux qui envoient un enfant en prison avec sa mère ne connaissent pas les besoins des enfants ; s’ils les connaissent, alors ils ne s’en soucient pas.
 
Pour eux, « l’enfant n’a pas de nom », « l’enfant n’a pas de droits », « l’enfant n’a pas de valeur ». Tout compte fait, en tant que pays [Turquie] signataire de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, il y a une violation des droits de l’enfant… »
 
C’est ainsi que l’académicienne Mesude Atay, de l’université Bilgi, résume les violations des droits auxquelles sont confrontés les enfants emprisonnés avec leur mère.
 
Spécialisée dans le développement et l’éducation de l’enfant et auteur de livres sur ces sujets, Atay est également la responsable du département du département du développement de l’enfant de la faculté des sciences de la santé de l’université de Bilgi.
 
Dilgeş ne reçoit pas ses médicaments
 
Dans le cadre d’une enquête lancée par le procureur général de Diyarbakır (Amed) contre l’association des femmes Rosa, 18 militantes et des politiciens kurdes ont été détenus le 22 mai. 12 de ces personnes ont été emprisonnées quelques jours plus tard. Elles sont toutes accusées d’ « être membres d’une organisation terroriste [PKK] ».
 
Gönül Aslan est l’une des 12 personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête. Son fils Dilgeş, qui n’a que 3,5 ans et souffre d’une maladie rénale, a également été envoyé en prison avec elle.
 
Le père de Dilgeş est réfugié à l’étranger pour des raisons politiques. Bien qu’il souffre d’une maladie rénale, Dilgeş ne reçoit plus ses médicaments depuis qu’il est en prison.
 
Mesude Atay a été interviewée par l’agence Bianet sur l’état de Dilgeş et de centaines d’autres enfants qui sont en prison.
 
Lorsqu’un membre de la famille, en particulier un parent, est arrêté, quel effet cela a-t-il sur l’enfant ?
 
Le degré de communication et d’interaction entre l’enfant et le membre de la famille arrêté est important pour répondre à cette question. Cependant, lorsque c’est la mère ou le père qui est arrêté, cela peut avoir un effet néfaste sur le développement de l’enfant, surtout s’il est âgé de 0 à 8 ans. Cela peut notamment affecter son développement psychosocial.
 
Car, mentalement parlant, l’enfant a du mal à comprendre l’arrestation, la loi, la punition, la prison, etc. Cependant, le fait d’être séparé de ses parents et la façon dont cette séparation se déroule peuvent affecter le niveau de peur et d’anxiété de l’enfant à un point tel qu’il peut même en résulter un traumatisme. Dans ce processus, l’attitude et le comportement des personnes qui s’occupent de l’enfant ainsi que la manière dont elles gèrent ce processus avec l’enfant sont de la plus haute importance.
 
Malheureusement, il arrive que des personnes soient détenues et que leur maison soit perquisitionnée. Lorsque c’est le cas, les enfants doivent être emmenés loin de la scène de l’incident et tous les facteurs qui pourraient causer de la peur et de l’anxiété doivent être éliminés autant que possible. Les agents de sécurité doivent également être formés à ce sujet.
 
L’emprisonnement a des effets négatifs sur le développement des enfants

Comme certains enfants ont besoin des soins de leur mère, ils peuvent être emprisonnés avec elle. Comment cela affecte-t-il les enfants ?
 
Il a certainement un effet négatif. Comme les conditions ne sont déjà pas adaptées aux adultes, on ne peut pas s’attendre à ce qu’elles le soient pour l’enfant.
 
Par-dessus tout, qu’en est-il de la santé mentale de la mère ? Quelle est sa santé mentale derrière les barreaux ? Nous savons que la santé mentale d’une mère est un facteur très efficace pour qu’elle puisse prendre soin de son enfant.
 
D’autre part, les conditions physiques de la prison ne sont pas adaptées pour favoriser le développement de l’enfant. L’air pur, les conditions d’hygiène, le besoin de soleil et de lumière, une nourriture saine et adaptée aux enfants, les routines quotidiennes des enfants comme le sommeil, les jeux et le bain, la façon dont l’enfant interagit et communique avec les autres adultes… Ce sont autant de facteurs importants qui ont un effet sur la croissance et le développement des enfants.
 
