ROJAVA. Plus les femmes sont organisées, plus elles sont attaquées

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SYRIE / ROJAVA – La politicienne kurde Nalin Mohammed a déclaré qu’elles avaient fait leurs preuves dans la révolution du Rojava, ajoutant que plus les femmes sont puissantes et organisées, plus elles sont ciblées, comme on peut le voir à travers les attaques barbares de la Turquie envers les femmes du Rojava. 

 

Les violations perpétrées par l’État turc avec ses mercenaires dans les régions du nord et de l’est de la Syrie s’intensifient de jour en jour devant un silence international. Le 23 juin, des drones de l’État turc ont bombardé le village de Helinj, dans le canton de Kobanê, tuant trois militantes.
 
Dans ce contexte, Nalin Mohammed a déclaré : « Depuis le début de la révolution dans le nord et l’est de la Syrie, l’État turc est le plus grand des pays qui occupent et violent les droits de l’homme et des femmes en particulier ».
 
Elle a ajouté : « Depuis le début jusqu’à aujourd’hui, les pays au pouvoir ont ciblé les femmes en particulier, et ont violé leurs droits. L’occupation turque vise les femmes du nord et de l’est de la Syrie parce qu’elles suivent le projet de la nation démocratique, et l’on sait que la société est libérée grâce aux femmes libres ».
 
Le ciblage des femmes est la preuve de la politique de l’occupant à l’égard des femmes
 
Nalin a déclaré que les pays au pouvoir ont peur de l’émancipation des femmes, ils pratiquent donc des violations et des attaques à leur encontre pour effacer la culture et l’identité de la femme qui a cherché et résisté à tous les niveaux : « L’État turc a pris pour cible la secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, Hevrin Khalaf, la mère Aqida et Amara, et c’est une preuve de la brutalité de l’occupation et de sa politique envers les femmes. Plus les femmes sont fortes, plus les attaques seront nombreuses ».
 
Nalin a déclaré que l’agression qui a eu lieu il y a quelques jours dans le village de Helinj, dans le canton de Kobanê, visait principalement les femmes. Ces femmes n’étaient que des militantes et ne portaient pas d’armes, mais défendaient les droits des femmes opprimées.
 
« Peu importe comment l’occupation turque tente de briser la volonté des femmes libres du nord et de l’est de la Syrie par ses attaques brutales, cela ne constitue pas un impact sur elles car elles ont prouvé leur existence par leur lutte. Les attaques et les violations contre les femmes se produisent non seulement au niveau du nord et de l’est de la Syrie, mais aussi sur toutes les femmes du monde. »
 
Nalin Mohammed a clairement indiqué qu’elles ont prouvé leur présence dans la révolution, et qu’elles ne seront pas vulnérables aux attaques brutales de l’occupation turque, mais elles se renforcent à tous les niveaux. (…) 
 
 

Suisse. Festival des femmes Sakine Cansiz

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ZURICH – Cette année, le festival des femmes Sakine Cansiz en Suisse aura lieu à Zurich le 16 août 2020.

L’assassinat de Vedat Aydin et le massacre de 10 juillet à Amed

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TURQUIE / BAKUR – Le politicien kurde et défenseur des droits humains, Vedat Aydın a été enlevé à son domicile à Diyarbakir (Amed), par des hommes armés le 5 juillet 1991. Son cadavre torturé a été retrouvé sous un pont à Elazığ / Maden le 7 juillet 1991.
 
Le 10 juillet, plus de 100 000 personnes assistaient à son enterrement à Diyarbakir. Les forces armées masquées ont ouvert le feu sur la foule pendant 20 minutes. 23 personnes ont été tuées sur place. Plusieurs d’autres ont été blessés. 29 ans après les faits, ni les assassins de Vedat Aydin, ni ceux des 23 personnes tués le 10 juillet suivant n’ont été jugés.
 
L’assassinat de Vedat Aydın était le début d’une ère de meurtres politiques et d’exécutions extrajudiciaires visant les kurdes. Entre 1991 et 1999, plusieurs milliers de Kurdes, dont le député Mehmet Sincar, ont été tués. Près de deux millions de Kurdes ont été chassés de leurs terres, environ 17 000 villages kurdes ont été brûlés par l’armée turque.
 
Retour sur les faits :
 
La campagne turque des années 90 contre la lutte des Kurdes pour l’indépendance fut une des périodes les plus violentes de l’histoire récente du pays. Et dans le cadre d’une tradition politique turque, l’État turc a commencé à utiliser sa tactique centenaire à son encontre: massacres et migration forcée de groupes ethniques.
 
Tout a commencé avec le meurtre de Vedat Aydın. C’était le début des assassinats politiques visant les Kurdes dans les années 1990.
 
Le meurtre qui a créé une onde de choque
 
Vedat Aydın était à la tête de la section Amed (Diyarbakır) du Parti travailliste du peuple (HEP). Il était une figure éminente et un politicien très respecté à cette époque. Lorsqu’il a été placé en garde à vue par la police turque le 5 juillet 1991, cela n’a surpris personne. L’oppression de l’État turc contre les politiciens kurdes était immense et les peines de prison ou même la torture étaient courantes à cette époque.
 
Mais les choses se sont compliquées. Le lendemain, des responsables turcs ont nié que Vedat Aydin soit en garde à vue. Des assassinats d’unités de la contre-guérilla turques auraient été signalés à Şırnak, Cizre et Mardin, mais personne ne pensait qu’une personne aussi connue que Vedat Aydın serait prise pour cible.
 
Le 7 juillet, un corps non identifié a été retrouvé sous un pont à Maden, un district de la province d’Elazığ, situé à environ 50 km au nord d’Amed. Il y avait des signes de torture extrême et de multiples blessures par balle sur le corps. La famille d’Aydın s’est précipitée à la morgue de Maden et a identifié le corps.
 
La police turque a été préparée pour un massacre
 
Ce meurtre a envoyé une onde de choc dans la communauté kurde, en particulier Amed, la ville natale de Vedat Aydin. Les autorités turques ont remis le corps d’Aydın à sa famille trois jours plus tard. On leur a dit que c’était à cause de processus juridiques. Mais il y avait autre chose. L’Etat turc avait ses propres préparatifs pour les funérailles. Et quand tout fut réglé, ils ouvrirent la voie à l’enterrement.
 
Plus de cent mille personnes ont assisté à l’enterrement. La cérémonie a été animée par des personnalités du monde politique kurde ainsi que des défenseurs des droits de l’homme et des intellectuels. Le cercueil d’Aydin a été amené à la mosquée Sümer, dans le centre d’Amed. Après la prière, la foule s’est rendue au cimetière de Mardinkapi pour l’inhumation.
 
