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Le contexte de la révolte de Sheikh Said: de bouleversements géopolitiques en bouleversements nationaux

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TURQUIE / BAKÛR – Kurdes, Arméniens, Grecs, Assyro-chaldéens… au début du XXe siècle, de nombreux peuples d’Anatolie furent massacrés pour rendre possible la naissance de l’État nationaliste turc. Ataturk, le père de la Turquie, s’est fait passé pour un avant-gardiste qui faisait entrer la Turquie dans le cercle des pays « civilisés » de l’Occident tandis qu’il présentait les Kurdes comme des arriérés refusant de rejoindre la nation civilisée qu’est la Turquie. Alors, à coup de massacres, il allait les mettre dans le droit chemin de la civilisation. Ainsi, il écrasera dans le sang les révoltes indépendantistes kurdes qui ont balayé le Kurdistan « turc » entre 1920 et 1938. (Les révoltes de Dersim, Zilan, Ararat… sont les principales révoltes kurdes des années 1920-1938 qui ont toutes été écrasées dans le sang par l’Etat turc.)

 
Une de ces nombreuses révoltes kurdes du début de XXe siècle fut la révolte de Cheikh Said (Şêx Seîd), un digitaire kurde-zaza de Palu, dans la province de Diyarbakir (Amed).  Şêx Seîd a été capturé en avril 1925 par les troupes turques. Il a été condamné à mort le 28 juin 1925 et pendu le lendemain à Diyarbakır (Amed) avec 47 de ses partisans.
L’État turc a essayé de faire croire que la rébellion dirigée par Cheikh Said était à motivation islamique pour faire passer les Kurdes pour les raisons évoquées plus haut. Mais, la révolte de Cheikh Said englobait les revendications nationalistes kurdes, en plus de celle demandant l’instauration d’un califat islamique. Cette dernière demande ne doit toutefois pas faire oublier la diversité religieuse qu’on observe chez les Kurdes. Même si la majorité des Kurdes se sont convertis à l’Islam sunnite, une bonne partie d’entre eux ont d’autres confessions: alévisme, yézidisme, zoroastrisme, christianisme et le judaïsme.

 
Le journaliste Emile Bouvier vient de publier un article à deux volet traitant de la révolte de Cheikh Said dans lequel il démontre les dimensions multiples de cette révolte que certains veulent faire passer pour une révolte islamiste.  
 
 
La révolte de Sheikh Said (13 février – 27 avril 1925) : entre nationalisme, islamisme et identitarisme ethnique : une rébellion kurde atypique (1/2). Le contexte de la révolte : de bouleversements géopolitiques en bouleversements nationaux
 
A lire sur le site Les Clés du Moyen-Orient

PARIS. Manifestation kurde ce samedi 13 février

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PARIS – A l’occasion du 22ème anniversaire de la capture par la Turquie d’Abdullah Ocalan, chef historique du PKK, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDKF) appelle à manifester à Paris ce samedi 13 février. (Départ à 13h depuis la place de la République. direction, place de la Chatelet.)

Voici l’appel du CDKF:

« Le 15 février prochain marquera 22 ans de captivité et d’isolement pour le leader du mouvement de libération kurde Abdullah Öcalan, détenu par le régime turc sur l’île-prison d’Imrali. Au cours des 10 dernières années, M. Öcalan n’a été autorisé à recevoir que quelques visites de sa famille et de ses avocats. Par cette pratique qui touche aussi les quelque 10.000 prisonniers politiques croupissant dans les geôles turques, la Turquie viole, impunément, les conventions internationales et européennes des droits humains. Malgré plusieurs rapports du Comité pour la Prévention de la Torture du Conseil de l’Europe (CPT) qui dénonce ces conditions de détention et appelle les autorités turques à mettre fin à l’isolement du dirigeant kurde et de ses trois codétenus, cette pratique carcérale intolérable n’a pas changé d’un pouce.

Au contraire, encouragé par le silence, ou plutôt la complaisance de l’Europe, le régime turc amplifie la répression à l’encontre des Kurdes. En mars 2015, la logique guerrière du président turc Erdogan l’a amené à rompre brutalement les pourparlers engagés fin 2012 avec Öcalan et le mouvement kurde, anéantissant les espoirs de paix que le processus avait fait naître. Le régime d’Erdogan s’est ensuite lancé dans un cycle de répression et de guerre inouï. D’une main, il a étouffé l’opposition kurde incarnée par le Parti démocratique des Peuples (HDP), jetant en prison la majeure partie de ses dirigeants et membres, et de l’autre, il a lancé son armée, l’une des plus puissantes de l’OTAN, contre des villes kurdes sans défense, rasant des quartiers entiers et massacrant des centaines de personnes.

La guerre antikurde de la Turquie ne s’arrête pas à ses frontières. Avide de conquêtes, le régime du sultan Erdogan, soutenu par une armée de mercenaires djihadistes, a envahi, saccagé et occupé une partie du Rojava (nord de la Syrie), massacrant des milliers de civils et se livrant à une véritable campagne de nettoyage ethnique, à Afrin, Serêkaniyê, Girê Spî. Les campagnes militaires de la Turquie font également rage au Sud-Kurdistan (nord de l’Irak) où, sous prétexte de « lutter contre le PKK », l’armée turque mène des bombardements quotidiens qui n’épargnent pas les civils.

