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Le guerre spéciale du système judiciaire turc visant les femmes kurdes

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TURQUIE / BAKUR – L’avocate Özüm Vurgun a déclaré que les femmes en Turquie sont généralement confrontées à une répression, mais qu’il existe une politique de guerre distincte et spéciale contre les femmes kurdes, comme le montrent les procès en cours.
 
L’avocate Özüm Vurgun, coprésidente de la branche d’Amed de l’Association des juristes libres (ÖHD), a déclaré que la violence d’État qui sévit au Kurdistan depuis les années 90 est devenue plus visible et a changé de forme aujourd’hui. « Les militantes qui luttent pour prévenir et dénoncer ces attaques subissent les attaques des autorités judiciaires. Avant de poser des questions sur les raisons pour lesquelles elles sont condamnées à de si longues peines de prison, nous devrions nous demander pourquoi elles sont jugées » , a-t-elle noté.
 
L’avocate Vurgun a été interviewée par l’ANF sur les procès des femmes au cours de la dernière année.
 
Vurgun a noté que la Turquie s’est retirée de la Convention d’Istanbul et a adopté une politique basée sur l’hostilité envers les femmes et leur destruction.
 
NOUVELLES FORMES D’ATTAQUES
 
Vurgun a souligné qu’une loi ennemie particulière a été introduite pour cibler les femmes du Kurdistan. « Il y a certainement des attaques contre les femmes en Turquie, mais il y a une politique de guerre distincte et spéciale contre les femmes du Kurdistan. Il est possible de voir cette tendance dans les épreuves féminines. L’activiste de TJA, Zelal Bilgin a été condamnée à 10 ans et Ayşe Gökkan à 30 ans de prison. De plus, l’avocate Ruşen Seydaoğlu a été condamnée à 6 ans, Şaziye Cantepe et une myriade de militantes kurdes ont été condamnées à plusieurs peines de prison. Les autorités judiciaires turques mènent des attentats que l’on peut qualifier de guerre spéciale et froide, avec une mentalité masculine. Nous voyons que ces politiques de guerre spéciales anti-femmes qui ont été adoptées dans les années 90 sont toujours poursuivies au Kurdistan sous des formes modifiées aujourd’hui. »
 
STATUT CONSTITUTIONNEL DES FEMMES
 
Vurgun a souligné que des politiques de guerre spéciales sont actuellement promues par le biais de féminicides par des criminels misogynes comme Musa Orhan et Onur Gencer. « Ces auteurs étaient des agents publics. Ils ont commis ces meurtres alors qu’ils étaient en uniforme. Cette violence d’État dure depuis les années 90. Au Kurdistan, cette violence se fait plus ouvertement et change de forme. Les militantes qui luttent pour prévenir et dénoncer ces attaques subissent les attaques des autorités judiciaires. C’est pourquoi je pense que nous devons discuter du statut constitutionnel des femmes kurdes maintenant. Avant de se demander pourquoi elles sont condamnées à de si longues peines de prison, nous devrions nous demander pourquoi elles sont jugées. Toutes ces attaques visent à réprimer et à anéantir les femmes. »
 
LOI ENNEMIE
 
Vurgun a déclaré que le système judiciaire turc adopte une politique d’impunité à l’égard des femmes. « Alors que les féminicides ont augmenté dans le pays, il existe une loi ennemie directe contre les femmes du Kurdistan et la politique. Le plan global du gouvernement est de créer des femmes dociles. Ils font pression sur les femmes qui ne respectent pas ce plan. Ils mènent une politique d’intimidation à travers les procès. L’État masculin impose aussi son point de vue et ses méthodes aux simples citoyens masculins. »
 
NOUS NE RENONCERONS PAS A NOTRE LUTTE
 
« La résistance et la révolution des femmes sont toujours fortes. Ils ne pourront pas nous réprimer avec leurs massacres et leurs brimades. Nous n’abandonnerons jamais nos réalisations. Nous protégerons nos acquis en affrontant ces attaques misogynes et en poursuivant notre résistance. »
 

Quelques dates de célébrations de Newroz en France

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PARIS – Les Kurdes de la diaspora célèbrent le nouvel-an kurde (Newroz) dans de nombreuses villes de France. Rien qu’à Paris, il y a 3 dates de célébrations du Newroz.
 
Dimanche, 20 mars, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) organise une fête place de la République. Lundi 21 mars, les étudiants kurdes d’INALCO célèbrent leur Newroz à INALCO tandis que l’Institut kurde de Paris organise une autre fête à la mairie du 10ème arrondissement de Paris (à partir de 18h30 – Inscription obligatoire).
 
Au menu de toutes ces célébrations, il y a de la musique, danses, et buffet kurdes.
 
Dans le cadre des célébrations de Newroz, l’association Amitiés Kurdes Lyon et Rhône-Alpes organise un concert le 31 mars prochain, à Villeurbanne. La soprano kurde, Pervîn Chakar et le virtuose du doudouk arménien, Ertan Tekin, seront accompagnés sur la scène par le guitariste Mustafa Demir.
 
Voici les dates des célébrations organisées par CDK-F:
 
Paris
Date : 20 mars
Heure : 12h00 marche
14h00 célébrations
Adresse : Place de la République
 
Marseille
Date : 20 mars
Heure : 13h00
Adresse : Parc de la Ravel
 
Rennes
Date : 20 mars
Heure : 12h00
Adresse : Parc des Gayeulles
Rue du professeur Maurice Audin
 
Montpellier
Date : 20 mars
Heure : 14h00
Adresse : Le Salon du Belvédère – Le Corum
 
Strasbourg
Date : 19 mars
Heure : 15h00
Adresse : 7 Rue principale
67350 Ettendorf
 
Bordeaux
Date : 20 mars
Heure : 14h00
Adresse : Salle La Marinière
16200 Mérignac
 
Draguignan
Date : 19 mars
Heure : 13h00
Adresse : 1718 Rue des combattants d’Afrique du Nord
83600 Fréjus

TURQUIE. Aysel Tugluk forcée à se présenter au tribunal malgré sa démance

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TURQUIE – Dans le procès de Kobanê, la Cour pénale d’Ankara a conclu qu’Aysel Tuğluk, politicienne kurde emprisonnée et qui souffre de démence, devait se présenter devant le tribunal.
 
