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La métropole de Lyon envisage de travailler avec des municipalités du Rojava

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Malgré les stigmates des années de guerre, malgré l’invasion de plusieurs régions kurdes par la Turquie, malgré l’embargo total imposé contre le Nord et l’Est de la Syrie dirigé par l’Administration Autonome, malgré l’hostilité du gouvernement centrale, les Kurdes syriens et leurs alliés travaillent dur pour subvenir aux besoins de la population et les municipalités sont en première ligne pour reconstruire les villes et acheminer les services publics.
 
Dans ce contexte, les municipalités du Rojava ont sollicité l’aide et la collaboration des villes des pays développés. En France, c’est la métropole de Lyon qui vient d’annoncer qu’elle envisage de collaborer avec des municipalités du Rojava. (D’autres villes françaises étudient également des projets de collaboration avec des municipalités du Rojava.) 
 
L’annonce de la collaboration a été publiée par la Fondation Danielle Mitterrand dans le communiqué suivant: 
 
« La métropole de Lyon rencontre la Fondation Danielle Mitterrand pour évoquer un soutien au Nord-Est de la Syrie
 
Lundi 22 février 2021, les équipes de la Fondation Danielle Mitterrand, de l’ONG Un Ponte Per, des Amitiés kurdes de Lyon et Rhône-Alpes et de la métropole de Lyon, représentée par sa vice-présidente Hélène Dromain et son équipe, dont le directeur des relations internationales Christophe Meunier, se sont rencontrés pour échanger sur la région du Nord-Est de la Syrie (anciennement Rojava, le Kurdistan syrien).
 
Cette première rencontre s’inscrit dans une dynamique de coopération internationale avec les acteurs de la société civile et les municipalités de la région de Syrie du Nord-Est. Dans ce territoire autonome issu de la guerre en Syrie et du combat contre Daech, où vivent près de 4 millions de personnes, s’invente une expérimentation politique inédite basée sur la démocratie locale, l’émancipation des femmes, l’économie coopérative et sociale, le pluralisme culturel et religieux, et l’écologie.
 
A travers son engagement sur le terrain la Fondation Danielle Mitterrand a pu constater l’incroyable dynamique de transformation en cours mais aussi sa précarité du fait des menaces de Daech, de la Turquie ou de la Syrie de Bachar el-Assad. Dans ce contexte très difficile, les municipalités sont en première ligne pour fournir les services de base et répondre aux forts besoins de la population. Mais elles sont encore trop peu soutenues dans leurs nombreux projets de terrain.
 
Cette première rencontre a permis de discuter de différentes possibilités d’échanges et de partenariats entre la métropole de Lyon et les acteurs locaux de Syrie du Nord-Est.
 
Dans une perspective de réciprocité, nous sommes également convaincus qu’apprendre de l’expérimentation politique en Syrie du Nord-Est peut être inspirant pour de nombreuses municipalités et métropoles françaises impliquées dans des dynamiques de transformation sociale, démocratique et écologique.
 
Cette première entrevue permet d’envisager une collaboration autour de projets communs dans les mois à venir. Ce premier communiqué commun vient d’ores et déjà marquer le soutien que nous apportons aux habitantes et habitants du Nord-est syrien. »
 
Communiqué commun de Fondation Danielle Mitterrand et de Métropole de Lyon
27 avril 2021
 
SIGNATURES
 
Hélène Dromain, vice-présidente de la Métropole de Lyon
Jérémie Chomette, directeur de la Fondation Danielle Mitterrand
Corinne Morel-Darleux, élue régionale Auvergne-Rhône-Alpes, écrivaine, administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
Thierry Lamberthod, Amitiés Kurdes de Lyon et de Rhône-Alpes

ROJAVA. Asséchement du fleuve Euphrate par la Turquie présage une catastrophe

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie a asséché le fleuve Euphrate desservant les zones dirigées par l’administration kurde dans le nord de la Syrie. Six millions de Syriens sont menacés par une catastrophe humanitaire, sanitaire et écologique du fait que l’État d’occupation turc a diminué drastiquement le niveau de l’Euphrate, en violation flagrante des accords internationaux sur le partage d’eau des rivières entre les pays.
 
Des images aériennes de l’Euphrate, prises à l’ouest de Kobanê, montrent une baisse terrifiante et sans précédent du niveau de l’eau, 3 mois après que l’Etat turc ait réduit la part de la Syrie du plus important fleuve du pays.
 
Suite à la diminution du niveau de l’Euphrate, plusieurs villages de la Plaine de Qumalg engloutis dans les années 1990 suite à la construction du barrage de Tichrine, le deuxième plus grand barrage de Syrie sur le fleuve Euphrate, sont réapparus.
 
La Turquie ignore l’accord conclu avec la Syrie et l’Irak en 1987, qui stipule le pompage de l’eau de l’Euphrate dans les territoires syriens à raison de 500 mètres cubes par seconde, et l’Irak obtient 60% de cette quantité, puisqu’il pompe environ 200 mètres cubes par seconde depuis le 27 janvier de cette année.
 
La baisse du niveau d’eau menace la vie de millions de Syriens qui dépendent du fleuve comme principale source d’eau potable, et conduit des millions de personnes à la famine, car des milliers d’hectares de terres agricoles dépendent des eaux de l’Euphrate.
 
Parallèlement, la baisse du niveau de l’eau affecte les barrages dans la production d’électricité et l’alimentation des régions en énergie, sans parler de son effet sur la richesse en poissons, car la baisse a entraîné la mort de grandes quantités de poissons et d’organismes dans le fleuve.
 
Le 3 mars, l’administration autonome avait mis en garde contre une catastrophe humanitaire résultant de l’altération par l’État turc du niveau des eaux de l’Euphrate, qui constitue une menace pour les 9 millions de personnes vivant à proximité et sur ses rives.
 
Auparavant, la direction des barrages du nord et de l’est de la Syrie avait appelé la communauté internationale et les organisations de défense des droits de l’homme à intervenir et à mettre fin aux pratiques barbares et au chantage de la Turquie en matière d’eau.
 

KURDISTAN. Des manifestants détenus à Souleymanieh entament une grève de la faim

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Des dizaines de manifestants qui ont été détenus à Souleymanieh alors qu’ils dénonçaient l’offensive turque contre la région kurde d’Irak ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur arrestation.
 
