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ROJAVA. Un drone turc cible un bâtiment administratif à Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Ce matin, un drone turc a ciblé un bâtiment administratif de la ville kurde de Kobanê, causant des dégâts matériels.

L’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES) a déclaré que le siège de son Conseil exécutif de la région de l’Euphrate à Kobanê avait été la cible d’une frappe de drones turcs ce matin. Le communiqué ne fait état que de dégâts matériels. Selon les données du Rojava Information Center (RIC), il s’agit de la 80e frappe de drones turcs visant Kobanê cette année.

Le Conseil exécutif de la région de l’Euphrate est responsable des décisions relatives à l’économie, au droit, aux systèmes judiciaires et à l’éducation au niveau régional, dans le cadre fixé par le Contrat social de l’AANES.

IRAN. Le régime arrête plus de 8000 manifestants dans 146 villes, sans pouvoir stopper les protestations

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IRAN. Alors que les protestations anti-gouvernementales pour la démocratie et la liberté en Iran et au Kurdistan d’Est se poursuivent pour le 11e jour, le chef de l’exécutif judiciaire iranien, Gholamhussein Mohseni Ejei menace les manifestants, tandis que le régime fait de la place dans les prisons pour y entasser les manifestants.

Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhussein Mohseni Ejei a demandé aux forces de sécurité de ne montrer aucune tolérance envers ceux qui incitent aux « émeutes » après que le président Ibrahim Raissi a ordonné d’être « durs envers quiconque porte atteinte à la sécurité, à la paix et au peuple du pays. »

Les protestations massives ont éclaté après la mort de Mahsa Amini, le 16 septembre après sa détention et torture par la police des mœurs à Téhéran le 13 septembre.

Les protestations qui ont commencé au Kurdistan oriental (Rojhilat) se sont propagées rapidement. Selon des sources de l’opposition, des manifestations ont eu lieu dans au moins 10 endroits à Téhéran dans la nuit du 25 septembre. Les manifestants ont scandé des slogans contre le gouvernement et le chef religieux Khamenei. Des vidéos de manifestations ont également été partagées sur les réseaux sociaux à Tabriz, dans le nord-ouest du pays. Des images montrent également les forces de sécurité iraniennes ouvrant le feu sur les manifestants.

Des manifestants ont déchiré un portrait de l’ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique, devant l’université de technologie Babol Noshirvani dans la province septentrionale de Mazandaran.

Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent que les manifestations se poursuivent dans de nombreuses villes du Kurdistan oriental et du Baloutchistan. Une vidéo montre des personnes scandant des slogans de solidarité avec les Kurdes du Baloutchistan.

180 manifestants tués, plus de 8 000 autres arrêtés dans 146 villes

Les récentes manifestations, considérées comme la réaction populaire la plus importante depuis les manifestations contre l’augmentation des prix du carburant en 2019, se sont propagées à des dizaines d’autres villes.

Des sources de l’opposition affirment que les manifestations se sont étendues à au moins 146 villes dans 31 provinces.

Des sources proches du groupe d’opposition iranien Moudjahidine du peuple rapportent qu’au moins 8 000 personnes ont été arrêtées dans 146 villes et que le nombre de morts a grimpé à plus de 180. La même source a également publié une liste des noms des personnes tuées lors des manifestations.

Selon les chiffres officiels, 41 personnes sont mortes en 10 jours. Cependant, le gouvernement n’a pas dévoilé combien d’entre eux étaient des manifestants.

L’Organisation iranienne des droits humains, basée à Oslo, a rapporté qu’au moins 57 militants ont perdu la vie.

Des responsables iraniens ont rapporté plus tôt que plus de 700 personnes avaient été détenues dans une seule province.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé aux États-Unis, a révélé que 17 journalistes ont été arrêtés au cours de la répression.

ANF

 

Mahsa (Jina) Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina Amini montre une fracture osseuse, une hémorragie et un œdème cérébral.

#MahsaAmini  #EndIranRegime #IranProtests #LetUsTalk #Jîna_Emînî #Jina_emini #WhiteWednesdays #TwitterKurds #مهسا_امینی #Rojhilat #JinaMahsaAmini #opiran #IranRevolution2022 #Iranianwomen

Drapeau kurde, schizophrénie turque

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TURQUIE / KURDISTAN DU NORD – Le régime turc a ordonné l’arrestation de plusieurs supporters du club de football Amedspor au motif qu’ils ont agité des drapeaux du Kurdistan lors du match d’hier opposant Amedspor à Bursaspor à Amed (Diyarbakir). Les manifestants kurdes portaient également des t-shirts à l’effigie de Jina Mahsa Amini, condamnant sa meurtre brutal par le régime iranien.

Drapeau kurde, schizophrénie turque

Le drapeau du Kurdistan iranien n’est pas un drapeau comme les autres pour l’Etat colonialiste turc, d’ailleurs, comme tout ce qui touche aux Kurdes et au Kurdistan. Sa présence sera légale s’il est utilisé pour la propagande turc, comme on le voit sur les deux photo ci-dessous où il se trouve à la table entre le ministre turc des affaires étrangère, Mevlut Cavusoglu et le premier ministre du Kurdistan, Masrour Barzani, à Ankara. Mais il sera illégal s’il est porté par les Kurdes qui condamnent l’injustice faite aux Kurdes (photo de droite).