Le tribunal a rendu sa décision provisoire dans le « procès Kobanê » sur les incidents/manifestations du 6 au 8 octobre 2014 contre 108 politiciens, dont 22 arrêtés parmi lesquels se trouvent les anciens coprésidents du Parti démocratique des peuples (HDP) et d’anciens membres de son Comité Exécutif Central.
 
Selon la décision téléchargée sur le système informatique judiciaire national (UYAP), la 22e Haute Cour pénale d’Ankara a décidé à l’unanimité que 22 politiciens arrêtés resteront en prison.
 
La décision provisoire a également fait référence à Aysel Tuğluk, politicienne kurde malade et emprisonnée qui a reçu un diagnostic de démence et a reçu un rapport de l’hôpital universitaire de Kocaeli qui a conclu qu’elle n’était pas en état de rester en prison, mais n’est toujours pas libérée. depuis que l’institution de médecine légale a publié un rapport concluant qu’elle peut rester en prison.
 
Citant le dernier rapport de l’Institut médico-légal de Tuğluk, le conseil du tribunal a rejeté les demandes de ses avocats.
 
Dans le rapport connexe, l’Institution a déclaré :
« Aucune découverte ou document médical n’a été obtenu suggérant qu’elle souffrait d’un défaut mental de nature ou dans la mesure où cela affecterait sa responsabilité pénale dans la période comprise dans la période du crime … »
 
En conséquence, le rapport médico-légal a conclu que le prisonnier malade Aysel Tuğluk « a l’entière responsabilité pénale » .
 
« Pas besoin d’un nouveau rapport »
 
Se référant au dernier rapport, le conseil du tribunal a noté que « les rapports correspondants ont été préparés en examinant les documents relatifs à l’état de santé de l’accusé et en effectuant les tests nécessaires en la gardant sous observation » . Le tribunal local a rejeté la demande des avocats en déclarant que « même en cas de maladie mentale, la défense est obligatoire conformément à l’arrêt précité de l’Assemblée générale des chambres criminelles de la Cour de cassation et à l’article 6 de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) » .
 
Le conseil du tribunal a également conclu qu' »il n’y a aucune raison d’émettre un autre rapport » et que « le tribunal n’est ni mandaté ni autorisé en la matière même si une demande a été faite pour le traitement de l’accusé ». Rejetant les demandes des avocats des accusés, le tribunal a ajourné le procès aux 28, 29, 31 mars et 1er, 4, 5, 7, 8 avril.
 
Qu’est-il arrivé?
 
Le 29 décembre 2016, alors qu’elle était vice-coprésidente du Parti démocratique des peuples (HDP), la politicienne kurde Aysel Tuğluk a été arrêtée avec sept autres politiciens du Parti des régions démocratiques (DBP) et du Congrès de la société démocratique (DTK).
 
L’acte d’accusation déposé contre Tuğluk, qui était la coprésidente du DTK jusqu’en septembre 2014, comprenait ses déclarations à la presse ainsi que les funérailles auxquelles elle a assisté comme preuve pénale contre Tugluk.
 
Le 16 mars 2018, la 17e Cour pénale lourde d’Ankara a condamné Aysel Tuğluk à 8 ans de prison conformément à la loi anti-terroriste (TMK) n° 111. 3713. Augmentant de moitié cette peine de prison, le tribunal a alors prononcé une peine de 12 ans de prison contre Tugluk. Enfin, il a réduit d’un sixième cette peine de prison et a décidé qu’elle sera condamnée à 10 ans de prison.
 
L’appel d’Aysel Tuğluk devant la Cour régionale de justice d’Ankara ayant été rejeté, son dossier a été transmis à la Cour de cassation.
 
L’enterrement de sa mère
 
La mère d’Aysel Tuğluk, Hatun Tuğluk, a perdu la vie en 2017. Sur sa dernière volonté, son corps décédé a été amené au cimetière İncek à Ankara. Aysel Tuğluk a quitté la prison avec permission et sa mère a été inhumée ; peu de temps après, un groupe de 5 à 6 fascistes s’est rassemblé pour protester contre l’enterrement. 
 
Au fur à mesure, le nombre de fascistes à augmenté et le corps d’Hatun Tuğluk a dû être retiré pour être inhumé ailleurs. Par la suite, on a découvert une photo de l’un des fascistes qui ont attaqué les funérailles avec le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu au poste de police.
 
Problèmes de santé
 
Le frère aîné d’Aysel Tuğluk, Alaattin Tuğluk, a déclaré que sa sœur avait perdu la mémoire après le décès de leur mère :
 
Ma sœur n’avait pas l’air bien. Elle pose la même question 3-4 fois. Elle ne se souvient pas de certaines choses. Par exemple, lorsqu’elle veut poser des questions sur quelqu’un de la famille, elle dit : « Qui était-ce, qui ? Ce sont des personnes proches, il lui est impossible de ne pas les connaître. Je crains que cela n’arrive à un point irréversible et que nous perdions ma sœur… Je veux un traitement avant qu’il ne soit trop tard. Qu’un autre comité l’examine et rende une décision en conséquence. Elle reçoit maintenant 1 à 2 médicaments. Ce n’est pas assez. Elle ira [en prison] après la fin de son traitement. »
 
À propos d’Aysel Tuğluk
 
Elle a été membre fondatrice et coprésidente du Parti de la société démocratique (DTP) et élue députée de Diyarbakır en 2007-2009. Elle est devenue députée Van du Parti démocratique des peuples (HDP) en 2011-2015. Elle a été vice-coprésidente du HDP responsable du droit et des droits de l’homme.
 