Au moins 54 personnes, dont huit femmes, ont été détenues lors d’une opération des forces de sécurité dimanche soir contre une manifestation organisée par l’organisation Tevgara Azadi dans la ville de Slemani.
 
Le journaliste de l’ANF Rebaz Hessen, qui a été libéré mardi suite à la pression internationale, a déclaré que parmi les personnes restées derrière les barreaux figuraient des personnes souffrant de problèmes cardiaques et d’autres problèmes de santé.
 
« Certains détenus n’ont rien à voir avec la manifestation du 25 avril. Ils ont été détenus au hasard alors qu’ils venaient de passer. Ils mènent également une grève de la faim comme les autres », a-t-il déclaré.
 
Des centaines de policiers armés et de responsables du renseignement local ont envahi la rue Salim, l’artère principale de Slemani, à la recherche des personnes impliquées dans la manifestation.
 
Une source qui a demandé à rester anonyme a déclaré aujourd’hui que les ordres d’arrestation provenaient probablement de Turquie, travaillant aux côtés du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) au pouvoir dans la région, contrôlé par la famille Barzani.
 
«La Turquie a accru sa présence militaire, avec plus de 100 bases dans les zones de contrôle du PDK. Nous [Kurdes] sommes attaqués des deux côtés, de la Turquie au nord et des forces de mobilisation populaire [la milice iranienne] au sud», a-t-il déclaré.
 
Tevgara Azadi, basé à Slemani, est considéré comme soutenant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
 
Il s’est engagé à organiser de nouvelles manifestations jusqu’à ce que tous les détenus soient libérés sains et saufs.
 
La dissidence politique est à peine tolérée au Kurdistan irakien, où les journalistes et les critiques du gouvernement sont souvent la cible d’arrestations et même d’assassinats.
 
La plus grande pression est exercée dans le gouvernorat d’Erbil, qui est sous le contrôle du PDK. Le gouvernorat de Slemani est contrôlé par l’Union patriotique du Kurdistan (PUK), dirigée par la famille Talibani.
 
L’année dernière, des manifestations antigouvernementales massives ont éclaté dans la région en raison de l’incapacité du gouvernement à payer les salaires du secteur public. Au moins neuf personnes ont été tuées et les bureaux des partis politiques incendiés alors que la colère s’était propagé dans la plupart des grandes villes.
 
Pendant ce temps, l’invasion de la province montagneuse de Duhok par la Turquie se poursuit, avec des affrontements entre ses soldats et les guérilleros du PKK dans les zones de défense de Medya.
 

La Turquie aurait utilisé des armes chimiques au Kurdistan du Sud

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Un cadre de la guérilla kurde a déclaré que l’armée turque a utilisé des armes chimiques pendant son offensive militaire en cours au Kurdistan du Sud. Ce n’est pas la première fois qu’on accuse la Turquie d’utiliser des armes chimiques contre les combattants kurdes.
 
Le porte-parole du Comité des relations extérieures de l’Union des communautés du Kurdistan, le KCK, Zagros Hiwa, a déclaré que des armes chimiques ont été utilisées à trois reprises par l’État turc au Kurdistan du Sud au cours des trois derniers jours.

Zagros Hiwa

Dans une déclaration faite au journal britannique Moring Star, le porte-parole du Comité des relations extérieures de l’Union des communautés du Kurdistan, le KCK, Zagros Hiwa, a déclaré que l’armée turque a utilisé des armes chimiques trois fois de suite au cours des trois derniers jours à Metia, Zap et Avashine dans le sud du Kurdistan. Et que les bombardements des forces turques ont entraîné des coupures de courant dans 67 villages de la région d’Amediye.
 
Le 23 avril, les forces d’occupation turques ont lancé une opération contre des zones de la zone d’autodéfense de Medya, dans le sud du Kurdistan, alors que de violents affrontements se poursuivent entre les forces de guérilla et les forces d’occupation turques.
 

KURDISTAN DU SUD. Arrestations des manifestants qui dénoncent l’offensive militaire turque

KURDISTAN DU SUD – Alors que la Turquie a lancé une nouvelle offensive militaire contre les bases du PKK dans le nord de l’Irak le 23 avril, les autorités kurdes ont arrêté des dizaines de manifestants descendus dans la rue contre l’agression turque.

Des arrestations ont eu lieu dans la ville de Souleymanieh dirigée par l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) qui s’accommodait de la présence du PKK sur le territoire irakien contrairement au Parti démocratique du Kurdistan au pouvoir (PDK).
 
Les forces de sécurité d’Asayish affiliées à l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) ont arrêté également le journaliste Rebaz Hassan (libéré depuis) alors qu’il couvrait une manifestation contre les opérations militaires turques au Kurdistan irakien le 25 avril.
 
« Dimanche (…), une manifestation était organisée pour dénoncer, notamment, la complicité des autorités kurdes irakiennes, alliées d’Ankara dans la lutte contre leur frère ennemi le PKK. 54 personnes ont été arrêtées à Souleymanieh.
 
Des arrestations qui sont devenues presque habituelles pour les militants et journalistes jugés trop proches du parti des travailleurs du Kurdistan. En 2016, Wadat Hussain, journaliste pour un média pro-PKK, a été tué à Dohuk », écrit RFI.

Affaire Kobanê. « Un procès politique sous régime dictatorial »

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Le député européen, François Alfonsi dénonce le procès politique intenté contre 108 membres d’HDP accusés de soutenir le terrorisme suite à leur soutien d’il y a 7 ans à la ville kurde de Kobanê qui était assiégée par l’État islamique.
 
L’eurodéputé François Alfonsi faisait partie d’une délégation internationale qui a assisté au « Procès Kobanê » qui a eu lieu à Ankara le 26 avril. Il dénonce la « justice politique, instrumentalisée par un régime policier dictatorial ».
 
