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SYRIE. Spirale meurtrière et exécutions extrajudiciaires

SYRIE / ROJAVA – Depuis le début de l’année 2026, la Syrie continue d’enregistrer des niveaux alarmants de violence et de violations des droits humains, dans un contexte de chaos sécuritaire persistant, de prolifération massive d’armes et d’absence quasi totale de mécanismes de responsabilisation alerte une ONG syrienne.

Les homicides ne se limitent plus aux crimes de droit commun. Ils incluent désormais des actes de vengeance, des exécutions extrajudiciaires et des meurtres à caractère sectaire ciblant les Alaouites, Druzes, Kurdes et Chrétiens, révélant la profonde fragilité de la situation sécuritaire et l’incapacité croissante des institutions à protéger les civils et à garantir la justice.

Bilan des crimes et homicides

Selon les données compilées par l’Observatoire syrien des droits humains (OSDH ou SOHR), depuis janvier, 258 crimes ont été recensés à travers le pays, faisant 285 morts : 227 hommes, 38 femmes et 20 enfants. La répartition par gouvernorat montre une violence particulièrement intense dans plusieurs régions :

  • Campagne de Damas : 42 crimes (47 morts)

  • Alep : 41 crimes (48 morts)

  • Deir ez-Zor : 34 crimes (35 morts)

  • Raqqa : 23 crimes (24 morts)

  • Idlib : 20 crimes (24 morts)

  • Daraa : 17 crimes (19 morts)

D’autres gouvernorats sont également touchés, notamment Hassaké, Homs, Hama, Lattaquié, Soueïda, Tartous et Quneitra, illustrant la diffusion généralisée de la violence sur l’ensemble du territoire.

Augmentation des représailles et exécutions extrajudiciaires

Parallèlement, le nombre de victimes de représailles et d’exécutions extrajudiciaires a fortement augmenté, atteignant 117 personnes depuis le début de l’année : 106 hommes, 8 femmes et 3 enfants.

Homs arrive en tête avec 58 victimes, suivie de Hama (21) et de Lattaquié (13). Des cas ont également été enregistrés à Damas et dans sa campagne, ainsi qu’à Tartous, Soueïda et Alep.

Ces chiffres témoignent d’une escalade préoccupante où les crimes individuels se mêlent aux logiques de vengeance liées aux conflits locaux et aux divisions sociétales. L’émergence de meurtres à motivation sectaire fait craindre une extension du cycle de la vengeance en dehors de tout cadre légal, menaçant davantage encore la cohésion du tissu social syrien.

Face à cette situation, les appels à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et à la traduction en justice des responsables se multiplient, sans réponse concrète pour l’instant.