Aysel Tuğluk a également été membre de l’Association des droits de l’homme (İHD) et fondatrice de l’Association des femmes patriotiques.
 
Née à Elazığ en 1965, elle est diplômée de la Faculté de droit de l’Université d’Istanbul et a travaillé comme avocate indépendante.
 

Le 8 mars au Kurdistan

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Les femmes kurdes portent haut la lutte pour les droits des femmes que leurs sœurs ont entamé à New York le 8 mars 1857, écrit la députée Pero Dundar dans l’article suivant.
 
Le 8 mars 1857, 40 000 ouvrières du textile aux États-Unis entament une grève à New York pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Dans un premier temps, les ouvrières en résistance sont agressées par la police. Celles qui fuient l’attaque sont enfermées dans une usine. Immédiatement après, un incendie se déclare…. les ouvrières sont incapables de s’échapper à cause des barricades de la police devant l’usine…. S’en suit la mort de 129 ouvrières …
 
Oui, 129 travailleuses ont donné leur vie dans cet incendie. Cependant, le feu s’est propagé à partir d’elles et a donné vie au développement de la lutte des femmes pour la liberté. Elle est devenue une voie, une lumière dans la lutte contre un système patriarcal qui ne reconnaît pas la créativité des femmes, la dévalorise et légitime la violence faite aux femmes.
 
Puis, en 1910, à Copenhague, au Danemark, la proposition formulée lors du Conseil des femmes au sein de la Deuxième Internationale (socialiste) de désigner le 8 mars Journée internationale de la lutte des femmes est approuvée à l’unanimité. Depuis lors, le 8 mars est le jour de la résistance des femmes, aux quatre coins du monde, dans divers lieux, dans les lieux publics, dans la rue, contre le patriarcat.
 
En ce jour de lutte, les femmes du Kurdistan descendent aussi dans la rue avec leurs couleurs, avec leur cri de guerre (tilili), avec leurs danses, le slogan « jin, jiyan, azadî » (« femme, vie, liberté ») résonne encore plus fort ce jour-là. Chaque année, l’apparition et le message du jour deviennent encore plus splendides et encore plus solennels par rapport à l’année précédente.
 
Les femmes kurdes, toutes générations confondues, attendent le 8 mars dans des conditions festives et militantes. Les préparatifs commencent des semaines à l’avance. Le Mouvement pour la liberté des femmes du Kurdistan joue le rôle principal dans ce processus. Tout d’abord, il choisit le slogan principal avec lequel il descendra dans la rue. Il est choisi de telle manière qu’il exprime l’âme du mouvement des femmes et s’inscrit dans le processus actuel. Pour cela, des réunions avec les institutions et associations féminines des localités sont organisées et des discussions approfondies et approfondies ont lieu. Une fois la devise déterminée, du matériel d’information et des brochures sont préparés et les femmes sont visitées. Porte par porte, maison par maison, rue par rue, district par district et village par village, les femmes sont invitées au 8 mars. Chaque province et comté planifie et publie ses propres activités et événements.
 
Ceux-ci commencent des jours à l’avance – films, représentations théâtrales, événements musicaux, ateliers et séminaires sur la violence à l’égard des femmes. Les victimes de meurtres de la violence masculine/étatique sont commémorées parfois sur leurs tombes, parfois sous la forme d’autres actions. Des cartes postales et des cadeaux sont préparés pour les femmes purgeant des peines de prison pour avoir travaillé pour le mouvement des femmes, qui sont souvent condamnées simplement pour avoir participé au 8 mars. Le 8 mars au Kurdistan, c’est aussi la lutte de Sema Yüce, Rehşan et Zekîye, Berîvan et Ronahî, c’est c’est le combat que Sakine Cansız a mené en prison, mais aussi en liberté et en Europe.
 
En plus de leurs propres activités et événements, des actions conjointes sont également prévues dans les villes avec d’autres groupes de femmes sur diverses plates-formes, pour lesquelles la plus grande participation possible est organisée.
 
Bien sûr, les préparatifs ne sont pas tous roses et joyeux. Le gouvernement anti-femmes et anti-kurde n’hésite pas à toute répression et obstruction au cours de ce processus, et de plus en plus dans les provinces kurdes. Afin d’intimider et de paralyser les femmes, l’État utilise toutes les formes de politique spéciale de guerre.
 
Dès que le signal de départ des activités est donné, les arrestations, les interdictions et les enquêtes commencent également. La réponse la plus claire des femmes kurdes à la répression qui augmente chaque année est qu’elles ne se retirent pas des places et des rues. Avec l’euphorie et la motivation acquises les jours précédents, elles se déversent dans les rues et les places publiques. Ce jour-là, dans toutes les provinces et comtés du Kurdistan, avec des bannières, des pancartes et des drapeaux, le message est envoyé que les femmes organisées et leur lutte contre la domination de la violence masculine et étatique gagneront ; chaque année, ce message devient plus fort. Les premiers rangs des blocs de démonstration sont constitués par les Mères de la Paix qui, bien qu’ayant éprouvé toutes sortes de souffrances, insistent sur la paix, décorant leurs écharpes blanches avec les couleurs jaune, rouge et verte.
 