François Alfonsi a rapporté ses observations autour du « Procès Kobanê » dans le texte suivant publié sur son blog personnel:
 
« Nous sommes une vingtaine d’élus venus du Parlement Européen (moi-même du groupe Verts-ALE et deux socialistes suédoise et italien), et de différents parlement nationaux (d’Espagne pour des élus nationalistes basque, catalan et galicien, socialistes de Suède, de Pologne, de Grèce et même de France avec Alexis Corbière, député de France Insoumise) dans le car qui nous emmène d’Ankara vers une des prisons où sont incarcérés une grande partie des dirigeants du parti pro-kurde HDP. L’un de ceux dont le procès s’ouvre est son co-président, député élu à l’Assemblée Nationale turque, figure emblématique du mouvement, Selahattìn Demirtas, dont le Parlement Européen vient de demander la libération immédiate dans une résolution votée lors de sa session de mars. Selahattin Demirtas est incarcéré à l’autre bout du pays, à la frontière avec la Bulgarie, et il comparaît en visioconférence comme plusieurs de ses compagnons.
 
La motion du Parlement Européen a fait suite aux décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg qui arbitre les conflits en dernier ressort sur la base de la Charte Européenne des Droits de l’Homme signée par chaque Etat partie prenante du Conseil de l’Europe, organisme fondé au lendemain de la seconde guerre mondiale, dont fait partie la Turquie.
 
Mais les décisions de justice de la CEDH n’ont jamais été suivie d’aucune libération effective sous Erdogan. Tout juste ont-elles eu pour impact de susciter de nouvelles machinations judiciaires qui lui permettent de louvoyer lors des sommets internationaux. Ainsi, les motifs qui conduisaient Demirtas et certains de ses amis en prison, détention condamnée par la CEDH en décembre 2020, ont-ils été « étoffés » par la justice turque par de nouvelles incriminations, ce qui a permis de relancer mécaniquement la procédure judiciaire de zéro auprès de la CEDH, et rendue ainsi caduque la décision de libération intervenue.
 
Cependant, dans le cas de Demirtas, détenu depuis déjà cinq années, l’exercice devient compliqué pour ceux qui se disent des « juges indépendants ». Pas possible en effet de lui attribuer la responsabilité de quoi que ce soit alors qu’il était emprisonné. Il fallait donc ressortir des affaires anciennes remontant à l’époque où il était en responsabilité.
 
Ainsi en est-il du procès actuel, relatif à des manifestations qui ont eu lieu il y a sept ans, et qui avaient dégénéré quand la ville kurde de Kobané, située côté syrien à la frontière entre la Syrie et la Turquie, était assiégée par les soldats d’un Etat Islamique alors à son apogée. Ces manifestations ont été violentes et ont provoqué 37 personnes tuées, la plupart étant d’ailleurs des jeunes Kurdes tués par la police anti-émeute.
 
En 2014, la résistance héroïque des forces kurdes de Kobané avait permis le tournant historique qui a conduit à la défaite de l’Etat Islamique, malgré la complicité affichée par l’armée turque qui, depuis la frontière, observait les combats à la jumelle tout en bloquant toute possibilité de secourir les Kurdes assiégés, au plan humanitaire comme au plan militaire.
 
Les foules kurdes en colère ont alors manifesté dans les rues de toutes les villes de Turquie, jusqu’à ce que le gouvernement, sous pression également de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, cède et finisse par ouvrir un « corridor » à travers lequel des volontaires kurdes de Turquie et d’Irak ont apporté ravitaillement et renforts aux combattants de Kobané, jusqu’à la victoire.
 
Dans cette « négociation musclée » qui avait conduit l’Etat turc à ouvrir enfin sa frontière, la question des suites judiciaires des manifestations était passée à la trappe. Sept ans plus tard, les procès ont été réactivés, incriminant le parti pro-kurde HDP comme initiateur des violences, et son Président Demirtas comme principal responsable. Tous ceux qui avaient une responsabilité établie à l’époque au sein de HDP ont été inculpés, d’où le très grand nombre de prévenus (108 !), plusieurs d’entre eux ayant été élus entre-temps députés (parmi les 108, 34 sont députés ou anciens députés), ou bien maires de villes kurdes (48 maires sur 65 ont été destitués après leur élections, et plusieurs sont parmi les 108) ; également en ligne de mire du pouvoir turc, la dissolution et l’illégalisation du parti kurde HDP, malgré l’opposition internationale que nous sommes venus représenter. Et tout cela en instrumentalisant des faits qui sont l’honneur du peuple kurde pour qui la judiciarisation de la résistance de Kobané est intolérable.
 
Le Palais de Justice où se rend notre délégation d’observateurs jouxte la prison située à une cinquantaine de kilomètres d’Ankara. La salle du Tribunal est immense, mais les travées sont « allégées » en raison de la crise sanitaire et de distanciation sociale. Notre carré d’observateurs est situé au fond, avec celui des journalistes. A nos côtés quelques représentants d’ambassades européennes : Danemark, Belgique, Suède et Irlande, ainsi que la représentante officielle de l’Union Européenne. A gauche place aux « plaignants » arrivés groupés sous escorte policière derrière une banderole du parti d’Erdogan, l’AKP. La travée de droite est partagée entre les familles et les avocats des prévenus. L’immense zone centrale est réservée aux accusés présents, et, surtout, aux forces de sécurité qui remplissent la salle de façon démesurée, gendarmes et militaires. Les policiers, eux, nous font face comme les stadiers face aux hooligans dans un terrain de foot. Ils sont partout, dedans, dehors, en civil ou en manœuvre sur le parking.
 
Le résultat mécanique de cette invasion sécuritaire doublée des consignes liées au Covid est de limiter la participation des familles, du public et des avocats. Comme il y a 108 inculpés, il y a trop d’avocats pour la place qui leur est dévolue, et seulement une cinquantaine sont autorisés à entrer, alors que trois cents gendarmes et militaires monopolisent inutilement toute la place disponible dans le parterre de la salle d’audience.
 
Les avocats protestent et demandent à ce que tous leurs collègues empêchés d’entrer puissent le faire. Refus des juges, protestations et sortie groupée de tous les avocats entrés à l’ouverture du procès. Le juge poursuit imperturbable l’appel des 108. Suit une interruption de séance. A la reprise les avocats reviennent pour soulever l’incompétence du Tribunal. Elle est manifeste notamment pour Demirtas dont l’acte d’accusation comprend des motifs déjà jugés lors de ses précédents procès. Les juges ne se retirent même pas pour délibérer et ils rejettent sans examen la demande des avocats.
 