La foule a été arrêtée avant l’entrée du cimetière par la police turque. La police disait qu’elle ne laisserait pas entrer une si grande foule dans le cimetière. Alors qu’il y avait des pourparlers pour supprimer la barrière de police, des coups de feu ont été entendus.
 
Les soi-disant forces spéciales masquées ont ouvert le feu sur la foule. Il y avait une immense panique. Les coups de feu ont continué pendant 3-4 minutes. Quatre personnes ont été tuées sur le coup. Plusieurs ont été blessés.
 
Après la première attaque, la police a enlevé la barrière et laissé la foule se déplacer vers le cimetière. La foule s’est rassemblée à nouveau.
 
Vedat Aydin a été enterré après un bref discours de son frère Deniz.
 
La foule ont été délibérément ciblée
 
Tout le monde a pensé que c’était fini et la foule s’est dispersée et la plupart des gens ont commencé à marcher jusqu’au centre-ville. Mais la route a de nouveau été bloquée par la police turque. Cette fois, il y avait plus de policiers, plus de forces spéciales et de véhicules blindés. La police a laissé la foule se diriger vers la ville en petits groupes. Une fois que la plupart des gens ont passé la barrière de la police, seuls quelques milliers de personnes attendaient l’autorisation de la police pour se rendre à pied au centre-ville.
 
Il y a d’abord eu trois coups. Ensuite, des centaines de policiers armés ont ouvert le feu sur les personnes restantes. Un hélicoptère et un véhicule blindé escortaient l’attaque. Les personnes qui essayaient de fuir la zone ont été capturées et battues par la police turque.
 
Les députés Ahmet Türk, Orhan Doğan, Hatip Dicle et d’autres personnalités politiques kurdes ont été torturés, ainsi que des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme.
 
L’attaque d’environ 20 minutes a fait 23 morts et plus de deux mille blessés. 19 ont été enterrés la nuit. Seules 4 familles ont obtenu l’autorisation d’organiser des funérailles.
 
23 personnes ont été assassinées et personne n’a été jugé
 
Aucun responsable ou policier turc n’a comparu devant un tribunal pour le meurtre de civils innocents. Les assassins de Vedat Aydın n’ont jamais été retrouvés.
 
L’assassinat de Vedat Aydın était le début d’une ère de meurtres politiques et d’exécutions extrajudiciaires visant les kurdes. Entre 1991 et 1999, plusieurs milliers de Kurdes, dont le député Mehmet Sincar, ont été tués. Près de deux millions de Kurdes ont été chassés de leurs terres, environ 17 000 villages kurdes ont été brûlés par l’armée turque.
 

La Turquie a transformé le fleuve Euphrate en une arme de guerre qui tue le Rojava

Les barrages construits par la Turquie sur le fleuve Euphrate privent d’eau la Syrie menaçant d’un drame imminent la région autonome kurde du Rojava qui ne peut fournir assez d’eau potable à ses millions d’habitants, ni produire assez d’électricité, tandis que l’agriculture dépendant de l’eau est vouée à la mort. 

La Turquie a réduit le débit de l’Euphrate desservant la Syrie au début du mois de mai de cette année. C’est la deuxième baisse du niveau de l’eau en deux décennies, dont la première était en 2017.
 
Les photos et vidéos de l’Euphrate desservant la Syrie montrent que le cours de la rivière a baissé drastiquement depuis la ville de Jarablus jusqu’au barrage de Tishreen.
 
L’eau que la Turquie utilise comme une arme de guerre contre les Syriens depuis des années menace la question de l’approvisionnement en eau potable des habitants du nord et de l’est de la Syrie, ainsi que la réduction des heures de production d’électricité, et la menace de la production locale à partir des terres agricoles situées sur les rives du fleuve.
 
Le pourcentage actuel d’eau qui s’écoule dans les territoires syriens est estimé entre 150 et 200 mètres cubes d’eau par seconde, contrairement à l’accord syro-turc de 1987, qui stipule que la Turquie pompe l’eau à un rythme de 500 mètres cubes par seconde, l’Irak recevant 60% de cette quantité.
 
Et l’administration du barrage de Tishreen, la plus grande centrale hydroélectrique de Syrie, a averti, au début de cette semaine, que la Turquie continuerait à enfermer les eaux de l’Euphrate à l’intérieur de ses terres, ce qui a un impact négatif sur l’économie de la société, la sécurité alimentaire publique et l’approvisionnement en eau potable du citoyen.
 
L’administration des barrages a annoncé une réduction des heures de production d’électricité à partir des stations de l’Euphrate et de Tishreen, à partir de la mi-juin, afin de ne produire des barrages pour l’énergie électrique que 10 heures, alors qu’elle était de 18 heures par jour, distribuée dans les régions du nord et de l’est de la Syrie.
 
Les Nations unies et les gouvernements syrien et irakien ont fait pression sur l’État turc, qui a clairement violé les conventions et les lois internationales en matière du droit à l’eau en réduisant drastiquement le débit des fleuves Euphrate et du Tigre desservant la Syrie et l’Irak.
 

FRANCE. Manifestations kurdes ce samedi 4 juillet

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PARIS – De nombreuses manifestations de soutien aux Kurdes massacrés par la Turquie sont prévues en France ce samedi 4 juillet.
 
Une vague d’indignation s’est abattue sur les peuples du monde entier devant les bombardements de la Turquie contre le Kurdistan du Sud et le Rojava depuis mi juin.
Partout dans le monde, les gens descendent dans la rue pour que cesse ce massacre. En France également, il y des manifestations pour les Kurdes du Rojava et du Bashur depuis plusieurs semaines maintenant.
 
Voici la liste (non exhaustive) des villes françaises où il y a des rassemblements en soutien aux Kurdes ce samedi 4 juillet :
 
Paris: 17h, place de la République
Bordeaux: 18h30, Hôtel de Ville
Rennes : 15h, Place du Colombier
Marseille: 14h, Canebiere
Strasbourg: 14h, place de la Gare
 
 
 
 
 
 

TURQUIE. 90 ans après le massacre de Zilan, les Kurdes toujours menacés d’extermination

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TURQUIE / BAKÛR – Il y a 90 ans, des milliers de Kurdes étaient massacrés et 44 villages incendiés dans la vallée de Zilan pendant la rébellion d’Ararat.
 