La Turquie doit cependant reconnaître que la question kurde ne peut être résolue par la guerre. Il est urgent que le gouvernement turc reprenne les négociations pour arrêter l’effusion de sang. L’action d’Abdullah Öcalan au cours des dernières années a démontré son rôle de conciliateur entre Turcs et Kurdes, un rôle indispensable à une paix durable et légitime. La libération du représentant kurde serait une contribution essentielle à la résolution du conflit. Poursuivre le régime d’isolement imposé à Öcalan revient à se fourvoyer dans le traitement militaire de la question kurde.

Par ailleurs, force est de reconnaître que la philosophie politique développée par Öcalan a directement inspiré le système démocratique alternatif mis en place au Rojava. Basé sur la démocratie directe, l’égalité des sexes, le pluralisme et la coexistence entre les différents groupes ethniques et religieux, ce système représente un modèle pour l’ensemble du Moyen-Orient.

La paix est la seule solution et Öcalan est essentiel à ce processus.

Pour que des négociations substantielles puissent commencer, Öcalan doit être libéré !

Comme le disait Nelson Mandela, «Seuls les hommes libres peuvent négocier».

Conseil Démocratique Kurde en France

Attention, une assimilation peut en cacher une autre !

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Être ou ne pas en colère contre 70% des Kurdes du Bakur (Kurdistan du Nord) vivant en Europe qui se disent « turcs » ? Telle est la question qui me taraude depuis 3 jours. Depuis que j’ai vu sur les réseaux sociaux un article du Figaro au sujet de la journaliste française d’origine turque (on a y revenir à ses origines) Çigdem* / Claire Koç qui a sorti un livre dans lequel elle dit – entre autre – que sa famille a mal vécu son intégration réussie et son changement de nom le jour où elle a obtenu la nationalité française.
 
« Fille d’immigrés turcs, Çigdem Koç est devenue Claire Koç en 2008. Elle raconte le cheminement qui l’a conduite à faire ce choix. Son témoignage est à la fois une plongée dans une France en voie de désintégration et un éloge de l’assimilation… » écrit le Figaro.
 
« Dialecte anatolien » ou « le prénom de la honte » ?

Jusqu’à là, rien d’anormal. J’ai tiqué quand j’ai lu: « j’ai été rabaissée, humiliée. «Quoi Claire? C’est quoi ce prénom de merde? Tu as honte de ce que tu es?» Ils affirmaient que Claire voulait dire «sale» en turc, mais c’était faux (en fait, c’est une traduction libre de notre dialecte anatolien). C’est la première chose qui leur est venue à l’esprit. » J’ai cru rêver.

La jeune femme disait que « Claire » signifiait « sale » en turc, « en dialecte anatolien » précise-t-elle comme pour aggraver la situation ! En effet, j’ai eu un éclair dans ma tête: « Sale » se dit « qlêr » en kurde et « kirli » en turc. Quand au « dialecte anatolien », il n’y en a pas. Alors, soit Claire Koç ment quand elle dit de telles choses, soit sa famille l’a biberonnée avec d’énormes mensonges. Mais vue qu’elle a fait des études de journalisme, qu’elle a sorti un livre** de plus de 200 pages, je me suis dit qu’elle ne peut être manipulée si facilement et qu’il y a une autre histoire derrière celle qu’elle veut bien nous raconter.
 
Une assimilation peut en cacher une autre
 
J’ai entendu des dizaines de fois, des Kurdes du Kurdistan « turcs » se présenter en tant que turcs quand on leur demandaient leur identité d’ « origine ». Si on se base sur ce qu’on a écrit sur leurs papiers d’identité français, allemands, anglais ou autres, on pourrait dire que oui, ils sont turcs car c’est ce qui est écrit. Mais rien ne les empêche de dire la vérité: Que depuis près d’un siècle, la Turquie a déclaré la guerre aux Kurdes, interdit leur langue, leurs noms, les chassés de leurs terres et leur a donné des carte d’identité les faisant passer pour des turcs.

Il faut croire que c’est trop difficile d’expliquer tout cela. Alors, ils se disent turcs et on passe aux choses plus gaies. D’ailleurs, ne parlent-ils pas à la maison en turc avec leurs enfants et les autres compatriotes venus du Bakûr? Si. On dirait des soldats de la langue turque en Europe! Souvent, ils métrisent mal la langue du pays d’accueil car ils sont arrivés adultes et n’ont pas pu apprendre la langue, ni la culture. Il fallait qu’ils travaillent pour subvenir aux besoin de la famille et dans les métiers qu’ils exercent, ils n’ont pas besoin de parler correctement la langue de leur nouveau pays. En attendant, leurs enfants sont nés ou ont grandit ici et ils deviennent des Français, Allemands, Anglais… Cela s’appelle l’assimilation et elle n’a rien à voir avec celle que j’ai subie au Bakûr.
 