Ceux-ci protestent à nouveau bruyamment durant la lecture monocorde du long acte d’accusation des 108 inculpés. Puis, avant que la juge n’en finisse, ils quittent collectivement la salle d’audience, et nous les suivons tout naturellement.
 
En conférence de presse un peu plus tard dans les locaux de HDP à Ankara, nous faisons tous le même compte rendu de nos observations : nous avons été observateurs d’une justice politique, instrumentalisée par un régime policier dictatorial. La presse turque, aux ordres du pouvoir, a boycotté notre conférence de presse. La représentante permanente de l’Union Européenne en Turquie y a assisté.
 
Nous avons été présents et solidaires. Il faudra continuer à l’être pendant encore longtemps. »
 
François ALFONSI

Les citoyens occidentaux appelés à agir contre la guerre anti-kurde de la Turquie soutenue par l’Occident

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SUD KURDISTAN – Alors que la Turquie, membre de l’OTAN et alliée de l’Occident, a lancé une nouvelle attaque militaire contre la région kurde d’Irak, l’activiste Firaz Amargi appelle les citoyens d’Europe et des Etats-Unis à agir activement dans leurs pays pour mettre fin au soutien de l’Occident à la guerre anti-kurde de la Turquie.

Voici l’appel de Firaz Amargi:
 
« Vendredi, l’OTAN a lancé une nouvelle guerre d’agression. Des avions turcs bombardent les régions kurdes de Metina, Avasin et Zap, au Kurdistan du Sud.  Des hélicoptères larguent des soldats qui se livrent à de violents combats avec les guérilleros sur place. Jusqu’à présent, des rapports ont fait état de lourdes pertes dans l’armée turque. Si lourd que les généraux et les dirigeants politiques turcs sont manifestement prêts à utiliser du gaz toxique contre les combattants kurdes.

Ce n’est pas une guerre «ordinaire».  Les vastes préparatifs qui y ont été faits le prouvent: après la lourde défaite de l’armée turque à Gare en février de cette année, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar s’est rendu à Londres, où il s’est entretenu pendant plus de deux jours.

Un peu plus tard, Ursula von der Leyen et Charles Michel – les plus hauts représentants politiques de l’UE – se sont rendus à Ankara.  Enfin, le président américain a appelé Erdogan. Les attaques aériennes et terrestres contre le Kurdistan du Sud ont commencé quelques heures seulement après leur conversation téléphonique.  Si l’armée turque réussit à maîtriser les régions de Zap, Avasin et Metina, elle dirigera ses prochaines attaques contre Qandil et Sinjar. 

Il occupera le Kurdistan du Sud et voudra chasser la population kurde locale.  Ce qui se passe aujourd’hui à Afrin serait une réalité demain dans tout le Kurdistan du Sud.  Expulsion, meurtre, viol et installation systématiques des islamistes et de leurs familles – en d’autres termes: un génocide kurde.

Au cours des dernières semaines, Londres, Bruxelles, Berlin et Washington ont donné au gouvernement Erdogan-Bahceli le feu vert pour la guerre d’agression qui vient de commencer.  Ils ont promis à Erdogan de ne pas exercer de pression politique efficace, de continuer à fournir des armes et de l’argent et également d’approuver l’utilisation d’armes chimiques. 

Les premières heures des attaques contre Zap, Avasin et Metina le prouvent.  Les planificateurs et instigateurs de cette guerre renouvelée sont basés à Londres, Bruxelles, Berlin et Washington.  Il est donc tout aussi légitime que la résistance de la guérilla aux attaques directes sur le terrain de prendre une position résolue contre le système politique et les dirigeants individuels dans les villes occidentales susmentionnées.

Mais comment?  Les manifestations sont bonnes et importantes.  Surtout si elles ont des objectifs spécifiques et locaux et ne se limitent pas à attirer l’attention de la population locale sur des itinéraires familiers dans le centre-ville.  Les manifestations peuvent bloquer les institutions, se rendre sur les lieux de travail et de résidence des bureaucrates responsables, des gestionnaires et des généraux, ou fermer les ports, les routes et les aéroports par lesquels les armes sont livrées à la Turquie.

Mais il en faut davantage contre une guerre comme celle-ci.  Une guerre qui vise le génocide.  Il faut prend des mesures beaucoup plus fortes. 

Si les guerres sont payées avec l’argent des contribuables de la société britannique, belge, allemande ou américaine, alors il faut des gens qui refusent de continuer à payer leurs impôts. Si les guerres sont rendues possibles par le silence de la population (…), alors il faut des gens qui mettent fin à leurs vies habituelles et se dressent comme des barrières vivantes devant les usines d’armes, les ministères ou les maisons des bellicistes 24 heures sur 24.  Qui renonce au sommeil, à la nourriture ou au confort lorsque cela est nécessaire.

Et si une guerre comme celle contre les Kurdes est rendue possible par le fait que les fascistes turcs peuvent se déplacer sans encombre dans les capitales de l’Angleterre, de la Belgique, de l’Allemagne et des États-Unis, alors il faut des gens pour fermer les lieux de travail et de divertissement de ces turcs fascistes.

ANF

TURQUIE. Un jeune kurde torturé et tué dans un centre de détention pour mineurs à Istanbul

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ISTANBUL – Kadir Aktar, un Kurde de 17 ans, aurait été torturé puis tué dans un centre de détention pour mineurs d’Istanbul. Un rapport médical a déclaré qu’il avait été battu, frappé, reçu des coups de pied, mordu et griffé.
 
Ali Haydar Hakverdi, député du parti de l’opposition CHP, a présenté une série de questions parlementaires le 27 avril au sujet de Kadir Aktar, un adolescent de 17 ans, aurait été torturé et finalement tué dans un établissement pénitentiaire d’Istanbul.
 
Aktar a été arrêté à la suite d’un incident du 18 juillet 2020 dans le quartier Avcılar d’Istanbul où un policier a été tué, mais a été libéré le 16 février.
 
Aktar a été de nouveau détenu deux jours après sa libération, cette fois en relation avec une fusillade survenue le 17 juillet 2020, près du lieu du premier incident pour lequel Aktar a été détenu.
 