Après leur naissance, les enfants commencent à interagir d’abord avec leur mère, puis avec celles de leur environnement proche. Plus leur environnement proche se développe et plus ils deviennent habiles à se déplacer, plus ils ont besoin d’interagir avec leurs pairs. Mais, dans un endroit comme la prison, les compétences sociales telles que l’interaction et l’apprentissage avec les pairs ne se développeront pas.
 
Comme ils seront privés de la nature où ils apprendront des choses par l’expérience et d’autres matériels de formation, leur développement mental sera également affecté négativement. Ils ne pourront pas courir, sauter ou grimper comme ils le souhaitent, ce qui affectera leur développement moteur.
 
En résumé, face à toutes ces conditions négatives, les enfants peuvent développer un sens de soi négatif, un manque de confiance en soi, une tendance à recourir à la violence, des troubles de l’adaptation et du comportement, qui peuvent même conduire à des troubles de la personnalité.
 
Les droits de l’enfant ne sont pas respectés. Que faut-il faire ?
 
À ce stade, nous devons l’envisager dans une perspective fondée sur les droits et parler du fait que l’enfant est privé de son droit à la vie et au développement. En contre-argument, on dit que l’enfant est gardé avec la mère pour qu’il n’en soit pas privé. En fait, une mère, à elle seule, ne suffit pas pour la croissance et le développement de l’enfant.
 
Ceux qui envoient un enfant en prison avec sa mère ne connaissent pas les besoins des enfants ; s’ils les connaissent, alors ils ne s’en soucient pas.
 
Pour eux, « l’enfant n’a pas de nom », « l’enfant n’a pas de droits », « l’enfant n’a pas de valeur ». Tout compte fait, en tant que pays partie à la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant, il y a violation des droits de l’enfant.
 
La Convention des Nations unies considère l’ « intérêt supérieur de l’enfant ». Les articles 3 et 18 de la Convention soulignent que les États parties s’engagent à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs légaux ou des autres personnes légalement responsables de lui, et prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées.
 
Comment voyez-vous ces arrestations en termes de droits de l’enfant ?
 
Je les considère comme une violation du droit. Il n’est pas possible de garantir l’intérêt supérieur de l’enfant en prison. Les enfants sont punis avec leur mère, en un sens. Il est urgent de développer des projets pour les mères condamnées et d’envisager d’autres modes de pénalisation. Nous savons que 780 enfants âgés de 0 à 6 ans sont derrière les barreaux avec leur mère.
 
Les enfants sont envoyés dans des institutions préscolaires pendant la journée, mais elles sont à la fois insuffisantes en nombre et ouvertes au débat en termes de qualité.
 
Punir l’enfant est une violation du droit
 
En parlant de Dilgeş, nous savons qu’il a un seul rein et que son père est en exil à l’étranger. Que faut-il faire en premier lieu pour protéger la santé mentale – la santé de Dilgeş ?
 
Gönül Aslan, membre de l’assemblée du Parti démocratique des peuples (HDP), a été détenue et arrêté avec son fils de 3,5 ans Dilgeş et envoyé en prison. Le fait que sont cas n’ait pas été débattu auprès de l’opinion publique autant qu’il le méritait montre le niveau d’insensibilité à la valeur de l’enfant et à la perception qu’on en a. La santé mentale de Dilgeş doit être protégée. La peur et l’anxiété qu’il a ressenties pourraient entraîner un traumatisme.
 
Il a été séparé de son foyer douillet, de ses jouets, de ses camarades et de sa vie quotidienne. Un adulte peut comprendre cela, vous pouvez le clarifier auprès d’un adulte, mais vous ne pouvez pas le faire avec Dilgeş. Il ne peut pas le comprendre. Il ne peut que craindre. Le fait d’être séparé de sa mère, un éventuel préjudice infligé à celle-ci ou une incertitude peuvent entraîner un traumatisme de sa part. Punir un enfant avec sa mère dans son stade de développement le plus critique est un crime contre l’humanité, c’est une violation du droit.
 