Guerre intergénérationnelle et sexisme dans la diaspora
 
Dans un autre entretien, Claire Koç dit que des gens de son entourage lui ont dit « qu’elle puait la France », car elle était devenue trop française. Elle aurait pu rajouter que cette réaction violente était liée en partie au fait qu’elle était une fille. En effet, chez les familles originaires des pays musulmans, les filles et les femmes doivent restées fidèles aux coutumes de leurs pays d’origine, bien plus que les garçons qui sont plus libres. Je parie que si Claire avait été un garçon, sa famille aurait pavané devant la réussite de leur progéniture. Ses parents auraient dit aux gens de leur communauté, « regardez, notre fils a fait des études supérieurs, il est devenu journaliste. Bon, il est un peu trop français, il a tendance à oublier ses origines, mais c’est un brave garçon. » Ils n’auraient pas fait un drame. Il aurait pu aussi présenter une Dulcinée occidentale comme femme à sa famille. On l’aurait applaudi de deux mains. Mais si c’est une fille de la communauté qui offre son coeur à un homme extérieur à la communauté, souvent, c’est la honte pour la famille ! « Que diront les gens? », « Tu ne respectes pas nos traditions, etc. »
Mais la famille de Claire est « turque », de confession alévie, et qu’on veuille ou non, le poids des traditions du pays d’origine font qu’elle aimerait que leur fille reste entre les clous, pour ne pas « salir » la réputation de la bonne famille. En effet, on nous fait porter – à nous les filles/femmes de culture musulmane, alévie ou yézidie – l’honneur de nos famille entre nos jambes et quand on se révolte ou on veut vivre nos vies selon nos désirs, c’est le drame, pour pas dire, la guerre.

Bon, je me suis perdue en chemin, mais pour revenir à Claire Koç et à son assimilation réussie qui met mal à l’aise sa famille, je crois que Claire et sa famille doivent se questionner sur leurs origines ethniques. Sont-ils vraiment turcs? Pourquoi les Kurdes/alévis ont été ou sont massacrés en Turquie? Pourquoi la langue kurde est interdite là-bas? Une fois ces questions posées, ils verront la France et l’assimilation sous un autre angle.

Keça Bênav / La fille sans nom (en kurde, Keç signifie « fille » et Bênav « sans nom »)

*Çigdem est un prénom de fille mais avant tout le nom en turc de la fleur de crocus. 

**Claire, le prénom de la honte

Nettoyage ethnique: La Turquie a chassé les Kurdes de 3 villages d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – L’Armée turque et ses gangs islamistes ont chassé des Kurdes de trois villages d’Afrin et mis la main sur tous leurs biens et propriétés. L’Armée turque a créé une base militaire dans cette région et également détruit le cimetière du village.
 
Les villages Şêxurza jêrîn, Şêxurza Ortê et Şêxurza Jorîn sont attachés au district de Bilbilê, dans la région d’Afrîn. 
 
Les photos envoyées au Rûdaw montrent clairement la destruction du village de la part de l’Armée turque et ses milices d’opposition syrienne.
 
Şêxurza jêrîn, et de même façon les deux autres village de Bilbilê sont vidés complétement de ses habitants kurdes.
 
A Şêxurza Ortê aussi, on ne voit que des maisons ruinées et détruites sur les photos.
 
Sur les photos que le propriétaire d’une maison a envoyé au Rudaw, on voit bien que la maison à été détruite complètement et que les biens sont pillés.
 
Selon Ehmed Şêxo, le propriétaire d’une maison du même village, les photos des Loups gris qui symbolisent le nationalisme turc sont dessinés sur les murs de sa maison.
 
Les villages de Şêxurzê se composent de 500 maisons qui abritaient environs 3000 habitants. Après l’invasion turque en mars 2018, il ne restait que 1000 habitants sur 3000, les autres ayant fui les massacres.
 
Actuellement il n’y a aucun Kurde dans le canton et les Arabes de l’environ de Ghouta et de Homs sont emmenés et installés dans la région. Cependant le pourcentage de destruction de Şêxurza Ortê est de 80 à 90 %.
 
La plupart des maisons de Şêxurza jorîn sont détruites et il est devenu une base militaire pour l’Armée turque. Ainsi le cimetière du village est profané et détruit avec une pelleteuse.
 
Ebû Telal, le commandant de Siqûr el-Şemal, originaire de Hama, a vendu les biens des villageois Kurdes à 12,000 dollars à un entrepreneur d’Al-Babe.
 
Avec la décision de Conseil municipal de Bilbilê les matériaux en fer des constructions du canton sont donnés gratuitement au même entrepreneur.
 
Tous les champs des oliviers et les outils de traitement des olives des Kurdes sont également pillés.
 
Ehmed Şêxo, originaire de village Şêxurzê qui a visité son village avant l’offensive de Turquie, a déclaré ; « Après la prise contrôle d’Afrin et le village de Şêxurzê de la part des forces d’occupations de Turquie et ses bandes le village est complétement détruit et pillé. Plus de mille d’oliviers de ma famille sont coupés et brulés. »
 
Ils n’ont pas que détruit et pillé des maisons de Şêxurzê, mais aussi profané le cimetière du village.
 
La source qui nous a envoyé les photos du cimetière, a déclaré que le but de cette destruction est d’effacer toutes traces d’habitants autochtones de la région de Çiyayê Kurmênc (Montagne kurde), pour qu’ils puissent changer l’identité de cette région.
 