Aktar est mort un jour après sa deuxième détention, soulevant des questions dans l’esprit de sa famille sur la manière de sa mort, en particulier parce qu’il semblait visiblement battu au tribunal lorsque son avocat l’a vu suivre sa déclaration concernant la deuxième série d’accusations contre lui.
 
L’administration du centre de détention pour mineurs de Maltepe a déclaré qu’Aktar avait été retrouvé mort dans sa cellule dans un suicide apparent, mais une autopsie préliminaire de son corps a révélé une hémorragie interne dans les avant-bras et le bas des jambes, a déclaré l’avocat Ahmet Atalay.
 
Aktar aurait également dit à sa sœur après sa première détention qu’il avait été « soumis à des pressions, battu et forcé à prendre des pilules » pendant ses sept mois dans l’établissement pénitentiaire, et sa famille a appris après sa libération qu’il avait été emmené à l’hôpital 23 fois dans la même période de temps.
 
«Ces visites ont été classées dans le cadre de contrôles généraux, maladies suspectes et consultations psychiatriques, mais sa famille n’en a eu connaissance qu’après sa mort», a noté le député du CHP Hakverdi.
 
La police a déclaré à la famille que les contusions sur le corps d’Aktar étaient le résultat d’une bagarre entre Aktar et les policiers qui s’était produite parce qu’il avait résisté à sa deuxième détention dans sa cellule, mais les images de la caméra réfutent cette déclaration, a ajouté Hakverdi.
 
« Le rapport de l’hôpital indique qu’Aktar a été battu, frappé, roué de coups de pied, tordu et mordu ou griffé par une autre personne », a déclaré Hakverdi.
 
L’adolescent kurde aurait purgé cinq mois au maximum sur les accusations de sa deuxième détention, a noté Hakverdi, ajoutant qu’une enquête devrait être menée sur pourquoi un jeune de 17 ans se suiciderait ou a été amené à se suicider dans cette affaire.
 

Le tatouage kurde (Deq) depuis l’antiquité

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Dans le passé, les Kurdes fabriquaient du deq (tatouage) en mélangeant du lait maternel et de la suie. De nos jours, en particulier des jeunes, se font tatouer des motifs différents avec des tatouages obtenus grâce aux encres contenant des pigments de synthèse.
 
La tradition du deq (tatouage), qui existait dans l’Antiquité bien avant l’apparition de l’écriture, est toujours prisée chez les hommes et les femmes, après des milliers d’années. Deq est l’un des ornements indispensables des jeunes femmes d’Amed, en particulier dans la région de Karacadağ.
 
Au début du 6ème siècle, Amidenus Aetius, célèbre guérisseur byzantin vivant à Amed, écrivit la préparation du matériau à utiliser dans la production de deq et son application sur la peau dans son célèbre livre médical « Medicae Artis Principes ».
 
Le déq, qui symbolise la foi, l’amour, la fertilité ou l’appartenance, est injecté sous la peau en forme de motifs indélébiles. Dans le passé, le processus de fabrication de deq était fait avec un rituel cérémoniel. Aujourd’hui, le deq est appliqué avec une machine par des peintres ou des designers.
 
Dans le passé, les Kurdes fabriquaient le deq en mélangeant du lait maternel et de la suie. De nos jours, en particulier les jeunes hommes et femmes portent des messages différents avec les deqs qu’ils obtiennent avec les techniques modernes.
 
Puisque Deq est fabriqué en traitant un colorant qui ne peut pas être complètement détruit par la peau, jusqu’à la couche inférieure de la peau avec une technique spécifique, les motifs traités deviennent permanents. Les deq de différentes époques dans différentes parties du monde contiennent des indices importants sur les croyances religieuses, l’appartenance, la place dans la société, les autorités sociales et politiques, les critères de respectabilité et d’attractivité, et leur amour des personnes de différentes civilisations. Il semble que les gens et les communautés visent déjà à les expliquer et à les transmettre de génération en génération.
 
Des tatouages datant de 7 mille ans
 
On trouve les premières traces du tatouage (deq) en Afrique et en Amérique du Sud au 5e millénaire avant notre ère. Après cette date, des tatouages sur diverses parties du corps à des fins différentes ont été observés en Autriche, en Italie, en Mésopotamie, en Grèce, au Japon, en Chine, en Nouvelle-Zélande et en Australie.
 
Le deq a été l’une des plus anciennes méthodes d’expression symbolique depuis la période pré-écriture.
 
Les preuves concernant la période écrite se composent des manuscrits des anciens penseurs et historiens de la période grecque et romaine, en particulier la Torah datant de 1400 avant JC.
 
Amidenus Amidenus a écrit son livre au 6ème siècle
 
Aux XIXe et XXe siècles, des scientifiques ont mené des recherches et écrit des articles sur l’histoire du deq dans de nombreuses régions du monde, mais sans aucun doute le nom le plus important de la période romaine orientale (byzantine) était Amidenus Aetius, le célèbre médecin qui vivait à Amed. au début du 6ème siècle. Amidenus Aetius, connu comme l’auteur du plus ancien livre sur la technique deq, a expliqué en détail la préparation du matériau à utiliser dans la production de deq, son application sur la peau et même le nettoyage du deq dans son célèbre travail médical « Medicae Artis Principes ».
 

Comment cela ce passait-il à l’époque?

Dans son travail, Aetius a fait l’explication suivante sur la préparation du matériau deq utilisé à cette époque et son application au cuir: « Un peu de bois de pin (surtout son écorce), une pincée de bronze corrodé, un peu de gomme, un bois l’huile (ce pourrait être de la peinture noire à la place) a été broyée et mélangée. D’autre part, un mélange différent est préparé en broyant le bronze corrodé avec du vinaigre. Ensuite, un peu de jus de poireau et un peu d’eau sont ajoutés et mélangés pour rapprocher ces deux mélanges. Tout d’abord, l’endroit à faire est lavé avec du jus de poireau, puis un motif est dessiné sur la peau en le perçant avec des aiguilles jusqu’à ce que le sang sorte, puis le mélange ci-dessus est injecté. »

Le deq dans la culture mésopotamienne

Les «marquages de fer» datant de 3000 avant J.-C. découverts en Mésopotamie prouvent qu’en Assyrie et à Babylone, les deq étaient principalement utilisés pour déterminer la propriété des esclaves, des animaux et des temples. À l’époque babylonienne, les esclaves et les serviteurs du temple étaient marqués d’une étoile qui dénote le droit de propriété du temple d’Enna à Uruk et symbolise la déesse Ishtar. Il existe de nombreux documents écrits à Babylone selon lesquels la deq a été utilisée pour déterminer les droits de propriété des esclaves.