Le 3 juillet 1930, sur ordre du Premier ministre turc, İsmet İnönü, et son gouvernement, 44 villages kurdes ont été brûlés et des milliers de civils massacrés (d’autres chassés de leurs terres) dans la vallée de Zilan, dans le district Erciş de Van. 90 ans après ce massacre, les Kurdes font toujours face à une politique d’extermination des Kurdes menée par la Turquie depuis les années 1920, comme on a pu le voir à Maras, Roboski, Cizre, Silopi, Afrin… 
 
Selon les journaux officiels turcs, plus de 15 000 personnes ont perdu la vie dans le massacre, qui est connu sous le nom de «Gelîye Zilan». Alors que certains des rares témoins de la période étaient cachés, certains ont lutté pour survivre là où ils avaient été exilés de force. Aujourd’hui, l’Etat turc détruit les traces du massacre de Zilan en construisant un barrage sur le site Nihala hestîya (Vallée des os) abritant les ossements des victimes du massacre de Zilan.
 
Le massacre de Zilan a eu lieu dans la vallée du Zilan ou Zeylan situé au nord de la ville d’Erciş, dans la province de Van. Le massacre a eu lieu en juillet 1930, avant la troisième opération Ararat du 7 au 14 septembre 1930, qui était une opération militaire contre les rebelles kurdes du mont Ararat.
 
« Le 13 juillet 1930 le quotidien Cumhuriyet prenait la relève d’İsmet İnönü, Premier ministre de la République de Turquie, et Sukrü Kaya, son ministre de l’intérieur qui avait été l’un des hommes-clefs du génocide arménien de 1915, pour annoncer le « bombardement extrêmement massif du mont Ararat » avant d’ajouter : « les aigles d’acier du Turc règlent leur compte aux insurgés. Le ruisseau de Zilan est entièrement rempli de cadavres ». D’autres journaux, comme le Milliyet, confirmait ces informations avant de relater les propos d’Ismet Inönü : « seule la nation turque a le droit de revendiquer les droits ethniques et raciaux dans ce pays ». Selon diverses estimations, 44 villages furent ainsi entièrement rayés de la carte et 15.000 personnes, dont la plupart de simples villageois, trouvèrent la mort lors de cette « opération de nettoyage » qui parvint ainsi à briser la résistance kurde dont cette région fut le théâtre depuis plusieurs années. » (Institut Kurde de Paris)
 