La mère a un rôle très important dans la protection de la santé mentale de Dilgeş, mais l’environnement est tout aussi décisif que la mère. Étant donné que l’environnement et les conditions ne peuvent être modifiés, il sera plus difficile de protéger la santé mentale de Dilgeş. Ce préjudice ne peut être réparé qu’avec un soutien approprié par la suite. Pour l’instant, la seule chose à faire serait, au moins, de différer la peine de la mère ou de la mettre en résidence surveillée. Les violations des droits de l’enfant peuvent également être évitées grâce à de nouvelles solutions similaires qui seront développées par l’État pour 780 mères et leurs enfants.
 
Mesude Atay
 
Mesude Atay a obtenu sa licence au département du développement et de la formation de l’enfant à l’université d’Hacettepe en 1983. Elle a obtenu sa maîtrise dans le même domaine deux ans plus tard. Elle a obtenu une deuxième maîtrise dans le domaine de la psychologie de l’éducation spécialisée à l’université de Londres en 1994. Elle a obtenu son doctorat dans le domaine du développement et de la formation de l’enfant en 1995. Elle est devenue professeure associée en 1998 et professeure en 2014.
 
Atay a publié plusieurs ouvrages sur ses domaines de spécialisation. Elle est également chef du département du développement de l’enfant de la faculté des sciences de la santé de l’université de Bilgi (İstanbul).
 

ROJAVA. Attaque terroriste visant des enfants à Shaddadi

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SYRIE / ROJAVA – Hier, deux terroristes ont lancé une grenade contre un groupe d’enfants à Shaddadi. Quatre enfants ont été blessés, dont certains grièvement. On soupçonne les terroristes travaillant pour la Turquie d’être derrière l’attaque pour terroriser les Kurdes syriens et les pousser à l’exode.
 
Jeudi, trois enfants et un adolescent ont été blessés lors d’une attaque à Shaddadi, dans le nord-est de la Syrie. Deux inconnus à moto ont lancé une grenade sur le groupe d’enfants jouant dans la rue. Trois enfants âgés de trois à six ans ont été blessés. Un adolescent de 15 ans a été touché par des éclats d’obus à l’estomac lorsque la grenade a explosé, et un autre éclat a été logé dans la tête de l’adolescent. Il est en soins intensifs.
 
Les résidents ont immédiatement amené les enfants blessés à l’hôpital Hikme d’Hasakah (Hesekê). Les Forces de sécurité intérieure ont ouvert une enquête.
 

Hommage à la fille au foulard rouge

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Il y a 3 ans, Deniz Karacagil tombait martyre à Raqqa lors de la libération de la ville par les forces kurdes et arabes.
 
Ayşe Deniz Karacagil (Destan Temmuz) combattait dans les rangs du Bataillon international de la liberté lors de la lutte contre les terroristes de l’Etat islamique au Rojava. Elle est tombée martyre lors d’un affrontement avec l’Etat islamique (EI) le matin du 29 mai à Raqqa, en Syrie.
 
Ayşe Deniz Karacagil, surnommée «la fille au foulard rouge», avait été emprisonnée en Turquie lors des manifestations de Gezi pour avoir porté un foulard rouge qui a servi de « preuve » pour qu’elle soit qualifiée de terroriste par les autorités et le pouvoir judiciaire turcs. Une peine de 103 ans de prison avait été demandée pour Karacagil qui avait rejoint les forces kurdes par la suite.

TURQUIE. Impunité pour l’assassinat d’enfants kurdes par les forces armées turques

TURQUIE / BAKUR – Dans les provinces kurdes, les enfants sont devenus la cible des forces armées turques. En 2010, l’État turc a transformé les « enfants qui lancent des pierres » et qui ont moins de 15 ans en « enfants qui sont poussés au crime ». Cela signifie que les enfants de moins de 15 ans peuvent être jugés, tandis que ceux qui les ont tués sont souvent condamnés à de courtes peines ou sont acquittés.
 