Article de Rudaw

Une Yézidie enlevée à Afrin, emmenée en Turquie pour y être jugée

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SYRIE / ROJAVA – Une femme yézidie enlevée dans le canton kurde d’Afrin a été emmenée en Turquie pour y être jugée « pour terrorisme ».

Ghazala Mannan Salmo, du village yézidi de Basufan dans le district de Sherawa à Afrin, a été enlevée par des mercenaires Faylaq al-Sham soutenus par la Turquie, a rapporté l’Organisation des droits humains d’Afrin.

Selon l’organisation, la femme a été kidnappée aux côtés de dizaines d’habitants kurdes des villages de Baiyeh, Basofan, Kabashin, Burj Haydar après avoir été accusés d’avoir piégé la voiture d’un chef de file islamiste de la brigade al-Hamzat, appelé Abu Zubair, le 4 décembre 2020.

Ghazala Salmo, mère de six enfants, a été brutalement battue et torturée à la suite de son enlèvement à un point tel qu’elle souffre désormais de troubles mentaux, selon une source locale de la prison d’Isca où elle a été enfermée.

La source a déclaré qu’elle avait été récemment remise à la juridiction turque il y a une semaine en préparation de son procès pour « terrorisme ».

ANF 

TURQUIE. La petite Leyla a été violée avant d’être tuée

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TURQUIE / BAKUR – Un rapport de médecine légale révèle que Leyla Aydemir, 4 ans, tuée en 2018 dans la province kurde d’Ağrı, a été violée avant d’être tuée. Le rapport d’expert préparé après la mort d’Aydemir, indiquait que la fillette n’avait pas subi de viol ou d’agressions sexuelles.
 
Leyla Aydemir, 4 ans, a disparu le 15 juin 2018 dans le village de Bezirhane. Son corps sans vie a été découvert 18 jours après sa disparition à Kurudere, situé à 3 kilomètres du village. Mehmet Ali Aydemir (33 ans), cousin du père de la petite fille et 6 autres personnes ont été arrêtés pour «meurtre délibéré».
 
Le rapport d’expert préparé après la mort d’Aydemir, indiquait que la fillette n’avait pas subi de viol ou d’agressions sexuelles. Cependant, le rapport de médecine légale publié aujourd’hui, indique que : « Lors de l’examen de la région anale et génitale, l’ouverture de l’hymen était de 1 cm, elle n’était pas adaptée à la pénétration, il n’y avait pas de déchirures ou d’entailles évidentes sur l’hymen, il y avait des lésions rouges dans la fourche postérieure [anus] qui pourraient être des traces [dues à de la pénétration].
 
L’avocate Ayşegül Aydoğan, de l’Association pour la lutte contre la maltraitance des enfants UCİM (Saadet Öğretmen Çocuk İstismarıyla Mücadele Derneği), a déclaré: « En tant qu’avocats de l’UCİM, nous travaillons ensemble pour le cas de notre fille Leyla, qui a été assassinée à Ağrı, et aujourd’hui nous avons atteint un document choquant. À la suite d’une déclaration dans un rapport médico-légal daté de 2018, nous pouvons clairement dire que notre fille Leyla a malheureusement été victime d’abus sexuels.
 
Le rapport médico-légal dans le dossier indique clairement qu’ «il y a des lésions de couleur rouge dans la pince postérieure qui peuvent être des traces dues au forcing», ce qui révèle clairement les abus sexuels de Leyla lors de l’examen de la région génitale. Nous avons remarqué ce document en l’examinant en détail. »
 
«Pourquoi l’échantillon d’ADN n’a-t-il pas été prélevé chez les accusés après ce document, après une telle déclaration, après un tel examen? Pourquoi n’est-il pas du tout inclus dans ce fichier? (…)
 
Demande de délocalisation du procès dans une autres région
 
L’UCİM a demandé au Centre de communication présidentiel (CİMER) pour que l’affaire concernant le meurtre de Leyla Aydemir soit retirée d’Ağrı et jugée devant un autre tribunal. Alors que 54 requêtes CIMER sont dans le dossier, l’affaire sera à nouveau entendue devant la 1ère Cour Pénale d’Ağrı.
 
La président de l’UCİM, Saadet Özkan, déclaré sur son compte Twitter qu’ils voulait que cette affaire soit transférée dans un endroit plus sûr et qu’elle ne soit pas abandonnée, ajoutant que ceux qui ont infligé une telle horreur à Leyla devraient répondre de leurs actes. Elle a déclaré : « L’enfant n’a pas seulement été affamée. Elle a été maltraitée et les agresseurs sont maintenant parmi nous. »
 
 

L’écologie, un enjeu de survie pour les Kurdes

La guerre anti-kurde menée par les États colonialistes du Kurdistan ne se limite pas à l’élimination physique des Kurdes ou à leur assimilation forcée, elle implique également la destruction de leurs nature, patrimoine et culture. La disparition de la ville antique d’Hasankeyf ou les dizaines de barrages construits sur les rives d’Euphrate, du Tigre, de Munzur… ne sont que quelques uns des innombrables projets écocides ayant pour but l’éradication des Kurdes.
 
Anouk Colombani et Loez reviennent sur cette guerre écologique qui a lieu au Kurdistan à travers leur article publié sur le site RITIMO.