Dans cette interview de 2019 réalisé par Barış Balseçer​, historien et universitaire kurde, Sedat Ulugana décrivait le massacre de Zilan :
Quelle était la situation politique des Kurdes avant le massacre de Zilan ? Pouvez-vous décrire le processus dans son ensemble ?
« Le massacre de Zilan, avec la proclamation de la République de 1923 à 1930, fait partie du processus d’instauration du régime kémaliste au Kurdistan. La première réaction eu régime kémaliste a été montrée à Koçgiri en 1921 et les Kémalistes ont perpétré le premier massacre des Kurdes au Kurdistan au moyen d’un outil hérité des Ottomans : La punition et le transfert de la population (« tedip ve tenkil »). Le processus après Koçgiri était la rébellion du Cheikh Sait en 1925, dont le vrai nom était le Mouvement Azadî (Liberté). Ce processus a entraîné un massacre accompagné des centaines de villages kurdes incendiés, notamment à Palu, Lice et Genç, à Diyarbakır. En fait, c’est la rébellion du Cheikh Sait qui a déclenché la rébellion d’Agri. Zilan est une région montagneuse, où il existe des tribus kurdes patriotes. Ces tribus ne se sont pas intégrées à l’État et ont des problèmes structurels avec l’État. Ces tribus apportent des fournitures aux insurgés d’Agri. Ils fournissent les combattants. En fait, la région du Zilan devient une base pour la poursuite de la rébellion. L’Etat en est conscient. Il y a un rapport des années 1920. Il dit : « Il y a maintenant trois lieux de banditisme au Kurdistan. Le premier est celui du Dersim, le deuxième est Sason et le troisième est celui du Zilan et de l’Ağrı. » Le gouvernement a fiché ces trois lieux. Donc en 1925 ; À 5 ans du massacre de Zilan, à 9 ans du massacre de Sason et 13 ans avant le massacre de Dersim, le rapport indique ces régions. Ce sont des zones que le régime kémaliste ne peut pénétrer. On dit que ces régions insistent sérieusement sur la kurdicité et qu’on doit « s’occuper » de ces régions.
Pour ce faire, l’État se concentre sur Zilan, en particulier pendant le processus de résistance d’Agri. Mais au début, il ne le prend pas trop au sérieux. Ils envoient un petit nombre de soldats à Zilan et pensent pouvoir briser la résistance et envoyer le 15e régiment de gendarmerie mobile. (…) Une fois dans la région de Zilan, le régiment de gendarmerie mobile fait face à une résistance inattendue.
Quel est le rôle de la société Xoybûn dans la résistance kurde ? Quelle est la relation entre la résistance d’Agri et Cheikh Sait avant le massacre de Zilan et le Mouvement Xoybûn ?
Le Mouvement Xoybûn a été fondé en 1927 dans le Rojava actuel. Deux familles en particulier, les Cemilpaşazade et les Bedirxan, sont les plus impliquées. Au Rojava, les deux familles ont été rejointes par Haco Aga. Les intellectuels kurdes, les chefs de tribus kurdes et les cheikhs, échappés à la violence du régime kémaliste, se retrouvent au Rojava après 1920 et forment une organisation appelée Xoybûn.
Au début, İhsan Nuri n’est pas inclus dans Xoybûn. Il prend contacte par la suit avec Xoybûn il y est intégré en tant que «général du mont Ararat», puis passe à Ağrı pour le compte de Xoybûn et entame le processus connu. Xoybûn est le Mouvement organisateur de la résistance d’Ağrı. Après la résistance d’Ağrı, il organisa la résistance e Sason de 1934. Afin d’organiser la Résistance de Dersim de 1938, ils envoient un groupe comprenant Muşlu Hilmi. Le groupe est exécuté en route, avant d’atteindre Dersim.
Bien qu’il y ait eu beaucoup de résistance après la proclamation de la République, ils ne réussissent pas. Quels sont les principaux facteurs à l’origine de l’échec de ces résistances ?
Au Kurdistan du Nord, toute la résistance de 1923 à 1938 est liée. C’est donc une tradition, des perles d’un chapelet. La rébellion de Kochgiri de 1921 reste un peu à part, mais elle a inspiré intellectuellement le mouvement de Sheikh Said.
Seyitxan, Seyitxane Kerr, Alican et Ferzande, membres du Mouvement Sheikh Said de 1925, c’est-à-dire la résistance d’Azadi, ont également combattu sur le mont Ararat. Ce sont les cadres qui organisent la Résistance de Zilan. (…). En fait, les initiateurs de la résistance d’Agri sont les guerriers kurdes qui ont survécu à la rébellion du Cheikh Said. Il y a une telle connexion. Le feu de la résistance allumé au triangle Genç, Lice, Palu a été éteint, mais cette fois, le même feu a été allumé sur le mont Ararat, à Zilan.
L’une des raisons pour lesquelles la résistance du Kurdistan a entraîné la défaite est le problème du leadership. A cette époque, il y avait le problème du leadership, ils n’avaient pas de leadership national. Le processus Tanzimat (« réorganisation » en turc ottoman) est appelé renouveau et modernisation de l’État, mais la raison principale en est la liquidation de la structure politique kurde et le transfert de la capitale kurde à Istanbul. A cette époque, tous les Mirs (chefs notables kurdes) kurdes ont été massacrés, exilés et jetés dans des prisons. Au Kurdistan, après la liquidation des mirs kurdes, un vide d’autorité est créé.
Les Cheikhs remplissent le vide de l’autorité. Ces Cheikhs disent appartenir à la « secte Khalidi ». La secte Khalidi a été fondée par Mevlânâ Khalid-î Shay Shahizizor de la ville de Suleymaniyah, dans le Kurdistan du Sud.
A l’instar des Mir, plutôt que d’être constructifs, rassembleurs, les Khalidis ont une mission destructrice et disloquante au Kurdistan. Mevlânâ Khalid a été formé en Inde. Pendant ses études en Inde, ses professeurs menaient une forte opposition au colonialisme britannique.
Avec le temps, l’opposition aux Britanniques s’est transformée en opposition et en haine des Chrétiens. Lorsque Mawlana Khalid est revenu au Kurdistan, il a en quelque sorte importé au peuple kurde l’opposions aux Chrétiens et la haine antichrétienne. Jusqu’à cette époques, les Kurdes au Kurdistan n’avaient aucun problème avec les Chrétiens ; Il y a des Arméniens, des Chaldéens, des Assyriens, des Nestoriens et des Kurdes qui s’appellent eux-mêmes des Kurdes Messiahs, sur lesquels nous ne nous attardons pas beaucoup.
À son retour, Mevlana Khalid forme beaucoup d’étudiants. Le titre du cheikh passait de père en fils à l’époque. L’Ordre du khalidisme emmène l’enfant du villageois kurde le plus pauvre à devenir « Sheikh » et lui dit « Toi aussi, tu peux emmener un élève, l’élever et en faire un cheikh » et l’envoyait dans les endroits les plus reculés du Kurdistan. Par la suite, en s’alliant aux Tibus, ils se sont rendus dans les endroits les plus reculés du Kurdistan.
J’ai trouvé un ancien livre à Ercis. C’est écrit par Mela Musa, un imam Khalidi. La date qu’il a écrite à la fin du livre était 1892 et le lieu est Zozane Elegez (Haut plateau d’Elegez). Sur le plateau, il écrit un livre. Il rend croyantes, sunnites les tribus kurdes qui n’étaient pas très religieuses jusqu’à là. S’il y a un sentiment de nationalisme, ils l’enlèvent. Ils imposent l’oumma (la communauté des Musulmans qui rejette l’origine ethnique du croyant). Si vous êtes un Kurde qui impose l’Oumma, vous vous éloignez de toute façon de la conscience nationale et de l’unité nationale. Les Sheikhs ont cet aspect sur lequel nous n’avons pas encore prêté attention.
Un autre facteur est le niveau d’éducation des Kurdes à cette époque. Ceci est lié à la désintégration du Kurdistan.
Combien de personnes ont été massacrées lors du massacre de Zilan ? Qu’est-ce qui se passait à Zilan ?
Selon les services de renseignements étrangers, environ 10 000 personnes auraient été tuées lors du massacre de Zilan. Les Français parlent de 5 000, tandis que les Britanniques disent que plus de personnes ont été tuées. Bien entendu, ces États ne disposaient pas d’un réseau de renseignement très formel au Kurdistan du Nord. Ils donnent plutôt de chiffres prédictifs. Mais il y a les chiffres donnés par la partie turque. Par exemple, le journal semi-officiel de l’époque, le Cumhuriyet Gazetsi, parle de plus de 15 000. De même, les journaux Vakit et Aksam de la même période écrivent également ce chiffre. Le journal Cumhuriyet écrit même ceci : « Notre journaliste Sabri Bey, qui est à Ercis, transmet l’information depuis la région. « La vallée de Zilan est remplie de cadavres», dit-il. Le chef de l’état-major général le dit également. Un peloton a tué plus de mille personnes en une journée. 95% des tués sont des civils. Parce que l’état-major général de l’époque parle d’environ 5 000 résistants dans la région de Zilan. Cette information est exagérée. Il n’y a pas autant de résistants. Le nombre de résistants est de mille environs.
C’est un génocide qui a été perpétré à Zilan. Il faut distinguer le massacre d’un génocide. C’est un «massacre» si vous tirez sur des gens et les tuez (…). Mais si, pour une raison politique, vous tuez plus d’une personne en faisant de la discrimination, en regardant sa religion, sa langue, son ethnie, c’est un génocide. (…) Ce qui a été fait à Zilan est un génocide. La deuxième différence entre le massacre et le génocide est que ce dernier est systémique.
Après le massacre, des dizaines de villages ont été incendiés à Zilan. Tous les habitants de ces villages ont été tués. Le nombre de personnes tuées dans ces villages est supérieur à 15 000.
La deuxième raison d’être un génocide est qu’après l’incendie des villages, les champs de blé ont été incendiés, les puits ont été remplis de terre et tout le matériel a été brûlé. En d’autres termes, l’espace vital a été détruit.
De plus, il est essentiel de ne pas laisser de témoins lors de génocide. Nous pouvons le voir [ne pas laisser de témoins] lors des génocides de Rwanda, arménien et bosniaque. La même chose est faite à Zilan. Les gens ont été massacrés à Zilan en 1930 et cela a continué jusqu’en 1938. Si l’État découvrait qu’il y avait des survivants du massacre, ils les trouvaient et les amenaient et les fusillaient. Il existe également un exemple concret de cela. Après le massacre, 15 personnes se sont réfugiées dans le village de Pertax à Erciş, qui a été renommé et transformé en village de Dinlence. Ils ont été repérés par l’Etat. On les a pris du village, emmenés dans la vallée d’à côté, les fusillés et enterrés sur place. A ce titre, il y a des dizaines d’exemples de ce genre qui avaient pour but de ne pas laisser de témoins.
J’ai parlé à une témoin nommée Hafize, qui était encore une enfant à cette époque. Elle vivait dans le village de Soskin à Ercis. Je ne sais pas si elle est en vie ou pas. Elle avait dit « Moi, ma sœur, mon petit frère et ma mère ont survécu au massacre. Mon petit frère venait d’être sevré. Nous avons eu une vache. Nous nourrissions mon frère avec le lait de cette vache. Nous avons pris notre vache et sommes partis. Nous avons commencé à vivre dans une petite tente près de la ville. Dès que les soldats ont découvert que nous avions survécu au massacre de Zilan, ils sont venus. D’abord, ils ont coupé les pies de notre vache, notre seul moyen de subsistance. » Celle qui me disait cela était une témoin (d’environ 90 ans) d’un massacre. Ils avaient fait cela pour faire mourir de faim le petit garçon. Mère Hafize n’avait pas voulu m’ne parler, mais j’ai appris de sa famille que les soldats avaient emmené sa sœur. Ils l’avaient violée et tuée.
Voici une autre raison d’être un génocide. La nécrophilie (violer un cadavre) est essentielle dans la psychologie du génocide. Ce sont des nécrophiles. Nous pouvons le voir dans l’Allemagne nazie. Il y avait un imam nommé Mela Ahmet. Je l’ai interviewé. Alors qu’il travaillait comme imam à Adilcevaz, il avait rencontré un certain Hacı Ömer. Hacı Ömer lui a dit « (…) Je livrais des fournitures aux soldats lors du massacre de Zilan. Des milliers de personnes ont été tuées à l’extérieur de la ville dans un endroit appelé Aşe Monk. Les tours étaient faites de corps inanimés. C’était l’heure du déjeuner. Je l’ai vu de mes propres yeux. Les soldats retrouvaient et violaient de jeunes corps de femmes parmi les corps inanimés.”
Ces informations sont dans mes archives et j’ai fait confirmer ces informations auprès de plusieurs personnes. Ce que j’ai trouvé le plus dans mes recherches, c’est que d’innombrables femmes ont été violées.
Zilan est un génocide car un programme politique a été mis en place. Près d’un millier de familles ont été déportées à l’Ouest [régions turques à l’ouest du pays]. Beaucoup de ces familles sont maintenant assimilées. Elles ont été exilées dans des villes comme Aydın, Sinop et Samsun. Deux familles déportées ne pouvaient vivre dans la même ville et le même quartier. En d’autres termes, un programme d’assimilation a été mis en place. Près d’un millier de familles sont jetées dans les cachots d’Adana et de Zonguldak et abandonnées à la mort.
A cette époque, il y a un mandat d’Atatürk. Ce mandat rédigé après 1933 ordonne exactement ce qui suit : « Sa Sainteté ordonne dorénavant la capture des bandits vivants. » En d’autres mots, il dit, « Ne les tuez pas, capturez-les vivants ». Ils ont attrapé et enchaîné les villageois qui se sont réfugiés dans les montagnes et les ont envoyés dans ces cachots.
75% des personnes emmenées à Adana et à Zonguldak sont tuées. Par exemple, sur un millier de personnes envoyées dans la cachot d’Adana, seules 300 personnes peuvent revenir. 30 à 40 d’entre elles sont exécutées. La plupart de ces personnes sont condamnées à des peines de prison; Ils meurent de maladies infectieuses telles que le choléra, la typhoïde. Certains sont tués avec une piqûre toxique. J’ai obtenu le bloc-notes d’un témoin qui a traversé cette période. Il les a personnellement enregistrés. Dans le cahier, il est écrit : « Celui qui recevait la piqûre, ne pouvait pas voir le matin ».
La plupart des personnes envoyées à Zonguldak travaillent dans des mines de charbon. La plupart d’entre eux meurent à cause de mauvaises conditions de vie. La plupart des rapatriés meurent d’un cancer du poumon dû au charbon inhalé.
Une zone de Zilan a été complètement détruite. La région de Zilan a été déclarée « zone interdite » de 1930 à 1950. Tous les villages ont été évacués. Dans la région déclarée zone militaire, les chiens mangeaient les corps de leurs maîtres décédés. Quelqu’un m’a dit : « Les chiens avaient mangé tellement de gens qu’ils avaient une taille énorme. Leur psychologie avait changé. Ils attaquaient les gens en meute. »
Nous avons vu la même chose avec Taybet Ana*. Ses enfants ont dit : « Nous avons veillé pendant des jours pour que les chiens ne viennent pas manger le corps inanimé de notre mère. » Sur le front des Kurdes, il n’y a rien de changé des années 1930 aux années 2019. »
*Taybet Inan, une femme kurde de 57 ans, a été abattue à Silopi le 19 décembre 2015 par les forces armées turques qui ont empêché pendant sept jours ses proches de prendre son corps resté dans la rue.