Idem pour les chansons ou les vêtements traditionnels kurdes. Ils sont les bienvenus s’ils servent les intérêts du régime turc pour obtenir le soutien / vote des Kurdes. Ils seront chantées / portés par les politiciens turcs (qu’ils soient d’opposition ou membre du gouvernement d’Erdogan) lors de leurs déplacements au Kurdistan, mais criminalisés dès que les Kurdes eux-mêmes le font. Cette maladie s’appelle la schizophrénie et elle ronge l’État colonialiste turc depuis un siècle. Il est temps de le guérir, en le chassant du Kurdistan de gré ou de force !

Photo :

1) Rencontre du ministre turc des affaires étrangère avec 1er ministre du Kurdistan Barzani à Ankara ; Le drapeau du Kurdistan est placé sur la table, il est légal.

2) Des supporters d’Amedspor agitant le drapeau du GRK lors d’un match contre Bursaspor ; supporters détenus, le drapeau dévient illégal.

Images accompagnées des 2 commentaires est de Cahîda Dersîm

Le syndicat Solidaire aux côtés des femmes d’Iran

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PARIS – Le syndicat Solidaire apporte également son soutien aux femmes d’Iran qui sont à la tête des manifestations qui secouent tout le pays.

Voici le communiqué de l’Union syndicale Solidaires en soutien à la lutte féministe en Iran:

Solidarité avec les femmes d’Iran

Le 13 septembre, Masha Jina AMINI, âgée de 22 ans, originaire du Kurdistan, a été arrêtée par la police à cause de sa tenue. Elle est morte trois jours plus tard. Après sa mort tragique, la foule s’est rassemblée devant l’hôpital. Les forces de sécurité ont frappé et arrêté un nombre important de femmes et d’hommes. le corps de Masha Jina à Saquez à ensuite été transféré sa ville natale.

Malgré la pression des autorités pour que Masha Jina soit enterrée immédiatement, ses funérailles ont eu lieu le 17, avec une présence massive de la population de Saquez, en deuil, et en colère. Ils ont scandé des slogans contre la République islamique, le hijab obligatoire et l’oppression systématique des femmes en Iran. L’épitaphe sur la pierre tombale de Masha Jiina se lit en kurde : « Bien-aimée Jina, tu ne mourras pas ; ton nom sera un symbole ».

Ce drame suscite une vague de révolte à travers l’Iran, avec des manifestations partout dans le pays. Des slogans hostiles au régime sont scandés, tels que « mort au dictateur », « mort à la République islamique » !

De femmes très nombreuses ont manifesté tête découverte, d’autres ont également décidé de couper leurs cheveux. Sur les réseaux sociaux aussi, la colère gronde avec le hashtag #Mahsa_Amini qui fait des million de tweets. Dans la capitale, des étudiant·es ont lancé des mouvements de protestation dans plusieurs universités, dont celles de Téhéran et de Shahid Beheshti. Ils/elles scandent des slogans comme « Mort à la dictature, celle du Guide comme celle du Chah ».

Nos camarades du Syndicat VAHED des travailleurs des autobus de Téhéran et de sa banlieue condamnent fermement ce crime. Ils exigent des poursuites, un procès public et la punition de tous les responsables du meurtre de Mahsa Amini.

Lundi 19 à Saqqez (Kurdistan), la ville natale de Mahsa Jina AMINI, les partis politiques kurdes ont appelé à la grève générale.
Ces mouvements de contestation ont été violemment réprimés par les forces de sécurité et il y a de nombreux morts.

L’Union syndicale Solidaires affirme sa solidarité internationale avec les femmes iraniennes et les peuples d’Iran et soutient leurs revendications dont :

– Le droit essentiel des femmes à disposer de leurs corps ;
– L’abrogation de l’obligation de porter le voile.
– l’arrêt immédiat de la répression du régime iranien et la libération immédiate des prisonniers
– la liberté et la démocratie pour les peuples d’Iran

« Bien-aimée Jina, tu ne mourras pas ; ton nom sera un symbole »

Solidarité avec les femmes du monde entier

Jin, Jiyan, Azadi – Femmes, paix, liberté

Union syndicale Solidaires

Publié également par le site féministe 50-50 Magazine

 

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Jina Mahsa Amini fut opprimée en tant que femme et en tant que kurde

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Jina Mahsa Amini fut opprimée en tant que femme et en tant que kurde N’en déplaise aux donneurs de leçon qui reprochent aux Kurdes de leur rappeler que Jina Mahsa Amini a été opprimée en tant que femme et en tant que kurde, on va remettre une couche, en expliquant bien que le peuple kurde ne laissera plus une seule fille ou garçon kurde à être dévoré.e par le régime sanguinaire des mollahs iraniens. Il ne se contente pas de pleurer la mort tragique d’une jeune femme «mal voilée», il se bat aussi pour obtenir de le droit d’avoir un prénom kurde officiel, le droit de s’auto-gouverner, garder vivante sa culture millénaire… dans le respect du multiculturalisme qui caractérise le Kurdistan, l’Iran et tout le Moyen-Orient.

En ce sens, la mise au point suivante d’Hawzhin Azeez est importante pour remettre les idées en place chez celles et ceux qui perdent leur latin, quand on parle des vestiges de l’empire perse.

« Alors que les divers peuples d’Iran protestent contre leur régime à la suite de la mort de la femme kurde de 22 ans Zhina Mehsa Amini, nous devons nous rappeler un fait important : l’Iran n’est pas une entité homogène d’une culture, d’un peuple, d’une langue, d’une ethnie. Vous protestez contre le meurtre de la féminité de Zhina mais pas contre le meurtre de sa kurdicité.