La Turquie est en tête des pays à violer les droits des enfants
 
En Turquie, le nombre de viols sur enfant, d’enfants emprisonnés, d’enfants travailleurs, d’enfants qui ont perdu la vie dans les zones de conflit et d’enfants tués par les forces armées turques est élevé.
 
À Nusaybin, pendant le couvre-feu imposé comme mesure de lutte contre la pandémie de coronavirus, des policiers turcs ont poursuivi – tirant des coups de feu en l’air – et attrapé des enfants qui jouaient. Une enquête administrative a été ouverte contre ces policiers suites à la réaction du public. Mais, dans ce genre de cas, après un certain temps, les responsables de tels actes reprennent leur travail comme si de rien n’était. Lorsque nous examinons ce type de cas et d’incidents en Turquie, nous constatons que les sanctions sont presque inexistantes et qu’en fait, souvent, les fonctionnaires responsables reçoivent une promotion.
 
Enfants lançant des pierres
 
En 2010, l’État turc a transformé les « enfants qui lancent des pierres » et qui ont moins de 15 ans en « enfants qui sont poussés au crime ». Cela signifie que les enfants de moins de 15 ans peuvent être jugés, tandis que ceux qui les ont tués sont souvent condamnés à de courtes peines ou sont acquittés.
 
En 2015, c’est-à-dire au cours des 13 premières années du gouvernement AKP, selon les chiffres de la TIHV (Fondation turque des droits de l’Homme), 241 enfants ont été tués, alors que d’autres associations de la société civile affirment que ce chiffre pourrait atteindre 477 enfants tués par les forces de l’État.
 
Pour ne rappeler que quelques-unes de ces tueries, le 28 décembre 2011, 19 des 34 civils kurdes tués à Roboski avaient moins de 18 ans. La branche de l’IHD d’Amed, a déclaré en 2019 que 36 personnes sont mortes, dont 16 enfants, suite à des « accidents » impliquant des véhicules blindés des forces armées turques au cours des 10 dernières années. La quasi totalité de ces morts ont eu lieu dans les régions kurdes.
 
Pendant les couvre-feux en 2015-2016 dans plusieurs localités kurdes, de nombreux enfants ont été tués à la suite de tirs ouverts depuis des véhicules blindés des forces armées turques. Bişeng Goran (12), Nidar Sümer (17), Mahmut Bulak (16), Muğdat Ay (12), Cemile Çağırga (10), Tahir Yaramış (35 jours), Elif Şimşek (8), Berat Güzel (12), Ramadan Gümüş (14), Hidayet Tek (4), Esra Şalk (2), Müslüm İlhan (8), Enes Erdem (9) pour n’en citer que quelques-uns.
 
En 2015, Güler Yanalak, enceinte de 7 mois, a été gravement blessée dans le quartier de Cizre (Şırnak) lorsqu’elle a été touchée par une balle dans le ventre. Son bébé n’a pas pu être sauvé.
 
En 2015, la petite Miray, âgée de 3 mois, a été blessée par des tireurs d’élite qui ont tiré sur les maisons de ses parents. De nombreux enfants ont également été blessés pendant ces couvre-feux.
 
Dans les années qui ont suivi, le constat fait dans les rapports de l’IHD n’a pas changé. Les enfants sont morts soit à cause du feu ouvert par les forces de sécurité, soit à cause des mines posées par l’armée turque, ou ont été torturés en détention.
 
Dans de cas extrêmement rares où des familles portent plaintes suites aux meurtres de leurs enfants, la majorité des procès contre les responsables des meurtres d’enfants se sont terminés sans que le coupable soit puni ou les procès se poursuivent encore, des années après les faits.
 
Se souvenir d’Uğur Kaymaz
 
Comme le procès pour le meurtre d’Uğur Kaymaz, 12 ans, qui a été assassiné avec son père le 21 mars 2004 à Kızıltepe (Mardin) et qui n’a pas terminé de manière équitable malgré les 16 années écoulées. Les quatre policiers jugés ont été acquittés. La décision d’acquittement a été confirmée par la Cour suprême. (…) Le dossier est toujours devant la Cour constitutionnelle turque.
 