Les femmes colorent les carrés aux couleurs de l’arc-en-ciel avec leurs vêtements traditionnels. Ceux de la région de Serhad, ne prêtant même pas attention aux conditions climatiques froides, se joignent à la ronde (govend) avec leurs robes colorées. Le froid doit laisser place à la joie et à la chaleur du mouvement des femmes. Les femmes de la région de Botan accueillent le 8 mars dans leurs plus belles tenues traditionnelles ; dans toutes les parties de Botan, dans toutes les provinces où la résistance est la plus expressive sous toutes ses formes, elles chantent ce jour-là leurs plus belles chansons. Les femmes d’Amed commencent leurs préparatifs, comme elles le font chaque année, la veille au soir sur la place du rassemblement, d’Amed. (…)
 
Bien sûr, la répression en essayant d’entrer sur la place augmente chaque année. Ce qui se passe dans la période qui précède, lorsque les demandes d’assemblée soumises par le comité d’organisation n’ont d’abord pas été traitées, pour être rejetées, rencontre la résistance des femmes. Le prochain obstacle érigé sont les barricades sur les lieux de réunion. Le fait que plus d’une barricade et de points de contrôle soient érigés sur le site de rassemblement n’est qu’un autre outil pour dissuader les femmes et les éloigner du rassemblement. Ensuite, les stratégies de dissuasion vont plus loin en vérifiant même l’intérieur des chaussures ou en ne permettant pas aux femmes d’entrer sur la place à cause des couleurs de leurs robes. Les femmes qui surmontent tous ces obstacles se déplacent vers la place avec leur cri de guerre, le tilili et leurs danses. A ce moment précis, les carrés changent les couleurs des femmes, les slogans de liberté traversent les frontières et rejoignent les voix des femmes en lutte à travers le monde. Elle devient « femme, vie, liberté »… Elle devient « jin, jiyan, azadî »… Elle devient la révolution au Rojava… Cette révolution devient l’égérie, la résistance et la raison de lutte pour les femmes de le monde.
 
C’est ainsi que le 8 mars est salué au Kurdistan. Arriver à cette étape n’a bien sûr pas été facile. Les femmes kurdes ont déployé beaucoup d’efforts et de travail et en ont payé le prix fort. Avec cet effort et cette performance, elles ont remporté des victoires pour elles-mêmes. Elles ont connu le renforcement de l’espoir, de l’organisation et de la résistance aux politiques d’oppression et de cruauté. Lorsque les femmes kurdes ont été assassinées, leurs corps sont restés dans les rues pendant sept jours et sept nuits, leurs corps ont été profanés et ces photos ont été publiées, il n’y avait qu’un seul but derrière cela : briser leur résistance et leur lutte. Lorsque les villes et les provinces kurdes ont été encerclées, les femmes kurdes ont également été la première cible ici. Le meurtre de Seve, Pakize et Fatma avait le même message, tout comme le meurtre de HavrinKhalaf, parce qu’elles ne supportaient pas une révolution au Rojava menée par des femmes, ainsi que les meurtres de Sakine, Fidan et Leyla à Paris. Leur but est d’assujettir la force motrice du Mouvement de Libération du Kurdistan et le Mouvement des Femmes du Kurdistan, et d’effacer une réalité populaire axée sur les femmes.
 
Les femmes kurdes ont de nombreuses raisons de renforcer leur lutte. Les mères qui ont perdu leurs enfants dans des « meurtres d’auteurs inconnus » dans les années 90 se battent sans relâche pour que les auteurs soient nommés. Les femmes qui se sont mariées sous la contrainte et ont dû déménager dans les mêmes années ne s’arrêtent même pas un instant pour vivre leur langue, leur culture et les faire s’épanouir dans les lieux où elles séjournent. Tout comme Deniz Poyraz, qui a été assassinée au siège du Parti démocratique des peuples (HDP) dans le gouvernorat d’Izmir. Les femmes qui ont perdu leurs enfants dans la lutte pour la liberté continuent le combat pour la paix sans se décourager. Les femmes ne reculent pas d’un millimètre dans leur lutte contre une politique de sale guerre menée contre les jeunes femmes au Kurdistan. Elles demandent encore : Où est Gülistan Doku ? Elles accusent toujours le sergent Musa Orhan de l’entière responsabilité de la mort d’İpek Er et l’accusent. Elles ne renoncent pas à donner la parole aux militants et politiques emprisonnés qui prônent la représentation paritaire et le système des coprésidents, elles ne cessent de renforcer leur lutte. Elles ne cessent de faire comprendre au monde entier que le double leadership avec des coprésidentes féminines est leur « ligne violette ».
 
Le mouvement des femmes du Kurdistan a atteint aujourd’hui un niveau où il cherche à créer une alliance de femmes contre le patriarcat. Non pas pour créer un régime à un seul homme, mais pour créer une vie commune et équitable des uns avec les autres sous la direction de femmes. Au lieu d’un système judiciaire dominé par les hommes, pour renforcer ensemble la lutte pour une justice égale et équitable. Ne jamais renoncer à la garantie de la vie des femmes, la Convention d’Istanbul. Renforcer le mouvement pour la liberté des femmes à tous les niveaux, et non se retirer de la rue. Ne pas laisser la pauvreté [se conjuguer au féminin]. Renforcer la lutte contre les violations des droits dans les prisons et les politiques d’isolement.
 
Les femmes kurdes inondent les places du 8 mars de cette conviction. Les slogans de leurs pancartes expriment leur révolte dans toute sa clarté. Chaque femme prépare son signe en fonction du point où elle est atteinte. Certains expriment leur demande de justice en portant des photos de leurs mères et voisines assassinées, d’autres témoignent de leur révolte en écrivant en majuscules les noms de leurs camarades assassinés. Certains panneaux indiquent « Continuez la résistance! » Le slogan « jin, jiyan, azadî » est le plus courant année après année. La bannière derrière laquelle elles se tiennent démontre leur soulèvement par écrit. Les slogans criés sont les moments où leurs revendications communes résonnent et trouvent un écho dans toutes les régions du pays. Nous ne nous taisons pas, nous n’avons pas peur, nous ne nous prosternons pas ! Ce slogan est un cri de liberté. C’est un soulèvement.
 
En 2022, le 8 mars sera célébré au Kurdistan avec la même conviction et détermination. Les femmes kurdes crieront à nouveau leurs revendications avec toute leur force et leur motivation dans les lieux du 8 mars. Pas la violence étatique/masculine, non, le mouvement libre des femmes sera victorieux. Et enfin, bien sûr, le XXIe siècle sera le siècle des femmes. Ce sera le siècle de la libération des femmes.
 
FEMMES, VIE, LIBERTE !
 