Les mouvements révolutionnaires doivent éviter de répéter les mêmes valeurs patriarcales et racistes que les régimes qu’ils tentent de renverser ; sinon, ils commettent l’erreur de simplement remplacer un groupe de personnes racistes et patriarcales par un autre. Ce fut la marque de fabrique de la révolution iranienne de 1979 où les femmes se sont soudainement retrouvées, avec divers groupes ethno religieux, les principales perdantes.

La vraie justice pour Zhina ressemble à un véritable changement, à l’inclusivité et à l’humanité. Il semble que tous les groupes divers acceptent l’existence de l’autre et les oppressions systémiques et croisées historiques. Les Kurdes ont toujours été privés de leur riche identité. Même à ce jour, de nombreux « Iraniens » nient ou refusent de reconnaître le caractère kurde de Zhina ou que son appartenance ethnique a été un facteur dans son meurtre.

En tant que femmes kurdes, nous voulons que justice soit rendue à Zhina, mais nous rejetons toute idée d’attendre le bon moment ou un avenir mythique où l’Iran est soudainement embrassé par les valeurs démocratiques avant notre identité kurde, et toute la douleur et la souffrance associées sont vues et traitées par les mouvements révolutionnaires. Conférer des droits, qu’il s’agisse de l’ethnicité ou du sexe, de la sexualité ou autre, à un avenir lointain et vague s’est révélé être une marque d’échec des mouvements sociaux. Apprenez de l’histoire! La justice pour nous les femmes kurdes, la justice pour Zhina doit impliquer notre kurdicité ; nous ne pouvons pas faire confiance à tout ce qui la nie ou nous demande de la mettre de côté.

Nous avons donné au monde « Jin, Jiyan, Azadi » ; et nous vous lui avons aussi donné le Rojava où les Kurdes, les Arabes, les Arméniens, les Assyriens et les Yézidis entre autres ont montré qu’ils pouvaient vivre ensemble dans la paix et le respect mutuel. Le confédéralisme démocratique nous a montré que le droit ne devrait jamais être nié et être accordé maintenant et immédiatement.

Reconnaître la diversité et ne pas craindre la mosaïque culturelle de nos sociétés anciennes nous enrichit, nous responsabilise tous et surtout : nous libère tous des pratiques de colonisation des valeurs capitalistes-étatistes-patriarcales.

Ensemble, nous sommes plus humains. Mon existence ne menace ni n’affaiblit la vôtre. Ensemble, nous sommes plus riches, plus forts et plus capables des sociétés progressistes pour lesquelles nous nous battons ! »

Hawzhin Azeez

 

Mahsa (Jina) Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina

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L’opposition iranienne vivant à l’étranger et les protestions en Iran…

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Les opposants au régime iraniens, qu’ils soient royalistes ou « républicains » vivant à l’étranger (certains depuis des décennies) espèrent tirer profit des protestions actuelles qui secouent tout l’Iran et tentent de se mettre en avant, parler au nom des manifestants. Une aubaine pour les médias occidentaux qui, au lieu d’envoyer leurs journalistes sur le terrain (trop dangereux et compliqué), donnent la parole à ces opposants qui ne peuvent malheureusement pas expliquer à eux seuls toutes les raisons de cet embrasement à facteurs multiples. D’autant plus qu’ils sont souvent l’élite de l’Iran, or, les manifestations touchent surtout les classes populaires et la jeunesse, en plus des groupes aux revendications ethniques (comme les Kurdes, les Baloutches ou les Arabes).

Le journaliste kurde d’Iran réfugié en Australie, Behrouz Boochani, invite ces médias à aller vers les manifestants qui sont dans la rue en Iran pour donner un aperçu réel du terrain. Il explique pourquoi cela est si important: « Il est si vital que vous [médias internationaux] essayiez de comprendre que la voix authentique des habitants d’Iran – d’horizons différents – se trouve dans les rues, parmi ceux qui se lèvent courageusement ; pas tellement avec l’opposition qui vit à l’étranger, ou les critiques du régime comme moi. Essayez de comprendre et concentrez-vous sur ce que les gens demandent dans les rues à travers le pays. L’Iran est un grand pays représentant une population diversifiée avec de nombreuses idées politiques différentes. »

Que peut faire l’opposition iranienne pour les manifestants en Iran?

L’action légale la plus importante pour les Iraniens à l’étranger est de faire pression sur les gouvernements hôtes pour qu’ils expulsent les agents diplomatiques de régime iranien en tant qu’éléments indésirables. Selon la Convention de Vienne de 1961, les gouvernements ont ce droit et peuvent même suspendre les relations diplomatiques avec l’Iran, selon l’ONG Hengaw qui rajoute que l’opposition iranienne peut:

 

-Faire la documentation pour l’expulsion des agents diplomatiques du régime iranien.
-Avertir la police des pays d’accueil ; Leur présence [d’agents iraniens] dans les rassemblements iraniens est à des fins d’espionnage ;
-Convaincre le gouvernement hôte de révoquer leur immunité diplomatique en documentant. (L’annulation de l’immunité crée des conditions pour des poursuites pénales.)

Selon la Convention de Vienne de 1961, les gouvernements ont ce droit et peuvent même suspendre les relations diplomatiques avec l’Iran, déclare l’ONG Hengaw qui signale que l’Iran commet des crimes de guerre dans les provinces kurdes en kidnappant en masse des civils ou de les ciblant avec tirs directs.

Hengaw appelle par ailleurs les associations d’avocats d’Iran à poursuivre le régime pour ces crimes, condamnant leur inaction.

 

Mahsa (Jina) Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina Amini montre une fracture osseuse, une hémorragie et un œdème cérébral.

