ROJAVA. Les femmes kurdes se préparent contre les attaques turques
Deux sénateurs américains demandent un engagement accru des Etats-Unis dans la région kurde d’Irak
SYRIE. Manbij célèbre le sixième anniversaire de sa libération
Pour l’Etat islamique, la perte a été une lourde défaite, car Manbij était considérée comme la « capitale secrète » , située sur la route d’approvisionnement stratégiquement importante de la frontière turque à Raqqa, où des kamikazes ont été entraînés et envoyés en Europe, entre autres.
Peu de temps avant que les FDS ne lancent l’offensive de libération au barrage de Tichrine le 1er juin 2016, le Conseil militaire de Manbij avait été créé par les FDS dirigés par les Unités de défense du peuple et des femmes (YPG/YPJ). L’un de ses co-fondateurs était Faisal Abdi Bilal Saadoun (alias Abu Leyla), qui a été touché à la tête par des éclats d’obus lors d’une attaque d’artillerie le troisième jour de l’opération. À la mort d’Abu Leyla le 5 août, l’offensive sur Manbij porte son nom.
Lutte de libération de 75 jours
La bataille de Manbij, qui était sous la terreur de l’EI depuis 2014, a duré au total 75 jours. Ce fut un succès complet, dans lequel les combattants des YPJ ont joué un rôle majeur. On n’oublie pas les images de femmes qui ont brûlé leurs voiles et allumé des cigarettes après la libération, d’hommes qui se sont fait raser la barbe en public, et les visages soulagés et rayonnants d’enfants. Mais la lutte pour un Manbij libre a également coûté très cher. De grandes parties de la ville ont été détruites. Environ 300 combattants ont été tués, parmi lesquels des internationalistes.
Manbij : Mosaïque ethnique et linguistique
Après la libération de Manbij, les FDS ont relevé le défi de rassembler la population autour du projet politique de la « Fédération démocratique du nord de la Syrie ». Manbij est une mosaïque ethnique et linguistique, dont les habitants se composent d’environ 70% d’Arabes, 20% de Kurdes, 5% de Turkmènes et un petit nombre de Circassiens et d’Arméniens, qui pendant des décennies ont été divisés par les politiques conservatrices tribales promues par le régime syrien. Au cours des années sous le contrôle de l’EI, cette politique de division s’est intensifiée.
Le modèle social basé sur des normes démocratiques
À l’automne 2016, le Conseil militaire a confié l’administration de la région au Conseil civil de Manbij. Au mois de mars suivant, le Conseil civil a été rebaptisé « Législature de l’administration démocratique de Manbij » afin d’élargir son champ d’action et d’accroître sa légitimité démocratique. Dès le début, une double direction paritaire d’une femme et d’un homme a été introduite dans tous les bureaux, de sorte que la proportion de femmes dans l’administration est de 50 %. La direction de l’auto-administration se compose de 132 personnes. Tous les groupes sociaux sont représentés selon leur part dans la population. L’importance de Manbij s’explique ainsi non seulement par sa position géostratégique dans le contexte global syrien, mais aussi par le système politique qui y est établi depuis août 2016, qui a une très forte prétention démocratique et est considéré comme un modèle pour une nouvelle Syrie démocratique. Ce modèle de société a permis d’établir un environnement de confiance et de sécurité, dans lequel les femmes se sont battues pour leurs droits et jouent désormais un rôle dans tous les domaines de l’administration et de la vie.
TURQUIE. Une politicienne kurde emprisonnée privée de libération pour avoir «salué les familles d’autres prisonniers»
L’Occident doit stopper Erdogan pour protéger l’Europe
PARIS – De retour du Rojava après une série de rencontres avec les dirigeants kurdes, l’ex-ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, et l’écrivain Patrice Franceschi exhortent l’Occident à empêcher une nouvelle excursion militaire turque dans le nord de la Syrie. Ils déclarent qu’en cas d’invasion turque au Rojava, l’État islamique reviendra en force, menaçant la sécurité des pays européens, comme il l’avait fait avant sa défaite militaire en Syrie et en Irak.
Bernard Kouchner et Patrice Franceschi ont publié une tribune sur le site Le Monde pour alerter les dirigeants européens du danger qui les menace à travers les agissements turcs au Rojava et demandent que l’Occident stoppe Erdogan pour protéger l’Europe.
Extraits de la tribune publiée dans le Monde:
« Si nous laissons Erdogan envahir à nouveau le Kurdistan syrien, on peut être certain du retour de l’organisation Etat islamique dans les régions dont nous l’avions chassé – avec, à la clé, la renaissance potentielle d’un terrorisme de masse dirigé contre nous, puisque nous demeurons la cible privilégiée de ces djihadistes, comme à l’époque de l’attaque contre le Bataclan.
Pour éviter ce retour en arrière, une chose au moins est impérative : que la France, l’Amérique, l’Europe et les Nations unies prennent enfin une position ferme, commune et publique pour arrêter Erdogan. Nous n’avons pas encore entendu leur voix. Des solutions politiques et militaires existent pourtant. Manque encore la volonté. »
A lire la suite sur le site Le Monde
Les femmes afghanes descendent dans la rue en disant qu’elles ont le pouvoir des femmes du Rojava
SHENGAL. Les Yézidis commémorent les victimes de Kojo
Les Peshmergas kurdes avaient fui à l’approche des troupes de Daech, laissant les Yézidis sans défense. Pendant 12 jours, l’EI a séquestré les Yézidis dans le village, puis leur a adressé un ultimatum: se convertir à l’Islam ou mourir. À la suite du refus des Yézidis de se convertir, les terroristes de l’EI ont exécuté la population à partir du 15 août. Les terroristes de DAECH ont séparé les hommes des femmes et des enfants et les ont conduits à l’établissement d’enseignement secondaire du village, où ils ont été dépouillés de leurs téléphones portables et de leurs bijoux.
TURQUIE. Un berger kurde blessé grièvement par une explosion à Bitlis
TURQUIE. Mort suspecte d’un politicien kurde dans une prison turque
Mehmet Candemir avait déjà été en prison en 2015. Au cours de sa détention provisoire de près d’un mois dans une prison de Kırıkkale, l’homme politique a été torturé par les gardiens.
87 prisonniers sont morts en un an
Des prisonniers politiques meurent presque chaque semaine dans des prisons en Turquie.« Suicide » ou « mort par maladie » sont les diagnostics donnés par la médecine légale turque. Mais il y a des doutes sérieux sur les causes de la mort. Les proches des victimes et les organisations de défense des droits humains ont rapporté à plusieurs reprises que la plupart des prisonniers décédés ont été soit exécutés, soit poussés au suicide par la torture et les menaces. Selon l’Association des droits de l’homme (IHD), 87 prisonniers sont morts dans les prisons turques entre 2021 et juillet 2022.
TOULOUSE. Cours de chants populaires kurdes


Né à Zakho, au Kurdistan du Sud, Genjo a baigné dans la culture kurde où le chant (dengbêjî) a une grande importance. A Zakho on dit: « Herkesê ava Xabîrî vexwar dibit sitranbêj, Zaxo kanîya sitranbêja ye! » (Quiconque bois l’eau du fleuve Xabîr (Khabûr), devient chanteur-se, Zakho est la source du chant).