Pero Dundar, députée HDP de Mardin
 
La version anglaise de article a été publiée par Kurdistan Report: 

Conférence: Repenser l’université avec la révolution du Rojava

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PARIS – La révolution du Rojava initiée par le mouvement kurde a eu des répercussions au niveau de l’éducation et de l’enseignement supérieur qui est devenu gratuit et accessible même aux plus pauvres, faisant des envieux jusqu’en Europe et en Occident où l’enseignement supérieur reste largement élitiste…
 
Pour mieux faire connaitre ce système éducatif et organiser des échanges entre les Universités du Rojava et celles d’Europe, un Centre de solidarité et de coopération avec les universités de la Syrie du Nord et de l’Est (CSCUNES) a été fondé en France fin 2021. Le CSCUNES organise sa conférence inaugurale le 17 mars prochain, au Campus Condorcet Paris – Aubervilliers. (Conférence ouverte au public)
 
Adresse:
Centre de colloques
Salle 100
8 Cours des Humanités
93300 Aubervilliers
 
Voici le communiqué du CSCUNES concernant la conférence et les modalités pour y participer:
 
Il s’agit de la conférence inaugurale du Centre de solidarité et de coopération avec les universités du nord et de l’est de la Syrie (CSCUNES) organisée en collaboration avec le Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS) de l’Université Paris 8. Le Centre a été fondé à Paris en novembre 2021 dans le but d’organiser la solidarité avec les universités du Nord et de l’Est de la Syrie (NES en anglais) à travers des projets communs et des relations académiques. En organisant cette conférence, nous aimerions explorer, discuter et contribuer aux visions et aux principes fondamentaux des universités libres, autonomes et démocratiques. Nous cherchons à comprendre les besoins des quatre universités de la région (les universités de Rojava, Kobanê, Afrin [actuellement sous l’occupation turque] et Al-Sharq) et à y répondre en forgeant des réseaux de solidarité en Europe et dans le monde.
 
Objectifs
 
Quelles sont les relations entre les changements politiques et sociaux et l’enseignement supérieur ? Quel type d’université envisageons-nous pour modifier radicalement nos modes de production du savoir ? Quel est le rôle des pédagogies anticapitaliste, écologiste, féministe et décoloniale dans la transformation sociale ? Comment construire des universités éthiquement et politiquement responsables dans les conditions de la privatisation néolibérale de l’enseignement supérieur et de la crise de la gouvernance universitaire et des libertés académiques ? Quelles ruptures épistémologiques une université alternative peut-elle offrir malgré les guerres prolongées et les régimes de répression politique ? Comment pouvons-nous construire des structures universitaires autonomes et démocratiques où la participation démocratique radicale de chaque membre de la communauté est assurée ?
 
En organisant cette conférence autour de ces questions, nous témoignons de la pratique des universités dans la région du Nord et de l’Est de la Syrie depuis la révolution du Rojava en 2012. Malgré les invasions et la guerre en cours dans la région, les universités du nord-est de la Syrie continuent d’intégrer les idéaux et réalisations de cette révolution dans les programmes d’études, les programmes de recherche et les approches pédagogiques. Pourtant, ces universités sont confrontées à de sérieux défis pour rendre l’éducation accessible aux communautés en raison des embargos/blocus en cours imposés par les États hostiles voisins. Comme la solidarité a été très centrale pour soutenir la révolution du Rojava, nous pensons qu’elle est également indispensable pour favoriser les universités démocratiques et féministes dans la région. Les participants à cette conférence mettront en lumière les nombreux aspects de l’enseignement supérieur et de sa pratique dans le nord-est de la Syrie.
 
La conférence se tiendra dans un format hybride, à la fois en personne et sur le webinaire Zoom. La conférence principale sera diffusée en direct sur YouTube.
 
Pour ceux qui ne peuvent pas assister à la conférence en personne, veuillez vous inscrire au webinaire ici : https://us02web.zoom.us/webinar/register/WN_dj3u0Nt7TqaEfZQc1NRtCw
 
 
Version anglaise du communiqué:
 
 
This is the inaugural conference of the Centre for Solidarity and Cooperation with Universities of North and East Syria (CSCUNES) organized in collaboration with Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS) at Paris 8 University. The Centre was founded in Paris in November 2021 with the aim of organizing solidarity with the universities of North and East (NE) Syria through joint projects and academic relations. In organizing this conference, we would like to explore, discuss, and contribute to the visions and foundational principles for free, autonomous, and democratic universities. We seek to understand the needs of the four universities of the region (the Universities of Rojava, Kobani, Afrin [currently under occupation], and Al-Sharq) and respond to them by forging solidarity networks in Europe and globally.
 
Objectives
 
What are the relations between political and social change and higher education? What kind of university do we envision to radically alter our ways of knowledge production? What is the role of anti-capitalist, ecological and feminist as well as decolonial pedagogies in forging social transformation? How can we construct ethically and politically responsible universities under the conditions of neoliberal privatization of higher education and the crisis in university governance and academic freedom? What epistemological ruptures an alternative university can offer despite protracted wars and the regimes of political suppression? How can we build autonomous and democratic university structures where the radical democratic participation of every single community member is ensured?
 
Organizing this conference around these questions, we bear witness to praxis of universities in the North and East region of Syria since the Rojava Revolution in 2012. Despite the ongoing invasions and war in the region, the universities of NE Syria continue to integrate the ideals and achievements of this revolution in the curriculum, research programs, and pedagogical approaches. Yet, these universities face serious challenges in making education accessible to the communities due to ongoing embargoes/blockades imposed by neighbouring hostile states. As solidarity has been very central to sustaining the Rojava Revolution, we believe that it is also indispensable for fostering democratic and feminist universities in the region. Participants of this conference will shed light on the many aspects of higher education and its praxis in NE Syria.
 
The conference will be held in a hybrid format, both in person and on Zoom webinar. The Keynote Lecture will be live streamed on YouTube.
 