Les esclaves étaient marqués avec le deq

En Mésopotamie, le déq était utilisé pour punir principalement les esclaves et les criminels à presque toutes les époques. Alors qu’au début de la période de Babylone, seuls les criminels, les esclaves ou plus tard les esclaves étaient stigmatisés contre les parents, il est entendu que les esclaves étaient stigmatisés dans les documents babyloniens moyens pour les distinguer de leurs maîtres. À l’époque néo-babylonienne, les esclaves ont commencé à être stigmatisés afin de comprendre l’identité de leurs maîtres en frappant un signe spécifique à leur maître sur leurs bras ou leurs mains.

Deq dans les lois d’Hammurabi

Certains articles des « Lois d’Hammourabi », qui sont acceptés comme les textes juridiques les plus anciens de l’humanité, montrent qu’à Babylone à cette époque, le deq était appliqué aux mains et aux visages des esclaves pour déterminer leur propriété. Par exemple, selon l’article 226 des lois Hammurabi, les pratiques liées au marquage sont exprimées comme suit: « Si [on] marque un esclave non réclamé avec un autre signe, sans le consentement du propriétaire de l’esclave, les doigts du tamponneur seront coupés. » 

Les religions l’interdisent

Le dessin de toute forme ou figure sur le corps, qui est interdit par les trois grandes religions avec à la fois des vers et des hadiths, se poursuit malgré les interdictions religieuses. Si le déq est strictement interdit dans le judaïsme, dans le christianisme et l’islam, ile n’est pas spécifié avec des interdictions, mais dans les hadiths ou explications avancées par le clergé, la pratique du deq sur le corps n’est pas prise en considération.

Tout au long du Moyen Âge, sous l’influence des écritures de trois grandes religions, le deq était considéré comme une «coutume païenne»; il n’a pas été bien accueilli car il était considéré comme «démanteler la création de Dieu»; et totalement interdit.

Indispensable dans l’histoire humaine

Déq, qui a cessé d’être un outil de communication symbolique de la culture non écrite dans les premières communautés établies de l’histoire, est devenu aujourd’hui l’une des composantes indispensables de l’industrie de la mode et de la beauté, a été un phénomène commun dans presque toutes les cultures de l’histoire humaine.

Aujourd’hui, les deqs traditionnels fabriqués en particulier à Amed, Mardin et Urfa sont fabriqués avec du lait mélangé à de la suie et des aiguilles à coudre par des femmes.

La tradition est toujours en cours

La tradition du deq se poursuit encore à Amed, en particulier dans les régions de Karacadağ et Çınar. Alors que les femmes font généralement deq sur le front, le menton, la cheville, la main et la partie supérieure de la poitrine, les hommes le font sur leur poignet, le haut de la main et les bras. Surtout dans la région de Karacadağ, chacune des deqs faites par les vieilles femmes symbolise un événement différent, une croyance ou un espoir. En règle générale, il est possible de rencontrer différentes figures d’animaux en utilisant des images du soleil et de la lune.

Deq est également largement joué par des femmes des districts de Siverek, Viranşehir et Hilvan à Urfa et Derik, Mazıdağı, Kızıltepe, Ömerli et Nusaybin à Mardin.

3 points sur les mains des garçons

Au Kurdistan, les femmes sont tatouées pour « leur beauté, gagner l’admiration des hommes, être prête pour le mariage, avoir de la bonne chance et bonne fortune, donner naissance, être protégée du mauvais œil, avoir la longue vie, ayant des mains fertiles », alors que les hommes sont tatoués généralement sur le front et que les garçons ont des motifs en forme de trois points dessinés entre l’index et le pouce sensés éloigner la mort.

Les motifs que les femmes portent sur les parties de leur corps telles que la main, le bras, la cheville, le cou, le menton, le front sont généralement un oiseau ou une gazelle un point, triangle, octogone, carré, quadrilatère divisé en deux, formes géométriques à pointes arrondies, tandis que les hommes portent généralement des motifs de scorpions, de serpents, de pistolet et d’épée.

Les histoires derrière les motifs du deq

LÈVRES MAQUILLEES EN VERT:

La rumeur veut que les femmes qui protestaient contre les hommes qui embrassaient de force une femme sur le marché de la Mecque à l’époque préislamique se maquillaient les lèvres en vert et donnent naissance à l’apparition du deq.

MOTIF SOLAIRE:

La course du soleil, faite avec neuf points sur les tempes droites des hommes, indique que la personne qui la porte sera toujours prudente, sage et intelligente, et ne brûlera pas dans l’au-delà. Les motifs communs du Soleil et de la Lune symbolisent la source de la vie et le désir de la vie éternelle.

LA CROIX:

Bien que le motif de la croix soit connu comme un symbole du christianisme, l’histoire de ce motif remonte à loin. On pense qu’il donne une direction de bon augure avec ses couleurs et protège du mauvais œil.

MOTIF DE L’ARBRE DE VIE:

Le motif de l’arbre de vie descendant du cou à la poitrine chez les femmes découle de la croyance de la déesse mère. La source de la vie imagine la fertilité de la mère, les étapes du développement fœtal, et enfin la vie et la mort.

MOTIF LUNAIRE:

Il symbolise la source de la vie et le désir de la vie éternelle.

 
 

Turquie : Le putsch permanent contre la démocratie – PCF

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PARIS – A l’occasion de la première audience du « Procès Kobanê » visant 108 élus kurdes d’HDP, le Parti Communiste Français (PCF) dénonce dans un communiqué les tentatives d’interdiction du parti HDP par le régime turc et la complaisance du gouvernement français qui criminalise les Kurdes sur le sol français.