#EndIranRegime #IranProtests #LetUsTalk #MahsaAmini #WhiteWednesdays #JinaMahsaAmini #Jina_emini #opiran #TwitterKurds #مهسا_امینی #Rojhilat

«L’Iran a intensifié la répression contre les femmes kurdes depuis l’année dernière»

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L’Iran a intensifié la répression contre les femmes kurdes depuis l’année dernière, déclare une militante kurde. « Le meurtre et la torture de [Jina Mahsa Amini] ont été la dernière goutte qui a fait déborder le vase», déclare la porte-parole du KNK, Nilüfer Koç, concernant les récentes manifestations anti-régime en Iran.

Le peuple kurde, et en particulier les femmes, en Iran vit sous une double pression depuis deux ans alors que le régime islamiste iranien a intensifié son agression, a déclaré Nilüfer Koç, porte-parole de la Commission des relations étrangères du Congrès national du Kurdistan ( KNK).

«Le meurtre et la torture de Jina ont été la dernière goutte qui a fait déborder la coupe», a déclaré Koç dans un podcast accordé au journaliste Matt Broomfield samedi, faisant référence à la mort d’une femme kurde de 22 ans en Iran la semaine dernière qui a conduit à des manifestations dans tout le pays.

Jina Amini est décédée à l’hôpital après un coma de trois jours qui, selon sa famille, résulte des violences qu’elle a subies lorsqu’elle a été arrêtée par la police des mœurs pour son hijab « non conforme » aux valeurs des mollahs lors d’une visite à Téhéran.

En réaction contre la pression occidentale, le régime iranien s’est impliqué dans de nombreuses zones de conflit au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, selon Koç. « En tant que tel, l’Iran veut garder le pays silencieux, car la majeure partie de son budget est utilisée pour son armée. Au niveau national, cela signifie faire pression sur les personnes qui demandent plus de libertés civiles », a-t-elle déclaré.

En conséquence, le gouvernement iranien a suivi une politique délibérée pour faire taire les Kurdes, le principal groupe appelant à plus de libertés civiles dans la société multiethnique iranienne, a déclaré Koç.

« Au cours des deux dernières années, nous avons vu que la pression sur le peuple kurde a particulièrement augmenté», a-t-elle poursuivi, ajoutant que le gouvernement islamiste poursuit une double stratégie contre les Kurdes.

Le régime utilise des moyens économiques d’une part pour freiner la production agricole dans la région, tout en punissant les militants kurdes par des exécutions, selon le porte-parole du KNK.

« Toute la dynamique de la société kurde en Iran est particulièrement dirigée par les femmes», a souligné Koç, ajoutant que cette situation a conduit à une agression accrue de la police des mœurs du pays contre les femmes kurdes.

Koç a souligné que les femmes kurdes d’Iran avaient également appris des expériences de leurs sœurs en Syrie et en Turquie, où des groupes kurdes mènent une politique de lutte démocratique basée sur la libération des femmes.

« La transition démocratique ne passera pas par les sanctions utilisées par l’ONU ou les États-Unis parce que l’Iran est déjà sous sanctions», a-t-elle déclaré, ajoutant que le véritable changement viendra des mouvements de base.

Les récents soulèvements en Iran ont plus de chances de provoquer un changement démocratique dans le pays par rapport au printemps arabe d’il y a dix ans, selon Koç, puisque les Kurdes sont suffisamment organisés pour diriger les forces progressistes.

Les groupes ethniques et religieux en Iran rejettent la stratégie d’homogénéisation du régime, a déclaré la porte-parole du KNK, expliquant que les revendications de ces groupes rendent inévitable un changement démocratique à l’intérieur des frontières existantes du pays.

«Où que vous regardiez, tous les États-nations du Moyen-Orient, y compris l’Iran, sont en train de s’effondrer. La stratégie d’homogénéisation ne fonctionne plus. On le voit notamment dans la lutte kurde pour l’autodétermination en Irak, en Syrie et en Turquie. Aucun de ces États n’est plus en mesure de faire taire les Kurdes», a déclaré Koç.

Medya News: Iran has ramped up repression of Kurdish women since last year, says Kurdish spokeswoman

 

Mahsa (Jina) Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina Amini montre une fracture osseuse, une hémorragie et un œdème cérébral.

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Combattants kurdes livrés à la Turquie, le KCK accuse le gouvernement arménien de « trahison »

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L’Arménie a livré à la Turquie deux combattants kurdes qu’elle détenait depuis novembre 2021. Le KCK condamne la « trahison » du gouvernement arménien de Pashinyan et l’exhorte « à renoncer immédiatement à ses relations de collaboration avec l’État turc colonialiste génocidaire et à présenter des excuses aux peuples arménien et kurde pour cet incident. »

Gegham Manukyan: «L’Arménie n’a pas vu une telle trahison depuis trente ans»

De son côté, le député arménien Gegham Manukyan a condamné l’extradition par son pays de deux combattants kurdes vers la Turquie, déclarant qu’«Ils ont combattu à Dersim, la région où nombre de nos compatriotes ont été secourus par les Kurdes lors du génocide arménien et ont ensuite participé au soulèvement de Dersim. Maintenant, ils se trouvaient sur le territoire de la République d’Arménie et après un acquittement définitif, ils ont été enlevés et remis aux autorités meurtrières de la Turquie, un État qui a activement pris des mesures contre notre pays dans la guerre de 44 jours et soutient l’actuelle agression azerbaïdjanaise.»