 

« L’écologie est un champ de lutte important pour les mouvements kurdes, et constitue l’un des piliers du confédéralisme démocratique. Cette écologie est liée à la ruralité qui a longtemps défini les Kurdes. Au début des années 1980, il s’agit encore majoritairement d’une population rurale qui vit principalement d’une agriculture de subsistance et qui est géographiquement et politiquement excentrée à l’intérieur des pays dans lesquels ils et elles vivent. En premier lieu parce que cette population se trouve le long des frontières mais que ces frontières sont des montagnes, peu utiles à ces États. Par ailleurs, cette ruralité équivaut à des régions au développement très faible : routes, services publics… y sont souvent absents. On peut dire que les Kurdes sont à la périphérie des États dans lesquels ils et elles vivent. Cette situation a permis une gestion coloniale de ces territoires qui a aggravé la situation des Kurdes. Les États se sont accaparés les richesses tout en détruisant les modes de vie des humain·es, sans pour autant offrir des existences de meilleures qualités. »

Vous pouvez lire la totalité de l’article ici 

 

IRAK. La Turquie lance une opération militaire contre la guérilla kurde

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – L’armée turque a lancé une opération d’envergure contre le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) dans la région kurde de Gare, dans le nord de l’Irak où elle a installé de nombreuses bases militaires illégales.
 
La branche militaire du PKK, le HPG publié un communiqué sur l’attaque turque: 
 

« L’armée turque d’occupation a lancé une opération globale contre la région de la Gare à 3 heures du matin le 10 février. Des avions de combat turcs ont bombardé les villages de Gundê Guzê, Meyrokê, Siyanê, Çemşerîtkê, Yekmalê et Kanîsarkê et les régions de Deşta Kafya et Deşta Nehlê de 3 h à 6 h.

Les environs du village de Çemrobotkî ont été bombardés deux fois à 4h30 du matin (…).

Simultanément, les environs des villages de Yekmalê et Siyanê ont été bombardés par des hélicoptères de type Cobra.

Des soldats largués près de Siyanê

Les envahisseurs ont largué des soldats près du village de Siyanê après avoir bombardé la zone avec des avions de combat et des hélicoptères Cobra. Des affrontements ont éclaté entre nos forces et les envahisseurs ici, et se poursuivent toujours. Les cobras et skorsky appartenant aux envahisseurs ont été visés par nos forces et, par conséquent, se sont éloignés de la zone.

Le Cobra et le Skorsky utilisés dans cette opération lancée pour envahir la région de Gare, sont venus dans la région depuis la ligne sud, et non depuis le Kurdistan nord.

Attaques aériennes

La zone d’Aris Faris dans la région d’Avaşîn a été bombardée par des avions de combat le 30 janvier à 12h10.

Le 30 janvier à 12 heures, les zones de Küçük Cilo et Karker dans la région de Zap ont été bombardées.

Le 2 février, entre 10 h 30 et 12 h 30, les environs du village de Şînê dans la montagne Mamentiyê dans la région d’Avaşîn ont été bombardés. À la suite de ce bombardement, les vignobles et les jardins appartenant aux villageois ont été endommagés.

Actions des forces de défense aérienne de Şehit Delal sur la colline de Mêrganîş

Le HPG a également fourni les informations suivantes concernant l’action des forces de défense aérienne: « Nos forces de défense aérienne Martyr Delal ont bombardé les envahisseurs positionnés sur la colline de Mêrganîş dans le district de Çelê à Colemerg à 7h30 le 9 février (…). Les cibles déterminées ont été touchées et l’action a été menée avec succès. »

 
Via ANF
 
 

Une chanteuse germano-kurde persécutée en Turquie

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TURQUIE – ISTANBUL – Le procès de la chanteuse germano-kurde Hozan Cane arrêtée pour terrorisme s’est poursuivie mardi à Istanbul, des mois après sa libération conditionnelle.
 
Saide Inac, alias Hozan Cane, vivait à Cologne avant d’être arrêtée en Turquie en juin 2018 pour terrorisme à cause du film «Le 74ème génocide de Shengal». Dans le film, qui traite du génocide des Yézidis à Shengal par Daesh en 2014, la chanteuse porte une arme.
 
Hozan Cane a été remise en liberté conditionnelle le 1er octobre 2020 mais interdite de quitter le pays.
 

« Je suis sortie depuis quatre mois, mais cela me semble toujours une prison », a-t-elle déclaré mardi à la sorti du tribunal. 

Cane a déclaré que c’était sa sixième comparution devant le tribunal, déclarant que son procès était politique. 

La prochaine audience est prévue le 5 mai.

TURQUIE. Que prévoit Erdogan face aux défis internes et externes qui le guettent ?

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TURQUIE / BAKUR – La guerre anti-kurde en Syrie et en Irak, changement de ton du côté de l’allié américain, jadis plus clément sous le règne de Trump, la pauvreté toujours plus exacerbée dans une économie en berne, la révolte du monde estudiantin et universitaire – comme on le voit avec les manifestations de soutien aux étudiants de l’Université de Bosphore – le Président Erdogan s’acharne à consolider son pouvoir bancal alors que les défis se multiplient et que l’usure du pouvoir s’accentue…
 
Le journaliste Chris Den Hond a écrit un article détaillé sur les nombreux défis d’Erdogan et ses tentatives pour les « résoudre » à sa manière. 
 