Intensification des violations des droits des Kurdes en Turquie

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TURQUIE / BAKUR – Alors que l’opinion publique internationale a les yeux rivés sur l’invasion militaire de la Turquie au Rojava et au Kurdistan du Sud, la Turquie a intensifié la violation des droits des Kurdes à l’intérieur du pays.
 
La principale victime de ces attaque, le parti démocratique des peuple (HDP) vient de publier un communiqué concernant les récents attaques visant la société civile kurde, les associations et partis politiques kurdes :
 
Dans un climat politique où toute critique du gouvernement est assimilée au terrorisme, les détentions et arrestations incessantes sont devenues des moyens routiniers d’intimider la société démocratique et la politique en Turquie. En tant que fief du HDP et centre politique de la région kurde en Turquie, Diyarbakir est la ville la plus ciblée par la répression gouvernementale.
 
Le mois dernier, le 22 mai, la police a violemment perquisitionné plusieurs domiciles et arrêté 18 personnes à Diyarbakir – 13 femmes et 5 hommes. Cette opération visait principalement les femmes politiques kurdes et les activistes de l’Association des femmes Rosa (RKD), du Mouvement des Femmes libres (TJA), du Parti démocratique des Régions (DBP) et du HDP. La police a également fait une descente au siège de la RKD et saisi les documents de l’association en l’absence de ses avocats. La RKD a été créée après que toutes les organisations de femmes de Diyarbakir aient été interdites et fermées sous le régime d’état d’urgence en 2016. C’était la seule organisation de femmes de la ville engagée dans le soutien aux femmes et la lutte contre les violences envers les femmes.
 