Voici le communiqué du PCF: 

« Le 26 avril 2021 s’est ouvert à Ankara le procès de 108 dirigeants du Parti démocratique des peuples (HDP). Le régime de R.T. Erdogan leur reproche d’avoir organisé, en octobre 2014, des manifestations de soutien aux combattants kurdes qui opposaient une résistance farouche à l’offensive de l’État Islamique dans la ville symbole et martyre de Kobanê. Celles-ci faisaient écho aux inquiétudes de l’opinion publique mondiale qui exprimait, dans un même mouvement, sa solidarité à l’égard de l’héroïsme de ces femmes et de ces hommes face à l’obscurantisme.

Le Parti démocratique des peuples est aux avant-postes pour promouvoir les valeurs humanistes qui sont les nôtres. C’est d’ailleurs la seule formation turque qui s’est félicitée, dans un contexte d’hystérie ultra-nationaliste, de la reconnaissance du génocide arménien par les États-Unis. Nous sommes indéfectiblement à leurs côtés pour défendre l’universalisme des droits humains au moment où la Turquie vient de se retirer de la convention d’Istanbul, premier instrument juridique au monde pour prévenir et combattre les violences contre les femmes.

Alors que les menaces régionales perdurent, que Daesh se restructure en Irak ou en Syrie et mène chaque jour de nouvelles opérations, les communistes condamnent sans réserve ce nouveau procès politique qui vise à broyer toutes les formes d’opposition et à supprimer toute expression du dissensus politique. Cette parodie de justice doit être annulée et tous les prisonniers politiques libérés, notamment Abdullah Ocalan.

La procédure d’interdiction du HDP

Chaque jour, la Turquie de R.T. Erdogan s’enfonce dans la destruction de la démocratie. Elle vient aussi d’engager une procédure de dissolution du Parti démocratique des peuples.
Après plusieurs semaines de violentes attaques conjointes de la part des islamo-conservateurs de l’AKP et des fascistes du MHP, le procureur de la Cour de cassation a rédigé et remis à la Cour constitutionnelle un dossier demandant l’interdiction du HDP, troisième force parlementaire du pays.

Cette nouvelle offensive de R.T. Erdogan contre l’expression de la volonté populaire s’inscrit dans l’impitoyable répression qui frappe cette formation. Plus d’une dizaine de parlementaires croupissent en prison, 60 maires ont été révoqués, et ces derniers jours près de 800 militants ont été arrêtés. Des procédures se focalisent contre les parlementaires Berdane Oztürk, Cerhan Isik, Sezai Temelli, Tayip Temel, Murat Sarisac. Ils ne sont pas les seuls. La députée d’Agri Dilan Dirayet Tasdemir fait l’objet de poursuites, tandis que le défenseur des droits humains Omer Faruk Gergertioglu vient d’être condamné à deux ans et demi de prison.

Le dépôt de ce dossier d’interdiction du HDP vise plusieurs objectifs : la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés du HDP, puis l’organisation d’un procès afin d’obtenir leur destitution et leur condamnation pour « terrorisme ». L’étirement de la procédure devrait permettre à R.T. Erdogan de ne pas s’exposer à des scrutins partiels avant la consultation de 2023 et de se maintenir au pouvoir, d’autant que la crise économique et sanitaire provoque un profond mécontentement dans le pays.

L’AKP cherche aussi par le truchement d’une réforme constitutionnelle (art.14) à interdire à vie les activités des cadres et élus du HDP en prohibant la reconstitution du parti sous une autre appellation. 687 dirigeants et militants sont cités dans cet acte. À cela s’ajoute l’interruption du soutien financier au HDP et la saisie de tous ses biens. Il s’agit donc d’un véritable putsch contre la démocratie !

Pendant ce temps, E. Macron tente de renouer des liens avec le tyran d’Ankara, tandis que l’Union européenne joue les bons offices, au prix de quelques humiliations, afin de s’assurer que les migrants seront toujours contenus derrière la frontière turque. Ces dirigeants qui ne manquent jamais une occasion de faire des leçons de morale à la terre entière sont totalement silencieux face aux piétinements des droits humains par la Turquie de R.T. Erdogan. Le cynisme atteint son paroxysme avec les procédures d’intimidations, les arrestations et les menaces d’extradition qui pèsent sur les Kurdes qui vivent sur notre territoire, qui s’engagent pour la paix et la liberté et qui subissent, comme la communauté arménienne, les attaques et les violences des « Loups gris ».

Les communistes sont indéfectiblement aux côtés des démocrates de Turquie et notamment des Kurdes. Stop Erdogan ! »

Pascal Torre
Responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

 

« Ils reconnaissent le génocide arménien, mais exterminent les Kurdes »

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Le jour où les Etats-Unis ont reconnu officiellement le génocide arménien, la Turquie a débuté une nouvelle opération militaire dans la région kurde d’Irak. Sachant que la veille, Joe Biden avait téléphoné à Erdogan et que « les deux dirigeants sont convenus du caractère stratégique de la relation bilatérale et de l’importance de travailler ensemble à bâtir une coopération plus étroite sur les sujets d’intérêt mutuel », déclarait la présidence turque dans un compte rendu de la conversation, l’attaque turque contre le Kurdistan du Sud a certainement reçu le feu vert de Biden.

Le vice-directeur de l’Académie de la politique et de la pensée démocratique du Kurdistan du Sud, Kamiran Barawari a déclaré que l’attaque de l’occupation turque contre les bases du PKK s’inscrit dans le cadre d’un plan global auquel participe l’Etat conspirateur contre le peuple kurde. Il a également appelé les forces du Kurdistan du Sud à prendre une position ferme contre ces attaques.

Kamiran Barwari a parlé à l’Agence de presse Hawar (ANHA) de l’évolution générale de la situation au Kurdistan, des attaques de l’État d’occupation turc contre les zones de défense légitime, ainsi que du plan visant Şengal (Shengal).

Le but est d’occuper le Kurdistan

Kamiran Berwari a noté que cette attaque s’inscrivait dans le cadre d’un plan global visant les Kurdes et le Kurdistan, et a déclaré : « L’objectif régional, international et local de ces attaques est de réoccuper complètement le Kurdistan et de mettre fin aux acquis du peuple kurde. » Berwari a appelé les forces du Kurdistan du Sud à adopter une position ferme contre ces attaques.