 
Recep Tayyip Erdoğan traverse une mauvaise passe. L’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis annonce un durcissement des relations américano-turques. Et sur le plan interne, le président turc se trouve de plus en plus isolé, avec comme seul allié les redoutables « Loups gris » du Parti d’action nationaliste (MHP). Alors que les élections se profilent en 2023, Erdoğan semble en difficulté et fait feu de tout bois.
 

L’horizon s’obscurcit pour Recep Tayyip Erdoğan, à la fois sur le plan de ses relations avec les États-Unis, mais aussi sur plusieurs fronts intérieurs et régionaux. Avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, le président turc peut craindre que la politique américaine au Proche-Orient soit beaucoup plus dure pour Ankara que celle de Donald Trump. Une des premières mesures prises par le président américain a été de nommer Brett McGurk conseiller de la Maison-Blanche pour le Moyen-Orient. En 2015, McGurk supervise la coalition militaire internationale en Syrie. Il démissionne de son poste en 2018, après la décision de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie, laissant l’armée turque attaquer les Kurdes syriens. Son retour au premier plan ne plaît pas à tout le monde à Ankara.

Le journaliste Ragip Duran, ancien correspondant de la BBC, de l’AFP et de Libération estime, comme la plupart des analystes, que « le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP [Parti de la justice et du développement] n’était pas du tout content de la victoire de Biden. D’ailleurs, Erdoğan a été l’un des derniers à lui envoyer un message de félicitations. De plus, la nomination de Brett McGurk comme coordinateur pour le Moyen-Orient a été reçue comme une claque par les médias turcs gouvernementaux et par l’AKP ». Pour ce reporter qui a fait de la prison dans les années 1990 pour la simple publication d’un article, les raisons du mécontentement d’Erdoğan sont multiples. « Il y avait une relation commerciale entre la famille de Trump et celle d’Erdoğan. Trump a des intérêts économiques personnels en Turquie, avec deux énormes buildings à Istanbul. Erdoğan craint aussi que le président Biden ne le laisse pas mener des opérations militaires en Syrie, en Irak, en Libye ou dans le Haut-Karabagh. Antony Blinken, le nouveau secrétaire d’État, a déjà déclaré dans un message clair et net que Washington sera du côté des Chypriotes, des Grecs et des Kurdes ».

Un autre journaliste, Fehim Taştekin ajoute que « la Turquie est membre de l’OTAN, ce qui détermine toute sa politique. Il peut y avoir des conflits temporaires et des petits jeux d’influence, mais en fin de compte, cette alliance avec les États-Unis au sein de l’OTAN reste déterminante. C’est la raison pour laquelle Erdoğan fait les yeux doux à Biden, mais tout ça sonne très faux ». Taştekin collabore à Al-Monitor ; il a aussi travaillé pour des journaux comme Radikal et Hurriyet, et à la principale télévision d’opposition IMC, aujourd’hui fermée par Erdoğan. Comme la plupart de nos interlocuteurs, il a quitté la Turquie pour pouvoir poursuivre son travail. « Sans l’autorisation de la Russie, Erdoğan n’aurait jamais pu entrer en Syrie, poursuit-il. Ce sont des opérations contre les Kurdes, pas contre l’État islamique. L’objectif stratégique est d’empêcher les Kurdes de réaliser un corridor entre Qamishli, Kobané et Afrin. Mais Erdoğan ne laissera pas tomber les États-Unis en faveur de la Russie. Le calcul d’Erdoğan est simple : s’il peut améliorer un peu la relation entre la Turquie et la Russie, il peut faire du chantage sur les États-Unis et l’Union européenne en raison de l’importance géostratégique turque ».

Le partenariat entre les États-Unis et les Kurdes en Syrie avait rendu Erdoğan furieux et il avait commencé à jouer la Russie contre les États-Unis. Après avoir flirté avec Moscou pour un soutien à ses interventions turques en Syrie et pour l’achat des missiles S-400, il a besoin d’un rééquilibrage dans ses relations avec ces deux superpuissances. Le président turc fait donc désormais les yeux doux aux Occidentaux.

À LA RECHERCHE D’HYPOTHÉTIQUES ALLIÉS

Erdoğan est aussi en difficulté sur la scène politique intérieure. Pour l’instant, il n’a qu’un allié, le Parti d’action nationaliste (MHP), un parti d’extrême droite. Depuis plus d’un an tous les sondages annoncent que l’AKP et le MHP obtiendraient moins de 50 % des voix. « C’est pourquoi Erdoğan est à la recherche de nouveaux alliés, mais ça risque d’être compliqué, parce que l’animosité avec les principaux partis d’opposition reste très vive, explique Ragip Duran. Erdoğan a fait un pas envers son ancien parti Saadet partisi [Parti de la Félicité], mais qui n’obtient que 0,7 % des intentions de vote. Il ne peut plus s’entendre avec les Kurdes du HDP [Parti démocratique des peuples], ni avec le principal parti de l’opposition CHP [Parti républicain du peuple], ni avec une importante scission du MHP, le IYI Partisi [le Bon parti] de Meral Akşener qui totalise environ 10 % d’intentions de vote ».