Plus récemment, le 26 juin, la police a arrêté au moins 42 personnes dans 7 villes lors d’une opération centrée sur Diyarbakir. 23 des détenus ont été inculpés et envoyés en prison le 29 juin. Parmi les détenus se trouvaient des administrateurs du DTK, du HDP, du DBP, de la RKD, et des membres de syndicats et d’ONG. Voici une liste de quelques détenus qui montre l’ampleur de l’opération :
 
Mme Jiyan Taş, membre du conseil présidentiel de la DTK
 
M. Hüseyin Kaya, membre du Conseil présidentiel de la DTK
 
Mme Rojda Barış, administratrice de l’Association des femmes de Rosa
 
Mme Naşide Toprak, Co-maire suspendue de Silvan (qui était déjà assignée à résidence),
 
Mme Sevil Rojbin Çetin, ancienne maire d’Edremit, membre du conseil des gouvernements locaux du HDP
 
Mme Leyla Bağatır, membre de l’assemblée du parti DBP
 
Mme Ayten Tekeş, administratrice de la Confédération des syndicats des employés du secteur public (KESK)
 
Mme Arin Zümrüt, membre du conseil d’administration de la Chambre des ingénieurs mécaniciens de Diyarbakır
 
Mme Makbule Özbek, membre de Mères pour la paix (72 ans, a de graves problèmes de santé)
 
Mme Selva Akkoyun, ancienne co-présidente du HDP dans le district de Kulp à Diyarbakir.
 
M. Suphi İzol, président du syndicat des employés de bureau (BES), branche de Diyarbakir M. Fesih Balbey, Conseiller municipal du district de Hazro (HDP)
 
M. Cahit Ay, Coprésident du HDP dans le district de Kocaköy, à Diyarbakir
 
La majorité des détenus étaient, là encore, des femmes. Et la police a été extrêmement violente. Nous aimerions ici attirer votre attention sur certains faits tirés du témoignage de l’ancienne maire HDP, Mme Sevil Rojbin Çetin, concernant les tortures et l’arrestation brutale dont elle a été victime. Avant d’être emmenée au poste de police, Mme Çetin a été torturée pendant trois heures et demie par une unité spéciale de la police dans son appartement où elle vit seule. La police a lâché deux chiens dans son appartement avant d’y entrer. Les chiens lui ont mordu les deux jambes, lui coupant presque la chair. Les policiers ont plaqué Mme Çetin au sol et l’ont battue à coups de crosse et de pied. Ils l’ont insultée avec un langage sexiste. Ils ont marché sur ses pieds et ses bras, l’ont cognée sur le visage, et l’ont rouée de coups. Ils lui ont fait des bleus sur tout le corps en la battant. Elle a une empreinte de pied sur le dos. Ils ont déchiré ses vêtements et l’ont photographiée à moitié nue, les yeux fermés. Les marques de torture sur son corps sont documentées dans un rapport médical.
 
C’est la deuxième fois en un mois que la police utilise des chiens pour torturer et détenir des personnes à Diyarbakir. Le 31 mai, la police a fait une descente avec des chiens dans la maison d’un couple avec trois enfants. Le couple a obtenu un rapport médical sur les morsures de chien et déposé une plainte pénale, mais en vain.
 
La criminalisation du DTK au cours des dernières années a finalement abouti à sa fermeture arbitraire dans le cadre de cette opération policière. Après la descente, la police a fermé le bâtiment du DTK, saisi ses biens et scellé ses portes, sans décision de justice. Fondé en 2007, le DTK a est une organisation faîtière dotée d’une assemblée générale pluraliste. C’est la plateforme démocratique la plus importante et la plus diversifiée de la région kurde. Parmi les délégués de son assemblée générale figurent des représentants de partis politiques tels que le HDP et le DBP, le mouvement des femmes, de nombreux syndicats, des organisations de la société civile, des conseils locaux, etc. Au cours des treize dernières années, il a mené des activités dans divers domaines allant de la santé publique, de l’éducation, de l’agriculture et de la démocratie locale aux droits des femmes, à la paix sociale et à la consolidation de la paix.
 
Le gouvernement a commencé à criminaliser le DTK et ses activités après la fin du processus de paix avec le mouvement kurde. La criminalisation a été alimentée pendant l’état d’urgence. De nombreux administrateurs du DTK ont déjà été arrêtés. Plus récemment, le 4 juin, sa coprésidente, Mme Leyla Güven, et un membre de son Conseil présidentiel, M. Musa Farisoğulları, tous deux députés du HDP, ont été déchus de leur mandat parlementaire et arrêtés (Mme Güven a été libérée plus tard). Malgré la criminalisation actuelle, le gouvernement AKP et les politiciens AKP ont communiqué avec le DTK en tant qu’interlocuteur légitime sur diverses questions politiques dans le passé. Par exemple, lorsque des pourparlers de paix secrets étaient en cours en 2012, M. Cemil Çiçek, alors président du Parlement turc, a officiellement invité le DTK à exprimer ses idées et suggestions pour une nouvelle constitution.
 
Nous considérons ces détentions et arrestations continues, l’augmentation de la violence d’État ou la fermeture d’un congrès dont les activités ont toujours été transparentes comme des signes du désespoir du gouvernement. Peinant de plus en plus à obtenir l’adhésion de ses citoyens et à reproduire sa légitimité démocratique, en particulier dans les provinces kurdes, le gouvernement a fait usage de la force brute pour maintenir son pouvoir. Comme nous l’avons déjà dit, nous nous attendons à ce que le gouvernement soit plus répressif envers l’opposition démocratique, le HDP et les Kurdes en particulier, en raison de l’aggravation des instabilités politiques et socio-économiques dans le contexte de pandémie. Alors que nous nous rapprochons de l’inévitable et ultime bataille politique avec le président Erdoğan et ses alliés, le HDP reste toujours plus engagé dans sa lutte politique acharnée pour un avenir libre, démocratique et pacifique.
 
Feleknas Uca et Hişyar Özsoy, Co-porte-paroles du HDP pour les affaires étrangères

AFRIN. Une jeune fille violée par des gangs de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Les mercenaires islamistes de la Turquie continuent à commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans le canton kurde d’Afrin où les femmes sont victimes de viols, de kidnappings et de féminicides.
 