For those who cannot attend the conference in person, please register for the webinar here: https://us02web.zoom.us/webinar/register/WN_dj3u0Nt7TqaEfZQc1NRtCw
 
Le Centre de solidarité et de coopération avec les universités du nord et de l’est de la Syrie (CSCUNES) est une association loi 1901 créée en 2021 (Paris, France) qui vise à soutenir les universités du Rojava et de la région nord et est de la Syrie (Université du Rojava, Université de Kobanê et Université d’Al-Sharq), afin qu’elles puissent développer leurs programmes d’enseignement et de recherche.

Il y a actuellement 165 femmes malades emprisonnées en Turquie

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TURQUIE / BAKUR – Il y a 165 femmes malades emprisonnées actuellement en Turquie et, sans surprise, la majorité sont des prisonnières politiques kurdes. « Les femmes enceintes, âgées ou handicapées sont menottées sur le chemin de l’hôpital et du palais de justice, des fouilles à nu sont imposées et sont souvent effectués par des fonctionnaires hommes. Même les examens gynécologiques sont pratiqués en présence du personnel militaire masculin et les femmes sont menottées. Les violations des droits en prison sont innombrables. »
 
La Commission des femmes de l’IHD a déclaré qu’il y avait 165 détenues malades dans les prisons turques, dont 33 sont détenues dans la région égéenne.
 
La Commission des prisons de la branche d’Izmir de l’Association des droits de l’homme (IHD) « Liberté pour les détenus malades » qui, comme toutes les deux semaines, a été reprise par la Commission des femmes. Dans une déclaration devant ancien bâtiment de Sümerbank à Konak, la Commission des femmes a attiré l’attention sur la situation des femmes emprisonnées gravement malades.
 
« Les femmes luttent pour survivre »
 
Cemile Karakaya, membre de la Commission des femmes de l’IHD, a déclaré que les femmes sont confrontées à l’oppression, à la violence, au harcèlement, au viol et aux meurtres dans de nombreux lieux. Elle a ajouté que l’un de ces lieux est la prison. « Les prisons sont connues pour être les endroits où le droit à la vie est le plus violé. Les détenus malades paient le prix le plus élevé, ils sont morts en prison. Les femmes luttent pour leur vie et peuvent survivre avec de grandes difficultés. Dans les prisons, les détenues voient leur besoins pas pris en compte, alors que leurs droits fondamentaux sont ignoré. »
 
Innombrables violations des droits
 
Notant que des attitudes arbitraires sont affichées même dans la satisfaction des besoins particuliers des détenues, Karakaya a déclaré : « Les femmes enceintes, âgées ou handicapées sont menottées dans le véhicule du ring sur le chemin de l’hôpital et du palais de justice, des fouilles à nu sont imposées et sont souvent effectués par des officiers masculins. Même les examens gynécologiques sont pratiqués en présence du personnel militaire masculin et les femmes sont menottées. Les violations des droits en prison sont innombrables. »
 
165 prisonnières malades
 
Karakaya a déclaré qu’il y avait un total de 1605 prisonniers malades, dont 604 gravement malades, dans les prisons du pays et a ajouté que 165 de ces prisonniers malades sont des femmes et 33 d’entre elles se trouvent dans les prisons de la région égéenne.
 

L’Iran prétend avoir visé des bases secrètes israéliennes à Hewler

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IRAK / KURDISTAN – La télévision iranienne vient d’annoncer que les attaques au missile contre la ville kurde d’Hewler / Erbil visaient des « bases secrètes israéliennes ».
 
Un responsable américain a déclaré à Reuters que les missiles balistiques qui visaient Hewler, dimanche, avaient été lancés depuis l’Iran.
 
Le service antiterroriste du Kurdistan du Sud a déclaré dans un communiqué qu’à une heure du matin, 12 missiles balistiques avaient ciblés la ville de Hewler, ajoutant que les missiles étaient dirigés vers le consulat américain à Hewler.
 
Le communiqué indique que « les missiles ont été lancés depuis l’extérieur des frontières de l’Irak et du sud du Kurdistan, en particulier depuis l’est. » L’attaque n’a pas entraîné de pertes en vies humaines, mais causé des dommages matériels.
 

Emine Şenyaşar lauréate du Prix « Paix, Amitié et Démocratie » de la Chambre médicale d’Amed

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TURQUIE / BAKUR – La Chambre médicale de Diyarbakır a décerné le prix « Paix, amitié et démocratie » de cette année à Emine Şenyaşar – une femme kurde persécutée par les autorités turques alors qu’elle demande justice pour son mari et deux de ses fils assassinés par des partisans de l’AKP en 2018 à Urfa.
 
La chambre médicale de Diyarbakir a annoncé la semaine dernière le lauréat du prix « Paix, amitié et démocratie » de cette année, décerné depuis les années 1990 dans le cadre de la semaine de la Journée de la médecine du 14 mars. Cette année, la Chambre a récompensé Emine Şenyaşar, dont le mari et les deux fils ont été assassinés par des proches et des gardes du corps du député AKP Urfa İbrahim Halil Yıldız. Emine Şenyaşar et son fils Ferit tiennent une veillée pour la justice depuis le 9 mars 2021.
 
S’exprimant lors de la cérémonie, l’avocate de la famille Şenyaşar, Hidayet Enak, a déclaré que la résistance de la famille a pris sa place dans la conscience de la Turquie et est entrée dans l’agenda du pays. Soulignant que la Veillée pour la justice initiée par la famille a révélé tous les mensonges du gouvernement, Enak a déclaré : « Notre devoir est de poursuivre cette lutte juridique et de dénoncer toutes les illégalités. La lutte principale a été donnée par la mère Emine. La famille Şenyaşar a été persécutée par la famille Yıldız. »
 
Déclarant que de nombreuses initiatives juridiques ont été bloquées et que les preuves ont été masquées après les meurtres, l’avocate Enak a ajouté que « le gouvernement a mis en œuvre une politique d’isolement de la famille immédiatement après les événements. Les autorités ont agi pour dissimuler complètement la vérité. »
 
L’avocate Enak a terminé son discours en décrivant les événements vécus par la famille Şenyaşar lors du massacre et en énumérant les violations des droits qui en sont ressorties.
 