FACE À LA CONFRÉRIE GÜLEN

Mais ce n’est pas la première fois qu’Erdoğan se trouve en difficulté, et il a la réputation de s’en sortir en jouant les uns contre les autres. Dans les années 1990, après la chute de l’Union soviétique, l’Union européenne (UE) amorce un processus d’élargissement. La Turquie, qui fait déjà partie du Conseil de l’Europe et de l’OTAN, est candidate à l’adhésion. L’UE pose comme condition principale une réforme libérale économique et politique, les fameux « critères de Copenhague ». La Turquie est le seul pays de l’OTAN dont le ministre de la défense doit demander l’autorisation au chef d’état-major de l’armée avant de voter une résolution. Or, et c’est un bouleversement dans ce pays, la proposition européenne impliquait que les organes de l’armée devaient désormais être subordonnées aux institutions politiques.

Recep Tayyip Erdoğan, qui commence sa carrière comme maire d’Istanbul en 1994 pour le parti Refah, devenu l’AKP en 2001, est d’abord marginalisé par l’État républicain et laïc. Issu d’un coup d’État en 1980 (le troisième en vingt ans), le conseil de sécurité nationale, un organe de l’armée, dicte la loi. Quand Erdoğan devient premier ministre en 2003, il continue de prôner une intégration de la Turquie dans l’Union européenne en acceptant de diminuer le poids de l’armée dans la vie politique. Il a alors besoin d’alliés pour briser son isolement politique. « En accédant au pouvoir gouvernemental en 2002, le parti d’Erdoğan manque cruellement de personnel pour faire fonctionner l’État, explique Fehim Tastekin. Il se tourne vers la confrérie Gülen pour y remédier ».

Exilé aux États-Unis depuis 1999, Fethullah Gülen est le « « parrain » de cette confrérie qui s’est fortement développée dans les années 1970 et surtout 1980. Influente dans les médias, elle est composée d’un réseau d’associations locales, de clubs patronaux, d’établissements scolaires. Dans les années 1980, la confrérie Gülen prend des positions dans l’armée turque. Avec l’accession de l’AKP au pouvoir, elle prospère et ses officiers avancent dans l’appareil militaire. Erdoğan fait appel à des cadres gülénistes pour remplacer les fonctionnaires kémalistes dans la police ou la justice, mais aussi dans l’armée, la diplomatie et les médias.

Mais avec une armée dont le poids s’est érodé, la principale menace pour le pouvoir d’Erdoğan vient désormais de la confrérie, qui essaie de contrôler l’État au détriment de l’AKP d’Erdoğan. Le début de la rupture apparaît en 2009 quand Erdoğan découvre des fichiers secrets de lui et de sa famille fabriqués par Gülen. Des scandales de famille éclatent au grand jour.

JEU DE DUPES FACE AUX KURDES

Un point plus important de discordance entre Gülen et Erdoğan concerne les Kurdes. En 2006, Erdoğan entame des négociations directes avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Gülen est farouchement contre ces pourparlers. Erdoğan les poursuit néanmoins pour plaire à l’UE, et surtout pour avoir un point d’appui électoral pour ses ambitions présidentielles. Les voix kurdes représentent autour de 15 % de l’électorat. Mais selon Adem Uzun, un des principaux négociateurs kurdes, ces pourparlers ne sont jamais allés au fond des choses.

« Le processus de paix commence avec la « navette diplomatique » en 2006, se souvient Adem Uzun. Cela a pris trois ans avant de se trouver en 2009 directement en face de membres des services de sécurité turcs, soutenus par leur gouvernement et par Recep Tayyip Erdoğan lui-même. Entre 2009 et juin 2011, plusieurs réunions ont eu lieu en Europe. Du côté turc, on promettait beaucoup de choses sans jamais les concrétiser. On s’est rendu compte qu’Ankara gagnait du temps, tout en accélérant la construction de gigantesques casernes dans la région kurde. En 2011, Erdoğan déclare à la télévision : « Si j’avais été premier ministre en 19991, je l’aurais exécuté”. Erdoğan rompt le dialogue et récupère la vieille chanson nationaliste sur la Turquie : une seule nation, un seul drapeau, une seule langue ».

Après une interruption, les négociations entre l’État turc et le PKK reprennent en janvier 2013, mais trois femmes kurdes responsables sont assassinées à Paris. Pour Adem Uzun, « C’était une tentative de sabotage du processus de paix par l’État profond turc ». Entretemps, la guerre en Syrie avait éclaté.

COUP D’ÉTAT, LE TOURNANT

« Quand les gülenistes exposent le contenu des pourparlers État turc-PKK dans la presse, ils boycottent une éventuelle issue, explique Fehim Taştekin. Dans la même période, le Rojava en Syrie devient une réalité avec la victoire des Kurdes à Kobané. En 2013, Erdoğan essaie de convaincre Öcalan d’arrêter le projet d’autonomie du Rojava en Syrie, en échange de quelques droits linguistiques pour les Kurdes en Turquie. Öcalan le rejette en disant : « Le Rojava est ma ligne rouge. » Erdoğan lui répond : « Pour moi aussi, c’est la ligne rouge, elle devrait être détruite » ».

Quand le dirigeant charismatique et candidat présidentiel pour le HDP, Selahattin Demirtaş dit publiquement à Erdoğan : « Nous ne vous permettrons pas de devenir président », au printemps 2015, le fragile processus de paix est mort-né. Erdoğan quitte toutes les tables de négociation avec le mouvement kurde et se tourne vers l’extrême droite : le MHP.