Une jeune fille a été enlevée et violée par 4 membres de la faction Sultan Murad, alliée à la Turquie, dans la campagne d’Afrin.
 
Un rapport sur les circonstances dans lesquelles une fille d’Afrin a été violée a été publié mardi sur le site de l’Observatoire syrien des droits de l’Hommes (OSDH / SOHR), puis il a été retiré par crainte de la sécurité de la fille après de nombreuses menaces de factions soutenues par la Turquie de tuer toute la famille si elles parlaient à propos du viol. Après avoir communiqué avec les proches de la jeune fille, l’OSDH à de nouveau publié le rapport.
 
Lorsque le rapport a été retiré du site de l’OSDH, plusieurs plateformes de partage social et médias ont commencé à fabriquer des mensonges dans une tentative infructueuse de diffamer la fiabilité des sources de l’OSDH. Il convient de noter que ces plateformes défendent fermement les violations commises par les factions soutenues par la Turquie contre le peuple syrien, en particulier les résidents d’Afrin, et mènent une guerre contre toux ceux qui tentent de dévoiler ces atrocités. Cependant, l’OSDH continuera de révéler des violations par toutes les puissances sur le territoire syrien contre le peuple syrien.
 
Comme le rapport du SOHR l’a mentionné: «Les zones occupées par les factions soutenues par la Turquie subissent des cas de viol répétés, dans lesquels les membres des factions soutenues par la Turquie sont généralement les auteurs, tandis que les autorités turques et le pouvoir judiciaire continuent d’ignorer de tels faits.
 
Des sources de l’OSDH déclarent que des membres de la faction Sultan Murad sont allés avec le mukhtar du village de Kutinli, dans la zone rurale d’Afrin, et ont parlé au père d’une fille du village pour la demander en mariage. Lorsque le père a rejeté leur proposition, les membres du Sultan Murad ont menacé le père de la jeune fille, l’ont battu. Ils ont emmenée de force la jeune fille et l’ont forcée à épouser l’un d’eux. Quelques jours plus tard, la jeune fille est retournée chez son père après avoir été violée par quatre membres.
 

Les crimes de la Turquie mettent en danger la sécurité et la paix internationales

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SYRIE / ROJAVA – Le juriste Mohamed Amin Al-Nuaimi a expliqué que les crimes de l’État d’occupation turc sont punis par le droit international. Il a souligné la nécessité pour la communauté internationale de lancer un appel contre les auteurs de crimes devant la Cour pénale internationale, car il met en danger la paix et la sécurité internationales.

L’État d’occupation turc a intensifié son agression contre les régions du Rojava à partir de janvier 2018. Depuis l’invasion du canton kurde d’Afrin en mars 2018, il a commis de nombreux meurtres, déplacements des Kurdes, tortures, enlèvements et viols contre les habitants de la région. La fréquence des crimes a augmenté dans le nord-est de la Syrie en particulier, et dans certaines parties du Kurdistan et dans d’autres régions du monde.

Les crimes commis par l’État d’occupation turc au cours des dernières années suffisent à le faire figurer sur les listes des plus grands États criminels contre les civils et méritent de traîner la Turquie devant la Cour pénale internationale. Et pourtant, rien n’a été fait par la communauté internationale en ce sens, laissant la Turquie libre de commettre les pires des barbaries visant les Kurdes… 
 
Le juriste des droits de l’Homme Mohamed Amin Al-Nuaimi explique : « Tous les pactes, chartes et normes internationaux classent les crimes de l’État d’occupation turc parmi les crimes punissables par le droit international, les crimes contre l’humanité, le génocide, les crimes contre les biens culturels et la destruction de biens et d’objets historiques qui appartiennent à l’humanité ».
 
Aucun crime n’a été commis, si ce n’est que l’État d’occupation turc a commis dans les régions du nord-est de la Syrie la destruction de biens privés et publics, d’infrastructures de la société civile, de récoltes, de pierres et d’arbres, des meurtres, des enlèvements, des viols et des vols d’organes humains. Tout ce qui est contenu dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, culturels, économiques et sociaux de 1966, le Statut de Rome ou les accords internationaux, y compris la Convention pour la prévention de l’utilisation des armes internationalement interdites.
 
Les derniers crimes de l’occupation turque contre le nord-est de la Syrie, visant une maison dans le village de Helenj, Kobani, en juin, tuant trois femmes civiles ; Zahra Barkal et Habun Mulla Khalil, membres de la coordination de l’étoile Kongra et Amina Muhammad Wessi, et le bombardement continu des régions du nord-est de la Syrie et l’incendie des récoltes des agriculteurs.
 
L’occupation d’Afrin est un crime distinct en soi
 
Le juriste Al-Nuaimi a expliqué que l’État d’occupation turc commet des crimes de masse contre les peuples de la région, depuis son agression sur Afrin le 20 janvier 2018, qui s’est ensuite transformée en occupation le 18 mars 2018, et a déclaré : « L’occupation est un crime distinct en soi. »
 
Il a noté que l’ingérence dans les affaires intérieures des pays voisins est un crime punissable par le droit international, comme c’est le cas en Syrie et en Irak, en particulier au Kurdistan (Başûr).
 
Al-Nuaimi a déclaré que le mur de séparation de discrimination mis en place pour séparer les zones occupées des régions du nord-est de la Syrie est un crime en soi, parce qu’il a été réalisé sur décision de l’État turc et non pas sur la base d’une charte ou d’une résolution internationale  : « La Turquie ouvre le mur chaque fois qu’elle veut lancer ses attaques, comme si les territoires syriens étaient une ferme pour l’État turc. Cette chose est rejetée en vertu des lois internationales.
 
Al-Nuaimi a expliqué que les sanctions résultant des crimes de l’occupation turque consistent à renvoyer le chef de l’État turc, le chef des services de renseignement, le ministre de la défense, le chef de cabinet, le ministre des affaires étrangères et de l’intérieur, et toute personne ayant un lien avec ces crimes devant la Cour pénale internationale en saisissant une affaire internationale et une demande du procureur général de l’ONU est devant la Cour pénale. Ils sont condamnés à une indemnisation, à une peine d’emprisonnement et à la révocation de leur poste au profit des personnes incriminées, tant sur le plan formel qu’individuel.
 
Al-Nuimi a noté le fait que l’État turc n’ait pas encore engagé d’action publique contre lui ne signifie pas qu’il est à l’abri de poursuites judiciaires : « La justice internationale les tiendra responsables tôt ou tard ».
 
Il a souligné que la communauté internationale devrait prendre l’initiative de faire avancer le procès international général contre les auteurs de crimes et de les présenter à la Cour pénale internationale.
 