Le 4 mai 2017, les frères Muhammed Yıldırım (7) et Furkan Yıldırım (6), qui dormaient dans leur chambre, sont morts lorsqu’un blindé des forces turques est entré dans leur chambre après avoir détruit le murs de leur maison à Silopi.

Le procès a duré deux ans, et lors de l’audience du 19 juin 2019, le conducteur du véhicule blindé a été condamné à 2 ans et 6 mois de prison pour avoir « blessé une ou plusieurs personnes par négligence ». Le tribunal a finalement réduit la peine à 2 ans et 1 mois et l’a convertie en une amende de 19 000 livres turques.
 
Ceylan Önkol, 12 ans, est décédée le 28 septembre 2009 à la suite de l’explosion d’un obus de mortier à Lice. Les auteurs n’ont toujours pas été révélés. Le bureau du procureur a émis une ordonnance de confidentialité sur l’affaire. Bien que la famille ait saisi la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) à deux reprises, la Cour européenne a décidé en 2017 qu’il n’y avait pas de violation.
 
5 ans plus tard (30 avril 2014), le bureau du procureur de Lice a mis le dossier dans les tiroirs en disant qu’il n’était pas clair qui avait mis les munitions qui ont tué Ceylan. La famille et les avocats de l’IHD ont poursuivi le ministère de l’Intérieur, mais le Conseil d’État a annulé la décision de verser une indemnisation à la famille le 16 mai 2019.
 
Les assassins de Cemile Çağırga, 10 ans, n’ont pas non plus été retrouvés. Elle a été tuée pendant le couvre-feu à Cizre en 2015 et a été conservée dans le congélateur car les forces turques empêchaient qu’elle soit inhumée. Comme pour beaucoup d’autres civils et enfants tués pendant le couvre-feu, une décision de non poursuite a été prise au motif qu’aucun auteur n’a été trouvé.
 

IRAN. Décès d’une femme kurde battue lors de la destruction de sa maison par des agents de l’Etat

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IRAN / ROJHILAT – Les agents municipaux iraniens de la ville de Kermaşan ont causé la mort d’une femme kurde en l’attaquant et en détruisant sa maison.
 
Le 26 mai, Assieh Panahi, une Kurde de 58 ans, est décédée après avoir été violemment battue par des agents municipaux de la ville de Kermanchah. Cette femme au foyer, mère de sept enfants, a succombé à une crise cardiaque après que les agents l’aient agressée avec un spray au poivre alors qu’elle voulait les empêcher de détruire sa maison. On l’accusait de l’avoir construite sans permis de construire.
 
Panahi faisait partie des dizaines de milliers de Kurdes dont les habitations ont été détruites lors du séisme de novembre 2017. Au moins 620 personnes ont perdu la vie et 8 500 autres ont été blessées lors du séisme de magnitude 7,3 survenu le 12 novembre 2017 à Kermanshah. Les rescapés du séisme sont toujours privés de logements et vivotent dans des camps de fortunes depuis plus de 3 ans maintenant.
 
Depuis plusieurs décennies, les Kurdes du Kurdistan de l’Est sous l’occupation iranienne subissent le racisme étatique et sont condamnés à la pauvreté tandis que leurs richesses naturelles sont pillées et leur nature détruite dans le cadre d’une politique d’anéantissement de l’identité kurde.  
 

TURQUIE. Le pogrom des Alévis de Çorum il y a 40 ans

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Il y a 40 ans, des fascistes turcs ont attaqué des commerces et habitations des Kurdes alévis de la province de Çorum, tuant des dizaines de civils et blessant des centaines d’autres. Un autre pogrom à écrire à l’actif de l’Etat turc dont l’existence est basée sur le colonialisme et le massacre des minorités ethniques et religieuses…
 