 

Voici le communiqué de l’Union des communautés du Kurdistan (Koma Civakên Kurdistanê -KCK) publié suite à l’annonce de la livraison de deux combattants du PKK aux services secrets de la Turquie (MIT) par l’Arménie:

« Nos amis Leheng (Atilla Çiçek) et Alişer (Hüseyin Yıldırım) ont récemment été remis à la Turquie par l’État arménien. (…) Leheng et Alişer, retenus captifs par le gouvernement arménien depuis novembre 2021, ont été livrés à l’État turc à la suite d’une trahison. Avec ces fausses nouvelles, on a tenté de dissimuler la trahison du gouvernement arménien.

Il est très révélateur que le gouvernement arménien ait remis deux révolutionnaires kurdes – qui se battent pour la liberté du peuple kurde et qui se sont rendus en Arménie dans le cadre d’une mission révolutionnaire – à l’État turc à un moment où le territoire arménien est occupé en raison des provocations et le soutien de l’État turc. Cela a clairement révélé que le gouvernement Pashinyan coopère avec l’État turc colonialiste génocidaire et le gouvernement fasciste AKP-MHP. En tant que Mouvement kurde pour la liberté, nous condamnons fermement le gouvernement Pashinyan, qui a livré nos deux amis à l’Etat turc, pour son attitude de collaboration.

Cette attitude du gouvernement Pashinyan a également confirmé les critiques et les accusations portées contre lui concernant l’occupation des terres arméniennes. Cela est évident dans le fait qu’à une époque où la terre arménienne est occupée, au lieu de soutenir ceux qui luttent contre l’État turc colonialiste génocidaire, ils sont remis à cet État. Cette situation constitue également une trahison de la lutte du peuple arménien contre le génocide. La remise de ces deux amis à l’État turc a révélé la position de collaboration et de trahison du gouvernement Pashinyan, qui était restée secrète jusqu’à aujourd’hui.

Nous faisons cette déclaration principalement pour que le peuple arménien comprenne mieux la vérité sur le gouvernement Pashinyan et pour que le public démocratique de notre peuple reçoive des informations précises sur le problème en question. La remise de ces deux amis à l’État turc révèle que le gouvernement Pashinyan trahit la cause des peuples, en particulier la cause du peuple arménien. Cela montre également qu’il collabore avec l’État turc colonialiste génocidaire, qui a commis un génocide contre le peuple arménien dans le passé et fait occuper aujourd’hui par d’autres les terres arméniennes restantes, et que ce gouvernement soutient donc la politique d’occupation et de génocide. Nous appelons tous les peuples et amis, en particulier le peuple arménien, à prendre position contre ce gouvernement collaborateur.

La lutte pour la libération du Kurdistan ne se bat pas seulement pour la liberté du peuple kurde, mais aussi pour la liberté de tous les peuples de la région, en particulier le peuple arménien. Le peuple kurde considère le peuple arménien comme son prochain et le pays dans lequel il vit comme une patrie commune. Ils approchent le peuple arménien sur la base de ces sentiments et soutiennent leur cause. Le peuple arménien et le peuple kurde le savent très bien. En conséquence, les deux peuples ont des sentiments positifs l’un envers l’autre. Les actions des collaborateurs ne porteront pas atteinte à la fraternité des peuples kurde et arménien et à leur partenariat dans la lutte. Au contraire, ces approches permettront aux peuples kurde et arménien de s’engager dans une lutte commune encore plus forte. L’attitude du gouvernement Pashinyan cause un grand tort à la cause du peuple arménien et à sa lutte pour l’existence. On ne peut être honorable et vivre de la bonne manière qu’en résistant et en luttant, pas en collaborant.

En tant que Mouvement kurde pour la liberté, nous appelons le gouvernement Pashinyan à renoncer immédiatement à ses relations de collaboration avec l’État turc colonialiste génocidaire et à présenter des excuses aux peuples arménien et kurde pour cet incident. »

Conseil exécutif du KCK

Jina Mahsa Amini a 23 ans…

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Le 21 septembre, Jina Mahsa Amini aurait eu 23 ans. Les mollahs l’ont tuée le 16 septembre, l’empêchant de souffler ses 23 bougies qui embrasent tout l’Iran depuis…

 

Mahsa (Jina) Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina Amini montre une fracture osseuse, une hémorragie et un œdème cérébral.

#MahsaAmini  #EndIranRegime #IranProtests #LetUsTalk #Jîna_Emînî #Jina_emini #WhiteWednesdays #TwitterKurds #مهسا_امینی #Rojhilat #JinaMahsaAmini #opiran #IranRevolution2022 #Iranianwomen

Dernières nouvelles de l’Iran

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Les manifestations contre le régime islamique se poursuivent dans la plupart des villes du pays.

Dans la ville kurde d’Oshnaviyeh (Shino), qui était sous le contrôle des manifestants pendant quelques heures le 24 septembre, les forces de sécurité ont été à nouveau déployées et ont arrêté plusieurs manifestants, dont des enfants.

(La ville de Shino est le siège militaire.
– Toute la ville est en grève
– Les civils sont arrêtés brutalement
– L’accès à Internet limité.
– Il y a au moins 5 cadavres dans la morgue de l’hôpital de Shino (D’après les rapports reçus par l’ONG Hengaw.)

À Sanandaj (Sînê, une autre grande ville kurde), malgré la répression et l’arrestation de centaines de manifestants, des milliers de femmes/hommes ont poursuivi leurs manifestations dans le centre-ville et scandaient le slogan « les femmes, la vie, la liberté ».

De violents affrontements ont éclaté entre les manifestants et les forces de sécurité dans les villes des provinces de Gilan et de Mazandaran, faisant plusieurs blessés.

Les manifestations dans la capitale iranienne sont persécutés avec une plus grande intensité et, dans certains cas, les forces de sécurité ont fui le lieu des manifestations.