Il a souligné que « les choses ne sont pas défectueuses selon les lois internationales, de sorte que ceux de l’État turc se déplacent dans les régions du nord-est de la Syrie, en passant par la Libye, Boko Haram, le Mali, le Nigeria, le Yémen, l’Érythrée, l’Afghanistan et le Pakistan ».
 
 
La Turquie défie la Charte des Nations unies et l’Organisation mondiale des droits de l’Homme
 
Al-Nuaimi a confirmé que la punition est associée au crime :  « Lorsque l’infraction est une description légale conformément à l’article 9 et aux termes de l’article 15 de la loi de Rome, ces crimes sont une classification légale des crimes internationaux, et ils devraient être poursuivis, car ils affectent la communauté internationale ».
 
Si l’on considère que les crimes de la Turquie contre les populations du nord-est de la Syrie, du Kurdistan et des pays arabes sont des crimes qui affectent la société, affirme Al-Nuaimi : « Ces crimes internationaux doivent être poursuivis, car ils affectent la communauté internationale et sont en violation de la Charte des Nations Unies. D’une part, il [défie] les principes de la paix et de la sécurité internationales, qui sont le fondement de la Charte des Nations unies de 1945 est en danger. Ces deux principes font de la Charte des Nations Unies comme la non-exécution, en plus de commettre ces crimes comme un défi à la Charte des Nations Unies, l’Organisation mondiale des droits de l’Homme et la communauté internationale dans son ensemble. « 
Al-Nuaimi a également expliqué qu’il y avait un échec significatif et impardonnable de la part de la communauté internationale, ce qui est considéré comme une violation de l’ordre mondial. « C’est la Charte des Nations unies qui a été élaborée sur la base du maintien de la paix et de la sécurité internationales. »
 
Muhammed Al-Nuaimi a souligné que les personnes touchées par les violations de l’occupation turque peuvent informer le procureur international, et à leur tour, faire avancer l’affaire en s’appuyant sur les comités et organisations d’enquête et d’investigation, que le préjudice soit moral ou direct.
 

ROJAVA. La presse féminine lutte pour être la voix des femmes

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SYRIE / ROJAVA – Les femmes journalistes de la Syrie du Nord et de l’Est déclarent que les médias kurdes, en particulier les médias féminins, sont très prolifiques. Au cours de leur troisième conférence, les femmes journalistes ont créé l’Union de la presse féminine (Yekîtiya Ragihandina Jinan – YRJ).

Les femmes journalistes de la Syrie du Nord et de l’Est ont tenu leur troisième conférence sous le slogan « Les femmes des médias sont la voix de la nation démocratique », dans le district de Qamishlo, avec 86 délégués du nord-est de la Syrie. Au cours de la conférence, l’Union de la presse féminine (Yekîtiya Ragihandina Jinan – YRJ) a été créé.
 
En marge de la troisième conférence, ANHA a interviewé les participantes à la conférence sur l’importance de sa tenue et les développements qu’elle apportera au niveau des médias féminins dans la Syrie du Nord et de l’Est.
 
La journaliste Khazinah Nabi a salué le congrès en déclarant : « Les médias féminins ont pris des mesures sérieuses dès la deuxième conférence. Nous espérons que les femmes des médias surmonteront également les obstacles et les problèmes qui entravent la promotion des médias féminins et permettront aux journalistes de se développer dans ce domaine ».
 
La participation des femmes journalistes arabes à la conférence est une victoire pour les médias féminins
 
Elle a ajouté : « Les médias kurdes en général et les médias féminins en particulier, semblables à un arbre fruitier, ont continué à suivre le chemin des principales femmes activistes et travailleuses des médias qui ont commencé dès le début des médias kurdes et ont été victimes de harcèlement. Nous devons donc atteindre leurs objectifs et leurs aspirations au cours de cette conférence ».
 
Nabi a indiqué que l’inclusion des femmes journalistes de la composante arabe, dont les régions ont été récemment libérées d’ISIS/DAECH, est une victoire pour les médias féminins.
 
Concernant les discussions pendant la conférence, Nabi a déclaré : « Les discussions ont tourné autour de l’expansion et de l’organisation des médias féminins et de l’annonce de la création d’un syndicat des femmes, qui sera un cadre spécial pour toutes les femmes journalistes du nord-est de la Syrie. Elles devraient travailler en fonction des événements et des développements dans l’arène avec leur pensée renouvelée et libérale ».
 
Les médias féminins se sont développés grâce à la vie participative
 
A son tour, Shinda Akram, correspondante de Çira TV a salué les journalistes tués  pour communiquer la voix de la vérité, la troisième conférence sur tous les participants. Elle a précisé que la tenue de la conférence dans cette phase sensible et à la lumière des nombreuses zones attaquées par les occupants et les pays régionaux et internationaux, une victoire pour tous.
 
Sur les médias féminins, Akram a indiqué qu’en avril 2013, la femme a tenu sa première conférence pour annoncer que le RAJN deviendrait un parapluie pour les femmes. Au début de 2016, des conseils spéciaux pour les femmes ont été créés pour poursuivre leur travail dans ce domaine.
 
Elle a noté : « Lors de la deuxième conférence, les médias féminins se sont développés grâce à leur indépendance, Radio Star et Jin TV ont été fondées et ont pu communiquer la voix des femmes au monde dans tous les aspects culturels, diplomatiques, militaires et sociaux ».
 
Et elle a poursuivi : « Bien que les femmes aient dû faire face à de nombreuses difficultés de la part de la mentalité capitaliste, elles n’ont pas cédé dans le domaine des médias et ont lutté. La tenue de la troisième conférence est la preuve de leur succès ».
 
Akram a loué le rôle des femmes syriennes, arabes et kurdes dans la coordination du travail médiatique dans le nord-est de la Syrie pour faire entendre la voix des femmes de toutes les composantes, et pour montrer la vie participative entre les femmes du monde entier.
 
Elle a déclaré : « Les zones qui étaient sous le contrôle de ce qu’on appelle l’ISIS et les zones occupées par l’occupation turque et ses mercenaires où les femmes étaient soumises au viol, à la violence et aux formes de torture les plus sévères. Les femmes des médias sont devenues la voix des femmes opprimées, pour montrer ces actions à l’opinion publique, et continuent à exposer ces pratiques qui visent même les femmes des médias ».
 
À la fin de son discours, Mme Akram a souhaité que la conférence s’achève par des décisions importantes pour le développement de cette profession.