Le pogrom de Çorum a eu lieu dans la province de Çorum entre mai et juillet 1980. (La date de commémoration du massacre de Çorum est le 27 mai.) Des extrémistes, membres de la « jeunesse nationaliste » des Loups Gris, ont attaqué les Kurdes alévis et ont tué au moins 57 d’entre eux et blessé 400 autres. Beaucoup de victimes étaient des jeunes et des femmes. (Wikipedia kurdî)
En 2012, « l’ancien agitateur de droite » Adnan Baran a déclaré que l’incertitude demeurait quant à la nature exacte des événements et a demandé instamment qu’un dialogue entre les gens de droite et ceux de gauche ait lieu afin de mieux comprendre les événements, ce qui, selon lui, pourrait faire partie d’un plan militaire plus large visant à mettre en place un prétexte pour le coup d’État du 12 septembre 1980. (Wikipedia English)
 

Mem û Zîn : l’épopée d’un amour tragique

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Connaissez-vous l’épopée kurde « Mem û Zîn » d’Ahmedê Khanî ? Sinon, procurez-vous sa version française publiée par les éditions Harmattan pour découvrir une oeuvre majeure de la littérature écrite kurde.
« Dans la province du Botan, un jeune Kurde, Mem, s’éprend de la soeur du prince, la belle Zin. Celle-ci partage son amour passionné, mais les intrigues du traître Bekir déclenchent l’hostilité du prince qui refuse leur union. Cependant, ni l’éloignement, ni la prison ne parviendront à briser leur amour qui survivra au-delà de la mort. Autour des deux jeunes gens, Ahmedê Khanî dépeint les fastes et la grandeur d’une cour princière kurde du XVIIe siècle, avec ses fêtes, ses banquets, ses chasses, ses faits d’armes… Il dresse le tableau captivant de l’âme humaine où l’amour, l’amitié, le courage s’opposent à la médisance, la jalousie et la tyrannie. Tiré d’une légende populaire, ce chef-d’œuvre est le premier manifeste national de la littérature kurde et un grand poème d’amour mystique. Ahmedê Khanî (ou Ehmedê Xanî) pose un regard pénétrant et visionnaire sur le destin de son peuple, déchiré encore aujourd’hui par ses divisions et ses faiblesses. Cette œuvre majeure de la littérature kurde n’avait jusqu’ici jamais été traduite en français. »
 
Mem û Zîn est l’une des épopées nationales du peuple kurde écrit par Ehmedê Xanî (1650-1707), écrivain, astronome, poète et philosophe kurde d’Hakkari. Il a écrit, sous la forme d’un poème, l’histoire d’amour entre Mem et Zîn qui avait eu lieu entre 1450 et 1451, 240 ans après leur mort.
 
L’épopée de Mem û Zîn est l’histoire de la justice, de la bonté, de l’innocence, de la faiblesse et du désespoir de tous les sentiments représentés par les amoureux Mem û Zîn, tandis que Beko représente l’hypocrisie et le mal.
 
L’épopée de Mem û Zîn est basé sur une histoire vraie vécue à Cizre, il y a 558 ans. Elle a été transmise de génération en génération par la tradition orale. Elle est similaire à l’histoire de Roméo et Juliette. Pour les Kurdes, Mem et Zin sont des symboles du peuple kurde et du Kurdistan, qui sont séparés et ne peuvent pas se rejoindre. À ce jour, de nombreuses chansons, films et récits des grands héros de l’amour ont été racontés et chantés sur la tombe de Mem û Zîn. Les gens continuent d’affluer sur la tombe des deux amoureux du XVe siècle.
 
Pendant des siècles de visites, certains sont allés chercher de la curiosité et d’autres de l’espoir. La tombe, qui a été témoin de tous les événements historiques de Cizre au cours des siècles, a été lourdement endommagée lors du siège militaire de l’armée turque en 2016.
 
Mais les habitants d’Hakkari ont entrepris d’ouvrir à nouveau la tombe aux visiteurs.
 
 Tombe de Mem et Zin

Mahmut Kanmaz est le gardien de la tombe depuis 13 ans. Il ne reçoit pas d’argent mais il est très satisfait des visites.
 
Aujourd’hui, grâce au travail du peuple kurde, la tombe de Mem û Zîn est toujours debout. Kanmaz a déclaré : « Chaque jour, au moins 50 personnes viennent rendre visite. La population locale vient prier le jeudi, mais le nombre de personnes qui viennent visiter la tombe de différentes villes est très important.
 