Les manifestations se poursuivent à Shirel, Lorestan, Kermashan, Mashhad, Sabzevar, Arak et des dizaines d’autres villes.

Dans le même temps, selon une source du gouvernorat du Kurdistan, les réserves de gaz lacrymogènes des forces de sécurité s’épuisent et leur effet dissuasif s’est également amoindri. En outre, des responsables des services secrets, de la sécurité et de la justice évacuent leurs familles de la province du Kurdistan.

Par Ammar Goli (Erdelan)

 

Mahsa (Jina) Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina Amini montre une fracture osseuse, une hémorragie et un œdème cérébral.

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Protestations Mahsa Amini en Iran: Internet coupé, arrestation de milliers personnes, centaines d’autres blessés et 70 autres tuées

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Après une semaine de manifestations populaires déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini, le régime iranien n’arrive pas à faire plier les manifestants, malgré le bain de sang que ces forces et milices civils commettent à travers le pays où des milliers de manifestants, d’activistes et de journalistes ont été arrêtés, des centaines de civils, dont des enfants ont été blessés et tués. Le bilan humain des manifestations est très lourd, surtout dans les régions kurdes où le régime utilise des balles réelles contre les manifestants non-armés et procède à des arrestations massives.

Le régime a coupé l’internet dans les régions kurdes et dans le reste du pays afin de cacher au monde les protestations hostiles au régime malgré le bain de sang. En réponse à la terreur des mollahs, des manifestations de soutien aux femmes d’Iran se multiplient en Europe et dans le monde au cri de « Jin, Jiyan, Azadî » (slogan kurde signifiant Femme, vie, liberté).

 

Arrestations massives de jeunes et d’adolescents dans les provinces kurdes

Des jeunes et des adolescents kurdes sont arrêtés (quand ils ne sont pas abattus tout simplement dans la rue) en masse par le régime iranien qui craint une insurrection dans les province kurde. Rien que lors des manifestations d’hier soir à Ashnoyeh (Shino, dans la province d’Urmia), plus de 10 adolescents ont été arrêtés par les forces du régime iranien selon le l’ONG Hengaw.

Les manifestations se poursuivent malgré la terreur étatique 

Un activiste kurde vient d’écrire sur Twitter: « S’il n’y a pas de films ou de photos qui sortent de certaines villes, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de résistance là-bas. Selon les nouvelles que j’ai reçues, il y a eu un violent affrontement entre le peuple et les forces du régime à Saqqez (ville kurde d’où était originaire Jina Mahsa Amini) la nuit dernière. Les gens sont dans la rue. Ne désespérez pas et faites notre devoir. »

Les femmes et les jeunes veulent le départ des mollahs

Comme on l’a vu depuis le début des manifestations en Iran, les femmes et les jeunes sont mobilisés massivement contre le régime liberticide des mollahs et pour cause, 70% de la population iranienne a moins de 25 ans, et elle n’a connu que les Mollahs et leurs interdits. Alors, il est tout naturel que la jeunesse et les femmes prendre la tête des soulèvement populaires.

 

« Mahsa a servi d’étincelle, mais ça va beaucoup plus loin »

Une Iranienne citée par le site Slate déclare: « Beaucoup des manifestants sont jeunes. L’âge médian tourne autour de 20 ans. 70% des Iraniens ont moins de 25 ans. Cela représente une population immense. Cette génération n’a rien à voir avec l’arrivée de la République islamique au pouvoir. C’est la génération de leurs parents qui a fait ça. Alors ils disent: «On n’en veut pas. Nous n’avons pas demandé ça.» Ça s’entend de façon évidente dans leurs slogans. Ce n’est pas: «Où est ma voix?» ni «Abolissez le voile», non, ils scandent: «Mort au dictateur», «Les religieux, allez vous faire voir», «Nous ne voulons pas d’une République islamique». Il y a des vidéos d’échauffourées au corps à corps entre des manifestants et la police antiémeute iranienne équipée de tasers, d’armes à feu et de matraques, et les manifestants leur foncent droit dessus. On n’a jamais vu ça. On n’a jamais vu un tel niveau de colère et de témérité. Les gens sont furieux, et ça va au-delà de la police des mœurs et de Mahsa Amini. Mahsa a servi d’étincelle, mais ça va beaucoup plus loin à ce stade. »

Femme, vie, liberté

Hardy Mède, docteur en sciences politiques et chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) attire l’attention sur l’aspect politique des manifestations actuelles en Iran où les gens veulent un vrai changement politique, exigeant le départ pur et simple des mollahs qui ont pris le pouvoir il y a plus de 43 ans maintenant.

Hardy Mede déclare: « Une différence notable entre les contestations actuelles en Iran et celles précédentes. Elles sont purement politiques: les contestataires ne crient pas pour le pain, la baisse du prix du carburant, le salaire, mais pour la liberté (AZADÎ). »

Un mouvement sans chef

Le journaliste kurde en exil, Behrouz Boochani confirme ce qu’on voit à travers les manifestations en Iran où les manifestants refusent d’être récupérés par des «chefs». Il a écrit:

« Nous sommes à l’ère des révolutions sans chef, et il est peu probable de faire avancer une révolution ou un mouvement centré sur une personne ou un mouvement politique de la manière classique. Le désir d’avoir un chef est une flagornerie patriarcale-chiite et il ne suffit pas à faire tout sauf créer des différences et polariser l’atmosphère. »

Behrouz Boochani a ajouté qu’au cours de la dernière semaine de protestation en Iran, des milliers d’activistes, de journalistes et de manifestants ont été arrêtés, et au moins 70 ont été tués. La manifestation se poursuit malgré les restrictions et les coupures d’Internet.