« Le partenariat AKPMHP est basé sur deux points majeurs : écraser les gülenistes et les Kurdes, ajoute Fehim Tastekin. Le coup d’État des gülenistes en 2016 était un signe de désespoir. Erdoğan avait fiché 8 000 gülenistes dans l’armée et se préparait à les limoger ou à les emprisonner. Dans ces circonstances, si tu as une arme, tu l’utilises. Et c’est ce qui s’est passé. Donc, d’abord Erdoğan avait besoin des gülenistes contre l’armée, ensuite, il avait besoin des Kurdes contre les gülenistes, et quand ça ne fonctionnait pas, il se tournait vers l’extrême droite pour s’assurer un régime présidentiel autoritaire ».

La répression fait des ravages dans le mouvement güleniste et dans toute l’opposition, qu’elle soit kurde, de gauche, associative, arménienne ou autre. Plus de 50 000 arrestations, dont des députés, et le licenciement de plus de 100 000 employés du secteur public, un exode de journalistes, politiques, chercheurs… Du jamais vu. Plus de cinquante maires kurdes démocratiquement élus sur la liste HDP ont été révoqués et remplacés par des fidèles d’Erdoğan. Le HDP risque d’être interdit et la plupart de ses dirigeants se trouvent déjà en prison. Celles et ceux qui continuent à militer sont désormais confrontés à des mises en accusation pour des prétextes étonnants, comme avoir organisé en Turquie des marches de solidarité avec Kobané en 2014 contre l’organisation de l’État islamique (OEI).

Dernière épisode : Erdoğan vient de remplacer le recteur de l’université du Bosphore à Istanbul par un membre conservateur de son parti. Les manifestations des étudiants sont réprimées à coups de matraque, et le ministre de l’intérieur s’en est pris au mouvement LGBT, partie très active dans la protestation, en les qualifiant de « détractés du LGBT ». « Nous allons mener vers l’avenir, non pas une jeunesse LGBT, mais une jeunesse digne de l’histoire glorieuse de cette nation », a ajouté Erdoğan le 1er février 2021 au cours d’un discours au ton menaçant. Tous les opposants démocrates attendent maintenant avec impatience la chute d’un régime dont les tendances autoritaires sont désormais largement contestées.

 
Chris den Hond,
 
Vidéo-journaliste et auteur de plusieurs reportages, notamment sur les Kurdes, les réfugiés palestiniens et Gaza.

IRAN. Un Kurde tué dans un accident provoqué par les forces iraniennes

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IRAN / ROJHILAT – Le commerçant kurde, Behzad Hashemi-Asl a perdu la vie à l’hôpital de Khoy, le 8 février, après avoir été grièvement blessé après que sa voiture s’est renversée suite à des coups de feu tirés par les forces de l’ordre iraniennes.
 
Une source a confirmé la nouvelle au Kurdistan Human Rights Network (KHRN) et a déclaré: « Samedi soir, le 6 février, les forces militaires ont poursuivi la voiture de l’homme d’affaires sur la route Khoy-Mako, et sa voiture s’est renversée après avoir qu’une balle ait touché son pneu. »
 
Selon la source, Behzad Hashemi-Asl a été gravement blessé et est tombé dans le coma à la suite de l’incident. Il est décédé le 8 février après avoir été hospitalisé pendant deux jours.
 
Behzad Hashemi-Asel, 32 ans, était originaire du village de Bahik, à Salmas, et père de trois enfants.
 

IRAN. Un jeune activiste kurde tué sous la torture dans une prison iranienne

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IRAN / ROJHILAT – Mehrdad Taleshi, un activiste kurde de 21 ans, a été tué après trois jours de torture dans les geôles iraniennes. Le gouvernement iranien a déclaré la guerre aux activistes de la société civile kurde, arrêtant au moins 115 Kurdes ces dernières semaines.

La police iranienne chargée des enquêtes criminelles a torturé et tué Mehrdad Taleshi, originaire de la ville de Diwan Darreh, le 3 février, après l’avoir arrêté pour des raisons inconnues à Téhéran, le 1er février.

Une ne connaissance du jeune homme, qui ne voulait pas être nommé pour des raisons de sécurité, a confirmé la mort du jeune homme. Taleshi a été arrêté et transféré au centre de détention de Shapur de l’Office de renseignement iranien. À 5 heures du matin le mercredi 4 février, le corps du jeune homme a été transporté à l’hôpital depuis le bureau des renseignements, et sa famille a été informée de son décès par l’hôpital.
 
Selon cette source, le 6 février, lorsque le corps a été livré à la famille, il a été annoncé qu’il avait perdu la vie en raison d’une crise cardiaque dans le centre de détention, mais contrairement à cette allégation, les effets de la torture sur son corps étaient évidents.
 
La source a ajouté: « En raison des pressions sécuritaires et de l’attente d’un avis médico-légal officiel, la famille a jusqu’à présent refusé de commenter [le meurtre], mais dans les prochains jours, elle prévoit de porter plainte contre les services de renseignement à Téhéran. »

 

Kurdistan Human Rights Network (KHRN)