Nous ne voulons pas que les gens paient pour visiter ce site. Nous voulons que tout le monde se sente à l’aise et libre de venir quand il veut (…) ».
 

Nefise Shepherd d’Hakkari est venue visiter la tombe. Elle a déclaré : « Ma fille qui vit à Cizre ne peut pas avoir d’enfant, alors je visite cette tombe et prie qu’Allah écoute mes prières ».

L’épopée 

La légende raconte l’histoire tragique de deux jeunes amoureux. Mem, jeune garçon kurde du clan « Alan » et héritier de la Cité de l’Ouest, tombé amoureux de Zîn, du clan « Botan » et fille du gouverneur de Butan.

Ils se rencontrent lors des célébrations de la fête du nouvel an kurde Newroz. Leur union est bloquée par Beko du clan Bakran, l’antagonistes de Mem û Zîn tout au long de l’histoire, jaloux des deux amants maudits.
 
Mem meurt finalement lors d’un complot manigancé par Beko. Lorsque Zîn apprend la nouvelle, elle s’effondre en pleurant la mort de Mem sur sa tombe. La douleur immense mène à sa mort et elle est enterrée à côté de Mem, à Cizre.
 
La nouvelle de la mort de Mem et de Zîn se répand rapidement parmi le peuple. Lorsque le rôle de Beko dans la tragédie est révélé, Tacdîn, le meilleur ami de Mem, le tue. Beko sera enterré à côté des tombes de Mem et Zîn.
 
Avant de mourir, Zîn avait déclaré : « C’est à cause de Beko que nous ne pouvions pas nous réunir, je veux donc qu’il soit témoin de notre amour. S’il meurt, enterrez-le à côté de moi et de Mem ».
 
Cependant, un buisson d’épineux, nourri du sang de Beko, pousse sur sa tombe : les racines du mal pénètrent profondément dans la terre des tombes de Mem et Zîn, les séparant ainsi, même dans la mort.
 

Quand un club de foot turc fait une leçon sur le racisme…

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TURQUIE – Le club de foot turc, Fenerbahçe a écrit sur Twitter que « le racisme n’est pas une idéologie mais une maladie psychologique » suite au meurtre de George Floyd, un Américain noir, par un policier aux Etats-Unis il y a 2 jours.
 

Sinon, il y a 3 mois, le club kurde Cizre spor s’est retiré de la ligue turque de foot car il subissait quotidiennement le racisme et la discrimination de la part de la fédération turque de football.

 
En Turquie, les footballeurs kurdes et leurs clubs sont attaqués régulièrement par des supporters des clubs turcs. Le cas du club de foot kurde Amedspor* est un parfait exemple du racisme étatique turc subit par les Kurdes en Turquie et au Kurdistan du Nord sous l’occupation turque.
Les clubs de football turcs devraient balayer d’abord devant leurs portes avant de donner des leçons aux autres sur le racisme.
 
*Amed SK, anciennement Diyarbakır Büyükşehir Belediyespor, est le club de football de la municipalité métropolitaine de la ville kurde de Diyarbakır (Amed). En octobre 2014, il a été condamné par la Fédération turque de football pour avoir kurdifié son nom en Amedspor.
 
Debut 2016, Amedspor a remporté une victoire surprise contre Bursaspor pour atteindre les quarts de finale de la Coupe de Turquie. Après cette victoire, ses supporters ont été interdits de participer au match suivant contre Fenerbahçe par la Fédération turque de football. La TFF a également suspendu le milieu de terrain Deniz Naki pour une durée de 12 matchs pour ses tweets appelant à la fin de la guerre dans les régions kurdes de Turquie et lui a infligé une amende d’environ 7 000 euros. La police a également fait une descente dans les bureaux du club, emportant leurs ordinateurs, suite aux tweets pro-paix.

Depuis, Naki a dû se réfugier en Allemagne après les attaques et les menaces de morts venant des fascistes turcs. En Allemagne, il a été victime de tirs de balles contre sa voiture alors qu’il était en circulation. Il a déclaré que l’attaque venait certainement des fascistes turcs vivant en Allemagne.