 

Mahsa (Jina) Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina Amini montre une fracture osseuse, une hémorragie et un œdème cérébral.

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Le Kurdistan oriental, terreau de soulèvements populaires

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L’association kurde, Civaka Azad revient sur les développements politiques actuels au Kurdistan d’Est (Rojhilat) et en Iran après l’assassinat de Jîna Mahsa Amini et rappelle que le Kurdistan oriental a toujours été en révolte contre le régime iranien. Une révolte écrasée dans le sang depuis des décennies mais qui pourrait aujourd’hui enfin s’affranchir du régime colonialiste des mollahs.

En République islamique d’Iran, la discipline et l’ordre doivent être strictement observés. Pour mettre cela en œuvre, il existe une police religieuse islamique distincte, également connue sous le nom de police morale, qui veille particulièrement à ce que les «règles vestimentaires» du pays soient respectées. Récemment, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU à Genève a noté que ces derniers mois, ces brigades des mœurs ont intensifié leurs patrouilles et ciblent les femmes qui ne portent pas le foulard islamique, connu sous le nom de hijab, « conformément aux règles islamiques en vigueur». Cette politique a fait bouillir la société au Rojhilat¹  et en Iran depuis le 13 septembre.

La femme aux deux noms : Jîna Amini

Jîna Amini était une jeune femme kurde de 22 ans originaire de la ville kurde orientale de Seqiz (Saqqez). Cependant, elle est appelée «Mahsa Amini» sur les réseaux sociaux et la plupart des rapports actuels sur la situation en Iran. C’est un signe de la politique anti-kurde que l’Iran mène depuis des décennies. « Jîna » est kurde et signifie femme ; cependant, le nom kurde est interdit, c’est pourquoi ses parents ont été contraints de lui donner un autre nom officiel à l’époque. C’est pourquoi Jîna était appelée « Mahsa » par les autorités, ce qui vient du vieux persan et signifie « comme la lune » ou «la lune».

Le mardi 13 septembre de la semaine dernière, Jîna et son frère se rendaient de leur ville natale à Téhéran lorsqu’ils ont été arrêtés par la brigade des mœurs. Ils voulaient arrêter Jîna à cause de sa tenue «non islamique». Sa tenue «non islamique» comportait une partie de ses cheveux sous le hijab. Elle a donc été emmenée dans un commissariat. Après quelques heures, Jîna est tombée dans le coma puis a été emmenée à l’hôpital, où elle est finalement décédée le 16 septembre. Alors que les autorités officielles parlaient de « problèmes cardiaques soudains » et plus tard aussi de maladies antérieures, le public a compris assez rapidement ce qui avait dû se passer. Jîna avait déjà été battue et torturée par plusieurs policiers sur le chemin du commissariat et cela a continué au commissariat. Les gens le savaient parce que des milliers d’autres avaient vécu cela auparavant, parce que le frère de Jîna a dû lui-même être témoin des premiers passages à tabac et parce que quelques jours plus tard, un groupe de hackers via « Iran International», un média de l’opposition iranienne en exil, a fait scanner les scanner et images du dossier de Jîna qui ont été divulgués montrant clairement qu’elle est morte d’un traumatisme crânien.

Le gouvernement iranien a immédiatement tenté de dissimuler ce qui s’était passé. Les autorités policières ont exigé que les parents de Jîna enterrent le corps de leur fille à huis clos le soir même. Cependant, ils ont refusé et ne l’ont enterrée que le lendemain matin à Seqiz, où le soulèvement populaire en Iran a commencé.

Début des soulèvements populaires

Le 17 septembre, les soulèvements de Seqiz (Saqqez) ont commencé, qui se sont rapidement propagés à d’autres villes kurdes orientales telles que Ûrmiye (Urmia), Serdeşt (Sardasht) et Sînê (Sanandaj). Les jeunes femmes ont dominé ces soulèvements depuis le début. Les deux slogans centraux qui résonnent dans les rues de presque toutes les villes d’Iran depuis des jours sont « Jin, Jiyan, Azadî » (Femmes, vie, liberté) et « Bimre dîktator » (Mort au dictateur). Au début, l’État iranien a désespérément essayé de vendre sa version de la mort de Jîna comme la vérité. Ainsi, le père de Jîna devrait être obligé d’expliquer que sa fille souffrait en fait de maladies antérieures. Cependant, il n’a pas cédé aux pressions des autorités iraniennes. Une muselière a également été imposée aux médecins traitants. Ils n’ont pas été autorisés à dire un mot sur les circonstances de la mort au public. Ensuite, les responsables de l’État font circuler le mythe habituel selon lequel les soulèvements populaires sont contrôlés de l’étranger. Mais les gens du pays n’achètent plus cela à l’État. Trop de personnes sont en prison et condamnées à la peine de mort, en grande partie parce que leurs opinions politiques diffèrent de celles au pouvoir en Iran ; trop de personnes disparaissent sans laisser de traces, trop de femmes sont torturées chaque jour et l’oppression des minorités en Iran est trop grande. en grande partie parce qu’ils pensent politiquement différemment de ceux qui sont au pouvoir en Iran ; trop de personnes disparaissent sans laisser de traces, trop de femmes sont torturées chaque jour et l’oppression des minorités en Iran est trop grande. en grande partie parce qu’ils pensent politiquement différemment de ceux qui sont au pouvoir en Iran ; trop de personnes disparaissent sans laisser de traces, trop de femmes sont torturées chaque jour et l’oppression des minorités en Iran est trop grande.

Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile du Kurdistan oriental se sont réunis à l’étape suivante et ont appelé à des manifestations de masse et à une grève générale le 19 septembre. Ce jour-là, presque tous les magasins du Kurdistan oriental sont restés fermés. La plupart des universités et des écoles sont également restées vides. Au lieu de cela, les masses se sont rassemblées dans les rues. À ce moment-là, des soulèvements populaires se sont finalement répandus dans tout le pays. Dans la capitale Téhéran, comme dans de nombreuses autres métropoles et petites villes, les gens descendent dans la rue. Les soulèvements ont commencé dans les régions kurdes d’Iran, mais aujourd’hui ils sont menés dans toutes les régions du pays et par les groupes ethniques les plus divers. Dirigés par des femmes, des Kurdes, des Perses, des Arabes, les Azerbaïdjanais se battent actuellement :

Les combats sont ici le mot clé, car l’État iranien a permis aux manifestations de s’intensifier en très peu de temps, entraînant des combats de rue réguliers dans de nombreux endroits. Après l’échec des tentatives d’interdire les manifestations, ils ont tenté d’expulser les gens de la rue. La police des mœurs, la police anti-émeute et parfois même l’armée ont été envoyées pour maîtriser la situation. Mais les gens ont repoussé les forces de sécurité. Les femmes ont arraché leurs hijabs dans les espaces publics et les ont brûlés, comme l’ont fait les Yézidis lorsqu’ils ont été libérés par le groupe « l’État islamique » (EI). Le drapeau de l’État iranien a été retiré des mâts dans de nombreux endroits et des photos du gouvernement iranien ont été brûlées.

Trois revendications centrales des manifestants semblent émerger des soulèvements populaires en cours :

  1. Résoudre le meurtre de Jina Mahsa Amini et condamner les tueurs
  2. Fin de la politique du féminicide en Iran
  3. Fin du régime islamique en Iran

Il y a eu des manifestations répétées en Iran ces dernières années. Mais la taille et la propagation des soulèvements actuels semblent beaucoup plus larges. Il en va de même pour la colère des masses contre le régime. La solidarité internationale est également très élevée. Des centaines de milliers de personnes exercent des pressions, notamment sur les réseaux sociaux, et ont fait en sorte que la rébellion des femmes et du peuple iranien en général trouve également sa place dans la presse grand public. Des actions de solidarité avec les protestations en Iran ont eu lieu et continuent d’avoir lieu dans le monde entier. Plus récemment, les militants en ligne d' »Anonymous » se sont impliqués et ont lancé « l’Opération Iran ». Selon leurs propres déclarations, ils ont plusieurs sites Web d’État, la plate-forme centrale d’information,

Les développements de ces derniers jours

Peu de temps avant que le président iranien Ebrahim Raisi ne prononce son discours aux Nations Unies à New York le 21 septembre, dans lequel il cachait les développements dans son propre pays, Internet a été coupé dans de grandes parties de l’Iran et en particulier au Kurdistan oriental. Tout d’abord, les plateformes de médias sociaux telles qu’Instagram et le service de messagerie WhatsApp ont été bloquées, puis tout Internet a été fermé. De cette manière, le régime iranien essaie non seulement d’empêcher la communication entre les manifestants, mais aussi d’empêcher que les informations sur les événements n’atteignent le monde extérieur. Les gens craignent une escalade totale de la part du régime. Il y a différents nombres de tués et de blessés. L’ONG de défense des droits humains, IHR basée à Oslo a rapporté aujourd’hui qu’au moins 31 civils ont été tués par les forces de l’État, plusieurs centaines d’autres blessés, des dizaines d’autres kidnappés et plusieurs milliers arrêtés [Aujourd’hui, samedi 24 septembre, on fait état de plus de 50 morts dans les régions kurdes d’Iran]. Jusqu’à présent presque toutes les victimes tuées étaient kurdes et se trouvaient dans les villes kurdes de :

  • À Ûrmiye
  • Diwandere
  • Seqiz
  • Kirmaşan (Kermanshah)
  • Shahabad (Islamabad-e-gharb)
  • Ilam 
  • Dêgûlan (Dehgolan)
  • Pîranşar (Piranshahr)

Selon l’état actuel, diverses déclarations et rumeurs se répandent sur les réseaux sociaux. Par exemple, l’état d’urgence aurait été déclaré à Seqiz et dans d’autres villes, et l’armée aurait pénétré dans les villes avec des chars. Ailleurs, il a été dit à plusieurs reprises que des militaires et des policiers tiraient à balles réelles sur des civils.

Mais malgré l’escalade de la violence du régime iranien, il est déjà clair que les soulèvements entraîneront de profonds changements. Le régime des mollahs a jusqu’à présent réduit le peuple au silence par la peur et la violence. Le mur du silence est désormais brisé. Le peuple – surtout les femmes – s’est maintenant soulevé et a repris conscience d’eux-mêmes et de leur pouvoir. (Via ANF)


[1]  Kurdistan oriental; Les principales zones d’implantation des Kurdes en Iran, qui, selon les frontières nationales actuelles, se trouvent dans l’ouest de l’Iran et sont l’épicentre des manifestations à l’échelle nationale.

 

Mahsa (Jina) Amini était une jeune Kurde de 22 ans. Elle a été tuée par la police des mœurs à Téhéran car « mal voilée». Alors que le régime iranien prétendait qu’elle était morte à cause des problèmes de santé antérieurs, un scanner du crâne de Jina Amini montre une fracture osseuse, une hémorragie et un œdème cérébral.

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