Après les discours, un film a été projeté, qui présentait les prix « Paix, amitié et démocratie » du TTB, et la résistance de la famille Şenyaşar devant le palais de justice réclamant justice.
 
Famille Şenyaşar : Nous n’abandonnerons pas le combat pour la justice
 
Mahmut Ortakaya, membre du comité d’honneur du TTB, a remis le prix « Paix, amitié et démocratie » à Emine Şenyaşar et sa famille. Şenyaşar a déclaré qu’ils ne pouvaient pas attendre et rester à la maison après les tueries et a décidé d’aller demander justice devant le palais de justice d’Urfa, ajoutant qu’elle n’abandonnerait pas la lutte pour la justice.
 

TURQUIE. L’écrivain kurde, Azad Zal condamné à 6,3 ans de prison

TURQUIE / BAKUR – L’éditeur et écrivain Azad Zal a été condamné à Amed à 6,3 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste armée. Le propriétaire de la maison d’édition J&J est accusé d’être membre de l’association de langue kurde Kurdi-Der et de l’Association des écrivains kurdes, d’avoir pris la parole sur des chaînes de télévision et de radio kurdes « séparatistes » , d’être un membre du Congrès de la société démocratique (DTK) et de posséder des écrits interdits.
 
Azad Zal n’a pas assisté au procès où il était représenté par son avocat, Abdullah Çağer. L’avocat a annoncé qu’il ferait appel de la condamnation de son client.
 
Azad Zal a été en détention provisoire pendant plusieurs semaines dans le cadre de la criminalisation du DTK en 2020. Au Kurdistan du Nord, l’association est considérée comme le cadre de l’organisation sociale démocratique et est à plusieurs reprises requalifiée en organisation terroriste armée dans des poursuites contre l’opposition kurde. Malgré une appréciation contraire de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans l’arrêt Selahattin Demirtaş, le DTK a été déclaré « structure du PKK » par le gouvernement turc et le traitement par les autorités judiciaires est en conséquence.
 
La criminalisation du DTK va de pair avec une campagne politique d’élimination contre la partie kurde de la population, qui se poursuit depuis 2015. Le parquet général de Diyarbakır estime que la plateforme a été mise en place sur les « ordres » du fondateur emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, dans le but déclaré de détruire « l’unité et l’intégrité de l’Etat turc » et donc « l’essence de la turcité » .
 

La révolution du Rojava a permis l’entente entre Kurdes et Arabes en Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Les composantes arabe et kurde de la région de l’Euphrate ont déclaré que la révolution de la Syrie du Nord et de l’Est leur a donné plus de confiance et les a débarrassés de leur peur. La population de la région est devenue un tissu intégré. « Malgré les attaques contre la région, le projet d’Administration autonome reste la meilleure solution pour garantir les droits de tous les peuples et confessions présents dans la région » , déclarent-ils.

La révolution du nord et de l’est de la Syrie est considérée comme le début de la fin des ténèbres qui pesaient sur les peuples de la région, car elle brisait la barrière du nationalisme et du sectarisme que le gouvernement de Damas a exploité pour semer la discorde entre les groupes ethniques et confessionnels qui peuplent la région.

 « La révolution du nord et de l’est de la Syrie nous a donné confiance en nous »

Dans ce contexte, l’agence ANHA a rencontré des membres de composantes arabe et kurde de la région de l’Euphrate, qui ont confirmé que cette révolution leur a redonné vie alors qu’ils en étaient dépourvus, et à travers elle, ils ont brisé la barrière de la peur imposée par le gouvernement de Damas.

Le poète Abd al-Rahim al-Hajji de la composante arabe a déclaré à notre agence que la révolution leur a donné plus de confiance en eux sur le chemin de la liberté, et leur a fait briser les restrictions imposées par les régimes fascistes qui les dirigeaient, et que ils vivent désormais en toute sécurité dans le cadre du projet de nation démocratique représenté par la subjectivité administrative.

Il a ajouté : « Grâce à notre cohésion et à notre unité, nous avons pu déjouer toutes les conspirations extérieures par lesquelles ils ont tenté de semer la discorde entre la composante arabe et les autres composantes, et grâce à la prise de conscience de ces composantes, notre cohésion et notre unité ont augmenté. »

 « Le citoyen est entendu après que sa voix ait été réduite au silence pendant des lustres »

Après le début de la révolution dans le nord et l’est de la Syrie, le citoyen de cette région jouit de sa liberté sans crainte, contrairement à ce à quoi il était exposé sous le gouvernement de Damas.

 Mudhahi Al-Mudhah, également de la composante arabe, a déclaré: « Depuis des centaines d’années, nous vivons sur cette terre avec le reste des composantes comme des frères, malgré les nombreuses tentatives de différenciation entre les composantes dans nos régions, mais grâce à la sagesse des gens de la région, ces tentatives ont échoué. On s’est rendu compte dès le départ que les buts de ces partis sont politiques. Ils essaient de déstabiliser la région et de nous entraîner vers la destruction.

Aujourd’hui, nous vivons une vie décente grâce à la révolution dans le nord et l’est de la Syrie. La situation dans la région a beaucoup changé. Aujourd’hui, le citoyen a sa parole entendue après que sa voix ait été réduite au silence pendant des lustres. »

L’administration autonome est la meilleure solution pour garantir les droits de tous les composants de la région

Les citoyens voient que l’administration autonome est la meilleure solution pour garantir les droits des composantes du nord et de l’est de la Syrie, et cette administration est la garantie d’éloigner les conflits de la région et de les protéger.

L’administrateur du conseil de district de Sarrin, au sud de Kobani, Walid Kusa, de la composante kurde, a confirmé qu’ « après la révolution qui a eu lieu dans le nord et l’est de la Syrie, beaucoup de choses ont changé, surtout après les attaques des mercenaires de l’Etat islamique contre la région et leur défaite face aux Forces démocratiques syriennes. Avec cette victoire, le peuple de la région est devenu un tissu intégré, après avoir souffert de la politique du parti Baath qui cherchait à semer la discorde.