Kamiran Berwari a déclaré que « Les ennemis et les occupants du Kurdistan, les pays conspirateurs qui ont participé au complot de 1999, sont tous d’accord sur cette idée. L’appel téléphonique entre le président américain Joe Biden et Erdogan, la réunion que le secrétaire d’État américain a tenue avec les forces du Kurdistan du Sud, la déclaration américaine sur l’attribution de récompenses à ceux qui fournissent des informations sur les dirigeants kurdes, les attaques de Şhengal et de Qamishlo, le fait de permettre à l’État turc d’occuper le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, les Balkans, la Russie et de nombreux autres pays, tous ces événements ne sont pas sortis du néant. Ils ont été planifiés. Le PKK est considéré comme le principal obstacle à la réalisation de tous ces plans, car le PKK exige un Kurdistan libre. »

D’abord Shengal, le Kurdistan du Sud ensuite

Conformément aux termes de l’accord d’occupation de Shengal, signé entre le PDK et le gouvernement irakien, les forces irakiennes ont tenté d’entrer dans Shengal. Mais elles se sont heurtées à la résistance des habitants de la région. Selon Berwari, le plan d’occupation comprend l’occupation de Shengal d’abord et du Kurdistan du Sud ensuite, et Barwari a ajouté à ce sujet : « Leur premier objectif est Shengal et le Kurdistan du Sud, le Rojava et l’élimination des entités existantes là-bas. Ces forces associées aux occupants ne veulent pas réaliser l’unité kurde. Les forces politiques du Kurdistan du Sud doivent se revoir et penser que l’ennemi et les occupants du Kurdistan ne les soutiendront en aucune façon. Ceux qui commettent une trahison seront victimes de leur trahison. »

Ils ont reconnu le massacre des Arméniens, mais exterminent les Kurdes

Après l’appel téléphonique entre Joe Biden et Erdogan, l’État turc a lancé son attaque contre le Kurdistan du Sud; ce n’était pas une simple coïncidence, et cela a soulevé des questions quant à savoir si l’Amérique avait donné son feu vert à cette attaque. Concernant la position américaine sur cette question, Barwari a déclaré : « Nous espérons que Joe Biden ne déformera pas sa réputation devant l’humanité libre, les révolutionnaires et le peuple kurde. Et la nouvelle administration américaine ne sera pas entraînée dans les plans de l’État turc. Il a été pris par l’administration américaine et le reste du monde, d’une part ils reconnaissent le génocide arménien, et d’autre part, ils acceptent de génocider le peuple kurde. Le génocide arménien est un crime majeur commis par l’État turc et l’humanité. Si l’humanité n’est pas loyale envers les Arméniens, elle n’a aucun sens. Le peuple kurde est actuellement dans la même tranchée que les Arméniens. Nous devons renforcer l’unité politique et diplomatique entre les Arméniens, les Kurdes, la Grèce et le reste des autres peuples qui ont été touchés par l’Empire ottoman.

Si l’administration de M. Biden commet la même erreur que les administrations de George W. Bush, Barack Obama et Donald Trump, une opposition pourrait se manifester en Amérique. L’administration américaine devrait soutenir un Kurdistan libre et une entité démocratique dans toutes les régions du Kurdistan. Les Kurdes ne peuvent pas vivre dans cet état actuel. »

Le Pentagone et l’OTAN devraient prévenir la Turquie contre cette attaque

Barwari a également évoqué le silence du gouvernement de la région du Kurdistan du Sud et du gouvernement irakien, qualifiant cette situation de « grande catastrophe », et a ajouté : « Si les partis du Kurdistan du Sud ne clarifient pas leur position, cela signifie qu’ils suivent la voie de la trahison. L’État turc n’a jamais mené d’attaque en s’isolant de l’Amérique, et il ne peut pas non plus lancer une attaque pour occuper un pouce sans l’Amérique. Il est du devoir de l’OTAN et du Pentagone de prévenir l’État turc, d’empêcher la Turquie d’utiliser ses armes contre le peuple kurde. L’État turc attaque dans le but d’éliminer le peuple kurde. L’État turc n’a pas laissé de frontières entre le Kurdistan du Nord et du Sud et entre l’Irak et la Turquie. Par conséquent, le peuple kurde est obligé d’être à côté d’Imrali, de Qandil et de la guérilla. Il n’y a pas d’autre front pour défendre les acquis des Kurdes et du Kurdistan.

Si les forces armées du Kurdistan du Sud ne prennent pas position contre cette occupation, le résultat sera une révolution complète dans tout le Kurdistan du Sud. (…) ».

La déclaration américaine vise tous les Kurdes

Le département d’État américain a publié un avis de recherche contre trois dirigeants du PKK. A ce sujet, Berwari a déclaré que cette déclaration vise tous les Kurdes, ajoutant : « La déclaration signifie le consentement au meurtre de tous les Kurdes dans le monde. Parce que les trois dirigeants kurdes se battent pour le bien des Kurdes, du Kurdistan, de la paix, de la liberté et de la démocratie. La place de ces leaders est connue, elle est dans le cœur du peuple kurde. Tuer les 3 leaders du PKK qui n’ont fait aucun mal à l’Amérique ou à la politique de l’OTAN, constitue un accord pour tuer l’humanité. »

ANHA

Déclaration scandaleuse de la formation musicale, Grup Yorum

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TURQUIE – Par un communiqué publié sur Twitter aujourd’hui, la formation musicale turque, Grup Yorum s’en prend à Dilan Ekin, une ancienne membre de Yorum qui s’est séparée d’eux, au lieu de se laisser mourir en une grève de la faim comme Hélin Bolek, Ibrahim Gokçek, Mustafa Koçak et Ebru Timtik en 2020…
 
Grup Yorum accuse Dilan Ekin d’avoir trahi ses camarades de « lutte » et la jette en pâture à la vindicte populaire.
 
Ce n’est pas la première fois que Grup Yorum fait des déclarations scandaleuses. En pleine bataille de Kobanê, en bon soldat du boucher Assad et du kémalisme anti-kurde qui les anime, ses membres avaient déclaré qu’ils ne considéraient pas ce qui se passait au Rojava comme une révolution.
 
Une autre fois, ils avaient fait une déclaration homophobe bien assumée.
 
Dire que tant de belles âmes (kurdes) se sont sacrifiées pour décriminaliser Grup Yorum…