Aujourd’hui, le peuple de la région se dirige au sein de l’administration autonome, alors que pendant le contrôle de la région par le régime syrien, des lois ont été imposées au peuple par le biais de l’autorité et des arrestations arbitraires, et le citoyen vivait dans une situation de sécurité inquiétante. »

 Walid Kusa a conclu son discours en déclarant : « Malgré les nombreux obstacles et le siège des quatre côtés et les attaques auxquelles nous sommes exposés, l’Administration autonome reste la meilleure solution pour garantir les droits de toutes les composantes. »

 ANHA

TURQUIE. SADAT arme des jeunes chômeurs à Van

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TURQUIE / BAKUR – La province kurde de Van est parmi les régions plus pauvres de la Turquie où la plupart des jeunes sont au chômage. L’organisation paramilitaire SADAT, fondée par le gouvernement AKP, exploite cette situation et arme les jeunes chômeurs de Van.
 
SADAT, qui se définit comme « la société qui fournit des conseils et des formations militaires dans le domaine de la défense » et qui a fait l’objet de différentes revendications à ce jour, a été fondée le 28 février 2012 par le général de brigade à la retraite Adnan Tanrıverdi et 23 officiers et sous-officiers à la retraite officiers. Bien qu’il existe des définitions telles que la formation militaire et interne, le conseil en défense et l’approvisionnement en munitions sur la scène internationale dans le contenu fondateur de l’entreprise, les actions de SADAT, qui était une structure paramilitaire pendant le processus d’autonomie déclaré dans les provinces kurdes, sont encore présentes dans les mémoires. SADAT fonctionne de la même manière que le JİTEM des années 1990.
 
Le chef de SADAT est le général de brigade à la retraite Adnan Tanriverdi, qui a été expulsé de l’armée le 28 février 1997. L’une des allégations les plus importantes concernant ce conflit de pouvoir du 15 juillet 2016 est qu’un grand nombre d’armes lourdes ont été distribuées à des civils sous la direction de SADAT. De plus, on ne sait pas encore qui détient ces armes pour le moment. Les membres de SADAT, qui ont pris une part active au Rojava, ont perpétré de nombreux massacres dans l’Afrin occupé.
 
Après la crise économique en Turquie, la réaction du public et la possibilité que l’AKP perde les élections, SADAT a commencé à intensifier son travail dans diverses régions de Turquie.
 
Le plus gros bailleur de fonds de la SADAT est composé des municipalités auxquelles des administrateurs sont nommés. L’argent transféré à TÜGVA par les fiduciaires est secrètement transféré à SADAT. Cette structure, organisée au sein de la police et de l’armée, tente aujourd’hui d’armer les jeunes en communiquant avec eux dans les quartiers les plus reculés.
 
La cible actuelle de SADAT est Van. Des personnes armées sont vues dehors la nuit malgré l’interdiction imposée par le gouverneur sur les actions et les activités. On a appris que ces jeunes, habillés en costard et armés, circulant dans des véhicules de luxe, sont apparus à la suite du travail de longue haleine de SADAT à Van. SADAT exploite la situation économique, les sensibilités religieuses et nationalistes de ces personnes après avoir identifié des jeunes chômeurs et désespérés qui ont perdu leurs proches dans des conflits armés.
 
Il y a des allégations selon lesquelles SADAT a mené ces entraînements armés dans une zone militaire à Van avec l’autorisation des autorités militaires.
 

ROJAVA. 18e anniversaire de l’insurrection kurde à Qamishlo

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SYRIE / ROJAVA – Le 12 mars 2004, neuf personnes sont mortes dans des affrontements entre les supporters d’une équipe kurde de football et ceux d’une équipe arabe de Deir Ezzor lors d’un match à Qamishlo. Le lendemain, une foule immense formait le cortège funèbre, scandant des slogans anti-Bashar al-Assad et brandissant des drapeaux kurdes. C’était le début de l’insurrection kurde au Rojava.
 
Le 12 mars 2004, neuf personnes ont été tuées lorsque des affrontements ont éclaté lors d’un match de football dans la ville à majorité kurde de Qamishlo entre les supporters d’une équipe locale et ceux d’une équipe arabe basée à Deir Ezzor.
 
Le lendemain, les personnes en deuil du cortège funèbre des victimes ont scandé des slogans anti-Bashar al-Assad et brandi des drapeaux kurdes.
 
Les forces de sécurité syriennes ont ouvert le feu, tuant 23 personnes et déclenchant des jours de manifestations et d’émeutes dans les régions kurdes du nord de la Syrie (Al-Hasakah, Kobani, Afrin) ainsi que dans les quartiers à majorité kurde d’Alep et de Damas.
 
Les Kurdes ont réagi à Afrin depuis Dêrik pour protester contre l’attaque contre les serhildan à Qamishlo et contre la répression étatique.
 
L’État essayait de créer l’inimitié entre les peuples. Il a tenté de créer des conflits entre les peuples kurde et arabe. Pourtant, le régime Baas n’a pas réussi dans cette politique. Le soulèvement de Qamishlo a semé les graines d’une nouvelle ère pour les Kurdes.
 
Ils ont établi leurs syndicats et ont commencé à développer une nouvelle idée. Il était devenu évident que les Kurdes avaient besoin d’une force de défense, d’une administration et d’une organisation. Contrairement à ce que l’État avait prévu de réaliser avec ce massacre, l’hostilité entre les peuples kurdes et arabes ne s’est pas développée, pas plus que les sentiments chauvins que l’État espérait créer.
 
On dit souvent que le soulèvement (serhildan en kurde) Qamishlo a allumé la première étincelle de la révolution du Rojava.
 
Les révoltes ont été écrasées par les forces d’al-Assad mais le régime syrien a été contraint de reconnaître les Kurdes.